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 Répit or not répit?

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Lincoln Greenwater
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MessageSujet: Répit or not répit?   Mer 28 Mai - 18:47

C'était un soir calme, ce qui n'était pas particulièrement pour déplaire au vieux glandeur qu'était Lincoln. Le soleil à l'extérieur semblait hésiter à se coucher tant il prenait son temps, et les nuages gris qui encadraient sévèrement les bribes de ciel bleu semblaient se faire plus menaçants alors que la lumière diminuait.

Ça va flotter, se dit Lincoln, alors que son regard s'était attarder quelques instants à travers la vitrine du rade. Sa tête disparaissant dans un nuage de fumée épaisse, qu'il s'employait à épaissir davantage à l'aide de sa pipe, il était difficile de croire qu'il apercevait quoi que ce soit du journal qu'il était entrain de lire. De toute façon pour ce qu'il y avait à raconter... Politique, blablabla... Economie, blablabla... Ouh, tournoi de beach volley féminin! Ecologie, blablabla... La Nouvelle Orléans semblait avoir perdu toute volonté de faire les gros titres. Éventuellement, ici et là, quelques articles sur les Outres, de moins en moins objectifs, de plus en plus négatifs.

C'était bien simple, la tendance actuelle était à la diabolisation, un Outre pouvait avoir sauvé un malade du cancer, on allait plutôt faire un article sur la négligence de son hygiène au moment du miracle. Et plus c'était débile, plus c'était mis en avant. Un troll lâche un rot en public, on met en cause l'odeur nauséabonde qui envahit toute la zone. Bientôt les Outres n'auront plus l'occasion de se torcher le cul sans avec les services d'hygiène sur le dos.
La bêtise humaine dépassait parfois Lincoln, souvent même... En fait quasiment de façon journalière ces derniers temps. Lui-même s'en sortait relativement bien compte-tenu de sa nature, en même temps, il ne se mouillait pas trop. habiter un quartier à forte concentration de vaudouisant, et avoir son échoppe dans l'un des rue les plus commerçante de la ville, ça aidait à supporter la ségrégation.


Il n'avait d'ailleurs même pas eu à encaisser un regard en coin entrant au Cadavre, ce soir. Il faut dire que l'endroit était particulièrement respirable pour une fois, il était bien le seul à polluer l'air, mais même ça n'avait pas réussi à lui attirer un regard mauvais. Bon, il avait essayé...
Son whisky descendait doucement, au son lancinant de la gratte d'Otis Redding, le barman avait pour une fois des goûts potables. Ce n'était pas le cas de tous, il s'en était rendu compte. La dernière fois, il était entré au son d'une musique lounge parfaitement dépressive et tout droit importée du premier ascenseur venu. Une honte! Il aurait bien fait un scandale s'il en avait eu la force, mais de toute façon on l'aurait probablement envoyé sur les roses. Connu ne veut pas forcément dire apprécié, et on ne peut pas dire qu'il faisait l'unanimité dans le bar.

Si la majorité du temps on lui foutait royalement la paix, il se trouvait toujours un petit mal pour venir lui chouiner dans les oreilles que la fumée de sa pipe le dérangeait, ou qu'il
"pourrait répondre quand on lui demande si la place est libre". Généralement, il répondait... Dans sa tête, pour éviter de démonter verbalement l'importun et de lui épargner des séances chez un psy.
Il n'était pas pressé de rentrer chez lui, personne ne l'y attendait, et puis au Cadavre Rieur, il y avait bien plus de chose et de personnes à observer. Bien plus de noms d'oiseaux à donner, et de remarque à faire... Dans sa tête.
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Asch Räder
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Ven 20 Juin - 22:48

Asch était de sale humeur. Il sortait d'un entretien pour bosser dans ce cabaret. Non, ça ne s'était pas particulièrement mal passé. Non, il n'avait pas eu une journée de merde. Tarek ne lui avait même pas lacéré le visage au réveil. Alcide l'avait laissé dormir et il ne s'était pas réveillé puant de bave canine comme ça pouvait lui arriver parfois. Si Asch était de sale humeur, c'était uniquement parce que c'était chez lui quelque chose de parfaitement naturel. A croire qu'il était né avec le don passif "se lever du mauvais pied quoiqu'il advienne", et qu'il avait depuis décidé d'en faire une spécialité personnelle.

Il ne saurait pas si il allait avoir le job avant quelques jours, mais il s'en foutait pas mal. Le Cadavre Rieur n'était pas son premier choix. Il avait déjà postulé dans d'autres bar sur la même rue - notamment ce pub irlandais, duquel il n'avait pas reçu de réponses pour le moment. Il avait d'autres entretiens de programmés dans la semaine. Bref, il verrait bien. "Yolo", comme on disait. Il en avait terminé pour cette nuit, et il comptait bien rentrer chez lui, parce qu'il n'avait aucune envie de faire la fête. Au pire si il voulait se bourrer la gueule quand même, il y avait des bières dans le frigo. Même si c'était un peu triste de se déchirer la tête tout seul. Rectification : il n'était pas tout seul. Il avait un husky et un chat rouge pour lui tenir compagnie. Ouais... Ça justifiait pas grand chose.

Il sortit une main de la poche de la large chemise à carreaux qui pendait au dessus d'un T-shirt déjà nettement moins large. Il fut en mesure d'ouvrir une porte, qui lui permit d'atteindre la partie publique du bar. La musique devint plus forte, ainsi que le brouhaha des discussions. La paupière du nouveau métamorphe tressaillit. Sa joue se souleva dans un tic nerveux, et il se renfrogna, non sans grommeler quelques mots inintelligibles à voix basse. Il y avait des jours où le bruit ne lui faisait rien. Il y en avait d'autres où il l'agaçait tout particulièrement. Ce soir, comme il aspirait au calme et à la tranquillité (très relative) de son appartement, il n'était pas très tolérant à tout ce bordel. C'était aussi pour ça qu'il préférait généralement postuler comme videur que comme barman : d'une, il n'avait pas besoin d'être sympa avec les gens, et parfois il avait même (presque) le droit de leur taper dessus. De deux, il restait à l'entrée et n'avait pas besoin de supporter dans ses mauvais jours les ambiances survoltées qui pouvaient parfois se créer à l'intérieur. Ok, c'était pas forcément cool en hiver. Il avait le temps de voir l'hiver arriver (et de se faire jarter encore 15 fois de son job, puisqu'il semblait avoir du mal à en garder un seul plus d'une semaine et demi).

L'air mauvais, les mains revenues peupler le fond de ses poches, le grand rouge se dirigeait en direction de la sortie sans un regard pour ce qui l'entourait. On aurait pu penser que le chemin (plutôt direct) allait se passer sans mal... Mais non. Loose un jour, loose toujours. Un client un peu alcoolisé le frôla d'un peu trop près, si bien qu'ils se heurtèrent accidentellement. La moutarde monta automatiquement au nez du métamorphe. Le poivrot quant à lui ne fit pas le poids contre la montagne de muscles que représentait Asch. Il valdingua contre une table qu'il fit bouger de trente bons centimètres, et qu'il manqua de renverser en se relevant. L'homme se retourna en direction de l'occupant de la table : un vieil homme tout sec avec des dreadlocks. Asch ne lui accorda pas un seul regard. Il était trop occupé à contenir ses pulsions destructrices, ainsi qu'en témoignait le regard meurtrier qu'il réservait au responsable de l'accident.

