AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

 

 A qui appartient ce postérieur ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Erin Rosenbach
Normes
avatar

Normes


Identification
Emploi: Etudiante ?
Age apparent: la vingtaine
Dangerosité:
10/30  (10/30)

MessageSujet: A qui appartient ce postérieur ?   Ven 23 Mai - 13:57

C'était lundi, c'était le début de semaine, c'était le retour à la réalité.
C'était pluvieux, c'était déprimant, c'était gris.

Ça, c'était pour toute la terre. Pas pour Erin. Un ciré bleu marine à petits poids crème, surfilé de rouge, des escarpins à belle boucle rouges, des chaussettes aux genoux, une jupe plissée écossaise seulement visible sous son manteau de pluie, un parapluie transparent pour ne surtout pas abimer son brushing, et un sourire corail aux lèvres, un sourire dont elle ne pouvait se défaire depuis la deux semaines...

Depuis le brunch, depuis Vegas. Depuis Esteban.
Oh, bien sûr, c'était aussi le moment de retomber durement sur un sol solide et de ne plus voler et bondir de nuages en nuages. MAIS, aujourd'hui, lundi, après deux semaines de bonheur où elle n'avait vu qu'Esteban, elle allait déjeuner avec Martha -qui avait l'exclusivité de son récit- dans une célèbre enseigne de bagels, le cœur léger, l'air rayonnant malgré un manque cruel de sommeil.

Assises l'une en face de l'autre, les anecdotes fusant, une bouteille d'eau de coco bio avec une paille pour éviter de se dessécher la gorge, Erin et Martha passèrent au bas mot deux heures à échanger. Et encore, il aurait été nécessaire d'en passer deux de plus pour pouvoir être précise... Naturellement, la Rouquine devait éviter certains sujets, comme ce léger détail de Leucémie. Elle était détentrice d'un Secret. Erin ne savait pas d'habitude, garder les secrets. Mais la bague qu'elle portait à l'annulaire gauche lui rappelait qu'elle devait tenir sa langue car tout ceci était éphémère, et livrer ce Secret garantirait une fin plus précipitée encore, elle en était persuadée.

Au moment d'un petit dessert -fromage blanc 0% avec coulis de fruits rouges- Martha changea de sujet, et arbora fièrement son smartphone devant le nez d'Erin.

- Moi aussi j'ai passé deux belles semaines. Les garçons ont gagné contre Bâton-Rouge, samedi, c'était dément !

Erin releva à peine, eut un petit signe de tête. Ah oui, ouh ah... Le football... Passionnant. Elle eut cependant un sourire poli, parce qu'après tout, Martha avait écouté sans broncher son récit de Disney, et elle lui avait prêté sa robe en pleine nuit... Ca valait bien qu'elle s'intéresse un peu à ses bêtises. Euh, ses centres d'intérêt.

- Et j'ai une taupe. Devant l'air étonné, et un peu outré, d'Erin, sa copine ajouta rapidement. Un des joueurs remplaçants me doit une faveur, je lui ai filé mon devoir d'espagnol et...

La Rouquine n'écoutait déjà plus. On venait de prononcer "espagnol", alors qu'elle entendait encore l'accent délicieux sur la langue d'Esteban, se remémorait une conversation à laquelle elle n'avait rien compris entre Olivia et son fils lors du brunch, ce fameux brunch, et Martha parlait, parlait, parlait... Jusqu'à ce qu'Erin soit tirée de sa rêverie mièvre par six fesses musclées et mouillées.

Elle ouvrit de grands yeux ronds et prit des mains le smartphone de son amie.

"MAIS ! Tu as des photos des douches de l'équipe de foot ?" Martha bomba la poitrine. Erin cacha sa bouche dans sa main, mais ne détourna pas les yeux. Sa copine gloussa, reprit son téléphone et sembla un instant se perdre dans la contemplation de la photo...

- Ma Taupe m'a dit que celles-ci étaient à Scott Normandy, celles-ci, à Georges Lake, et, mes préférées, celles-ci à un petit nouveau qui vient de débarquer. Il a été incapable de me dire son nom. Mais rassure-toi, je sais qu'il va venir manger ici dans... Ah !

Martha tourna les yeux vers la porte pour y voir entrer un petit groupe d'étudiants. Erin songea immédiatement que, si ce lieu était fréquenté par des sportifs, il venait vraiment de perdre beaucoup de classe... Elle ne s'intéressa pas aux mâles qui venaient d'entrer et détourna son attention, sortant de son petit sac à main son téléphone. Esteban n'avait pas répondu à ses messages... Oui, le ciel était gris, elle était rayonnante mais... Pourquoi son Prince était-il muet soudainement ?
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t1722-erin-rosenbach
Devon Rosenbach
Métamorphes
avatar

Métamorphes


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 20
Dangerosité:
15/30  (15/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mer 4 Juin - 16:26

Des membres de l'équipe l'avaient traîné à la découverte de "la meilleure bouffe pour manger le midi". Ils avaient dû entendre sa remarque devant le septième burger d'affilée ? Enfin, Devon n'en était pas encore à faire sécession, de toute façon il pouvait toujours se faire livrer autre chose si ça lui chantait. D'ailleurs il l'avait déjà fait, en fait.

Quand ils arrivèrent devant ladite enseigne, le métamorphe put remarquer qu'on était encore loin du quatre étoiles. Mais enfin, des bagels, ça pouvait se tenter.
À l'entrée des sportifs, de nombreux visages se tournèrent vers eux. Indépendamment de leur popularité, il fallait dire que leurs carrures leur donnaient une certaine prestance. (Même si les autres étaient habillés comme des ploucs).

Une fille ne leur accorda qu'un bref regard. Une fille dont l'allure lui était tout de même drôlement familière. Il s'approcha tout de même pour confirmer son impression car cela faisait un bail qu'il ne l'avait pas vue. Deux ans ? Trois ans ? À l'époque, il était plus petit qu'elle. Mais son nez ne le trompa pas.

Heeeey ! Est-ce que ça ne serait pas ma grande soeur préférée ?

Il était au courant qu'Erin étudiait ici aussi, mais n'avait pas encore réussi à soutirer son adresse à leur mère. Cette dernière était habile pour esquiver le sujet. Devon n'avait pas encore osé la confronter directement pour savoir ce qui s'était passé entre elles.

Au moment où il s'était approché, sa compagne de table avait rangé précipitamment un téléphone. Devon lui lança un regard intrigué. Avait-elle essayé de les photographier ? C'était une réaction quelque peu démesurée pour ça. En tout cas, elle était plutôt mignonne. Et bien habillée.

Il fit un signe de la main au reste de l'équipe pour leur signaler de ne pas l'attendre.

Cette charmante compagnie m'accepterait-elle à table ?
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3628-devon-rosenbach
Erin Rosenbach
Normes
avatar

Normes


Identification
Emploi: Etudiante ?
Age apparent: la vingtaine
Dangerosité:
10/30  (10/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Sam 7 Juin - 20:16

Erin avait détourné son attention de ce groupe de sportifs. Elle les avait toujours trouvés lourdeaux, peu intelligent, et souvent manquant de goût, il fallait l'avouer. A part une ou deux stars qui s'étaient démarquées par leurs femmes nouvelles idoles fashion, les athlètes n'étaient pas connus pour leur classe. Ce n'était pas ce qu'on leur demandait, après tout. Courir après une balle, c'était tout ce qu'ils savaient f...

Attirée par une voix qu'elle ne reconnut pas, la Fille à Papa tourna les yeux, et eut immédiatement un mouvement de recul. Un des étudiants s'était approché et en réalité, ce qu'il venait de dire la laissait perplexe. Puis traumatisée. Elle écarquilla les yeux, fixa les traits de ce visage.

"D... Devon ?!" Sa voix était loin d'être aussi assurée que d'habitude. Comment son petit frère avait-il pu se transformer en un jeune homme élégant et si carré de mâchoire ?! L'adolescence semblait l'avoir délaissé et il était ... Martha se releva avec un grand sourire pour indiquer de la main un siège vide.

- C'est une blague ? Gloussa-t-elle, son regard allant d'Erin à Devon.

Erin tira le bras de Martha et lui chuchota à l'oreille : "Efface immédiatement cette photo de ton téléphone, ce sont les fesses de mon frère !" Martha gloussa encore, mais ne fit rien.

Reprenant un visage parfaitement aimable, bien qu'elle soit encore sous le choc, Erin se jura d'avoir une conversation plus poussée avec son amie lorsqu'elles seraient seules.

"Non, ce n'est pas une blague, Martha, je te présente Devon, mon petit frère. Devon, Martha." Les présentations étaient faites, et une fois passés le chamboulement, Erin put se laisser aller à la joie que procurait ses retrouvailles avec son frère. Cela faisait plusieurs années qu'ils étaient séparés, elle le pensait encore à New York d'ailleurs... Elle ressentait l'envie de lui poser mille questions, mais Martha fut plus rapide.

- Beau match ce weekend, tu as été génial.

Devon jouait dans l'équipe de football de la fac ?! Mais depuis quand ? Elle venait seulement de faire le rapprochement entre la présence de ses fesses dans les vestiaires et sa place dans l'équipe. Elle ne pouvait s'empêcher de l'observer. Il était loin de ce petit adolescent qu'elle avait laissé chez son père...

"Maman sait que tu es là ?" C'était la première question qui lui vint. Justement parce que, elle, elle avait débarqué à la Nouvelle Orléans sans prévenir quiconque.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t1722-erin-rosenbach
Devon Rosenbach
Métamorphes
avatar

Métamorphes


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 20
Dangerosité:
15/30  (15/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Jeu 26 Juin - 0:12

Devon eut un sourire amusé devant la réaction d'Erin. Ça, pour le coup, il avait changé. De jeune adolescent gringalet, la révélation de sa vraie nature l'avait transformé en jeune homme athlétique. Non parce que la bouille de blondinet souffreteux qu'il se payait avant pouvait être attendrissante, pour un enfant. Mais pour un jeune homme, ça n'était pas un gage de réussite. 

Mais la vraie raison, Erin n'en avait aucune conscience. De même qu'elle n'avait aucune conscience du fait que son ouïe aiguisée avait parfaitement saisi la remontrance faite à Martha. Intéressant. Il faudrait trouver la fuite. 
La version officielle, c'était qu'un nouveau traitement s'était révélé plus efficace que d'autres, et avaient permis au cadet Rosenbach de sortir du cercle vicieux de la maladie respiratoire chronique. 

"Martha", qu'il trouvait jusque là à son goût, le félicita pour son dernier match. Pour le coup, c'était mérité, il avait fait quelques belles actions et rapporté des points à son équipe. Aussi la remercia-t-il avec un franc sourire, sans montrer la défiance que lui inspirait le contenu de son appareil photo.

Il répondit à la question plus sérieuse d'Erin.

"Maman sait que je suis là, oui, c'est elle qui m'a fait venir. Il faut dire que je n'ai pas vraiment assuré, à New York... J'imagine qu'elle veut garder un oeil sur moi. Par contre..."

Il se tut, ne désirant pas étaler les affaires de famille en public. Erin aurait tout le temps de lui raconter plus tard pourquoi Lilian se montrait aussi évasive à son propos. Il lui jeta tout de même un regard curieux. 

Ce faisant, il s'attarda sur le rouge de ses lèvres, et le tombé de ses cheveux...
Oh bordel. C'était sa soeur, où était l'embrouille ? Fronçant légèrement les sourcils il se tourna vers Martha. Quitte à avoir des pensées inopportunes, autant qu'elles ne portent pas sur un membre de sa famille.

Il connaissait parfaitement ces sensations. Certes, il était assez porté sur la chose, mais habituellement il se maîtrisait parfaitement. Question de survie.
La première année où c'était arrivé, il était encore avec son mentor. Celui-ci l'avait éloigné quelques temps, "pour son apprentissage", de la compagnie norme (et de sa famille).
Par la suite, il était en internat. Il s'était fait porter pâle ne nombreuses fois pour aller courir ou... faire autre chose discrètement.

Une fois, c'était arrivé pendant qu'il était au ranch. Ahem.

L'année précédente,, il était en couple à ce moment là. L'incompréhension de la situation par sa petite amie avait conduit à la rupture.

Dans tous les cas, malgré son attention qui s'était déportée, il était inenvisageable de draguer Martha dans ces conditions, où il pouvait perdre la maîtrise de lui-même, étant donné la manifeste indiscrétion de la demoiselle. Comment allait-il gérer cette fois-ci ? Pour le moment, en se contenant.

Il mit quelques secondes à retrouver ses mots. 

"Et toi donc, qu'est-ce qui t'a amené dans la même ville que Maman ?"

