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 Il faut que je te dise quelque chose...

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Olivia Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Il faut que je te dise quelque chose...   Mer 4 Fév - 13:36

Le plus gros de la dispute était peut-être derrière eux, mais les nerfs restaient à vif. Ainsi, la moindre formulation pouvait irriter plus que de raison. Et malgré le calme de cette scène, c'est ce qui arriva à Olivia quand son amant lui répondit. Ce « Il a le droit de savoir », sonnait comme un reproche à ses oreilles. Reproche dont elle n'avait pas vraiment besoin en cet instant précis. La mexicaine se tendit, de manière imperceptible, mais elle ne répondit rien. En partie parce qu'elle se savait incapable d'être objective (après tout, elle avait encore les nerfs en pelote), mais surtout parce que Sergio avait repris la parole avant qu'elle n'ait le temps de formuler quoi que ce soit. Ce qui, au fond, était certainement une bonne chose, car Olivia aurait sans doute eu des mots qui auraient dépassé sa pensée. Et elle ne voulait plus se fâcher ce soir.

…Mais c'était difficile. Difficile de s'en tenir à de si bonnes résolutions quand elle entendait des vérités peut-être un peu trop blessantes faute à ses nerfs. Oui, c'était vrai, elle connaissait Esteban mieux que lui… Mais ce n'était pas très compliqué. Personne dans cette famille ne connaissait Esteban mieux qu'Olivia. Leur relation avait ceci d'exceptionnel : ils s'entendaient extrêmement bien et ne s'étaient (presque) jamais réellement disputés. L'adolescent rebelle n'avait pas existé chez son fils. Pas envers elle, du moins.

Et paradoxalement, personne dans cette même famille ne connaissait Esteban aussi peu que Sergio. Oh, bien sûr, Olivia lui avait donné des nouvelles (il était très rare que le sujet de son fils prodigue ne vienne pas sur le tapis une fois par conversation, quel que soit son interlocuteur), et il en avait demandé de lui-même à plusieurs reprises, mais tout de même…


« …Il ne t'aurait pas fui, tu sais. Si tu l'avais approché. Il se serait montré méfiant au départ, peut-être un peu froid, mais il ne t'aurait pas sciemment évité. Ce n'est pas son genre. »

Parce qu'au fond, Olivia était déçue de cette « non-relation » entre Sergio et Esteban. Elle aurait sûrement pu faire plus de son côté, mais sans que cela ne paraisse suspect ? Rien n'était moins sûr. En s'abstenant d'émettre un avis, ou de prendre une décision vis-à-vis de l'oncle de son fils, elle avait semé le doute dans l'esprit de ce dernier. Elle le savait, Esteban accordait grande importance à son jugement. L'impact de Darian et Juan n'était pas négligeable, évidemment, mais le fait qu'Olivia n'appuie pas leurs conseils, ou décisions sur Sergio avait rendu Esteban, sinon perplexe, au moins intrigué sur le pourquoi du comment. Et il s'était ouvert, inconsciemment, au lieu de revêtir sans y penser les œillères qu'on lui avait demandé d'arborer. Elle aurait aimé que les hommes de sa vie, l'un comme l'autre, s'engouffrent dans cette brèche plus tôt. Malheureusement, cela n'arrivait que maintenant qu'elle vivait chez l'un, et que les deux étaient donc plus ou moins forcés de se côtoyer. C'était dommage. Décevant, en un sens.

Mais il était trop tard pour refaire le passé. Malgré tout ce qu'il se passait de mauvais ces derniers mois (depuis toutes ces années, en réalité, mais Olivia essayait de s'abstenir de trop y penser), il y avait là pour Esteban, Sergio et elle une occasion de recommencer sur de nouvelles bases, de bâtir quelque chose, qui sait, peut-être pourraient-ils un jour former une belle famille recomposée aux yeux du monde ?

La mexicaine ferma brièvement les yeux au baiser de son amant et répondit à sa phrase par un léger sourire qui ne montait cependant pas jusqu'à son regard sombre. Olivia était préoccupée, s'en faisant de nature pour beaucoup de choses, et plus particulièrement lorsque cela concernait son fils. Alors tout cela…Elle n'arrivait pas à plaisanter en abordant ce genre de sujets. Mais elle appréciait les tentatives de Sergio, qui avait toujours eu beaucoup plus d'aisance qu'elle à positiver, de manière générale. Et heureusement pour lui, le pauvre, avec tout ce qu'elle lui avait fait subir… Non, il ne fallait pas qu'elle retourne sur ce terrain. Pas maintenant qu'ils avaient une chance de vivre ce qu'il avait longtemps espéré. Cela se sentait dans la façon dont il lui avait posé la question : c'était ténu, mais Olivia le connaissait assez bien pour reconnaître l'espoir sous-jacent de ces questions qui devaient effectivement être traitées.

Tout en se redressant (il n'était vraiment pas convenable de s'avachir dans un canapé, aussi confortable soit-il), la future ex-Madame Luz-Descalzo posa ses mains sur ses genoux, lissant une robe qui n'en avait aucun besoin. Il n'était pas difficile d'en déduire qu'elle semblait éprouver une certaine gêne. Disons que le sujet était bien plus compliqué qu'il n'en avait l'air, et qu'elle espérait que Sergio saurait en intégrer tous les aspects.


« Personne n'a besoin de savoir depuis quand nous nous revoyons. A part Esteban. » Dieu qu'il était compliqué de mettre leur relation en des termes aussi froids…Cela ne lui plaisait pas, et ça s'entendait. Néanmoins, elle pensait ce qu'elle disait, et ne changerait pas d'avis. Parler de son adultère, c'était mettre plus encore d'huile sur le feu qui ravageait la famille, feu dont l'annonce du procès d'Esteban contre Darian avait été l'étincelle. Et bien qu'il y ait actuellement des tensions entre eux, Olivia tenait énormément à sa belle-famille. Réussir à faire nouer des liens solides entre Sergio et Juan était l'un des rêves auquel elle aspirait, et qui devenait un peu plus accessible dans cette nouvelle situation. Quant à mettre sa propre famille au courant… C'était hors de question. Elle n'avait vraiment pas besoin de cela. La dernière discussion qu'elle avait eue avec sa mère lui avait bien signifié qu'elle désapprouvait fortement sa décision concernant le divorce. En (extrêmement) bonne catholique, Alejandra avait abreuvé sa fille aînée de reproches, lui disant qu'elle aurait dû faire plus d'efforts pour garder Darian auprès d'elle et qu'il ne fallait pas s'étonner s'il était allé voir ailleurs. Elle condamnait bien sûr les actes pédophiles sur la personne de son petit-fils, mais semblait tenir Olivia pour seule coupable. Ce qui n'aidait pas lorsqu'Esteban tentait, régulièrement, de la persuader du contraire. Elle n'avait donc vraiment pas envie de lui donner raison, car annoncer qu'elle voyait Sergio depuis près de vingt ans serait certainement perçu comme une preuve pour l'implacable mexicaine, qui aurait tôt fait d'envoyer sa fille aux Enfers. Et malgré tout, Olivia ne voulait pas de cela. Elle avait besoin de garder une bonne -même si tumultueuse- relation avec ses parents et sa sœur, mais aussi ses beaux-parents et beau-frère. C'était essentiel pour elle. La famille.

Ses prunelles noires se levèrent enfin de ses mains pour se poser sur l'homme à ses côtés. Il y avait certains points qu'elle devait éclaircir.
« Cela ne veut pas dire que je veux continuer de faire de notre histoire un secret. Je n'ai honte ni de toi, ni de ce que nous vivons. Au contraire… Et je ne veux pas laisser l'opinion publique gâcher cela. » Ce que les magazines people feraient certainement s'ils étaient au courant de leur liaison, déjà qu'ils s'en donnaient à cœur joie en propageant des rumeurs (incidemment plus ou moins fondées) à tout va. Sergio avait peut-être été épargné quand il s'était éloigné de la famille et jusqu'à devenir Sénateur, mais Olivia avait vécu dans ce genre d'ambiance toute sa vie, entre les diverses entreprises dont elle était puissante actionnaire, son association et -jusqu'à il y a peu- sa qualité de femme de Gouverneur. Et s'il y avait bien quelque chose qu'elle ne sous-estimait pas, c'était le pouvoir destructeur des médias. Et elle ne voulait pas leur laisser l'opportunité de détruire leur histoire en la salissant comme ils en étaient capables.

« Je crois qu'il vaudrait mieux attendre que le procès soit terminé avant de rendre quoi que ce soit public. » C'était un verdict assez dur, sachant que le-dit procès était bien parti pour durer des mois, mais étant donné qu'il serait certainement médiatisé à un très haut point (quand elle disait que ces vautours étaient friands de scandales…) c'était pour Olivia la décision qui s'imposait. En plus d'une autre, pour des raisons plus évidentes encore. « Et que le divorce soit prononcé. Mais l'un n'ira vraisemblablement pas sans l'autre. » Il y avait bien entendu des chances pour que le divorce soit d'ailleurs réglé avant la fin du procès entre Darian et Esteban. Si ça n'avait tenu qu'à elle, l'affaire serait déjà réglée depuis longtemps, mais la villa de Little Rock posait encore problème. Olivia avait bien entendu proposé de racheter la part de son mari à un tarif plus qu'avantageux considérant le taux actuel de l'immobilier, mais le Gouverneur jouait les fines bouches, ayant cerné depuis belle lurette qu'Olivia se battait essentiellement pour faire plaisir à son fils. Et qu'il n'allait certainement pas lui céder le plaisir de garder cette maison aussi facilement. Il faisait d'ailleurs jouer le fait que sa femme avait volontairement quitté les lieux pour se revendiquer propriétaire légitime de la villa. Elle soupira en secouant la tête dans un mouvement élégant, voulant chasser de sa tête ces autres préoccupations. Les ennuis du divorce attendraient un autre moment. « Peut-être que l'occasion se présentera pour en parler à Esteban avant. Mais pour les autres… j'aimerais vraiment qu'on attende. »
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Sergio Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Il faut que je te dise quelque chose...   Ven 6 Fév - 17:36