"Ah mince... Je suis vraiment désolé, j'ai renversé votre boisson ?"

"... Tu pourrais pas faire un peu attention à où tu vas, trouduc ? Rentre chez toi si t'es plus capable de marcher droit."

Rien à faire... Il était trop énervé pour contenir ses envies de violence. Il attrapa le type par le col, et le poussa dans l'allée pour le remettre dans la direction qu'il suivait initialement. Allez hop ! Il dégage, le boulet.
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Lincoln Greenwater
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Lun 23 Juin - 18:14

Il en était à son troisième whisky, et s'était commandé un petit snack, il faut dire qu'il commençait à faire faim! L'endroit s'était un peu rempli, et la musique avait changé. Oublié le blues et la soul, maintenant on se retrouvait avec des daubes actuelles pop électro vomitives au possible. Qu'est-ce que la musique pouvait être à chier en ce moment. D'ailleurs ces quarante dernières années. Toujours les mêmes merdes commerciales pour ados en pleine crise d'hormones, c'était désespérant...

Troisième whisky donc, et la faim commençait à se faire sentir, tout comme les odeurs de graillons en provenance de la cuisine du Cadavre, qui du coup lui donnaient encore plus la dalle. C'était au moins la dixième fois qu'il exhortait son estomac à la patience, alors que celui-ci semblait bien décidé à faire savoir à tout le monde qu'il était en pleine fringale. Quand la porte du bouge s'ouvrit sur un type à la chevelure rouge. Pas rousse, pas auburn, pas "blond vénitien" (couleur qui n'existe que pour les roux qui ne s'assument pas...), une chevelure rouge!
C'était assez inhabituel pour que Lincoln s'attarde sur le personnage. Visiblement le personnage lui n'avait pas prévu de s'attarder, était déjà entrain de faire demi-tour quand Lincoln eut le temps d'anticiper la scène qui allait suivre.
A quelques pas du type avec une torche sur le melon, un poivrot avait décidé de se recommander la petite sœur alors qu'il n'avait attaqué que la moitié de sa dernière pinte. La trajectoire titubante de l'alcoolisé allait fatalement croiser celle du type visiblement très énervé que son coiffeur se soit merdé dans sa teinture.

A ce moment la serveuse déposa sur sa table le hot dog qu'il avait commandé. Manger! L'appel du ventre était trop fort, aussi se concentra-t-il sur l'éradication complètement de toute forme d'alimentation présente dans son assiette. Il s'apprêtait à attaquer le plat, quand celui-ci décida subitement de disparaître au profit d'une tête, celle du poivrot, qui emporta la table avec lui. Lincoln resta quelques secondes dans sa position initiale de mec allant s'attaquer à sa bouffe, avant de baisser les bras, lâchant les couverts sur la table, qui s'était effondrée sous le type bourré. Son whisky avait éclaboussé ses pieds et il sentait le ketchup du hot dog lui couler le long de la joue. Il leva les yeux vers le rouquin sous amphet' qui avait visiblement envoyé valdingué le pochard dans son assiette. Celui-ci récupéra sa victime et la remis sur ses rails initiaux tout en le noyant sous une pluie d'invectives et de mots dits très forts.



"... Tu pourrais pas faire un peu attention à où tu vas, trouduc ? Rentre chez toi si t'es plus capable de marcher droit."


Lincoln était d'un tempérament plus que calme, mais quand on touchait à sa bouffe, ça avait tendance à le chiffonner un poil. Aussi était-il plutôt décidé à ne pas laisser la réplique de Rebelle (un film d'animation du début des années 2010, pour ceux qui ne savent pas...) se tirer sans lui avoir au moins payé un autre repas. Il ne prit pas la peine de se lever, ni même de hausser réellement le ton, l'altercation s'étant chargé de faire le silence, mais simplement de regarder l'énervé et de dire:

« Quand on est poli, on s'excuse d'être un gros con. Et quand on est gentleman, on paye ce qu'on casse... »

Il venait de se rendre compte qu'il avait oublié d'essuyer le ketchup qu'il avait encore sur la joue, mais décida qu'il risquait de l'étaler encore plus, donc il n'y toucha pas. Il capta cependant les regard tournés vers lui, visiblement tout le monde lui trouvait beaucoup de courage, mais le considérait également comme quelqu'un de mort...
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Asch Räder
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Sam 28 Juin - 19:37

Asch s'était déjà retourné, prêt à sortir d'ici pour de bon en laissant aux employés en service le soin de gérer ce bordel (duquel il n'était pas responsable, entendons nous bien : il s'était fait rentrer dedans par un type dont il n'aurait pas pu prévoir la trajectoire aléatoire, et si le même type n'était pas capable de se réceptionner correctement après l'avoir accidentellement heurté, il n'y pouvait rien, lui. Les gens n'avaient qu'à être un peu plus doués dans la vie). Il ne s'attendait donc pas à entendre quoique ce soit venir dans sa direction. Surtout pas des insultes. Il était très rare qu'on lui tienne face, pour la bonne raison que son aspect ainsi que sa dégaine dissuadaient beaucoup de gens d'essayer. C'était d'autant moins attendu que le type qui venait de le provoquer était ce même vieillard asséché auquel il n'avait porté une attention que très superficielle jusqu'à présent. Le rouge cligna des yeux, et se retourna avec une lenteur incrédule. Son visage resta neutre pendant une petite seconde, le temps que l'info monte au cerveau. Le vioc l'accusait d'une faute qui, selon Asch, n'avait rien à voir avec lui. Et en bon suicidaire, il avait eu le toupet de le traiter de gros con et de réclamer qu'il lui paie sa bouffe, dans la même phrase.

Cette prise de conscience eut tôt fait de faire monter la colère dans les veines du jeune homme, dont le tempérament enflammé était une source d'emmerdes récurrente. Ce type avait de la chance d'être assis (pas à la bonne hauteur pour se manger un crochet) et de sembler suffisamment fragile pour qu'Asch craigne de finir en taule pour meurtre si il y allait trop fort. Il avait du bol que le métamorphe vienne de découvrir sa nature et qu'il ne contrôle plus sa force, ce qui le rendait moins enclin à répondre par la violence physique, ces derniers temps. Sans l'ensemble de ces facteurs, Asch n'aurait peut-être pas su retenir les pulsions qui lui donnaient envie de massacrer le malheureux. L'envie de meurtre contenu dans son regard clair (mais étonnamment sombre à cet instant donné) en disait long. Il mit un long moment à retrouver un minimum de self-control. Sa rage se fondit dans un sourire de rage caustique, accompagné d'un rire nerveux à peine audible. Il évacuait. On avait évité le pire... Ce qui ne l'empêchait pas d'avoir du venin sur la langue, qu'il était bien incapable de ne pas cracher :

"Quand on est ni sénile ni attardé, on n'accuse pas les mauvaises personnes. Va négocier ton repas avec le personnel, et l'autre tanche qui doit déjà être en train de repeindre les toilettes."

