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 A qui appartient ce postérieur ?

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Olivia Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Sam 4 Avr - 1:39

Olivia détourna le regard de la porte que Gaël s’apprêtait à enfoncer –à sa demande. Une partie d’elle avait envie de lui hurler d’arrêter. Elle n’était pas convaincue de pouvoir supporter ce qu’elle verrait de l’autre côté de cette porte –de bien mauvaise qualité, d’ailleurs- parce que l’idée, pourtant improbable quelques minutes plus tôt, qu’il s’agisse de… non. C’était impossible, voilà tout.

Secouant une nouvelle fois la tête pour se sortir des pensées sombres que le bruit de la porte qui cédait ne faisait qu’augmenter, le regard de la mexicaine tomba sur un cadre, posé près de l’ordinateur du jeune homme (un bijou de technologie hors de prix, qui éloignait encore un peu l’hypothèse de kidnappeurs/cambrioleurs : ils ne seraient jamais partis sans ce genre de choses). Il s’agissait d’une photo de la mère et du fils, pas très récente, mais qui fit perdre à la brune le peu de contenance qui lui restait. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux alors qu’elle s’approchait du bureau pour survoler du bout des doigts le sourire éclatant de l’adolescent derrière le verre. Elle étouffa un sanglot –pas assez discret pour que personne ne le remarque, malgré l’agitation ambiante- et se détourna rapidement, craignant de faire une scène qui serait particulièrement indésirable en public. Même malgré les circonstances actuelles. La demande du frère d’Erin lui permit de se concentrer sur autre chose que sur Karl qui s’avançait dans la salle de bains. Elle posa un regard embué sur Erin avant de se tourner vers Devon.


« …Gaël peut certainement t’emmener où tu le désires. Tu as raison, il faut prendre soin d’elle. »

Joignant le geste à la parole, Olivia avança de quelques pas peu assurés vers son garde du corps, qui l’avait sûrement entendu, mais semblait préoccupé par ce qu’il se passait à l’intérieur de l’autre salle. Elle ne pouvait pas voir son regard, et c’était pour le mieux, car la résignation et la tristesse inquiète qui transparaissait dans le regard de l’argentin ne lui aurait pas plu. Posant une main sur son bras (autant pour attirer son attention que pour se procurer un appui qui l’empêcherait éventuellement une troisième fois de s’effondrer), la mexicaine entreprit de s’adresser à son employé, tout en jetant un regard peu assuré à l’intérieur de la pièce.

« Gaël, pourrais-tu conduire ce jeune… Karl, recule ! »

Les yeux sombres de la femme étaient arrondis de peur. Elle ne portait peut-être pas le meilleur ami de son fils dans son cœur, mais il restait un jeune garçon innocent (…malgré ses préférences douteuses) et il était ridicule à risquer sa vie ainsi ! Elle fit un pas dans la salle d’eau, faisant signe à l’humain de revenir vers elle.

« Ces créatures du Diable sont dangereuses ! Il pourrait te sauter dessus et te vider de ton sang en quelques secondes ! Je t’en prie, recule ! »

Son bras tendu tremblait. Son corps entier, en réalité, était pris de tremblements, alors que les souvenirs de cette soirée pas si lointaine lui revenaient brutalement en mémoire. La façon dont cette…chose lui avait parlé, l’enjôlant de son charme démoniaque, avant de la plaquer au mur et de… Elle recula d’un pas, se cognant brutalement contre le chambranle de la porte, frissonnante. Ne faisait-elle pas assez de cauchemars depuis deux nuits, pour que Dieu souhaite lui faire revivre ces horreurs de jour également ? N’avait-elle pas déjà été assez punie ?

Le regard sombre de Madame Luz-Descalzo tomba sur la forme tremblotante enroulée dans le rideau de douche. Qui que ce soit, il avait l’air terrifié. Elle ne voulait pas croire qu’il puisse s’agir de son fils, mais…

Une fois encore, les boucles brunes heurtèrent ses joues alors qu’elle secouait la tête. Non, il ne fallait pas qu’elle se laisse avoir. Pas encore une fois. Ces êtres étaient des enfants de Satan, des démons sans âme qui…


« Je vous en prie, dites-moi que vous n’avez pas pris mon fils… »

Et voilà qu’elle craquait. S’affaissant le long de l’encadrement de la porte, les genoux repliés devant elle dans la même position que quelques nuits plus tôt, elle perdait le contrôle d’elle-même et s’adressait, les yeux plein de larmes, à la forme qu’elle ne voulait pas reconnaître.


« Vous ne pouvez pas… je ne peux pas… Il ne peut pas… Il n’a pas le droit d’être parti ! Vous ne pouvez pas être Esteban, vous ne pouvez pas ! »

Sa voix était remontée dans les aigus, on sentait que l’hystérie qu’elle avait tenté de calmer un peu plus tôt était revenue au galop. Gaël tenta de poser une main sur son épaule, mais Olivia choisit cet exact moment pour enfoncer son visage dans ses genoux, les mains dans les cheveux.

« Mon bébé ne peut pas être mort… »


La voix habituellement douce de la mexicaine s’était brisée dans des sanglots quasi-silencieux, mais ne traduisant pas le quart de la douleur qu’elle pouvait ressentir. Elle avait l’impression que son cœur était en train d’exploser en un million de lamelles de verre qui lui déchiraient l’ensemble de la cage thoracique. Elle donnerait beaucoup pour que le vampire sous ce rideau lui confirme que non, il n’était pas celui que tous pensaient. N’importe quoi. Elle serait prête à se faire mordre à nouveau, tant qu’on lui redonnait son enfant, son bébé, bien vivant…

Pressentant le drame mais incapable de faire quoi que ce soit d’utile (il était bien trop tard pour cela, malheureusement), le garde du corps s’était tourné vers Devon et lui avait tendu les clés de la voiture, ainsi qu’une carte de visite où figurait son numéro.


« La voiture est juste en bas. Je ne sais pas combien de temps nous allons rester ici. »

D’où le numéro. Parce qu’il était hors de question que Gaël laisse son employeur dans cet état, surtout qu’il était malheureusement persuadé du contraire de ce qu’elle semblait espérer si fort…et la scène qui allait suivre serait certainement plus horrible encore qu’il ne l’imaginait.


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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Sam 4 Avr - 13:31

Dans l'autre pièce, le frère Rosenbach s'occupait d'Erin évanouie. Il souhaitait l'emmener ailleurs sans attendre. C'était sans doute la meilleure idée qui avait jamais été formulée dans ce studio depuis que le groupe d'enquêteurs amateurs y était entré sans l'autorisation de son locataire. Néanmoins, Esteban était incapable de se concentrer sur ce qu'il se passait du côté de sa chambre, pour la très bonne raison que tout ce qui était en train d'arriver de son côté de la porte était trop inquiétant pour qu'il ait l'occasion de s'intéresser au reste de la situation.

Karl, qui était bien trop près de lui, notamment. Comment allait-il faire pour ne pas être découvert maintenant que la dernière paroi qui le séparait d'eux avait cédé ? Il n'était qu'à un rideau de douche de leur dévoiler son identité. Perdu dans une panique blanche, le réel lui semblait se fondre dans une espèce de mauvais rêve... Un cauchemar duquel il aurait voulu pouvoir fuir en fermant les yeux très fort, pour se réveiller dans un lit confortable et plein de la chaleur corporelle qui l'avait récemment quitté. A défaut d'être capable de chasser la réalité, il restait figé. Son esprit patinait dans la semoule à la recherche d'une solution de repli inexistante. Subitement, il y eut une injonction violente : Olivia ordonnait à Karl de reculer, un peu comme si il avait été un enfant déraisonnable en train de plonger une main curieuse à l'intérieur de la cage d'un fauve. Le rejet et la peur qu'il y avait dans la voix de sa mère lui firent écarquiller les yeux. Il avait beau avoir prévu que tout cela arriverait, entre la théorie et la réalité il y avait une énorme différence, surtout lorsqu'on s'était mal préparé. Il avait la tête qui tournait et l'impression de plonger progressivement dans la déréalisation. La conscience qu'il avait de sa propre monstruosité devint plus forte qu'elle ne l'avait jamais été jusqu'à présent. La fraîcheur caractéristique de l'effroi se cristallisa dans son organe cardiaque moribond, et se transforma en une douleur perçante. Pour ne rien arranger, la proximité de Karl lui était difficile à soutenir : l'odeur de sang frais qu'il avait jusqu'à présent réussi à ignorer sembla comme envahir sa bouche et son nez. Horrifié, il se rendit compte du besoin qui grondait, insistant, au plus profond de son ventre. Les larmes lui montèrent aux yeux. Il plaqua une main contre son visage et cessa cette fois volontairement de respirer afin d'être en mesure d'ignorer cette odeur trop tentante. Son esprit blessé tomba une fois de plus dans le déni : Tout cela ne pouvait pas être vrai ! Ça ne pouvait pas être en train de lui arriver. Il n'était qu'un étudiant somme toute relativement normal (à l'exception de son mode de vie et de son porte-monnaie), et il n'avait jamais fait bien peur à personne. Il était totalement absurde qu'on le traite comme un serpent venimeux clandestinement installé là où il n'avait aucun droit d'être... En plus, c'était chez lui, ici ! De quel droit ces gens tentaient-ils de le déloger de son propre appartement ? Non... Ces gens, il ne pouvait pas les connaître, n'est-ce pas ? Il avait cru reconnaître la voix  de sa mère et celle de Karl, mais ça n'était sans doute pas vraiment eux... Pourquoi sa mère lui aurait-elle dit des méchancetés pareilles ? Ah... Il aurait été doux de véritablement croire à ces bêtises, mais malgré toute la force avec laquelle il essayait de nier, la vérité était imprimée au fer rouge dans son esprit.

C'était difficile de croire qu'il pouvait se tasser encore plus fort contre le mur, et pourtant, il y parvint. Karl ne manqua pas de remarquer les mouvements du rideau de douche qui laissait entendre que la créature qui était au dessous accusait très violemment le coup de chacune des paroles de la mexicaine. Il avait pincé les lèvres et s'était immobilisé dès lors qu'elle avait commencé à lui rappeler les dangers qu'il courait, et dont il était conscient. Il aurait voulu qu'elle retienne ces propos involontairement cruels, car plus le temps passait, et plus sa théorie semblait vouloir se confirmer. Il gardait les yeux sur le tas humanoïde tremblotant auquel il faisait face car il était tout de même conscient qu'il prenait des risques, mais il tourna la tête de quelques degrés afin de parler à la mère éplorée :

"Je ne crois pas qu'il va m'attaquer, Olivia... Il est terrorisé."

Bon, ça n'était pas entièrement logique : d'aucun savait très bien qu'une créature effrayée pouvait devenir très dangereuse si elle se sentait menacée, mais Karl était persuadé que si il s'agissait bien d'Esteban, alors il y avait très peu de chance pour qu'il se fasse agresser. A cela près qu'il pouvait manquer de sang et totalement dérailler faute à la panique, certes... Mais de toute façon qu'il soit à cinquante centimètres ou à trois mètres du vampire, ça ne changeait rien : en tant qu'humain, il ne pourrait pas faire grand chose si l'outre passait à l'attaque. C'est pour cette raison que le comportement d'Olivia était dangereux : si c'était bien Esteban, là-dessous, Karl pouvait difficilement imaginer comment le jeune homme allait pouvoir supporter les horreurs qu'elle était en train de sortir. Voilà qui risquait de le faire vraiment mal réagir. Il ne la jugeait pas et il comprenait sans problème qu'elle soit incapable de réagir autrement que de la façon dont elle était en train de le faire... mais c'était malencontreux.

Comme si ce qu'il avait entendu jusque là n'avait pas suffi... Il fallait qu'elle enchaîne, s'adresse directement à lui comme à un étranger. Il n'y avait qu'une chose qui lui permettait de ne pas entièrement perdre ses moyens : la conscience de n'avoir pas encore été reconnu par sa mère. Il pouvait encore penser que, si elle lui parlait ainsi, ce n'était que parce qu'elle pensait qu'il pouvait s'agir de quelqu'un d'autre et qu'Esteban pouvait très bien être en train de gésir quelque part, la gorge ouverte au fond d'une ruelle glauque où on l'aurait kidnappé. Car c'était une chose qu'il se considère mort et presque enterré... Mais qu'il le soit aux yeux de son plus proche parent, tandis qu'il était encore en train de trembler et de souffrir d'une façon plus que vivace à quelques centimètres d'elle ? Il ne pouvait pas y croire. Ses doigts glacés ne tenaient plus suffisamment bien les bords du rideau car le choc lui avait fait perdre l'usage de ses muscles. Karl en profita pour effectuer une nouvelle tentative d'approche. Il essaya de retirer doucement le plastique qui cachait l'identité du vampire, mais ce dernier s'en rendit compte au dernier moment et parvint à garder son visage masqué. Cela dit, il avait été obligé de sortir une main, dont la forme et la teinte halée (bien qu'un peu pâlie) seraient des indices suffisants pour définitivement valider les théories déjà solides de Karl et Gaël. Le dit Karl ne s'arrêta pas là. Il sentait que la résistance d'Esteban n'était que superficielle. Dans le fond, Esteban ne pouvait pas en rester là, pas après ce qu'il venait d'entendre. Pas sans savoir si Olivia tiendrait toujours le même discours une fois qu'elle aurait vu qu'il s'agissait bien de lui. Il se sentait ridicule. N'était-ce pas ce qu'il avait souhaité ? Qu'elle le déteste et évite de se laisser corrompre comme il avait été obligé de le faire ?

"Laisse moi voir ton visage, s'il te plaît... Je n'enlève pas le rideau, d'accord ? Je regarde juste en dessous."

Et Esteban le laissa faire, incapable d'esquisser le moindre geste. C'était à peine si il réussissait encore à penser. Les regards des deux jeunes se croisèrent. Le plus gris d'entre eux se voila de douleur. Le vert quant à lui était déjà submergé par plus de sentiments négatifs qu'il n'était possible d'en supporter. Un très lourd silence tomba durant quelques secondes, alors qu'ils se jaugeaient sans rien dire. Esteban baissa la tête, en proie à de nouveaux sanglots, et il posa le front sur les genoux de son ami, qui lui prit la main et resta immobile un moment, à court d'idées. Karl chercha le regard de Gaël.
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Devon Rosenbach
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Dim 3 Mai - 11:24

Entendant que Karl s'apprêtait à découvrir le vampire, Devon ne s'attarda pas. Entre sa curiosité et sa crainte pour sa sœur, sa priorité était assez claire. Jamais dans son caractère la curiosité n'avait pris le pas sur la sécurité des siens.

Il attrapa les clefs de la voiture de Gaël - enfin, plus probablement d'Olivia, et pris sa sœur dans ses bras. Il hocha la tête vers le chauffeur, tant pour le remercier que pour le rassurer quant au soin qu'il prendrait du véhicule. Avec Erin allongée sur la banquette, de toute façon, il n'allait pas s'amuser à avoir une conduite sportive.
Même si ça ne lui plairait pas, il allait l'emmener chez leur mère. Si elle ne voulait pas, elle n'avait qu'à se réveiller avant d'arriver.