Sergio était loin d’être l’Homme parfait. Mais, contrairement au reste de la fratrie Luz-Descalzo, il le savait et agissait en connaissance de cause. Personne n’était à l’abri d’une erreur, il suffisait de repasser la journée en replay pour s’en rendre compte, et le Sénateur de Louisiane en avait fait de nombreuses par le passé. Il avait cependant toujours essayé de rectifier le tir, d’une façon ou d’une autre, ou d’en tirer certains enseignements. Pourtant, étonnement, lorsqu’Olivia prit la parole, ses mots, tel un couperet aiguisé, tranchèrent net dans son esprit. C’était là probablement l’effet de la vérité. Elle n’avait probablement tort, même si c’était davantage parce qu’il faisait confiance à son jugement que parce qu’il croyait vraiment qu’Esteban n’aurait pas fui. Peu importait réellement, il n’allait rejeter la faute sur personne d’autres. Au fond, il aurait pu s’intéresser davantage à lui, voire s’en approcher. Pourtant, il ne l’avait pas fait. Pour plusieurs raisons. D’abord parce que les rares fois qu’ils se voyaient consistaient principalement aux réunions de famille et que, dans ces occasions-là, il aurait été possible mais dangereux de tenter un quelconque rapprochement. Et, peut-être aussi parce qu’il avait d’autres chats à fouetter. Que malgré l’attention qu’il portait à son neveu, ce dernier avait été, jusqu’à il y a peu, l’enfant de Darian et d’Olivia. Ce qu’il chérissait le plus au monde et que son aîné lui avait, en quelque sorte, enlevé. Ce n’était pas une raison d’en vouloir au jeune homme, et d’ailleurs il n’y avait jamais eu aucune animosité, mais cela justifiait surement une certaine apathie, même si Sergio n’avait jamais réellement manqué de jouer son rôle d’oncle. Même si, bien entendu, jusqu’à il y a peu, un inspecteur du BIAS ne pouvait probablement pas rivaliser avec un industriel « en pleine réussite ». Alors oui, un rapprochement aurait pu être possible, peut-être pas. Il était probablement inutile de ressasser un passé révolu, même s’il savait à quel point cela pouvait toucher la femme qu’il tenait dans entre ses bras.

Il la laissa s’éloigner tandis qu’elle se redressait sur le canapé puis fit de même sans la quitter du regard tandis qu’il attendait la réponse à sa question avec une certaine appréhension. Mais, au fond, il avait peur de déjà connaître l’issue de cette discussion et le verdict ne manquait pas de tomber, sans surprise. Peut-être un peu trop d’ailleurs. Peut-être était-ce la façon dont elle avait pu dire cela, même si quelque chose laissait entendre que rien de tout cela ne lui faisait plaisir. Malgré tout, Sergio se laissa aller contre le dossier, rejetant sa tête en arrière, les yeux rivés sur le plafond. Après tout, à quoi s’était-il attendu ? Ils n’allaient pas du jour au lendemain se promener mains dans la mains sans vérifier que personne ne pouvait les apercevoir, n’est-ce pas ? C’était l’inconvénient de l’espoir : la désillusion qui en résultait toujours lorsque la réalité rendait son cruel verdict. Bah ! Il surmonterait cela, comme le reste. Sa vie était remplie d’espoirs vains mais c’était sa façon de faire, sa marque de fabrique. Et puis certains se réalisaient, c’était déjà ça. Après tout, il avait un fils… Un fils. Le Sénateur redressa la tête lorsqu’elle reprit la parole, posant son regard émeraude sur Olivia, intrigué. Il hocha légèrement la tête, autant par raison que dépit, lorsqu’elle évoqua « l’opinion publique » et se contenta de rester silencieux devant les balises temporelles annoncées. Pour Sergio non plus il ne faisait pas de doute que le procès prendrait de longs mois et ne serait pas de tout repos. Enfin, c’était le problème lorsque l’affaire éclatait au sein d’une famille de « personnalités ». Il observa sa main silencieusement pendant quelques instants avant de soupirer longuement en silence, évacuant l’air de ses poumons et vidant son esprit. Sa vie ne serait décidemment jamais simple, n’est-ce pas ?

Pourtant… Il n’en changerait probablement pas grand-chose et s’il devait recommencer, il le ferait sans hésiter, en essayant de corriger quelques détails. Mais les grandes lignes de son existence n’avaient pas besoin d’être rejouées. Il s’était déjà imaginé vivre une autre vie, mais s’il y avait une chose dont il était fier dans celle-ci, c’était d’avoir toujours – ou peu s’en faut – vécu selon ses propres choix et non ceux qu’on aurait pu lui imposer. Il avait son identité propre et sa vie n’était le fruit que de ses décisions et non de choix que d’autres auraient fait pour lui. La liberté, en un sens. Mais peut-être avait-elle un prix à payer au fond. Il inspira, se tourna vers Olivia dans un demi-sourire. « Alors, on attendra. » Il aurait difficilement été possible de faire autrement de toute façon. Certes, il aurait pu en décider autrement, mais, à quoi bon ? Sergio était conscient qu’elle avait raison. Personne n’était prêt pour une nouvelle pareille. Même s’il aurait donné beaucoup pour que, d’un claquement de doigt, tout cela puisse changer. Hélas, ce n’était pas en son pouvoir. Peu de choses l’étaient finalement, si ce n’était celle de se contenter de ce qu’il avait, ce soir, et qui était déjà grandement suffisant. « Et puis les autres n’ont pas besoin de savoir que tu m’aimes, tant que je le sais, moi, c’est bien suffisant. » Positiver, oui, c’était son dada. Principalement parce qu’il n’y avait aucune raison de passer sa vie à se morfondre. Sans cesse retomber sur ses pattes pour repartir vers l’avant, changer légèrement de cap, mais avancer tout de même. Il s’approcha, se contentant alors de murmurer. « Et ton regard suffit à me convaincre. » Il esquissa un sourire plus franc et posa une main sur la sienne avant de reprendre une position plus convenable. « En tout cas, si vous avez besoin de quoique ce soit, que ce soit Esteban ou toi, vous savez que vous pouvez compter sur moi. Je n’ai pas la fortune de mes frangins, mais je dois avoir plus de cervelle que les deux réunis ! » Il avait finit sur une pointe d’humour, mais, au fond, ce n’était pas tout à fait faux. Même si, ces derniers temps, au niveau financier, les choses avaient quelques peu changées.
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MessageSujet: Re: Il faut que je te dise quelque chose...   Sam 14 Fév - 5:26

Elle n’avait pas tourné le regard vers lui. Non, ses yeux sombres étaient restés résolument fixés sur les mains qu’elle avait posées sur ses genoux, évitant toute confrontation. Elle savait que ce n’était pas facile à accepter. Elle s’en doutait. Et, chaque fois qu’elle disait quelque chose, elle avait peur que ce soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase et que Sergio ne décide de la laisser partir. Cette idée l’effrayait, mais il fallait faire des choix. Elle n’était pas faite du même bois que lui. Envoyer valser les principes qu’on lui avait inculqués dès la naissance, ce n’était pas possible pour elle. Et d’ailleurs, au fond, elle n’en avait pas vraiment envie. Elle était redevable de son éducation. De plus, pour le bien-être d’Esteban et le bon déroulement de son procès, il ne pouvait en être autrement. Quand bien même Olivia adorait l’idée de pouvoir enfin vivre leur relation au grand jour, il lui fallait penser à son fils, à leur fils, avant toute chose. Olivia ne tenait à personne comme elle tenait à Sergio, mais rien ne prévalait à Esteban. Absolument rien.

Sans le voir, elle avait senti Sergio se remettre dans le fond du canapé et retint avec difficulté l’envie qu’elle avait de se mordre la lèvre. Elle n’avait pas terminé, mais son absence de réponse l’inquiétait. Ce silence n’avait rien de réconfortant, comme celui qu’ils avaient pu partager un peu plus tôt. Au contraire, il était lourd, pesant, plein de sous-entendus qui laissaient à croire que cette soirée n’aillait décidément pas se terminer aussi bien qu’elle avait commencée. Il fallait pourtant mettre tout cela au clair. Sergio avait eu raison de poser la question, et Olivia comprenait qu’il puisse avoir hâte de ne plus être « sur la touche » (même si elle espérait ne jamais lui avoir donné l’impression d’avoir été considéré comme tel), mais c’était bien plus compliqué que cela. S’il n’y avait eu qu’eux et Darian, tout aurait été bien plus simple. Mais ce n’était pas le cas. Et Sergio la connaissait assez bien pour savoir qu’Esteban aurait toujours sa priorité. Après tout, il n’était qu’un enfant qui aurait toujours besoin de sa mère. Plus encore dans des moments comme celui-ci.

Olivia ferma brièvement les yeux en soupirant de soulagement en entendant enfin son amant s’exprimer. Déjà, entendre sa voix était bon signe. Qu’il accepte ce qu’elle venait de lui dire sans s’offenser voulait dire beaucoup pour la mexicaine, qui se décida enfin à se tourner vers l’homme qu’elle aimait et croiser son regard. C’était fou qu’elle, pourtant si certaine de sa prestance en toutes circonstances, craignait à ce point les réactions de ceux qui lui étaient les plus chers. Mais cela avait toujours été ainsi. Un mince sourire se peignit sur les lèvres de la brune aux paroles de Sergio. Il était vrai qu’ils n’avaient pas besoin que tout le monde soit au courant des sentiments qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre. Tant qu’eux le savaient. Et les sacrifices que Sergio avait faits pour elle, au cours de leur vie, lui avaient toujours prouvé que leur attachement était bien plus profond que ce qu’elle aurait cru au premier abord. Après tout, ils avaient survécu à cette rupture brutale, à l’absence, et à tant d’autres choses encore… Ils n’étaient plus à une épreuve près, n’est-ce pas ?