C'était le moment de se casser. Ou presque. Putain ! Fallait toujours que tout soit de sa faute. A croire que le monde entier voulait lui faire croire que partout où il allait, il était la principale source de malheur ou de déception des gens qu'il croisait. A moins que ça soit ses tifs qui le faisaient passer pour le coupable idéal ? Peu importe. Le résultat était là, et ça avait tendance à méchamment lui courir sur le système. Voilà qu'il se remettait à voir rouge (ironie, quand tu nous tiens). Inspiration, expiration. Echec critique dans cette nouvelle tentative destinéee à lui rendre son calme intérieur. Son pied se souleva, et la semelle métallique de sa godasse heurta le bord de la table (qui n'allait de toute façon pas tomber plus bas). Il poussa l'ensemble qui se décala de quelques bonnes dizaines de centimètres. La nourriture qui restait dessus fit un nouveau vol plané, mais il s'était déjà désintéressé de la scène. Un murmure sifflant et fielleux lui échappa :

"Empaffé de vieux schnok de mes deux..."

Mains dans les poches (histoire qu'elles n'aillent pas ailleurs par accident), il décida de s'éloigner sans accorder un regard de plus à son "interlocuteur". Vu le comportement qu'il venait d'adopter (et via lequel il s'était cette fois-ci rendu coupable, mais que voulez-vous, les conneries c'était sa spécialité), c'était pourtant pas dit qu'on le laisse faire...
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Sam 5 Juil - 14:53

Le moment de latence qui suivit sa déclaration sembla se suspendre dans le temps. Comme si le monde venait subitement de ralentir sa course, les visages autour du vieil homme s'étaient défaits, cette espèce de mélange d'admiration et de pitié qu'il pouvait lire dans les regards était un petit bonheur qu'il appréciait tout particulièrement. Fort heureusement Lincoln n'était pas homme à être facilement impressionné, même par quelqu'un de plus costaud et plus jeune que lui, il avait des moyens de défenses insoupçonnés et extrêmement discrets, il lui suffisait simplement de garder les mains dans ses poches et de faire travailler ses doigts.

Mais le moment n'était pas encore propice à l'utilisation de son arme secrète, pour le moment, il observait le grand gaillard qui commençait à se retourner dans sa direction. Il ne manqua pas de noter la fugace incompréhension qui s'évanouit rapidement de ses yeux verts au profit d'un regard noir. Visiblement, il n'était pas vraiment habitué à ce qu'on lui tienne tête. C'était d'autant mieux, les jeunes avaient parfois besoin d'être recadrés, pas par méchanceté ou par simple sadisme, mais tout simplement parce que c'était une façon de les aider. Lincoln avait côtoyé des gamins abandonnés ou délaissés. Il avait vu la violence dont ils étaient capables, la rage qui les consumait de l'intérieur, qui les aliénait peu à peu de la société et en faisait des délinquants, des parias. Et souvent, tout ce dont ils avaient besoin, c'était simplement d'autorité, de hiérarchie, de codes et de lois à apprendre et à respecter. De stabilité en somme.

Et c'était tout ce que Lincoln arrivait à voir dans le regard de ce jeune homme furieux, voilà pourquoi il n'arrivait pas à se sentir en danger. Qui plus est, tout dans la posture dans sa posture semblait exprimer la retenue, une terrible envie de frapper aussi, mais visiblement contenue par une volonté de fer. Le vodoun subit les insultes et brimades sans broncher, et alors que l'autre évacuait son agressivité sur les restes de la table et se détournait à nouveau, Lincoln se leva doucement. Et mis une main dans sa poche, l'autre tenant sa toujours sa pipe.

Le petite poupée vaudou qu'il gardait toujours sur lui se tenait prête à entrer en jeu, et vu le caractère de son interlocuteur, elle allait lui être très utile.


«L'empaffé de vieux schnock de tes deux s'appelle Lincoln, petit, et le gros con malpoli, c'est quoi son nom ? »

Pour commencer son intervention, il avait juste besoin de son nom, et la petite poupée pourrait libérer son pouvoir de manipulation...
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Dim 6 Juil - 11:31

Très franchement, Asch s'attendait à deux choses : soit personne n'osait l'arrêter, on le laissait sortir, et il pouvait rentrer chez lui, où il tenterait de calmer ses nerfs en pelote d'une façon ou d'une autre... Soit l'un des employés trouvait son courage et décidait de lui faire face pour tenter de le forcer à payer des dégâts dont il considérait ne pas être le responsable. Okay, il avait parlé et agi un peu plus fort que les autres. Il avait attiré l'attention de tout le monde sur lui, parce que comme à son habitude il avait privilégié l'action sur la réflexion. Reste qu'il était lui aussi une victime de cette histoire, et que les regards de reproches qu'on lui jetait du coin de l’œil commençaient à le saouler. Ils croyaient qu'Asch ne les voyaient pas ? Il avait bien envie de se retourner, s'approcher du comptoir, et toucher deux mots de ce qu'il pensait aux types qui le regardaient mauvais sans mot dire. Si il faisait ça, il aurait des emmerdes. Des vraies. D'une, la situation risquait de dégénérer et une bagarre d'arriver. De deux, il pouvait dire Adieu pour de bon aux résultats éventuels de son entretien. Autant de conséquences dont... il se serait totalement foutu en temps normal. Il fallait qu'il se souvienne du fait qu'il ne maîtrisait ni sa bête, ni sa force physique et qu'il risquait une véritable catastrophe si il succombait à l'envie de foutre la merde.

Sa joue se souleva dans un tic nerveux, il dut serrer les mâchoires. Ça lui arrivait souvent, ces derniers temps. Après quelques mouvements hésitants, quelques amples respirations destinées à lui restituer une part de son contrôle, il parvint à continuer sa route en direction de la sortie. Ce à quoi il ne s'attendait pas, par contre, c'est que le vieux dont la table avait été renversée se lève et cherche à le suivre. Et à entamer une nouvelle conversation, sur un ton dont le Rouge n'était pas certain de comprendre la teneur. Il semblait y avoir énormément d'ironie dans ces propos. Asch n'arrivait pas à cerner où était la part de sérieux, et où était la part d'humour noir. Est-ce qu'il venait encore de l'insulter ? Avouons que se faire appeler "petit" et "gros con malpoli" dans une même phrase avait de quoi déstabiliser. L'assurance posée du vieil homme aussi. Comment pouvait-il être si sûr de lui, tandis qu'Asch lui-même n'était pas certain qu'il n'allait pas lui défaire les dents d'ici trente ou quarante secondes sous l'effet d'une montée de rage subite ? Peut-être est-ce ce dernier point qui l'incita à se méfier. C'était bizarre. Les personnes âgées n'étaient pas censées se dresser face à lui. C'était pas normal du tout. Suite à un regard mauvais et une hésitation de quelques secondes, il sortit les mains de ses poches, accompagnées d'un paquet de clopes et d'un briquet. Se concentrer là-dessus devrait l'aider à gérer sa colère... peut-être.

"Je vois pas pourquoi je devrais te le donner, le vieux."