Il n'entendit que de loin Karl s'adresser au vampire, et cela ne l'incita qu'à presser le pas.

Rapidement, le bruit d'un moteur qui démarre se fit entendre.
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Olivia Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Sam 9 Mai - 23:47

Elle l'avait vu, elle aussi. Reculer contre le mur, comme affolé par les paroles qu'elle avait prononcées. Comme si ce n'était pas lui, le monstre, dans cette pièce, et que cette chose avait elle aussi des raisons d'avoir peur. Karl le lui confirmait d'ailleurs : le vampire, quel qu'il soit, avait l'air complètement terrifié. Les yeux passant de la forme emmaillotée au meilleur ami de son fils, elle sentit ses ultimes barrières craquer. La mexicaine ne mit pas longtemps à gémir au sol, submergée par les différents ressentis. La ressemblance avec la scène de l'avant-veille était troublante. Trop troublante. Il y avait un surplus d'émotions que la multimilliardaire était incapable d'encaisser. Surtout pas si ça concernait son fils chéri. Elle qui avait tenté de le tenir à l'écart de tout cela, était-il possible qu'en se taisant elle ait précipité sa chute ?!

« Qu'est-ce qu'ils t'ont fait... »

Gaël tourna un œil attentif vers sa patronne, un autre toujours posé sur les deux jeunes hommes (car, pour lui, le doute était trop mince pour être réel). Ce qu'elle venait de murmurer n'avait pas grand sens, encore moins après ce qu'elle avait demandé un peu plus tôt, sans obtenir la moindre réponse. Et pourtant, le garde du corps possédait des renseignements qui lui permettaient de penser qu'il y avait dans le comportement d'Olivia une amélioration. Alors, il tenta à nouveau de poser sa main sur l'épaule de son employeur...jusqu'à ce que cette dernière pose les yeux sur la main qui tenait le rideau de douche. Une main qu'elle connaissait bien. Qui appartenait à l'être qui lui était le plus cher, à ce qu'elle avait de plus précieux au monde...et qui était devenu ce dont elle avait le plus peur.

Les yeux grand ouverts, l'expression terrorisée et la bouche entrouverte, la brune semblait incapable de faire le moindre mouvement. Dans sa tête, les images se succédaient, se superposaient, l'empêchant de penser. Les différentes scènes où elle avait vu cette main en action. Il y en avait tellement... elle la voyait taper sur des touches, pousser des portes, approcher un téléphone portable d'une oreille, prendre sa propre main dans la sienne...


« Non... non... »

Elle secoua la tête. Les images qui lui venaient maintenant étaient celle de cette fameuse nuit. La musique, le violon, ce jupon coloré, cette autre main qui prenait la sienne, avant de la pousser violemment contre le mur...

« Non ! »

Ce n'était plus un murmure, cette fois. La négation avait sonné comme un avertissement alors que Karl venait de passer la tête sous le rideau de douche, mais il était difficile de savoir ce à quoi Olivia s'opposait. Son regard était toujours aussi écarquillé, mais il paraissait vide, regardant ces mains maintenant liées sans les voir. A n'importe quel moment, dans n'importe quelle autre situation, Olivia Luz-Descalzo n'aurait jamais permis un tel geste. Elle se serait insurgée, aurait déversé toute sa froideur sur le meilleur ami de son fils et aurait certainement obligé ce dernier à la suivre illico presto. Puis, où qu'ils aillent, Esteban aurait eu droit à une réprimande en règle, et très certainement une interdiction maternelle de s'approcher de Karl pour autre chose que ses cours.

Finalement, quiconque ne prêterait pas attention au visage de la femme pourrait penser que c'était justement ce qui la contrariait. Mais il suffisait de tenter de croiser son regard pour savoir que les fréquentations de son fils étaient le dernier de ses soucis. Si tant était qu'elle avait encore un fils.

La brutalité de cette réalisation fut ce qui la sortit de son état de choc. Olivia se remit à trembler et s'apprêtait à ramper dans la direction des deux jeunes adultes mais s'arrêta le geste à peine esquissé, paralysée par la peur. Une peur panique, viscérale, qu'elle était incapable de maîtriser. Sa bouche s'ouvrit et se ferma plusieurs fois. Pour une rare fois, la femme du monde et la bavarde invétérée qu'était la femme Luz-Descalzo ne trouvait pas ses mots.

De son côté, Gaël avait capté le regard de Karl, mais ne savait que lui répondre. C'était horriblement compliqué. Le jeune homme semblait avoir la situation en main en ce qui concernait Esteban (car là, le doute n'était plus de mise). Il lui fallait à présent maîtriser sa mère. Pour le moment, elle n'était pas agressive, son moment semblait être passé, mais lorsque la réalisation la frapperait complètement, ce serait terrible. L'argentin la connaissait bien assez pour le savoir. S'accroupissant aux côtés d'Olivia, surveillant toujours les deux autres du coin de l'oeil, le garde du corps tenta d'attirer l'attention de sa patronne.


« Olivia, il faut que tu te reprennes. Ôte-toi ces images de la tête. »

L'homme était bien trop perspicace pour son propre bien. Il avait fait le lien entre le comportement d'Olivia et les informations que lui seul, à part elle, semblait posséder dans cette pièce. Ainsi, il lui était facile de savoir à quoi elle devait penser. Cette fois, il parvint à poser sa main sur son épaule, ce qui la fit sursauter légèrement. Elle tourna le regard vers lui, brièvement, puis vers les deux autres. Sa voix n'avait plus cette pointe d'hystérie, ni de colère, mais la déchirure qu'elle vivait était présente dans son ton.

« Comment... Pourquoi... Pourquoi tu as fait ça ? »

Elle ne voulait pas croire qu'il se soit transformé volontairement. Elle ne pouvait pas s'y résoudre. Ce n'était pas possible, pas son Esteban. Pas son fils. Elle le connaissait bien, elle...

...elle ne le connaissait plus. Il lui avait caché tellement de choses, qui sait ce qu'il était encore parvenu à garder pour lui...


« Je...je ne sais plus qui tu es... »

Un murmure à peine énoncé...mais que le vampire qu'Esteban était devenu serait plus que capable d'entendre. Tout comme Gaël, juste à côté d'elle, qui avait suivi son raisonnement et fermé brièvement les yeux. Pas besoin d'être médium pour savoir que cette phrase allait faire certainement autant si ce n'était plus de mal que le reste. Mais avaient-ils seulement le droit de lui en vouloir ?
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mar 26 Mai - 17:38

Si il n'y avait rien eu d'autre que le silence et cette étreinte maladroite - le front d'Esteban sur les genoux de Karl, et la main de son ami au dessus de la sienne - cet instant d'horreur aurait pu être ponctué d'une très brève pause, d'un réconfort superficiel mais bienvenu. Néanmoins les circonstances avaient décidé de mettre le jeu en mode "cauchemar". Esteban n'aurait pas même droit à ce répit. Pour cela, il aurait fallu qu'il y ait moins de monde. Il aurait fallu que sa mère ne soit pas ici. Il aurait fallu qu'il n'y ait personne. Il voulait se couper du monde. Il aurait voulu trouver le bouton off. Ce dernier n'avait pas l'air d'exister. Olivia aboya un "non" plus fort que les autres. Cela provoqua une réaction au sein de la chose incohérente qu'était provisoirement devenue Esteban. Une phrase prononcée bien avant revint au milieu du bourdonnement d'eau enragée qui remplaçait son organe cérébral. Il eut du mal à mettre du sens sur les mots, et lorsque ce fut fait il espéra avoir mal interprété.

« Qu'est-ce qu'ils t'ont fait... »

Il se fendit en deux. Sa gorge ne pouvait plus crier, ses cordes vocales étaient certainement coupées. Un flot de sang brûlant coulait sur le nœud serré dans le conduit enflammé. Il y avait des boules douloureuses qui palpitaient sous ses oreilles, à la base de sa trachée. Une partie de son esprit se détacha du reste, étrangement calme et posée. Cette voix se posa une question saugrenue, ridicule dans ce contexte. "Les vampires peuvent-ils vraiment ressentir ce genre de douleur, leur métabolisme n'est-il pas censé être mort ?". La partie d'esprit ne revint pas à sa place. Elle resta loin au dessus du tas de chair tremblante et explosive qui barbotait en dessous. Elle cessa de parler, mais elle tournait comme une toupie rapide au dessus d'un monde en fusion.

Avait-elle compris ? N'avait-il pas compris ? Que lui avait-on fait ? Dans cette rue, lorsqu'il n'avait rien demandé ? Il y eut un sentiment de perte qui naquit dans sa poitrine et descendit lourdement dans son estomac, comme un poids au fond d'un lac profond. La flaque de culpabilité qui s'y trouvait déjà éclaboussa le reste de son corps dès lors que la masse eut atteint sa destination.

« Comment... Pourquoi... Pourquoi tu as fait ça ? »

Ces mots faisaient écho à son état profond, mais qu'ils soient prononcés, par cette voix, n'était pas anodin, loin de là. Tout, absolument tout devint encore plus intense. La honte et la culpabilité. L'horreur et l'affliction. La partie d'être bien au dessus de lui se détacha plus encore. Peu conscient de ses gestes, crispé, il se redressa légèrement. Karl s'était tendu. Il se rendit compte qu'il avait récupéré sa main avec violence pour la remettre sous le drap de douche, qui par ailleurs ne cachait plus entièrement son visage strié de larmes, à l'expression rendue molle, ahurie, par un ensemble de sensations qu'il était devenu incapable de comprendre ou même d'assimiler. La voix calme, tout là haut... était-ce lui ? Ou bien était-ce quelqu'un qui parlait pour lui. "Je ne voulais pas que ça arrive maintenant. J'aurais voulu que ça n'arrive jamais. J'étais malade. Je n'avais pas le choix. Mais ça n'aurait pas dû se passer comme ça."

« Je...je ne sais plus qui tu es... »

Une fois de plus, ce fut comme si sa mère lisait dans son esprit et parlait à sa place, à cela près qu'elle n'était pas lui, et que ces mots venus d'elle avaient une autre signification. Une signification bien plus terrible. Elle se mêla à son propre égarement : lui non plus ne savait plus qui il était et n'arrivait même plus à garder un raisonnement cohérent tant son esprit était subitement morcelé. Était-ce la vampirisation qui le changeait en bête ? Ses yeux fous de douleur s'écarquillèrent progressivement. Il était incapable d'entendre cela. Incapable de supporter ces mots. Incapable d'exister à ce moment précis. Il se rendit compte de la soif qui lui asséchait la gorge... De la proximité de Karl, et de l'odeur alléchante qui s'échappait de ses veines palpitantes. Ce désir... la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. C'était intolérable. Tout était intolérable, et il ne pouvait plus rien supporter. Tant et si bien que lorsqu'il tourna son visage vers Olivia, il était secoué de spasmes de dégoût qui manquaient de faire se révulser ses yeux. Ses yeux, qui déjà semblaient avoir été remplacés par un océan de flammes sordides. Dans sa bouche entrouverte, la pointe de ses nouvelles canine brilla juste avant qu'il couvre sa bouche de sa main. Il eut un réflexe vomitif. Rien ne sortit. Sa main maladroite toucha le mur comme il essayait de se redresser, instinctivement conscient de la nécessité qu'il avait de fuir physiquement cet endroit, et ces interactions. Le drap de douche ne suivit pas ses gestes et lorsqu'il s'en rendit compte, un glapissement quitta son gosier. Il reprit la situation en main de façon tout à fait imparfaite : lorsqu'il passa la porte de la salle de bain à une vitesse inhumaine, le voile ne le couvrait qu'à moitié. Il sortit dehors sans se poser de question. Là, la caresse brûlante du soleil n'attendait que de le cueillir. Avant même d'avoir pris conscience d'où il était arrivé, ou même encore du danger, il se rendit compte qu'il avait mal. Il ne comprit pas pourquoi. Sa peau brûlait. Il vit une cloque sa former sur le dos d'une main dénudée. Partout ailleurs, son épiderme lui donnait l'impression de fondre, comme s'il avait été une roche en fusion ambulante. Il n'avait jamais eu aussi mal de sa vie. Ses jambes refusèrent subitement de fonctionner et il s'effondra dans un cri déchirant. Le son vibra, intense, profond. Il eut l'impression de l'avoir retenu durant des heures et d'enfin exprimer avec justesse sa réalité intérieure. Ses bras, ses jambes... Il les remit sous le drap, mais il continuait de brûler. Un vent de panique monta. Il se rendit enfin compte du danger, et comprit qu'il devait trouver un endroit pour se cacher du soleil très rapidement, sans quoi il allait finir immolé.

Karl avait assisté à sa fuite. Paniqué il s'était précipité à sa suite mais n'avait bien évidemment pas été suffisamment rapide. Il courut à perdre haleine pour prendre en main son ami : il fallait qu'il parvienne à le convaincre de retourner à l'intérieur. Il pesta bruyamment lorsque Esteban, en lutte évidente contre les effets dévastateurs de la lumière solaire, souleva sa masse sanguinolente et disparut à toute vitesse, dans une direction qu'il n'avait pas eu le temps de reconnaître. La panique doublait la taille de ses yeux. Il retourna dans le champ d'écoute de Gaël - peu importe où l'homme se trouvait à ce moment précis.

"Il faut le retrouver ! Si il ne trouve pas d'abri il va..."

Le jeune homme n'arriva pas à finir sa phrase. Autant dire que ça ne lui arrivait pas souvent.

Tout allait très vite... Ou bien était-ce le monde qui allait au ralenti ? Il avait mal mais la souffrance ne l'arrêtait plus. Il trébucha plusieurs fois, et crut bien qu'il ne trouverait rien. Il faillit abandonner, désespéré, mais il repéra du coin de l'œil une benne à ordure. Sans réfléchir, il fonça, souleva le couvercle et s'y infiltra. Le fond de la poubelle était poisseux. Les sacs qui s'y trouvaient suintaient. L'odeur était insupportable. Mais rien de tout cela n'avait suffisamment de réalité, dans un moment pareil, pour être pris en compte. Il suintait au moins autant que les sacs : le drap de douche collait contre ses plaies, et contre ses cloques percées. Le noir profond le soulagea. Il sentit des picotements tièdes comme des vagues de guérison : sa peau était en train de se régénérer. C'était étrange. Dans un autre contexte, il aurait pu trouver cela agréable, mais cette notion lui était devenue étrangère. En état de choc, il avait les yeux ouverts, la bouche ouverte, et il cherchait encore à se souvenir de...

Il n'arrivait même pas à se souvenir de ce dont il aurait fallu qu'il se souvienne, à savoir de la démarche à suivre pour utiliser ses neurones dans le but de penser.
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Olivia Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Lun 8 Juin - 23:43

C'était un cauchemar. Non, pire que cela. C'était un complot. Non... Une hérésie, voilà ce que c'était ! Quelque chose de dément qui venait perturber la voie de Dieu qu'ils s'étaient choisis, qu'on leur avait donnée, un acte sans fondement et totalement incompréhensible. Cela ne pouvait être autre chose qu'une énorme et profonde erreur...le Seigneur allait certainement s'en rendre compte, n'est-ce pas ? Peut-être que si elle partait maintenant pour la Cathédrale, qu'elle parlait aux prêtres, qu'elle priait ardemment, tout allait s'arranger... Il fallait que tout s'arrange. Elle ne supporterait pas le contraire.