Il aurait peut-être même droit à un commencement de réponse à son autre interrogation.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3628-devon-rosenbach
Erin Rosenbach
Normes
avatar

Normes


Identification
Emploi: Etudiante ?
Age apparent: la vingtaine
Dangerosité:
10/30  (10/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Jeu 26 Juin - 22:19

Elle ressentit un profond sentiment de déception, involontairement, quand son petit frère déclara que Lilian savait parfaitement qu'il était à la Nouvelle Orléans. Et pourquoi, elle, elle n'était pas au courant ? Pourquoi sa mère ne lui avait rien dit ? Est-ce que, sous prétexte qu'elle avait clandestinement débarqué dans la ville, et qu'elle évitait sa mère depuis des mois, c'était une raison pour lui cacher cette nouvelle ?

Vexée, elle ne le resta que quelques instants, à peine un battement de cil, car il y avait d'autres émotions qui, elles, étaient plus puissantes. La stupéfaction de constater la musculature sous les vêtements de goûts de son petit, tout petit frère, était certes importante. Mais ce n'était pas tout. Erin savait que Devon allait bien mieux, que sa santé s'était radicalement améliorée depuis quelques années. Mais... c'était une métamorphose digne d'un conte. Et d'ailleurs, elle constatait que Martha, elle aussi, devait songer qu'il sortait tout droit d'un livre. Mais pas pour enfant. Elle donna un coup de pied sous la table à son amie, qui eut un petit gémissement maladroit. Un regard appuyé remit cette dévergondée à sa place.

Et, intérieurement, elle fut ravie que Devon n'aborde aucun autre sujet délicat. Il avait failli. Mais non. Il faudrait qu'elle lui explique plus tard, mais ce n'était ni le lieu, ni le moment. Cependant, il ne put s'empêcher de revenir sur le sujet plus tard, détournant légèrement le sujet, pour ne rien avancer de désagréable. Erin eut un sourire poli, involontairement, celui qu'elle offrait aux extérieurs. Mais ce n'était pas de sa faute, à elle ! Elle réagissait comme s'il était presque inconnu, parce que, physiquement, c'était pratiquement le cas !

Ah non ! Pas un inconnu quand Martha souriait largement face à lui, qu'elle battait des cils ! Erin aurait une conversation avec elle. C'était son petit frère ! Pas un minable étudiant qu'elle pouvait essayer de charmer avec son blog pitoyable de ragot semi-mondain. Il avait un autre pedigree que cette parvenue ! Une sourde colère monta en elle, qu'elle sut magistralement contrôlée, comme toute femme du monde savait le faire.

"Mes études, la branche Économie est réputée ici." Évidemment. Quelle question. Mais c'était un Mensonge. Son téléphone mobile se mit à vibrer bruyamment, et elle aurait immédiatement lâcher tout ce qu'elle aurait en main pour s'en saisir, et le manipuler fébrilement. Elle entendit à peine le commentaire de son amie.

- Ah, c'est son fiancé...

Et comme pour confirmer ses dires, la Rouquine sentit son coeur s'accélérer en admirant le nom qui venait de s'afficher dans les messages. Enfin ! Esteban avait répondu à ses sms. Le temps d'appuyer sur l'icône et de lire ses mots doux...

Son visage blêmit. Elle ne fut pas en mesure d'entendre le "Ca va ?" de Martha, ni de sentir les regards sur elle. Elle venait de se lever en poussant la chaise qui tombait dans un bruit métallique.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t1722-erin-rosenbach
Devon Rosenbach
Métamorphes
avatar

Métamorphes


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 20
Dangerosité:
15/30  (15/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mer 2 Juil - 21:04

Martha semblait réagir positivement au regard de Devon qui s'était posé sur elle. Ce qui, à cet instant précis, faisait assez peu son affaire. Il était plus facile de contrôler son désir face à quelqu'un de non réceptif que dans une situation où la demoiselle semblait prête à répondre à une invitation à faire ça n'importe où n'importe quand. 

Heureusement, deux diversions vinrent distraire Devon des images commençant à s'imposer à son esprit et ayant pour cadre tantôt les toilettes du fast food, tantôt la banquette de sa voiture, voire même des endroits encore plus publics et accessibles immédiatement.

La première diversion, qui l'aurait sans doute fait s'étouffer sur son bagels s'il avait déjà commandé, l'empêcha d'ailleurs de réagir immédiatement à celle qui suivit.

"Son fiancé ?!!"

Maman était au courant ? Depuis quand ? Qui était-ce ? 
Autant, il pouvait avoir confiance en sa soeur pour reconnaître à quelqu'un son éducation et son savoir-vivre - ou plutôt l'inverse - autant il avait parfois eu vent des quelques frasques auxquelles elle avait pu prendre part, et ça suffisait pour qu'il ne lui fasse pas totalement confiance pour le choix de ses partenaires. 

Fiancé ou pas, le message semblait annoncer une nouvelle choquante, et le bruit de la chaise heurtant le sol sortit Devon de son abasourdissement. 
En réaction il se leva également, prêt à toutes les éventualités d'évanouissement ou autre évènement similaire.

"Erin ? Qu'est-ce qui se passe ?"
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3628-devon-rosenbach
Erin Rosenbach
Normes
avatar

Normes


Identification
Emploi: Etudiante ?
Age apparent: la vingtaine
Dangerosité:
10/30  (10/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Ven 11 Juil - 13:41

C'était... Impossible. Ce message, là, c'était une mauvaise plaisanterie que lui faisait son Prince. Ca ne pouvait pas être autre chose qu'une blague d'assez mauvais goût, elle devait l'avouer. Bien sûr, Esteban était maladroit mais... C'était tout de même... terriblement... nul ! Elle sentait ses yeux piquer, et sut faire preuve de toute la retenue enseignée par des années de dîners mondains pour ne rien lâcher. Erin tourna les yeux vers Martha, puis vers Devon.

Sans savoir pourquoi elle s'adressa à son frère qu'elle venait seulement de retrouver, plutôt qu'à son amie depuis plus d'un an, la Rouquine contourna la table, et marmonna :

"Ca t'ennuie de me suivre à l'extérieur, s'il te plait ?" Inutile de dire que cette question ne tolèrerait pas de refus. Il était primordial qu'il dise oui, si non, elle sentait qu'elle allait s'évanouir. Elle ne tenait qu'aux nerfs, cela se sentait, même si elle savait donner le change, les deux personnes autour d'elles étaient des proches -enfin l'un d'eux était Métamorphe alors, il sentirait bien mieux que Martha en réalité- et ils savaient reconnaître l'attitude naturelle d'Erin.

Elle s'appuya sur les dossiers de chaises pour pouvoir sortir du fast food, et Martha faisant preuve d'une grande intelligence, dont n'avait pas conscience Erin bien sûr, s'indigna juste un peu, mais respecta son choix. Elle adressa un regard d'encouragements à Devon, car elle n'avait jamais vu sa copine dans cet état, même lors de ventes privées de luxe envahies par des Prolétaires. Cela devait être très grave...

Une fois dehors, elle pensait que l'air frais lui ferait du bien. Raté. Elle se sentit moins observée et de fait, ses yeux étaient plus brillants. Pitié, ne pas pleurer. C'était une blague enfin ! Elle sursauta quand dans sa main, son téléphone vibra de nouveau. Oh Oui ! C'était Esteban pour contredire son précédent message, dire "ah ah surprise je t'ai bien eue hein ?!"

"Karl ?" Elle fronça le nez, d'abord, puis décrocha finalement comme s'il s'agissait de sa bouée de sauvetage. Évidemment, Devon n'avait qu'une partie de la conversation... Pas de bonjour, rien.

"Tu as reçu un message de lui, toi aussi ?" C'était la seule explication pour que Karlito l'appelle. Entre des silences où elle faisait les cents-pas, sa voix était frémissante, tantôt vrillée et tantôt aiguë.

"Il a dit que la situation avait changé, il a annulé notre rendez-vous de demain. Il a dit qu'il devait partir. Qu'il était désolé. Que je ne devais pas le contacter. Karl ! Pourquoi il a écrit tout ça ? Attends, à toi aussi il a dit la même chose ?" Nouveau blanc. Elle fronça les sourcils.

"Non, attends. Ce n'est pas son genre, tu l'as dit. C'est forcément une farce qu'il nous joue." Elle dut s'arrêter et tapa du pied sur le trottoir, haussant la voix, puis son timbre n'était plus qu'une plainte douloureuse.

"Il ne PEUT pas avoir envoyé ce message en étant sérieux. Il n'aurait jamais annulé un de nos rendez - vous !"

Pendant que parlait Karl, le regard d'Erin sembla s'illuminer. Et son visage reprit une couleur blanche, livide. Elle venait de réaliser qu'en effet, son ami avait raison. Ce n'était pas une blague. Impossible. Elle plaqua la main sur sa bouche.

"De... grave." *silence* "Je n'ai pas le numéro d'Olivia, mais je sais où elle habite. Mais... Il ne peut pas me quitter ! Il a dit... Il n'a pas le droit, de me quitter en m'envoyant un message ! " Elle avait hurlé, et ses larmes avaient franchi la carrière de ses paupières. Après un instant où elle resta la tête basse sous ses cheveux, Erin se redressa et serra les dents.

"Oui. Ca doit être vraiment grave. Il n'aurait jamais fait ça. Il faut qu'on aille le voir, je me fiche de ce qu'il a écrit et de ce qu'il demande, de ne pas le chercher. Il n'a pas pu disparaître" Dans son regard rougi, pas de doute. Elle n'allait pas se laisser faire sans combattre. Il y avait quelque chose qui clochait, c'était assuré. Esteban l'aimait. Alors Esteban restait avec elle. Il avait eu un problème majeur, dont il ne pouvait pas parler, et elle fut tenté d'appeler toutes les cliniques de la Nouvelle Orléans, mais n'en dit pas un mot.

"D'accord, moi je vais chez lui." Elle énonça ensuite clairement l'adresse de Sergio Luz-Descalzo." Il n'a pas le droit... Il n'a pas le droit !" Répéta-t-elle avant de rester un long moment hésitante. Eh puis..."Ah euh Karl. Merci."

Elle venait de raccrocher. Et prit conscience de la situation, de Devon. De son regard inquiet et interrogatif... Avalant difficilement sa salive, le trop plein d'émotions diverses et contradictoires lui donnait une mine affreuse.

"Excuse-moi... Il se trouve que j'ai rencontré quelqu'un. Quelqu'un de très bien. Mais j'ai peur qu'il ne lui soit arrivé quelque chose, seulement je n'ai pas le temps de tout de raconter ici. Je t'en supplie, accompagne-moi chez lui. J'ai peur qu'il n'ait fait une bêtise..." Elle prit la main de son frère. Pitié. Elle avait besoin d'être épaulée dans cette épreuve. Une affreuse image s'était imposée à elle. Erin la chassait mais... Esteban se savait condamné. Mon Dieu... Faites qu'il n'ait pas décidé d'écourter le compte à rebours... Pitié !
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t1722-erin-rosenbach
Devon Rosenbach
Métamorphes
avatar

Métamorphes


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 20
Dangerosité:
15/30  (15/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Ven 11 Juil - 17:10

Devon n'avait même pas besoin de ses sens de métamorphe pour sentir la profondeur du trouble d'Erin. Sa (bien qu'ancienne) connaissance de sa soeur lui suffisait. D'un mouvement qui faisait passer son geste pour de la courtoisie plus que pour de l'assistance, il lui proposa son bras. Il eut un regard d'excuse envers Martha de la sentir ainsi exclue, mais l'amie, bien que fronçant un peu les sourcils par principe, semblait autant inquiète que lui et ne fit pas d'histoire.

La situation distrayait parfaitement efficacement le métamorphe de ses hormones, même si ce n'était pas de la manière qu'il aurait souhaité - malgré les années qui les avaient séparés, son affection pour sa soeur était toujours bien ancrée en lui - et il avait retrouvé une maîtrise parfaite de lui.

Il démêla ce qu'il put de la conversation qu'elle eut ensuite au téléphone. Son fiancé avait annulé un rendez-vous. Annulation dont la tournure évoquait clairement une rupture. Mais "Karl", un ami probablement ? Karl avait reçu aussi un message. Quand on largue sa copine, on largue pas ses copains en même temps. Donc il était arrivé quelque chose au fiancé. Donc Erin allait chez lui.

Ça pouvait être grave, Erin allait peut-être tomber sur un spectacle insupportable. Ou bien sur un comportement dangereux, si le jeune homme était en train de péter un plomb.
Devon s'apprêtait à proposer à sa soeur de l'accompagner - et de tout faire pour la convaincre du bien-fondé de cette façon de faire - mais n'en eut même pas besoin. La rousse le lui demanda d'elle-même.
Il n'eut donc qu'à aborder les modalités.

"C'est loin ? J'ai ma moto près d'ici."