Ouais, il avait réduit le charmant surnom donné à son interlocuteur de quelques noms d'oiseaux, d'une parce qu'il n'était plus aussi motivé qu'avant à tous les sortir, de deux parce qu'il n'était pas certain de savoir quel ton il avait envie d'adopter. Pourquoi Lincoln lui avait-il donné son nom d'ailleurs ? Pourquoi essayait-il de lui parler ? Ça n'avait aucun foutu sens. Asch n'avait franchement rien fait pour le lui en donner l'envie. Comme il atteignait l'extérieur du bar, il accueillit avec bonheur et soulagement la claque du vent frais, et le silence relatif de la rue. Il coinça une clope entre ses lèvres et entreprit de l'allumer, tandis que son visage continuait de tressauter à intervalle irrégulier. Il mâchait sa hargne, la ruminait, pour éviter de la retourner contre quelqu'un d'autre. Il y avait des limites à ce qu'il était capable de contrôler : il rajouta sur un ton empli d'une animosité qui n'était pas très loin d'exploser :

"Qu'est-ce que tu me veux ? Je t'ai dit d'aller voir ailleurs pour te faire payer ta bouffe. De toute façon j'ai pas de fric."
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Lun 14 Juil - 15:16

Lincoln était bien décidé à ne pas lâcher le jeune furieux. Il n'était pas réellement certain de ce qui le motivait: la pitié, l'amusement, la bonté, ou tout simplement la volonté de bien faire chier celui qui lui avait pourri son repas...

Alors que l'autre rouquine quittait le bar, Lincoln lâcha quelques biftons qui atterrirent sur les vestiges de sa table, et il la suivit à l'extérieur. Alors que l'ersatz de Knuckles décidait de s'allumer une clope, probablement pour se calmer, ou du moins essayer, Lincoln remit du tabac dans sa pipe, et l'alluma. L'air s'était considérablement rafraîchit et le crépuscule était bien avancé maintenant, la menace de la pluie avait considérablement vidé les rues. Le vodoun craignait peu les changements de températures, à croire que son corps ne subissait quasiment pas le climat. Malgré un petit vent frisqué, il n'eut pas même un frisson.

Il se contentait de chercher le regard de son interlocuteur, toujours aussi calme que s'il avait à faire à un enfant colérique sans défense. Et en même temps, c'était un peu comme ça qu'il voyait le jeune homme. Il était clair qu'il n'était pas habitué à ce qu'on lui tienne tête, ni même qu'on lui adresse la parole en général. Les gens devaient probablement fuir son regard dans la rue, et le dévisager dès qu'il avait le dos tourné. Et il alimentait inconsciemment lui-même son fardeau avec une attitude défensive exagérée, un comportement qui confinait à la connerie. Mais un comportement que Lincoln avait pu observer plus d'une fois chez d'autres jeunes.

Alors, oui, peut-être qu'il y avait chez Lincoln une petite part de volonté de faire chier celui qui lui avait pourri son repas, mais il y avait surtout une volonté de comprendre, mais aussi d'aider. Dans la communauté, il n'avait jamais réellement été un guide spirituel, il n'était ni houngan, ni Baron, il n'était que Maître des Poupées. Un rôle important et respecté s'il en était, mais peu sollicité pour les conseils. Et Lincoln manquait de personnes à éduquer, de personnes à qui transmettre, pas seulement les préceptes du Vaudou, mais tout simplement les choses de la vie. Sa vie était remplie d'expériences, bonnes et mauvaises, il s'estimait plutôt bien placé pour aider les gens à se sortir de mauvaises passes.

Et aujourd'hui, il avait décidé de faire sa BA, ce type en face de lui, cette boule de nerfs constamment sur ses gardes, il avait envie de l'aider à se calmer, à se sentir mieux dans ses pompes et à lui faire voir ce que la vie pouvait lui apporter de mieux.


« Laisse tomber le fric, petit, de toute façon on m'a dit que leur hot dog était dégueulasse... »

Il lâcha un petit nuage de fumée avec sa pipe, qui une fois dissipé dévoila un petit sourire en coin.

«Visiblement on est parti du mauvais pied, tout les deux. Si on reprenait depuis le début, en faisant les choses correctement ? Hein ? »

Il tendit une main ferme au rouquin.

«Tu connais déjà mon nom, mais je ne connais toujours pas le tien. Ça m'éviterait d'utiliser que des pronoms... »
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Asch Räder
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Sam 26 Juil - 12:31

Le vieux le regardait, et il était insistant. Asch n'était pas certain de savoir si il était agacé ou juste mal à l'aise, soumis à ce regard inquisiteur. Il avait envie de rentrer chez lui... Pas de se taper la discute avec un type qu'il avait clairement rangé dans la catégorie des emmerdeurs du moment où il avait tenté de lui faire réparer une faute qui n'était pas la sienne. D'un autre côté, il était rare qu'Asch attire l'attention d'inconnus sans que cela soit synonyme d'hostilité, et de ce fait, il était involontairement intrigué. Sa propre curiosité lui tapait sur les nerfs. Il voulait envoyer chier ce type sèchement, et se casser sans se retourner. C'était sans aucun doute la meilleure chose à faire. Il serra les dents et dirigea un regard mauvais en direction du vieux. Ses nerfs avaient été mordus par son ton compatissant. Asch avait l'impression de s'être attiré la pitié de ce type, au ton qu'il prenait, et quand bien même il ne comprenait pas comment ils en étaient arrivés là, il n'avait aucune envie de rentrer dans son manège. La moutarde lui était montée au nez... Une sensation agréable, car dès lors qu'il était en tête à tête avec sa colère, au moins, il savait comment réagir. Il baissa les yeux sur la main qui lui était tendue, mais n'esquissa pas un seul geste dans sa direction. Il revint tout aussi vite sur le visage du fameux Lincoln, autrement nommé "l'homme-duquel-il-n'avait-jamais-demandé-de-faire-la-connaissance". Il s'adressa à lui sur un ton cassant, en dessous duquel une menace bien peu discrète était tapie.

"Je sais pas ce que t'as en tête, mais ça m'intéresse pas. Je me fous de ton nom, et je l'aurai oublié dans dix minutes. Casse toi avant que ça tourne mal, parce que tu commences vraiment à me les péter."

Et sur ces mots, il voulut le bousculer pour le dissuader une bonne fois pour toute... Mais il se retint au dernier moment. C'était un geste presque anodin, mais d'une part Lincoln - sans être un vieillard qui aurait eu besoin d'un déambulateur pour avancer et ne pas se péter le col du fémur - n'était plus de la première jeunesse, et d'autre part Asch n'avait vraiment plus aucune confiance en sa force physique. Son but n'était pas d'éclater la gueule de son interlocuteur par terre, et il était suffisamment énervé pour qu'il y ait un risque. Il se contenta de le contourner après un dernier regard de mise en garde, puis il voulut s'éloigner.

Les choses auraient pu en rester là - sauf si le vieux trouvait encore le moyen d'insister. Asch pouvait être buté et il était bien décidé à tout faire, sauf lui donner ce qu'il demandait. Seulement, un employé sortit en courant du bar, balaya la rue d'un coup d’œil rapide, et remarqua tout aussi vite sa présence. Les cheveux rouges, ça ne pardonnait pas.

"Monsieur Räder ? Asch Räder ? Vous avez oublié quelque chose."

Asch soupira dans un nuage de fumée presque aussi épais que l'était son exaspération. Il avait envie de désosser le nouveau venu, dont la candeur et la capacité à mettre les pieds dans le plat bien comme il faut sans faire exprès lui étaient littéralement insupportables. Il se retourna d'un coup en direction de l'employé, dont l'expression franche devint subitement hésitante, presque craintive. Ça pouvait se comprendre : Asch donnait l'impression d'avoir des envies de meurtre, et ce n'était en réalité pas qu'une impression. Il fondit sur lui pour lui prendre son foutu papier des mains. Un truc qu'il avait en quinze exemplaires et qu'il aurait pu réimprimer sans problème, en plus. Il le plia négligemment, le fourra dans sa poche, et après avoir incendié du regard l'innocent pendant quelques instants lourds et électriques, il se retourna pour de bon, avec la ferme intention de partir. C'était sans doute pas dans ce bar qu'il allait trouver du boulot, avec le bordel qu'il avait foutu ce soir. Ça aurait pu être pire. Ça n'avait pas été loin de l'être. Mais c'était sans aucun doute suffisant pour que les infos rapportées au patron le dissuade d'envisager un quelconque contrat.
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Sam 18 Oct - 12:26

Visiblement, les choses ne se passaient pas comme Lincoln s'y attendait. Il avait été cordial, il avait été patient, il avait même ravalé un peu sa fierté. Et le rouquin continuait à lui cracher à la gueule. Ça commençait à devenir vexant là...