S'il existait un escalier du déni, aucun doute qu'Olivia se trouvait sur la plus haute marche... et qu'elle en grimperait encore quelques unes si c'était possible. Malheureusement pour elle, le Seigneur auquel elle se référait pour tenter de se rassurer ne semblait pas plaider en sa faveur. Parce que c'est le moment que choisit le vampire pour enfin dévoiler son visage... et il n'y avait plus aucun doute possible.

C'était comme si son monde se retournait définitivement. La brune était incapable de penser, de prononcer le moindre mot pour quelques instants. Elle fixait le visage à demi caché de cet enfant qui était le sien, et qui pourtant n'avait plus rien de ce garçon qu'elle avait mis au monde. Olivia le fixait, sans un mot, tentant de retrouver sur ce visage des expressions familières, mais rien, ni dans ce regard hanté, ni dans cette expression vide ne parvenait à la convaincre, à la rattacher à une explication sensée. Ce garçon, cet homme, ce... Vampire. N'était pas son fils. C'était un inconnu, ou du moins quelqu'un qu'elle ne reconnaissait plus.

Et pourtant, ces larmes lui vrillaient le coeur. Et bien que sensible à la peine d'autrui, Olivia ne pourrait avoir l'impression d'avoir du verre pillé au milieu de son organe cardiaque en ne voyant cette douleur et ces larmes que sur un seul visage. Mais il était trop tard, maintenant. Le Mal était fait.

La mexicaine aurait voulu replonger sa tête entre ses mains, mais elle était incapable de détourner le regard du Démon. C'était comme s'il l'avait hypnotisée, et à la fois comme si elle choisissait de son plein gré de le fixer, pour tenter de se convaincre une fois de plus que l'impensable ne pouvait pas s'être produit. Mais ce n'était pas le cas. Ces yeux verts d'eau qui s'écarquillaient de plus en plus, elle ne les connaissait que trop bien... et, à l'instant présent, ce regard lui fichait une peur bleue. Et quand il le tourna enfin vers elle, Olivia comprit pourquoi, jusqu'à présent, elle avait cherché à l'éviter. En confrontant ces flammes, cette lueur de folie démoniaque, elle ressentit une terreur inconditionnelle, qu'elle était incapable de réprimer.

Quand Esteban se décida à bouger, sa mère laissa échapper un cri d'angoisse. Coincée contre le mur, juste à côté de l'ouverture de la porte, elle se recroquevilla sur elle-même, priant confusément pour qu'on la laisse vive. Quelques paroles incohérentes -sûrement autant que l'avant-veille- dans sa langue maternelle franchirent ses lèvres, et elle ferma les yeux de toutes ses forces en sentant un courant d'air, et la silhouette de son fils disparaître. Morte de trouille, au bord (?) de la crise de nerfs, très certainement aussi affectée que lorsqu'on l'avait réellement attaquée. Si ce n'était plus, car il s'agissait d'Esteban. Qui avait disparu.

Clairement en état de choc, la mère multimilliardaire ne prêtait plus attention à ce qu'il se passait autour d'elle. Gaël, pour sa part, n'avait rien loupé de la scène, mais hésitait sur la suite des événements. Karl s'était précipité à la suite de son ami, et le garde du corps hésitait à le suivre, mais l'état de son employeur restait particulièrement inquiétant et il n'était pas à l'aise à l'idée de la laisser seule ici. Quant à la transporter dans ses bras pour suivre les jeunes adultes...quelque chose lui disait que c'était une très mauvaise idée. Il opta donc pour la solution la plus raisonnable : gardant un œil sur son amie, il ouvrit la fenêtre et entreprit de scanner les environs à la recherche des deux garçons.

Le cri du jeune Luz-Descalzo fendit l'air comme s'il arpentait toujours le studio. Le garde du corps pesta dans sa barbe et ferma le battant entrouvert, mais c'était trop tard : impossible d'ignorer ce cri déchirant, et inutile de penser qu'Olivia ne saurait en reconnaître le propriétaire. L'argentin retourna aussi sec dans la salle de bains, pour trouver son employeur sur le côté, les genoux repliés contre elle et ses mains plaquées sur ses oreilles. Elle leva vers Gaël un regard apeuré et implorant, laissant échapper un seul mot.


"Niñito..."

Le garde du corps, pourtant habitué à garder ses émotions pour lui, ferma brièvement les yeux et pinça les lèvres. A peu de chose près, on arrivait à la scène de drame qui lui était venue en tête quand ses soupçons et ceux de Karl avaient commencé à se confirmer.

Tentant de se faire le plus prévenant possible, Gaël s'approcha de la mexicaine pour la prendre dans ses bras et la déposer sur le lit. Insensible à la moindre de ses paroles (qui se voulaient pourtant réconfortantes), Olivia se laissa faire mais ne bougea pas d'un pouce, paraissant se recroqueviller encore plus en arrivant sur le lit. La tête sur l'oreiller, les larmes envahirent ces joues. Cette odeur, qu'elle reconnaîtrait entre mille. Cette odeur qu'elle ne sentirait plus...

Un nouveau gémissement lui échappa, alors que Karl réapparaissait. Il était évident que le jeune homme était complètement paniqué, et c'était légitime. Le garde du corps s'apprêtait à le rassurer, mais l'héritière fut plus rapide. Pas dans l'optique de consoler quiconque, cependant.


"Il est déjà parti ! Tu ne comprends donc pas ?! Il est MORT ! Mon fils est... Esteban ne... il..."

Incapable de formuler une phrase de plus, Olivia fondit dans une nouvelle crise de larmes hystériques. Gaël lui lança un regard inquiet, posant sa main sur l'épaule de Karl pour tenter à la fois de calmer sa panique et de lui faire comprendre de ne pas répondre. A l'heure qu'il était, la mère éplorée était impossible à raisonner.

"Appelons le BIAS. Si on donne son signalement, ils pourront lancer une équipe à sa recherche. Ils sont mieux équipés que nous, mais il faut les convaincre d'être d'une discrétion absolue." Il jeta un regard en biais à Olivia. "Il y a beaucoup trop en jeu."

Il devrait sûrement parler au petit de l'attaque qu'avait subie la quarantenaire. Après tout, cela pourrait aider à déchiffrer un peu son comportement, mais il n'en trouva ni l'occasion, ni la bonne façon... Et Olivia semblait s'être provisoirement calmée. Toujours recroquevillée sur le lit, elle serrait à présent l'oreiller contre elle, murmurant le prénom de son fils comme une litanie, espérant certainement qu'avec assez de prières, tout redeviendrait comme avant.
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Sam 4 Juil - 14:18

Abruti, Karl mit quelques secondes à tourner la tête au moment où Olivia lui hurla dessus. Bien sûr, comme il avait perdu son sang-froid pourtant exceptionnel, la première chose qu'il eut envie de faire fut de répondre sans détour que non, elle ne pouvait pas dire ça, et que peu importe ses croyances il y avait une différence notable entre un vampire et un tas de cendres. On comprenait donc que ça aurait pu très mal se terminer, mais Karl avait la chance d'être plus réfléchi que la plupart des adolescents, et même des adultes. Plutôt que de réagir impulsivement, il avala sa réaction. Il pinça fortement les lèvres. Il prit quelques bouffées d'air profondes pour parvenir à regagner son  calme, ainsi qu'un semblant de raisonnement cohérent.

Il aurait voulu répondre quelque chose, mais sut aussitôt qu'il ne pourrait rien dire sans que la situation s'enflamme. Sans aggraver l'état déjà passablement critique d'Olivia. Il préféra la laisser à la charge de Gaël, vers lequel il se tourna d'ailleurs lorsqu'il prit la parole. Ce fut ce qui permit au jeune homme d'entièrement revenir sur Terre : le ton posé du majordome, ainsi que le contenu pragmatique de ses propos, lui firent un bien fou. Son regard plongé dans celui de Gaël se raffermit au fur et à mesure que l'adulte s'exprimait. Karl glissa la main dans sa poche, à la recherche de son téléphone. Gaël allait sans doute devoir rester avec son employeur afin de contenir sa crise. Vraisemblablement, il n'était pas possible de passer ce coup de fil dans les parages, là où elle pourrait entendre ce qui se dirait : il était question de sauver Esteban, elle risquait de réagir aussi mal qu'elle l'avait fait lorsque Karl était venu avertir les autres de la situation dehors, si ce n'est plus. Il hocha la tête d'un coup sec et bref. La détermination qu'on lisait dans son attitude était suffisamment éloquente pour que les mots qui suivirent soient presque inutiles :

"Je m'en occupe."

Il changea de pièce tandis qu'il composait le numéro du BIAS. Il allait devoir être convaincant : d'une, il ne faudrait pas qu'ils pensent que c'était un canular. De deux, afin de garantir la discrétion des agents, il allait sans doute avoir besoin d'un coup de pouce. Jouer sur le nom "Luz-Descalzo" pourrait suffire dans un premier temps. Il avait suffisamment entendu Esteban faire pour savoir comment il aurait dû s'y prendre. Cela dit, un coup de main du sénateur du même nom, qui avait longtemps travaillé avec cet organisme, aiderait sans doute à faire taire les curieux à long terme.

Plusieurs longues minutes passèrent avant que Karl ne revienne dans l'autre salle.

"Le BIAS arrive ici avec une voiture civile. Des agents vont inspecter l'appartement. Pendant ce temps, ils voudraient qu'on les suive. Ils veulent prendre notre déposition."

Il tourna les yeux sur Olivia, conscient qu'elle risquait de ne pas être en état de donner la sienne. Il avait aussi volontairement omis de préciser qu'une autre équipe avait été dépêchée dans les rues de la Nouvelle-Orléans à la recherche du vampire en fuite. Il le dirait à Gaël, mais pour l'instant il n'était pas envisageable de prévenir la mère de la victime.

"Je peux avoir votre numéro de téléphone ?"

Ils seraient plus à l'aise si ils pouvaient échanger des messages textes.
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mer 15 Juil - 13:46

Même si Karl avait laissé libre cours à sa colère et son indignation, il n’était pas certain que cela aurait changé quelque chose à l’état d’Olivia. Cette dernière semblait complètement hors du temps, le nez plongé dans l’oreiller de son fils, continuant de murmurer son prénom à voix si basse que l’on se demandait si ses cordes vocales étaient réellement en action. Son regard vide ne laissait transparaître que la douleur qui était déjà perceptible au travers des larmes qui inondaient l’oreiller, bien qu’elle ait fait l’effort de le lever vers les deux hommes lorsqu’ils avaient engagé leur discussion. Mais elle n’entendait rien. A dire vrai, elle n’y prêtait pas la moindre attention. Peut-être que si le prénom de son fils avait été prononcé, son intérêt aurait été piqué…Mais là, elle avait simplement l’impression que rien ne valait plus la peine. A quoi bon se forcer à suivre une conversation, quand son enfant n’était plus le même ? Karl pouvait en penser ce qu’il voulait, son fils était mort. Il suffisait à la mexicaine de repenser à ce regard pour s’en rendre compte. Cette… chose, n’était pas Esteban. Ce n’était plus le garçon à qui elle avait donné naissance, et qu’elle avait pensé élever de son mieux. Cette personne était partie, son âme envolée, et maintenant son corps souillé traînait dans les rues les plus sombres pour éviter de finir immolé par le juste châtiment de Dieu.

Et pourtant, elle avait également perçu cette tristesse, cette angoisse… Un être aussi maléfique pouvait-il vraiment ressentir une telle peine ? Se pourrait-il que le jeune homme ait raison, et qu’Esteban soit quelque part, enfermé dans la malédiction vampirique qu’on lui aurait fait subir contre son gré ? La multimilliardaire éplorée évinça la théorie dans un nouveau gémissement de douleur. Non, elle refusait d’y croire. Elle refusait de penser que son enfant pouvait s’être changé en l’une de ces abominations… Et si il attaquait quelqu’un, lui aussi ?! Ce monstre sanguinaire ne pouvait pas être son fils. C’était tout simplement impossible. Elle s’y refusait.

Il était bien plus simple de s’abstenir de penser. Le choc était trop grand pour la mexicaine, qui ne pouvait considérer les hypothèses concrètes comme les plus farfelues. Olivia n’avait qu’une envie en cet instant, c’était de s’évanouir, pour tout oublier et se réveiller dans un monde qui tournerait rond, où rien de tout cela ne pourrait arriver. Car ce ne pouvait être qu’un horrible cauchemar, n’est-ce pas ? Elle allait se réveiller à la villa, se préparer comme pour une journée ordinaire, et ni sms alarmant ni visite surprise ne viendrait perturber sa matinée. Ce serait une journée normale, elle appellerait son fils comme chaque jour, ils se raconteraient leur journée et rien d’extraordinaire ne se serait passé.

Le retour de Karl et ses paroles mirent fin à son déni idyllique. La mention du BIAS ne lui avait pas échappé, et elle ne pouvait signifier qu’une chose : ce cauchemar était bien réel. Alors que le jeune homme tournait son regard vers elle, Olivia se sentit se recroqueviller un peu plus. Ses bras enserrèrent par réflexe l’oreiller qu’elle tenait toujours contre elle et un nouveau gémissement incompréhensible lui échappa, bien qu’il soit aisé de déduire qu’elle tentait, une fois encore, d’appeler son fils.

Ayant hoché la tête aux paroles de l’adolescent, Gaël se tourna vers sa patronne. Il partageait les déductions de Karl : Olivia serait incapable de répondre à la moindre question des enquêteurs. Cependant, il était évident qu’elle ne pourrait pas rester ici non plus. Cela lui faisait plus de mal que de bien, et si elle ne surmontait pas le choc, c’était d’une aide hospitalière dont elle aurait besoin. Bien que le garde du corps veuille éviter cela au maximum, il n’hésiterait pas si jamais l’état de son employeuse se détériorait. Pour le moment, Gaël devait faire en sorte qu’elle vienne avec lui, ce qui ne semblait pas aisé. Après un dernier regard inquiet sur la mère esseulée, l’homme de main se tourna vers le garçon. Portant la main à la poche de sa veste, il en sortit une carte de visite qu’il lui tendit.


« Allez à la rencontre de l’équipe. Dites-leur que je vais descendre avec Madame Luz-Descalzo, mais qu’elle n’est certainement pas en état de leur faire la moindre déclaration. Ils pourront s’en rendre compte par eux-mêmes, mais s’ils veulent qu’elle parle je pense qu’il leur faudra de la patience et l’aide d’un psychologue. »

Et encore. Gaël connaissait suffisamment bien cette femme pour savoir qu’un mot de travers pourrait la bloquer complètement. Déjà qu’il n’était pas certain d’obtenir un retour de sa part… Alors que le jeune homme s’apprêtait à partir, cependant, la femme dont il était question eut une réaction.