Le murmure qu’il lui adressa lui fit monter le rouge aux joues, et elle lui adressa un regard faussement courroucé. Il n’y avait bien que lui pour parvenir à un tel résultat d’une simple phrase. N’avait-elle vraiment pas évolué depuis l’adolescence, pour avoir gardé ce genre de réactions dignes d’une jeune fille de seize ans de la masse populaire ? En plus d’être inconvenant en société, c’était tout à fait indigne de son rang. Mais tant que cela n’arrivait que lorsqu’ils étaient tous les deux, ce n’était pas bien grave. Au fond, Olivia aimait avoir l’air d’une adolescente amoureuse quand elle était seule avec Sergio. Cela lui rappelait des souvenirs bien plus heureux que ce qu’il se passait à présent. Elle serra un instant la main qu’il avait posé sur la sienne, cessant enfin de maltraiter sa robe, mais s’arrêta bientôt en plein geste. Ses sourcils se froncèrent, et toute trace de rougeur disparut. En l’espace d’un instant, Olivia avait retrouvé sa froideur protocolaire. Et autant le dire de suite : ce n’était pas bon signe.


« Ne dis pas ça. »

Impossible de dire si ce fut les nerfs qui lâchèrent, l’agacement retenu d’arguments répétés et dénigrés dans un camp comme dans l’autre qui commençait à la lasser, ou le simple stress de toute cette situation qui remontait, mais quelque chose craqua chez Olivia. Bientôt, elle avait retiré la main posée sur la sienne (toujours avec la délicatesse qui la caractérisait, bien entendu) et s’était éloignée d’un mouvement sur le côté. On sentait d’ailleurs qu’elle était à deux doigts de se lever et son corps tendu ne laissait aucun doute sur la colère qu’elle tentait –vainement- de réprouver.

« Ou plutôt si, vas-y. Dis-moi. Dis-moi à quel point l’aîné de tes frères est un idiot. Vas-y. Et ensuite, peut-être pourras-tu continuer en m’expliquant combien je peux être des millions de fois plus stupide que lui, pour ne pas avoir vu clair dans son jeu, pour m’être laissée berner par le dernier des abrutis ! Oui, tu as raison, faisons donc ça ! Mais attention, étant plus stupide qu’un homme n’ayant pas la moitié de ton intellect, il n’est pas certain que je comprenne de suite, il faudra certainement que tu t’y reprennes à plusieurs fois. »

Etait-il vraiment utile de préciser qu’elle fulminait ? Qu’elle se répète à elle-même qu’elle aurait DÛ se rendre compte de ce que Darian faisait subir à Esteban était une chose. Jamais elle ne se remettrait d’avoir été aussi aveugle, et Esteban aurait beau lui dire que tout avait été fait pour qu’elle demeure au courant de rien, elle continuait de se sentir coupable. Elle avait failli sur la notion la plus basique de la maternité : elle n’avait pas su protéger son enfant. Pire encore, elle avait laissé le champ libre au démon qu’incarnait son mari et l’avait même parfois encouragé, sans même le savoir. Bon sang, dire qu’elle avait insisté plusieurs fois auprès de Darian pour qu’il passe plus de temps à la maison… Chaque fois qu’elle revoyait ces instants, que sa mémoire se rappelait avec une exactitude tourmentée, elle se donnait envie de vomir. Alors s’entendre dire que ce requin, ce manipulateur abject, n’était qu’un idiot qu’il était facile de mettre en lumière… Non, elle ne le supportait pas. Cela faisait d’elle la dernière des abrutis, et alors, pour quoi passait Esteban ? Un moins que rien ? Un moineau sans cervelle ? Non. Ca ne passait pas. Même de la part de Sergio. Encore moins de la part de Sergio.

« Et bien que je réprouve les méthodes de Juan et son silence, il en a fait plus pour Esteban ces dernières années que je n’en ai été capable concernant les actes de Darian. A sa manière, il s’est opposé à ton « imbécile » de frère. En cela, je lui en suis reconnaissante. »

Elle savait que Sergio n’appréciait pas Juan. Pour des raisons dont elle préférait éviter de discuter. Parce qu’il était certain que cela n’améliorerait pas la douceur de la conversation. Loin de là. Mais en réalité, Olivia n’était plus à cela près. Parce qu’elle en venait à un autre point qui l’avait fait craquer. Son regard sombre se tourna vers son amant en un mélange de condescendance aristocratique et de peine. Elle était blessée, c’était à la portée de n’importe qui la connaissant un minimum.

« Quant à faire mention de tes moyens en les comparant aux leurs… Franchement Sergio, pour qui me prends-tu ? Je ne suis pas une pauvre demoiselle en détresse. Je n’ai pas la cervelle de tes frangins, mais je dois avoir plus de richesses que les deux réunis ! »

Une exagération lancée sur un ton ironique, reprenant les mots utilisés plus tôt, qui n’était certainement pas aussi grossière que la sienne. Olivia ne gagnait peut-être pas sa vie, officiellement, mais était actionnaire majoritaire de bon nombre d’entreprises de chaque côté de la frontière, et propriétaire de certaines en nom propre. Sans compter la Fondation qu’elle avait créée avec Luiza. S’il y avait bien quelque chose qu’Olivia n’était pas, c’était dépendante financièrement de la personne qui partageait sa vie. Que Sergio sous-entende une chose pareille ne faisait qu’ajouter de l’huile sur le feu.
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MessageSujet: Re: Il faut que je te dise quelque chose...   Mer 4 Mar - 17:17

Tout aurait pu probablement s’arrêter là, se terminer paisiblement, peut-être avec une légère pointe d’amertume et quelques regrets quant à la façon dont s’étaient déroulés les évènements, mais avec quelques lueurs d’espoir sur le futur et cette nouvelle, déconcertante, voire terrifiante, d’une certaine façon, mais qui laissait entrevoir au Sénateur un avenir différent et peut-être plus complet, en quelque sorte. Il avait toujours voulu un fils – ou une fille, de ce côté-là, le cadet Luz-Descalzo ne nourrissait aucune préférence – mais malgré ce désir, il n’avait jamais véritablement réussi à le concrétiser, pour diverses raisons mais la principale était le fait que la femme qu’il aimait était l’épouse d’un autre homme. Bien entendu, il n’y avait pas eu qu’avec Olivia qu’il aurait aimé avoir un enfant, mais tout comme son amour d’enfance, la vie avait décidé de les lui enlever avant que ne puissent se dessiner de tels projets. C’était l’une des raisons pour lesquelles il ne portait aucune affection pour ses frères ainés, pour lesquelles il ne se fendrait probablement jamais d’une main tendue, même s’ils devaient lui supplier à genoux, tête au sol, de les aider. Les liens fraternels étaient puissants et Sergio aurait aimé pouvoir avoir un frère ainé, dont il aurait pu s’inspirer, ou cadet, dont il aurait pu être fier, mais, avec leur passé commun, c’était impossible désormais. Alors, se moquer d’eux, c’était quelque chose d’anodin, un humour risible dont la qualité était proche des pâquerettes mais qui ne visaient qu’eux et n’impliquait rien de plus que de tourner en dérision deux personnes qu’il méprisait, qu’il aurait pu réellement haïr, viscéralement, mais qu’il préférait dénigrer, avec ironie, pour ne pas se laisser lui-même entrainer dans une spirale qui, il le savait, si elle devait s’enclencher, détruirait complètement sa propre famille.

Mais peut-être aurait-il dû s’abstenir cette fois-ci. Et tandis qu’il pensait que tout était plus ou moins rentré dans l’ordre – le regard de la Mexicaine faisant foi – il ne put manquer le changement radical à sa dernière phrase, ce pas de trop qui, au bord du précipice, vous fait choir dans l’abime. Il se tendit lui-même, conscient que ce qui allait suivre n’allait pas être très agréable. Rien, dans la manière qu’elle avait eu de retirer sa main de la sienne, ou de s’écarter de lui sur le canapé, n’augurait quelque chose d’agréable. Alors qu’elle prit la parole, il ne la quitta pas des yeux, conscient qu’elle ne le regarderait peut-être pas, mais ce n’était pas son genre d’éviter les conflits, et regarder le sol ou le plafond n’y aurait rien changé de toute façon. Il accusa la première salve, conscient de la manière dont elle tournait ses propos, y jouxtant des conclusions qu’il n’aurait jamais osé tirer mais qui, d’une certaine manière, pouvaient être la suite « logique » de ce qu’il avait dit. Le Sénateur aurait pu essayer de l’arrêter là, mais il n’en eut pas le temps. Et ce qu’il entendit de Juan le laissa perplexe. Une phrase brûla ses lèvres mais il se contenta de tourner, figurativement, sept fois sa langue dans sa bouche avant de prendre la parole. L’heure était à la diplomatie et, pour être honnête, il ne voulait pas se battre avec Olivia, parce qu’il savait qu’il avait besoin d’elle. Et, qui plus est, il était inutile de remettre tout cela sur le tapis. Elle avait parfaitement le droit de tenir Juan en estime pour les raisons qui lui tenaient à cœur et, au fond, Sergio respectait cela, car ce n’était pas à lui de dire ce qu’elle devait penser ou non. Comme elle le disait si bien, même si cela le faisait grincer des dents, elle n’avait rien d’une demoiselle en détresse et n’avait surement pas besoin de quelqu’un pour lui dicter sa conduite.