C'était dommage toute cette colère, le jeune allait passer à côté de beaucoup de choses, grandes et petites avec une attitude pareille. Ce n'était pas se rendre service que de vouloir rester seul. Mais bon, certaines personnes ne veulent pas qu'on leur ouvre les yeux, peut-être ont-elles peur de l'inconnu, de découvrir des émotions qu'elles ne savent pas gérer?

Le vieil homme se résignait à laisser courir, après tout il n'allait pas s'épuiser pour quelqu'un qui n'en avait pas envie. Et le miracle se produit, alors qu'un des serveurs du resto l'appela par son nom.
Si ça c'était pas un signe! Lincoln fit un clin d'oeil mental aux Loas suivit du regard Asch qui était déjà entrain de repartir.

Alors qu'il agrippait la petite poupée qu'il avait dans la poche, il appuya légèrement sur la tête, tout en interpellant l'autre:


"Asch Räder, un nom bien singulier, je suis certain que votre histoire doit être passionnante, que diriez-vous d'en discuter avec moi autour d'un petit verre?"

Avec le nom de son interlocuteur, la magie pouvait avoir lieu, et la poupée s'animait. Il avait mis très longtemps à la confectionner celle-ci, et c'était la seule dans son genre dans tout l'état, il en était certain. Elle demandait des ingrédients très rares et très chers, ainsi qu'un sacrifice que tout le monde n'était pas forcément prêt à faire... Mais elle avait toujours fait ses preuves, loin de contrôler directement les personnes, elle influait sur leurs émotions, et permettait par la même de rendre les gens plus enclin à faire ce qu'on leur disait, ou à réagir à telle ou telle situation.

En l’occurrence, le mouvement qu'il avait imprimé à la petite poupée lui avait permis de détendre son interlocuteur, de lui faire oublier, pour le moment, ses soucis, et par conséquent de rendre plus sociable et ouvert.

Il allait finalement pouvoir faire sa bonne action!



[HRP: Désolé pour le temps de réponse, j'ai eu quelques mois bien chargés, mais là je retrouve un rythme un peu plus normal et l'inspiration qui va avec!]
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Lun 3 Nov - 21:13

[Aucun souci j'ai eu des mois bien chargés aussi !]

Nan mais c'était pas possible ??! Sérieusement ? Asch n'avait-il donc pas été suffisamment clair lorsqu'il avait laissé comprendre qu'il voulait être tranquille ? C'était à croire qu'il avait oublié la gueule d'un de ses professeurs à l'école primaire, ou bien qu'il avait carrément fait une touche, étant donnée l'insistance de ce type. Pas de bol : il n'était ni gay, ni gérontophile.

Voilà ce qui passa dans sa tête durant un très court instant, pendant lequel il prit le temps de respirer pour éviter la surcharge et l'explosion, puis de se retourner avec une lenteur à la hauteur de sa tension. Et c'est alors que d'un coup, il eut l'impression de s'être pris un parpaing sur  la tête. La détente subite lui donna l'impression que tous ses tendons faisaient la grève. Il s'étonna de ne pas s'être vautré par terre. Son corps précédemment si crispé lui donnait l'impression d'être sous calmants tellement il s'était relâché. De quoi rendre jaloux tous ces tas de nerfs qui passaient leur temps à réclamer des massages à la maison... A cela près qu'il n'avait franchement aucune foutue raison de se sentir aussi bien à cet instant précis. Quoique. Qu'avait-il été en train de faire déjà ? Il cligna des yeux et se rendit compte qu'il ne se rappelait plus de ce qu'il avait été sur le point de dire. Lincoln en face de lui, les événements du bar lui étaient revenus, mais il n'éprouvait étrangement plus rien à leur souvenir. C'était comme si la presque-bagarre et la dispute qui avait suivi n'était pas arrivée quelques minutes auparavant, mais il y avait de cela plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Il se humecta les lèvres et sentit une nouvelle forme de tension l'envahir : ce n'était plus de la colère, mais de l'embarras face à l'anormalité de ce qui était en train d'arriver. Il avait l'impression qu'il n'aurait pas pu avoir l'air plus bête que ça, planté comme un piquet au milieu de la rue avec un air ahuri là où quelques instants auparavant il s'était détourné à force de menaces et de vociférations. Il ressentait aussi une forme de peur étrange qui se manifestait parce qu'il n'arrivait plus à se mettre en colère ni à trouver aucune raison de crier sur son interlocuteur, ce qui lui coupait ses moyens de communication habituels. Cette appréhension se lisait jusque dans son regard, entre deux éclats de confusion.

".... Euh..."

Sa tentative de prise de parole avait échoué lamentablement, mais il fallait dire qu'il avait dit "euh" avant de savoir ce qu'il avait envie de répondre. Il profita du silence pour s'éclaircir la gorge, puis il fourra sa main libre dans sa poche. Il s'était laissé surprendre mais ça n'allait pas durer éternellement : une moue de mauvaise humeur, un jeu de sourcil, et hop, ça y était : il avait retrouvé sa (sale) gueule de tous les jours. Sous ce masque patibulaire que l'habitude et les années lui avaient rendu si facile à arborer , il cachait ce calme intérieur troublant qui lui donnait envie de prendre en considération la proposition de l'homme. Avait-il à ce point envie de rentrer maintenant ? Il n'en était plus certain.

"Au risque de vous décevoir, mon histoire me semble plus affligeante qu'autre chose... Mais je vous ai pas menti : j'ai pas de fric. Et ça risque de rester comme ça pendant un bon moment à ce rythme..."

Il avait cessé d'observer son interlocuteur et peinait même à continuer d'avoir l'air menaçant : les yeux dans le vague, perdus sur les lettres de la devanture du Cadavre Rieur, il se remémorait l'échec de ce soir. Un de plus... Ok. Ce cabaret n'avait pas été son premier choix, mais quand même. Ça devenait frustrant. Il ne se le serait pas avoué, mais Orlando lui manquait, quand bien même il avait d'excellentes raisons de ne pas vouloir y retourner. C'était sans doute qu'il n'aurait pas voulu avoir ces excellentes raisons, qui le coupaient de la famille qu'il fuyait comme de celle qui lui manquait déjà. Voilà qu'il allait avoir l'alcool triste maintenant...

... Ah. Sauf qu'il n'avait rien bu.
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Lun 17 Nov - 13:43

L'air penaud de son interlocuteur, le vieux Vodoun l'avait expérimenté plus d'une fois. Malgré la rareté de ses interventions, la poupée déstabilisait toujours ses victimes, et d'autant plus quand le revirement d'émotions était aussi violent.