« Karl ! » Olivia s’était redressée brusquement, assise sur le lit, l’oreiller toujours serré contre elle. Son expression semblait toujours aussi vide, mais au fond de ses yeux sombres, on pouvait distinguer une lueur, mélange de terreur et d’inquiétude. « Fais… Fais attention à toi. »

Puis plus rien. C’était comme si l’héritière avait eu un sursaut de conscience avant de replonger dans l’absence qui lui paraissait tellement plus agréable. D’un point de vue extérieur, c’était certainement inquiétant, mais Gaël pensait parvenir à comprendre. Une fois de plus, Olivia avait laissé son inquiétude primaire refaire surface, liée à cette agression subie à peine deux jours plus tôt. Mais il y avait quelque chose de nouveau, également. Car Gaël –tout comme Karl- était assez bien placé pour savoir que jamais son amie de longue date n’aurait pris la peine de dire ce genre de chose au meilleur ami de son fils. C’était un immense mal pour un bien, mais si le garde du corps perdait également espoir, il ne leur restait plus grand-chose.

Il fallut à Gaël énormément de temps et de douces paroles pour parvenir à sortir Olivia de sa léthargie, assez pour qu’ils puissent se rendre au point de rendez-vous avec les agents du BIAS –bien que la mexicaine ait refusé tout net de lâcher l’oreiller auquel elle s’accrochait comme si sa vie en dépendait- une porte arrière située à l’abri des regards. Quiconque aurait assisté à la situation se serait étonné du changement d’attitude du garde du corps, que tous avaient bien plus souvent vu patibulaire –ou du moins assez menaçant pour que l’on n’ait pas envie de s’approcher- que prévenant. Mais cela ne l’empêchait pas de s’assurer de l’absence du moindre journaliste, même si normalement, les demandes de Karl avaient fait leur effet.

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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mar 21 Juil - 18:21

Karl prit la carte de visite entre ses doigts et posa un regard aigu dessus : pas question d'attendre de l'avoir perdue (bien que telle chose ait peu de chances d'arriver, comme il était très soigneux) pour rentrer le numéro dans le téléphone. Il pianota jusqu'à avoir terminé, ne s'arrêtant que pour écouter les instructions du garde, rassurantes. Qu'ils soient deux à réfléchir à et à prendre des décisions allégeait un peu sa charge émotionnelle. Il n'était pas certain qu'il aurait réussi à tenir si Gaël n'avait pas été là. Il avait une volonté d'acier, certes, mais il était humain et comme tout le monde, il avait ses limites.

"Merci. Je vais faire ça."

Il était sur le point de se précipiter dehors et de rejoindre le parking où l'équipe s'arrêterait sans doute lorsque la voix d'Olivia l'arrêta. Il fut évidemment très étonné de l'entendre avoir des mots gentils à son égard, quand bien même la situation était telle que plus grand chose n'aurait dû paraître surprenant. Il se retourna, et hésita un bref instant. Il se demandait si c'était vraiment pour lui qu'elle s'inquiétait ou bien si la douleur lui faisait faire une sorte de transfert, et si elle n'avait pas porté sur lui le souci qu'elle se faisait pour Esteban : après tout ils avaient le même âge, ils étaient très amis, et à peu de chose près ils avaient presque le même gabarit.

Il se rendit compte que peu importait (surtout pour le moment). L'heure n'était pas à s'inquiéter pour sa relation houleuse avec Madame Luz-Descalzo. Son bien être était accessoire, dans une situation aussi critique : la sécurité physique d'Esteban, sa santé mentale, et celle d'Olivia, étaient les trois priorités au niveau desquelles ils devaient porter leurs efforts. Il décida qu'elle avait sans doute besoin d'être aussi confortée et rassurée que possible. Pour le moment, il ne pouvait pas faire grand chose de mieux. Il fit donc l'effort d'étirer un sourire pâle et lui répondit calmement :

"Merci. Je serai prudent, ne vous inquiétez pas."

Puis il s'éloigna et sortit. Dès qu'il fut seul, et dès que l'adrénaline impliquée par toutes ces urgences qu'il avait dû gérer s'en alla, la réalité le frappa de plein fouet et il se rendit compte qu'il avait la gorge serrée, le corps glacé, tandis qu'il attendait sur le parking. Il avait presque l'impression que c'était à lui qu'on avait retiré la chaleur vitale caractéristique des êtres entièrement vivants. Vinrent l'envie de vomir et les vertiges. Il eut peur de perdre connaissance sur le parking. Par chance, il n'eut pas à attendre longtemps pour que la voiture arrive. Il alla à la rencontre des agents et fit ce qu'on lui avait demandé. En l'espace de quelques temps, l'appartement fut laissé désert, bien qu'en désordre et encore plein des vibrations du drame tragique qui venait de s'y dérouler.
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Lun 10 Aoû - 18:04

Devon avait déposé Erin chez Lilian. Cette dernière avait bien essayé de poser des questions, mais Devon avait éludé au maximum. Quitte à un peu écorner son image de fils chéri aux yeux de sa mère... En fait, avec les bribes dont elle disposait, Lilian pouvait aussi bien conclure qu'Erin s'était évanouie en voyant son frère. Sauf que ça ne justifiait pas son départ précipité, soit disant qu'il avait "des choses à faire". Ça ne manquerait pas d'inquiéter la femme d'affaire...

Il craignait qu'au retour les autres aient vidé les lieux. Car après, comment rendre la voiture ? Bon, il serait aisé de trouver la demeure de Madame Luz-Descalzo... plus tard. Il sortit de la voiture (fort agréable à conduire au demeurant) et rangea soigneusement les clefs dans sa poche après l'avoir verrouillée (la voiture, pas la poche).

Des bribes à son oreille fine lui firent comprendre que le BIAS était sur place. Devon n'avait bizarrement aucune espèce d'envie de se retrouver face au BIAS.
Cependant, en arrivant devant la porte extérieure, il n'eut pas besoin d'aller plus loin pour sentir l'odeur caractéristique du jeune mort-vivant. Associée à une forte odeur de cramé. Oh le con, il avait essayé de sortir sans se protéger ? Pas seulement essayé. Devon put suivre l'odeur qui partait dans une direction. Il la suivit sur une centaine de mètres, puis rebroussa chemin.

Il suivait un vampire. La créature pouvait avoir fait des kilomètres, étant donnée la vitesse surnaturelle dont elle était dotée.
Enfourchant son fatboy, il ne prit pour une fois pas la peine de mettre son casque. Même si le casque jet n'étouffait que les bruits et non les odeurs, il avait l'impression d'avoir besoin de tous ses sens, dans cette situation.
Démarrant l'engin, il refit le trajet démarré à pied, puis continua. Si l'odeur de mort-vivant n'avait pas si aisée que ça à suivre, c'était qu'elle était largement supplantée par l'odeur de brûlé. Il suivit cette dernière jusqu'à une poubelle.

Il craignit que l'odeur forte des ordures ne lui aient fait perdre la trace, aussi descendit-il de son engin pour flairer plus attentivement, mais non, ça semblait s'arrêter là. Il s'approcha précautionneusement, souleva lentement le couvercle...
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mar 11 Aoû - 14:22

Esteban avait eu deux choix distincts, durant tout le temps qui s'était écoulé, gras et pénétrant comme l'odeur nauséabonde de la benne à ordure, maintenant imprégnée partout : dans ses vêtements, ses cheveux, son corps, ses plaies encore en cours de guérison, ses papilles gustatives et sa langue alourdie, l'intérieur même de ses sinus, de son larynx... Ses poumons, même. Partout où l'air pouvait passer. A chaque instant, depuis des heures maintenant, il avait eu le choix de penser pour essayer de se souvenir de qui il était et des événements qui l'avaient amené là où il était. D'une façon dont le morceau de chair léthargique qu'il était actuellement aurait difficilement pu se l'expliquer, il comprenait néanmoins les conséquences d'une telle prise de conscience : une souffrance qu'il n'était certainement pas prêt à supporter. L'envie de déchirer sa gorge à force de hurlements d'agonie. Les pleurs inégaux qui l'auraient forcé à expulser plus d'air qu'il n'en aurait aspiré, ce jusqu'à ce qu'il ne reste de lui plus qu'un morceau rabougri, plissé, vidé, définitivement adapté à l'endroit où il se trouvait actuellement. Rien d'étonnant, comprenait-on, à ce qu'il ait au contraire "décidé" de rester en état de choc. Au sein de l'œil du cyclone, le calme était étonnamment complet. D'ailleurs, presque personne n'avait pris la peine d'entrer dans cette ruelle odorante dans la journée. Personne n'avait daigné déranger sa retraite. Cela pouvait tout aussi bien continuer jusqu'à ce que les éboueurs passent, et cela finirait par arriver, mais il ne voulait pas y penser... Car encore une fois, si il devait réfléchir à une chose pareille, alors tout le reste reviendrait aussi.

Ses doigts formaient des serres contre le plastique malheureux des sacs, malgré tout plus confortables que presque tout ce qu'il aurait pu trouver dehors. Il avait calé sa tête contre l'un d'entre eux. Ses yeux grands ouverts fixaient la paroi de la benne rendue invisible par l'obscurité. Lentement, calmement, il simulait une respiration humaine. Se concentrer sur le son de l'air entrant et quittant sa cage thoracique l'apaisait. Il n'était même plus capable de sentir la puanteur environnante, là où il aurait normalement dû être le premier à froncer le nez et à se plaindre bruyamment.

Son état ne lui permit pas d'entendre, ni de sentir quiconque arriver. Si l'information arriva jusqu'à son esprit, ce dernier ne prit pas la peine de la traiter. Il fallut un changement catégorique de luminosité pour que le jeune vampire réagisse à son environnement. Il remarqua d'abord la douleur associée à l'étape d'adaptation oculaire : tout autour de lui était baigné d'une aura argentée caractéristique de la lumière lunaire. Il avait déjà vu cela de ses nouveaux yeux la veille, mais une voix, très loin au dessus de sa tête, comme détachée de la situation, ne put s'empêcher de lui faire remarquer la beauté de la scène : même l'intérieur d'une poubelle pouvait subitement devenir fascinant. Cela avait quelque chose de fondamentalement ridicule. Puis l'odeur du sang le frappa de plein fouet, plus aguichante encore qu'à l'habitude, comme elle se mêlait à celle de l'air pur. C'était une sensation délicieuse, comme de boire une grande lampée d'eau fraîche après avoir dû se contenter des semaines durant de laper une flaque de boue. Sa gorge se serra et enfin vint la réalisation, en même temps que l'horreur et que l'effroi : il n'avait jamais eu les lèvres aussi sèches, et il se rendait maintenant compte qu'une affreuse brûlure torturait l'arrière de sa langue : un peu plus, lui semblait-il, et elle se craquèlerait. Était-il possible d'avoir aussi soif ? Et d'être aussi lent à la détente, aussi ? Car si le couvercle de la benne à ordure avait été soulevé, c'était que quelqu'un l'avait trouvé. Ce même quelqu'un que les horribles instincts dont on l'avait doté cherchaient à lui faire voir comme un casse-croûte de choix. Son visage s'était lentement pourvu d'une expression craintive. Ses yeux échevelés mirent du temps à se concerter puis à décider de prendre la direction adéquate. Trois secondes à la fois très courtes et très lentes avaient dû s'écouler depuis que son univers d'obscurité s'était effondré. Il observa le jeune homme qui l'avait découvert et fut incapable de se souvenir d'où il l'avait déjà vu. A vrai dire cela n'avait que très peu d'importance. Il lâcha un glapissement qu'il aurait certainement qualifié de "très peu convenable" dans une autre vie.

Il devait fuir, sans quoi il ne savait pas ce qu'il se passerait. Le monde entier était devenu l'Ennemi : les autres lui faisaient mal en disant des choses horribles, et en plus, ils éveillaient en lui cette soif démoniaque à laquelle il avait bien l'intention de ne pas succomber. Comme une bête acculée, le jeune vampire glissa contre le bord de la poubelle, appuyé sur une épaule. Il chercha alors à en sortir mais sa maladresse légendaire revint à l'assaut : il bascula et tomba par terre la tête la première. Aurait-il encore été humain, une telle chute aurait facilement pu lui valoir un séjour à l'hôpital. Il s'accroupit aussi vite qu'il en était capable, dents serrées, main plaquée contre son visage ensanglanté : le nez avait été touché. Ça faisait tellement mal qu'il en oublia de fuir. En plus, il s'était mordu la langue. Il avait senti ces fichus crocs la traverser de part en part et maintenant, il avait vraiment la bouche remplie de sang... qu'il cracha, d'une part parce qu'il était vraiment mauvais, et d'autre part car les sensations insensées qu'il avait brièvement ressenties lorsque ses dents étaient encore plongées dans sa propre chair l'avaient fortement dérangé. Le Diable faisait décidément son possible pour le tenter. Il vacilla et chercha l'appui du mur. Il avait la tête qui tournait... Était-ce possible pour un cadavre d'avoir la tête qui tourne ? Hagard, il se souvint (... encore) qu'il n'était pas seul, et chercha des yeux le garçon à l'odeur trop spéciale, avec la ferme intention de garder ses distances par rapport à lui, ne serait-ce que parce qu'il n'était pas certain de réussir à contenir sa soif.
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mer 12 Aoû - 9:51

Pour un vampire, la créature mit un temps insensé à réagir. Enfin, peut-être un humain aurait-il trouvé ça rapide, et encore, mais le métamorphe, poutat théorie plus lent que son vis à vis, aurait eu cent fois le temps de fuir (même s'il se serait fait rattraper sans souci par la suite, probablement).

Le fiancé trouva même le moyen de se casser la figure en sortant du contener ! Avec son air hagard, il avait plus l'air d'une proie que d'un prédateur, même si l'instinct de Devon ne pouvait le tromper à ce sujet.
L'étalon se força à l'immobilité totale.
S'il laissait l'initiative à Esteban, ce dernier allait sans aucun doute continuer à fuir. S'il esquissait un geste en sa direction, aussi. Lui parler, peut-être avait-ce une chance de fonctionner.

"Esteban."

Oui, et ? Le vampire paraissait en réaction pure, non en réflexion. Animal.
Aussi ce qui sortit naturellement de la bouche de Devon ne manquerait pas de le consterner par la suite.

"Assis."

ASSIS ?! Sérieusement? C'est tout ce qu'il avait trouvé ?

"Je veux t'aider."

Ça, ça restait à voir. Sans être un connard fini (quoique...) la principale qualité de Devon n'était pas franchement de se préoccuper de son prochain. Il voulait surtout protéger Erin en ne laissant pas ce vampire dans la nature sans aucun self-control. Techniquement, s'il avait été sûr de vaincre, il l'aurait probablement tué. Sans témoin, histoire de ne pas se mettre sa soeur à dos. Sauf que bien que mieux armé qu'un humain lambda et peu sensible au poison des vampires, il savait n'être pas de taille si Esteban décidait de résister. De plus, son créateur risquait de venir lui demander des comptes. Autant essayer d'en savoir plus.


