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 Mais où sont mes vêtements ? [Stephan]

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Brume Sullivan
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MessageSujet: Mais où sont mes vêtements ? [Stephan]   Lun 5 Mai - 20:56

La journée avait été longue. Décidément trop longue. C'était pour tous les commerces pareil, il y avait des jours de travail acharné et d'autre où l'on s'ennuie. Il n'était pas difficile de deviner laquelle des deux solutions était la plus pénible à supporter pour Brume. L'un des avantages d'une journée vide, c'est qu'elle pouvait fermer plus tôt. Il faisait beau, le ciel était dégagé, le fond de l'air était frais malgré la chaleur que le sol renvoyait par ondes. Elle appréciait cette saison intermédiaire où il faisait encore froid aux extrémités du jour même si la chaleur annonçait déjà sa venue. Un dernier coup d’œil derrière les fauteuils pour s'assurer que des cheveux n'avaient pas échappé à l'aspirateur. Refaire les piles de magazines, vérifier que la poubelle avait bien été jetée. La métamorphe récupéra son sac à main, puis tourna la clé du système électrique pour éteindre toutes les lumières. Tout était en ordre, pas un chat dans la rue, elle pouvait donc endosser ce rôle et se glisser tranquillement dehors. Se hissant sur la pointe des pieds, elle verrouilla la première serrure située en haut de la jolie porte en bois qu'elle avait repeinte selon les couleurs indiquées la semaine passée, puis s'occupa de celle du milieu et de celle au bas de la porte. Trois sécurités peut-être superflues pour une modeste échoppe, mais au moins elle n'avait aucune raison de s'en faire une fois rentrée chez elle.

D'un pas rapide à l'air tranquille, elle regagna rapidement son appartement, montant d'un pied agile les marches de bois qui grinçaient irrémédiablement. Son appartement l'accueillit par un silence de mort, uniquement animé par de jolis rayons de soleil qui dansaient sur son plancher au rythme des plantes qui se balançaient doucement sur la terrasse. Oui, finalement ressortir un peu pour se décharger de cette journée frustrante était la meilleure solution pour commencer une bonne soirée. Aucun message sur sa boite vocale fixe, rien non plus qui n'ait changé dans son salon. Alors elle posa son sac sur canapé, puis retira ce qu'elle avait dans ses poches et ses bracelets pour tout laisser sur la table basse du salon. Ne jamais sortir équipé restait le meilleur moyen de ne rien perdre, comme disait son père.
Elle s'approcha de l'une de ses fenêtres et déverrouilla le clapet pour qu'elle puisse l'ouvrir en rentrant chez elle, puis passa par la porte d'entrée qu'elle referma à clé avant de la faire glisser sous la porte. D'aucuns l'auraient prise pour une paranoïaque, mais c'était le meilleur moyen selon elle de se laisser une entrée sans perdre des clés. Et de se rassurer, aussi, il fallait le dire. Depuis qu'elle avait appris que son fou retournait voir ses « conquêtes », elle était un peu moins tranquille, surtout chez elle.

La forêt des Ombres n'était pas le lieu le plus accueillant du monde, mais après les Andes Amazoniennes, elle n'avait plus vraiment peur de grand chose en matière de nature. C'était de toute façon son lieu de prédilection quand il s'agissait d'aller se dégourdir les pattes en manteau de fourrure. Sans trop faire attention aux personnes qu'elle croisait, elle se rendit jusqu'à la bordure de la ville, les bras croisés sous sa poitrine, resserrant légèrement les pans de son long gilet. Son pantalon large produisait un son léger et souple à chacun de ses pas, qu'elle sentait de plus en plus léger. Ce qu'elle avait hâte !
Quand elle fut en vue des arbres, elle prit une direction bien précise, et s'enfonça tranquillement à couvert des feuillages pour retrouver sa cachette de prédilection. Une bonne centaine de mètres après la lisière des bois, elle avait repéré des années plus tôt un petit amas de rochers entre lesquels il y avait une place suffisante pour cacher ses affaires sans qu'elles ne soient trop repérables par des humains ou des animaux. En six ans, elle ne s'était jamais rien fait piquer ni même abîmer.
S'assurant que personne n'approchait ni ne pouvait la voir, elle commença à se déshabiller tranquillement, prenant le temps de bien tout plier pour gagner de la place. Et hop ! Elle glissa ses sous-vêtements entre ses hauts et son pantalon, planqua le tout avec ses chaussures dans l'interstice, puis s'assit sur le sol, se concentrant pour prendre sa forme animal en toute sérénité. En un peu plus d'une minute, la petite jeune femme blonde à l'air un peu rêveur avait laissé place à cette adorable boule de poils mordorés qui l'accompagnait depuis sa naissance.
Il était temps de se détendre un peu...

L'ocelot grimpa d'abord sur le premier arbre venu, d'un bond puissant puis de quelques gestes habiles. Éprouver son agilité et sentir ses griffes bien accrochées dans l'écorce, un plaisir farouche et que seul un félin pouvait comprendre. Quelques entrechats et elle longea une grosse branche pour sauter sur une deuxième qui y faisait face. Un, deux, trois petits pas. Un oiseau qui passait par là et lui donna presque un torticolis avant qu'un nouveau bruit n'attire son attention en contrebas. Ah, la nature ! Elle peut vous donner l'impression que rien ne s'y passe et pourtant quand on sait observer et sentir, rien ne s'arrête jamais. Il s'y passe toujours quelque chose.
Jugeant que cette branche était un bon poste d'observation, elle s'y accroupit un moment puis regarda ce qui se passait au sol, sa queue battant l'air paisiblement, d'humeur à la fois curieuse et joueuse. Les herbes étaient soulevées ou déplacées par de petits insectes, ou de petits rongeurs. Elle n'avait pas spécialement faim, mais si elle pouvait trouver une petite chose savoureuse à grignoter, elle ne dirait pas non...

Et puis, elle le vit ! C'était une ondulation lente, discrète, mais pas invisible. En deux bonds agiles contre le tronc de l'arbre, elle fut à terre et commença une course derrière le serpent qui n'avait rien vu venir et ne chercha pas à faire face mais plutôt à fuir sous une haie de buissons une dizaine de mètres plus loin. Jubilant à l'idée de pouvoir jouer un peu pour attraper la pauvre bête, elle entreprit de sauter par-dessus les dits buissons, et fut plutôt surprise, en guise de sol, d’atterrir sur une surface qui était tout sauf plane, mais surtout très poilue. Sous la surprise, elle se crispa d'un coup et ressauta en une fraction de seconde, avant de heurter le sol en se tordant d'un coup comme un vers pour rebondir comme un ressort et arriver sur ses quatre pattes, un air entre étonnement et crainte quand elle fit face, toujours tapie près du sol, à un bouc d'une taille plus que respectable. Ah, ce n'était qu'un bouc.
...
Depuis quand trouvait-on des boucs dans cette forêt !?
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Stephan Carter
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MessageSujet: Re: Mais où sont mes vêtements ? [Stephan]   Lun 5 Mai - 23:02

Stephan n’était pas quelqu’un de solitaire. Loin de là, il adorait la présence d’autrui, et se sentait toujours mieux lorsque entouré de quelques gens. Mais ce soir, c’était autre chose. Il avait besoin d’espace. C’était rare, même plus que rare, c’était quasi-impossible. Cela ne lui était arrivé que deux fois dans sa vie… Forcément, il ne s’était jamais isolé depuis. Cependant la journée avait été un peu longue, à rêvasser, à réfléchir à un futur qu’il n’arrivait jamais à voir car son esprit avait toujours été ancré dans le présent… Travailler pour Précieuse aux Plaisirs Coupables ? L’idée ne lui déplut pas, au contraire, mais la pensée nouait légèrement ses boyaux quand son esprit virait sur le sujet.

Il avait dit qu’il y penserait, et c’était bien son intention. Ce soir était l’un de ces moments où il n’était pas mécontent d’être un métamorphe ; bien sûr n’importe quelle autre forme aurait été plus idéale… Combien de fois avait-il rêvé de courir à quatre pattes sur des coussinets élégants et discrets au lieu de sa démarche lourde, lente et laide. Il haussa les épaules en allumant une cigarette. Ce soir, il n’allait pas bien, ça au moins c’était clair. C’était si rare qu’il dénigre son totem ces derniers temps… Etait-ce l’apparition soudaine de Kath- Précieuse qui l’avait tant déstabilisé ? Après tout elle était sa seule connaissance ici qui l’avait vu sous sa forme animale. Cela l’avait-il remis sur les rails de ses vieilles habitudes ? « Si j’avais été ci, si j’avais été ça… » Ces choses ne rimaient à rien, et pourtant ces dernières heures avaient été hantées par ces pensées.

Inspirant profondément il alluma une cigarette, recrachant la fumée par le nez après quelques secondes. Il était fatigué, mais son corps n’avait aucune intention de le laisser au repos. Il aurait pu demander un logement à Précieuse, mais n’avait pas envie que son choix soit fait alors qu’il était déjà endetté envers elle. Un hôtel aurait suffit, et pourtant il n’avait pas l’intention de gaspiller de l’argent quand il pouvait dormir dans des endroits bien plus calmes et adaptés. De plus il avait faim, et n’avait pas non plus les moyens de manger dans un resto. Il reprit une bouffée de fumée et recracha avec aise.  La soirée était tiède paisible ; la journée avait été claire, chaleureuse, sans l’inquiétude de quelques nuages sombres. Bien sûr il savait pertinemment que dès que le soleil serait caché derrière l’horizon, tout se rafraichirait. La pensée de la lueur bleutée de la forêt la nuit lui donna aussitôt l’idée. Il n’avait pas encore visité ce lieu en bordure de la ville, et c’était certainement le parfait moment pour cela ; il devait y avoir de l’herbe à foison, chose qu’il adorait manger sous sa forme animale (en étant humain c’est tout de suite moins agréable quand un brin d’herbe se coince en travers dans la gorge…) Il y guida donc ses pas, traversant la ville tranquillement. Il n’y avait pas de quoi se presser, le soleil serait encore levé dans la prochaine heure.

