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 La mort n'est que le commencement

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Esteban Luz-Descalzo
Vamps
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Vamps


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Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
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MessageSujet: La mort n'est que le commencement   Ven 25 Avr - 14:15

[RP solo, plus de slots dispo donc les suites se joueront plus tard dans d'autres sujets quand j'aurai de nouveau de la place sur ce perso]

Un spasme secoua les lèvres du jeune homme. Il fronça les sourcils, et il prit conscience. Quelque chose n'allait pas... Oh. Quelque chose... n'allait pas du tout. Il se sentait tout bizarre... Il avait une soif terrible, malgré qu'il se sentit plutôt en forme. Quelque chose était différent dans la manière dont il percevait son environnement. Et puis... Que faisait-il couché par terre, dans la rue, franchement ? Ce n'était pas un endroit pour dormir ! Non, vraiment. Quelque chose n'allait pas du tout.

Subitement alarmé, il ouvrit les yeux, pour constater qu'il faisait encore nuit. Une lumière rougeâtre apparaissait à l'horizon, et étrangement, lui agressait les yeux. Il voyait étonnamment bien d'ailleurs... Mais il avait étonnamment mal dès qu'il essayait de regarder dans la direction du soleil en train de poindre. Il se frotta les yeux, en vain. Que lui arrivait-il ?

"... Mais enfin... Qu'est-ce que je fais ici ? C'est une vaste plaisanterie..."

Comment était-il arrivé à cet endroit, d'abord ? Il essaya de se souvenir. Avait-il eu un malaise ? S'était-il effondré en pleine rue comme ça lui était déjà arrivé une fois ? Mais comment pouvait-il être resté inconscient suffisamment longtemps pour que la nuit s'écoule ? Et pourquoi personne ne l'avait-il trouvé et ramené chez lui ? D'ailleurs il ne se souvenait même plus de ce qu'il était en train de faire lorsqu'il était tomb...é.

Il cligna les yeux et entrouvrit la bouche avec une expression horrifiée. Il venait de voir ses mains. Pourquoi... Pourquoi DIABLE portait-il du vernis noir ? Erin l'avait-elle emmené boire un coup de trop ? Mais non enfin, ça n'était pas ça... Et puis il y avait ces affreuses résilles qui lui décoraient les bras... Le corps aussi ? Oh, mais ça n'était pas possible ! Il baissa les yeux pour constater l'état déplorable de sa tenue. Et subitement, tout lui revint. Esteban était plus pâle qu'en temps normal. Sa peau restait hâlée, colorée d'une couleur chaude et exotique, mais elle ne l'était plus autant qu'avant. Il pâlit encore plus, et poussa un cri apeuré, avant de regarder tout autour de lui, comme si il s'était attendu à voir un monstre surgir au coin d'une ruelle. La vampire ! La dame blanche ! Était-elle partie ? Lui avait-elle laissé la vie sauve ? Pourtant il se rappelait avec précision de ce qu'il s'était passé dans les derniers instants ! Elle l'avait blessé ! Ne l'avait-elle pas blessé ? Avait-il rêvé ? Il chercha des yeux son coupe papier et le trouve quelques mètres plus loin plongé dans une petite mare de sang. Les traces par terre montraient qu'il y avait eu un combat. Oui... Esteban se souvenait parfaitement s'être débattu. Alors pourquoi ne sentait-il pas ses blessures ? Pourquoi était-il incapable de les trouver ? Quelle était cette odeur forte qui lui retournait l'estomac, d'une manière dont il ne savait dire si elle était agréable ou bien le contraire ? Il se rendit compte qu'il était effrayé, mais qu'il ne sentait pas son cœur battre. Sa poitrine ne s'était pas rafraîchie, selon cette sensation si particulière qui caractérisait les tachycardies.

Le poids d'une prise de conscience horriblement lourde lui tomba dessus sans prévenir. Une idée affreuse venait de lui traverser l'esprit. Cette idée affreuse aurait pu expliquer pourquoi il se sentait aussi bien, même si complètement déshydraté. Elle aurait aussi pu expliquer pourquoi il ne présentait aucune blessure... Ne sentait pas son cœur battre... Était si pâle... Et pourquoi la lumière montante du soleil le blessait à ce point. Mais il ne voulait pas y croire. Comment cela aurait-il pu arriver ? Il n'y avait pas eu de rituel ! Il n'avait pas donné son autorisation ! La vampire n'avait jamais semblé vouloir lui faire.. ça ! Non... Ça n'était pas possible. Il y avait un moyen très rapide de s'en assurer, mais Esteban n'osait pas le faire. Il avait peur de découvrir la vérité.