Asch semblait avoir énormément de colère en lui, mais dirigée contre qui? Au final, en voulait-il réellement au monde entier, ou cela n'était-il qu'une façade pour ne pas diriger sa colère contre lui, ou contre des personnes bien précise de son entourage.

Lincoln s'approcha du jeune homme, et lui mis une main sur l'épaule.


«Peut-être serait-il temps de vous trouver un travail, si l'argent vous fait tant défaut.»
Lui dit-il tout en lui imprimant une douce pression, l'invitant à prendre le pas.«Venez, marchons un peu...»

Il sentit l'hésitation d'Asch.


«Ne soyez pas trop déstabilisé par votre changement d'émotion, je dois m'en excuser, mais c'est mon œuvre. Vous sembliez avoir besoin d'un petit coup de main pour savoir comment vous conduire en société. Je me suis dit que j'étais peut-être en mesure de vous fournir ce coup de main...»

Il sortit sa pipe, et commença à y fourrer le tabac.


«Alors, dites-moi monsieur Räder, pourquoi ne commenceriez-vous pas par le début ? Que venez-vous faire à la Nouvelle-Orléans ?»
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Lun 8 Déc - 20:41

"Et pourquoi est-ce que vous pensez que je fais le tour des bars de la ville alors que j'ai pas  de quoi me payer à boire ? Pour le plaisir de heurter des ivrognes en train de jouer au flipper entre les tables ?"

Lincoln avait peut-être réussi à calmer la majeure partie de la colère d'Asch, mais sa réflexion lui avait quand même valu une réponse cynique et corrosive de la part du jeune homme, qui avait passé les dernières semaines à chercher un/plusieurs emplois à aligner, et qui n'avait réussi qu'à se faire virer de chacun d'entre eux. Très vaguement agacé (plus ou moins comme si une mouche était en train de chercher à lui rentrer dans le nez, disons), il émit une sorte de grognement qui précéda de peu une nouvelle bouffée de fumée.  Il se serait presque senti mieux. Presque. Quelque chose continuait d'être "bizarre", de le troubler. Et dans le fond, il avait déjà oublié la rancune qu'il aurait dû avoir envers son interlocuteur et sa façon de retourner le couteau dans la plaie en énonçant des évidences.

Il ne s'attendait pas à ce que l'explication à ce mystère lui soit donnée un jour, et encore moins si rapidement. Il aurait voulu pouvoir dire que de toutes les explications possibles et imaginables, l'usage d'une quelconque magie serait la dernière chose à laquelle il aurait pensé, mais c'était malheureusement faux : né au sein d'une ancienne famille de sorciers, ça aurait dû être la première chose à lui venir à l'esprit. Le fait de n'avoir absolument rien deviné avait tendance à être vexant. D'apprendre qu'un inconnu s'était permis d'utiliser ce genre de sort sur lui sans autorisation (et était donc en quelque sorte en train de le contrôler) ne l'était pas moins. Et de savoir qu'il se l'était permis sous prétexte d'un jugement émis à son égard sur la base de préjugés, ainsi que d'un accident dont il considérait toujours être la victime, atteignait des sommets à côté desquels l'Himalaya faisait pâle figure. Qu'espérait donc accomplir cet homme en lui annonçant ces vérités brutes exactement ? Le jeune homme ne prit même pas la peine d'écouter la suite de ce que Lincoln racontait. Peut-être était-il colérique... Et peut-être était-il aussi peu malin qu'il avait du mal à contrôler ses pulsions, certes. Pour autant, il n'était pas entièrement stupide, et était surtout doté d'une volonté à la hauteur de sa chiantise naturelle (son mental d'acier et ses tendances bornées ne faisaient d'ailleurs pas toujours bon ménage). Il sentait déjà la colère retomber d'une façon qu'il savait maintenant n'être pas naturelle. Il fit de son possible pour activer ses neurones et lutter contre cette manipulation mentale, notamment en invoquant le souvenir des sentiments en question avant qu'ils ne se perdent totalement. Son visage se ferma. Il esquissa un pas en arrière. Surtout, ne pas oublier ce qu'il avait prévu de dire avant que ce calme surnaturel ne le lobotomise complètement...

"... Soumettre des inconnus à l'effet d'un sortilège sans avoir obtenu leur consentement préalable, ça s'assimile à un viol mental, donc épargnez moi vos conseils de bonne conduite en société, vraisemblablement vous avez aucune leçon à me donner... Relâchez l'effet de ce sortilège tout de suite, et peut-être que j'appellerai pas la police..."

Putain de sorciers de merde... Comme si sa mère ne s'était pas suffisamment crue tout permis, il fallait maintenant qu'il se retrouve sous l'emprise du premier gugusse qui passait dans le coin et pensait que le fait de savoir faire des étincelles en remuant les doigts lui donnait l'autorisation de cramer les fesses des passants. Il allait finir par croire que le Destin voulait qu'il se mette à haïr le milieu d'où il venait, histoire qu'il devienne Le Métamorphe typique...
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Sam 24 Jan - 16:25

[HRP: je tiens à te présenter toutes mes excuses pour le temps de réponse, mais j'étais complètement passé à côté de ta réponse, je pensais encore être le dernier à avoir posté... Désolé!]

Le vieil homme devait bien reconnaître qu'Asch marquait un point, il avait pensé bien faire, et au final se rendait compte que sa bonne intention s'était réellement transformée en une manipulation malsaine. Il fallait croire qu'il n'était pas le seul ne pas être sociable. Peut-être était-ce la solitude qui lui avait un peu trop embrumé l'esprit? Il n'aurait su dire...
Il hésita quelques longues minutes, l'argument avait fait mouche, suffisamment pour le faire douter de sa démarche. Un nuage de fumée passa devant ses yeux, alors que son visage ne trahissait toujours aucune expression, il était doué pour ça...

Mais peut-être était-ce là le problème, cette incapacité à laisser voir aux autre son caractère humain... Merde, il devenait vraiment un petit vieux en fait... Ça c'était un coup dur! Oh, jusqu'à présent, vieillir ne lui avait jamais vraiment posé problème, en revanche, se rendre compte que les années l'avait petit à petit rabougri, desséché, c'était déjà beaucoup moins cool.
Mais à quel moment ça avait merdé? Difficile à dire, en même temps, depuis la mort de sa femme il n'avait guère plus été le même et ses connaissances s'étaient petit à petit réduites à peau de chagrin. Plus personne ne venait dans son échoppe autrement que par nécessité, il fallait dire que l'atmosphère n'y était pas particulièrement propice à la grosse déconnade.


Et voilà qu'il se retrouve face à un type, qui au final n'avait fait que se comporter comme une parfaite tête de con, ce n'était pourtant pas le premier, et ce ne serait certainement pas le dernier. Mais Lincoln avait prit ça pour lui, s'était dit que peut-être les Loas lui envoyait un signe, lui envoyait quelqu'un pour le sortir de sa solitude. "Espèce de vieux guignol, va! Les Loas doivent bien se foutre de ta gueule à l'heure qu'il est..." Pensa-t-il.

Il tourna enfin son regard vers le jeune homme.


"Vous avez parfaitement raison Mr. Räder. Je n'ai aucun droit sur vous, et je ne suis certainement pas mieux que vous, si je dois faire usage de ce genre de tours pour discuter avec quelqu'un."


Fourrant sa main dans sa poche, il imprima une torsion subtile à la poupée. Libérant ainsi son interlocuteur de son emprise.