Son esprit divagua totalement alors qu’il réfléchit à la coïncidence qui avait mené à sa réunion avec Kather-… Décidément. Précieuse. Vu l’allure que prenaient les choses il finirait par recroiser d’autres connaissances ! En réalité cela ne le dérangerait pas de recroiser Ian, son oncle… Peut-être même Blake aussi, son protégé, qu’il avait eu la chance de rencontrer avant que les événements tournent au vinaigre avec la meute.
Stephan avait été tellement absorbé dans ses pensées qu’il se rendit à peine compte qu’il était déjà non loin de la forêt. On l’avait prévenu que c’était un terrain de chasse réputée pour les Métas, mais il n’était pas inquiet ; qui essaierait de s’attaquer à un vulgaire bouc ? N’importe qui serait certainement trop surprit pour attaquer. Et puis après tout, il était un Méta aussi, non ? Il avait le droit de… « chasser » ou plutôt brouter dans son cas. Soupirant il alluma une nouvelle cigarette et s’enfonça dans les arbres. De suite à l’ombre, l’air était plus frai ; il y avait tant de verdure ici, il se sentait détendu. Il fuma néanmoins sa cigarette avant de décider d’un endroit où cacher ses affaires.

Ayant tant l’habitude de se transformer dans des lieux isolés, il décida de laisser ses affaires au pied d’un arbre qu’il savait qu’il reconnaitrait – pas trop loin ou trop près de l’orée des bois, du côté de la route où il était arrivé. Une fois clope terminée, il se déshabilla rapidement, sentant un frisson parcourir son échine. Il avait hâte de se retrouver sur ses sabots, même s’il se savait bien moins élégant et fort que la grande majorité de ses camarades Métamorphes. Secouant sa tête, il tomba à genoux, puis posa ses paumes contre la terre recouverte d’un tapis chaud, émanant encore la chaleur des rayons de la journée. En quelques secondes ses sens avaient changés ; il entendait le moindre son, reconnaissait la moindre odeur des alentours. Il se sentit sourire alors que, en quelques secondes, il était sur ses sabots. La première chose qu’il fit, comme toujours : ses pas se lancèrent en avant dans un élan de bonheur. Quelle joie de pouvoir courir tranquillement dans un espace encore relativement sauvage.
Ses petits sabots frappèrent le sol avec une régularité agréable, jusqu’à ce que, trouvant un petit coin d’herbe particulièrement appétissant, il ne s’arrête pour renifler les alentours. Il n’y sentit aucun danger immédiat, et sourit intérieurement. Laissant son esprit divaguer, le bouc laissa son corps agir naturellement ; la faim aidant grandement, il n’eut pas à faire attention à ce qu’il faisait.

Chose qui ne dura pas longtemps.

Il était tellement enfoui dans le néant de son esprit qu’il n’eut aucune réaction lorsqu’un poids lui tomba dessus, le renversant sur le côté. Hein ? Aussitôt le poids disparut, comme ayant continué sur sa lancée, il se roula (non sans… non-grâce) sur l’autre côté pour se redresser plus vite. Il n’avait pas mal, pas l’odeur de sang à signaler… Mais bien sûr dans son état de confusion mentale, il ne pouvait pas être sûr. Se réveillant lentement mais sûrement de sa torpeur, il put enfin apercevoir une petite silhouette quasiment couchée dans l’herbe. Il dressa les oreilles, bien que l’une se tournait vers les environs pour scanner la forêt en cas de danger.

Figé sur place, il ne se rendit pas compte combien de temps il resta immobile à s’attendre à une attaque. Finalement il contempla la créature à quelques pas devant lui… Un chat. Enfin, un gros chat quand même. Un félin, pas de doute, aux couleurs chaudes, et aux grands yeux clairs. Immédiatement les deux oreilles du bouc se tournèrent vers l'arrière, nerveux. Tous ses instincts animaux lui disaient de courir, mais il s'agrippa à son humanité en reconnaissant l'odeur pas entièrement animale. Se battant toujours contre la pulsion de fuite, il baissa la tête, montrant ses cornes et frappa un sabot au sol devant lui, le grattant comme s'il était prêt à charger. Il pouvait s'empêcher de fuir, mais non arrêter d'intimider son adversaire... Fuir ou combattre, voilà ce que disait son instinct animal. Il savait qu'il y avait quelque chose d'étrange avec ce chat; ce n'était pas une créature qui habitait normalement ce genre de forêt, alors il vint à la conclusion que le félin était un méta.

Se battant toujours contre tous les instincts de son animal totem, il essaya de détendre ses muscles et dresser la tête. C'était difficile de se battre contre la pensée animale qui gardait toujours le dessus sous cette forme, mais il s'était tant battu contre sa nature qu'il réussi petit à petit à avoir un comportement pas typiquement animal. D'abord il se força à dresser la tête, planter ses quatre sabots fermement dans le sol et pointer ses oreilles vers l'avant. Ce simple changement de comportement était parfaitement visible et étonnant, même pour un méta. Continuant à se forcer, il voulait montrer qu'il ne comptait pas être agressif. Il fit un léger hochement de tête; un geste fort troublant et pas du tout naturel pour son totem. Finalement, voyant que le chat n'avait pas l'air de vouloir attaquer (il aurait pu le piétiner s'il avait été en danger), il s’assit nerveusement sur arrière-train, tête un peu basse, tout de même prêt à partir en courant en cas de signe du moindre danger; il pouvait retenir beaucoup d'instincts, les calmer un peu, mais il ne pouvait pas les stopper entièrement. Ses oreilles se tournaient toujours vers les alentours, et son regard perçu brièvement la forme du gros chat... un coup de tête dans les côtes suffirait à l'arrêter s'il tentait d'attaquer, tant qu'il n'avait pas de l'aide dans les parages... Bien sûr il n’avait pas spécialement l’intention de faire ça. Il frissonna un instant et redressa la tête.

Son coeur palpitait nerveusement dans son poitrail, et une légère brise se faisait sentir dans ses poils.. Parler aurait pu tout changer... Il se serait détendu, aurait dit qu'il n'avait aucune mauvaise intention, et aurait tout bonnement continué à brouter. Mais avec les métas, rien n'était plus pénible. Au pire il pouvait se transformer... et être nu, bien sûr. Et après tout, en humain il était encore plus vulnérable. Si seulement il s'était trouvé face à quelque chose de moins... Carnivore. Après la meute de San José il avait apprit à se méfier de ces mangeurs de chair, surtout quand la sienne pouvait leur paraître intéressante.
Sa tête se tourna nerveusement de côté; un geste foncièrement humain, comme s'il avait tenté de faire craquer les os de son cou - sans quitter le félin des yeux, attendant un geste similairement amical ou humain de sa part.


Dernière édition par Stephan Carter le Dim 18 Mai - 18:00, édité 2 fois
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Brume Sullivan
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MessageSujet: Re: Mais où sont mes vêtements ? [Stephan]   Mar 6 Mai - 21:04

Elle observait l'animal, conservant une position défensive, le poitrail près du sol mais le dos rond. Cette chose n'était pas du coin, sa présence ne lui était pas familière pour deux sous et elle ne se souvenait pas avoir déjà croisé une telle créature dans les parages. Alors c'était un étranger ? Était-ce seulement une bonne nouvelle, surtout pendant une saison où les hormones de tous sont en ébullition ? Surtout des mâles, il fallait bien le dire...
Elle sentait parfaitement qu'il était comme elle, et si l'animal totem de cet individu lui mettait la puce à l'oreille sur son caractère, elle voyait ses sabots, sa stature et surtout ses cornes. La tension de ses muscles, sa respiration, son regard... Tout trahissait une certaine crainte vis à vis d'elle, et ce n'était pas de meilleure augure quant à ce qu'il pourrait se passer. S'il bougeait une oreille de façon trop menaçante, elle sauterait dans le premier arbre qu'elle trouverait avant de se faire enfoncer les côtes, ou pire, se faire piétiner.

L'ocelot glissa de moins d'un mètre sur sa droite, continuant de faire face au bouc et donnant l'impression de ramper sur le sol. Elle hésitait entre partir le plus vite possible et attendre de voir la réaction de l'autre métamorphe. La curiosité, la première cause de mortalité chez les félins domesticables... Vous savez que même en le sachant parfaitement, vous n'êtes absolument plus conscient de ce trait de caractère gênant sous forme féline, et que vous répétez bêtement des schémas stupides et dangereux sans pouvoir vous en empêcher ? Maintenant, vous le savez.
Elle n'était plus capable non plus de se mettre à la place de la biquette qui lui faisait face. En tant qu'humaine, elle se serait dit qu'il se trouvait d'une façon soudaine face à un félin venant de débarquer comme un boulet de canon, et qu'il ne savait en aucun cas si c'était à dessein ou non. Elle se serait excusée en lui disant qu'elle ne l'avait pas vue, puis elle aurait pu lui dire de ne pas avoir peur d'elle. Après tout, face à des griffes et des dents acérées, il ne devait pas se sentir rassuré. Mais elle non plus ne se sentait pas rassurée et n'était plus en capacité de raisonner. Elle ne voyait en lui qu'une menace, et pas des plus minces.