Le port du casque n'était plus obligatoire en Louisiane depuis des dizaines d'années. Néanmoins, les habitudes newyorkaises du jeune homme et une brève observation des statistiques l'avaient convaincu de garder son casque jet, qu'il pourrait ainsi prêter à sa soeur. En cas de chute, il guérirait bien plus facilement qu'elle.

Prévenant, il lui rappela tout de même :

"Préviens peut-être Martha que nous partons. Ou envoie-lui un message en cours de route, qu'elle ne t'attende pas."
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3628-devon-rosenbach
Erin Rosenbach
Normes
avatar

Normes


Identification
Emploi: Etudiante ?
Age apparent: la vingtaine
Dangerosité:
10/30  (10/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Lun 4 Aoû - 12:06

Erin était bouleversée. Assez pour ne pas remercier son frère pour les nombreux gestes compréhensifs qu'il avait, et assez pour ne même pas les voir. Elle était trop préoccupée, trop chamboulée. C'était impossible qu'Esteban la quitte comme ça, alors qu'il avait dit qu'il l'aimait, dans le même message... Pourtant, elle sembla se rendre tout de même compte qu'ils étaient toujours sur le trottoir, et elle tapota ses joues pour faire disparaître ses larmes, avala difficilement sa salive et chercha à reprendre une contenance.

Ce ne fut pas très concluant, et elle pria fort pour qu'elle ne croise personne qui puisse la connaître. Et puis... au cours de sa prière, elle eut un haut-le-coeur. Et puis quoi ? Peu importait qu'on la voie dans cet état, si Esteban avait décidé de la quitter ! Erin fut tenter de céder de nouveau à une vague de sanglots, mais la présence de son frère, et ses paroles, lui donnèrent le change.

"C'est sur le campus." Affirma-t-elle, les yeux rouges. Elle désapprouvait qu'il circule en moto, parce que c'était dangereux et que ça froissait les vêtements et que si on employait des chauffeurs, ce n'était pas pour rien, mais ses pensées étaient trop embrumées pour qu'elle commente.

Ils se retrouvèrent alors devant le fameux deux-roues de Devon ; C'était bien une preuve qu'elle était totalement bouleversée, car en temps normal, elle aurait refusé catégoriquement de monter sur cet engin. Il lui offrit son casque et là encore, elle aurait rit de dédain... Mais elle le prit, l'enfila sans se préoccuper de son brushing, s'impatientant presque et lançant un regard suppliant au jeune homme.

Elle aurait aimé que leurs retrouvailles se passent autrement... Mais... Erin se sentait heureuse qu'il soit là, lui, en cet instant. Martha aurait été un bon soutien mais, sans savoir expliquer pourquoi, la Rouquine ressentait une force qu'elle avait jusque là naturellement ignoré chez Devon, le petit frère malade et chétif. Pouvoir compter sur lui était tout nouveau... Elle s'agrippa à lui pendant la route, n'arrivant pas à songer à autre chose qu'à son Prince et son message.

On ne peut pas dire je t'aime et demander à ne pas être recherché. Pourquoi voulait-il fuir ? Est-ce que la maladie c'était aggravée ? Auquel cas, elle devait être présente ! Personne ne savait, elle était la seule à pouvoir le soutenir. Il ne devait pas rester seul. Il n'avait pas le droit de la quitter !

"C'est ici" Fit-elle en haussant le ton, pour que Devon l'entende, et désignant un des immeubles où résidaient les étudiants. En descendant, Erin sembla se souvenir des mots de son frère et envoya rapidement un sms à Martha. Elle trouvait cela inutile, mais il avait sans doute raison...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t1722-erin-rosenbach
Devon Rosenbach
Métamorphes
avatar

Métamorphes


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 20
Dangerosité:
15/30  (15/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mar 19 Aoû - 14:11

Le métamorphe gara la Harley sur un trottoir assez large, bordant le pavillon qu'Erin lui avait désigné. Pouvoir se garer n'importe où était l'un des immenses avantages de ce type de véhicules. Certes, une voiture avec chauffeur n'avait même pas besoin d'être garée, mais Devon aimait conduire, et les chauffeurs n'appréciaient guère de voir leur client les reléguer sur le siège passager, même moyennant finance. Étrangement, ça avait tendance à les mettre mal à l'aise. Limite s'ils auraient pas préféré être dans le coffre (mais Devon n'avait jamais osé proposer).

Une fois les deux pieds à terre, il passa le U pour bloquer la roue et activa l'alarme, avant de s'essuyer les mains avec un mouchoir en tissu et d'en passer une dans ses cheveux. La situation était urgente (du point de vue d'Erin en tout cas), mais le fait que l'urgence ne le concernait pas directement lui permettait de garder la tête froide. Et donc de penser à se recoiffer (et accessoirement, à sécuriser sa moto). Ceci tout en gardant un œil sur sa sœur, des fois que ses talons ne la ralentissent pas suffisamment pour lui permettre d'effectuer ces quelques gestes (dans tous les cas, il n'aurait aucun mal à la rattraper - courir vite était une des rares choses pour lesquelles il était VRAIMENT doué).

Il n'eut même pas besoin de courir, car la jeune femme pianotait sur son téléphone, probablement en train d'envoyer un sms car il ne la sentait pas spécialement d'humeur à jouer à Candy Crush. Quand elle redressa la tête, il croisa son regard, l'air de dire "Et maintenant ?".
Plus que la suivre, il était tout à fait décidé à la précéder. Mais ne connaissant pas précisément dans quel studio du pavillon logeait son bien-aimé, il attendait pour ça son signal.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3628-devon-rosenbach
Erin Rosenbach
Normes
avatar

Normes


Identification
Emploi: Etudiante ?
Age apparent: la vingtaine
Dangerosité:
10/30  (10/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Jeu 16 Oct - 10:56

Elle avait eu autre chose à faire, la dernière fois -et pas première- qu'elle était venue chez Esteban, que regarder exactement où était son studio. Cependant, dans les situations urgentes, elle pouvait faire preuve de jugeote, et sa mémoire fonctionna très bien.

Erin tenait la main de Devon comme on s'accroche à un espoir, désespérément ; elle ne réfléchissait pas à la force qu'elle mettait dans sa poigne, et d'ailleurs cela ne devait pas vraiment le faire souffrir... Se dirigeant presque uniquement à l'instinct, la Rouquine croisa des visages sans les reconnaître, elle s'en fichait, ne les saluait déjà pas en temps normal, alors aujourd'hui...

"C'est par là." Insista à nouveau la jeune femme, comme pour se rassurer elle-même.

Dans sa tête, c'était encore le chaos, mais à mesure qu'elle se rapprocher, elle se sentait déterminée. Il n'avait pas le droit de la quitter. La seule raison valable pour une telle annonce était sa Maladie, c'était la seule chose qui pouvait les séparer. Soyons réalistes, Esteban allait avec Erin, et Erin allait avec Esteban, on pouvait difficilement faire plus compatible. Alors, même si elle était totalement paniquée, la Fille à Papa avait l'intention de se défendre, s'il s'agissait d'autre chose que de Leucémie.

Voilà. Ils étaient devant la porte. Erin prit une profonde inspiration qu'elle retint, colla son oreille sans réfléchir sur la porte, mais n'entendit rien d'autre que son propre coeur tambouriner... Alors, elle frappa.

"Esteban !" Elle aurait aimé être suffisamment forte pour être autoritaire et lui faire comprendre qu'il allait devoir l'affronter, juste au son de sa voix... Mais au lieu de cela, ça avait été tremblotant.

Erin échangea un regard avec Devon. Comme une interrogation. Elle qui n'était pas patiente, n'avait aucune intention d'attendre ici sans réponse. Soit il était sorti, ce qui était pour elle le cas : s'il avait demandé de ne pas "le rechercher", c'est qu'il avait l'intention de plier bagage. Donc, il n'était pas chez lui, et personne ne lui ouvrirait la porte. Elle fronça le nez, attendre deux secondes était trop long.

Elle prit son mobile et appela son Prince, espérant sans doute qu'il décroche.

"Je pense qu'il n'est pas chez lui... Tu sais crocheter une serrure ?" Demanda-t-elle... à tout hasard... La dernière fois qu'une porte s'était mise en travers de son chemin, elle avait tout simplement réussi à récupérer la clé... Elle tairait les moyens qu'elle avait employés.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t1722-erin-rosenbach
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
avatar

Vamps


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
14/30  (14/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Jeu 16 Oct - 13:04

Il avait fallu plusieurs heures pour qu'Esteban parvienne à calmer ses sanglots nerveux. Chaque fois qu'il avait reçu un appel (que ce soit de Karl, de sa mère ou d'Erin), il avait laissé le téléphone vibrer dans sa main. Il avait regardé l'écran d'un air absent. A quelques reprises, l'envie de répondre et la conviction de ne plus jamais pouvoir le faire avaient provoqué une nouvelle vague de pleurs hystériques. Cela faisait un long moment qu'il n'avait plus rien reçu. Il avait posé son portable par terre et était lamentablement étalé sur le flanc. Ses yeux absents fixaient un vide flou. Sa bouche entrouverte lui semblait plus asséchée qu'elle ne l'avait jamais été. Il était assoiffé, mais sentait à peine la douleur associée à ce manque physique : le plus important restait qu'il était totalement dévasté d'un point de vue mental. La souffrance psychique qu'il vivait dépassait de loin celle de son corps à jeun, ce qui était peut-être l'une des seules choses qui lui permettait de tenir. Ah. Ça, et le fait qu'il faisait encore jour : il n'aurait pas pu s'extraire de sa cachette sans se mettre à brûler. Autant dire qu'il n'avait que très peu d'options.

Au début il n'avait pas su quoi faire. Chaque fois qu'il avait imaginé sa potentielle transformation en vampire, il avait pensé qu'il se serait longuement préparé avant qu'elle n'arrive. Il aurait fait en sorte de dire Adieu à tout le monde même si il n'aurait pas pu le faire explicitement (sans quoi on aurait tenté de l'arrêter). Il aurait tout prévu. Notamment, il aurait acheté son nouveau lieu de résidence, inconnu des personnes qu'il aimait et qu'il souhaitait protéger en s'éloignant d'elles. Et surtout... SURTOUT... Il était censé avoir un autre.... Démon... pour le guider.. ! Il ne s'était pas beaucoup renseigné car l'idée de rejoindre les rang des mort-vivants l'avait toujours écœuré, mais il était malgré tout suffisamment au courant pour savoir qu'un Créateur vampire était censé s'occuper de sa progéniture. Orphelin comme il était, qu'aurait-il dû faire ? Errer jusqu'au quartier sanglants et mendier l'aide d'un autre vampire aurait pu être une solution mais cette fille... Cette... Créature dégénérée, dont la santé mentale défaillante n'était plus à prouver, l'avait totalement refroidi (sans mauvais jeu de mots). Si c'était CA, un vampire, alors il préférait de loin se passer  de l'aide de ces créatures du Diable (... Dont il faisait dorénavant partie, mais passons). Il était hors de question qu'il aille une fois de plus seul à la rencontre de l'un d'entre eux. Il avait bien trop peur, maintenant.

Vers le début d'après-midi, ses pensées avaient fini par se ranger plus ou moins correctement. Il avait réussi à réfléchir de façon (plus) calme et (plus) posée. Il avait décidé de sortir de sa cachette dès que la nuit serait tombée. Là... Il s'éclipserait, quitte à prendre une chambre d'hôtel sous un faux nom dans un premier temps. Il achèterait une résidence en ville et engagerait des travaux pour l'adapter à son nouvel état. Il avait passé une partie de la journée à pianoter sur son téléphone à la recherche d'offres d'achats. Cette activité lui avait permis de centrer ses pensées et d'éviter une crise d'angoisse handicapante (... Les vampires étaient-ils seulement capables d'avoir des crises d'angoisse ?). Il avait trouvé un penthouse tout de verre construit (ou presque). L'endroit était gigantesque et magnifique. Seules quelques pièces (comme des huttes élégantes) étaient protégées de la lumière du soleil. C'était notamment le cas d'un laboratoire photo qu'il se voyait transformer en chambre. Il avait envoyé quelques mails pour prévenir l'actuel propriétaire qu'il posait une option sur la résidence. Il avait doublé le prix d'achat afin de devenir prioritaire sur un couple de milliardaires (... Des amis de son père, d'ailleurs) qui étaient sur le coup depuis plus d'une semaine. Il ne pouvait pas laisser passer cette occasion : L'immeuble où était perché l'appartement (?) était une construction récente : il s'agissait d'un des plus hauts de la ville. Le penthouse lui-même faisait plusieurs étages. Il pensait être à l'abri de l'appel du sang si il s'enfermait là-haut. De plus, la construction de verre lui permettrait (dès lors qu'il en aurait envie) d'en finir très rapidement : il n'aurait même pas besoin de sortir de chez lui pour se suicider. Il lui faudrait juste "oublier" de se rapatrier dans sa chambre au moment où le soleil se lèverait.