Il se redressa, se penchant en avant, les coudes posés sur les genoux et les mains posées l’une sur l’autre, cherchant peut-être ses mots pour éviter une nouvelle gaffe. « Ce n’est pas ce que je voulais dire… » Sa voix trahissait son trouble, cette honte d’avoir dit quelque chose qui était gratuit et ne méritait probablement d’avoir été dit. Il releva la tête et tourna son regard vers Olivia. « Je n’aurai pas du dire ça comme ça, je suis désolé. Je voulais juste te dire que vous pouviez compter sur moi. C’était gratuit, et maladroit, je le reconnais. Tu sais que je ne porte pas mes frères dans mon cœur, mais cela n’excuse rien. Je te demande pardon. » C’était sincère et il aurait difficilement pu en être autrement. La Mexicaine était l’une des rares personnes sur cette Terre qui comptait réellement aux yeux de Sergio et il n’avait aucunement l’intention de la blesser. Il reposa son regard sur la table basse qui se trouvait devant lui et portait encore les reliquats des soins que lui avait prodigué son amante. « Tu es loin d’être une idiote et je sais que tu es parfaitement capable de t’occuper d’Esteban et de toi sans avoir besoin de l’aide de qui que ce soit. » Darian s’était joué de tout le monde, lui y compris, et, avec les révélations de cette journée, il s’en voulait encore plus. Certes, il n’avait pas fait montre d’un intérêt évident pour son « neveu » mais ne s’en était jamais désintéressé complètement, ne serait-ce que parce qu’il représentait l’univers d’Olivia. Il regrettait ces choix passés, mais il ne pouvait plus revenir dessus désormais. « J’ai beaucoup de choses à rattraper, envers Esteban, envers toi. Je ne veux pas vous laisser seuls dans cette tempête. »
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MessageSujet: Re: Il faut que je te dise quelque chose...   Lun 30 Mar - 1:42

Oh que non, Olivia ne détourna pas le regard, cette fois-ci. Auparavant, elle l’avait fait, angoissée par la réaction que pourrait avoir son partenaire alors qu’elle lui faisait part de nouvelles qui n’avaient rien de particulièrement réjouissant pour lui : attendre, encore et toujours, continuer leur histoire dans l’ombre… Elle avait l’impression de ne jamais lui avoir demandé que cela. Continuer de le faire, alors qu’il aurait pu se penser à la sortie du tunnel, la mexicaine pouvait comprendre qu’il le prenne mal. Et cela ne lui plaisait pas plus qu’à lui, mais elle tenait à l’équilibre d’Esteban et était bien consciente qu’il devait mener ses batailles une à une…et apprendre tout ce qu’elle avait pu lui cacher concernant Sergio, ce serait certainement une bataille aussi terrible que celle qu’il menait à présent contre Darian. Son fils n’avait pas besoin de cela, et elle était incapable de le lui imposer. C’était à elle –et incidemment à Sergio- d’agir en adultes responsables, au prix de quelques sacrifices, oui. Mais n’en avaient-ils pas déjà fait ?

Toujours était-il que cette fois, enfoncée dans une colère qui n’était pas loin de ses éclats les plus terribles, Olivia ne craignait pas la réaction de son amant. Loin de là. De ce fait, elle ne détourna pas le regard, et plongeait ses yeux sombres dans l’océan d’émeraude, sans ressentir l’habituel bien-être provoqué par ces yeux tant chéris. Elle était bien trop irritée pour cela.

La brune avait noté le léger changement d’attitude de son amant quand elle avait mentionné Juan. Elle l’ignora royalement, d’abord parce qu’elle n’avait pas terminé, et ensuite parce qu’elle ne voulait pas tomber de ce côté de la dispute. Malgré son énervement, elle était parfaitement consciente de ce qu’elle disait et des implications de chacun de ses mots. Elle ne voulait surtout pas que la conversation dérive sur…
ce sujet. Elle refusait d’en parler, parce qu’il était bien plus simple de faire l’autruche, et qu’il y avait dans une telle discussion des questions sous-jacentes, pleines d’insécurités, qu’elle ne voulait pas poser. Ni à Sergio, ni à elle-même.

Et puis, d’un coup, elle en eut terminé. Olivia était là, les poings serrés sur ses genoux, le dos droit et les yeux qui ne lançaient plus d’éclairs, mais dans une attitude clairement sur la défensive. Elle n’avait aucune envie de continuer cette dispute. Mais ses nerfs avaient craqué, une fois de plus, pour une remarque qu’on aurait pu décrire comme ‘un petit rien’ mais qui, dans un tel contexte et un climat aussi tendu, avait fait voler en éclats le calme qu’elle avait retrouvé. Ce n’était pas entièrement la faute de Sergio, et elle le savait. Elle n’avait pas l’intention de lui en tenir rigueur, pas vraiment… Mais elle avait tenu à s’exprimer, parce que tout cela lui pesait bien plus qu’on ne pourrait le penser. La famille… c’était sacré. Même la leur. Surtout la leur.

Enfin, Sergio prit la parole, et son amante se détendit légèrement. Comprendre que ses poings n’étaient plus serrés mais qu’il s’agissait à présent de ses mains bien à plat sur le tissu délicat de sa robe. Le reste de son attitude, cependant, restait inchangé. Sauf peut-être son regard, qui paraissait s’adoucir, comme un ciel sombre après une nuit d’orage, lorsqu’elle croisa le sien. Olivia n’était pas une personne prompte à la colère, à la jalousie ou à tout autre type d’émotion négative. Il était bien plus aisé pour elle d’être aimante plutôt que réprobatrice, même si elle savait faire usage d’autorité quand le besoin s’en faisait sentir. Pour ces mêmes raisons, ses colères s’apparentaient à des tempêtes : rapides, violentes, mais fugaces. Il était extrêmement rare qu’elle fasse preuve de cette colère froide et piquante qui pouvait l’amener à ne plus adresser la parole à quelqu’un plusieurs jours d’affilé. Esteban en avait fait les frais pas plus tard que l’été précédent, malheureusement… Mais pour Sergio, ce n’était pas (encore ?) le cas. Dans le regard de la mexicaine, on pouvait voir que le pire était passé, et qu’elle acceptait les excuses qu’elle était en train d’entendre. Mais elle ne prit pas la parole de suite, se contentant de garder son regard fixé sur l’homme qu’elle aimait alors que ce dernier se plongeait dans l’étude du matériel encore présent sur la table basse.

Ce ne fut qu’après être certaine que Sergio avait dit tout ce qu’il voulait exprimer, laissant quelques instants de silence entre eux, qu’Olivia reprit la parole, tout en posant à nouveau une main légère sur celle du Sénateur.


« Je le sais, cela. Que je peux compter sur toi. Je l’ai toujours su. »

Sa voix avait retrouvé sa douceur habituelle. Dans ses yeux, l’étincelle brillait de nouveau. La tempête était passée, et elle ressentait le besoin de montrer à cet homme qu’il n’était pas n’importe qui.

« Tu n’as pas à dévaloriser Juan ou Darian face à moi pour que je te considère. Au contraire. Ton intégrité, tu sais bien que c’est ce que je préfère, chez toi. » Une lueur amusée passa dans ses prunelles sombres. « Enfin cela... entre autres choses. »

Retrouvant rapidement son sérieux, la mexicaine soupira et laissa tomber sa tête sur l’épaule de son compagnon, abandonnant enfin l’attitude défensive qui avait été la sienne durant de longues minutes.

« Je sais… Vous avez beaucoup de choses à rattraper, et cela va être compliqué, et difficile. Peut-être même impossible. Je suis désolée pour tout cela… Mais il sera là dans deux jours, et même sans tout lui dire, rien ne t’empêche de commencer à te rapprocher de lui, apprendre à mieux le connaître… C’est un garçon formidable, tu sais… Il te ressemble beaucoup. »

Et elle ne disait pas cela simplement pour le rassurer, ou pour le flatter. Elle s’était souvent fait la réflexion au fil des années, et cela n’avait rien à voir avec la couleur claire des yeux de son fils : c’était cette intégrité, cette volonté de faire ce qu’il estimait juste et d’aller au bout des actions qu’il se sentait devoir mener. Et cette lueur dans le regard, cette droiture. Autant de qualités qu’elle appréciait autant chez son fils adoré que chez la personne avec elle avait bien l’intention de partager le reste de sa vie.
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MessageSujet: Re: Il faut que je te dise quelque chose...   Mar 21 Avr - 17:21

Il avait fait l’idiot. Il n’était peut-être pas aussi adulte qu’il aurait aimé le prétendre, mais au moins, il l’était suffisamment pour reconnaitre ses torts. Certains se seraient peut-être emmitouflés dans une fierté mal placée, au risque de faire voler en éclat quelque chose de bien plus précieux, mais Sergio admettait volontiers ses erreurs. Ce n’était pas la première qu’il faisait et ce ne serait probablement pas la dernière. Il restait un Homme, imparfait par nature, malgré la meilleure volonté du monde. Le tout était d’apprendre de ses erreurs, de ne pas les répéter si possible. S’il avait blessé Olivia, d’une façon ou d’une autre, il veillerait à ce que ne soit plus le cas. Le Sénateur connaissait cette sensation que représentait l’absence de sa présence à ses côtés et, au fond de lui, il ne voulait pas revivre ça. Il n’était pas foncièrement mauvais, mais la Mexicaine avait clairement un effet bénéfique sur lui, car, malgré tout, il vivait avec une plaie pas encore totalement fermée, mais sur laquelle elle passait un baume au point de la lui faire oublier. Sergio avait toujours eu conscience qu’il pourrait être heureux avec Olivia et, dans un sens, il l’était déjà, mais l’idée de vivre un jour avec elle sans craindre une photo prise discrètement était un moteur qui dirigeait son existence depuis quelques temps. Apprendre, qu’en plus de tout cela, il avait un fils embellissait le tableau, même si le père improvisé avait conscience qu’il ne serait pas évident de rajouter Esteban dans cette représentation du bonheur. Ils avaient tellement de choses à rattraper… Serait-ce seulement possible d’y arriver un jour ? Il n’en n’avait aucune idée, mais s’il y avait une chose que Sergio savait à propos de lui-même, c’était qu’il n’était pas du genre à abandonner à l’idée d’une chose « impossible ». Après tout, son propre père ne s’était pas gêné pour lui mettre des bâtons dans les roues…