Tout en continuant de fixer l'individu, avec plus de curiosité, cette fois, elle n'enlevait pas de son esprit félinisé la possibilité de s'enfuir. Est-ce que cette chose courait vite, au juste ? Si c'était le cas, est-ce que c'était plus rapide ? Et surtout, surtout, est-ce qu'il avait de bons réflexes ? Car on a beau dire qu'un animal totem garde ses caractéristiques, est-ce que la vivacité fait partie de celle des chèvres ? Quelle idée aussi de prendre la forme d'un animal aussi exotique ! Il ne pouvait pas être un aras ou un singe, comme tout le monde ?
Comme dirait l'autre, à chacun ses références.

L'angoisse semblait toujours prendre la grosse bête (tout est question de relativité) et il était difficile de choisir entre repartir de son côté et aller chasser des souris plus loin ou continuer ce face à face muet, entrecoupé par leurs respirations plutôt rapides. Elle aurait pu se retransformer, c'était une option, mais même humaine elle devait peser moins lourd que ce bouc, aussi petit pouvait-il paraître pour certains. Alors autant ne pas se mettre inutilement en danger et continuer sur la voie la plus pratique pour s'enfuir. Les animaux sont des êtres pragmatiques, Brume l'était d'autant plus.
La curiosité l'emporta finalement.
Relevant un peu la tête et remettant ses grandes oreilles aux bouts arrondis vers l'avant, elle fit un pas qu'elle garda en suspension un moment, mais cette fois vers son... interlocuteur ? Un pas, puis deux. C'était déjà suffisant. Elle avança le museau, le tendit, le nez en l'air qu'elle agita en quelques mouvements vers le haut tandis qu'elle humait l'odeur du bouc, les yeux à demi-fermés mais toujours à l'affût du moindre mouvement suspect. Sa queue fendait l'air tranquillement, se balançant de gauche à droite avec de léger tressaillements à l'extrémité, traduisant une humeur curieuse mais pour autant pas tranquille. Une odeur forte, mais pas désagréable emplit ses sens. C'était bien l'odeur d'une chèvre, il n'y avait aucune surprise là-dessus. Le parfum de l'herbe coupée picota ses narines et elle fronça légèrement le nez moins d'une seconde.

Elle conserva cette distance de sécurité, ne voulant pas créer de réaction trop vive de la part de l'inconnu. Ne voulant pas se montrer soumise face à lui, elle opta pour une position inoffensive, amicale, mais pas non plus rampante. Il était plus lourd, certes, mais se coucher sur le sol n'était justement pas une bonne idée. Et puis, les félins n'étaient pas réputés pour avoir chacun leur petit caractère pour rien. L'ocelot s'assit donc, ses deux pattes avant sagement posées l'une à côté de l'autre, toujours en appui léger sur ses postérieurs au cas où il faille partir en coup de vent. Après tout, rien n'était joué !
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Stephan Carter
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MessageSujet: Re: Mais où sont mes vêtements ? [Stephan]   Mar 20 Mai - 17:37

Stephan restait sur ses gardes. Rien ne pouvait prévoir le comportement du félin, et encore moins en connaître les conséquences. Il s'était assit simplement, attendant une réponse de la créature. Au passage, son esprit encore vif de crainte imagina sans trop de mal la mâchoire du félin, les crocs acérés... Sans parler des griffes, bien sûr. Il ne savait pas quoi faire, sentant à nouveau une brise flotter contre lui; cette fois-ci le vent apportait l'odeur du gros chat dans sa direction.

Sous forme humaine il n'aurait pas perçu cela, du moins pas en une telle quantité... Mais quand à son odorat sous cette forme, il reconnu l'odeur du sentiment de l'animal. Déjà dans le comportement et l'allure, le chat n'était pas sur l'offensive, et son parfum trahissait une certaine.. Curiosité.
Stephan avait eu l'occasion de traîner avec d'autres gros chats; plus imposants, plus menaçants, plus mesquins et moqueurs... Mais tous avaient cette même caractéristique qu'était la curiosité. Comme le proverbe le dit si bien "curiosity killed the cat." Un trait fort embarrassant lorsque l'on en est conscient, et pire encore lorsqu'on ne l'est pas!

C'est alors que l'animal se releva très légèrement, se déplaçant d'à peu près d'un mètre sur sa droite. La pupille rectangulaire du bouc suivit le mouvement avec une nouvelle anxiété. Il ne connaissait pas assez la race pour savoir si ce geste était simplement pour le regarder d'un autre angle ou pour percevoir de possibles faiblesses. Quel idiot il avait été... Il aurait dû accepter immédiatement l'offre de Précieuse pour qu'elle lui trouve un hébergement moins dangereux que le parc. Mais il avait été fier et stupide, demandant du temps. Dumbass, pensa-t-il froidement, sans quitter le chat des yeux.
Cette nouvelle altercation avait décidément fait partir sa bonne humeur, et de manière un peu trop vive. Maintenant il était de mauvais poil, littéralement.

La curiosité du félin le fit soudainement s'avancer. Avec prudence, certes, mais sans méchanceté, oreilles nouvellement dressé vers ce qu'elle devait considérer un inconnu fort étrange. Peu étonnant que sa curiosité ne le pousse à cela! Mais, assit comme il l'était, il serait une proie facile... Certes le chat était bien plus petit, bien plus léger... Et la pensée le frappa soudainement comme un coup de foudre. Ce n'était pas à lui d'avoir peur; bien sûr les armes du félin n'étaient pas des moindres, et sa vitesse et vivacité aucunement remises en question... Mais si Stephan décidait de charger, qui aurait le plus mal des deux? Une griffure, même profonde, guérissait relativement vite pour un méta, alors qu'un bon coup de crâne, capable de briser pattes et côtes...

Le chat continuait d'avancer, nez dressé, humant le bouc avec curiosité, et distance, il faut le dire. Il avait fait deux pas et s'était arrêté. Pas trop près ni trop loin. Sa posture trahissait une curiosité, comme avant, mais aussi une anxiété. Oui ce chat avait autant de raison d'avoir peur que lui. Mais après tout, si chacun avait peur, représentaient-ils vraiment une menace l'un pour l'autre?

Il hésita un instant. S'il se levait, le geste pourrait être vu comme brusque, un signe d'agressivité... S'il restait là néanmoins, il traduisait une certaine faiblesse... Alors il décida de rester assit, et allongea un peu son dos pour avancer sa tête vers le félin, humant à nouveau son parfum.
L'odeur du chat était... étrange. La majorité des lions et tigres de sa famille puaient le fauve, la chair morte, et le sang. Celui-ci en revanche... Un parfum léger, agréable, fort sans pour autant être gênant. Il avait envie de sourire en encouragement, mais en lieu de ça un autre réflexe, bien plus animal, lui vint.

Il brêla.

Cela brisa le silence avec bien plus de force de voulue, de quoi faire fuir tous les oiseaux du coin. Stephan aussi aurait sursauté s'il n'était pas si habitué au son... Bonjour la bêtise animale...
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MessageSujet: Re: Mais où sont mes vêtements ? [Stephan]   Jeu 22 Mai - 23:02

Alors qu'ils s'observaient l'un l'autre dans une tension palpable, se demandant sans doute lequel des deux représentait la plus grande menace pour l'autre, un son certes surprenant mais surtout très fort franchit les lèvres de la chèvre. Brume fit un bond en arrière à la fois nerveux et défensif, atterrissant sur des pattes avant légèrement fléchies avec une expression des plus surprises et tentant tout de même de répondre par une sorte de miaulement étranglé et plus indigné que menaçant. Ouvrant de grands yeux ronds face à ce que venait de produire l'individu et le cœur battant, elle ne devait pas avoir l'air bien vaillante, la respiration rapide et les pupilles dilatées comme en pleine nuit, la queue repliée devant elle, protection bien futile si le bouc s'était soudainement mis en tête de charger. Elle avait beau trouver des avantages à posséder des airs de peluche et un caractère plutôt doux, elle regrettait parfois la mâle facilité de son frère sous forme animale à se faire respecter. Un jaguar de quatre-vingt kilos n'en fait pas mener large à son adversaire, surtout quand on sait qu'une telle bête à l'état naturel est capable de tuer et dépiauter un crocodile de taille respectable. Quelque part heureusement pour sa vie sociale, elle pouvait seulement se vanter d'être capable d'attraper un serpent sans se faire mordre et de le manger, cru ou cuit... Même si grillé avec un filet d'huile restait la manière la plus agréable de le déguster !
Mais l'heure n'était pas à la gastronomie. Du moins, elle n'en était pas encore là avec son étrange interlocuteur.

Même si elle n'était pas possession de ses facultés pleines et entières, elle usa des outils à sa disposition pour analyser la situation. Il n'avait pas bougé et ne semblait pas bien décidé à faire de gestes brusques. C'était déjà une bonne chose. Même si elle n'était pas sûre que cette situation soit immuable. Qu'elle le fût l'aurait tellement arrangée ! Ils se passèrent encore quelques longues secondes pendant lesquelles elle jaugea du regard la grande carcasse à la tête lourdement armée avant de finalement se rasseoir dans une position toujours loin de la tranquillité la plus parfaite. Si les félins ont souvent l'air nonchalants, ils n'en sont pas moins soumis à la tension et au stress. Leurs réflexes connus de tous ne venaient pas de rien, et Brume en tant que grande angoissée avait su l'apprendre à ses dépens.