Combien de temps encore avant que le soleil ne se couche ? Il avait perdu la notion du temps ainsi que le courage de lever le bras pour récupérer son téléphone et pour le porter devant ses yeux. Il aurait voulu s'endormir et oublier mais il en était incapable : les pensées noires tourbillonnaient dans son esprit à une vitesse telle qu'il sentait ce dernier sur le point de rompre.

Elles furent interrompues par des coups tambourinés à la porte, suivis par une voix plaintive qui lui déchira instantanément le cœur (... ou bien ce qu'il en restait). La jeune femme semblait sincèrement blessée, et il détestait l'idée d'être à l'origine de cette blessure. Surtout sachant que ça n'allait pas aller en s'arrangeant... Bien sûr, il l'avait prévenue. Elle savait qu'il allait mourir, et elle aurait dû s'attendre à devoir vivre ce genre de situations. Malgré tout, il se sentait sale. Égoïste, lâche et coupable. C'était parce qu'il avait voulu cette relation malgré les circonstances qu'ils en étaient arrivés là : si il avait eu le courage de la repousser plus tôt, elle n'aurait pas eu à vivre ces instants difficiles. Mais comment aurait-il pu regretter les instants de magie qu'il avait vécu grâce à Erin ? Ils avaient fait partie des meilleurs de son existence humaine, dorénavant passée.

Glacé de terreur comme d'affliction, il écarquilla les yeux et cessa de respirer, non sans émettre un faible gémissement pour lequel il s'en voulut instantanément : il porta une main à sa bouche comme pour tenter de ravaler le son. C'était pourtant ridicule : Erin ne pouvait pas l'entendre. Elle était beaucoup trop loin pour ça, et ils étaient encore séparés l'un de l'autre par une porte close. Une porte qui n'allait pas rester close longtemps, à en croire ce qu'il entendait (il se fit d'ailleurs la réflexion qu'il n'aurait jamais dû en être capable à cette distance, mais il n'était plus à ça près, et il préféra ignorer ce détail). Ils comptaient entrer par effraction dans le studio. Dans un instant pareil il aurait dû virer verdâtre. Il n'avait pas de miroir pour vérifier si il était encore capable de prendre ce genre de teintes affreuses, et de toute façon il avait (pour une fois) d'autres priorités. Il posa une main sur le sommier au dessus de lui et perdit un regard paniqué aux quatre coins de la pièce, à la recherche d'une meilleure cachette. Rien qu'il n'aurait pu atteindre sans que le soleil lui fasse très mal (il crierait, sans doute, et tout le monde saurait qu'il était ici). Rien non plus qui soit foncièrement meilleur que son actuel emplacement : de toute façon, qui aurait l'idée de se baisser pour vérifier si il n'était pas sous le lit ? Il n'avait plus cinq ans, et ce n'était certainement pas un endroit suffisamment convenable pour qu'il y réside. Surtout avec toute cette poussière... Enfin non. Maniaque comme il était, il n'aurait pas laissé la poussière s'installer, mais le contact du sol et le rapprochement du matelas lui donnaient l'impression d'être en train d'étouffer dans un mouton épais : il avait toujours été claustrophobique, et ce n'était pas l'absence de besoin de respirer qui allait le guérir de cette tendance.

A défaut de mieux, il se prostra contre la moquette, se fit aussi petit qu'il en était capable, comme si cela avait permis de le rendre invisible aux yeux d'éventuels intrus. Il s'était remis à trembler et se trouvait une fois de plus au bord des larmes à l'idée d'être si proche d'Erin et de devoir se cacher d'elle de la sorte. Que ferait-il si elle le trouvait ? Oh.. Il ne voulait pas l'imaginer. Ce serait terrible pour tout le monde. Ne pouvaient-ils pas juste partir plutôt que de vouloir fouiller l'appartement ? Ils trouveraient sans aucun doute les vêtements ridicules qu'il avait portés la veille, souillés de son sang et d'un autre qui n'appartenait à rien d'humain. Ils trouveraient aussi sa croix abandonnée. Il fallait absolument éviter que les choses se passent ainsi, mais il était malheureusement incapable d'empêcher quoi que ce soit d'arriver. Il tenta de toucher la fameuse croix autour de son cou, mais elle avait disparu pour des raisons qu'on ne citerait plus. Cette constatation lui arracha un sanglot muet. Il ferma les yeux et se mit à psalmodier une prière en espagnol dans un murmure tremblotant. Dieu prendrait-il encore la peine de l'écouter ? Esteban n'était même pas certain d'avoir encore le droit de s'adresser à Lui. De la part d'un Damné, voire d'un Démon, n'était-ce pas drôlement culotté ?

Pendant ce temps, Erin recevrait un appel de Karl :

"Erin ? Oui... Je suis avec la mère d'Esteban, ne fais rien d'illégal on arrive, et elle a les clés du studio."
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Devon Rosenbach
Métamorphes
avatar

Métamorphes


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 20
Dangerosité:
15/30  (15/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Jeu 16 Oct - 23:25

Devon n'était effectivement nullement gêné par la forte pression de la main de sa soeur, et se maintenait à sa hauteur. Le propriétaire du pavillon ne louait manifestement pas aux étudiants les plus pauvres. L'appart' de Devon était probablement plus grand, mais n'était pas situé sur le campus - pour la simple raison qu'il aimait conduire.

En arrivant devant la porte du studio, le jeune homme aurait pu détromper immédiatement Erin, entendant très faiblement un gémissement. Seule sa longue habitude de discrétion le retint. Ce n'était pas le moment de lui révéler sa nature d'outre. Et puis, ça venait peut-être d'un autre studio, c'était vraiment très faible. D'ailleurs, son imagination lui avait peut-être effectivement joué des tours, car nulle réponse ne parvint de l'endroit à l'interpellation de la rousse.

La demande d'Erin le prit au dépourvu.

"Et pourquoi diable je saurais crocheter une serrure ? Tu crochètes souvent des serrures toi ?"


Il entendit de nouveau du bruit à l'intérieur du studio. Des paroles distinctes, cette fois, bien qu'incompréhensibles. Pendant ce temps, Erin répondait au téléphone. Il attendit qu'elle ait terminé, puis lui confia :

"Je crois avoir entendu quelque chose. Tu n'as pas dû l'entendre, avec le téléphone..."

La bonne excuse, hein.

"Il parle espagnol, ton fiancé ?"

Etant donné le nom prononcé plus tôt, c'était plus que probable. Si c'était le cas, c'était probablement lui à l'intérieur.

Devon s'aplatit devant la porte pour tenter de voir ou sentir quelque chose. Erin devait le regarder d'un oeil curieux, pour le coup, mais il se concentra. Captant une vague odeur ferrugineuse, il garda son soupçon pour lui. Odeur de fer s'associait immédiatement dans son esprit à odeur de sang. Le fiancé avait-il tué quelqu'un ?
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3628-devon-rosenbach
Olivia Luz-Descalzo
Normes
avatar

Normes


Identification
Emploi: Présidente d'une association de protection des animaux
Age apparent: 43 (ou moins)
Dangerosité:
12/30  (12/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mer 29 Oct - 4:49

Olivia suivait Karl d’un pas plus pressé qu’à l’accoutumée au travers du Campus. Dans un autre contexte, elle aurait regardé avec intérêt le lotissement duquel ils se rapprochaient, mais elle avait d’autres préoccupations à l’instant précis. Elle tentait d’appeler une nouvelle fois Esteban, tout en suivant Karl du regard pour ne pas se perdre. En effet, elle n’avait mis les pieds dans le studio qu’Esteban avait insisté pour louer –sous prétexte qu’il voulait vivre une expérience « normale », une lubie qu’elle ne s’expliquait toujours pas- qu’une seule fois, lorsque de la signature du contrat, car malgré son nom et l’assurance qu’il pourrait payer son ridicule loyer sans le moindre problème, étant encore mineur et dépendant de ses parents à l’époque, Olivia avait été chargée de se porter caution. Depuis lors elle n’y était jamais retournée, principalement parce que son fils se refusait strictement à la forcer à dormir dans un tel lieu lorsqu’il l’invitait à la Nouvelle-Orléans –avant qu’elle ne s’installe chez Sergio, bien entendu.

Le duo plutôt atypique se déplaçait en vitesse dans les couloirs, et ils arrivèrent bientôt au niveau du pavillon où se trouvait le studio d’Esteban. Olivia pouvait voir deux personnes un peu plus loin, et elle reconnaissait la chevelure rousse d’Erin. L’autre personne lui était inconnue, et elle prit le temps de jeter un regard interrogateur à Karl. Non pas qu’il lui viendrait un seul instant à l’idée de douter de la fidélité d’Erin (il fallait dire que les regards qu’elle avait échangé avec son fils lors du fameux brunch avaient étés plutôt éloquents) mais elle se demandait bien en qui la jeune femme pouvait avoir confiance à ce point pour lui demander de l’accompagner. Concernant les amis de la jeune Rosenbach, elle n’avait entendu parler que d’une certaine Martha…

L’heure n’était pas à ce genre de questionnements, cependant, et Karl et Olivia arrivèrent rapidement à hauteur des deux autres. Elle leur fit un signe de tête rapide sans s’étendre sur les présentations (ce qui n’était pas tout à fait convenable, mais il fallait la comprendre, elle avait bien d’autres préoccupations à l’instant même) et entreprit de sortir les clés de son sac à main. Une phrase lui échappa.


« Quelqu’un a eu des nouvelles ? Entendu quelque chose ? »

Elle était incapable de cacher l’angoisse qui la prenait aux tripes. D’ailleurs, elle avait trouvé le double de la clé du studio et était en train de tenter de la placer dans la serrure, mais ses mains tremblaient. Elles devaient être tremblotantes depuis un long moment, en réalité, mais elle ne s’en était pas rendu compte. Le morceau de fer lui échappa et tomba à terre, ce qui la fit jurer (ce qui ne lui arrivait jamais, sauf en cas de grande colère et de détresse) à voix basse dans sa langue maternelle.

« Je suis désolée, je… »

Il était clair que le calme (?) qu’elle avait tenté de garder depuis ce matin et plus tard face à Karl s’effritait rapidement…
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3680-olivia-luz-descalzo
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
avatar

Vamps


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
14/30  (14/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mar 3 Fév - 20:12

Suite à l'appel de Karl, Erin tua dans l’œuf l'idée folle qu'elle avait eu de crocheter la serrure. Idée folle, certes, mais qui n'avait pas été loin d'être nécessaire. Elle indiqua à Devon que la mère et le meilleur ami d'Esteban étaient en chemin et qu'ils possédaient un double de la clé de l'appartement. Puis elle s'empressa de répondre par l'affirmative lorsque son frère lui demanda si le fiancé parlait espagnol. Était-il possible qu'Esteban soit effectivement dans son studio ?

De son côté, le concerné avait entendu se dérouler les échanges derrière la porte. La voix masculine qui accompagnait celle d'Erin ne lui disait absolument rien. Vu le stade de panique auquel il se trouvait, il n'en avait cela dit absolument rien à faire non plus. Ce fut le cas, du moins, jusqu'à ce que la voix dise l'impossible. Il écarquilla les yeux et serait devenu vert si ça avait été possible. Il ravala bien vite ses prières, dans un glapissement qui (du coup) n'avait pas dû paraître discret. Mais il ne se s'était rendu compte de rien, car l'idée qu'un arrêt soudain dans sa plainte puisse paraître suspect, et puisse laisser penser à quiconque serait derrière la porte que sa propre ouïe était plus fine qu'il ne l'aurait fallu, ne lui était évidemment pas montée au cerveau.