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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mer 12 Aoû - 23:34

Il entendit bien qu'on l'appelait, mais ça n'avait pas grand chose d'étonnant : après tout, comme on l'aurait remarqué il était loin d'être encore caché ni à l'abri de toute interaction sociale, et c'était justement pour cette raison qu'il en était arrivé à manger la poussière ainsi qu'à faire des bulles rouge sombre avec le nez. Son statut l'empêchait d'être bien étonné lorsque quelqu'un qu'il ne connaissait pas - ou bien qu'il n'avait pas suffisamment croisé pour se souvenir de qui il était - connaissait ses nom et/ou prénom. C'était arrivé plus de fois qu'il n'aurait su compter, et depuis qu'il avait rendu public le scandale du "gouverneur d'Arkansas pédophile", les journalistes ne semblaient plus vouloir s'arrêter de mettre sa tête partout - ne parlons même pas du voyage à Las Vegas avec Erin, ni de l'épisode malheureux de Chinatown qui lui avait valu de sévères remontrances. Rajoutons à ce manque de surprise la douleur sourde que son visage charcuté émettait encore : c'est à peine si il bougea le doigt d'une main. Peut-être s'était-il raidi - mais il l'était déjà avant, raide, alors ça ne comptait pas vraiment.

L'injonction suivante par contre, elle, fit son effet. Le vampire était encore loin d'être calme, ni capable d'avoir une discussion ou une conversation normale, certes, mais il y avait des choses qui même lorsqu'on était au bord de la folie restaient fort peu convenables. On ne lui avait jamais parlé comme à un chien. Son père, Darian, lui avait déjà fait tout un tas de chose bien peu respectueuses, mais jamais encore on ne s'était adressé à lui comme à un animal. En temps normal, ça l'aurait déjà vexé... Mais alors qu'il venait de perdre son humanité ainsi que la majeure partie de son estime de soi, c'était encore pire. Une ombre fragile de personnalité se dégagea du jeune homme, qui paraissait toujours aussi hagard, toujours aussi absent, mais qui toutefois fronça les sourcils et eut une moue... minoritairement pincée, majoritairement tremblante et informe. A l'inverse de ce qui lui était demandé - car il était hors de question qu'il s'abaisse à obéir à un ordre aussi avilissant - Esteban posa une main aveugle sur le mur derrière lui puis se servit d'elle comme un appui, jusqu'à se mettre debout. Ça n'était pas facile : ses jambes tremblaient comme du coton et c'était à peine si il les sentait. Il avait l'impression qu'elles ne lui appartenaient plus. Tout son corps lui était encore étranger. Seul son dos contre la paroi de briques lui permettait d'être à peu près assuré du fait qu'il ne chuterait pas.

Aussi rapidement qu'elle était apparue, la lueur de lucidité dans ses yeux s'évapora. Ses tremblements se renforcèrent. Il glissa un peu. Cette odeur de sang... Il n'en pouvait plus. Qu'aurait-il dû faire pour calmer cette brûlure atroce dans son gosier ? Ses crocs le démangeaient : il avait envie de les enfoncer dans quelque chose, qu'importe ce que ça pouvait être. Il aurait été particulièrement heureux d'avoir un coussin, ou quoique ce soit qui y ressemblait sous la main, histoire de l'engouffrer dans sa bouche et de la clore une bonne fois pour toutes. Comment était-il censé pouvoir réfléchir dans un contexte pareil ? Oh mais c'était vrai : il ne voulait pas réfléchir, car cela le forcerait à se souvenir des derniers événements. Cependant il avait clairement entendu les mots "je veux t'aider" quitter la bouche de son vis-à-vis, et avant de fuir une bonne fois pour toute dans une autre ruelle, Esteban aurait voulu comprendre où il voulait en venir par là. Comment pouvait-on avoir envie d'aider ce qu'il était devenu.. ? C'était quelque chose qu'il ne s'expliquait pas. Quelques jours auparavant, il se serait sans doute souvenu de la pitié qu'il avait éprouvé le soir où il avait joué au gardien de prison et surveillé l'une de ces créatures blessées dans la cave de son oncle Juan. Suite à l'agression qu'il avait subi cependant, ses doutes et ses scrupules s'étaient envolés : ces Démons ne méritaient qu'on leur montre aucune pitié, quand bien même il resterait à jamais incapable de mettre ce concept d'absence d'empathie en application. Ses yeux brillants reflétaient maintenant sa profonde perplexité. Un filet de voix lui échappa. Il avait encore du mal à formuler des phrases cohérentes et ensuite à les prononcer, car il avait l'impression d'avoir perdu le mode d'emploi.

"... rquoi.. ?"

Cette personne cherchait-elle la damnation, à tendre la main pour rattraper un suppôt de Satan en pleine déchéance ? Paniqué à l'idée de ne pas réussir à faire une phrase complète ni à exprimer l'étendue de sa pensée, Esteban manqua de perdre son sang-froid et de prendre ses jambes à son cou. Peut-être l'aurait-il fait si seulement la soif ne l'avait pas cloué contre le mur. Sincèrement, si on souhaitait vraiment l'aider, mieux aurait valu qu'on le laisse seul car il lui était devenu très difficile de se contrôler.

"... Pitié, recule... T... sens... tr.... fort..."

On trouvait mieux que de saluer quelqu'un en lui annonçant qu'il puait, surtout quand on avait soit même passé la journée dans une poubelle, mais les circonstances n'avaient rien de communes. Puis c'était justement tout l'inverse : il sentait beaucoup trop bon. Cette odeur était pourtant familière à Esteban, qui se rendit compte qu'il l'avait déjà repérée ailleurs. Un flashback soudain lui fit écarquiller les yeux : il se souvint de la chambre lorsque tout le monde était rentré. De ce moment d'horreur quand le "frère" s'était penché et l'avait sorti de sa cachette. Les yeux d'Esteban s'écarquillèrent et s'emplirent simultanément de larmes brillantes :

"... Erin ???!"

Non, si il était sur le point de pleurer, ce n'était pas parce qu'il était en train de penser à leur séparation inévitable - pour l'instant, il n'en était plus là. Ce qui lui donnait envie de pleurer, c'était avant tout de s'être montré dans un état aussi pitoyable face à un membre de la respectable famille de sa non-fiancée : non seulement il était mort, non seulement sa mère l'avait renié à vue, non seulement il était à la rue et n'avait même pas eu le temps de se retirer du monde dignement, mais en plus, il s'était totalement humilié. Ça n'aurait pas pu être pire.

Ainsi, il n'était pas loin de sortir du choc, mais il refusait de passer en revue les souvenirs suivants. Il préféra se concentrer, s'obstiner, à revoir en encore et encore ce passage précis. Ce ne fut que grâce à cette boucle obsessionnelle qu'il se souvint d'une chose qui en aurait pourtant frappé plus d'un bien avant lui : il avait déjà remarqué que l'odeur du "frère" était différente de celle de ses autres visiteurs. De plus il avait été étonnamment rapide à le détecter. De la même façon, on pouvait sincèrement se demander comment il était parvenu à trouver sa nouvelle cachette si rapidement et à l'en tirer aussi. Tout portait à croire qu'il n'était pas normal. Cela dit, il n'était pas non plus normal qu'un Rosenbach ne soit pas normal : c'était contraire à la définition établie, car de ce qu'il avait appris d'eux durant les dernières semaines, ils faisaient partie d'une lignée tout à fait fréquentable. Laissant enfin à son interlocuteur le temps d'en placer une (car l'air de rien, même en allant pas jusqu'au bout de ses phrases ni même de ses mots, il avait tout de même réussi à enchaîner les syllabes à la vitesse de l’éclair), Esteban se perdit dans ce paradoxe insoluble, avec pour seule preuve que le disque tournait encore sa bouche, qui tentait vainement d'esquisser des débuts d'hypothèses cohérentes.
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Jeu 13 Aoû - 9:53

Comme il l'avait pensé, son "assis" était une fort mauvaise idée. Il aurait mieux fait de dire "debout".
Mais cela lui permit de constater que la créature avait encore un semblant de raison. Il aurait le temps de s'excuser plus tard si nécessaire. La suite le lui confirma : Esteban semblait retrouver un peu de lucidité. Était-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Tout dépendait de la manière dont sa transformation avait affecté le jeune homme. Dans tous les cas, ça serait sans doute plus simple pour discuter.

Alors qu'il avait un peu plus le loisir d'observer son interlocuteur, Devon se rendit compte qu'il l'avait déjà vu auparavant. Où, il était incapable de la dire pour le moment. Cette information se mit à tourner dans son esprit comme un bruit de fond. Il raccorderait bien les morceaux plus tard.

Il obéit plus ou moins à la demande du vampire. Il savait pertinemment qu'il devait lui faire l'effet d'une part de fondant chocolat-caramel, en bien pire car il n'avait probablement pas mangé depuis l'épisode de la chambre. Ni avant, vu la manière dont il était terré lorsqu'ils avaient pénétré son antre. Il recula donc de deux pas.

"Je ne veux pas qu'elle soit blessée."

Voilà qui répondait à sa première question, de manière plutôt sincère cette fois, et pouvait sous-entendre une réponse à la deuxième. À l'heure actuelle, l'intégrité physique d'Erin était préservée. Devon n'aurait pas parié sur son intégrité mentale en revanche, même si sa soeur pouvait se révéler bien plus solide qu'il n'y paraissait. Il était tout de même plutôt surpris qu'elle n'ait pas encore essayé de l'appeler.
C'est alors que le métamorphe prit conscience qu'il avait oublié son GSM dans la voiture d'Olivia Luz-Descalzo. Pourvu que personne ne s'inquiète ! Prière stérile, qu'il corrigea intérieurement en "pourvu que personne [d'autre que lui] ne fasse quelque chose de stupide sous le coup de l'inquiétude".

"C'est quoi ton plan maintenant ?"

Si cette question pouvait lui éviter une deuxième traque, ce serait toujours ça de pris.
.
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Dim 16 Aoû - 15:57

Ce n'était tout de même pas de chance : les événements s'enchaînaient d'une manière particulièrement inadaptée, à croire que le destin avait décidé qu'il fallait que tout se passe de travers. Normalement, Esteban aurait dû être rassuré de voir l'étranger obéir à sa demande et lui retirer ses effluves d'hémoglobine de compétition du dessous du nez. Normalement, oui, mais ça, c'était avant que le jeune vampire découvre certaines fonctionnalités insoupçonnées de son cerveau et s'en serve pour comprendre qu'il ne faisait pas face à un simple humain. Cette révélation choquante l'empêchait, "étonnamment", d'apprécier à leur juste valeur les efforts fournis par le frère d'Erin.

Peu de choses auraient été capables de le déconcentrer de ses préoccupations actuelles (à savoir la non-normalité d'un membre de la famille d'Erin), mais son interlocuteur parvint à trouver quoi dire. La gorge d'Esteban se bloqua. Il avait déjà l'air totalement ahuri, mais ses traits trouvèrent tout de même le moyen miraculeux de se défaire. Rapidement, l'expression égarée fut troquée contre un nouveau soupçon de vexation, plus déterminé que le précédent. Son vis-à-vis sous-entendait-il qu'il craignait qu'Esteban s'attaque à Erin sous prétexte qu'il était devenu ce qu'il était devenu.. ? Quel monstre cela aurait-il fait de lui ?!

... Mais justement, c'était ce qu'il était : un monstre. Il ne pouvait pas en vouloir aux autres de le considérer comme tel et encore moins de se méfier de lui. C'était d'autant plus blessant qu'il ne pouvait pas entièrement dresser sa colère contre autrui, car cela aurait été injuste. Il était frustré, et il était malheureux. Il détestait l'idée d'être devenu dangereux. De faire peur aux autres. Dans sa précédente vie, il avait souvent été complexé par l'inverse. Quelques mois auparavant, il n'aurait jamais imaginé une chose pareille (il n'aurait jamais pensé devenir une créature de la nuit non plus), mais il aurait préféré rester complexé plutôt que de vivre ce rejet. Il se sentit obligé de se justifier : il en avait déjà marre d'être considéré avec horreur, même si il était le premier à se regarder de cette façon. Il était toujours lui-même, tout en ne l'étant plus. C'était extrêmement perturbant. Égoïstement, il aurait préféré perdre sa moralité ou sa capacité à ressentir, ça lui aurait évité bien des problèmes. Plutôt mourir d'un coup que de vivre cette longue agonie...

"... Je ne veux pas qu'elle le soit non plus !"

Il porta une main à son visage : son nez continuait de le faire souffrir. Il baissa les yeux et profita d'avoir le bas du visage caché pour se mordre la lèvre : il était hors de question qu'il craque une fois supplémentaire face à un Rosenbach. Plus facile à dire qu'à faire : il tremblait maintenant de tous les bouts tant il lui était difficile de contenir ses nerfs. La mémoire n'était pas loin de lui revenir. Il entrevoyait les moments qu'il aurait voulu oublier pour toujours : les traits terrifiés d'Olivia. Sa voix brisée. Le sentiment de trahison qu'il avait vu et entendu. Il voulait éclater en sanglots et n'était certainement pas en état de se souvenir de ce qu'il avait prévu de faire avant les malencontreux imprévus qui avaient tout chamboulé. Un son inarticulé quitta sa gorge presque immédiatement après la seconde sollicitation de son interlocuteur. Il couvrit son visage avec ses paumes, et les remonta presque jusqu'à s'arracher les cheveux : il était incapable de réfléchir avec suffisamment de calme pour se remémorer son plan étape par étape. Cette constatation associée à la perspective abyssale du non-futur qui l'attendait le plongea dans une angoisse profonde. Une angoisse qui...

Oh, non. Ça n'était pas possible. Fallait-il vraiment qu'il cumule l'ensemble des désavantages de son existence humaine à ceux de la non-vie ? Il avait pourtant cru qu'il serait débarrassé de ce genre de soucis maintenant que la plupart des métabolismes de son organisme avaient cessé de fonctionner. Et pourtant, pas de doute : il était au début d'une crise d'hyperventilation. Il émit une inspiration légèrement plus bruyante et plus ample que les précédentes et sentit qu'il n'allait pas réussir à s'arrêter : c'était ridicule, car il n'était même plus censé avoir besoin de respirer, et pourtant il était incapable de retenir les mouvements de plus en plus brutaux de sa cage thoracique. C'était comme si son corps avait retenu ces réactions physiques à l'angoisse et les reproduisait automatiquement alors qu'il avait été soumis à l'un des stimuli qui les déclenchaient habituellement. Seule amélioration : il n'avait pas l'impression d'être en train de perdre son équilibre... Mais c'était justement plus troublant qu'autre chose et il préféra faire exactement comme si ça avait été le cas : il entreprit lentement mais sûrement de s'asseoir.
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Sam 29 Aoû - 23:48

Le vampire n'était pas reparti à toute vitesse. Toujours pas. C'était plutôt rassurant. Ou pas.

Devon avait l'impression d'avoir tendu un infime fil entre Esteban et lui, et que chaque parole échangée renforçait ce fil. Mais pouvait aussi le trancher.

"Ah. C'est plutôt une bonne nouvelle."

C'était assez incongru de voir une "bonne nouvelle" en ce soir particulier - exceptées les retrouvailles entre Devon et Erin, quelque peu noircies.