Ce bêlement tout à fait surprenant n'avait rien de menaçant, pourtant il aurait pu lui dire par ce signal auditif qu'il lui demandait de reculer. Parfois les avertissements ne sont pas ceux que l'on croit, mais rarement chez les animaux. Les codes sont clairs et sans sous-entendus tordus. Approche-moi de trop près et je t'attaque. Respecte mon espace, je ne te connais pas. Cependant l'attitude globale de l'imposant animal n'était ni menaçante ni défensive. Il semblait aussi perplexe qu'elle, voire embêté par la situation qui ne se débloquerait pas seule. Sa conscience passablement amoindrie par ses réflexes félins, elle réfléchit en quelque sorte à ce qu'elle pourrait faire pour ne pas se faire attaquer, et surtout ne pas se présenter comme un ennemi ou du moins un être hostile à la présence de la biquette. Elle n'avait pas non plus énormément de solutions à proposer sous forme animale. Les mots, c'étaient tout de même une invention bien pratique ! Certes, ambiguë et pas toujours facile à maîtriser, mais au moins, on avait matière à de vraies négociations sans démonstrations de force pour établir les places de chacun.

Finalement, elle émit un son proche d'un gros miaulement, bouche fermée. L'avantage d'avoir des cordes vocales hors du commun ! Ce fut bref, mais pas vindicatif. Ce n'était pas non plus très amical. Ils n'avaient pas pêché la truite ensemble, pas question de faire des familiarités, non mais ! Le but même de ce petit cri n'était pas vraiment défini, il sortait plus d'un besoin de mimétisme pour montrer à l'autre qu'elle n'était pas plus offensive que lui. Après tout, quand on ne connaît pas le langage d'un autre, on essaie de trouver un moyen de se faire comprendre. Même si pour le coup, produire des sons langagiers n'était pas du tout de la tarte pour un être plutôt solitaire.
Repointant les oreilles vers l'avant, le calme reprenait son cours sons le pelage mordoré du gros chat. Il fallait bien l'avouer, cette rencontre était certes insolite, elle n'avait pas l'air si dangereuse.

Puis la curiosité revint, plus forte dès lors qu'elle avait la certitude que le bouc ne chargerait pas. A moins qu'elle n'ait absolument pas compris ses intentions, ce qui restait envisageable mais déjà effacé de l'esprit du félin trop préoccupé par l'individu lui-même. Qu'est-ce que l'on pouvait attendre d'une chose comme ça ? Est-ce que ça jouait ? Est-ce que ça tenait chaud ? Est-ce que c'était confortable pour faire la sieste ? Autant de questions auxquelles elle trouvait primordial d'avoir une réponse. Celle de savoir si ça se mangeait était évidente : tout herbivore est bon à grignoter, mais pas tous ne sont bons à attaquer. Ce n'était pas pour rien que Brume courait le plus souvent après les lézards et les serpents dans cette région marécageuse. A part les rongeurs, la plupart des mammifères étaient plus gros qu'elle et donc plus dur à attraper pour les croquer en toute tranquillité.

Avançant à nouveau vers le bouc, cette fois avec un peu plus d'assurance mais sans pour autant se montrer trop aventurière. Aller trop vite pourrait passer pour une agression, et puis en bon chat, elle n'était pas vraiment sûre à cent pour cent de vouloir approcher de trop près un être vivant qu'elle ne connaissait pas. Surtout si c'était un métamorphe. Même si les chèvres n'étaient pas en général des animaux imprévisibles, on ne sait jamais ce qu'une conscience en partie humaine peut faire faire. Toujours à pattes prudentes et de velours, elle progressait en s'arrêtant presque à chaque pas pour vérifier, la tête basse mais le museau et les oreilles levés vers l'avant, qu'il n'était toujours pas hostile au fait qu'elle l'approche d'aussi près. Quand elle fut à moins de trois petits pas d'ocelot de lui, elle décidé qu'elle en avait assez fait. Rabaissant son postérieur vers le sol sans pour autant le poser, elle garda cette position basse sans être soumise, tendant le bout du nez vers la chèvre, comme pour l'inviter à faire de même. Malgré la tension, l'excitation provoquée par la curiosité qui l'emportait lui donna l'occasion de se montrer plus avenante, entamant un timide et pourtant déjà fort ronronnement.
Curiosity killed the cat ?
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Stephan Carter
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MessageSujet: Re: Mais où sont mes vêtements ? [Stephan]   Ven 6 Juin - 12:59

Son cri chèveresque résonna dans les bois aux alentours, emplissant le silence avec une telle brutalité qu'il imaginait l'envol de nombreux oiseaux des alentours, mais surtout, à son grand désarroi, le fait que cela venait de prévenir tous prédateurs possibles des alentours de sa présence. Mais dans l'immédiat, c'était plutôt la réaction de son "interlocuteur" qui l'inquiéta. Le félin avait bondit, d'une telle hauteur que le bouc se trouva jaloux de cette capacité, et recula prestement. Lui même s'était levé et avait reculé abruptement, inquiet que cela venait de déclencher les hostilités. Néanmoins le chat resta loin, tête basse, avec un miaulement étranglé qui lui fit soudainement de la peine. Pourquoi fallait-il que le bouc en lui prenne le dessus pile à ce moment-là? La queue du félin était repliée défensivement devant lui, ou elle, il ne savait pas vraiment. Mais si c'était un mâle, quelle taille avaient les femelles de cette race? Il était commun que les mâles soient plus larges, mais ne connaissant rien de cette espèce, tout était possible.
En y réfléchissant, un mâle aurait certainement été plus territorial, plus agressif face à l'intervention inattendue, mais encore, il n'en savait rien. Il se contenta de l'observer, quand même embêté par la situation. Comment pouvaient-ils communiquer sous cette forme, hein? Mais après tout ce n'était pas forcément nécessaire, il pourrait certainement partir brouter ailleurs maintenant qu'il voyait qu'il n'y avait aucune méchanceté dans son comportement, mais il était curieux. Ce n'était pas un trait connu chez les chèvres, c'était plus sa personnalité humaine qui faisait ça. Sortant de sa posture défensive tout en douceur, le félin émit une sorte de miaulement, tout en maintenant sa bouche fermée. Encore une capacité dont il se trouva un peu jaloux. Combien de chèvres pouvaient brêler un minimum discrètement, hein? Aucune. Ils étaient de grosses bêtes lourdes et loin de l'élégance animale de la majorité du Règne, bruyantes et incapable de furtivité. Qu'est-ce qu'il n'avait pas à envier à son interlocuteur, honnêtement? Certes il était moins imposant que les tigres et autres lions de sa famille, mais au moins il aurait la capacité de fuir, grimper dans un arbre, disparaître aux yeux d'un quelconque prédateur... Lui, eh bien, c'était tout l'inverse.
Le félin sembla se détendre, petit à petit, ses grands yeux ronds le regardant, tête basse, belles oreilles vers l'avant. Ils avaient fait un pas en arrière dans leur communication, mais le chat semblait encore trop curieux pour lâcher une quelconque affaire! Stephan avait envie de rire. Plus il le regardait, plus il avait l'impression d'avoir affaire à une grosse peluche, regorgeant de questions dans ses yeux luisants. Il avait envie d'y répondre, de lui expliquer que non, il n'était pas dangereux, que non, il n'avait aucune intention d'attaquer, oui il était un métamorphe... Il ne savait pas trop quelles questions pouvaient se trouver dans sa tête, surtout quand lui-même était un animal fort intrigant... Lui... Il était une chèvre quoi. Un peu bizarre pour un méta, on lui avait souvent dit, mais quand même, il était une chèvre, point. Il broutait, il dormait, il savait donner des coups de tête. C'était tout ce qu'il y avait à savoir vraiment...

Lorsqu'il était à trois pas de lui, le félin s'arrêta, et émit un bruit fort agréable... Un ronronnement. Bon sang de bonsoir! Ce chat était vraiment une grosse peluche vivante, et maintenant toute inquiétude avait quitté l'esprit du bouc. C'était un chat, adorable, pacifique, tout ce qu'il y avait de plus tranquille. Du moins, c'était ce qu'il espérait fortement. Ce ronronnement... C'était juste... trop mignon. Les oreilles du bouc étaient dressées, à écouter le son qui, s'il avait été sous forme humaine, lui aurait fait des frisson de bonheur. Le chat attendit, museau dressé vers lui. Le bouc s'approcha alors doucement, pas à pas, tête haute - elle aurait été basse, cela aurait été bien plus agressif, et il n'avait aucune intention de refaire un nouveau pas en arrière dans cette petite rencontre.
Comme le félin, il fit un pas, s'arrêta, reprit doucement, imitant le chat. Il étendit son museau. Il était littéralement à deux doigts du contact, quand, soudainement, il entendit un bruit venant de sa droite. Tout de suite il recula, son souffle sortant de manière lourde par ses narines. Son instinct lui fit oublier le gentil félin, et il se focalisa entièrement sur la possible menace. Il y avait un bruit de feuilles, mais il n'y avait pas de vent... Il fit un pas vers le bruit, tête basse, frappant son sabot contre le sol terreux et le grattant en défiance. Il ne savait pas ce qui se terrait là-derrière, mais le moindre signe d'agressivité, il foncerait dans le tas, prédateur ou non!
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MessageSujet: Re: Mais où sont mes vêtements ? [Stephan]   Lun 16 Juin - 20:40

Le bouc avait fini par comprendre sa manière de communiquer et de sympathiser. C'était une bonne chose, il serait dès lors plus facile de se comprendre. Si elle acceptait de faire des efforts sonores et lui de mouvements, c'était parfait. Finalement, les mots pouvaient n'être qu'un artifice à force de persévérance. Malheureusement l'esprit humain avait besoin de satisfaire de plus larges horizons intellectuels par des moyens complexes et tirés parfois de longues années de recherche pour comprendre et appréhender le monde qui l'entoure. Et par ailleurs elle ne pouvait nier que certains de ces moyens donnaient lieu à de vraies merveilles, comme les Sciences et les Arts, même si dans le lot, bien entendu, on trouvait de tout, même des choses moins intéressantes, voire tout à fait douteuses. Mais pour l'heure, ils étaient parvenus à trouver un terrain d'écoute et de réponse qui semblait plutôt correct, et l'intelligence humaine derrière leur comportement animal devait sans nul doute y être pour beaucoup.