La main qui s’était posée sur la sienne, en douceur, le poussa à relever les yeux vers Olivia. Il fut soulagé d’entendre à nouveau cette douceur qui flottait dans les mots de son amante et de rencontrer ces iris que les nuages de la colère avaient quittés. Il savait qu’il aurait détesté l’idée qu’elle puisse lui en vouloir. Il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire légèrement mutin à la petite allusion qu’elle glissa fort peu subtilement. Il aimait cette façon qu’elle avait parfois de se « laisser aller », même quelques trop courtes secondes, avant de reprendre ce sérieux qui ne semblait presque jamais la quitter. C’étaient là des petits trésors, des instants rares dont seuls quelques élus pouvaient profiter. Il passa son bras autour d’elle, lui offrant une position un peu plus confortable tandis qu’elle s’allongeait à nouveau contre lui. « Je me suis toujours fait la réflexion qu’il tenait plus de ma mère et toi que de Darian… J’imaginais que la génétique avait fait un curieux détour, mais je n’allais pas au plus simple, je n’ai pas été très malin sur ce coup-là. » Et pourtant l’évidence crevait les yeux. Mais peu de personnes étaient capables de voir l’évidence quand elle se présentait sous leurs yeux. Son métier lui avait pourtant montré à plusieurs reprises que le chemin le plus simple était souvent le bon et qu’il fallait rarement chercher au plus compliqué pour expliquer une situation. Sergio laissa reposer sa tête contre celle d’Olivia, contemplant sa main bandée. « Je vais tâcher de rattraper mes erreurs. Lentement. J’imagine qu’il ne trouvera pas suspicieux que son oncle s’intéresse à lui, loin du giron familial. »

Il pliait et dépliait lentement ses doigts, pour éprouver la douleur de la plaie. Ce n’était rien de méchant, mais cela le gênerait pendant quelques jours, même si, vraisemblablement cela serait presque invisible pour le jour du brunch. « Et si les choses devaient tourner de sorte que tu penses qu’il vaut mieux pour lui qu’il ne connaisse pas la vérité, je respecterai ton choix. J’apprécierais d’être reconnu comme son père, sans l’ombre d’un doute, mais je sais que la vérité peut être bien douloureuse et je pense que nous sommes tous les deux d’accord sur le fait que son bien-être passe avant le reste. » Il esquissa un léger sourire. Il consentait déjà à ce sacrifice, particulièrement parce qu’il aurait été égoïste de vouloir s’imposer après dix-huit années d’absence. Peut-être parviendraient-ils à nouer quelque chose, peut-être pas. Mais si Sergio était déterminé à essayer, il connaissait également les risques et, mieux valait être prêt à perdre, car c’était possible. Il contemplait toujours sa main bandée quand il brisa le silence à nouveau. « Je me demande bien quelle excuse je vais pouvoir inventer pour justifier ça… Une idée ? » Il ne fuyait pas la conversation à propos d’Esteban, mais essayait peut-être de l’alléger, parce que le fait de savoir qu’il était le père du jeune homme et de ne peut-être jamais pouvoir le lui dire n’était pas la pensée la plus joyeuse qu’il avait pu imaginer. Et la légèreté, l’humour, si mauvais pouvait-il être par moment, étaient les seules armes qu’il savait opposer à quelque chose qui pouvait lui miner le moral. Il y avait eu la colère, la violence, pendant un certain moment, mais c’était une situation très particulière. Et il n’avait aucune raison de réagir ainsi maintenant. On ne lui avait pas retiré l’amour de sa vie, au contraire, on lui donnait, peut-être, un fils à aimer.
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MessageSujet: Re: Il faut que je te dise quelque chose...   Sam 13 Juin - 23:49

Pour quelqu'un n'appréciant pas vraiment les conflits, Olivia pensait qu'elle se trouvait bien trop souvent dans des situations dites conflictuelles ces derniers temps. Quand il s'agissait de sa fortune, de son association ou des entreprises où elle était actionnaire majoritaire, cela ne lui posait pas de problème. Elle était fille de businessman, héritière d'une longue lignée d'entre eux,et savait faire preuve d'un tempérament de femme d'affaires quand le besoin s'en faisait sentir. Néanmoins, dans sa vie privée, c'était différent. Elle se faisait bien plus conciliante et cherchait à éviter au maximum toute situation épineuse. C'était certainement partie de la raison pour laquelle elle avait toujours laissé Esteban n'en faire qu'à sa guise... Au-delà du fait qu'elle ne pouvait tout simplement rien refuser à son enfant chéri, bien entendu.

De ce fait, cette dispute, bien que nécessaire, ne l'enchantait guère, et elle n'aurait pu être plus satisfaite de la voir se terminer. Le léger sourire qu'esquissa son amant la rasséréna. Elle n'était certes pas des plus subtiles, mais ce n'était pas son objectif... et il semblait d'ailleurs qu'elle avait accompli ce dernier avec brio. sentant la main de Sergio sur son épaule, Olivia laissa échapper un léger soupir, alors qu'elle quittait ses escarpins hors de pris pour replier ses jambes contre elle, sur le canapé, avant de caler sa tête dans le creux du cou du Sénateur. Elle ne voyait plus son visage, mais maintenant qu'elle n'avait plus à chercher dans son regard des expressions de colère, ce n'était plus important. Sa chaleur était tout aussi rassurante.

Elle écouta son explication sans rien dire, mais se tendit un peu. Madame Luz-Descalzo avait beaucoup misé sur les "détours de la génétique", comme il le disait. Et cela avait fonctionné. Peut-être, également, parce que Darian était une personne tellement imbue d'elle-même qu'elle ne pouvait imaginer qu'une telle chose soit possible. Bien qu'en étant honnête, Olivia n'aurait pas pu imaginer le quart des actions dont son mari était capable... Mais pour l'avoir connu dès l'adolescence, elle avait pensé pouvoir cerner certains aspects de son caractère. Pas ceux qui auraient pu éviter à son fils de subir un Enfer, malheureusement.

Un autre soupir, plus inquiet que le précédent, répondit aux paroles de Sergio sur l'intérêt qu'il pourrait porter à on supposé neveu. C'est bien plus compliqué que cela.


"Tu sais... Je n'irais pas jusqu'à la suspicion, mais Esteban est quelqu'un de très insécure. Je n'avais jamais totalement compris pourquoi. Je le pensais simplement un peu peureux, aiment rester dans les jupes de sa mère, comme disent certains. Vu la façon dont je l'ai élevé et surprotégé, cela ne me paraissait pas exactement étonnant."

Elle fit une pause. On lui avait beaucoup reproché de prendre trop soin d'Esteban. Au contraire de beaucoup de femmes de son rang, elle avait refusé de faire appel à une nourrice, se contentant de l'aide d'Hannah dans les cas extrêmes où il lui était impossible de prendre soin d'Esteban seule. Sa relation avec Sergio en avait d'ailleurs fait les frais, lorsque leur enfant était petit. Mais Olivia n'avait jamais éprouvé de regrets. Elle avait élevé cette merveille, et en était on ne peut plus fière, quoi qu'on en dise.

"Je n'ai compris qu'il y a quelques mois qu'il avait, en réalité, peur des adultes. Des hommes, plus précisément. D'hommes plus ou moins mûrs, qui pourraient s'approcher et avoir une attitude qui, de manière plus ou moins éloignée, lui rappellerait celle de Darian." Finalement, la mexicaine releva la tête pour pouvoir plonger son regard sombre dans celui de l'homme qu'elle aimait. Elle ne voulait pas qu'il doute de ce qu'elle pourrait dire maintenant à cause des précisions qu'elle venait de faire. "Je ne dis pas que tu ne peux pas t'approcher de lui. Au contraire, je serais la première à me réjouir d'un rapprochement entre les deux hommes que j'aime le plus au monde... Mais ne soit pas étonné, ou rebuté, s'il hérisse le poil. Je crains que certaines séquelles ne disparaîtront jamais totalement."

La tête d'Olivia retrouva la place qu'elle venait de quitter sitôt ces explications terminées, car l'héritière ne souhaitait pas replonger dans une crise émotionnelle. Fermant un instant les yeux, elle refoula ses larmes. Elle n'avait jamais totalement parlé de cela avec Esteban. Ce qu'il pouvait ressentir face aux hommes bien plus âgés que lui. Mais il y avait des choses qu'une mère était capable de ressentir, du moins le pensait-elle, et bien qu'elle ait passé des nuits et des nuits sans sommeil à réfléchir à tous ces moments où Esteban s'était montré apeuré, ou méfiant, face à des hommes plus vieux... Il suffisait d'étudier son comportement avec Gaël : aujourd'hui encore, le jeune Luz-Descalzo avait parfois du mal à regarder le garde du corps dans les yeux, alors qu'il était (plus ou moins) son employeur. Alors face à un oncle qui ne s'était jamais vraiment approché de lui et qui soudainement se trouvait si proche, à la fois de lui et d'Olivia elle-même... C'était compliqué. Elle se devait donc de prévenir son amant, parce que si Esteban se braquait... Et bien disons qu'il avait hérité du côté tête de mule (...pardon, de "l'opiniâtreté") de sa mère...Et des Selva Moreno dans leur ensemble, soyons honnêtes. Car on ne réussissait pas dans les affaires sans défendre son point de vue, c'était bien connu.

Son regard se perdit dans le vide alors qu'elle observait les mouvements de la main que faisait le propriétaire des lieux. Elle l'écoutait attentivement, même si elle n'en donnait pas forcément l'air. Cependant, elle ne souhaitait pas insister plus encore. Elle avait été claire sur plusieurs points, notamment celui-ci : Esteban ne devait pas savoir la vérité avant la fin du procès. Il avait déjà tant de choses à gérer, elle ne souhaitait pas lui mettre un poids supplémentaire sur les épaules. Même s'il aurait éventuellement pu être soulagé (et encore) par la nouvelle, ce n'était absolument pas le moment, Olivia était catégorique sur ce point. Néanmoins, elle se contenta d'une réponse douce. Elle ne voulait pas non plus remuer le couteau dans la plaie, elle l'avait déjà assez fait durant les dernières heures.