COMMENT CA, "la voix" avait entendu quelque chose ? Comment était-ce possible à cette distance ?! Se serait-il trompé ? La porte n'était-elle pas suffisante pour le rendre totalement inaudible à l'oreille humaine ? Car Erin ne pouvait être accompagnée que d'un norme tout ce qu'il y avait de plus convenable.. ! Il était impossible qu'elle laisse s'approcher d'elle l'une de ces créatures du Diable... Ces mêmes créatures, dont il faisait maintenant partie ! Oh... Voilà qu'il avait de nouveau envie de pleurer. Il se mordit la lèvre et se figea. Malgré l'inutilité de la chose, il continuait de respirer. Mais il respirait maintenant très doucement. Très, très doucement. Il s'impressionnait d'arriver à un exploit pareil lorsqu'il se sentait à la limite de la crise de nerfs. Il continua de prier, mais dans sa tête cette fois. Ah ! C'était bien la première fois depuis qu'il avait emménagé dans ce taudis qu'il était heureux que l'isolation entre les studios soit médiocre, à la limite de l'inadmissible ! Peut-être abandonneraient-ils tout de même leur recherche, dès lors qu'ils auraient remarqué qu'il ne répondait pas, et qu'il n'était nulle part à l'intérieur. Peut-être penseraient-ils que ces bruits étaient en réalité venus des appartements voisins.. ? Il entendit le son d'une voiture se garer au loin. Le claquement d'une portière. Des pas, qu'il eut bien trop peur de reconnaître.... Et enfin une voix qui déchira le peu de chose qu'il restait de son cœur. La douleur le fit grimacer. D'horreur, il plongea son visage entre ses mains. Sa mère était ici... Elle était venue avec Karl. Elle avait parlé à Karl.. ! Une nouvelle qui l'aurait ravi, qui l'aurait transporté dans un autre contexte... Mais là ? Il aurait encore préféré être confronté au Tribunal des Enfers plutôt que de se retrouver dans cette situation. Les personnes auxquelles il tenait le plus au monde étaient toutes réunies devant cette fichue porte, à un fragile pas de découvrir ce qui était advenu de lui. Quelle horreur...  Quelle douleur pour eux, et quelle douleur pour lui ! Serait-il capable de le supporter ? Evidemment, non ! Il devait continuer à prier. Prier pour qu'aucun d'entre eux n'ait l'idée saugrenue de vérifier sous le lit.

Erin et Devon avaient certainement résumé la situation aux nouveaux arrivants. Olivia tenta d'ouvrir la porte, en vain : ses gestes saccadés l'empêchaient d'arriver à ses fins. Lorsque les clés tombèrent par terre, Karl prit l'initiative. Il se baissa pour ramasser le trousseau et tenta d'avoir un sourire rassurant, quand bien même on sentait à sa crispation qu'il n'était pas beaucoup moins angoissé que la mexicaine.

"Ne vous inquiétez pas... Je m'en charge."

Après quelques secondes, la clé tourna enfin dans la serrure, et la porte céda, révélant un intérieur d'apparence vide. Karl fronça les sourcils, inquiet. Après un bref regard porté aux autre membres du groupe, il entra. Son premier réflexe fut de se diriger droit dans la salle de bain. Il fut déçu de n'y trouver personne. Par contre...

"... C'est rangé n'importe comment. Ça n'est pas son genre. On dirait qu'il a été interrompu..."

Un tas de vêtements totalement.... inadéquats (lorsqu'on connaissait bien Esteban) ainsi qu'une paire de chaussures que le jeune homme n'aurait jamais accepté de porter même si sa vie était mise en jeu traînaient dans un coin, roulés en boule, comme s'il avait voulu les cacher à toute vitesse,. Comme s'il avait été honteux de les posséder. Qu'est-ce que ça pouvait vouloir dire...? C'était totalement incompréhensible. Il remarqua la croix posée sur l'évier. Esteban ne la quittait jamais.

Le jeune vampire serrait ses jambes si fort contre lui qu'il aurait facilement pu se les briser tout seul. Son unique main libre était plaquée fermement contre sa bouche. Il avait totalement cessé de respirer (et l'absence de besoin de le faire lui donnait envie de hurler de panique). Quant à ses yeux, à ce rythme, ils allaient bientôt lui sortir du visage.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Devon Rosenbach
Métamorphes
avatar

Métamorphes


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 20
Dangerosité:
15/30  (15/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mar 3 Fév - 22:06

Karl s'était précipité dans l'appartement, mais Devon en revanche avait bien pris garde de rester devant Erin (qui l'avait d'ailleurs présenté comme son frère, depuis).
Dans ses courses équines, il avait déjà eu l'occasion de capter l'odeur d'un animal mort.

Et ici, ça ne sentait pas seulement le sang. Une fois la porte ouverte, Devon pouvait constater que ça sentait résolument l'odeur d'un animal fraichement décédé. Non. D'un humain fraichement décédé. Ça, c'était nouveau à son flair, mais quelque chose qui sentait à la fois le cadavre et l'humain, ça avait tout de même de grandes chances d'être un cadavre humain. Il faillit le signaler, mais se retint. Comment expliquer qu'il reconnaissait une odeur si ténue ?
En fait, son flair lui disait même qu'il n'y avait rien de vivant en dehors de leur petit groupe, ici. Or il avait entendu parler. Et ça venait d'ici.

Un frisson le parcourut. Un bref frisson de peur qui faillit lui faire perdre le contrôle de son apparence. Heureusement, tout le monde était focalisé non sur lui mais sur l'intérieur du studio. Il était la proie. Mais il était aussi l'étalon. L'étalon protégeant sa harde. Il se dirigea prudemment mais résolument vers le lit, pour regarder dessous.

Son regard croisa celui du cadavre. Du...

"VAMPIRE !"

Il espérait que son cri ferait fuir les autres, et que lui-même pourrait leur offrir le temps de fuir.
La prise de conscience que le cadavre était animé, et représentait même le pire prédateur qui soit pour lui, faillit de nouveau lui faire perdre le contrôle. Allons, l'émotion vous a fait voir des choses, ce n'était absolument pas une tâche blanche dans mes cheveux. Je vous assure. Je n'ai pas encore de cheveux blancs.

En revanche, le macchabée n'avait pas dû manquer de sentir que pour lui, ça sentait... le poney.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3628-devon-rosenbach
Olivia Luz-Descalzo
Normes
avatar

Normes


Identification
Emploi: Présidente d'une association de protection des animaux
Age apparent: 43 (ou moins)
Dangerosité:
12/30  (12/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Jeu 5 Fév - 4:57

Malgré le manque de convenabilité de la scène qui lui aurait arraché un air pincé envers elle-même en temps normal, Olivia ne parvenait pas à reprendre suffisamment le contrôle pour agir normalement. L’angoisse, en plus de la faire trembler, lui serrait la gorge, lui retournait l’estomac et n’était pas loin de lui donner un mal de crâne à la faire tourner de l’œil. Pour cela, certainement, elle ne prêta que peu d’attention aux présentations, notant toutefois que le jeune homme accompagnant Erin était son frère. Cela expliquait sa présence à ses côtés, et aurait pu définitivement rassurer la mexicaine sur l’état de sa relation avec son fils, si elle n’avait pas eu beaucoup plus important à l’esprit. Car si savoir qu’Erin ne trompait pas Esteban était sans aucun doute une bonne nouvelle, elle aimerait avant tout savoir où était passé le Prince en question.

Bien qu’elle se révèle être la plus âgée du lot, Olivia ne semblait certainement pas être à la hauteur des évènements. Incapable d’ouvrir une pauvre porte, ses mains tremblantes laissèrent échapper le trousseau que Karl ramassa pour elle. Elle ne pu s’empêcher de lui jeter un regard reconnaissant, à défaut de s’exprimer par la parole. Toute cette situation lui donnait envie de fondre en larmes. Pitié, pourvu qu’il ne s’agisse que d’une crise passagère quelconque et qu’ils retrouvent Esteban enfermé dans sa chambre, en train de jouer à elle-ne-savait quel jeu vidéo de façon si intense qu’il n’avait pas noté les vibrations de son téléphone… Cela lui était arrivé, une ou deux fois…

Cela n’expliquerait évidemment pas les étranges SMS qu’ils avaient apparemment tous reçus –Devon mis à part- mais Olivia avait besoin de s’accrocher à une telle explication. Elle ne supportait pas les horribles hypothèses qui s’étaient fomentées dans son crâne au fur et à mesure de la journée, plus encore quand Karl était venu la chercher. Au-delà des ennuis évidents dans lesquels il était fourré (se pourrait-il vraiment que Darian ait décidé d’attenter quelque chose contre son fils, pour l’empêcher de parler ?!), il y avait tant de raisons plus sombres pour lesquelles on aurait pu vouloir s’en prendre à lui…

Karl parvint à ouvrir la porte alors que la Dame frissonnait en secouant légèrement la tête, comme pour se sortir ces idées noires. Cependant, les élucubrations de son cerveau reprirent leur cours aussitôt qu’elle vit qu’il ne semblait y avoir personne dans le studio. Après un rapide regard vers le reste du groupe, Karl s’engouffra dans l’ouverture et Olivia fut prompte à le suivre. La peur se voyait dans chacun de ses gestes, mais elle avait besoin d’action. Si elle restait devant cette porte sans rien faire, elle craquerait, c’était certain. Pour cette raison, elle suivit le jeune homme dans la salle de bains. Son regard sombre se posait partout, analysant les moindres détails avec une précision effarante. Elle se faisait les mêmes réflexions que le meilleur ami de son fils, et une hypothèse se fit plus présente dans son esprit, tellement qu’elle se sentit obligée de la murmurer, dans l’espoir –très certainement- qu’on la détrompe.


« Ca ressemble à un enlèvement… »


Ses mains se remirent à trembler avec plus de vigueur. Tremblements qui s’étaient d’ailleurs entendus dans sa voix, malgré le ton bas qu’elle avait essayé d’adopter. Puis son regard tomba sur la croix d’argent qu’elle lui avait offerte, et elle sentit son souffle se couper brutalement. Il ne s’en séparait jamais. Pas une seule fois elle ne l’avait vu retirer ce pendentif. Le mauvais pressentiment qu’elle ressentait depuis la réception de ce SMS gagna soudainement en intensité.

Le cri du frère d’Erin –Devon, se rappela-t-elle- lui glaça les sangs. Elle se sentit pâlir, et dû brièvement s’accrocher au meuble le plus proche pour ne pas tomber. Alors que son corps la lâchait, cependant, son esprit semblait faire des connexions extrêmement rapides. Ses yeux noirs restaient fixés sur la croix, et un nouveau murmure lui échappa.


« Elle est en argent… Ils ont dû… Ils ont dû lui… »

Olivia ne pouvait pas finir sa phrase. Elle ne pouvait pas émettre à voix haute l’idée que ces…Vampires… aient fait du mal à son fiston, pour une raison ou une autre (bien qu’elle ait une idée très précise de la question). Pas plus qu’elle ne pouvait rester dans cet espace confiné alors qu’elle réalisait que quelque chose de terrible était forcément arrivée à son fils. Elle était rapidement sortie de la salle de bains, Karl sur les talons (ils avaient de toute façon tout intérêt à sortir de là le plus vite possible, au vu de l'avertissement lancé par Devon), une main posée sur le foulard bleu-vert (couleur des yeux de son Niñito d’amour) assorti à sa robe, comme si la mention de ces Outres faisait que le souvenir que l’un des leurs lui avait laissé la démangeait horriblement.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3680-olivia-luz-descalzo
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
avatar

Vamps


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
14/30  (14/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Jeu 5 Fév - 12:41

Ah... Mais pourquoi fallait-il qu'Olivia ait des idées pareilles, tout de suite ? Un enlèvement ? Esteban avait bien failli émettre un glapissement sourd en entendant cela. Il s'était retenu au dernier moment avait fermé les yeux, et avait pris sur lui. Cela lui demandait tous les efforts du monde de ne pas paniquer. Bien sûr, le fait que son cœur ne soit pas en train de lui remonter dans la gorge à force de battements précipités aidait... Mais dans le même temps, l'absence même de ces battements avait tendance à l'horrifier, ainsi qu'à le conduire au bord de l'hystérie. Mince... Qu'aurait-il dû faire ? Tout cela, c'était la faute des sms qu'il avait envoyé... Aurait-il dû les tourner autrement ? Mais il détestait tant mentir... Aurait-il dû attendre d'être installé ailleurs, en secret, avant de prévenir tout le monde de sa disparition ? Ah... Cela aurait été certainement beaucoup plus confortable pour lui, mais il doutait que cela l'ait été pour sa mère. L'hypothèse de l'enlèvement lui serait sans doute venue très vite quand même. Il aurait voulu lui éviter cette inquiétude inutile... Pourtant, c'était toujours mieux que de se montrer à elle dans cet état. Pour cette raison, il devait se tenir immobile. Silencieux. Quand bien même il avait envie de sortir de sa cachette et de les rassurer - "Eh, arrêtez donc de vous faire tout ce souci ! Je suis là, je vais bien ! - il savait qu'il ne pouvait pas le faire. Et d'ailleurs, c'était faux. Si il allait si bien que ça, il n'aurait pas risqué de prendre feu juste parce qu'il avait laissé les volets ouverts.

Quelqu'un bougeait, et c'était beaucoup trop proche de lui à son goût. Il ouvrit les yeux et crut mourir en voyant les jambes du frère d'Erin - qu'il aurait été tout à fait ravi de rencontrer dans un autre contexte, par ailleurs - se plier. Il se tassa au fur et à mesure que le visage du jeune homme approchait du seuil de son "antre". A défaut de pouvoir le hurler, son esprit émettait un concert de "Non non non NON NON NON" qui aurait sans doute assourdi quiconque passait dans le coin et possédait des pouvoirs télépathiques, si une telle chose existait. Mais il y avait encore quelques interdits dans la Nature... Quelques frontières, quelques limites, que les créatures du Diable ne s'étaient pas encore permis de franchir. A sa connaissance.