Alors, plutôt que de passer la langue sur ses dents, ou de cesser de respirer juste "pour voir", il porta une main tremblante dans son cou, où il chercha son pouls, en vain. Il s'y reprit à deux fois. Trois fois. Quatre. Rien. Il ne trouvait rien. Un gémissement angoissé traversa ses lèvres, suivi d'une prière désincarnée, prononcée dans un souffle à peine audible. Et pourtant terriblement fort à ses oreilles. Comment pouvait-il entendre si bien ?

"Dios mio... Por favor, no me hagas esto ..."

Il essaya une fois supplémentaire. Pourquoi ne ressentait-il aucune chaleur dans la peau qu'il touchait ? Non ! Il ne pouvait pas être mort, pas vrai ? Il ne se sentait pas si différent que ça ? Comment aurait-il pu perdre son âme et avoir l'impression d'être exactement le même qu'au préalable ? Ça n'était pas censé se passer comme ça ! Il voulut se mordre la lèvre... Non. Mauvaise idée. Mieux valait encore laisser un peu le doute planer. Au bord de la panique, il inspirait et expirait fort, à toute vitesse. Et il se demandait si il en avait encore vraiment besoin. Mais bien sûr, qu'il en avait besoin, enfin ! Il plaqua une main contre son front et ferma les yeux, tandis qu'il continuait de psalmodier des mots en espagnol pour prier Dieu de l'épargner. Enfin, il leva une main tremblante jusqu'à sa bouche entrouverte, avec l'intention de toucher la tranche de ses dents. Il espérait ne rien y trouver qui n'aurait pas dû s'y trouver. Une sensation piquante appuya contre le gras de son pouce bien avant qu'il n'aurait fallu. Ses canines avaient poussé, et elles étaient sacrément acérées. Quelques millimètres de plus, et il s'ouvrait le doigt dessus. Tous ses espoirs dégringolèrent. Le temps lui sembla subitement s'arrêter. Son bras retomba lourdement. Enfin, après ce qui lui sembla une éternité, il poussa un hurlement strident, totalement incontrôlé.

Quelques secondes plus tard, il avait les deux mains contre le sol, et regardait dans le vide, l'esprit vacant, effondré. C'était impossible, mais c'était pourtant vrai. Il avait été transformé en vampire contre sa volonté. Et peut-être contre la volonté de cette fille aussi... Car elle l'avait abandonné. Il était damné ! Il était tout seul ! Et il ne savait pas quoi faire de sa propre carcasse. Qu'aurait-il pu faire ? Il se sentait complètement largué. Des larmes muettes commencèrent à rouler contre son visage. Il sentait quelque chose se déchirer dans sa poitrine. En l'espace d'une nuit, il avait perdu tout ce en quoi il pouvait encore tenir. Il ne pourrait plus jamais voir Erin. Il ne pourrait plus jamais voir Karl. Ni sa mère. Ni sa famille. Tout le monde allait le détester... On allait peut-être même essayer de le tuer, lorsqu'on découvrirait ce qui était advenu de lui. Il fallait absolument qu'il disparaisse de la circulation... Il fallait qu'il fasse les choses correctement...

... Mais comment aurait-il pu ? Un sanglot lui arracha le fond de la gorge. Ses yeux hagards cherchaient quelque chose par terre. Il fallait qu'il rentre chez lui ! Une fois chez lui, tout serait différent. Il effacerait cette nuit de son souvenir. Tout redeviendrait comme avant. C'était forcé ! Ça ne pouvait pas lui arriver... Pas vraiment ? Il y allait avoir une solution, comme toujours, non ? Il n'était peut-être vraiment transformé ! Peut-être n'était-ce qu'une impression ? Il repéra sa croix, et se jeta dessus, avec l'intention de la remettre autour de son cou. Le contact du métal le brûla tant et si bien qu'il bondit en arrière en poussant un hurlement de bête blessée. Horrifié, il regarda sa main, puis l'objet sacré par terre qui semblait vouloir le rejeter. Diable... Était-il vraiment damné ? Le christ le rejetait-il vraiment ? Les sanglots grossirent dans sa gorge. A travers son regard embué, il ne voyait plus rien.