"Oui. Nous verrons comment évolueront les choses..."

Il était clair que la mexicaine ne souhaitait pas repartir sur ce sujet, clairement épineux. Pour le moment, peut-être était-il temps de laisser Sergio assimiler la nouvelle. Après tout, ils avaient encore le temps d'y penser, non ?

Son amant devait penser plus ou moins la même chose, car il détourna légèrement le sujet de conversation. Elle ne se fit ps prier pour le suivre. Glissant sa main le long du bras pour arriver jusqu'à la main blessée, Olivia lança avec ce ton légèrement amusé qui était le sien lorsqu'elle se moquait affectueusement de ceux à qui elle tenait.


"Je ne sais pas... Tu pourrais dire à ta prochaine conférence de presse que tu t'es un peu trop pris au jeu en jouant avec Ace et Argos ? Un Sénateur "normal", qui prend soin de ses animaux de compagnie et passe du temps avec eux au détriment de sa santé physique, c'est peut-être bon pour ton image de marque ?"

Elle ne le regardait pas, mais s'il se penchait vers elle, il pourrait voir que ses yeux sombres pétillaient de malice.
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MessageSujet: Re: Il faut que je te dise quelque chose...   Mar 22 Sep - 16:53

[Et après des mois, et des mois… Désolé :S ]

La suite des évènements n’allait pas être très simple, il ne fallait pas se le cacher. Finalement, c’était peut-être la partie la plus facile qui venait de se jouer à l’instant. Certes, elle s’était déroulée dans la douleur, autant physique que morale, mais si Sergio pouvait vivre avec cette révélation, la suite, elle, n’était absolument pas décidée, et c’était peut-être ce qui rendait le Sénateur aussi fébrile à ce sujet. Imaginer tous les scénarios possibles n’était qu’un excellent moyen pour se mettre la pression pour rien, et, malgré toutes ses belles paroles, il était malheureusement difficile pour lui de s’en empêcher. Avoir un fils… Il avait souvent espéré cela, surtout avec Olivia, mais les aléas de la vie en avaient décidé autrement à chaque fois. Il s’était résolu à cette extrémité, à cette idée de ne jamais fonder de réelle famille, de s’abrutir dans son travail et d’oublier le reste. A vrai dire, il avait fait une croix dessus, muette et invisible, mais belle et bien présente. Même le retour d’Olivia à ses côtés ne changeait pas grand-chose à ce projet. Et voilà, que, d’un coup, tout ce qu’il avait jamais souhaité se trouvait finalement sous ses yeux depuis dix-huit ans. Cette réalité le fascinait et, au fond, l’effrayait beaucoup. Car s’il reconnaissait, avec sagesse, le besoin de protéger Esteban, il redoutait le fait que la vérité dusse rester dans l’ombre jusqu’à la fin des temps. Pourrait-il le regarder de la même manière désormais ? Fallait-il réagir différemment, rester le même ? Un changement brusque serait illogique, mais devait-il essayer d’amener un contact, de faire évoluer les choses ? Tant de questions qui se chamboulaient dans son esprit, même s’il essayait de sauver les apparences. Le cadet Luz-Descalzo, n’en menait pas large, peut-être pour l’une des rares fois de son existence.

Il écouta son amante lui confirmer ses craintes, mais, c’était ainsi et, au fond, il fallait qu’il s’y prépare. Peut-être était-ce la meilleure façon de passer à travers cette nouvelle situation. Peut-être devait-il seulement mettre de côté cette information, essayer de se comporter normalement, de faire juste un peu plus que d’habitude, d’un soupçon, pour ne pas bousculer les habitudes et ne pas le brusquer, lui. Esteban, son fils… Il resserra légèrement son étreinte autour d’Olivia. « Je ferais attention. Loin de moi l’idée de le rendre mal à l’aise. » Il n’allait de toute façon pas le prendre à parti sans crier gare. Les choses devaient se faire naturellement. L’arrivée de sa mère à la Casa del Sol impliquait qu’il serait probablement plus présent et il y avait déjà matière à lancer quelques discussions. Avec Olivia à leurs côtés, Esteban n’y verrait probablement aucun danger. Le Sénateur se détendit un peu plus. « Nous aurons peut-être l’occasion de passer du temps tous ensemble. Nos tourtereaux de Végas seraient peut-être tentés par un petit weekend avec nous à l’occasion ? Stuart n’arrête pas de me proposer son yacht pour une petite balade dans le golfe du Mexique. » Dawson était un homme d’affaires accompli, dont les intérêts en Louisiane étaient nombreux, et certains coïncidaient avec la politique de Sergio. Il n’était alors pas très étonnant que les deux hommes s’entendent bien et que le premier propose quelques services au second. Sans que l’on puisse aller jusqu’à appeler ça de la corruption, après tout, le cadet des Luz-Descalzo s’était contenté de suivre sa ligne politique, promise lors de sa campagne. Mais pour en revenir au sujet principal, une petite escapade serait probablement le moyen de laisser les choses se faire.

Enfin, quoi qu’il en était, il était probablement inutile de chercher à résoudre le problème en une nuit. A vrai dire, c’était déjà une bonne chose de savoir, même si cela impliquerait de devoir se retenir, de jouer à l’innocent. Contrairement à ce qu’il avait pu dire, sous le coup de la colère, quelques heures plus tôt, il n’était pas évident pour Sergio que cela soit aussi facile que ça, mais il n’avait pas le choix, il devrait le faire. Alors qu’il détournait légèrement l’attention vers un sujet plus léger, il esquissa un sourire devant la solution que lui proposait Olivia. Il acquiesça. « Je me demande pourquoi je paie tous ces conseillers quand tu pourrais probablement tout résoudre d’un claquement de doigt. Ca me parait une très bonne excuse pour tous les curieux qui poseront la question. » Il passa une main dans les cheveux de sa belle et contempla la table basse, avec les reliquats de l’opération de soins. « Nous avons donc un brunch de prévu pour dimanche… C’est vrai que je me demande bien à quoi ressemble notre future belle-fille. » Il eut un léger rire à sa propre phrase et redevint un peu plus sérieux. « Mais toi, Olivia, y’a-t-il quelque chose que tu voudrais faire ? Après tout, il n’est pas exclus que seuls les jeunes aient le droit de s’amuser en partant à Végas, non ? » Bien entendu, il ne s’imaginait pas quitter la Nouvelle-Orléans en jet privé pour rejoindre la cité des rêves, d’autant qu’ils allaient devoir être un peu plus discrets de leur côté, mais cela ne devait pourtant pas les empêcher de faire quelque chose, si l’envie leur en prenait.
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MessageSujet: Re: Il faut que je te dise quelque chose...   Mer 2 Déc - 0:19

Calée contre l'épaule robuste de son amant, Olivia avait l'impression qu'elle pouvait enfin se détendre. Ce qu'elle entendait la rassurait grandement. Non pas qu'elle doutait des intentions de Sergio (elle savait parfaitement qu'il n'avait pas la moindre intention de faire du mal à Esteban, de quelque façon que ce soit), mais elle aimait l'entendre dire. Après tout, elle venait tout de même de lui avouer que le garçon était son fils. Il n'avait pas très bien réagi au départ, mais il aurait pu être plus colérique encore. Et si la brune estimait normal que son compagnon lui en veuille, elle aurait été meurtrie de le voir faire un quelconque transfert de sa colère sur leur enfant. Esteban ne méritait pas cela, et Olivia était rassurée de voir qu'apparemment, Sergio et elle étaient sur la même longueur d'onde. Ils ne voulaient que le bien du jeune homme.

Enfin détendue, du moins autant qu'elle pouvait l'être dans le contexte actuel, Madame Luz-Descalzo eut un sourire à la proposition de son homme. Partir tous ensemble ? En voilà une idée qui était merveilleuse ! Ce serait certainement une bonne façon de les rapprocher, et Olivia pourrait échanger quelques astuces avec cette jeune femme... Erin. Oh, elle ne lui avait parlé que quelques minutes au téléphone, et malgré l'inconvenance de leur situation, elle lui avait paru charmante. Bien éduquée, et très certainement plus convenable que toutes les conquêtes (...au nombre de deux) qu'Esteban avait pu avoir jusqu'à présent. Oh, elle n'avait rien contre Jane, mais disons que la jeune fille ne lui avait pas fait une aussi bonne première impression. Quant à Natalia... Et bien, il n'y avait eu que son fils pour penser que cette histoire irait plus loin qu'une profonde amitié. Mais Olivia n'avait pas voulu briser ses espoirs. Cela faisait partie de ce que les mères étaient sensées faire, n'est-ce pas ? Regarder leur enfants grandir et prendre leurs propres décisions, même en sachant d'avance que cela se solderait par un échec. C'était difficile, mais parfois un parent n'avait pas le choix. Quoi qu'on en dise, Olivia tentait tout de même de préserver la liberté et l'indépendance de son fils. Elle ne l'aurait jamais laissé partir chez son oncle, puis à la Nouvelle-Orléans si cela n'avait pas été le cas. Enfin... Soupirant, elle se sortit de ses idées noires et préféra répondre avec une excitation enfantine à la proposition du Sénateur.


« Je crois que ce serait une excellente idée ! Et puis, le Golfe serait bien plus accueillant ces prochaines semaines que la Louisiane... Ne trouves-tu pas qu'il commence à faire froid ? Je n'aime pas l'hiver, ici. Oh, par contre, il faudra faire ça avant les vacances universitaires. Les plages de Veracruz sont toujours emplies de touristes, et même lorsque l'on va sur la plage privée, c'est désagréable. »

Ce n'était certainement pas la première fois que Sergio entendait une telle complainte. Olivia, venant d'une partie certes océanique du Mexique, mais ayant régulièrement visité les zones désertiques pour des raisons diverses et variées, elle trouvait le moyen de souffrir du froid au sud des États-Unis. Une question d'habitude au climat, lui avaient dit les médecins -tus plus honorables les uns que les autres- qu'elle avait consultés à ce propos. Quant à la mention de la ville de son enfance, il était clair aux yeux de la mexicaine qu'on ne pouvait faire une balade dans le golfe de son pays natal sans passer par celui-ci. Ne serait-ce que pour faire une visite surprise à sa sœur. Par ailleurs, elle était certaine qu'Esteban serait ravi par l'initiative. Oh, elle se réjouissait déjà de la perspective de ce weekend !