"Mais je ne parlais pas que de blessure physique."


Merde, oui, ça pouvait renforcer le fil, mais la disparition soudaine d'Esteban de la vie d'Erin - la solution que Devon préférait - la blesserait immanquablement. Du coup sa précision risquait d'avoir l'effet inverse.

"Pour le moment elle se repose."

Le métamorphe se garda bien de préciser où. D'ailleurs, ce n'était que spéculation. Elle se reposait quand il était parti, certes. Mais il ne sut pas si le vampire l'avait entendu. Il était en train de s'asseoir et semblait... étouffer ?

Un vampire ne pouvait s'étouffer. Il n'avait pas besoin de respirer. Il était censé faire quoi là ? Le laisser se reprendre ? Le distraire ? En lui parlant ? En le frappant ?

...En profiter pour le tuer ?
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mer 2 Sep - 2:23

Il s'appelait Omer. Ou bien Omar? Elle n'en était plus bien sûre, mais avoir retrouvé son ancien calice Égyptien de l'époque où elle voyageait comme une nomade ne lui déplaisait pas. Certes, il avait prit un gros coup de vieux, mais elle était prète à sacrifier son corps une nuit en échange pour du sang aussi délicieux. À vrai dire cela faisait depuis des années maintenant qu'elle n'avait ressentie l'envie ou le besoin de copuler. Même si elle avait beaucoup de relations pendant les années 60 à 90, elle a vécu son "déclin" avec beaucoup de facilité.

Dans tous les cas elle avait son premier rencard avec ce businessman Égyptien. Au planning : restaurant typiquement Créole, bar et des activités censurés. Bess connaissait bien Omer, elle ne devait pas l'impressionner car il lui avait déjà fait part de ses plans pour ce soir. Elle se décida donc de mettre son accoutrement habituel, mais avec quelques bijoux en plus pour faire ressortir ses yeux saphirs. Ces derniers temps elle se retrouvait très occupée avec la jeune Esmera, les rescousses impromptues, les répétitions... elle avait à peine du temps pour elle-même. Son dernier rendez-vous avec la psy l'a laissé quelque peu pensive; elle n'allait pas y revenir, mais en parlant avec la jeune polonaise qui était d'accord de traiter ce genre de rendez-vous plus comme un meet up amical qu'une relation docteur-patient, elle prit compte que la dernière fois qu'elle s'est faite un petit plaisir sans musique, sans travail, sans armes était l'escapade dans un cinéma avec Jean-Louis. En 1988. Le grand bleu.

Juste pour ce rendez-vous elle hésitait à prendre son arme avec elle. Se détacher de son Smith & Wesson était impensable vu qu'elle était bien plus faible que la plupart de ses confrères. Certes si elle se décidait de donner un coup de poing dans la face cela se sentirait, les quelques cours qu'elle avait prit en self-defence étaient ennuyants et avaient laissés que peu de traces dans sa mémoire.
Ça y est, c'était décidé. Elle a sortit son S&W de son sac, mais garda le petit pistolet au cas où; ne pas avoir d'arme sur soi était comparable à ne pas avoir son téléphone portable pour beaucoup. En fermant sa porte à double tour Bess partit pour le centre ville tout en évitant les petites ruelles sombres, car s'il fallait faire des choses pour soi-même, il fallait aussi pouvoir éviter la bagarre. Arrivée au restaurant elle prit sa place à la table réservé sous le nom de Nizam.
Elle bu une bouteille de vin rouge entière et elle l'attendait toujours. Les serveurs se contentaient d'éviter sa table, son visage était plus que furieux. Il était aussi ennuyé. Ses ongles frappaient la table en bois de chêne tandis que son autre main servait de pilier pour son menton. Au moment où elle s'était levé pour sortir un serveur vint à sa table et la demanda de l'accompagner à la réception.

Tout ce qu'elle a pu entendre était un message enregistré au téléphone, la voix de monsieur Nizam retentissait :

- Habibi, je pourrais pas te rejoindre ce soir, il y a eu une grande urgence et j'ai été envoyé à une investigation. Je ne peux pas te dire plus de détails, mais cela implique des personnes haut placés donc je ne peux rien y faire. Nous reprendront cela une autre fois. Je payerais ton addition.

Il était rare qu'elle use de sa force "surnaturelle", mais ce téléphone était un bout de plastique qu'elle écrasa avec sa main. La force était proportionnelle au temps passé à écouter son excuse et vers la fin, le craquementnsu plastique se fit entendre. "Habibi" ? Elle lui montrera "Habibi".

- Garçon! - dit-elle frustrée et affamé - Voyez cette tapisserie-là? Oui celle-ci pour 50 mille qui recouvre votre mur? Delphine LaLaurie en plus? Vos patrons ont un drôle d'humour. Bref, je la veux. Tout ça sur le compte de Nizam. Il payera après-demain comme prévu.

Elle supprima le message sans difficulté. "Enfoiré" se dit-elle. En sortant elle claqua la porte, jetant ses manières posés et britanniques par la fenêtre. Son premier lapin depuis près de 80 ans. Elle espérait manger Égyptien, mais ses plans étaient foutus et elle allait revenir chez soi toute seule et passer son temps devant "Animal ou Méta" avec une poche de sang.
Sans faire attention cette fois, Bess passa par une ruelle quelque peu glauque et ne remarqua pas ce qui se passait à sa droite beaucoup plus loin à côté des poubelles. La vampire allait prendre sa première gauche quand quelqu'un lui sauta au cou et l'écrasa de tout son poids sur le mur en brique, qu'elle sentit heurter de toute force avec le bas de son dos. Son agresseur avait un gros couteau qui était prêt à la poignarder et son autre main la débarrassait silencieusement de ses bijoux. Là c'en était trop, dans sa tête elle laissait son instinct presque médiéval prendre le dessus, mais même en ayant la rage elle attendait le bon moment pour récupérer ce qui était à elle.
C'était un humain dans sa 40aine qui prenait soin d'aller à la musculation tous les jours, elle sentait la sueur couler de son tee-shirt et de la joue de son agresseur quand celui-ci se mit à lui lécher l'oreille et lui sussurer des mots vulgaires. Elle attendait toujours de marbre, sans lui donner une réaction, sauf quand il la regarda droit dans les yeux avec les siens qui ressemblaient bien plus à ceux d'un poisson que d'un être humain.
Elle prétendit avoir peur, elle lui demanda pitié. C'était assez pour exciter la bête qu'il était et Bess le savait. Coup de chance, c'était un idiot qui ne pouvait pas faire la différence entre un être humain et un vampire et quand il mit violemment sa langue dans sa gorge elle n'attendit pas un instant de plus et elle mordit dedans comme un affamé mordait dans du pain. Ce qui suit était un cri épouvantable, les griffes de la vampire dans les yeux de celui-ci et l'offensive jusque les faire tomber par terre. Devant l'audience qu'était le Devon méfiant et Esteban dit l'appeuré.

Après une chamaillade qui ne dura pas trop longtemps c'était Bess qui avait le dessus et en sortant son pistolet elle commença à le frapper avec le manche; de manière presque animale et très rapide.

- On. Touche. Pas. À. Mes bijoux et encore moins à moi, sale ordure!!!

Chaque pause était marqué par un coup de manche dans la tronche. Un peu comme les percussions dans une chanson bien rythmées. Au dernier coup, c'était le nez cassé qu'on pouvait entendre. L'homme était vivant mais inconscient. Elle se recula étant à terre, ses bijoux dans une main, le pistolet dans l'autre. Sans attendre plus, Bess le cacha dans sa poche intérieure de son trench coat et alluma une cigarette. Elle était plus en colère que stressé. Le temps passé entre son agression, sa victoire et sa réaction à son audience était de plus ou moins deux minutes. Bess se releva et toussota avant de prendre parole.

- Une femme n'est jamais en sécurité - dit-elle tout en remettant ses bijoux en diamant et or blanc sur les oreilles et sur son cou -
je suis désolé que vous ayez assisté à cela, vous semblez avoir vos propres p...

Bess eut le temps entre tout cela de les voirs un peu mieux. Ça sentait le norme, le métamorphe, mais aussi le vampire. Le métamorphe c'était bien évidemment le playboy, sa posture était loin d'être amicale envers le vampire et c'était pas quelque chose d'étonnant au jour le jour sauf que la personne vampire dans ce cas était une petite créature pathétique qui se cachait et sanglottait. Qu'est-ce qu'elle avait du mal avec ce comportement, déjà qu'elle n'avait jamais aimé ses enfants de toute sa vie!
Pourquoi sa phrase fut coupé? Le visage lui était connu. Elle qui regardait la TV à ses heures perdues, avait vu cet enfant un peu partout. D'où était-il un vampire?

- J'ignorais que la très riche et influentielle famille de la Louisiane avait pour enfant un mort-vivant. Quoique... - elle écarquilla les yeux quelques peu - à moins que ça soient des événements récents? Que veux-tu de lui jeune homme, il est loin d'être un risque à la société dans son état.


Dernière édition par Bess Butler le Mer 2 Sep - 23:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mer 2 Sep - 21:29

Peu avant qu'Esteban s'adonne aux joies de la crise d'angoisse (.. somatisée), il avait eu un échange particulièrement piquant avec le "frère", dont il avait d'ailleurs provisoirement oublié la nature anormale. Il fallait dire que le Rosenbach venait plus ou moins de sous-entendre qu'il pensait qu'Esteban pourrait (se donner les moyens de) faire du mal à Erin, et que ça avait de quoi être vexant. Pour qu'elle soit en sécurité, il était prêt à faire beaucoup de choses. Il en avait même fait tout un planning, de ces choses, qu'il avait malheureusement oublié pour le moment, bien trop choqué par les événements qui l'avaient mené à cette poubelle.

Sa fierté fit un plat lorsqu'il comprit qu'il avait mal interprété ce qu'il avait entendu. Parce qu'effectivement... la jeune femme n'allait sans doute pas s'en tirer sans quelques cicatrices mentales : c'était quelque chose qu'Esteban savait depuis longtemps maintenant, et la raison pour laquelle il avait essayé de se résoudre à ne rien commencer avec elle. Le besoin de vivre intensément ses derniers mois d'existence lui avait rendu impossible la tâche, mais il avait été hors de question qu'il l'entraîne là-dedans sans qu'elle comprenne les tenants et aboutissants de cette histoire : c'est pour ça qu'il lui parlé de sa maladie, lorsque personne d'autre (à part une équipe médicale grassement payée pour garder le silence) n'était au courant de rien. Ils avaient passé un pacte : ils savaient que ça n'allait pas durer, mais ils allaient faire en sorte de tirer le maximum du peu temps qu'ils avaient ensemble. Bien sûr, c'était tout de même exposer Erin à une blessure mentale, et pas des moindres... Mais il n'avait pu s'empêcher d'être égoïste, au moins une toute dernière fois. Honteux, il baissa les yeux. Il ne pouvait pas raconter tout ça maintenant. Viendrait un temps où ces informations deviendraient publiques, mais il n'était pas venu, et il n'était pas en état de résumer la situation à son interlocuteur. Puis de toute façon, ça n'était même plus pertinent. Rien ne s'était passé comme prévu... Il n'y avait pas qu'Erin qui allait être durement touchée par sa transformation accidentelle, sa disparition brutale et parfaitement imprévue - même par lui. Mais il ne fallait pas qu'il y pense, sans quoi de fil en aiguille il ricocherait sur... ce dont il refusait encore de se souvenir.

Toutes ces choses n'eurent plus beaucoup de sens du moment qu'une question particulièrement anxiogène fut posée, un peu comme on aurait déposé une paire de baskets boueuses dans une gamelle de soupe. C'est là qu'Esteban devint le premier vampire au monde (sans doute) à vivre l'expérience de l'hyperventilation post-mortem. Tout un programme, auquel le jeune homme s'adonnait avec une vigueur, une intensité, et une constance rares. Et il aurait pu continuer longtemps comme ça si jamais la situation n'avait pas décidé qu'elle n'était pas encore suffisamment cocasse et ne s'était pas pourvue d'une touche anglo-saxonne, et (surtout) indécemment colorée.

Esteban ne se rendit d'ailleurs pas tout de suite compte que le trottoir était devenu beaucoup trop carmin pour le bien de sa diète "zéro globule". Avant le soir précédent, et les traitements de Darian mis à part, il n'avait jamais été témoin de la moindre scène de violence. Voir une femme apparaître comme par magie dans la ruelle, se faire agresser, puis riposter en plantant ses dents dans le malotrus était suffisamment choquant pour qu'il en oublie de s'étouffer. D'abord, il eut peur pour la première. Puis il se rendit compte qu'elle se défendait un peu trop bien, et que ce qui émanait d'elle était froid, mort, un peu comme...

Puis ses craintes virèrent à 180° en suivant une pente hystérique du moment qu'il comprit ce qu'elle devait être, et ce qu'elle était en train de faire. Clic. Son cerveau avait fait le lien avec l'agression dont il avait été victime plus tôt. Clac. Son sang pourtant glacé semblait ne plus vouloir cesser de refroidir. Bouche grande ouverte, il leva lentement mais sûrement le doigt en direction du "couple de danseurs", comme si il avait voulu prévenir Devon du danger imminent.

"...v...v....v......v !!!"

Non, il n'essayait pas de cracher ses dents, quoique se débarrasser de ses crocs aurait eu plutôt tendance à l'arranger. Il n'était pas non plus certain d'avoir bien vu ce qui venait de tomber par terre, dans deux "poc" confortablement humides. Non pas qu'il fit trop noir pour que ses sens lui fournissent les informations suffisantes à une complète compréhension... seulement, il préférait éviter de se rendre à l'évidence, sans quoi il allait assurément perdre la raison. Les coups de crosse qui suivirent rythmèrent les mouvements tremblants de sa mâchoire prête à se décrocher. Il fallut que le MONSTRE fasse mine de remarquer leur présence pour qu'Esteban retrouve (ou perde) ses moyens, et fasse preuve d'un peu plus de présence (absence) d'esprit. Le reste ne fut plus que du charabia, mêlé à une  réalisation douloureuse : ça sentait le sang humain à plein nez, sa gorge s'était changée en puit sans fond, et en plus ça gouttait dans tous les sens. Il entendait les "plics plics" du fameux liquide avec plus de précision qu'il n'arrivait à suivre la conversation, pour la très bonne raison qu'il l'attirait comme si il avait été un papillon de nuit devant un lampadaire. Mais ça n'était tout de même pas sa préoccupation principale, ainsi que tout le voisinage du quartier le comprendrait dans les dixièmes de secondes suivants :

"VAMPIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIRE AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!"