Leurs museaux respectifs à seulement quelques centimètres l'un de l'autre, l'ocelot renifla à nouveau, sentant une odeur d'herbe fraîchement coupée plus forte encore. D'ordinaire, les agents allergènes en suspension lui auraient fait froncer le nez voire éternuer, mais une fois disparus dans l'estomac de la biquette, ils ne chatouillaient pas suffisamment ses narines pour provoquer ce genre de réaction qui aurait pu tout faire tomber à l'eau en un quart de secondes. Il y avait aussi une légère pointe de poussière terreuse logée au creux de ses sabots fendus, et un soupçon d'un parfum tout à fait personnel. Car même chez les animaux, chaque individu possède une odeur toute particulière et unique, même si dans le cas de Brume, animal ou humain lui faisait le même effet et qu'elle était parfaitement capable de les reconnaître une fois qu'elle les connaissait suffisamment grâce à cette emprunte olfactive qui valait pour elle toutes les empruntes digitales du monde. Les odeurs avaient la particularité de laisser en plus une indication sur l'état dans lequel se trouvait l'être vivant concerné. La peur, l'angoisse, l'excitation ou le bien-être se taillaient de belles parts dans la longue liste des possibles émotions exprimées par la peau.

Cependant, le répit fut de courte durée. Des bruits dans les buissons alentours les firent légèrement sursauter en même temps, et tourner la tête dans cette direction de façon presque synchrone. S'ils avaient voulu faire un numéro en miroir, ils n'auraient pas mieux fait. A bien y réfléchir, ils devaient être comiques à voir. Un bouc tourné tête baissée vers le potentiel danger, et un ocelot le dos tendu et les yeux touts ronds, prêt à bondir ou à fuir dans un arbre, on ne savait pas trop. Elle était d'ailleurs toujours tournée vers lui, malgré un regard persistant sur les buissons. Un bien drôle de duo. Il y aurait sans doute eu une photo à prendre, et malheureusement pour eux, ils n'offriraient à ce potentiel assaillant qu'un spectacle bien comique. Ce qui ne changerait d'ailleurs rien si c'était un authentique animal qui déboulait des feuillages, le sens de l'humour ne serait sans doute pas au rendez-vous lors de cette rencontre. Il y avait quand même du bon à avoir un côté humain dans certaines situations.
Prenant le parti d'elle aussi changer de position et ne pas bondir dans le premier arbre venu, elle se tapit dans les herbes légèrement hautes, prête à sauter sur le premier individu venu ou au contraire à détaler en cas de confrontation inégale. Courageuse mais pas téméraire. Son seul combat contre un jaguar lui avait amplement suffit pour qu'elle soit sûre de ne plus vouloir prendre de risque inutile. Encore qu'avec un jaguar, elle n'aurait pas grand chose à craindre, surtout dans une région que cette espèce ne peuplait naturellement pas. Les oreilles couchées en arrière, ses yeux perçants guettaient le moindre mouvement, essayant de deviner à l'avance quel type d'être vivant sortirait de ce tas de buissons. Il n'y avait pas énormément de solutions possibles dans ces cas-là : prédateur ou proie, gros ou petit gabarit. Ce n'était pas d'une grande précision, mais au moins on savait ce qu'il convenait de faire. Enfin, à peu près...

Ce fut alors que la chose qui avait causé tant de tapage sortit presque en trombe de sa cachette... un lapin ! Oui, un simple lapin, pas vraiment très gras, d'une couleur tout à fait ordinaire et une expression de terreur absolue dans le regard. Bref, un lapin. Un gros lapin. Même si selon l’œil avisé de Brume, il aurait pu y avoir plus de choses à manger sur cette carcasse. Mais l'heure n'étais pas à la ripaille... C'était certes tentant, il valait mieux ne pas offrir ce genre de spectacle à un herbivore d'origine humaine, ce serait comme lui faire passer un message sur son funeste futur s'il restait à côté d'elle.
L'ocelot se contenta donc de partir en bondissant joyeusement vers la bête affolée qui s'échappa de plus belle et surtout d'un potentiel prédateur. L'attitude du félin trahissait un désintérêt total pour un potentiel repas, la tête plutôt tourner vers la chèvre tandis qu'il gambadait encore d'un ou deux pas vers son compagnon de bois. Ce qu'elle n'avait pas prévu dans la foulée, c'était que si ce lapin courrait de façon aussi affolée pour sortir de sa cachette, ce n'était pas l'opération d'un esprit frappeur ni même d'un autre individu du genre. Pourtant, en tant que chasseur, elle aurait dû le prévoir.

Prévoir ce foutu chien de chasse qui venait de lui faire faire un bond digne des jeux olympiques. Cette fois bien campée sur ses quatre pattes malgré un atterrissage brutal sur le sol, elle montra les crocs sans hésiter, tapie dans l'herbe et le poil hérissé de la tête à la queue. On avait pas idée de venir de façon aussi agressive embêter les gens dans la forêt. Ce n'était pourtant pas la saison de la chasse. Alors que faisait ce grossier personnage dans les parages ? Plus moyen de discuter avec une chèvre tranquille ! C'était vrai, quoi ! Les propriétaires de cet animal avait intérêt à faire fissa pour venir le chercher ou... ou elle allait devoir se replier dans un arbre au plus vite. Il fallait bien le reconnaître, cette chose était déjà bien haute sur pattes comparée à elle. Et dire que tout ceci était arrivé en moins de dix secondes.

Les oreilles toujours plaquées en arrière et les mâchoires séparées dans un feulement défensif, elle espérait une intervention de quelqu'un ou de quelque chose -au point où elle en était- mais surtout que ce chien qui grognait lui aussi ne lui saute pas dessus. Et arrêter de le menacer n'était peut-être pas une solution, qui sait, il le prendrait peut-être pour une porte ouverte à l'attaque ?
Dans tous les cas, c'était arrivé trop vite, et surtout de façon injuste. Même dans des coins reculés comme celui-ci on ne parvenait pas à rester dix minutes tranquille !

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MessageSujet: Re: Mais où sont mes vêtements ? [Stephan]   Dim 15 Fév - 1:15

Stephan était prêt, tête baissée, regard fixé vers le buisson. Il pourrait toujours essayer de fuir, ne doutant pas de la capacité du gros chat à grimper à un arbre pour être en sécurité... Lui n'avait pas cette chance ; les chèvres n'étaient pas exactement constituées comme ça. Il n'avait d'autre possibilité que de fuir, ou se battre. Selon la nature du danger, si c'était un prédateur véloce ou une créature plus lente mais forte, il n'aurait pas beaucoup de choix... Il n'avait pas franchement envie de se battre, la journée avait été assez dure comme cela, inutile d'ajouter une blessure fatale au tas.

Bien que la majeure partie de son attention était portée sur le danger potentiel, il ne manqua pas de garder une oreille vers l'ocelot qui s'était tapi dans les herbes relativement hautes. L'élégance avec laquelle il faisait ça était impressionnant quelque part.... Si une biquette se mettait dans la même position, cela serait certainement la chose la plus hilare que qui que ce soit ait jamais vu.

Il secoua une seconde la tête - il fallait qu'il laisse son instinct animal l'envahir, sa pensée humaine n'était qu'une gêne dans le cas présent, et ne présentait qu'un danger plus grand.
Les buissons s'agitèrent alors plus fortement en un instant, et la faible lumière accentua la clarté des feuilles alors qu'elles bougèrent frénétiquement. Soudainement la créature tant attendue en surgit, et Stephan sursauta malgré lui, sautant à l'écart pour voir le lapin courir à toutes pattes alors que l'ocelot sembla jouer avec lui; son attitude ne montrait aucun intérêt d'en faire un repas potentiel, ce qui rassura Stephan au plus au point - aussi petite que soit ce gros chat, le métamorphe n'était pas purement conduit par l'instinct bestial qui l'aurait autrement poussé à tuer. Bref sa pensée humaine prit le dessus. Aurait-il été sous cette forme il aurait rit. Toute cette panique pour ça?

Il eut à peine le temps de se détendre qu'une autre silhouette bien plus large surgit du buisson avec un bond phénoménal, pour atterrir devant l'ocelot. Immédiatement le gros chat feula de mécontentement, montrant les crocs avec tous les poils hérissés, dos courbé en arc. Cela rendit immédiatement la chèvre nerveuse, et ses oreilles se baissèrent sur son crâne alors que l'on pu voir le blanc de ses yeux. Sa pupille rectangulaire était fixée sur la scène. Il avait peur, non seulement parce qu'il y aurait certainement une altercation, mais aussi parce que Stephan reconnaissait la race de chien sans en connaître le nom... De sales bêtes élevées pour chasser du gros gibier, que ce soit cerf ou sanglier... Des créatures brutales dans leurs comportements des uns vers les autres et surtout vers les autres animaux qui pouvaient les entourer. Ce chien en question grognait, aboyait avec une férocité terrifiante. Stephan avait envie de crier, de dire à l'ocelot de fuir, que c'était trop dangereux... Mais il n'était qu'une chèvre, et il ne pouvait pas parler. Malgré tout sa nature humaine l'envahissait. L'ocelot avait été aussi terrifié que lui lors de leur rencontre, et c'était un métamorphe aussi, un être humain sous forme animale! Et sa forme féline n'était pas la plus pratique face à un tel danger... Il fallait le protéger.