« Nous pourrons leur en parler lors du brunch de dimanche. »

Et puis, la discussion dériva. Sergio en vint par parler de sa main blessée, qu'Olivia caressa tendrement en lui proposant les explications qui semblaient lui manquer. Le sourire qu'elle entendit dans sa voix finit de la rassurer, et la main dans ses cheveux fit qu'elle se colla un peu plus contre lui. Sergio savait certainement à quel point cette sensation était un vrai calmant pour elle, qu'elle sente une main dans ses cheveux ou l'inverse. C'était une des raisons pour lesquelles elle n'avait pas émis la moindre objectif lorsqu'Esteban avait parlé pour la première fois de garder ses cheveux longs : elle aimait bien trop passer sa main dedans pour le lui interdire. Et, à ce moment précis, sentir la main de son amant dans ses boucles brunes lui fit fermer paresseusement les yeux. Encore un peu et elle ronronnerait comme un chat. Mais ce ne serait pas convenable du tout. Et puis, la phrase que le Sénateur venait de prononcer lui fit ouvrir brutalement les yeux, comme si elle se souvenait d'un détail extrêmement important qu'il fallait qu'elle communique.

« Oh, j'ai fait mes recherches, tu sais. Il s'agit d'Erin Rosenbach. Tu as sûrement entendu parler d'elle, c'est la fille de la présidente de la Genosis Corp. … »

Si on ne l'arrêtait pas, Olivia serait capable de continuer encore et encore, racontant tout ce qu'elle savait sur la jeune femme rousse. Elle avait même une photo dans son téléphone, s'il lui laissait le temps elle la lui montrerait... Comment ça, surprotectrice ? Du tout, mais figurez-vous que lorsqu'on vous appelle en plein milieu de la nuit pour vous dire que votre fils est en train de faire des folies avec une amie de son âge que vous ne connaissez pas, vous êtes tout à fait en droit de vous inquiéter, et par conséquent de faire toutes les recherches internet qui s'imposent ! D'ailleurs, elle n'avait pas eu à chercher très longtemps, la famille Rosenbach était assez connue... Elle n'en aurait pas attendu moins de son fils chéri.

Oh ? Sergio venait de lui poser une question qui l'avait stoppée net dans ses pensées sur leur future belle-fille (car oui, si le cadet Luz-Descalzo voyait cela à la rigolade, Olivia, elle, était déjà intérieurement en train d'arranger des plans de table... Une vraie Maman Poule). Surprise, la mexicaine releva la tête pour plonger son regard dans celui de son amant. Il avait l'air sérieux.

La vérité était qu'Olivia n'éprouvait pas particulièrement l'envie d'aller où que ce soit. D'abord, parce que ce n'était pas prudent : il allait falloir qu'ils soient discrets, comme ils l'avaient certes toujours été, mais là avec les rumeurs qui couraient, le procès ET le divorce en cours, les journalistes étaient encore plus sur leur dos que d'habitude... Le tout sans compter la position de Sénateur de Sergio, qui faisait qu'il était suivit par plus d'agents d'unités différentes que la brune en avait vu de toute sa vie : enfin, cela avait été de même avec Darian, vu le poste encore plus important qu'il occupait, mais comme ce dernier n'était que très peu présent, elle ne l'avait simplement pas remarqué. La seconde raison était là, d'ailleurs : Olivia n'avait pas envie d'aller où que ce soit. Pour une fois, elle avait l'impression de partager un foyer avec l'homme qu'elle aimait, et pas seulement avec son fils. Ne le prenez pas mal : elle adorait Esteban, et personne ne serait bien avisé de dire le contraire, mais Olivia était de celles qui avaient besoin de se sentir aimées. Pas seulement par leur progéniture, mais aussi par d'autres. Et être ici, dans cette villa, lui procurait ce sentiment qu'elle n'avait jamais tout à fait ressenti quand elle était chez elle.


« ...Je suis bien, ici, avec toi. Mais si tu peux t'évader un jour, un moment, je te suivrais où tu souhaiteras aller. »

Elle avait ponctué sa phrase d'un doux sourire, avant de frotter son nez dans le creux du cou de son amant. Au fil de ces années, ils s'étaient retrouvés dans presque tous les coins du pays (et d'ailleurs, plus rarement), dans des endroits plus étonnants, exotiques, excentriques (...aux yeux de la mexicaine) les uns que les autres. Pouvoir profiter d'un chez-soi qui en était un, de moments à deux au calme, sans la crainte d'être aperçu par qui que ce soit... pour Olivia, c'était aussi agréable qu'un weekend d'escapade. Prise d'une impulsion subite, elle se redressa et remit ses talons d'un geste gracieux pour sortir du canapé et se diriger vers la stéréo de l'entrée. Elle trouva rapidement ce qu'elle cherchait et mis la machine en route, qui entonna un air de salsa entraînant. Tout en chantonnant les paroles, la brune se retourna vers l'endroit où se trouvait le Sénateur et lui tendit la main avec un sourire malicieux contenant cependant une pointe de tendresse.

« Tu viens danser, Cariño ? »

La danse était un bon moyen de mettre définitivement fin à une dispute. Sa mère le lui avait souvent dit. Son père, pour sa part, pensait que tout pouvait se régler d'un cigare et d'un verre d'alcool fort -et hors de prix. Pour avoir testé les deux remèdes très tôt, Olivia et Luisa étaient tombées d'accord sur le fait que rien n'égalait un verre d'alcool fort ingéré après une chorégraphie endiablée. Mais qu'il fallait surtout éviter le cigare : d'une, cela donnait mauvaise haleine et de deux, après une bonne danse, cela rendait la reprise de respiration normale bien plus compliquée.
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MessageSujet: Re: Il faut que je te dise quelque chose...   Lun 11 Jan - 17:24

Sergio fut content de voir que sa proposition fut bien reçue par son amante. S’il n’avait, en revanche, aucun problème avec le climat de la Nouvelle-Orléans à cette époque de l’année, il avait toujours compris et composé avec le côté légèrement frileux de sa bien-aimée, conscient, qu’après une enfance dans un pays où la chaleur était quasiment omniprésente, il était souvent difficile de s’habituer à un climat radicalement différent. Il acquiesça aux propositions qui lui étaient faites de partir avant les vacances, pour éviter les flots de touristes, car, il fallait l’admettre, il préférait le calme lui aussi. La foule ne le dérangeait pas, mais à choisir, il était beaucoup plus agréable de n’avoir pour seuls compagnons que le silence et les bruits naturels ambiants. Il repensa d’ailleurs furtivement à cette petite crique où ils s’étaient retrouvés seuls, tous les deux, puis se reconcentra sur l’instant présent. La perspective de ce petit voyage était alléchante, autant pour essayer de se rapprocher davantage d’Esteban, à dose homéopathique, pour le moment, que pour simplement changer d’air. Depuis sa nomination au poste de Sénateur et l’emménagement d’Olivia chez lui, il n’était pas rare que les gens ne lui lâchent pas la grappe facilement. Entre les politiciens, les hommes d’affaire et les journalistes, il y avait de quoi faire. Finalement, tout était peut-être plus simple lorsqu’il était au BIAS où presque personne ne se souciait de lui, même si, la plupart du temps, c’était lui qui s’occupait des conférences de presse. Et, à bien y réfléchir, les enquêtes lui manquaient un peu, l’adrénaline de la course-poursuite, une sensation gratifiante de rendre service, quelque part, ce travail avait un peu plus de sens que le simple fait de faire de la politique, même si, par bien des égards, il pouvait aussi faire avancer les choses, mais ce n’était pas tout à fait pareil.

« J’avoue que si on pouvait éviter les touristes… Et puis, ça nous évitera peut-être quelques curieux, même si, malheureusement, j’ai peur qu’on ne puisse pas les semer, ceux-là. » Depuis le début de sa carrière politique, et même un peu avant, en réalité, Sergio avait composé avec les journalistes. Au fond, c’était plus un jeu qu’autre chose, mais certains n’avaient définitivement aucune morale et, dans la situation actuelle, cela pouvait causer du tort à Olivia et Esteban et il était hors de question que cela arrive. Malheureusement, leur présence était un peu comme la pluie pendant les vacances : souvent imprévisible. Le sénateur acquiesça une nouvelle fois alors qu’il était question de mettre le sujet à débat lors du brunch de dimanche. C’était probablement la meilleure idée, puisque, de toute façon, il était hors de question d’imposer cela à qui que ce soit. Cependant, le cadet de la fratrie Luz-Descalzo espérait quand même qu’Olivia ne serait pas la seule emballée par cette proposition. Il ne fut pas surpris d’entendre que son amante connaissait déjà l’amie de son… leur fils. Après tout, il la connaissait bien et, pour être honnête, il aurait été surpris qu’elle attende la journée de dimanche pour découvrir cette fameuse inconnue. « Rosenbach… » Il avait murmuré cela, un peu pensif. Effectivement ce nom lui disait quelque chose et l’éclairage fut total lorsque vint sur le tapis le nom de la Genosis Corp. Il était difficile de passer à côté de cette société et Sergio avait déjà pu approcher, de plus ou moins loin, la présidente de cette multinationale implantée à la Nouvelle-Orléans. D’ailleurs, le sujet ne faisait pas que des émules, mais la question n’était pas là. Il esquissa un léger sourire tandis que sa compagne poursuivait sur la jeune Erin, racontant tout, ou une partie, de ce qu’elle savait sur elle, approuvant au fait qu’elle semblait être une fille comme il faut.