Et là, plus d'Esteban. Usant de sa vitesse surnaturelle, il avait décidé de retourner à l'intérieur de la poubelle. On entendit quelques bruits métalliques désastreux suivi d'un "aie" très à propos, puis le couvercle claqua un grand coup, et grinça, torturé : Esteban avait tordu la poignée de la benne à ordure vers l'intérieur afin d'être capable de la maintenir et d'empêcher quiconque de le faire sortir de là. Il y allait avec tant d'énergie qu'il avait plié le métal à l'avant du container. Sa main libre était quant à elle occupée à boucher approximativement tous les orifices de son visage afin que cette pernicieuse odeur de sang n'aille pas le perturber plus avant. Et ce, même si le mal était déjà plus ou moins fait, ainsi qu'en témoignait son regard agonisant.
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Jeu 3 Sep - 9:05

Devon n'eut pas le temps de se décider qu'une bagarre éclata à l'entrée de la ruelle.
Un malfrat semblait agresser une dame qui rentrait de soirée.

Le côté chevalier blanc de Devon n'eut pas plus le temps de se réveiller que son côté chevalier noir. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, la dame reprit la maîtrise de la situation. Le métamorphe n'eut même pas besoin de son odorat pour déceler la nature vampirique de la nouvelle venue. Sa façon de battre ainsi son adversaire à plate couture était plutôt improbable pour une norme. Et sa peau était nettement pâle.

Curieusement, l'attitude du jeune homme se détendit quand la créature s'intéressa à eux. Il n'était plus le principal déterminant de l'évolution des choses et, quelque part, cela lui retirait une grosse responsabilité, quand bien même le danger n'était pas moins présent (si ce n'est plus).

Manifestement, étant donnée sa réaction, Esteban l'avait lui aussi remarqué.
Si le contexte avait été différent, Devon aurait probablement explosé de rire.

La phrase de Bess fut de façon très théâtrale ponctuée par le claquement du couvercle de la poubelle. Devon ne put donc que constater la véracité de ses dires.

"...En effet."

Ses paroles éclairèrent enfin le sentiment de déjà-vu qu'il ressentait devant le visage d'Esteban. Mais oui, c'est lui qui avait fait la une des journaux en portant plainte contre son père. Pauvre gamin. Doucement mais sûrement, le jeune vampire passa dans la case jeune poulain à protéger - et à surveiller naturellement - pour l'étalon qui sommeillait en lui.

Enfin, qui sommeillait...

Devon prit soudain conscience de la proximité de la femme. De ses manières élégantes. De son assurance. Du bleu de son regard, et de ses cheveux longs. De tout un tas d'informations qui allumèrent un feu en lui. Déjà il lui faisait face, ayant orienté son corps dans sa direction.

Oh, non, non et non. Bon, ce n'était pas sa soeur (un bon point). Mais c'était une vampire inconnue (pas franchement un bon point).

"Et vous ?"


Alors que la question aurait dû être emprunte de défiance, au contraire le ton de Devon trahissait déjà de l'intérêt, voire une invitation. À être un risque à la société ? À quoi pensait-il ?

À rien. C'était plus fort que lui.
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Lun 7 Sep - 16:13

Entre le jeune garçon dans la poubelle et le métamorphe en chaleure elle ne savait pas vraiment où faire priorité. Certes elle avait atrocement faim, mais le garçon semblait tout neuf au vampirisme. Bess commençait à douter de l'âge du garçon, était-il majeur? Était-il en bon état d'esprit? Bess ne suivait pas vraiment la vie passionnante des Luz-Descalzo, la sienne était déjà assez palpitante; mais en regardant et en lisant le journal elle en avait apprit assez sur la relation Darian-Esteban, quelqu'un avait risqué leur cou pour vampiriser ce petit... ou bien c'était un accident? Une agression?

Il fallait assumer que le jeune garçon qu'elle avait reconnu était Esteban Luz-Descalzo. Juste à côté le métamorphe semblait lui montrer de l'intérêt plus que de la haine inné comme chez certains. Elle haussa un sourcil et laissa l'ombre d'un sourire en coin transparaître, il était difficile de le contrôler.
Il était pas mal, un peu jeune pour elle, mais entre aller avec l'homme qui lui avait posé un lapin et un jeune homme qui la traiterait comme une reine le temps d'une soirée, sa tête entre ses seins, c'était peut-être pas une mauvaise idée. En plus, elle qui était fasciné par ces changelins elle se demandait quelle sorte de métamorphe elle avait à faire.

- C'est mon boulot de savoir ce qui se passe avec un nouveau vampire. Si vous voulez savoir si je suis un danger à la société vous n'avez qu'à demander ce connard sous mes pieds.

Elle marcha par dessus son agresseur inconscient, en s'assurant que son talon appuie bien fort sur l'oesophage. Bess savait que Devon s'intéressait à sa petite personne et elle s'assura de frôler son bras doucement avec le sien. Elle lui envoya un petit clin d'œil discret en sa direction. Se faire désirer était excitant, c'était moins une invitation, mais plus un avant-goût de ce qui pouvait se passer avec un peu plus de patience.
Pour le moment il fallait bosser. Peut-être même négocier quelque chose avec l'appeuré.

- Luz-Descalzo n'est-ce pas?
- dit-elle en se penchant doucement au dessus du couvercle déformé - J'ai une offre à vous faire et je conseillerais d'y penser vivement. Je vous invite à venir chez moi, c'est bien plus confortable qu'une poubelle et là où je suis vous pourrez reprendre vos esprits et vous reposer. Ne pas cramer aussi...

Elle fit une pause. Bess réalisa que la manière dont elle avait formé sa phrase était digne d'un homme qui offrait des sucreries aux enfants dans l'arrière de son camion. Elle toussota et jeta un coup d'œil sur son futur jouet qu'était le métamorphe.

- Je fais partie d'une hiérarchie. J'aide ceux dans votre cas ou dans des situations similaires, c'est à moi de vous prendre sous mon aile et de vous guider dans ces moments difficiles. Rien qu'en vous voyant je peux juste imaginer que vous aviez été transformé contre votre gré. L'agresseur sera poursuivi en justice et probablement exécuté. Il faut que vous me fassiez confiance, je suis là pour vous aider.

Bess n'était pas nécessairement bonne avec les mots vu son passé presque militaire, mais elle voulait être aussi franche que possible. Elle se redressa et commença à chercher ses poches pour trouver sa carte de visite. Quand finalement celle-ci apparut dans sa main elle l'offrit à Devon.

- Je peux patienter, je peux même rester ici jusqu'au levé ce n'est pas un problème. Au cas où, voilà mon numéro de téléphone. Il me faut communiquer avec ce garçon, c'est bien plus important pour lui que pour moi. Pouvez-vous m'aider?

Sa demande fit douce et avec un sourire chaleureux. Bien évidemment des plans commencèrent à se former dans sa tête. Transformer une figure influentielle et l'introduire dans les rangs vampiriques était ce qui se faisait dans les années d'antant, avant que les gens se fassent transformer pour du n'importe quoi. C'était plus par passion que par stratégie ces derniers temps elle croyait. Offrir sa carte à Devon servait à deux chose: un futur contact pour établir un possible rendez-vous car pourquoi pas, s'il était interessé? D'un autre côté c'était une sortie de secours si Esteban ne voulait toujours pas communiquer. De toutes les manières elle n'allait pas laisser le jeune garçon bloqué dans les poubelles sans aide, il était bien trop important et s'il le fallait elle allait prendre la poubelle entière et l'amener chez elle.
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Lun 7 Sep - 17:56

Esteban luttait pour garder l'esprit clair, et entre cette faim qui le taraudait depuis la précédente nuit, et cette odeur capiteuse qui parvenait à lui envahir la bouche même quand il la bouchait et s'empêchait de respirer, ça n'était pas bien évident. Ce goût insistant, comme une supplique contre ses papilles gustatives, était une manifestation de soif aussi déroutante qu'insupportable. Il commençait à comprendre comment arrivaient ces nombreux accidents impliquant des vampires qui ne savaient pas se contrôler : l'instinct démoniaque qui l'invitait inexorablement au péché était sans conteste la plus puissante injonction physique qu'il avait jamais ressentie. A l'extérieur, il y avait des voix dont il ne comprenait plus vraiment ce qu'elles disaient. Tout ce qu'il savait, c'est qu'elles étaient déjà de trop : elles l'empêchaient de se concentrer sur l'immense "NON" qui avait pris la place de toutes ses autres pensées. Histoire de bien se le visser dans le crâne et d'oublier les sujets parasites qui étaient en train de se greffer là-dessus et de lui faire perdre sa détermination, il eut un grand mouvement de tête d'un côté... puis de l'autre côté. Il y eut un "BONG" particulièrement sonore et crissant. La poubelle déjà en sale état commençait à ressembler à une patate radioactive plutôt qu'à un container. Et une autre patate aurait vraisemblablement poussé sur le crâne du jeune homme si il avait encore été un norme : une douleur intense lui traversa le crâne. Il se mordit la lèvre, mais c'est paradoxalement un gémissement de soulagement qui lui échappa : se frapper la tête un grand coup contre la paroi de la benne avait eu l'effet escompté. La douleur lui avait remis l'esprit en place, suffisamment du moins pour qu'il perde le goût et l'odeur persistante du sang versé. En retenant sa respiration maintenant, il devrait réussir à se contenir.

... En espérant qu'il saurait retenir sa respiration suffisamment longtemps, parce que le principe même le mettait mal à l'aise. Il aurait dû suffoquer mais il ne suffoquait pas. Il était au bord de la panique.

Les yeux fermés, il se laissa glisser contre un sac bien rempli : c'était un coussin définitivement puant mais confortable. Il aurait voulu s'enterrer sous les sacs et qu'on le laisse tranquille définitivement, mais non : il entendait des pas qui venaient dans sa direction, et il pouvait deviner qu'il ne s'agissait pas de ceux du frère d'Erin. Le vampire, donc. Il usa du peu d'air qui restait dans ses poumons pour couiner, puis il se mordit la lèvre et boucha tout comme il faut pour éviter d'être tenté de prendre une nouvelle inspiration :

"Laissez moi tranquille..."

Il frissonna en entendant son nom et eut cette nouvelle sensation de malaise qu'il avait chaque fois qu'il savait que son cœur aurait dû se mettre à battre la chamade, et qu'il ne réagissait juste pas du tout. Horrifié, il écouta la proposition jusqu'au bout : le monstre essayait de le kidnapper ! Il voulait l'emmener avec lui et le corrompre plus qu'il ne l'était déjà. Lui parler de ces choses sur lesquelles il n'avait pas pris la peine de se renseigner (alors qu'elles étaient importantes) simplement parce qu'il aurait voulu faire comme si elles n'existaient pas. Il hocha la tête frénétiquement de droite à gauche, tandis qu'une sensation de nausée montait : Une hiérarchie..? Il ne voulait rien avoir à faire avec ce genre de hiérarchie là. Il avait déjà des plans. Ses plans à lui. Il les suivrait. Il ne pactiserait pas avec ces créatures, c'était hors de question ! Il en avait eu plusieurs fois la preuve : elles étaient dangereuses, imprévisibles, sans scrupule, sanglantes. Dans sa tête, il voyait se reproduire la scène dont il avait été témoins précédemment en ombres chinoises : l'agression, le sang, les "pocs" visqueux de ce qui était tombé par terre et avait ensuite roulé...

Il oublia qu'il était censé se taire. De toute façon, pouvait-il vraiment ne rien répondre ? Il prit une grande bouffée d'air afin d'être capable de se plaindre sur le ton qui convenait. C'est à dire un ton défiant, colérique et définitivement hostile.

"Je ne suivrai pas un DÉMON de votre acabit ! Le Diable habite chacune de vos paroles trompeuses ! Partez, je ne sortirai pas ! Surtout pas ! MONSTRE ! ASSASSIN !"

Outre le fait qu'Esteban n'avait pas du tout apprécié le spectacle qui s'était déroulé sous ses yeux il y avait quelques minutes à peine, la nouvelle arrivante prenait pour tous les vampires à qui il pouvait en vouloir en ce moment... Principalement celle qui l'avait agressé le soir précédent, donc, à cela près qu'il avait décidé qu'elle représentait l'ensemble de tous les mort-vivants du monde (.. minus lui-même). Dès qu'il cessa de s'égosiller, le goût qu'il avait associé au besoin de boire du sang lorsqu'il était capable d'en sentir à proximité le frappa avec autant d'efficacité qu'un coup de poing dans l'estomac. Il parvint à maintenir sa prise sur la poignée tordue de la benne, mais le reste de son corps s'effondra. Un son agonisant lui échappa, qui se mêla bientôt à la naissance de sanglots serrés. Il ne pouvait pas supporter ce besoin terrible, et encore moins la situation dans son ensemble, qui lui semblait juste.. douloureusement insoutenable. Il ne voulait pas répondre à ces gens.. Il ne voulait pas avoir soif. Il ne voulait pas être ici. Il aurait préféré être mort au sens plus banal du terme, à cet instant exact. Comment allait-il se sortir de ce guêpier ?

Sa main se dirigea par réflexe au niveau de son cou où l'absence de sa croix fétiche porta un coup supplémentaire. Il dut se rabattre sur son poing fermé, contre lequel il posa ses lèvres. Il lui fallait prier : il ne voyait plus rien d'autre à faire. Avec un peu de chance, cela éloignerait le monstre de lui. Entre ses pleurs, il commença donc à murmurer en espagnol. Ces litanies qu'il connaissait par cœur depuis si longtemps lui avaient toujours permis de retrouver son calme... D'entrevoir l'espoir même dans les moments où il avait l'impression de ne plus en avoir aucun. Avec une détresse grandissante, il se rendit compte qu'elles avaient perdu leur pouvoir apaisant : il n'était même plus certain d'avoir le droit de les prononcer.
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Dim 15 Nov - 15:50

Devon frissonna quand le bras de la vampire le frôla. Il faillit le saisir. Il se rendait bien compte que c'était un jeu pour elle, mais ça ne faisait monter que davantage le feu en lui.
Il tâcha de rester concentré sur le sens de ce qu'elle disait et sur la situation.

Oui, il devait convaincre la femme... non, attendez, le jeune homme d'écouter la femme. Pourquoi ?
Devon avait les idées de moins en moins claires. Pas assez claires en tout cas pour avoir un esprit critique sur ce que disait la vampire.

Elle lui donna sa carte. Bess Butler.
Il se força à maîtriser le timbre de sa voix.

"Esteban".

Bess.

"Tu as été transformé depuis un jour déjà."

A priori, ça devait être pendant la nuit. Trouver un argumentaire qu'il pouvait entendre pour pouvoir l'accompagner chez la vam... pour le convaincre qu'elle pourrait l'aider.

"Tu vas avoir de plus en plus de mal à te contrôler. Tu es devenu plus fort que n'importe quel norme. Il y a un moment où Ça va décider pour toi. Ne te crois pas plus fort que Ça. Pas après un choc comme ça."

Est-ce que la religion du garçon pourrait lui faire entendre l'idée d'un don de sang ? "Buvez-en tous, car ceci..." Plus tard, peut-être.

"Elle est forte. Assez pour empêcher Ça de faire des choses que tu ne veux pas. Laisse-la t'aider. Pour l'instant. C'est un moindre mal."

Sa voix s'adressait à Esteban, mais ses yeux ne quittaient pas la brune, et son regard fiévreux s'adressait à elle. Bon sang, voilà pourquoi il avait déjà passé des saisons cloîtré chez lui.
Et s'il la prenait, là, tout de suite, contre la poubelle ? Non, très mauvaise idée. Elle risquait de le repousser. Et puis, surtout, Esteban risquait de ne pas s'en remettre.