"Je ne peux décemment pas vous imposer ma compagnie, je ne voudrais pas être ce genre de type. Veuillez pardonnez mon égarement... Si d'aventure vous souhaitiez un jour discuter sans y être obligé, n'hésitez pas à venir me trouver..."


Il sortit une carte de visite froissée de sa poche, où le nom "Loattitude" apparaissait en gros dans une tentative misérable d'effets photoshop ratés. Au dos on pouvait trouver l'adresse.


"Je pourrais alors peut-être me faire pardonner en vous trouvant du travail. Ma boutique n'est pas ce qu'il y a de plus ordonné, et je n'ai jamais réellement aimé faire le ménage. Ce ne serait pas forcément une super paye, mais au moins ça vous permettrait un petit démarrage... Enfin bon, à vous de voir."

Un nouveau nuage de fumée lui passa devant le visage. Il ne savait plus trop quoi faire... Devait-il attendre la réaction de l'individu, ou s'éloigner de façon énigmatique comme ils faisaient dans les films? Ceci dit avec sa dégaine de beatnik, ça n'aurait certainement pas le même effet, ça lui donnerait certainement plus l'air d'un clodo bourré s'éloignant pour cuver.
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Jeu 29 Jan - 17:38

[Aucun souci XD je connais ce genre de bug]

Asch eut l'impression d'être pris au sérieux, cette fois. Son interlocuteur s'était tu et semblait réfléchir à ce qu'il venait de lui dire. Pour cette raison, le jeune homme laissa sa colère s'évanouir sans regrets : même si il n'avait pas été sous l'effet d'un sortilège, il pensait se connaître suffisamment bien pour savoir qu'une réaction posée de la part de Lincoln aurait suffi à provisoirement calmer son irritation. La réponse qui suivit lui arracha un ricanement nerveux : Parce que c'était ce que ce type avait essayé de faire ? Trouver quelqu'un avec qui discuter ? Clairement, Asch n'aurait pas cru. Et de tous les types disponibles à la discussion qu'il y avait pu avoir dans ce bar au moment de leur rencontre, il pensait bien être le dernier de ceux à qui on aurait pu avoir envie de parler. Parce qu'il aurait pu avoir un gros "ne m'emmerde pas je suis pas d'humeur" sur le front que le message n'aurait pas été plus clair. Ou du moins le pensait-il.

L'esprit de contradiction magistral du métamorphe étant ce qu'il était, il suffit que Lincoln relâche le sort qu'il avait posé sur lui et daigne admettre que lui imposer sa compagnie n'était pas une chose à faire pour qu'il se mette à considérer son vis-à-vis d'un meilleur œil. Là, ce type commençait à l'intéresser. Il avait senti quelque chose changer : ses pensées devenaient plus claires, et le sentiment qu'il avait eu d'être à moitié anesthésié avait disparu. Il en conclut que le sortilège auquel il avait été soumis devait avoir été relâché. Un bon point supplémentaire pour Lincoln : Asch appréciait les gens qui faisaient ce qu'ils disaient.

Il prit le papier qu'on lui tendait sans hésitation, même si le geste lui parut un peu... Bizarre. Il n'y avait pas grand monde parmi ses connaissances qui possédait des cartes de visite. Soit c'était pas le genre à en avoir, soit... eh bien. Disons que certains "commerces" étaient un peu trop délicats pour qu'on puisse se permettre de laisser quiconque tomberait sur un malheureux bout de carton perdu en connaître les contacts. Il jeta un regard impatient sur le texte : lire, ça n'était pas trop son truc. Lorsqu'il pouvait obtenir des informations par un biais plus direct (oral, notamment), il préférait. Même lorsqu'il ne s'agissait que de déchiffrer trois mots. Son regard avait été trop court pour qu'il ait eu le temps de reconnaître plus que deux trois lettres à la volée, mais il préféra le poser sur Lincoln, qu'il regarda tout en maintenant un silence perçant, vibrant. C'était bizarre, quand Asch paraissait calme et qu'il tentait d'être posé. On avait toujours l'impression qu'il risquait d'exploser d'une seconde à l'autre sans raison.

Deux secondes plus tard, le calme apparent du jeune homme s'était transformé en surprise - au bas mot. Il avait levé un sourcil interloqué  et cherchait les mots qui exprimeraient son incrédulité. Si il devait être honnête avec lui-même, il avouerait qu'à la place de ses potentiels patrons, il ne se serait jamais embauché. Mais alors tout particulièrement suite aux derniers événements... A la place de Lincoln, il aurait eu peur de voir sa boutique (qu'importe son thème) voler en morceaux. Soit le vieux était VRAIMENT en mal de compagnie et désespéré (au bord du suicide ?), soit Asch faisait vraiment pitié. A moins que ça ne soit un savant mélange des deux.

"... Alors vous, vous êtes vraiment bizarre..."

Pour l'éloquence on repasserait. Ça n'avait jamais été le fort du rouquin. Il n'y avait pas grand chose qui était son fort d'ailleurs, à part lorsqu'il s'agissait de taper quelqu'un, ou de soulever un poids lourd. Il rangea la carte de visite dans sa poche - toujours sans l'avoir lue. Il hésitait. Le travail en magasin ne lui avait pas vraiment porté bonheur jusqu'à présent. Il piétinait, il devait faire attention à ne rien foutre en l'air, et ensuite, ça l'énervait. La réflexion fit tressauter sa paupière inférieure comme il aspirait une nouvelle bouffée de fumée en fixant Lincoln.

"Laissez tomber les excuses, c'est oublié. C'est sympa de proposer...  Mais je sais pas si vous avez envie de me voir enfermé entre quatre murs... Vous vendez quoi dans cette boutique ?"

Non, on ne rêvait pas. Il avait effectivement fait en sorte d'ouvrir la conversation.
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Lun 9 Fév - 15:23

Très franchement le vieux Vodoun s'attendait davantage à récolter un pain dans la gueule qu'à voir son interlocuteur actuellement entamer une discussion avec lui... Et c'était lui qui était bizarre en plus? Il manquait pas de souffle le rouquin!
Le fait est qu'il n'avait pas vraiment prévu la suite des évènements, chose qui était plutôt rare pour Lincoln, qui ne supportait généralement pas d'être pris au dépourvu.

Certes le tempérament du rouquin aurait fait tiquer plus d'un patron, mais le fait était que Lincoln était bien plus feignant qu'il n'était attaché aux apparences, ou même aux bibelots attrape-couillons qu'il vendait dans son échoppe. Autrement dit, il avait tellement la flemme de ranger son bordel, qu'il en était même venu à espérer un incendie, juste pour ne pas avoir à se taper l'inventaire.

Le vieil homme redirigea son attention sur le hérisson sous amphèt':


"Un peu tout et n'importe quoi qui touche de près ou de loin à la culture vaudou, des amulettes, des gris-gris, des poupées, des statuettes, ce genre de conneries quoi..."

Oui, Lincoln adorait son métier... Le fait était qu'il n'avait jamais vraiment été fait pour la vente. Pas particulièrement attaché à l'argent ou à une vie de luxe, il s'était toujours contenter de tenir la boutique avec un certain recul. Il fallait bien reconnaître que s'il était encore derrière son comptoir aujourd'hui c'était bel et bien parce qu'il n'avait jamais trouvé la motivation de faire autre chose. D'autant plus qu'il était totalement conscient de vendre de la manufacture taïwanaise dénué de toute capacité magique, contrairement aux poupées qu'il passait la majorité de la journée à confectionner.