"Padre nuestro, que estas en el cielo, santificado sea tu Nombre, venga a nosotros tu reino..."

La voix tremblante, il continuait de prier, et déchira un bout de ses vêtements afin de prendre la croix à terre et la serrer dans sa main sans toucher le métal qui la constituait. Il était hors de question qu'il la laisse ici... Hors de question qu'il abandonne sa foi. En plus, c'était sa mère qui le lui avait offert, ce crucifix. Il voulait tellement voir sa mère à cet instant donné... Tout ce dont il avait envie, c'était d'avoir 5 ans à nouveau (son père en moins évidemment) pour pouvoir se blottir contre elle et oublier tous ses problèmes dans son étreinte.

Esteban se releva, chancelant. Puis il courut, aussi vite que possible. Beaucoup trop vite. Il n'aurait pas dû en être capable. Cette constatation lui arracha des pleurs plus plaintifs encore que les précédents. Il mit une main devant sa bouche. Il avait la nausée. La matinée commençait à devenir moins jeune, sans doute... Les gens commençaient à se lever. Il pouvait en entendre certains marcher. Parfois, il captait une odeur qui lui mettait l'eau à la bouche, ce qui était une horreur. Inadmissible. Lorsqu'il arriva sur le campus, il crut qu'il allait devenir fou. Il se glissa sans son studio aussi vite que possible, et boucla tout à double tour. Il alla directement s'enfermer dans la salle de bain, où il se mit à se déshabiller frénétiquement. Comme si sa vie en avait dépendu. C'était un peu trop tard.

Une fois nu et le tas de loques coincé dans un coin où on e le voyait pas trop, Esteban arracha rageusement les dernières traces de son accoutrement stupide. D'ailleurs c'était un peu trop efficace : il déchira littéralement les accessoires, qui tombèrent sur le sol en morceau. Peu importe. Il se glissa sous la douche et la fit couler la plus froide et la plus forte possible, comme pour essayer de faire taire son esprit paniqué. En vain. En plus, ça ne lui semblait même pas froid. Trop, c'était trop. Un hoquet horrifié lui échappa encore. Il mit l'eau très, très chaude. Là. La sensation était déjà nettement plus normale. Il se frotta presque jusqu'au sang pour tenter de retirer les impuretés de la soirée. Il fallait qu'il se lave de tout ce qu'il s'était passé... Qu'il se lave du péché... Des souvenirs... Plus rien de tout ça ne devait exister. Il passa au moins une heure sous le filet d'eau. Lorsqu'il en ressortit, il ne tremblait plus, et il se sentait vidé. Il posa ses mains des deux côtés du lavabo, et inspecta son reflet dans le miroir. Un jeune homme dégoulinant et hagard était en train de le regarder. Il se reconnaissait à peine. Le teint hâlé de sa peau semblait beaucoup trop fin. Ses yeux, plus brillants qu'à l'habitude... Peut-être était-ce d'avoir trop pleuré ? Mais ça n'expliquait pas qu'ils paraissent plus colorés... Et puis, il y avait ces crocs qui dépassaient de sa bouche entrouverte, et enlaidissaient son visage. Il se rendit compte qu'il avait cessé de respirer depuis plusieurs secondes, et n'en éprouvait aucun besoin pressant. Quelque chose cassa. Il ne pouvait plus nier. Rien de ce qu'il pourrait faire ne le laverait plus de ce qui lui était arrivé... Il était devenu un monstre. Beaucoup trop tôt. Il aurait encore dû avoir plusieurs mois devant lui... Ses jambes fléchirent, et il se laissa tomber sur les genoux, la tête contre le bord de l'évier. Il avait fermé les yeux et tremblait à nouveau, submergé par la panique. Qu'allait-il pouvoir faire ? Il n'avait rien prévu... Il ne savait pas où aller. Il ne pouvait plus contacter personne. Il ne voulait plus rencontrer de vampires... Pas après ce qui s'était passé cette nuit. Après quelques secondes à réfléchir dans le vide, il dû se rendre à l'évidence : il n'en savait rien. Le mieux qu'il pouvait faire pour le moment... C'était de faire tout comme il en avait l'habitude. Il se redressa, avec un semblant de sang-froid retrouvé. Un soupir fébrile plus tard, il avait pris son sèche-cheveux, et était en train de se coiffer. Devoir se concentrer là-dessus était en quelque sorte salvateur.