Il vit alors les muscles des pattes arrière du chien se tendre, préparant un bond d'attaque... C'était maintenant ou l'autre métamorphe se trouverait blessé. Inutile de réfléchir une seconde, il savait où frapper, et n'hésita pas à foncer tête baissée. Le chien s'était élancé, mais il l'avait anticipé, et le frappa en plein envol dans les côtes. Il cru entendre un craquement, mais en était incertain. Le chien fut poussé sur le côté avec un couinement de douleur, mais se redressa vite pour faire face à Stephan qui se tenait fièrement sur ses pattes, montrant une allure défensive. Il ne voulait pas le rendre plus agressif encore, mais visiblement il était trop tard. Le chien grogna et aboya, montrant des crocs menaçants... La biquette avala nerveusement. Il était rapide, certes, mais pas assez pour fuir le chien, et n'était pas non plus une force de la nature! Pas faible de la tête, mais outre un combat frontal il ne voyait pas comment il pourrait s'en sortir! Le chien était vif, et l'observa avec une fureur sans pareilles. Agacé, Stephan le fixa avec un calme tendu. Il ne voulait pas se battre, mais si ce clébard ne se calmait pas il n'y aurait pas d'autres moyens de résoudre ce conflit. A présent l'ocelot était sortit de sa tête, c'était juste lui face au chien. De toute manière, que pouvait faire ce minou au juste? Il pouvait certainement se défendre, mais vaincre un adversaire pareil? Ce n'était pas gagné, pour aucun des deux à vrai dire. Au pire des cas il pourrait se transformer, espérer faire fuir la sale bête... Mais ce n'était pas forcément plus pratique ; s'il venait à attaquer, il serait nu, littéralement, et sans défenses.

Agacé par le chien qui ne se calmait pas, au contraire ; il souffla bruyamment par ses naseaux, comme un signe d'impatience ou d'impertinence. Il avait envie de narguer se clébard au point où il en était, et maintenant qu'il était vraiment tourné vers lui, il imaginait que le chien saurait esquiver les assauts frontaux, et Stephan se connaissait, quand il fonçait, il prenait du temps à se retourner pour une nouvelle attaque, le chien aurait le temps de le mordre par derrière [comme]. Il n'y avait donc pas grand choix. Il baissa la tête, pas en signe de défaite, mais en défiance, et gratta le sol avant de la redresser d'un geste sec en le regardant dans les yeux en provocation. Cela sembla suffisant pour envoyer le chien dans une rage noire et il s'élança vers lui en hurlant.
Stephan attendit l'assaut mais alors que le canidé se lança dans les airs pour lui sauter dessus il se décala rapidement, et une fois qu'il eut touché le sol la chèvre lui donna un nouveau coup de tête dans les côtes. Cette fois-ci il entendit avec certitude un craquement sourd. Le chien hurla de douleur et se retourna vers lui... Mais cette fois-ci il ne prit pas le temps de se reposer et s'attaqua immédiatement à lui, plongeant pour attraper sa patte avant. Il brêla de douleur et se vit poussé au sol par l'énorme masse musculaire du chien... Avec les quatre fers en l'air, il essaya de pousser le chien, mais il tenait sa patte férocement entre ses crocs, et serra. Criant, il sentit soudainement les dents traverser la peau et la chair jusqu'à l'os. Lancé dans une frénésie hystérique, il donna des coups de sabots dans le ventre de l'animal mais cela ne sembla pas l'empêcher de serrer toujours de plus en plus fort. Bientôt il fut prit de peur, terrifié, paniqué. Il n'arrivait pas à se débarrasser de cette vermine qui allait bientôt lui briser les os... Il n'avait plus le choix - dans l'état actuel, il ne pouvait pas se permettre de perdre l'usage de son bras... Il fallait qu'il se retransforme, peut-être que cela ferait réagir la bestiole! A présent il était sans défense, il lui fallait une solution. Il commença la transformation, essayant de se concentrer malgré la douleur; il savait que c'était certainement la seule chose qui pouvait le sauver.

Hélas la mâchoire se serra plus vite et douloureusement qu'avant. Tout se passa beaucoup plus vite que prévu. Hélas ses cordes vocales avaient eu le temps de se reformer, et il put crier de manière proche d'humaine. D'un coup il ne pouvait plus bouger, plus rien faire... Son corps se tordit de lui-même, la douloureuse métamorphose continuant. Le chien lui lâcha la patte, sentant peut-être qu'il ne se débattait plus... Mais au lieu de s'arrêter comme une créature capable d'empathie l'aurait fait, le chien de chasse s'attaqua alors au cou de la chèvre...
Son esprit divagua  alors qu'il sentit la douleur continua à le traverser. Il n'avait plus la force de repousser cet assaillant lourd et puissant, qui refusait de le lâcher... Pourquoi l'abruti de maître de ce chien ne le rappelait pas au juste? Pourquoi il fallait qu'il se retrouve dans la merde dès sa deuxième soirée à la Nouvelle Orléans?

Il n'aurait jamais le temps de se transformer entièrement avant que le chien ne lui arrache la gorge... Il regarda le ciel au-dessus de sa tête, et vit que la nuit était tombée, et que les étoiles étaient légèrement cachées par la lumière de la ville qui se reflétait dans quelques nuages... Décidément, la journée n'aurait pas pu se terminer de manière plus pourrie qu'actuellement..
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MessageSujet: Re: Mais où sont mes vêtements ? [Stephan]   Ven 20 Fév - 0:25

Il se passa un temps assez long pendant lequel les trois animaux se fixaient dans un demi-silence à peine rompu par les grognements sourds de ceux qui le pouvaient. Il lui était parfaitement impossible de deviner à l'avance ce qu'il se passerait, d'anticiper les initiatives de son presque interlocuteur à quatre pattes (comme.), et ce fut en grande partie pour cette raison qu'elle ne sauta pas dans l'arbre le plus proche pour y trouver refuge. A vrai dire, elle ne savait pas vraiment ce qu'ils pourraient faire à eux deux contre le molosse, mais ils auraient sans doute plus de chance de s'en sortir. Une supposition bien humaine, car si le chien lui collait un coup de dents sur la jugulaire, vu la puissance de ses mâchoires, elle n'était pas sûre de pouvoir faire quelque chose si ce n'était vaguement planter ses griffes dans ses muscles, ce qui à la réflexion, ne serait pas forcément mal.

Elle n'eut pas véritablement le temps de pousser ses réflexions félines plus loin, et elle se surprit d'ailleurs à avoir eu moins de réflexes que son compagnon d'infortune, qui préférait peut-être se laisser une marge de manœuvre. Chaque espèce ayant sa spécificité, on pouvait le comprendre, et si elle pouvait bondir en un clin d’œil, sans doute qu'une chèvre serait bien plus apte à faire mal à un chien de cette taille. Le choc produisit un son mat, mais elle ne fut pas sûre non plus d'entendre un véritable craquement. Il était au moins parvenu à lui couper le souffle, c'était certain. Pas pour longtemps, en tous les cas, car bien vite leur problème velu fut de nouveau sur pattes, prêt à s'élancer de nouveau. C'était une blague !? Cette chose était aussi solide que ça ? Ils étaient mal partis, très mal partis. La bête semblait alors furieuse et puisqu'il était de toute façon tout aussi difficile de raisonner un animal qu'un humain dans ce genre de moments. Alors face à d'autres formes animales, il était presque impossible d'employer une autre solution que la violence pour essayer d'aplanir les choses. Radical, mais tristement vrai.

Elle se tapit un peu plus dans les hautes herbes, plus prête encore à bondir, griffes à demi-sorties et poil hérissé le long de son dos. Le problème se posa de façon complètement différente : aucun des deux ne semblait plus faire attention à elle. Un comportement parfaitement naturel, si l'on prenait en compte toutes les habitudes animales, cependant en tant qu'autre prédateur, le chien aurait pu décider de se jeter sur elle malgré sa taille. Alors peut-être parce que le bouc l'avait attaqué en premier ? C'était presque insoutenable. Si elle n'avait pas peur de finir écrasée entre les cornes et les mâchoires, elle serait sans doute intervenue et aurait pu bénéficier d'un effet de surprise plus que certain. Le doute restait cependant trop fort, et elle ne préférait pas expérimenter ce que ses côtes vaudraient face à la puissance d'attaque de l'un et de l'autre. Elle ne put que rester en spectatrice.
Tout alla vite. Si vite. Trop vite. Un craquement, un cri de douleur, un coup de patte, un nouveau cri de douleur. Avant même qu'elle n'ait le temps d'être sûre d'avoir tout vu, le chien pressait ses impitoyables crocs dans les chairs du bouc qui ne pouvait pas y faire grand chose, jeté sur le flanc. Elle allait intervenir, se jeter sur le chien mais ce fut une voix qui n'avait plus rien d'animale qui la fit s'arrêter dans son geste et la glaça plutôt. Son cœur battait certes une chamade, mais c'était presque pire. Aussi étrange que cela pouvait sembler, ce timbre humain lui serrait encore plus les entrailles quand bien même c'était exactement le même individu qui l'émettait. Il était donc en train de se retransformer mais était-ce vraiment une bonne solution ? A bien y réfléchir, les métamorphes étaient dotés d'une plus grande force physique que la moyenne, peut-être que maîtriser ce chien serait plus aisé de cette manière. Ou la crainte de l'homme ferait son travail ? Elle ne parvenait plus vraiment à savoir, là était tout le problème. Il avait l'air de le lâcher, peut-être que ça se finirait...