Leurs regards se croisèrent et tout alla très vite. Dans un élan désespéré, Esteban entreprit de supplier le jeune homme du regard pour qu'il se taise. Il voulut mettre un doigt devant ses lèvres, geste mimé classique et éloquent, mais il n'en eut jamais le temps. Quel choc, de voir la peur dans les yeux adverses, lui qui n'avait jamais réussi à impressionner une mouche ! Et ce hurlement, cet avertissement, l'avait-il vraiment entendu ? Le déni manqua de gagner la partie, car l'esprit du jeune homme n'était pas encore tout à fait capable d'accepter ce qui arrivait.

Mais de quoi parlait-il ? Quel vampire ? Il n'y avait pas de vampire ici ! Il n'y avait que lui ! Il n'était pas dangereux ! Pourquoi aurait-il tenté de faire fuir sa mère et son meilleur-ami ? Bon : lorsqu'il s'agissait d'Erin, c'était autre chose. Parfois, les frères (grands ou petits) avaient du mal à accepter que... Non. Son esprit s'effondra tout de même. La lueur d'incrédulité se transforma en douleur, en horreur. Il hocha la tête en signe de négation à quelques pitoyables reprises. Les larmes lui montèrent aux yeux. Son organe cardiaque ne battait plus, et pourtant il avait l'impression qu'il allait exploser. Ou imploser. Ou bien était-ce déjà fait ? Il expérimentait un mélange de panique et de dévastation qu'il n'aurait jamais cru possible de ressentir. Pourtant, il avait déjà eu à supporter beaucoup d'émotions négatives ces derniers mois, et par le passé. D'abord, comment ce garçon avait-il su qu'Esteban n'était plus humain ? Cela se voyait-il à ce point sur sa figure ? Il avait fait en sorte de cacher ces affreux crocs, et était presque certain de n'avoir jamais croisé le frère d'Erin avant aujourd'hui : comment aurait-il pu faire la différence, alors ? La damnation s'était-elle glissée jusqu'à l'intérieur de ses yeux ? Pouvait-on y lire la trace indélébile du mal qu'il avait laissé entrer en lui..? Bien sûr, il y avait cette odeur étrange, qui lui rappelait le ranch de sa mère (et n'était pas loin de le faire doublement paniquer, car il avait la phobie des chevaux). Il se sentait irrésistiblement attiré par quelque chose qui émanait du jeune homme, et pas des autres. C'était horrible. dégoûtant. Il mit ça sur le compte de la soif et de la proximité de son vis-à-vis, lequel devait sans doute revenir d'un cours d'équitation... Ah ? Mais pourquoi mélangeait-il ces informations ? L'odeur de cheval, et l'attirance, et la soif ? Cela n'avait aucun sens...

Il lui apparut clairement qu'il devait fuir. Il était impossible que sa mère, ou Karl, ou Erin, et encore moins les trois... Il était impossible qu'ils le trouvent dans cet état. L'émotion lui permit d'être plus rapide qu'il n'aurait jamais cru pouvoir l'être : il s'élança dans l'espace libre qu'il y avait encore entre le frère et le lit. Pendant un très bref instant, il sentit une horrible brûlure sur l'intégralité de son épiderme, mais l'instant d'après, il était dans la salle de bain. Il avait fermé tous les loquets, puis il avait foncé à l'intérieur de la douche. Il en avait arraché le rideau et s'était roulé en boule à l'intérieur, comme si la porte ne suffisait pas à le cacher. Pourtant, ils n'allaient certainement pas chercher à l'ouvrir, non..? Si ils pensaient qu'un dangereux vampire se terrait dans cette pièce... Ils ne seraient pas suffisamment suicidaires pour tenter de régler le problème eux-mêmes, vraisemblablement ? N'allaient-il pas partir ? Appeler le BIAS ? Il n'arrivait pas à s'en soucier, pas vraiment. La peine l'avait rattrapé et il était devenu incapable de retenir ses sanglots : Esteban avait souvent regretté son gabarit, son manque de crédibilité occasionnel. Il avait souvent voulu être capable d'être intimidant. Chaque fois qu'il s'y était essayé, ses tentatives avaient été accueillies par des rires moqueurs, ou amusés. Ironiquement, maintenant qu'il avait vraiment réussi à faire peur à quelqu'un, il se sentait très mal, et il détestait ça. Il n'avait jamais cherché à effrayer qui que ce soit. Il ne voulait pas être effrayant ! Il ne voulait pas être un monstre ! Au temps pour le stoïcisme qui lui avait permis de mettre en place ce plan dément : il n'avait pas voulu cette transformation là. Il était sous le choc. On l'avait agressé. On l'avait tué. Et maintenant il avait tout perdu, bien avant l'heure.

Karl avait les yeux écarquillés. Le mouvement avait été trop rapide pour qu'il puisse discerner les traits du vampire. Personne dans la pièce n'avait dû en être vraiment capable : l'œil humain ne pouvait suivre ce genre de vitesse. Néanmoins, il avait un très mauvais pressentiment. Un enlèvement ? Il avait du mal à y croire. Esteban, retirer sa précieuse croix en argent ? Il avait la hideuse sensation que personne ne l'y avait aidé. Il était devenu blanc comme un cachet. Sans un mot, il s'approcha de la porte dorénavant close et colla son oreille dessus. Il entendait quelques hoquets, sans plus. Il prit son téléphone et entreprit de faire sonner celui d'Esteban. Des vibrations lui parvinrent depuis la salle de bain. Puis il y eut un peu de mouvement. La sonnerie fut coupée brutalement, comme si Esteban venait de fermer son portable. Les vibrations cessèrent. Karl avait envie de vomir : lui-même n'avait rien contre les outres, mais il ne connaissait que trop bien (même si pas encore autant qu'il le pensait) l'aversion que les Luz-Descalzo avaient envers ces dernières. Si ses suppositions avaient la moindre once de véracité... Ça allait être horrible. Horrible. Il avait toujours été solide, et pourtant il se sentait sur le point de tourner de l'œil. Il s'adressa à Devon, qui était le seul à avoir vraiment vu le suceur de sang :

"... A quoi ressemblait-il, ce vampire..? Physiquement, je veux dire ?"

Il y eut un son sourd : Erin venait de s'effondrer, évanouie. Visiblement, elle avait compris où il voulait en venir.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Devon Rosenbach
Métamorphes
avatar

Métamorphes


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 20
Dangerosité:
15/30  (15/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Lun 9 Fév - 10:52

Devon se tendit de tout son corps lorsqu'il perçut un mouvement, mais la vitesse surnaturelle du vampire ne lui laissa même pas le temps de le suivre du regard. Et l'outre se trouvait déjà enfermé dans la salle de bains quand Devon se retourna.

L'étalon se força à raisonner un peu plus froidement. On était en plein jour ! Il avait croisé Erin vers, mettons, midi et demi. Il ne s'était guère passé plus d'une demi-heure, depuis. Tant qu'ils restaient dans la lumière du soleil, ils ne risquaient absolument rien !

D'autant que rétrospectivement, ce vampire n'avait jamais eu l'air agressif. Le regard que Devon avait croisé était plutôt perdu, voire implorant.
Le temps que le jeune métamorphe se fasse ces réflexions, il fit sa soeur s'effondrer au sol, et se précipita vers elle.

"Erin !"

Tout à son inquiétude, il dut faire un effort pour se rappeler que l'autre jeune homme, un ami du fiancé (Charles, un truc comme ça ?), venait de lui poser une question. Il vit parfaitement où il voulait en venir.

"Effrayé et perdu. Mince, même si probablement plus fort que nous tous réunis. Cheveux longs, noirs.Yeux verts."

Et il parlait espagnol. Devon ne re-souligna pas ce détail, il préférait rester discret sur les informations que ses sens d'outre lui permettaient de capter. De toute façon, cette description permettrait sans nul doute à ceux qui le connaissaient d'identifier le fiancé d'Erin, comme Devon le supposait.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3628-devon-rosenbach
Olivia Luz-Descalzo
Normes
avatar

Normes


Identification
Emploi: Présidente d'une association de protection des animaux
Age apparent: 43 (ou moins)
Dangerosité:
12/30  (12/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mar 10 Fév - 0:59

Un mouvement surréaliste. Comme un souffle de vent surnaturel qui s’abat dans la pièce. Olivia sentit se soulever les bouts du nœud délicat du foulard autour de son coup. Un coup de vent, ni plus ni moins. Rien d’alarmant en soi. Et pourtant, alors que la porte de la salle de bains dans laquelle Karl et elle étaient encore quelques minutes plus tôt se fermait dans un bruit sourd, la mexicaine sentit l’ensemble de son corps geler sur place. Si le vampire était encore là… Qu’avait-il fait de son fils ? Qu’avaient-ils fait d’Esteban ? Ils devaient être plusieurs, il n’y avait pas d’autre solution. Celui avait été envoyé pour nettoyer les traces de leur passage, et il s’était fait avoir par le lever du jour… Oui, c’était certainement cela ! Mais alors, peut-être saurait-il où son fils avait été emmené !

Olivia voulut s’approcher de la porte de la salle de bains, dans l’idée de questionner ce suppôt de Satan une bonne fois pour toutes et savoir où était passé son enfant. Elle ne quitterait pas ce studio tant qu’elle ne saurait pas ce qui était arrivé à Esteban. Elle s’était surestimée, cependant. A peine un pas vers la porte, et elle se sentit défaillir. Heureusement pour elle, Gael était arrivé entre temps et l’avait attrapée par la taille pour l’empêcher de s’effondrer. Le regard qu’elle lui adressa avait cet éclat désespéré que seules possèdent les mères terriblement inquiètes pour leur progéniture. Sa voix n’était qu’un murmure affolé, et il était clair que son esprit semblait lutter contre une réalité qui finirait tôt ou tard par refaire surface.


« Esteban… Ils… ils ont… Il a disparu… Et il y a… un vampire… »


Sans finir sa phrase, elle pointa une main tremblante en direction de la salle de bains. Karl faisait elle ne savait quoi avec son téléphone, ce qui lui donna une idée. Elle saisit son propre smartphone, alors que Gael desserrait sa prise mais restait à ses côtés, prêt à réagir. Son regard rivé vers la porte avait un éclat qu’Olivia jugeait indéchiffrable…ou peut-être était-ce qu’elle ne voulait pas en comprendre la signification. Une fois son appareil trouvé, elle s’attela à taper un numéro, puis la touche d’appel. Elle n’eut pas le temps de porter le téléphone à son oreille cependant, Karl avait capté son attention avec une question particulièrement étrange. Ou bien peut-être était-ce le fait qu’Erin se soit effondrée en l’entendant ? Heureusement, son frère s'était précipité pour prendre soin d'elle. Dans tous les cas, Olivia laissa retomber son bras le long de son corps sans se donner la peine de couper l’appel, qui sonnait certainement dans le vide. Sergio était un homme occupé, après tout. Il avait sûrement d’autres chats à fouetter.

« Que veux-tu dire ?! »

La seule femme encore debout s’était adressée à Karl sur un ton particulièrement froid. Pour un peu, on aurait pu croire que cette discussion sur le pas de la Casa del Sol n’avait pas existé, et que le comportement d’Olivia envers le meilleur ami de son fils n’avait pas commencé à s’adoucir, de même que ses sentiments envers lui. Ce n’était pourtant pas contre le jeune homme, mais l’idée qu’il tentait de soulever lui était apparue claire comme de l’eau de roche, et elle la refusait avec virulence. Ses tremblements avaient repris, et elle avait tourné vers Devon un regard sombre froid comme la glace. Elle n’en croyait pas un mot. Elle ne voulait pas y croire. Ca ne pouvait pas être vrai.