Pour se garder un minimum de surprise, même s’il était content de constater que la conquête d’Esteban plaisait énormément à sa mère, il changea un peu de sujet de discussion. Mais c’était également pour parler un peu plus d’eux, après tout, il n’y avait pas que les jeunes qui avaient le droit de s’amuser, non ? Il ne manqua pas l’expression de surprise qui parcourut le regard de la Mexicaine, esquissant un léger sourire. La réponse le toucha réellement, conscient de ce que cela impliquait. Il la serra un peu plus contre elle, remerciant qui de droit de l’avoir ramenée à lui. Malgré toutes les années, il n’avait jamais pu se défaire des sentiments qu’il possédait pour cette femme et, finalement, ce n’était pas une mauvaise chose car, presque étonnamment, il se sentait heureux. La roue du destin finissait toujours par tourner, du moins c’était ce que l’adage disait, mais encore fallait-il y croire. Il restait à espérer qu’elle ne tournerait pas trop vite, cette fois-ci. « Gardons ça pour une prochaine fois alors, quand mon emploi du temps sera un peu moins chargé, mais il y a un endroit où je voudrais t’emmener un jour. » Il esquissa un sourire et, avant qu’elle ne puisse demander quoique ce soit. « Mais, c’est une surprise. » Ils restèrent alors ainsi, l’un contre l’autre, silencieux, pendant quelques instants, avant qu’Olivia ne se relève pour se diriger vers l’entrée. La surprise laissa place à un brin de malice alors qu’un air de salsa envahissait la pièce. Lorsqu’elle se tourna vers lui, lui demandant s’il venait danser, Sergio ne se fit pas prier. Quittant le néanmoins confortable canapé, il ajusta légèrement ses vêtements et vint se présenter devant elle, attrapant l’une de ses mains. « Avec plaisir, señorita. »

Il avait esquissé un sourire complice et, comptant le temps, il avait emboîté rapidement le pas à la musique. Danser était une merveilleuse idée, d’autant que cela faisait une éternité qu’il n’avait pas fait quelques pas. Le sénateur n’était pas mauvais danseur, loin de là, mais les occasions n’étaient pas si courante et, là, l’occasion était trop belle pour se défiler, même avec une main bandée. Le salon se prêtait bien à l’exercice, même s’il fallait un peu faire attention aux meubles aux alentours, mais la pièce était suffisamment grande pour évoluer assez librement. Emporté par le rythme, n’ayant d’yeux que pour sa partenaire, Sergio laissait flotter au loin les évènements de la soirée. Les choses avaient dérapées, mais tout allait mieux désormais, et ces pas de danse achèveraient de montrer que cela ne changeait rien entre eux. Après tout, la force d’un couple ne se mesurait pas à l’absence de dispute, mais bel et bien à la capacité à les affronter et à les dépasser. Beaucoup moins tendu que quelques heures plus tôt, Sergio se laissait aller au plaisir de la danse et, entre deux mouvements, profitant d’un rapprochement rapide avec Olivia, lui glissa une petite remarque. « Nous devrions danser plus souvent… Tu ne crois pas ? » Il esquissa un sourire et, alors qu’il se rapprochait à nouveau d’elle, lui vola un baiser avant de continuer à danser.
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MessageSujet: Re: Il faut que je te dise quelque chose...   Sam 26 Mar - 20:55

Les vacances à quatre, c'était une bonne idée. Elle était contente que ce soit celle de Sergio, et plus encore qu'il continue de proposer quelque chose après qu'elle soit -comme à son habitude- partie dans des détails qui aurait pu tout simplement se terminer par la location d'un yacht pour le week-end suivant, dans l'optique de se retrouver tous ensemble et de profiter du climat du golfe mexicain. Le calme de son amant faisait généralement office d'inhibiteur chez la riche héritière, qui avait l'habitude que tous calment ses idées folles (que ce soit Darian, sa mère, ou même Luisa parfois). Sauf Esteban, évidemment, à qui elle avait transmis le virus et qui était aussi prompt qu'elle à échafauder des plans. Il suffisait de regarder les journaux pour s'en rendre compte, surtout aujourd'hui. Cependant, cette fois, l'effet n'était pas le même. Certainement parce qu'Olivia avait eu les mêmes inquiétudes un peu plus tôt.

« Certains curieux s'enfuient sitôt que tu leur signes un chèque. D'autres sont terriblement naïfs, à penser qu'on ne les remarque pas. Parfois, j'ai l'impression qu'ils ne réalisent pas que j'ai plus d'expérience à être suivie par les journalistes qu'eux à me courir après. Et puis, il y aura Gaël. »

Le garde du corps était doté d'un œil d'aigle pour repérer les intrus, indésirables et autres détails qui pourraient pour beaucoup passer pour insignifiants. Ce n'était pas pour rien qu'il était au service d'Olivia depuis si longtemps : c'était un très bon ami, certes, mais s'il n'excellait pas dans son travail, elle l'aurait remplacé depuis bien longtemps. Après tout, chez les Luz-Descalzo, on ne s'entourait que du meilleur.

En parlant de cela, la conversation dériva sur la charmante compagnie d'Esteban. Sa mère avait évidemment bien fait ses recherches, dont elle s'empressa de partager les résultats. Elle était tellement prise dans son exposé que la proposition de Sergio la prit complètement de cours. Elle y répondit néanmoins avec honnêteté, en profitant pour se caler un peu plus contre l'homme qu'elle aimait. C'était assez drôle, au fond, de voir que la femme richissime qu'elle était pouvait parfois aspirer aux plaisirs simples... mais c'était certainement parce qu'elle n'avait pas l'habitude de différencier l'un de l'autre, ayant toujours vécu dans le plus grand faste et n'était jamais sortie de sa zone de confort, excepté quelques excursions dans des diners (qu'elle n'avait jamais vraiment apprécié, mais elle était tout de même capable de faire des efforts pour ceux qu'elle aimait.

Sergio commença à lui faire une proposition qu'elle accepta d'un hochement de tête... ce serait resté ainsi s'il n'avait pas fait mention de la surprise. Olivia était naïve, il y avait certaines choses qu'elle ne remarquait pas si on ne les lui précisait pas. Mais, dès lors que c'était fait, elle se retrouvait l'attention d'une louve qui protège ses petits, et cherchait de suite à obtenir des réponses. Son amant n'aurait rien ajouté, elle ne se serait même pas inquiétée du lieu. Mais maintenant, elle voulait savoir. Elle fit la moue, dans une attitude enfantine qui rappelait terriblement son fils lorsqu'il était contrarié (à moins que ce ne soit l'inverse ?).


« Ce n'est pas juste... »

Elle connaissait néanmoins suffisamment le Sénateur pour savoir qu'il ne dirait rien. Après tout, on parlait de l'ancien directeur-adjoint du BIAS. Il était plutôt doué pour garder ses secrets. Olivia était d'ailleurs extrêmement bien placée pour le savoir (et heureusement !). Elle resta donc silencieuse pour le moment, mais cela ne voulait pas dire qu'elle oubliait pour autant. Au contraire, elle était peut-être même déjà en train d'échafauder des plans pour lui faire cracher le morceau...

En attendant, la dispute s'éloignait, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Dans un tentative d'alléger définitivement l'atmosphère entre deux, Olivia alla allumer la radio et proposa une danse à son amant. Elle savait qu'il n'y résistait que très peu, et le sourire qu'il lui fit en réponse montra qu'elle avait visé juste. Les dernières tensions s'évanouirent au profit des pas énergiques et de suaves échanges. Olivia ne dansait plus beaucoup. Son enfance avait été bercée pas les danses traditionnelles de son pays, et d'autres plus endiablées. Son adolescence, elle l'avait passée à apprendre à danser à sa sœur, et Luisa l'avait rapidement rattrapée, puis dépassée. Elle avait profité de ses quelques années de fac pour parfaire ses connaissances, mais Darian n'était pas homme à apprécier la salsa, le tango, la batchata et toutes ces danses à la fois énergiques et sensuelles. Il ne rechignait pas face à une bonne valse si l'occasion se présentait, mais il fallait que cette dernière soit bonne et qu'il y ait un intérêt certain : si le jeu n'en valait pas la chandelle, inutile de se mouiller. Elle avait fini par apprendre que Darian Luz-Descalzo ne faisait jamais rien sans attendre quelque chose qui servirait ses intérêts en retour.

Suivant le rythme de la musique et se laissant guider par Sergio, Olivia sourit en entendant la question de son amant. Elle n'eut pas le temps de répondre qu'il lui volait un baiser avant de s'éloigner à nouveau. Elle rit. Ces moments-là étaient ceux qu'elle appréciait le plus. Les plus simples, les plus faciles à obtenir et pourtant si difficiles à garder.


« Monsieur le Sénateur pourrait-il vraiment tenir le rythme ? »

Elle le taquinait, doublant soudainement le tempo comme la musique s'y prêtait. Elle savait bien que oui, et si le Sénateur était vraiment joueur, ils pourraient continuer ainsi une bonne partie de la nuit. Mais était-ce vraiment raisonnable ? D'abord, ils avaient tous deux des obligations, et il serait dommage de ne pas paraître sous leur meilleur jours après-demain, quand leur fils viendrait leur présenter sa dulcinée...

Oh, rien que d'y repenser, elle était à nouveau extatique ! Elle n'oubliait pas qu'elle en voulait à son fils d'avoir fait une telle couverture de journaux à scandales, et soyez sûrs qu'elle lui ferait payer d'une façon ou d'une autre, pour qu'il apprenne à surveiller les journalistes avec plus de prudence (et moins d'alcool dans le sang). Mais pour le moment, elle était une femme et une mère comblée, et elle avait bien l'intention de voir tout cela durer. Peut-être pourrait-ils danser toute la nuit, finalement ?


[HRP : Pour moi, je pense que le sujet est terminé, à moins que tu aies une idée pour relancer ?]
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