Et puis le chien commit une erreur. Une grossière erreur. Il n'y aurait pas de pitié pour cette chose, s'il devait n'en rester qu'un des deux, ce ne serait certainement pas ce stupide chien de chasse. Certes un peu tard pour la situation mais suffisamment tôt elle l'espérait et sans le moindre bruit, elle fendit la distance qui les séparait et se jeta littéralement sur le canidé, griffes en avant, et planta celles de ses pattes avant dans l'épaule tendue à son maximum de la bête qui, de surprise du moins, lâcha sa prise. Les nerfs le firent sursauter et lancer les mâchoires dans sa direction, elle n'eut qu'à lancer ses deux pattes avant dès lors libres sur le museau déjà bien couvert de sang. Crocs découverts elle aussi, elle espérait bien lui régler son compte, lui apprendre à s'attaquer ainsi à des animaux qui n'avaient rien demandé. Ou presque rien demandé. Après quelques jeux de pattes et de bonds, elle finit par atteindre son but : attraper à son tour la jugulaire terriblement tendre de son nouvel adversaire entre ses crocs, une patte sous son menton, l'autre sur son poitrail, griffes sorties. Il aurait certes fallu qu'elle se soucie de savoir si le jeune homme n'était pas en train de mourir pour de bon, mais avec cette horreur en vie, ce serait plus compliqué qu'une fois transformé en engrais bio. Ses mâchoires se refermèrent du plus fort qu'elle put sur la peau qu'elle transperça. Le sang coulait entre ses crocs, la forçant à serrer encore plus sur sa prise pour ne pas s'étouffer avec ou perdre de la force en déglutissant. Elle sentait le corps plus puissant que le sien se débattre, essayant de renverser la situation, et elle sortir plus encore ses griffes, tirant un léger coup sec en espérant provoquer une nouvelle vague de douleur quelque part et le faire se tenir tranquille. Tenir, ne pas lâcher. Même quand il ne bougerait plus, continuer tant qu'il continuerait à gémir à n'importe quel changement. Elle ne savait pas si elle aurait la force de résister longtemps contre un adversaire qui n'était pas à sa taille, mais après tout elle avait bien survécu à un jaguar quand elle était plus jeune. Avec l'expérience, ce chien serait sans doute plus facile à tenir en respect. Puis le signal se fit entendre, comme un petit drapeau blanc agité dans les airs. Dans un souffle il poussa l'un de ces cris entre douleur, peur et alerte, ce qui lui permit de tout lâcher d'un coup, se remettant immédiatement sur ses gardes, dos légèrement rond en signe de domination, crocs découverts en guise de menace. Elle le menaça d'un grondement qu'elle espérait intimidant, et comme un idiot ce stupide animal répondit en grognant. Il se les cherchait, c'était pas possible ? D'un bond elle lui fonça dessus, partant dans une course-poursuite nerveuse et plus que de courte durée puisque le malotru repartit dans les buissons, répondant ainsi aux sifflets d'appel de son supposé maître. Saloperie d'humains de...

LE BOUC ! ¡Joder!

Sans se soucier d'avoir du sang plein les babines, les muscles brûlants encore des efforts fournis, elle retourna auprès du grand corps humain toujours allongé dans l'herbe. La tension retombant doucement, l'odeur du sang monta à ses narines d'une toute autre manière, qui ne lui convenait pas vraiment au vu des circonstances et des conséquences qu'une distraction pourrait avoir. Il fallait qu'elle se transforme à son tour, qu'elle redevienne humaine si elle voulait vraiment l'aider. Cependant il fallait qu'elle limite la perte de sang, même si comme tout métamorphe, il cicatriserait plus vite. Dans un réflexe demi-humain, elle voulu poser sa patte sur la plaie, mais engluer le sang de poils ne serait pas une idée véritablement brillante.
Elle devait se concentrer sur sa transformation, mais cette odeur de sang commençait véritablement à la rendre dingue. Et puis il fallait faire quelque chose pour cette plaie ! Oui, mais c'était mal, très mal. Ce n'était plus un animal qu'elle avait en face, un animal qu'elle aurait pu éventuellement vouloir manger mais bien un humain (ce qui aurait pu constituer un repas relativement intéressant mais trop copieux. Un peu comme.) Elle devait se contenir et agir de façon rationnelle. Ce fut alors que, comme un réflexe de maman chat qu'elle ne pouvait absolument plus contrôler, elle se pencha sur le pauvre homme et lapa son sang à même la plaie, d'abord dans un simple but réparateur puis elle se rendit compte qu'il fallait vraiment qu'elle se calme. D'autant qu'elle commençait à redevenir humaine, ça risquait de vraiment devenir gênant. Surtout si les chasseurs rappliquaient et qu'ils les trouvaient tous les deux, nus, et dans ce genre de situation. Même si quelqu'un leur aurait bien dit « là où y a pas de gêne, y a pas de plaisir ! », ça ne comptait pas.

Elle se redressa, presque entièrement redevenue femme et se rendit compte que le sang sur sa boche ne devait pas être du plus bel effet. D'un revers de la main, elle tenta de s'en débarrasser au maximum. Mais qu'est-ce qu'il lui prenait ? D'où avait-elle besoin de faire de la coquetterie entre métamorphes, surtout quand l'autre métamorphe en question est potentiellement en train de mourir et dans les vapes ? D'une main qu'elle sentit moins forte voire carrément hors de son contrôle, elle souleva légèrement le buste de l'inconnu, une main puis un bras derrière ses épaules et elle lui tapota la joue en espérant que ce ne soit pas encore trop grave.

« ¡Hombre! Restez avec moi, hein ? » Nouveau dilemme : le laisser là et aller chercher du secours ou essayer de l'emmener avec elle jusqu'à un endroit où il pourrait être soigné. Dans cette tenue, les deux seraient relativement difficiles, et s'il se vidait de son sang dans l'herbe alors qu'elle n'était pas là ou qu'il se faisait attaquer de nouveau, qui savait ce qui pourrait arriver ? Et elle n'avait bien entendu aucun moyen de contacter qui que ce soit dans ses affaires, elle avait tout laissé chez elle, comme toujours quand elle sortait faire ses promenades félines. Son regard tomba à nouveau sur la plaie pour évaluer l'étendue du désastre et elle se rappela avec un haut le cœur le goût du sang dans sa bouche, et pire, son geste. Elle ne se serait jamais imaginé laper le sang d'un humain, outre ou norme, et d'autant plus après avoir subi le supplice de devoir boire un bol de sang par jour quand elle était enfermée dans cette foutue cave. Elle se sentait presque être devenue un monstre, alors même qu'elle n'avait qu'une envie, aider cette personne. Elle devrait en faire abstraction. Et dire que ça avait duré tout le temps de sa transformation. Elle espérait qu'il ne s'en souviendrait pas, qu'il n'en avait pas eu conscience. Elle avait honte, tellement honte...
« Vous voulez que je vous amène à l'hôpital ? »
Puis l'illumination !
« Ne bougez surtout pas, je vais chercher mes affaires à deux cents mètres, je reviens, d'accord ? Je vais faire ce que je peux. »

Elle se releva après l'avoir remis dans l'herbe le plus délicatement possible, puis l'enjamba d'un bond sans se soucier une seconde de sa tenue. Il était d'ailleurs quelque part amusant de se rendre compte que dans ces quelques moments où l'on ne réfléchit pas, il se crée une sorte de moment de grâce quasi surnaturel pendant lequel personne n'est là pour être témoin du gênant. Et elle devait bien l'avouer, si elle se fichait pas mal qu'on la voie faire, elle préférait que personne ne la voit se balader les fesses à l'air dans la forêt des Ombres, du sang plein les mains et la bouche. Ce serait vraiment gênant. Surtout si des clients traînaient par là. Même si elle se doutait que dans le coin, ce ne seraient pas forcément ses clients à elle qu'elle trouverait, encore que, tout pouvait être possible. En courant sans pour autant foncer comme une folle entre les buissons et les arbres, elle retrouva bien vite la cachette de ses affaires, heureusement restée intactes et au même endroit. Ce foutu clébard n'était pas passé par là. Le plus rapidement possible, elle passa l'essentiel, remit son t-shirt, son pantalon, ses chaussettes et ses chaussures dans la foulée, conservant son gilet et son foulard en mains. Certes cela ne lui servirait jamais de peignoir, mais un pagne et un garrot seraient déjà pas mal. Le plus vite qu'elle put, elle revint, ayant l'impression d'avoir passé une éternité sur le chemin alors même qu'il n'avait dû se passer pas plus de deux minutes. Ce qui était déjà trop, selon la gravité de la blessure.

De retour près de son infortuné bouc, elle n'attendit pas avant de s'agenouiller auprès de lui et d'enrouler son foulard autour de sa gorge, espérant que ça pourrait sauver ce qu'il y avait à sauver.
« Je vais vous emmener voir un médecin. Je ne vais pas vraiment réussir à vous porter mais je vais faire ce que je peux. Vous ne me lâchez pas, d'accord ? »
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Stephan Carter
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MessageSujet: Re: Mais où sont mes vêtements ? [Stephan]   Sam 16 Jan - 12:45

Stephan était comme ça. Il n'y a pas à dire, même après des années de rejet de son totem, il n'y avait pas grand chose de différent entre un bouc entièrement animal et lui, qui en prenait la forme. Il fonçait tête baissée. Voilà. Du coup qu'y avait-il de si surprenant qu'il se retrouve à se faire bouffer la gorge par un chien enragé? Il devait même deux fois plus stupides que ses congénères animaux; au moins eux avaient un peu l'instinct de survie. Sur le coup, Stephan n'avait pensé qu'au gros chat qui avait été la première cible du chien. Les véritables animaux ne feraient pas ça, leur instinct leur refuserait une telle action. Il y avait certes des bestioles qui feraient tout pour leurs familles, leurs congénères... Qu'est-ce que Stephan avait en commun avec un ocelot? Foutrement rien.

Alors que les crocs se resserrèrent autour de sa gorge, il se laissa à penser que ce n'était pas tant mal comme façon de mourir. Il aurait pu mourir bêtement, dans un accident, noyé, à cause d'une maladie... Mais non, là il allait peut-être mourir pour protéger quelqu'un. Ca faisait du bien au karma tout de même. Lui qui avait toujours voulu se rendre utile dans sa vie...

Soudainement les crocs qui avaient commencé à percer sa peau ne furent plus; relâché si subitement, Stephan se trouva à respirer lourdement, étant donné que le poids du chien l'avait empêché de pouvoir souffler normalement. Il toussa, ses pensées embrumées par la revenue d'air dans ses poumons; sauf que le geste fut plus douloureux qu'il ne l'avait anticipé, et il sentit sa bouche se remplir de sang. Bon dieu il allait finir noyé dans ses propes émoglobines? Ca serait bien trop ironique! Gémissant de douleur, tourna tant bien que mal sa tête sur le côté pour cracher le contenu de sa bouche. Le goût du fer lui donnait la nausée, sa tête tournait comme un manège, et rapidement il sentit qu'il perdit connaissance.

Il cru sentir vaguement quelque chose se passer... On touchait son cou où il avait été blessé. Ca piquait un peu, mais il n'avait même pas la force de bouger ou réagir d'une quelconque manière. On souleva alors un peu ses épaules, et il sentit qu'il était maintenant contre le bras de quelqu'un, qui le tenait presque à la verticale. Salement afaibli, il se demanda qui cela pouvait être - ce fut ensuite qu'il entendit une voix. Ah. Il ne s'était pas attendu à entendre une voix féminine dans tout ça. Cela n'avait aucune importance, bien sûr. Elle lui tapota la joue, le réveillant quelque peu alors qu'il recommençait à plonger dans une rêverie qui mènerait à nouveau vers l'inconscience. Il passa faiblement la langue sur ses dents, et grimaça au goût du sang renouvelé. Il avait tellement mal, et ne savait pas exactement quelle était l'ampleur des dégâts autour de sa gorge. Elle suggéra alors de l'emmener à l'hôpital; sur le coup il eut envie de rire. Il préférait mourir que de repasser un instant dans un lieu comme ça. Heureusement, la personne semblait avoir une autre idée provisoire... Elle partit chercher ses affaires en le reposant dans l'herbe.

Incapable de bouger pour le moment, il essaya tout de même d'ouvrir les yeux une fois reposé au sol. Il perçu un mouvement, et quelque part espéra qu'il ne venait pas de voir ce qu'il venait de voir. Sa vision était certes floue, mais il y a des choses qu'on ne rate pas. Elle venait de l'enjamber, nue, avant de partir en courant pour chercher ses affaires. Voilà qu'il ne rouvrirait plus les yeux. Bien sûr qu'il n'était pas spécialement gêné par ça, mais il trouvait ça juste un peu trop intime comme première vue sur la personne qui allait, fort probablement, le sauver, d'une manière ou d'une autre. Pour une question d'intimité de la personne...
Il rit intérieurement. Il pourrait crever et il ne pensait qu'à l'intimité de la jeune femme. Eh bien. On ne le referait pas. Plus con tu meures. Littéralement. Au moins il en avait conscience, c'était déjà ça.

Pendant l'absence de la jeune femme, il se laissa entrer et sortir de l'inconscience, sans jamais réellement avoir de repères quand à dans quelle phase il était. Heureusement pour lui il faisait bon, donc sa situation dénudée n'était pas tant gênante. Le choc de l'attaque s'estompa plus ou moins, il s'était quand même surprit à attaquer comme ça; c'était inattendu. Faiblement, il approcha sa main de sa gorge, et tâtonna brièvement autour de ses blessures. Le chien ne lui avait pas arraché la gorge, mais il l'avait quand même pas mal perforé... Valait mieux qu'il se laisse régénérer entièrement avant de retourner voir Précieuse; il ne voulait faire de souci à personne...

Après ce qui semblait comme quelques secondes et une éternité à la fois, il entendit des bruits de pas approcher de lui. Son coeur se mit à battre follement avec l'angoisse. Qui était-ce? La jeune femme? Quelqu'un d'autre? Ses sens étaient encore plus engourdis qu'avant, il ne savait plus exactement ce qu'il était sensé attendre. Il sursauta quand quelqu'un se posa à genoux près de lui, soudainement paniqué, ayant peur qu'on l'attaque... Mais quand il vit que c'était la jeune femme, il se détendit un peu alors qu'elle lui mit une écharpe autour du cou. C'était vraiment pas la peine, elle semblait jolie cette écharpe, il allait la dégueulasser en deux secondes.
Elle parla, s'il l'avait bien compris, de l'emmener voir un médecin. Stephan était buté sur ce sujet, mais hésitait quand même à refuser d'y aller. La jeune femme avait de bonnes intentions, et voulait l'aider; ce qu'il ne pouvait pas dire de beaucoup d'autres gens. Alors, pour le moment, il hocha la tête, et aida tout de même la jeune femme à se mettre sur ses pieds sans trop l'handicaper elle-même.
Elle voulait vraiment le porter? Incapable de parler pour le moment, il agita faiblement une main - jusqu'à ce que sa tête se mette à tourner un peu abruptement et il tomba plus qu'à moitié sur la jeune femme. Il respirait mal, sa gorge le tiraillait. Il n'arrivait pas à réfléchir, mais un instant de clarté le prit, et là il se força à dire malgré la douleur : "Mes... Affair..."

Il n'arriva pas à en dire plus, mais pointa dans une direction. Il se doutait que ce ne serait pas une priorité pour la jeune femme, qui semblait fixée sur l'idée de l'emmener voir un médecin, mais il se sentait quand très nu... Et savait que c'était affreusement le cas. Il essaya de se redresser, usant de ses jambes et du soutient que présentait la jeune femme pour se maintenir un peu plus droit, sentant que ça l'aidait à mieux respirer. Une fois dressé de toute sa hauteur, il prit une grande inspiration, tenant le foulard d'une main contre ses blessures. Ca piquait et brûlait, mais au moins il arrivait à respirer. Il avait mal partout ailleurs cela dit, mais la douleur de cette blessure-là surplombait le reste assez efficacement.
Cependant ce ne fut pas long avant qu'il ne se recourbe à nouveau, gémissant et grimaçant; il avait vraiment très mal, et sa tête avait tendance à tourner; à moins que ce ne soit le monde autour de lui qui tangue de gauche à droite comme un bateau, et ça, il en doutait fort. Il n'avait pas franchement envie de voir un médecin... Après tout il pourrait régénérer, et ça suffirait. Sauf qu'à l'heure actuelle il vivait sous un pont, et bien qu'il avait confiance en le commun des mortels, il courait quand même des risques à faire ça. Mais le peu d'affaires qu'il avait étaient dans cette forêt, et il préférait les récupérer au plus vite.

Il s'appuya sur la jeune femme, et pointa à nouveau dans la direction de ses affaires avec un faible sourire (essayant de ne pas grimacer de douleur au passage). Ce fut à ce moment-là qu'il remarqua à quel point elle était petite par rapport à lui, ou lui grand par rapport à elle; elle ne pourrait jamais le porter, il était trop grand et certainement trop lourd! Si elle voulait bien l'aider à marcher, il pourrait sans doute y arriver! Elle sembla quelque peu comprendre le message; il ne comprit pas l'expression qu'elle portait, et ne chercha pas à savoir; elle l'aidait, c'était déjà très aimable à elle. Inutile de la dévisager pour la mettre mal à l'aise.

Posant une partie de son poids sur les épaules de la jeune femme; et il fit tout son possible pour ne pas la surcharger non plus, il avança, la main de l'autre méta contre sa hanche, l'aidant à avancer. Pendant quelques temps il passa en mode automatique: il marchait vers l'avant, sans penser, sans réfléchir, sans ressentir. Il avait couru un peu sous forme animale, mais pas bien loin de l'orée de la forêt où il avait posé ses affaires. Lorsqu'ils arrivèrent à l'arbre, ils tournèrent autour une fois, deux fois... Steupho s'écroula intérieurement.

"Ils étaient... là."

Mais où sont mes vêtements...? Se demanda-t-il, devenant de plus en plus frustré par la situation. Merde quoi, quelqu'un les aurait volé? Il n'avait pas grand chose, mais ce peu de chose était tout ce qu'il avait dans cette ville! Il n'y avait rien de valeur dans ses poches, à part ses cigarettes, et encore ça, c'était d'une valeur quasi-sentimentale vu le goût abérant de son tabac. Il avait envie de chouiner. Si la jeune femme n'avait pas été là, il l'aurait sans doute fait. Il en avait marre de tout ça, marre de s'être fait attaquer pour rien, de s'être fait voler ses fringues et... Merde... Il vit alors quelque chose un peu plus loin, comme s'il avait été balancé... Il tituba en avant avec l'aide de la méta et, maintenant un certain équilibre, se pencha pour ramasser le tissu rouge... Il réalisa entre soulagement et détresse : le Jockstrap de Peter. Au moins il pourrait lui rendre à la prochaine occasion, quand il retournerait au club... Sauf que c'était aussi le seul vêtement disponible. Il le tenait d'une main, regardant avec désarroi l'énorme trou béant dans le tissu à l'emplacement des fesses. Réalisant qu'il n'était pas tout seul, il dit rapidement : "C'est pas à moi."

On aurait pu le deviner, vu la petite taille... Mais néanmoins... Allait-il quand même le mettre, pour un minimum de décence? Ils ne retrouveraient pas ses fringues de sitôt, et s'il fallait qu'il se retrouve chez le médecin... Il ne pu s'empêcher de regarder la jeune femme avec un désarroi visible dans ses yeux. Peut-être que retourner directement chez Précieuse serait une bonne idée? Il n'en n'avait aucune idée...
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Mais où sont mes vêtements ? [Stephan]

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