« Vous devez vous tromper. C’est impossible. Ca ne peut pas être lui. Il existe plein de jeunes hommes qui portent les cheveux longs ! Ce n’est pas parce que vous ne le faites pas que ce n’est pas le cas d’un grand nombre de jeunes ! Quant à ces yeux… Certes, l’agencement d’une chevelure sombre et d’yeux clairs est quelque chose de plus rare, mais n’importe qui peut se teindre les cheveux à loisir, de nos jours. Ce ne peut pas être Esteban. Il ne ferait pas ça. Il n’aurait pas donné son âme à ces Créatures. Je le sais… je le connais… »

Initialement, sa voix avait été aussi glaciale que quand elle s’était adressée à Karl. Cependant, elle avait rapidement perdu cette froideur au profit d’un ton aigu qui flirtait avec l’hystérie. Seul le prénom de son fils avait réussi à la calmer un peu, pour rendre son ton plus bas, effrayé, et clairement implorant. Son regard avait d’ailleurs suivi ces changements, et c’était la supplique qu’on lisait maintenant dans le regard qu’elle avait retourné vers Karl. Elle le connaissait, il ne pouvait pas avoir fait ça… Il ne pouvait pas l’avoir abandonnée comme ça. Pas comme ça…

« …N’est-ce pas… ? »

Il allait la rassurer. Il allait lui dire que ce garçon, le frère d’Erin, s’était sûrement trompé. Que c’était impossible. Car c’était impossible, non ? Esteban, un Vampire ? Non, c’était forcément une (très, très TRES) mauvaise plaisanterie…

_________________

Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3680-olivia-luz-descalzo
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
avatar

Vamps


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
14/30  (14/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mar 10 Fév - 11:20

Mais quel idiot faisait-il ! Cette pensée l'avait interrompu dans ses sanglots. Ça, et l'urgence de fermer son téléphone qui s'était mis à sonner. Il eut l'impression qu'il allait défaillir lorsqu'il vit le nom de Karl sur l'écran (à cela près qu'il ne pouvait sans doute plus le faire). Il ferma l'appareil une bonne fois pour toute et le laissa par terre. Diantre ! Pourquoi fallait-il que Karl soit toujours aussi instinctif, toujours si plein de bonnes (?) idées ? Et il devait avoir entendu son vibreur. Il devait forcément avoir entendu son vibreur. Si il n'avait pas entendu son vibreur, il n'aurait pas émis cette hypothèse qu'Esteban était en train de l'entendre formuler derrière la porte. Il ferma les yeux, désespéré. Prostré, tas compact contre le mur de la douche, il partit dans une nouvelle prière silencieuse, qui se mêlait aux larmes épaisses qu'il n'avait toujours pas réussi à calmer.

Le frère d'Erin avait fait de lui une description relativement vague, et n'avait notamment pas cité ses origines étrangères. Cela leur suffirait-il pour deviner qui était le vampire de la salle de bain ? Pour certains, visiblement, oui. Il avait entendu le son d'un corps tombant sur le sol, et le frère semblait s'être précipité aux côtés d'Erin, qui devait certainement avoir tourné de l’œil. De tous ceux présents sur les lieux, elle était celle qui était la plus susceptible de comprendre comment tout cela avait pu arriver. Elle était la seule personne qu'il avait jamais mis au courant pour sa maladie. Même Karl n'avait pas été mis dans le secret, alors qu'il l'avait été son confident lorsque tout ce qui concernait Darian n'était pas encore rendu public. Il aurait voulu ressentir une vague inquiétude à l'égard de sa petite-amie mais se rendit compte qu'il allait déjà beaucoup trop mal pour être capable de faire ce genre de nuances. Maintenant, Esteban n'espérait plus qu'une chose : qu'ils n'osent pas risquer leur vie sur la base d'une hypothèse certes plausible mais qui n'avait rien de prouvé. Qu'ils ne cherchent pas à forcer cette porte, car il ne faudrait pas compter sur lui pour qu'il l'ouvre.

Rapidement toutes ces pensées se fondirent dans un ressenti violent et informe, conséquence de ce qu'il continuait d'entendre derrière la porte. Sa mère avait compris où les deux (trois ?) autres voulaient en venir et sans surprise, elle refusait l'idée avec véhémence. Mais elle l'envisageait. C'était un crève-cœur d'entendre cette panique grondante qu'elle tentait à grand peine de contenir, et de savoir qu'il ne pourrait jamais l'apaiser, car tout ce qu'elle craignait était effectivement arrivé.

"...Ce ne peut pas être Esteban. Il ne ferait pas ça. Il n’aurait pas donné son âme à ces Créatures. Je le sais… je le connais…"

Elle n'en savait rien, mais elle venait de l'achever. Une douleur hideuse se forma dans sa gorge, suivie par un gémissement coupable beaucoup trop audible à son goût - il se demandait si on ne l'avait pas entendu dans l'autre pièce. Et ce furent de nouvelles larmes qui coulèrent de nouveaux spasmes qui le secouèrent, incontrôlables. Sa pauvre mère... Comme il regrettait, en cet instant, toutes les décisions qui l'avaient menées à ce jour fatidique ! L'esprit rationnel et pragmatique qu'il avait fait en sorte d'acquérir pour supporter le procès et ses conséquences s'était volatilisé face à l'horreur, face au choc de cette transformation qu'il n'avait pas souhaitée, et face aux réactions de ses proches alors même qu'ils ne l'avaient pas encore réellement vu dans cet état. Subitement, il se demandait si ça en avait bien valu la peine. N'aurait-il pas mieux fait de vivre les derniers mois que Dieu voulait bien lui accorder paisiblement, dans l'amour des siens ? Ce procès valait-il vraiment la peine qu'il aille jusqu'à se damner pour le suivre ? D'autres auraient pu prendre le relais... La vengeance n'était-elle pas un péché ? Avait-il échoué dans les épreuves que le Ciel avait mis sur son chemin ? Non non... Il ne fallait pas qu'il flanche maintenant. C'était trop tard. C'était fait, et il devait aller jusqu'au bout. Faire les choses bien, à défaut d'être quelqu'un de bien.

Mais comment avait-il pu faire ça à sa famille..? Et surtout à sa mère ? Il tentait de se raisonner : Non, c'était vrai. Il n'aurait jamais pris cette initiative si son état de santé ne l'y avait pas obligé. Et il n'aurait jamais fait ça MAINTENANT, sans "prévenir", sans prendre aucune mesure pour rendre ce passage plus doux pour ses proches. Il n'avait même pas été certain de vouloir aller jusqu'au bout de la transformation et n'avait cherché qu'à prendre contact avec une créature qui accepterait de le changer, uniquement si il le demandait. C'était censé n'être qu'une mesure de dernier recours, au cas où il aille trop mal, et que la justice soit trop lente... Et même ainsi, il aurait tout à fait pu changer d'avis ! Alors ce n'était pas comme si il avait voulu ce qui venait de lui arriver... C'était le résultat d'une agression. Il était une victime ! Certainement pas le fautif... N'est-ce pas ? Pourquoi n'arrivait-il pas à s'en convaincre totalement ?. Un murmure trop bas pour être entendu lui échappa, entre deux respirations saccadées :

"... Je suis désolé mama..."

Karl n'avait que trop bien entendu ce couinement, vraisemblablement provoqué par les propos culpabilisants d'Olivia, si on imaginait ne serait-ce qu'une seconde qu'Esteban était bel et bien le vampire de la salle de bain. Et à moins qu'ils l'aient mal fouillée tout à l'heure et qu'elle n'ait pas été aussi vide qu'il y paraissait, c'était sans doute le cas : cette voix, il l'aurait reconnue entre mille. Il était persuadé que ce devait être le cas de la mère d'Esteban aussi. Néanmoins il voyait bien qu'elle était sous le choc et savait pertinemment qu'elle refuserait avec véhémence l'idée que son fils puisse avoir rejoint (volontairement, de surcroît), les rangs de ces mort-vivants que sa famille lui avait appris à haïr. Karl ne connaissait que trop bien ce genre de problèmes, même si dans son cas ça n'avait concerné "que" son orientation sexuelle "inadéquate". Il devait faire attention. Il devait être prévenant. Ça n'allait être facile pour personne.

"... Vous savez qu'il n'y a pas grand chose qu'Esteban déteste plus que les vampires. Il n'aurait jamais décidé d'en devenir un si on lui avait laissé le choix, c'est certain."

A ce sujet Karl se trompait un peu, mais comment aurait-il pu savoir ? Il se tourna vers Erin et Devon, tout de même inquiet pour la jeune femme. C'était bien un simple évanouissement ? Y avait-il besoin qu'ils appellent une ambulance ?

"Est-ce qu'elle va bien..? Tu devrais la coucher sur le lit..."

Suite à ce bref interlude il jeta un coup d’œil sur Gaël, puis de nouveau sur Olivia :

"... j'ai tenté de l'appeler tout à l'heure. J'ai entendu le téléphone d'Esteban vibrer dans la salle de bain. Puis il y a eu du mouvement et le téléphone a cessé de vibrer. Au même moment, ça m'a raccroché au nez. J'ai tenté de rappeler mais ça ne sonnait plus : l'appareil doit être fermé."

Elle allait très certainement trouver une explication à cela qui n'implique pas la transformation d'Esteban en vampire... Mais il espérait tout de même avoir réussi à ébranler ne serait-ce qu'un peu le déni duquel elle s'était drapée.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Devon Rosenbach
Métamorphes
avatar

Métamorphes


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 20
Dangerosité:
15/30  (15/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mar 17 Fév - 15:02

Devon jeta un regard incertain à Karl. Tout ce dont il avait envie, c'était d'éloigner sa soeur de cette scène macabre. Mais de toute évidence, la jeune femme n'était pas du tout en état de monter sur une moto.
Et qui plus est... le vampire n'avait pas l'air de vouloir lui faire du mal. C'était son fiancé.

Le métamorphe trouvait ça étrange d'être transformé contre son gré. Des vampires voulaient-ils utiliser la transformation d'Esteban pour faire chanter sa famille ? Néanmoins, il était évident que la transformation du jeune homme avait été effectuée de manière... précipitée. Il ne semblait pas du tout psychologiquement préparé.

Tout à ses réflexions, mais sans oublier d'être attentif, Devon suivit la suggestion de Karl et déposa sans peine Erin sur le lit.
Il ressentait une certaine sympathie pour le fiancé, malgré sa nature vampirique. Lui non plus n'avait pas choisi d'être un métamorphe... et la réaction de sa mère, sans forcément ressembler à ça car Lilian était d'un tempérament plus mesuré, pouvait sans aucun doute lui faire tout aussi mal (et nuire profondément à leur relation) si jamais elle venait à l'apprendre.

La réaction d'Erin... serait-elle aussi spectaculaire que cette évanouissement ?
Devon préféra ne pas aller au bout de cette supposition et barricada ses noires pensées en se postant à côté du lit. Qui sait si le vampire, dans un geste désespéré contre sa solitude nouvelle, n'essaierait pas de la rendre... comme lui ?

Bien sûr, il ne pourrait pas en permanence se tenir à côté d'elle si jamais le vampire décidait de l'approcher... plus tard. Mais dans cette situation de crise, il avait bien l'intention de ne pas le laisser toucher un seul de ses cheveux (chose peu probable, dans la mesure ou le soleil les inondait de ses rayons).
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3628-devon-rosenbach
Olivia Luz-Descalzo
Normes
avatar

Normes


Identification
Emploi: Présidente d'une association de protection des animaux
Age apparent: 43 (ou moins)
Dangerosité:
12/30  (12/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mar 17 Fév - 21:31

Elle l’avait entendu. Ce gémissement bien trop audible. Il était tombé pile dans la pause qu’elle avait faite dans son argumentation, comme pour tenter de la persuader qu’il ne servait plus à rien de se voiler la face. Parce que Karl avait raison. Cette voix, elle la reconnaîtrait entre mille. Elle avait appris à la reconnaître dès ses premières inspirations, en avait noté chaque nuance, chaque changement, chaque mue. Elle avait toujours éprouvé un sentiment de paix en l’entendant. Jusqu’à aujourd’hui. Parce qu’il s’agissait de la voix de son fils. Sans l’ombre d’un doute.

Plus pâle qu’elle ne l’avait jamais été dans sa vie, Olivia sentit ses jambes se dérober sous elle. Heureusement, Gaël veillait. Il l’avait une fois de plus prise par la taille pour l’empêcher de tomber, posant sur elle un regard inquiet. Il en savait plus que les autres, évidemment. Lui savait que le foulard qui ornait son cou n’était pas là pour des raisons purement décoratives. Il savait aussi que la peur qui la submergeait à présent avait autant à voir avec les suppositions avancées par les deux adolescents que par l’agression dont elle avait été victime il y a quelques jours à peine. Ç’aurait déjà été un massacre en temps normal. Mais là, ça allait être horrible. Horrible.

Olivia s’était tournée vers Karl dans une question qui tenait plus de la supplique que de la véritable interrogation. Elle avait besoin d’être rassurée. Qu’on lui dise qu’elle avait imaginé ce son, tant elle voulait savoir où était passé son fils. Parce que ça ne pouvait pas être son fils, derrière cette porte. Cela n’avait pas pu être son fils sous ce lit. N’est-ce pas ? N’est-ce pas ?

La mexicaine hochait la tête de gauche à droite dans un mouvement à peine perceptible, mais répété. Non. Non non non non non. Ce n’était pas possible. Ce que disait Karl n'avait aucun sens. Parce qu’il laissait sous-entendre qu’Esteban était un… un… Non. Il avait forcément tort. Il n’y avait aucune autre solution. Aucune. Elle n’accepterait pas qu’il en soit autrement.