Vêtu d'une de ses habituelles chemises bleu marine Armani et d'un pantalon noir adapté, il avait attaché ses cheveux dans un catogan lâche. Il ne le serrait pas tout le temps à fond. Ça n'était pas nécessaire pour avoir l'air convenable, du moment qu'on était pas en costard cravate. Il observa sa croix en argent posée sur le bord de l'évier d'un air penaud.  Qu'il ne la porte pas sous ses vêtements n'arrivait jamais. Il se sentait mutilé. Calme (en réalité dévasté), il chercha son téléphone dans le tas de vêtements abandonné par terre. Il ouvrit les sms, et resta un temps planté devant les dernières conversations qu'il avait eu avec Karl et Erin. Les larmes lui montèrent aux yeux. Tout cela... C'était fini. Il avait l'impression d'être devenu extérieur à lui-même. Esteban se mit dos à la porte et se laissa glisser par terre. Le regard vide, il commença à taper ses messages d'adieu. D'abord... Karl. Il avait failli commencer par Erin mais rechignait à faire ce qu'il devait faire.

Karl, je dois partir. Je ne peux pas t'expliquer pourquoi, mais c'est important. C'est pour le procès. Ne me cherche pas.

A part qu'il était juste resté dans son studio... Mais si il n'ouvrait à personne, personne ne le saurait, n'est-ce pas ? Puis, sa mère.

Hola mamá. Tengo que irme por un tiempo, así que no intente ponerse en contacto conmigo por favor. No lo puedo explicar. Estoy muy arrepentido.

Enfin, Erin. Oh... Comme c'était difficile. Il soupira encore, puis ouvrit sa boîte de messagerie à contrecœur. Il savait pourtant bien que ça allait finir par arriver...

Bonjour Erin... Je suis désolé, je suis dans l'obligation d'annuler pour demain soir. J'aurais terriblement voulu venir avec toi, je t'assure, mais la situation a changé. Je suis obligé de partir. N'essaie pas de me contacter s'il te plait. Je suis désolé. J'aurais voulu que ça se passe autrement. Je t'aime.

... Voilà qu'il ne lui avait jamais dit les mots en vrai, et qu'il les "prononçait" par sms en guise de mots d'Adieu. Déprimé à mort (voire déprimé et mort), il envoya le message et cligna des yeux, pour essayer d'oublier ce qu'il venait de faire. Et maintenant ? Bonne question. Il pourrait peut-être commencer par manger. Et boire quelque chose, parce que sa gorge était tellement sèche qu'elle lui faisait presque mal. Il était hors de question qu'il se mette à consommer... du sang. Brrr... Quelle horreur.

Il quitta la salle de bain l'air morose. Il voulut s'approcher du coin cuisine, mais subitement, une douleur intense baigna chaque centimètre de sa peau dénudée. Qu'est-ce que c'était que ça, encore ? Effrayé, il glapit et recula. Sa peau prenait une teinte vraiment très inquiétante ! C'était... Oh. Mon. Dieu. Il était en train de se nécroser ! Que lui arrivait-il ?! Puis il remarqua qu'il avait laissé les volets ouverts, et qu'entre temps, le jour s'était levé. Le jour le blessait. Il le brûlait atrocement. Oh non... ! Il avait totalement oublié ce détail !

Avant d'avoir eu le temps de comprendre ce qu'il faisait - comprenons avec une vitesse inhumaine - il s'était caché sous le lit, où il y avait suffisamment d'ombre pour que sa peau l'accepte. Il regarda les brûlures rougeâtres sur sa main disparaître aussi vite qu'elles étaient apparues. Puis, il prit ses genoux entre ses bras, et resta plusieurs longues secondes sans bouger, en position fœtale. Et maintenant, quoi ? Il allait rester coincé comme ça toute la journée ? Un nouveau sanglot agacé lui transperça la gorge, suivi par d'autres plus nombreux, voire frénétiques. Il était tout seul.. Affamé... Incapable de s'occuper de lui-même... Dépourvu de tout avenir... Et en plus de ça, il n'aurait plus jamais le droit de voir une belle journée ensoleillée ! La veille encore, il se baladait dans le parc du campus en profitant de la brise contre sa peau et de l'éclat odorant du printemps qui faisait frémir son épiderme et réchauffait son cœur meurtri par la fatalité. Mais maintenant ? Plus rien... Il était fini. Mort. Juste pas encore enterré.
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La mort n'est que le commencement

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