De plus, il entendait au loin le bip de recul d'un camion-benne. Un coup à être surpris.
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Dim 29 Nov - 17:22

Voila que le gamin commençait à faire un sermon sur le diable, l'assassinat et les monstres. "Wow", s'était-elle dit; bien évidemment sa famille lui avait raconté des bobards sur les Outres. Avec une famille aussi riche et importante dans les médias comme en politique les chances étaient hautes qu'ils avaient des tendances très... À droite, comme qui dirait. Peut-être même corrompues. Elle voyait que Devon avait un mal fou à parler, ils étaient en pleine période des amours, elle sentait l'attirance qui en dégageait. Flatté comme elle se sentait, Bess espérait tout de même qu'Esteban écouterait son ami, il n'avait aucune chance de survie en solo, surtout si les éboueurs allaient être de passage au levé du soleil. Devoir bosser sur des petits difficiles lui donnait aucune envie de rester dans cette branche. Plus elle se doutait du caractère d'Esteban, moins elle voulait atteindre son but.

Si par hasard elle arrivait à faire parler ou bouger Esteban, qu'allait elle faire plus tard avec le chenapan? Les résultats variaient, elle pourrait faire preuve de loyauté envers Camille; amener Esteban devant elle, le faire passer par le rituel pourpre et avoir un membre aussi influenciel dans la hiérarchie vampirique avec un peu de chantage? Ou elle pourrait tout simplement le récupérer elle-même et se débrouiller pour le protéger des regards indiscrets pour parvenir à ses gains. Tout venait à la fois et elle sentait l'adrénaline lui monter au cerveau, mais elle était bien loin de ce genre de plans. Rien n'était gagné, même que les chances de gain étaient minimes.

- Écoute ton ami un peu, garçon
- dit-elle tout en levant le couvercle, sans toucher Esteban au départ - je ne veux en aucun cas t'inquiéter, mais les éboueurs vont passer et tu sera coincé et peut-être même tu fera la une des journaux en tant que pâté. Ou cet abruti au sol te trouvera et te fera la peau; ou bien t'attrapera un coup de soleil. Dans tout les cas, ressaisi-toi et soit un adulte! T'es bien un adulte, j'espère?

Finalement elle plongea sa main dans la poubelle. Bess avait l'habitude de la crasse, elle vivait dans les égouts pendant près de deux centaines d'années. Certaines habitudes étaient restés imprimés dans sa mémoire; si elle allait en contact volontairement avec les déchets ce n'était pas un problème, mais gare au conard qui la salit! Elle trouva finalement derrière du col du jeune vampire, Bess serra son poing dessus pour le repêcher de la poubelle; en le sortant sans qu'il voye le corps de l’agresseur, elle le mit nez à nez avec Devon.

- Tu va avec lui, ou avec moi. Je t'ai déjà dis pourquoi tu ne peut pas être seul. Tu sera en sécurité et je lui serais entièrement reconnaissante. - elle fit des yeux de biches à Devon, bien évidemment elle lui sera TRÈS reconnaissante - Je ne suis peut-être pas experte en cette matière, mais il faut éviter à tout prix la presse. Fait ton choix.

Au cas où, Bess tenait sa main dans sa poche. Le pistolet était plus une précaution qu'autre chose, les nouveaux avaient tendance à être sauvages et sa sécurité venait avant l'élève. Sa poignée était bien ferme sur le col d'Esteban, la scène ressemblait plus à un chaton sans défense, récupéré par sa mère. D'un côté elle sentait une once de sympathie pour le gamin. Bess avait suivit les histoires des Luz-Descalzo, un peu comme une série télévisé. Dans cette affaire elle voulait voir le père de celui-ci crever d'une manière atroce pour ce qui a été fait. Quant à la mère... Elle ne pouvait pas entièrement sympathiser avec, son instinct maternel a été quelque peu absent pendant sa vie et sa non-vie. Quoique.

Elle espérait qu'au moins il irait avec le métamorphe en chaleur. S'il essayait de foutre le camp, tant pis. Le retrouver ne serait pas trop difficile, mais le temps serait entièrement contre elle. Si par hasard Delacroix ou un autre traqueur avait son nez dans l'affaire, tout tomberait à l'eau. Irait-elle jusqu'à lui faire la peau pour atteindre son but? Bonne question, mais ce n'étaient que des suppositions; après tout, Esteban pourrait tout aussi bien coopérer. Le choix lui appartenait.
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Lun 30 Nov - 11:05

La main d'Esteban commençait à devenir douloureuse contre la poignée tordue de la benne. Quoique. Pas à ce point. Peut-être était-ce lui qui imaginait cette douleur plus qu'il ne la ressentait. Il ne s'était pas encore fait aux sensations de son corps corrompu. Celles auxquelles il était habitué lui revenaient comme à un amputé persuadé d'encore sentir son membre coupé. Les prières lui sortaient de la bouche comme un flot d'eau ininterrompu sortant de la vanne rompue d'un barrage : il connaissait tant et si bien ces mots qu'il n'avait plus besoin de réfléchir pour les prononcer. On aurait pu associer ses litanies réflexes à des sortes de convulsions religieuses physiologiquospirituelles... Quelque chose de ce genre.

Peu importait en fait : il entendait les outres à l'extérieur tenter de lui parler, de le convaincre, de le tenter. Il lui fallait rester sur le droit chemin et cesser d'accorder la moindre importance à leurs paroles. Comment le frère d'Erin, originaire d'une si respectable famille, pouvait-il le pousser de la sorte dans les griffes d'une créature du Démon qui n'hésitait aucunement à arracher les yeux des passants lorsque ces derniers la contrariaient ?

Mais ce qui choqua surtout Esteban, ce fut le choix de mots, totalement déshumanisant, que le Rosenbach décida d'utiliser pour décrire ce qui lui arrivait. Des larmes paniquées brillèrent dans son regard exorbité, en même temps qu'il se mordait la main pour ne pas hurler, pour tenter de garder une once de santé mentale. "Ça", ou bien le monstre rampant qui se tortillait dans ses entrailles et tentait, pernicieux, de lui arracher jusqu'à la dernière once restante de morale et d'identité. "Ça", ou bien ce qui le transformait en bombe à retardement. Il était devenu dangereux. Il faisait dorénavant partie des ennemis de l'humanité. Cette chose en lui qui voulait prendre le contrôle, si bien mise en mot par le frère de son amie, finirait-elle par effacer sa personnalité ? Deviendrait-il à son tour si dépourvu de scrupules qu'il arracherait des yeux pour s'amuser ?

"Tu ne m'auras pas... TU N'EN AURAS PAS LE TEMPS !"

A qui parlait-il ? Vraisemblablement ni à Devon ni à l'autre vampire, sans quoi ses propos n'auraient plus eu la moindre logique. Il fallait croire qu'il prenait le "Ça" pour une entité pensante qui tentait de le rogner de l'intérieur et à laquelle il pouvait raisonnablement parler. C'était une preuve solide du fait qu'il n'était plus capable d'avoir la moindre pensée raisonnable. Le vent de panique renforçait l'impression qu'il avait d'être sur le point de perdre le contrôle de son corps au profit d'un démon inconnu. Sa peur et sa colère se redirigèrent faiblement, fébrilement, contre l'origine de cette terreur nouvelle. Devon ne sentait pas l'humain : il venait de s'en souvenir et cette information prenait maintenant une importance capitale. Comment aurait-il pu être un outre et en même temps le frère de sa bien-aimée ? C'était inconcevable. Cette... Créature, peu importe ce qu'elle était (pas un vampire en attendant, il lui arrivait d'être un peu idiot mais il savait encore faire la différence entre deux odeurs lorsqu'elles étaient l'une à côté de l'autre) était probablement un imposteur. Est-ce que cela existait, les outres imposteurs ? Pouvait-il avoir caché sa véritable identité sous une quelconque magie impie ? Ou bien était-il une sorte de... doppelganger ? Mais ces créatures n'étaient que des monstres de cauchemar, n'est-ce pas ? Oh... Qu'en savait-il. Maintenant que les fées clochette étaient sorties de leur mutisme pour dire qu'elles existaient vraiment, il n'y avait plus rien qu'il aurait été incapable de croire : qui sait quelles créatures horribles se cachaient encore du reste de la société ? En tous les cas la non-humanité du garçon le rendait parfaitement inapte à lui faire la moindre leçon de morale, ce qu'Esteban, enragé autant qu'il était terrorisé, voulut s'empresser de lui faire comprendre :

"INEPTIES ! Pourquoi devrais-je faire confiance aux paroles trompeuses d'un outre ? Est-ce qu'Erin sait que son frère est un imposteur, ou bien est-ce qu'il faudrait le lui dire ??!"

A bien y réfléchir c'était une mauvaise menace... Devon risquait de vouloir lui faire la peau avant qu'il ait le temps de joindre quiconque, et Esteban se rendait compte qu'il n'avait aucune intention de se taire : il aurait été amoral qu'il couvre cette créature, et ce faisant qu'il mette en danger la famille de la rouquine. Même si c'était pour sauver sa peau.

Il avait à nouveau l'impression d'être étranger à ses mains, d'observer son corps depuis une position tournante, d'être un esprit en fusion qui se battait pour garder son essence inchangée... Tant de sensations qui l'empêchaient d'être parfaitement apte à sécuriser sa position. Notons qu'il n'aurait probablement pas été capable d'empêcher l'autre vampire d'ouvrir le couvercle de cette benne à ordure même si il avait eu le temps de faire levier : il était devenu indécemment rapide, mais la vétérane était très certainement bien plus forte qu'il ne le serait jamais. Là, il n'avait aucune prise solide : le seul poids qui empêchait le couvercle de s'ouvrir était donc celui de son corps. Et encore : il ne le tenait plus que d'une main. Il sentit son corps se soulever, son bras tourner jusqu'au point où les os du poignets manquèrent de se déboiter. Un glapissement paniqué plus tard sa seconde main avait rejoint la première : cela lui empêcha d'avoir la main brisée, mais il resta en suspension, la tête et le début du torse à l'extérieur de la poubelle comme il était incapable de remettre le bouclier odorant à sa place. Il opta pour la dernière solution restante : il lâcha tout et atterrit lourdement dans le fond de la poubelle. Ses yeux humides levèrent leurs énormes pupilles sur le cauchemar qui était maintenant au dessus de lui et dont la serre impitoyable approchait de son visage à une allure grotesque. Plus grotesque encore : l'accusation qui lui était faite de ne pas se comporter en adulte responsable. En temps normal telle pique lui aurait indubitablement fait prendre la mouche, mais les circonstances étaient spéciales. Changé en monstre, il se retrouvait à la merci de deux autres monstres dont l'un d'entre eux au moins était comme lui, mais en pire. Comment aurait-on pu s'attendre à ce qu'il se comporte "en adulte" dans des circonstances pareilles ? Il était déjà fier d'avoir tenu le contenu de sa vessie à sa place. Et, oui, il avait totalement oublié que pour un mort-vivant, ça n'avait rien d'un exploit.

Il était paralysé mais sa torpeur prit fin lorsqu'il sentit qu'on le tractait hors de sa tanière malodorante. Il n'avait pas entendu l'arrivée du camion poubelle : il était trop préoccupé par son environnement direct pour prendre garde à ce genre de détails (qui pourtant avaient leur importance).

"... LÂCHEZ MOI TOUT DE SUITE ! JE VOUS INTERDIS DE... ! ÇA N'EST PAS CORRECT ! Qu'est-ce que je raconte... A L'AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAIDE !"

Les arguments du vampire passaient sur lui comme l'eau sur les plumes d'un canard : elle lui demandait de choisir entre la peste et le choléras alors qu'il avait sa propre solution à lui qui à côté s'apparentait à un léger rhume des foins. L'adrénaline l'avait ironiquement tiré du choc dans lequel il était resté toute la journée et il se souvenait maintenant qu'il avait un bien immobilier qui l'attendait : quitte à se morfondre à longueur de journée, autant qu'il le fasse là-bas, à l'abri de la lumière et de ces gêneurs maléfiques. Les journalistes non plus ne pourraient pas l'atteindre. Il lui fallait simplement réussir à garder l'anonymat jusqu'à rejoindre sa cachette. Mais d'abord, il lui fallait fuir.

Il commença par battre des pieds dans tous les sens mais se rendit rapidement compte que de faire des moulins dans l'air n'allait l'aider qu'à se donner l'air encore plus idiot. Ses mains fusèrent si vite qu'il eut lui même du mal à en suivre le mouvement : un millième de secondes plus tard il avait enfoncé ses ongles dans la peau de sa tortionnaire et s'était mis à la griffer sans retenue : il espérait lui arracher la peau, lui faire suffisamment mal pour qu'elle lâche prise et lui donne l'occasion de fuir à nouveau.
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Devon Rosenbach
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MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Lun 30 Nov - 21:37

Devon haussa un sourcil à la suggestion de la vampire comme quoi Esteban pourrait partir avec lui.
Non seulement ce n'était pas le scénario qu'il s'était imaginé (à vrai dire, le scénario en question n'impliquait pas Esteban, de fait), mais la solution de remettre cette chose tremblotante à protéger à Madame Butler satisfaisait à la fois son instinct de protection (Devon était d'un naturel confiant) et son manque d'envie de s'occuper du jeune outre.

(Sérieusement, Erin s'était fiancée avec un... homme... enfin, un humain (à l'époque) ayant si peu de tenue ?)

La réaction d'Esteban sembla tout aussi enthousiaste. Alors qu'encore dans la poubelle ses propos étaient tout à fait incohérents, ils se parèrent tout à coup d'une douloureuse cohérence.

Ce qui eut un effet positif sur Devon : le distraire de ses pulsions. Pour ça, Erin restait un moyen infaillible.
Après une pause douloureuse d'une seconde, le métamorphe répondit avec sincérité.

"Je n'avais guère revu Erin depuis que ma nature s'est révélée. Notre père a fait preuve d'une habileté certaine pour cloisonner l'information."

Malgré le tempérament péjoratif du mot, pas une seule seconde il ne vint à l'esprit de Devon qu'Esteban sous-entendait qu'il n'étais pas le vrai frère d'Erin. Seule la signification évidente (il cachait sa nature d'outre) lui vint.

"Je te prierais de ne pas le lui dire à ma place."

Restons entre gentlemen.

Le comportement qu'Esteban adopta ensuite était tout sauf d'un gentleman. Il se mit à se débattre et à griffer la belle dame.
Ne se rendait-il pas compte qu'elle l'eut posé s'il avait montré une attitude raisonnée ?

De l'étalon en rut, Devon était passé dans un état d'esprit beaucoup plus mesuré, comme si le rappel de ses liens familiaux lui avaient rendu son savoir-vivre.

Conclusion : il s'adonnerait à la bagatelle avec savoir-vivre. Et cette outre. Si le premier cité arrivait à l'heure.

Son esprit se remettait déjà à dériver quelque part entre son os coxal gauche et son os coxal droit.
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A qui appartient ce postérieur ?

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