"Comprenez bien que ce ne sera pas un boulot particulièrement intéressant, ni même bien payé, cela dit. Mais bon, vu que vous n'allez très probablement pas vous faire embaucher ici, ça peut vous dépanner un peu. D'autant plus que ce serait pour une courte durée, le temps de remettre ma boutique en état, de la rendre un peu plus présentable pour les touristes."

Il tira une longue bouffée sur sa pipe.


"Je vous laisse y réfléchir", dit-il, puis pointant du doigt la poche dans laquelle Asch avait rangé sa carte,"Il y a le numéro du magasin à l'arrière, si jamais vous êtes tenté."
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Sam 14 Fév - 17:37

Du camp "wiccan", il était involontairement passé au camp "métamorphes", et voilà qu'on lui proposait de bosser pour un vodoun. Ça commençait à faire plus de vestes à retourner qu'il n'en possédait vraiment. Si il avait été un peu moins tendu faute aux précédents déboires il aurait été capable de ricaner en entendant le vieux traiter sa propre marchandise de "genre de connerie". C'était le type de propos qu'il était foutu d'avoir et il appréciait lorsqu'il n'était pas le seul à pousser l'auto-dérision jusqu'à ce niveau là.

Parce que oui, il avait de l'auto-dérision. Mais c'était à sens unique. Il avait le droit de se foutre de sa propre gueule, mais gare à celui qui en profiterait pour le vanner en retour.

Il n'était pas encore suffisamment déridé pour laisser voir un sourire (même caustique). Il resta donc sans réaction. Enfin. Disons qu'il avait l'air pensif. Bosser en magasin ne lui faisait vraiment pas envie : fallait le comprendre, il y avait quelques semaines de cela il avait volontairement démissionné d'un job de manutention parce que le côté répétitif et soigné de la démarche lui donnait envie d'exploser et l'obligeait à passer (le reste de) sa vie (et de son salaire) à la salle de sport. Ça n'avait pas été pour se faire embaucher pour le même genre de taf exactement moins d'un mois plus tard. Même si il manquait de pognon. Et même si c'était une aubaine.

Sans même compter que "remettre en état" et "rendre présentable" étaient deux notions qui faisaient exactement partie de... Celles qu'il ne possédait pas. Par contre, il était très doué pour faire l'inverse. Ça sentait le coup foireux. Il allait sans doute falloir qu'il passe son tour. Mais ça ne serait pas raisonnable de sa part de le faire tant qu'il n'était pas certain de trouver mieux dans un délai correct. Il décida donc d'attendre avant de donner une réponse définitive :

"Je vois. Je garde l'idée en tête. Cela dit je dois avouer que c'est exactement le genre de job que je n'étais pas en train de chercher. Vous aurez peut-être trouvé quelqu'un d'autre avant que je vous rappelle."

Qu'y avait-il d'autre à dire.. ? Pas grand chose. Asch n'était pas un grand bavard, et il semblait bien que le sujet de leur conversation s'était rapidement épuisé. Il soupira et donna la conclusion qui, dans sa tête, s'imposait :

"... Bon. Je crois que je vais y all.."

Au moment où il se faisait cette réflexion, il remarqua deux ombres dans le coin de la rue qu'il n'avait pas vues précédemment. Peut-être venaient-ils d'arriver ? En tous les cas, à leur apparition s'était associée une odeur que le rouquin n'avait franchement jamais eu l'occasion d'expérimenter "avant", si bien qu'il en conclut que çe ne devait pas être très humain ni naturel. Et ça se bécotait... Quelle idée de lui titiller les nerfs à cette période ? Il découvrait à peine ce que ça faisait d'être un métamorphe, et en plus c'était la fin du printemps. Même si il n'avait pas vraiment expérimenté les sensations qu'il aurait été censé expérimenter durant la saison des amours. Ce dont il ne se plaignait pas, loin de là : de sa nouvelle condition, pour des raisons évidentes liées à son arbre généalogique bordélique, c'était sans doute le truc qui lui foutait le plus les jetons.

".. hmpf."

Il passa une main contre son front, troublé. Il avait eu une sorte de malaise léger... Ça, et cette foutue sensation de sentir une tempête se lever à l'intérieur de son corps qui le reprenait. Il détestait lorsque ça arrivait, et encore plus lorsque ça arrivait sans prévenir.
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MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Lun 9 Mar - 11:11

La conversation semblait sur le point de s'achever de la façon la plus cordiale, quand soudain le rouquin s'interrompit et commença à s'agiter. Visiblement quelque chose venait de le perturber. Lincoln jeta un regard dans la direction où Asch regardait, et il surprit un couple entrain de se manger le visage comme s'ils essayaient de fusionner.

Plutôt circonspect quant au pouvoir traumatisant de cette échange de salive, il avait du mal à comprendre pourquoi cela mettait le jeune homme dans un état pareil. Visiblement sa curiosité avait été satisfaite pour la journée, et très franchement tout cela sentait les mœurs pas nettes. La vie sexuelle des autres, trop peu pour lui.

Il décida de tapoter l'épaule de son interlocuteur d'un geste toutefois un peu hésitant:


"Bien, je vous laisse me tenir au courant, si jamais ma proposition vous tente. Je vous souhaite une bonne journée..."

Il tourna enfin les talons, et sans un regard en arrière partit d'un pas nonchalant vers chez lui...
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Emploi: Videur dans plusieurs bars
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18/30  (18/30)

MessageSujet: Re: Répit or not répit?   Lun 9 Mar - 22:02

Une main tapota son épaule d'une façon qui le fit involontairement grogner. Et pas le grognement de type agacé qui laissait entendre qu'il voulait qu'on lui lâche les basques, non... Le bon gros grognement animal qui n'avait rien à faire dans une gorge comme la sienne. Il avait chaud et froid en même temps, et limite la tête qui tourne. Il essaya de retirer la main posée devant ses yeux histoire de la mettre au mur et d'être certain de ne pas se casser la gueule, mais il rata le mur de quelques centimètres et manqua pour de bon de se manger le pavé. Il fit quelques pas sur le côté, un peu étonné que le vieux n'ait pas l'air de chercher à savoir ce qui lui arrivait. Mais ptetre qu'il préférait pas savoir. Peut-être qu'il voulait juste se casser, et il pouvait le comprendre. Au pire si il s'évanouissait, y avait toujours les deux perruches là-bas, qui pourraient éventuellement le ramasser une fois qu'ils auraient fini de se bécoter et se seraient rappelé qu'il y avait un monde autour d'eux.

Mais de toute façon il n'allait pas tomber dans les pommes. Ça n'était pas ça. Il était déstabilisé, certes, mais ne se sentait pas sur le point de tourner de l’œil. Et d'ailleurs, ça commençait à aller mieux. Ses yeux étaient devenus jaunes, mais à part ça tout allait bien. D'ailleurs il s'en était même pas rendu compte, alors ça ne risquait pas de le travailler.

"Euh ouais... Je vous redirai ça au revoir..."

L'esprit décousu, il tourna lui aussi les talons. Et se planta de sens en tournant la prochaine rue. Pas grave, il était pas à cinq minutes de marche près. Et dire qu'il n'avait rien bu. Il allait vraiment falloir qu'il s'occupe de.. ça.
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Répit or not répit?

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