Aussi malvenu que cela puisse paraître, l’évanouissement d’Erin apporta une certaine délivrance à Olivia, dans le sens où, l’espace de quelques instants, l’état de la jeune femme l’empêcha de se concentrer sur le problème de l’identité du Monstre derrière la porte de la salle de bains. La rousse avait aussitôt été prise en charge par son frère, qui semblait –évidemment- inquiet pour elle. Karl lui suggéra de la déposer sur le lit, et Olivia suivit le mouvement des yeux, s’assurant pour elle ne savait quelle raison que la petite-amie de son fils respirait encore. Enfin si, elle savait pourquoi. Un frisson violent la prit et elle se détourna du lit pour poser son regard sombre sur le meilleur ami de son fils, qui prenait à nouveau la parole. La mention de son téléphone lui rappela qu’elle avait toujours le sien à la main. Sans y penser, elle le rangea, ne vérifiant même pas si la communication avait ou non été coupée. Ses yeux n’avaient pas quitté ceux de Karl, qui pourrait certainement y voir la peur panique qu’elle ne pouvait plus cacher. Cependant, quelque part dans son esprit, un rempart s’était créé. Parce qu’il y avait forcément une explication.


« C’est peut-être ce qu’ils étaient venus chercher, son téléphone. Pour proférer des menaces ou faire des demandes de rançons à ses proches… »

Pour une partie de son esprit, celle qui voulait croire dur comme fer à l’hypothèse de l’enlèvement, parce que l’autre option était bien plus horrible encore, c’était une explication parfaitement logique. Elle tombait sous le sens, même ! Évidemment que c’était ce dont il s’agissait ! Et ce Vampire n’étant pas très malin, il s’était fait avoir par le lever du soleil, il n’y avait que ça !

« Olivia, si le téléphone avait été oublié, comment aurais-tu reçu ce message ? Dans ta langue maternelle, en prime. »

La voix de Gaël était à son image : austère et assurée, mais discrète. On l’entendait rarement parler, parce qu’il n’avait généralement pas besoin de le faire. Mais il ne pouvait pas laisser son employeur et amie se plonger plus profondément dans le déni. Ça allait faire mal, mais il le fallait.

L’interpelée avait été sur le point de répondre à la question de manière instinctive, moue pincée à l’appui. Seulement, elle n’avait aucune réponse à offrir, ce que son garde du corps savait parfaitement. Parce qu’effectivement, il n’y avait aucune explication logique qui pourrait étayer l’hypothèse de l’oubli du téléphone, dans ces conditions. Ces messages avaient été envoyés bien trop tôt. A nouveau, Olivia se mit à trembler. La prise sur sa taille se raffermit mais elle la repoussa, s’éloignant volontairement. Ses yeux semblaient se remplir de larmes, et pourtant elle avait une étrange détermination dans le regard. Il n’y avait plus qu’une seule façon d’être certain de ce qu’il se passait. Une seule.


« Gaël, ouvre cette porte, s’il te plaît. »

Inconsciemment, la main de la multimilliardaire se dirigea à nouveau vers le foulard qu’elle portait bien serré autour de son cou. Elle passa un doigt dessous, à hauteur de la marque qui se voyait encore, mais commençait lentement à disparaître. Elle ne pouvait pas croire que son fils était devenu un démon sanguinaire. Elle ne pouvait pas croire qu’il avait donné son âme à ses créatures… parce qu’elle ne pourrait pas supporter l’idée d’avoir perdu son fils.

Échangeant un regard d’avertissement avec les deux autres personnes conscientes présentes dans la pièce, Gaël n’eut d’autre choix que de s’exécuter. Il fallait tirer toute cette histoire au clair. Même si, malheureusement, l’homme savait déjà qu’il n’y aurait rien de réjouissant…
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3680-olivia-luz-descalzo
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
avatar

Vamps


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
14/30  (14/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Mer 18 Fév - 13:30

Karl le savait : les hochements de tête d'Olivia, très visiblement perdue dans le déni, ne présageaient rien de bon. Il aurait largement pu en arriver à cette conclusion sans qu'elle commence, avant même d'y croire vraiment ou d'avoir une preuve tangible sous les yeux, à se laisser porter par cette forme d'hystérie naturellement bruyante dont son fils avait hérité par la suite. Pour éviter de déclencher l'inévitable tempête, il garda le silence. Son regard grave, résigné, compatissant pour l'ensemble des protagonistes touchés par ce drame, en disait suffisamment long. Il se tourna en direction d'Erin et de son frère. Frère qui semblait hésiter sur la marche à suivre. Il aurait sans doute effectivement fallu qu'ils soient moins nombreux à découvrir la "scène de crime", inutilement chargée de personnes comme d'émotions qui seraient néfastes à tout le monde. Ils n'auraient pas pu le savoir avant d'entrer.

Il fallut qu'il continue ses explications. C'était déplaisant, et il détestait être celui qui apportait les mauvaises nouvelles, mais il était de son devoir de le faire. Notamment, il devait informer les autres de ce qu'il venait de se passer avec les téléphones. Même dans le cas improbable où Esteban n'aurait pas été dans la salle de bain, son mobile l'était, lui, presque assurément. Sans surprise, la mère du concerné trouva une raison tordue à la présence du fameux smartphone. Karl s'apprêta à la décevoir, mais son garde du corps récemment arrivé prit la parole et le déchargea de cette responsabilité. Karl tourna un regard involontairement aigu, soulagé, sur l'homme. Si il était capable de prendre les décisions qu'il fallait quand il fallait en faisant preuve d'une abnégation dont peu de gens étaient capables, il préférait ne pas être le seul à effectuer cette démarche. La relation qu'il avait avec Olivia était déjà suffisamment difficile. Il n'avait aucune envie qu'elle le considère à jamais comme l'oiseau de malheur qui l'avait sortie du rêve qui l'empêchait de voir en face la réalité, alias la très probable perte (... d'humanité) de son fils, qu'elle avait si longtemps craint de perdre à la "perversion" dans lequel son meilleur ami (alias lui-même) avait tenté de le faire plonger plusieurs années au préalable. Il aurait vraiment aimé réussir à avoir une relation correcte avec cette dame, pour des raisons sans doute liées à ses propres faiblesses, à ses propres démons. C'était très certainement Esteban qui allait maintenant vivre ce que Karl avait dû supporter, mais en bien pire encore. Cette idée nouait la gorge du brun et lui donnait envie de vomir. Malgré son tempérament calme et son attitude en tout temps posée, il était doué d'une forte capacité d'empathie, surtout lorsque ça concernait quelqu'un à qui il tenait. Il ne le montrait pas, mais la situation lui était presque insupportable et il aurait eu envie de partir s'enfermer dans un placard pour ne pas avoir à supporter cette surcharge émotionnelle. Une personne suffisamment observatrice aurait sans doute remarqué les très légers tremblements dans ses doigts, sa mâchoire, et ses yeux.

Le silence tomba suite à la déclaration de Gaël, le temps que les informations passent par le cerveau de son employeur, qui en vint bon gré mal gré à admettre l'unique solution qui s'imposait : il leur fallait ouvrir cette porte et vérifier qui se trouvait derrière. Le fait qu'ils songent à supprimer la seule chose qui les séparaient d'une créature potentiellement dangereuse et agressive à leur égard prouvait qu'une partie d'eux tous avait déjà accepté la pire des solutions comme étant la plus probable. Quelques secondes plus tard, la porte était enfoncée.

Esteban n'avait pas bougé, et ne s'était même pas rendu compte qu'il avait cessé de respirer comme il se concentrait pour écouter ce qu'il se passait dans l'autre pièce. Les yeux écarquillés, il ne sentait plus ses doigts, fermement serrés en poing autour du rideau qu'il tenait rabattu sur lui comme si sa vie en avait dépendu. Karl était beaucoup trop insistant. Ils auraient mieux fait de tous partir et de ne pas chercher à en savoir plus. Ne leur avait-il pas dit de ne pas essayer de le contacter dans les messages qu'il leur avait envoyés ? Mais comment avait-il pu croire une seule seconde qu'ils allaient laisser passer ça sans rien faire... Comment faire pour les convaincre de s'en aller, de ne faire aucune action quelconque avant que la nuit tombe et qu'il puisse fuir là où on ne le trouverait pas ? La réponse était simple : rien. Il se rendit compte - un peu tard - que si les rôles avaient été échangés, il aurait refusé de partir avant d'avoir tiré la situation au clair. Comme il était vraisemblablement coincé, ça allait forcément arriver à un moment ou un autre. Lorsqu'il entendit Gaël prendre la parole, il comprit que le moment de vérité ne tarderait pas. Il était bien placé pour savoir que lui plus que quiconque dans la pièce avait le pouvoir de raisonner sa mère et de la convaincre de supprimer l'unique paroi qui la séparait de... du genre de créature qu'elle n'aurait habituellement jamais accepté d'approcher à moins de vingt mètres sans qu'elle soit  (au minimum) enfermée dans une cage. C'est à ce moment tout à fait inopportun que l'image de cette vampire blessée qu'il avait dû surveiller toute la nuit dans la cave de son oncle lui revint. La façon dont elle l'avait supplié, larmoyante. Était-ce anormal qu'il s'y identifie subitement, alors qu'il retenait des sanglots muets, le visage déformé par la peur et l'affliction, couvert d'une humidité salée dérangeante, qui lui donnait envie de se gratter la peau, si ce n'est de l'arracher ? Non ! Il ne voulait pas se sentir comme... l'un d'eux. Hors de question qu'il s'identifie à ces créatures monstrueuses, pécheresses, menteuses et sans pitié... Il en avait eu la preuve la veille : les vampires n'étaient que des démons sans cœur, charmeurs mais définitivement mauvais, auxquels il était impossible de faire confiance.

Il y eut un bruit terrible (surtout à ses oreilles nouvellement trop efficaces). Il sursauta et la boule qu'il formait diminua encore de taille. Si il ne ressemblait pas exactement à un maki, on aurait pu le comparer à un accras géant, tremblotant, tassé dans un coin de douche, derrière le cadavre de la barre qui avait vaillamment maintenu le rideau jusqu'à ce que le jeune vampire l'assassine égoïstement. Il ne dit rien. Ne fit rien. Il était incapable de penser. Son esprit hurlait si fort qu'il avait l'impression qu'il allait défaillir, à cela près qu'il en était devenu incapable. Au bout de quelques longues secondes, il y eut des pas qu'il reconnut comme ceux de Karl. Son ami s'était avancé prudemment jusqu'à être à deux mètres de lui. Ensuite, il avait sans doute dû s'accroupir.

"Ne te cache pas, c'est inutile... Il va bien falloir que tu te dévoiles à un moment ou à un autre... Attendre ne rendra ça que plus difficile pour tout le monde, tu sais."

... Bien sûr, il avait raison, mais Esteban n'était simplement pas près à l'admettre ni à l'écouter. Karl, quant à lui, regrettait d'avoir eu à prendre le ton détaché, impersonnel, qu'il s'était forcé à avoir. Il était certain à 99% que c'était bien Esteban, caché là-dessous. C'était donc presque cruel de lui parler ainsi. Néanmoins, il devait prendre en compte les sentiments d'Olivia, qui n'aurait pas supporté de l'entendre traiter le "vampire" comme si il s'était agi d'Esteban alors qu'ils n'avaient encore aucune preuve définitive. Et si elle succombait à l'hystérie, le carnage émotionnel qui s'en suivrait serait... indescriptible.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Devon Rosenbach
Métamorphes
avatar

Métamorphes


Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 20
Dangerosité:
15/30  (15/30)

MessageSujet: Re: A qui appartient ce postérieur ?   Sam 21 Mar - 17:19

Devon maugréa intérieurement. Il n'avait qu'une chose en tête : emmener sa sœur loin de cette scène macabre. Sauf que si transporter sa sœur en moto était tout à fait commode lorsqu'elle était consciente, là c'était une autre paire de manches.

Il se décida tout de même à demander :

"Est-ce que quelqu'un a une voiture, que je l'emmène... ailleurs ?"


Il ne pensait pas l'emmener à l'hôpital. Chez leur mère serait une bonne alternative mais qui ne plairait pas à Erin. Tant pis ! Malgré leur potentiel froid, Lilian se débrouillerait pour que sa fille ne reste pas seule. Et aucun vampire ne pénétrait chez Mme Chase.

"En moto je ne peux pas."


Il ajouta, un peu à contre-coeur :

"Je peux laisser mes clefs."
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t3628-devon-rosenbach
 

A qui appartient ce postérieur ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Voodoo Child :: ¤ SCENE I: Le quartier des affaires ¤ :: ║Le Centre ville║-
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit