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 Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...

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Olivia Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Lun 18 Aoû - 5:28

Ouh, ce qu'il pouvait être énervant quand il faisait sa tête de cochon celui-là ! Evidemment, il ne venait même pas à l'idée d'Olivia de se dire que son attitude était parfaitement similaire. Oh ça non, dès qu'il s'agissait des mauvais côtés, Esteban tenait absolument tout de son père... Un mensonge éhonté parmi d'autres.

Elle se vexa, de l'entendre dire une telle chose et retint de peu une réplique sarcastique visant à dire que si elle devait attendre qu'il en fasse la demande pour le voir, ils ne se rencontreraient qu'occasionnellement bien qu'habitant dans la même ville. Tout ça parce qu'ils n'avaient pas déjeuné ensemble cette semaine. Pour sa défense, c'était quelque chose qui n'arrivait que rarement, mais tout de même, on ne pourrait reprocher au rejeton de trouver sa mère un poil excessive... Tare familiale, une fois de plus.

Enfin, quand bien même elle aurait voulu répliquer, Esteban ne lui en laissa pas le temps en se allant se plaindre auprès de la propriétaire tout en prenant congé. Une fois de plus, Olivia apprécia très peu la mise en scène et se permit de le faire savoir, à la fois par la parole et par ses gestes. Elle ignora le nouveau regard noir qu'il lui lança, cependant, à la fois parce qu'elle ne voulait pas se fâcher avec lui alors qu'ils avaient l'occasion de passer un moment ensemble (même si il avait fallu qu'un presque inconnu la contacte pour cela), mais aussi parce qu'elle avait noté que son visage avait à nouveau pâli, et qu'elle craignait qu'il fasse une rechute quelconque. Elle ne savait pas si on lui avait procuré de la nourriture dans cette maison, mais il lui avait semblé qu'ils étaient partis un peu trop vite pour cela (et si elle se fiait à l'odeur qu'elle avait senti un peu plus tôt, ils avaient bien fait!). Si son fils chéri avait fait un malaise par manque de nourriture et n'avait rien mangé depuis, il était évident qu'il n'allait pas tarder à sombrer à nouveau. Il soupira en l'entendant une fois encore lui demander s'il allait bien (mais il fallait la comprendre aussi, ne se rendait-il pas compte que la nutrition était quelque chose de très important?!) mais lui répondit en lui assurant qu'il serait capable de marcher. Très bien, elle choisissait de le croire. Même si elle était prête à appeler à l'aide sans hésitation en cas de besoin. Après tout, elle savait que Gael devait traîner non loin, l'homme étant à la fois embauché pour son confort personnel (ce qui impliquait la conduire n'importe où quand l'envie l'en prenait) et sa sécurité (il était un peu son garde du corps officieux. Avec la guerre des tabloïds qu'Esteban avait déclenchée contre Darian, ce n'était pas plus mal).

Elle tourna la tête vers son fils avec un petit sourire en entendant sa dernière phrase et serra un peu plus son bras, avec affection. Elle n'avait pas envie d'aller dans un endroit qui lui déplaraît... Elle avait juste été vexée par la tournure des événements et le ton qu'il avait employé. Ce n'était qu'une visite de routine chez un docteur, bon sang. Et puis...


« ...Tu viens de faire un malaise pour cause d'hypoglycémie, Esteban. Je ne vais pas t'entraîner dans un endroit qui ne te plaît pas. »

Ce serait ridicule, et particulièrement inefficace s'il ne mangeait pas. Elle décida donc de lui faire plaisir. Comme toujours.

« Que dirais-tu d'un restaurant chinois ? Cela fait longtemps, et Sergio m'a donné une adresse qu'il apprécie particulièrement à deux rues d'ici. »

Elle aurait pu s'abstenir de la précision sur la façon dont elle avait obtenue l'adresse. Mais peu importe.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Mer 20 Aoû - 20:43

Bon, d'accord. Il n'était plus énervé. Sa mère ne s'était pas retournée (à ce niveau, il n'aurait pas été étonné qu'elle le fasse pour une raison ou pour une autre et qu'elle remarque les livreurs qui devaient certainement être en train de traverser la rue avec leur trésor pour l'emporter chez la vieille dame). Le vent tournait, il se sentait chanceux. Enfin. Il l'avait de toute façon été dans le sens où il avait trouvé une alliée de poids en la personne de cette jeune femme rousse, qui avait couvert chacune de ses bévues jusqu'à présent. Rassuré par la distance qui se formait entre eux et les preuves de l'étrangeté de son comportement, il se détendit, et remarqua que sa mère n'avait pas tout à fait tort : manger dans un endroit qui ne lui plaisait pas n'était pas la plus brillante des idées si il comptait recouvrir suffisamment de forces pour éviter d'être si rapidement sujet aux malaises. Oh ! Mais croire que cela l'arrêterait, c'était le prendre pour un enfant ! Il était capable de manger entièrement quelque chose même si ça ne lui plaisait pas au goût. Sauf les endives cuites. Et les brocolis. Et les dattes. Et... peut-être... encore deux ou trois autres choses. Mais... c'était là des exceptions, qu'il pouvait facilement esquiver sur n'importe quel menu ! Faussement agacé, il adressa un sourire à sa mère :

"Tu sais je n'ai plus dix ans... Même si le goût ne me plaît pas beaucoup, j'ai bien l'intention de manger tout mon plat.. !"

Aller dans un endroit qu'il leur plairait à tous les deux était cela dit la chose qui semblait être la plus appropriée. Un restaurant chinois ? C'était une riche idée ! Il aimait beaucoup les plats asiatiques, et si il avait tendance à préférer le goût et la dose d'épices des plats traditionnels indiens, elle avait raison : Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas mangé chinois, lui aussi. L'idée lui donna instantanément l'eau à la bouche. Une preuve de plus qu'il avait réellement faim. Si ça se trouve, il n'avait pas (à ce point) menti en prétextant avoir été victime d'une crise d'hypoglycémie. Cette idée était réconfortante : il détestait mentir à Olivia. Il s'était récemment promis qu'il ne le ferait plus jamais, et pourtant, il était de nouveau obligé de le faire dans des proportions inacceptables. C'était un cruel destin, qui s'acharnait sur lui...

Il cligna des yeux en entendant le nom de Sergio. Esteban n'avait concrètement aucune raison d'en vouloir à son oncle pour quoi que ce soit, et comme on ne lui avait jamais expliqué, il n'avait jamais bien compris pourquoi ce dernier était en froid avec le reste de la famille. Néanmoins parler si librement de lui (et prononcer son nom comme si de rien n'était) n'avait rien d'habituel. Une sonnette d'alarme s'éleva dans ses viscères sans qu'il n'ait de contrôle dessus. C'était comme de violer un très vieux tabou : Il ne se rappelait pas avoir jamais abordé le sujet avec sa mère avant qu'elle emménage chez le Sénateur. Il avait vraiment du mal à les imaginer discuter ensemble des bonnes adresses à fréquenter. Il était sans doute injuste : après tout, elle était son invitée. Il était évident qu'ils avaient dû parler à l'occasion, et il était aussi normal qu'elle soit reconnaissante à son égard. Indépendamment des histoires de famille, c'était très gentil à lui de l'avoir accueillie, dans un moment critique où elle n'avait d'autre choix que de quitter son propre domicile ou de vivre à proximité d'un pédophile et sociopathe notoire.

Plutôt que de s'embêter à analyser la perplexité désagréable qu'il ressentait, il opta pour la prudence : il ignora l'information, et se contenta de prendre en compte ce qu'il était capable de comprendre et d'accepter aisément. Si ce restaurant avait été recommandé, c'est sans doute qu'il était bon. Son esprit fit une embardée malvenue. Le jeune homme fit taire les voix mesquines qui lui soufflaient à l'oreille des absurdités, comme par exemple l'idée qu'Olivia aurait pu être mal conseillée. C'était stupide. Mais en même temps il ne savait pas pourquoi on faisait tant de mystère autour du frère cadet de la précédente génération. Mais en même temps c'était stupide.

"Très bonne idée ! Nous pourrons nous faire notre propre idée sur la question..."

Il se sentait idiot, à être perturbé pour si peu. Il craignait que cela se remarque. N'était-il pas encore en train de faire d'une goutte d'eau un éléphant ?  Il était pourtant heureux que l'établissement soit si proche. Cela lui éviterait sans doute de faire un second malaise en cours de route.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Ven 19 Sep - 4:34

Olivia se contente d’un sourire amusé à la réplique de son fils. Bien sûr qu’il n’a plus dix ans. Mais elle connaissait son côté capricieux aussi bien que lui et savait parfaitement qu’au fond, s’ils allaient dans un endroit qui ne lui plaisait pas, il chipoterait sur la moindre chose, de la décoration des assiettes à leur contenu. Oh, il aurait mangé, pour sûr, ne serait-ce que pour lui prouver qu’il en était capable…Mais le repas n’aurait pas eu la même saveur que s’ils se trouvaient tous deux dans de meilleures dispositions. Et Olivia ne reculait pas devant ce genre de ‘sacrifice’ si cela pouvait lui permettre de passer un bon moment avec son enfant, qu’elle voyait trop peu à son goût.

« Je sais mon chéri, je sais. Mais à mes yeux, tu grandis bien trop vite… »


Serrant affectueusement son bras, la belle brune lui fit un sourire entre excuse et tendresse. C’est bien le plus grand malheur d’Esteban concernant sa mère : elle ne cessera jamais de le considérer comme un enfant, et le plus jeune possible. Juste parce que sans lui, elle a plus souvent l’impression de ne servir à rien… Oh, qu’il était loin le temps où son fils recherchait sa présence dans la moindre pièce de la maison…Souvent, c’est un temps qu’elle regrette.

Mais aussi étrange que cela puisse paraître aux yeux du reste du monde, Olivia n’était pas mécontente de sa vie, présentement. C’était essentiellement grâce à Sergio. Son nom vint d’ailleurs dans la discussion, plus par hasard qu’autre chose alors qu’elle se souvenait d’un bon restaurant dont il lui avait parlé et qui se trouvait non loin. Elle n’avait pas vraiment pensé à ce qu’elle disait, et elle retint de justesse un sourire tendre à la mention du Sénateur. Sa vie était bien plus douce depuis qu’elle habitait chez lui, et si les premières semaines, avec l’annonce du procès entre Darian et Esteban, avait été tumultueuses, le tout prenait maintenant des allures d’une douce routine qu’elle n’échangerait pour rien au monde. Dans des moments plus sombres, il lui arrivait de regretter de ne pas avoir pris la décision de vivre cette vie plus tôt…Mais maintenant qu’elle était là, elle se contentait de vivre au présent. Tout n’était pas rose, bien entendu, et ce n’était pas uniquement à cause du procès, ou du divorce, mais elle se complaisait dans ce qu’elle vivait pour le moment. Le jour viendrait où tout ne sera plus aussi simple…mais en attendant mieux valait en profiter.

Perdue dans ses propres réflexions, Olivia perdit celle de son fils. Ce qui n’était pas plus mal, car elle aurait certainement engagé une conversation aussi délicate qu’inquiétante. Elle voulait néanmoins rapprocher les deux hommes de sa vie, et fit un pas bref dans cette direction en tirant légèrement son fils dans une ruelle sur la gauche.


« Viens, c’est par là. Tu sais, tu devrais venir à la villa, pour prendre le thé une après-midi… Les journées sont bien longues quand je suis seule là-bas. »

Comment ça, elle cherchait à l’apitoyer pour qu’il vienne plus facilement lui rendre visite ? Pas du tout voyons ! Bon, d’accord, peut-être un peu… Mais c’était aussi un moyen de lui faire découvrir Sergio en douceur. En commençant par lui montrer l’endroit où il vivait, peut-être commencerait-il à se faire une autre idée du cadet Luz-Descalzo et qu’il pourrait comprendre qu’il n’y avait pas de mal à l’apprécier, au contraire de ce que Darian et Juan avait pu lui dire pendant toutes ces années… Ce serait un pas minuscule, mais ce serait un début. Olivia savait bien à quel point Esteban pouvait aisément se braquer quand on lui forçait la main ou qu’on le contrariait. La scène précédente dans le salon de cette vieille femme en était la preuve, d’ailleurs.

Ils approchaient peu à peu d’un restaurant à la devanture rouge, couleur très positive dans la culture chinoise. Pour ne pas rester sur un sujet sensible, toujours accrochée à son fils, partiellement pour être certaine qu’il ne s’effondre pas en chemin, Olivia reprit la parole.


« As-tu passé une bonne semaine au moins ? Ce devoir de communication n’était pas trop difficile ? »

Oui, parce qu’ils n’avaient beau pas se voir tous les jours, le coup de téléphone était un rituel auquel ils ne dérogeaient sous aucun prétexte, à moins d’extrême urgence. Et pour l’un comme pour l’autre, il y avait bien peu de chose qui passerait au-dessus de ce fameux coup de fil journalier. Olivia était donc bien au fait de la semaine de son fils. Mais dimanche paraissait un bon jour pour en faire un bilan.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Mar 21 Juil - 20:29

Oh... voilà qui était douloureux. Une phrase qui aurait dû paraître anodine. Une phrase qui dans ces circonstances lui arrachait le cœur sans qu'il puisse dire pourquoi. Bien qu'étant habitué à ce genre de situations, Esteban avait espéré ne plus avoir à vivre ceci lorsqu'il avait appris à Olivia la vérité sur Darian. Et pourtant, voilà qu'il y était encore... C'était comme si Dieu avait décidé de mettre cet obstacle sur son chemin, encore et encore. Dieu n'avait jamais été clément avec lui. Il eut un sourire crispé. Il espérait que sa mère prendrait ça pour de la fatigue due à son précédent malaise ou, dans le pire des cas, pour de l'agacement. Il ne pouvait pas se permettre qu'elle découvre, à ce stade, le point auquel ce genre de remarques pouvait lui briser le cœur. Il grandissait trop vite ? Eh bien, dans peu de temps il ne grandirait plus du tout... A son goût il était surtout en train de mourir trop vite, et il aurait voulu pouvoir ralentir ce processus sans avoir à donner son âme au Diable en chemin. Quant à la guérison, il n'osait plus y penser comme c'était un concept devenu pour lui surnaturel, inaccessible. Si Olivia avait su... Et le pire ? Elle saurait. D'une façon ou d'une autre il allait encore lui briser le cœur, de la pire des façons qui soit. Égoïstement il aurait préféré éviter la transformation en vampire afin de ne pas avoir à être témoin de cela. Il fallait qu'il cesse d'y penser, sinon il ferait un autre malaise, et cette fois ça ne serait pas à cause de la maladie, mais bel et bien de ses crises d'angoisses récurrentes. Déjà, sa nausée était devenue plus forte. Si forte qu'il se demandait si il allait vraiment pouvoir manger.

"... Tu dis toujours ça. Ce n'est pas une excuse valable !"

Il fit une mine capricieuse - faussement, puisqu'il n'était plus énervé - qui se mua bientôt en un sourire convenable juste ce qu'il fallait, malgré sa vague ressemblance avec une grimace comique, qu'il se serait permis si ils n'avaient pas été en public.

Le coup qu'il avait reçu cessa doucement de faire mal comme sa mère lui offrait un autre sujet de réflexion, presque aussi compliqué, mais nettement moins violent. Il était toujours délicat d'aborder la question de Sergio avec lui puisqu'il avait grandi avec la ferme conviction que le frère cadet des Luz-Descalzo était une personne qu'il fallait absolument éviter de fréquenter, bien qu'il n'ait jamais eu l'occasion d'entendre les raisons profondes qui justifiaient tout ce cirque. Il n'aimait pas entièrement l'idée que sa mère vive chez lui même si il lui semblait naturel d'être reconnaissant à son égard. Une chose était certaine : ce n'était pas la générosité qui lui manquait. Quoi alors ? Certainement QUELQUE CHOSE : son oncle et père n'étaient pas du genre à faire des caprices ni à faire d'une goutte d'eau un éléphant, sans même parler des autres membres de la branche principale, avec qui Sergio semblait avoir des problèmes aussi. Il marqua une hésitation qu'il jugeait lui-même ridicule avant d'accepter d'aller dans ce restaurant (après tout, sa mère ne l'aurait jamais traîné dans un bouge).

"Quel jour t'arrangerait le plus, mama ?"

Il suffisait qu'elle le lui demande ! Il n'avait aucune raison valable pour refuser une invitation - tout de même, là encore, c'eut été ridicule. Il n'oubliait pas qu'il n'avait plus beaucoup de temps pour passer d'agréables moments avec sa mère. Il n'avait pas l'intention de les gâcher. Puis il ne se méfiait pas à ce point, quand bien même il était rassuré à l'idée que Sergio ne soit pas là-bas quand il viendrait. Mais ça n'avait rien à voir avec son oncle : il ne se sentait juste pas très à l'aise à proximité d'hommes dont l'âge et la carrure s'approchaient de celle de Darian, surtout lorsqu'il les connaissait peu. Bien sûr, il était moins peureux que lorsqu'il était petit, mais il gardait un reste d'angoisse qui parfois pouvait devenir handicapant. Il avait été embarrassé durant de nombreuses soirées mondaines : ses crises n'étaient pas exactement ce qu'il y avait de plus convenable dans son comportement.

Et de blanchir subitement lorsqu'elle évoqua quelque chose qu'il aurait préféré qu'elle oublie. Le... devoir de communication. Comment dire... Il avait d'autres soucis. De nombreux autres soucis. Les révisions étaient loin d'être sa priorité - il avait mieux à faire des derniers jours de sa vie. L'unique raison pour laquelle il avait passé cet examen plutôt que de faire l'école buissonnière, c'était qu'il ne voulait mettre la puce à l'oreille de personne. Il devait se comporter à peu près normalement. Cela dit il avait beau eu être là physiquement... sa tête avait été ailleurs, ce qui avait dû largement se sentir sur sa copie. Il balbutia longuement avant de réussir à parler. Ses joues rosirent tant et si bien que sa pâleur devint moins évidente : c'était déjà ça.

"Oh euh c'est que... enfin je... tu... euh... Oui, le devoir... eh bien... euh... Hm. J'ai eu... du mal à me concentrer. Le sujet n'était pas très intéressant et... enfin... je ne sais pas vraiment..."

Oh si... Il savait. Ça avait été une catastrophe, et à ce stade Olivia savait aussi : elle le connaissait trop bien pour que l'information ne soit pas passée. Il trébucha et dû se rattraper au mur : ses jambes étaient encore un peu faible. Son genou avait lâché. Rien "d'alarmant", vu qu'il était courant qu'il se vautre dans tous les sens en marchant, tant il lui était difficile de faire un pas devant l'autre sans s'emmêler les chaussures. Il s'agaça immédiatement :

"Ah ! Fichtre ! Je vais encore devoir changer de chaussures. C'est chaque fois la même chose, elles sont mal équilibrées !"

.. Oui. Comprenons bien : ce n'était pas lui qui était maladroit, ça non. Si il lui arrivait de tomber fréquemment, il était impossible que ça soit de SA faute à lui, Esteban Luz-Descalzo ! C'était forcément les chaussures qui étaient en tort : elles n'étaient pas suffisamment convenables pour lui. Voilà tout.
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Olivia Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Lun 3 Aoû - 22:01

« Oh que si... »

...c'était une excuse valable. Il était certainement encore trop jeune pour réaliser, mais il verrait, quand il aurait des enfants. Voilà ce qu'Olivia aurait pu lui répliquer. Mais elle se contenta du début de sa réplique et de le regarder avec un sourire qui s'étendait au fur et à mesure qu'elle voyait son expression capricieuse se transformer en ce sourire qu'elle connaissait par cœur. Elle savait parfaitement qu'elle aurait eu droit à une toute autre mimique s'ils ne s'étaient pas retrouvé dans un lieu public à porté de n'importe quelles caméras et autres appareils photo, et cette pensée lui retira un éclat de rire attendri. Sa main sur le bras de son fils se resserra doucement, comme une caresse. Dans un autre contexte, elle l'aurait tout simplement serré dans ses bras en lui ébouriffant tendrement les cheveux, mais ce n'était ni le lieu, ni le moment.

Les yeux pétillants de fierté et d'amour maternel, Olivia choisit de laisser tomber cette partie de la discussion et d'en engager une autre, peut-être un peu plus problématique à ses yeux. Le silence s'étira un peu, alors que chacun était plongé dans ses réflexions. Olivia savait que c'était beaucoup demandé, au vu des relations entre Sergio et le reste de la famille. Mais elle avait bien l'intention de refermer ce gouffre, peu importe le temps que cela lui prendrait. Et il était évident qu'elle ne supporterait pas de s'éloigner d'Esteban parce que ce dernier serait méfiant envers son supposé oncle. La solution était donc de les rapprocher, même si cela était plus facile à dire qu'à faire.

La réponse que son fils lui offrit la rassura immédiatement, et elle tourna la tête vers lui pour lui offrir un sourire éblouissant (dont il avait hérité), qui se transforma rapidement en une mine un peu contrite, comme un enfant pris la main dans un sac de douceurs caramélisées.


« Je ne voulais pas t'imposer une date, je sais bien que l'université t'occupe et je veux te laisser du temps pour profiter de tes amis... »

...Même si elle n'appréciait pas vraiment certaines de ces connaissances. Son opinion sur Karl avait certes subi quelques modifications après les révélations qu'Esteban lui avaient faites, mais tout de même, il restait quelqu'un de peu recommandable sur certains points ! La mexicaine s'abstint cependant de faire la moindre remarque, le sujet ayant déjà été maintes fois discuté et disputé. Elle entreprit donc de sourire à nouveau et de proposer d'une voix calme, mais avec une pointe d'attente.

« Que dirais-tu de mercredi ? »

Puis ils continuèrent d'avancer vers le restaurant et la conversation changea à nouveau. A peine eut-elle posé la question concernant le devoir de communication de son fils, ceci dit, qu'elle sut que la réponse n'allait pas vraiment lui plaire... Elle observa son enfant s'emmêler les pinceaux dans ses explications, ses sourcils parfaitement épilés légèrement froncés, avant de soupirer en secouant doucement la tête, un sourire amusé aux lèvres.

« Je vois. Eh bien fais en sorte de... »

La brune s'interrompit en sentant Esteban trébucher. La plupart du temps, elle ne remarquait pas ce que tout le monde savait, soit qu'Esteban était la maladresse incarnée. Allez savoir pourquoi, il y avait toujours quelque chose qui l'en empêchait. Luisa lui disait que c'était parce qu'elle refusait inconsciemment que son fils puisse être aussi gauche, sans cette grâce presque innée que le reste de la famille développait comme un charme. Olivia jugeait cela totalement ridicule. Son fils était par-fait, c'était une évidence. Il n'y avait rien d'autre à ajouter.

Toujours est-il que cette fois, elle l'avait remarqué. Forcément, puisqu'elle était à son bras. Mais l'idée qu'il puisse s'agir de maladresse ne lui vint pas à l'esprit. Au lieu de cela, elle s'inquiéta aussitôt. Etait-il en train de faire un autre malaise ? Oh, elle n'aurait jamais dû lui imposer de faire ce trajet jusqu'au restaurant à pieds, elle aurait dû appeler Gaël !

Elle en était là à se fustiger, et aurait sûrement été jusqu'à proposer à nouveau un trajet vers l'hôpital le plus proche si Esteban n'avait pas aussitôt commencé à râler contre ses chaussures. Immédiatement, Olivia laissa échapper un long soupir de soulagement. Si son garçon était capable de se plaindre de quelque chose, c'était qu'il allait bien. Et qu'il avait d'ailleurs raison, car il était le bon goût et la sagesse même ! L'héritière posa donc un regard qu'on pouvait qualifier de mauvais sur la paire de chaussures en question, en reconnaissant immédiatement la marque et le modèle.


« C'est pourtant une maison qui nous a rarement faire défaut... Enfin, il est tellement compliqué d'obtenir quoi que ce soit d'une qualité convenable de nos jours... Nous pourrions faire un peu de shopping pour t'en retrouver une paire après-déjeuner, si tu veux. »

Les yeux sombres de la mexicaine brillaient à nouveau, toute possibilité de malaise oubliée. Elle adorait faire du shopping, bien qu'elle préfère parfois laisser son assistante vestimentaire s'en occuper pour elle. Mais lorsqu'il s'agissait de faire les boutiques avec Esteban, c'était pour elle un plaisir sans fin. Le fait qu'on soit dimanche et que certaines boutiques pourraient être fermées ne lui effleurait même pas l'esprit. Et d'ailleurs, si tel était le cas, ce n'était pas un problème : elles ouvriraient pour les Luz-Descalzo, elles le faisaient toujours. Tout comme celles du restaurant devant lequel ils venaient d'arriver.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Mar 15 Sep - 10:53

Esteban eut un sourire rassurant : il avait remarqué que sa mère donnait souvent l'impression de penser qu'il n'avait pas de temps à lui accorder. Si bien que parfois, elle devait sans doute se priver toute seule de sa présence, car elle ne prenait même pas la peine de demander. Il comprenait d'où cela pouvait venir : pendant de nombreuses années, il s'était éloigné d'elle, notamment en allant vivre chez Juan et Cassandra. Elle s'était sans doute imaginée qu'il n'accordait que peu d'importance aux moments qu'ils passaient ensemble puisqu'il était plus intéressé par l'idée d'aller dans le meilleur lycée de la région plutôt que de rester là où il pourrait la voir souvent. Depuis, il avait eu l'occasion de lui expliquer ses véritables raisons, mais toutes ces années passées sans qu'elle sache avaient laissé une marque indélébile. Il était vrai qu'il accordait de l'importance à son indépendance, notamment maintenant qu'il était majeur - ce que personne ne voulait croire sous prétexte qu'il faisait trop jeune - et qu'il voulait éviter de paraître trop dans les jupes de sa mère en public, mais il avait le désir - non, le besoin - paradoxal de passer beaucoup de temps avec elle maintenant que c'était possible : il voulait rattraper le temps perdu. Surtout maintenant qu'il n'en avait presque plus, de temps. Et ne parlons même pas du fait qu'il aurait été cruel qu'il la prive de ce qui serait leurs derniers moments passés ensemble, même si elle n'en avait aucune idée...

"Ne t'inquiète pas mama ! Je les vois tout le temps à l'université, justement... Toi par contre, ça faisait bien trop longtemps que je n'avais pas eu l'occasion de passer autant de temps avec toi, alors n'hésite pas à me demander, d'accord ?"

Il donna son accord pour le mercredi : ce n'était pas comme si son emploi du temps était terriblement chargé de toute façon, alors il n'avait pas besoin de réfléchir bien longtemps pour dire oui. Quelques temps passèrent, la discussion manqua de devenir orageuse... Il trébucha.

Dès lors qu'il comprit que ses chaussures, si fourbes soient-elles, lui avaient permis d'échapper à une salve de remontrances concernant son échec au contrôle de communication, Esteban leur en voulut beaucoup moins. Il était cependant hors de question de le montrer : il aurait risqué de rappeler à Olivia ce qu'elle avait prévu de dire, et il n'avait vraiment pas envie de revenir sur le sujet de ses résultats scolaires. Si elle avait su à quel point ces derniers pouvaient n'avoir plus aucune signification... Et à quel point il aurait été mal avisé qu'Esteban passe trop de temps à réviser/bachoter, tandis que ses semaines étaient comptées. Il ne bénéficierait jamais du résultat de ses efforts. Il aurait été idiot qu'il gâche ses derniers jours d'existence à travailler... Déjà qu'il se forçait à aller en cours, chose complètement futile et mortifère dans sa situation. Mais il fallait bien qu'il donne l'impression que tout était normal, sans quoi ses proches remarqueraient que quelque chose n'allait pas.

Il ne laissa pas la culpabilité l'emporter : si il était trop étourdi, sa mère allait encore vouloir l'emmener à l'hôpital, de peur qu'il soit en train de faire un AVC, ou équivalent. Moue pincée bien en place, il observait ses chaussures et écoutait les recommandations de la mexicaine avec scepticisme.

"Je ne sais pas trop mama... La plupart des boutiques qu'on trouve en ville sont tellement bon marché ! Les beaux produits sont rares et vu leur prix ridicule, je peine à comprendre comment ils parviennent à produire quoique ce soit de décent. Mais si tu as une adresse qui vaille le coup... Enfin, j'imagine qu'il est toujours possible d'emprunter le jet de Juan afin d'aller aux endroits habituels, aussi. C'est embêtant de devoir attendre qu'il fasse le trajet entre Bâton-Rouge et ici à chaque fois... Il faudrait peut-être qu'on pense à investir. On manque de mobilité dans cette ville, grand-mère dirait que c'est inconcevable. Tu sais ? Avec ce ton qu'elle prend à chaque fois pour prononcer ce mot en particulier... Je me rappelle du jour où j'ai essayé de le lui faire dire correctement et qu'elle l'a bien répété cinquante fois de suite sans jamais réussir à avoir la bonne prononciation... A la fin c'était même pire qu'autre chose !"

Comme d'habitude avec Esteban, le sujet de la conversation avait dérivé très vite, et très loin. Il eut un gloussement discret très amusé, dont ses yeux pétillants étaient une traduction visuelle parfaite. Au moins, on avait là la preuve qu'il commençait à se sentir mieux, sans quoi il n'aurait pas réussi à aller jusqu'au bout de son monologue, et s'en serait encore moins amusé !

Ils marchèrent un moment dans un silence plus ou moins relatif (qui ne devait certainement pas être silencieux du tout étant donné les tendances à la bavardise de la mère comme du fils) et devaient certainement être en train de s'approcher du restaurant, lorsqu' Esteban remarqua sur le trottoir opposé une bande d'adolescents particulièrement bruyants. Il y avait quelque chose de grossier dans les cris débridés qu'ils poussaient. Il se rendit compte qu'en réalité, ils se contentaient de discuter, mais d'une façon qui lui échappait complètement ils semblaient trouver nécessaire de hurler chaque mot alors qu'ils étaient à moins d'un mètre les uns des autres. Entre deux bouts de phrase, ils poussaient d'étranges bruits acides en prenant des pauses qui étaient sans doute vouées à leur donner l'air imposant. Aux yeux d'Esteban, ils avaient juste l'air ridicule. Des sauvages.

Il crut qu'il ne s'agissait que d'une bande de jeunes débauchés, au début. Ce ne fut que lorsque ses yeux tombèrent sur leurs mains effilées qu'il comprit exactement en quoi le terme "sauvage" convenait parfaitement à la situation. Il écarquilla les yeux et prit sa mère par les épaules pour faire barrière avec son corps ainsi qu'on lui avait appris qu'il était convenable de faire même si, en réalité, il était celui qui aurait voulu se cacher : il commençait déjà à trembler.

"Dépêchons nous..."

La bande d'ados métamorphes ne les avait pas remarqués au début : ils jouaient entre eux, exposaient les uns aux autres leurs toutes nouvelles transformations partielles, et se fichaient bien des passants. Jusqu'à ce que les passants, du moins, les dévisagent longuement et se mettent à agir comme si des menaces avaient été proférées. Agacés, ils se mirent d'accord pour rendre à ces bourges - il suffisait de les regarder pour avoir une idée de leurs origines sociales - la monnaie de leur pièce.

"Hey ! Z'auriez pas du feu monsieur ?"

Derrière, un autre émit un jappement bruyant qui fit sursauter Esteban. Il ferma un peu trop longtemps les yeux, ce qui provoqua l'hilarité du groupe.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Dim 20 Sep - 13:20

La mine contrite d'Olivia s'évapora au profit d'un sourire ravi dès qu'elle entendit le début de réponse de son fils. Il avait raison : elle avait souvent peur de s'imposer, et préférait donc se passer de sa présence plutôt que de proposer un quelconque rendez-vous. Il fallait dire qu'on lui répétait tellement souvent qu'elle était bien trop surprotectrice (sa mère, ses beaux-parents... Darian le lui avait signifié également, mais elle n'accordait plus aucun crédit aux paroles de ce manipulateur pervers) qu'elle avait fini par y croire. Mais son Niñito adoré lui prouvait bien que ce n'était pas le cas, et elle en éprouvait un soulagement considérable. Entendez bien : elle n'avait aucune honte à dire qu'elle était très proche de son fils -elle en retirait au contraire une certaine fierté. Mais l'idée que l'intensité de leur relation pèse sur Esteban... ça, elle aurait du mal à l'accepter. Le fait que ce ne soit pas le cas -du moins, dans cette situation particulière- la rassurait donc grandement.

La mexicaine serra tendrement le bras qu'elle tenait lorsque le rendez-vous de mercredi se confirma. Ses yeux noirs brillaient d'excitation à l'idée de passer un peu plus de temps avec son fils chéri. Elle lui ferait faire le tour de la propriété, et si le temps était agréable, ils pourraient prendre le thé sur la terrasse du jardin... Oh, il fallait qu'elle demande à Maria si elle connaissait des recettes à base de caramel, car si ce n'était pas le cas, il faudrait qu'elle demande à Hannah de venir de Little Rock pour la journée. Qu'elle n'ait rien de caramélisé à proposer à son Niñito serait inconcevable !

Ses pensées virèrent sur l'instant présent et elle demanda des nouvelles des études d'Esteban. A la tête qu'il fit, elle se douta que le devoir en question ne devait pas avoir été des plus glorieux. Olivia s'apprêtait donc à dispenser à son fiston les remontrances d'usage (il était un Luz-Descalzo, et les Luz-Descalzo réussissaient dans leurs études -et dans leur vie professionnelle- peu importe à quel point le reste de la famille pouvait être fâché contre lui), mais il trébucha, s'offrant une parfaite porte de sortie pour éviter la colère de sa mère, qui se transforma aussitôt en inquiétude.

Inquiétude qui fondit comme neige au soleil dès lors que le jeune homme commença à reporter la faute sur ses chaussures. Oh, si ce n'était que cela... Un souci dérisoire que l'une ou l'autre de leurs cartes bancaires pourrait aisément régler. Ce qui n'aurait pas été aussi simple s'il avait fait un autre malaise, ou qu'il s'était tordu la cheville. Malheureusement, la santé ne s'achetait pas. Elle pouvait éventuellement s'améliorer, mais au-delà de cela...

D'un mouvement léger qui vit voleter sa chevelure aussi sombre que ses yeux, Olivia se sortit ces pensées parasites de l'esprit et engagea la discussion sur une sortie shopping. Il n'y avait aucune raison d'y penser pour le moment. Dieu était assez bon avez eux pour qu'ils n'aient pas à se préoccuper de ce genre de choses. Oh, bien sûr, Esteban était un peu fragile, faisant des crises d'angoisse de temps en temps, mais rien d'insurmontable. La mexicaine en était redevable au Seigneur. Elle ne savait pas ce qu'il adviendrait d'elle -ou de son fils- dans le cas contraire...

Mais là n'était pas le sujet. Esteban mettait le doigt sur un souci que sa mère avait déjà identifié des années auparavant, lors des rares fois où elle était allée rendre visite à Sergio chez lui (autant dire qu'il y en avait eu peu, elle n'avait jamais apprécié cet appartement de célibataire ridicule qu'il possédait avant de s'installer à la Casa del Sol) : l'absence de boutiques dignes de ce nom. Il était vrai qu’au-delà de sa splendide diversité culturelle et de l'attrait de ses paysages et du Bayou environnant, la Nouvelle-Orléans était relativement pauvre. De ce fait, les magasins de bon goût étaient peu nombreux. Ou du moins, ils n'étaient pas suffisants pour correspondre aux exigences des Luz-Descalzo mère et fils. Ils pourraient effectivement se rendre là où ils avaient leurs habitudes, mais il y avait là un autre problème, que son enfant dévoila tout aussi efficacement : leur manque de mobilité. Il faudrait qu'elle en discute avec son logeur, peut-être pourrait-il les aider à régler ce souci, au moins de façon temporaire.

La mention d'Alejandra fit sourire sa fille. La mémoire de l'instant auquel Esteban faisait référence lui arracha un petit rire distingué. Oh, elle s'en souvenait très bien : La mexicaine pure souche n'était pas des plus habiles lorsqu'il s'agissait de minimiser son accent. Ce n'était pas quelque chose d'aisé, après tout : parfois, avoir l'oreille musicale suffisait, et à d'autres moments cela demandait beaucoup plus de travail. C'était le cas pour sa mère, qui s'agaçait -bien qu'elle n'en montrait rien, elle était bien trop convenable pour cela- un peu plus chaque fois qu'elle devait répéter ces mots qu'Esteban prononçait impeccablement, qu'il s'agisse d'anglais ou d'espagnol. Il ne réalisait pas à quel point être bilingue de naissance était un cadeau de Dieu, parfois.

Olivia prit bien soin de ne pas l'interrompre, et l'observait glousser avec cette tendresse caractéristique des mères folles de leurs enfants. Les paillettes qui brillaient dans les yeux clairs de son fils étaient miroir des siennes. Ces moments de complicité étaient ceux qu'elle préférait : les plus doux, les plus naturels.


« J'en parlerai avec Sergio. Il devrait pouvoir nous dépanner, ne serait-ce que le temps que nous trouvions un pilote de confiance. Juan pourrait certainement nous donner des noms, d'anciens collègues de Vince, qui sait ? Je doute que Gaël ait son permis avion... J'ai déjà eu tellement de mal à le convaincre de passer son permis bateau pour cette croisière que nous avions organisé dans les Caraïbes pour mes vingt-cinq ans... Je ne sais pas pourquoi il était aussi réticent, je crois qu'il avait le mal de mer. Tu l'aurais vu quand nous sommes enfin arrivés sur cette île que nous avions loué pour la semaine... »

Et voilà que c'était au tour d'Olivia de parler sans s'arrêter. Rien d'étonnant quand on connaissait leurs talents dans le domaine du bavardage : ils avaient toujours quelque chose à raconter, et ce plus encore lorsqu'ils étaient ensemble. C'était agréable, et alors qu'elle parlait des déboires qu'ils avaient surmonté durant ce voyage (« Te rends-tu compte qu'ils n'avaient plus de punch ? Un véritable scandale ! »), la belle brune sentait l'anxiété qu'elle avait pu développer plus tôt dans la journée s'éloigner. Bientôt, le malaise d'Esteban ne fut plus qu'un lointain souvenir, et ils avançaient en échangeant gaiement en direction du restaurant. Ils n'étaient plus qu'à quelque mètres de l'entrée quand Olivia sentit la main de son fils entourer son épaule. Jusque là, rien d'anormal : c'était un geste qu'il leur arrivait très souvent d'avoir, pour la bonne raison qu'il leur permettait de profiter de la présence de l'autre tout en restant convenable, dans les situations où se prendre dans les bras serait perçu comme une marque d'affection un peu trop voyante entre un fils -adulte et responsable- et sa mère. Par contre, le ton qu'il prenait pour lui dire d'aller un peu plus vite dénotait une tension qu'elle ne comprenait pas. Aussitôt, les sourcils délicats de la mexicaine se froncèrent, et l'inquiétude refit surface dans ses yeux sombres.

« Esteban, qu'est-ce qui ne va pas ? »

Évidemment, elle n'avait pas noté la présence du groupe de jeunes gens non loin. C'était un peu le problème : dès que son fils était avec elle, elle n'avait plus d'yeux que pour lui. Du moins, c'est ce que disaient les mauvaises langues qui aimaient à l'ennuyer, comme sa petite sœur, par exemple. Olivia se défendait véhément à chaque fois en disant qu'il serait impoli de ne pas prêter attention à son enfant alors qu'elle lui faisait la conversation, mais Luisa se contentait de sourire avec amusement et de laisser tomber le sujet. Elle ne comprenait jamais où elle voulait en venir. Enfin...

Ce fut donc quand l'un d'entre eux s'adressa à Esteban que sa mère se rendit compte de leur présence. Elle posa sur l'adolescent un regard étonné, avant de faire le tour des visages quand elle entendit des rires. A nouveau, ses sourcils se froncèrent.


« Il n'y a pas de quoi rire, vous savez... La cigarette est un sujet très sérieux ! D'ailleurs, je ne saurais que trop vous conseiller d'arrêter. C'est dommage de se gâcher la santé si tôt ! Vos poumons s'en souviendront toute votre vie, et viendra un jour où vous le regretterez ! »

Non, elle n'avait pas remarqué qu'il s'agissait de jeunes métamorphes. Tout comme elle n'avait pas réalisé qu'ils étaient en réalité en train de se moquer de la réaction de son fils. Par contre, elle avait entendu le jappement, et son visage s'éclaira.

« Vous avez un chien ? »

De là à penser que les gamins risquaient de prendre ça pour une insulte formulée par une bourgeoise qui se moquait d'eux, il n'y avait qu'un pas.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Lun 19 Oct - 10:27

Esteban n'avait pas réfléchi à la question du pilote. Il était vrai qu'il était facile de se procurer du matériel de qualité, mais lorsqu'il était question de personnel, ça n'était pas forcément aussi simple ! Si ils devaient mettre leur vie entre les mains d'un homme, ils avaient tout intérêt à s'assurer de pouvoir lui faire confiance : il devait être loyal, sérieux, et compétent. Bien sûr, trouver la perle rare n'était pas quelque chose de bien compliqué pour un Luz-Descalzo : il était bien connu que les employés de la prestigieuse famille étaient extrêmement bien payés et qui plus est, être choisi pour les servir était gage d'un CV en or pour le reste de toute une vie. Autrement dit, les candidatures des meilleurs se bousculeraient au portillon. Ils n'auraient pas besoin de beaucoup chercher, mais surtout de trier, ce pourquoi il pouvait être utile de demander l'avis de leurs actuels employés qui s'y connaissaient certainement mieux qu'eux tant sur les bonnes écoles que sur les expériences et les médailles valables.

"Je ne m'inquiète pas vraiment, nous aurons plus de propositions qu'il n'en faut ! Mais Vince pourrait effectivement nous aider à choisir, c'est sa spécialité après tout !"

Lorsque sa mère se moqua gentiment de Gaël, il ne put s'empêcher de pousser quelques gloussements amusés. Cela lui rappelait des souvenirs.

"Je n'ai aucun mal à l'imaginer ! Il a fait cette même tête le jour où tu lui as demandé de m'accompagner sur ce toboggan géant, chez les Gates... Tu te souviens ? Ta robe n'aurait pas permis que tu le fasses toi-même, et en plus tu étais un peu malade..."

Ce qu'il n'avait pas dit, c'était qu'il avait lui-même tiré une tête d'enterrement passablement mémorable lorsqu'il avait su qu'il devrait monter sur les genoux du garde si il voulait pouvoir tester l'impressionnante installation. A six ans, il avait été trop petit pour aller seul dessus. Seulement il avait plus peur de Gaël que de la pente immense qu'il était censé descendre : il avait pleuré qu'il voulait y aller tout seul, mais comme sa mère n'aurait jamais accepté qu'il se mette en danger, elle n'avait cette fois pas cédé à son caprice. Et il avait fini par prendre sur lui, parce que tout de même, il avait très envie de tester le manège. Ce qu'il n'avait fait qu'une seule fois soit dit en passant : il s'était amusé et il avait ri durant la descente, mais était du même temps devenu blanc comme un cachet, preuve que même si c'était drôle, ça faisait quand même très peur. Il était littéralement retourné dans les jupes de sa mère desquelles il n'avait plus souhaité s'extraire. Le petit Gates à qui appartenait l'engin n'avait qu'à peine deux ans de plus que lui et jouait régulièrement dessus sans l'aide de personne, ce qui avait provoqué l'une des premières sources de complexes d'Esteban... Lesquelles n'avaient ensuite cessé de se multiplier.

Quelques écarquillements d'yeux plus tard ( "Quoi ?! Plus de punch ? Mais où ont-ils trouvé leur majordome ?!" ), l'éclaircie qui était apparue dans leur humeur comme dans la situation fut subitement remplacée par d'épais nuages noir et menaçants. Ils avaient croisé un groupe de métamorphes plutôt bruyant et, selon Esteban, inévitablement dangereux. Déjà, c'était des outres, ce qui était une raison suffisante pour qu'il ait peur. Ensuite, ils faisaient beaucoup de bruit, n'étaient pas convenables pour un sou, et ressemblaient à leur comportement comme à leur façon d'être habillés à ces fameuses racailles dont il avait souvent entendu parler mais qu'il n'avait que jamais eu l'occasion de croiser, Dieu merci ! Enfin Dieu pas tant merci que ça (une pensée blasphématoire à son actif, ouille) dans le sens où le pire avait fini par se produire. Ils s'étaient fait aborder. Ils risquaient l'agression. Et sa mère ne s'était rendue compte de rien. Un couinement passa entre ses dents. Ses doigts serrèrent plus fort les épaules d'Olivia et il lui lança un regard affolé qui voulait tout dire : il fallait qu'elle fasse attention ! Elle venait de les provoquer à deux reprises. Il avait pu voir l'ensemble du groupe serrer les dents lorsqu'elle les avait sermonné sur la cigarette... Quant à cette histoire de chien ? Elle n'avait TOUT DE MÊME pas pu rater leurs griffes ? Ah, mais bien sûr qu'elle l'avait pu... Lui-même en aurait été tout à fait capable, dans d'autres circonstances.

"... Sérieusement ? ..... ... Ouais on peut dire ça comme ça. On en a même deux... nan ! Trois. Vous les voyez pas ? Pourtant ils ont l'air de bien vous aimer..."

Tandis que le groupe était divisé en deux entre ceux qui s'esclaffaient de la naïveté de sa mère et ceux qui s'énervaient et leur grognait dessus d'une manière qui devenait de moins en moins discrète, Esteban fit un mouvement d'yeux si intense qu'il aurait facilement pu se déchirer  les muscles oculaires. Il tentait de la pousser à regarder leurs mains même si très franchement il n'était plus certain de l'utilité du geste, maintenant que la moitié d'entre eux s'était mis à gronder comme une meute de loups affamés.

"... Nous n'avons pas de briquet, nous ne pouvons pas vous aider, maintenant nous allons juste partir... n'est-ce pas mama ? Je vous souhaite une bonne journée.. !"

Le ton enjoué qu'il avait  tenté de prendre sonnait faux, ainsi que son sourire d'habitude éclatant et qui à cet instant précis ressemblait surtout à la pièce montée d'un mariage dans laquelle un pigeon mort se serait échoué en tombant d'une hauteur vertigineuse. Il serra plus fort les épaules d'Olivia, prêt à aller jusqu'à lui faire mal si elle n'acceptait pas de le suivre plus vite que cela. Il fallait qu'ils rentrent dans ce restaurant, où il serait approximativement certains d'être en sécurité...
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Ven 4 Déc - 11:25

Olivia hocha la tête. La-dessus, Esteban avait raison: ils auraient probablement plus de CV qu'il n'en faudrait (même si l'idéal serait d'avoir deux pilotes engagés à plein temps, de cette façon ils seraient certains d'en avoir toujours un disponible : après tout, personne n'était à l'abri d'une obligation familiale, et Olivia était de ces employeurs qui ne rechignaient pas à donner des congés sans préavis pour enfant malade, par exemple), mais il était important qu'ils aient l'avis d'un professionnel. Olivia n'était pas contre donner sa chance aux jeunes (...Normes). Seulement, il était hors de question qu'elle mette la vie de son fils chéri entre les mains de n'importe qui. Elle avait une totale confiance dans les capacités de pilote de Vince, et elle attendait d'un éventuel futur employé qu'il soit tout aussi diplômé et digne de sa confiance. Avec les tarifs que les Luz-Descalzo proposaient, de toute façon, ils avaient les atouts pour se montrer particulièrement sélectifs.

Puis ils parlèrent de la non-éventualité de mettre Gaël à ce poste, et les souvenirs revinrent en force. D'abord, cette croisière qu'Olivia avait organisé pour son anniversaire (peu avant de tomber enceinte), pour laquelle elle avait plus ou moins obligé son employé à passer son permis bateau. Elle n'avait compris la réticence de ce dernier qu'en voyant se jointures blanches sur le gouvernail du yacht, mais l'argentin avait fini par s'habituer, heureusement pour lui. Ensuite, Esteban ramena le souvenir, plus récent, d'une fête d'anniversaire chez les Gates, une famille dont les Luz-Descalzo étaient proches (ils partageaient certaines valeurs et, entre gens de bonne famille, tout le monde se connaît). Olivia eut à son tour un élat de rire raffiné. Oh que oui, elle se souvenait. La tête que les deux (Esteban comme Gaël) avaient fait en descendant finalement de l'engin avait fait dire à la mexicaine que, si jamais son fils souhaitait à nouveau faire un tour, il faudrait qu'elle y aille elle-même, malgré le manque de convenabilité que cela engendrerait. Heureusement pour elle, Esteban avait été assez satisfait par son premier tour pour qu'il soit unique.


« Oui, les fruits de mer m'avaient un peu retourné l'estomac... C'est vrai que Gaël ne donnait pas l'impression d'être à l'aise non plus... Je crois que c'est à ce moment-là que j'ai décidé de ne plus lui donner de tâches qui ne comprenaient pas une voiture ou ses deux pieds posés au sol, le pauvre... »

Madame Luz-Descalzo parlait de son employé avec une certaine douceur, rendant visible l'amitié qu'ils entretenaient depuis plus de vingt ans. Elle ne se permettait pas toujours de faire cette distinction, mais son fils était bien conscient de l'attachement qu'elle avait pour son garde du corps. Dans cette situation, il n'y avait donc pas de mal.

Ils étaient gaiement en train de partager des souvenirs, expérience qu'Olivia affectionnait, car ces moments de complicité étaient devenus bien rares avec les années et l'éloignement géographique, quand un groupe de malotrus firent leur apparition. La brune ne voyait pas comment nommer autrement ce groupe de jeunes qui les interrompait de façon aussi peu convenable, pour en plus leur demander des moyens de se ruiner la santé. Oh, elle tenta bien de leur faire la leçon, mais n'eut pour réponse que quelque chose s'apparentant à des aboiements. Oh, ils avaient un chien ? Voilà qui devrait faire remonter en flèche l'opinion qu'elle avait d'eux ! Pourtant, ce ne fut pas tout à fait le cas...

La pression des doigts d'Esteban sur son épaule la fit grimacer. Elle s'apprêta à lui signifier gentiment qu'il lui faisait mal, mais le regard affolé qu'elle croisa en tournant la tête lui fit comprendre qu'il y avait certainement une raison à un tel geste. Entre temps, celui qui devait être le meneur de cette bande de voyous (c'était évident si l'on se fiait à leur accoutrement) avait repris la parole, faisant froncer les sourcils de la mexicaine. Se moquait-il d'elle ? Elle ne voyait aucun animal à quatre pattes à proximité. Elle voulait bien croire que l'âge avait un impact sur la vue, mais elle n'était clairement pas assez vieille pour cela !


« Je... »

Elle était sur le point de sermonner le jeune homme (on ne se moque pas d'une Dame, c'est un manque total de savoir-vivre !) quand les multiples tentatives d'informations finirent enfin par créer du sens dans le cerveau de la brune. Les gros yeux d'Esteban et sa pression sur son épaule, les grognements qu'elle entendait de plus en plus distinctement et surtout -surtout !- les griffes qu'elle pouvait voir se modifier au bout des doigts de certains. Sa peau sombre perdit en couleur, et ses yeux noirs s'écarquillèrent.

« ...Oh... »

Elle en avait perdu son Latin, ce qui était un exploit, pour quiconque connaissait Madame Darian Luz-Descalzo (bien qu'elle rechigne de plus en plus à se présenter sous ce titre complet). (Mal)heureusement (?) pour elle, son fils fut celui qui repris la situation en main, tentant de mettre un terme à la discussion. Sur le coup, Olivia fut incapable de retirer son regard de ses griffes, et acquiesça donc en silence. Puis, elle en vint à la réalisation qu'il lui fallait dire quelque chose... et convaincre ses jambes de continuer à se diriger vers le restaurant, par la même occasion.

« Oh, oui... enfin, je veux dire non... Non, nous n'avons pas de briquet, et oui, nous allons partir... Bo..., je veux dire, amusez-vous bien... ! »

Elle avait de peu manqué d'ajouter un « les enfants » qui aurait eu tôt fait d'agacer un peu plus ces monstres et de les convaincre de leur sauter dessus. Mais maintenant que son fils et elle leur tournaient le dos, Dieu seul savait ce qu'ils étaient capable de faire ! Dans un geste de protection, Olivia porta une main à sa croix d'argent, tandis que l'autre passait autour de la taille de son enfant, comme pour être sûr qu'il ne quitterait pas son côté. Pas dit qu'avoir effrayé deux bourges suffise aux appétits de ces démons, ceci dit.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Sam 12 Déc - 16:38

C'était un "Oh" qui arrivait un peu tard, mais qui arrivait tout de même. Enfin sa mère avait compris à quoi ils s'étaient involontairement exposés. Il allait donc pouvoir la conduire en lieu sûr avant que la situation ne dégénère. Devenu gris à force de pâlir, il sentit un rire nerveux monter. C'était ce genre d'éclat de rire qui arrive dans des moments totalement inopportuns mais qu'on n'est pas certain d'être capable de retenir, simplement parce qu'il s'est imposé pour des raisons aussi solides qu'inconscientes. En l'occurrence, sa peur trouvait ce biais pour s'exprimer sans qu'il parte dans une nouvelle crise d'angoisse, qu'il aurait été dangereux d'avoir à ce moment précis.

Il figea l'envie que ses côtes avaient de se soulever dans un sourire très crispé, qu'il accompagna d'une excuse bien pauvre, mais néanmoins suffisante pour justifier leur départ. Dès qu'Olivia eut fait pareil que lui (infligeant ainsi plus de dégâts à leur crédibilité que le contraire), il appliqua une nouvelle pression sur son épaule. Cette fois, il n'avait pas besoin de lui faire mal puisqu'ils étaient sur la même longueur d'onde : il se contenta d'être ferme et de lui indiquer le chemin qu'il fallait maintenant suivre.

Les métamorphes l'observaient, un rictus moqueur aux lèvres. Des sueurs froides le gagnèrent lorsqu'il remarqua qu'absolument tous les regards étaient tournés sur lui. Il avait du mal à comprendre ce qu'il avait pu faire pour attirer ainsi leur attention, incapable de se rendre compte de l'expression terrorisée qu'il arborait sous son sourire de moins en moins naturel, ni de la façon dont sa paupière droite était prise de sursauts nerveux.

"... On ne fixe pas les gens ainsi, ce n'est pas... !"

Par chance sa voix était partie en vacances et avait été remplacée par une espèce de chuintement étranglé saupoudré de couinements de souris. Qu'avait-il donc en tête ? Ce n'était pas le moment de dire quoique ce soit qui puisse contrarier ces sauvages ! Ils auraient été capables de l'en punir en lui arrachant la tête !

"... Je veux dire que ce ne sera pas amusant... Si vous fixez les gens de cette façon ! Enfin... Que vous allez finir par vous ennuyer ! Ou bien... ! Euh... Oui. Vous... Bientôt ça ne sera plus un souci.. pour vous ! J'imagine ! Euh... Allons-y, très bien, au revoir..."

Dans ce genre de moments, son flot de parole ininterrompu pouvait être plus handicapant qu'autre chose. La gorge nouée il pressa le pas et renforça son emprise sur les épaules de sa mère, de telle sorte qu'il était difficile de savoir si c'était pour lui un moyen de la protéger plus efficacement.. Ou au contraire de se rassurer lui-même en l'utilisant comme doudou humain pour "adulte aux racines développées".

Le groupe fut bientôt derrière eux : il les entendait encore ricaner, aboyer, et certains s'étaient même mis à les menacer verbalement. Il sentait leurs regards lui brûler la nuque et il n'avait qu'une seule envie : se retourner, avancer à reculons sans les perdre de vue. Mais ça n'aurait fait que les provoquer et ralentir leur avancée. Il tourna dès qu'il le put. Hors de question de s'isoler dans une rue trop étroite et surtout trop peu fréquentée : tant qu'il y avait du monde, peut-être que ces gens n'oseraient pas les attaquer faute aux retombées sévères que cela leur coûterait. Il n'était pas certain d'avoir pris la bonne route, celle qui leur permettrait d'atteindre leur destination... Mais à vrai dire il avait encore moins faim qu'avant : la contrariété et l'effroi lui avaient noué l'estomac. Il jeta un coup d'œil nerveux derrière lui. Personne.

"... Je crois qu'ils ne nous ont pas suivi. Est-ce que... Est-ce que c'est encore loin ? Dis moi qu'il ne faut pas retourner en arrière..?"

Le jeune homme n'en menait pas large : il s'était mis à trembler et son teint était devenu brillant. Il avait peur de faire un nouveau malaise. Les récents événements n'étaient pas seuls à contribuer à son état : il ne pouvait s'empêcher de penser à ce qui l'attendait, lorsqu'il lui faudrait contacter les vampires... En était-il vraiment capable ? N'était-ce pas une forme de suicide anticipé ? Les outres en liberté étaient-ils tous si agressifs ? Il dut s'appuyer à un mur, la panique le submergeant.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Sam 3 Sep - 22:17

[HJ : Bonsoir, et bienvenue dans "Résurrection de vieux topics"]

Bien que se trouvant dans la ville la plus "Outre" du pays, Olivia avait tellement peu l'habitude de côtoyer ces "gens" (mais pouvaient-ils vraiment être qualifiés comme tels ?) qu'elle oubliait parfois qu'ici, ils pouvaient se trouver à chaque coin de rue. C'était ainsi qu'elle se trouvait dans des situations farfelues, obligée de s'excuser auprès d'individus sans vergogne qui n'hésiteraient pas à la couper en morceaux à l'aide de leurs griffes si elle avait le malheur de dire un mot qui ne leur plaisait pas.

Et apparemment, c'était bien parti. Elle ne voyait vraiment pas ce qu'ils avaient pu faire pour les vexer, car à part leur enseigner quelques notions de la politesse la plus élémentaire, Esteban comme elle n'avaient rien fait de mal, mais il en fallait peu pour que ces sauvageons chercher à passer à l'action. En réalité, ils devaient s'estimer heureux qu'ils soient à la recherche d'une excuse, sans quoi ils pourraient très bien être déjà en train de se vider de leur sang en plein milieu de la rue.

Ce fut Esteban qui permit à sa mère de se rendre compte de la gravité de la situation et qui l'incita à battre en retraite, une main fermement appuyée sur son épaule. Il était cependant malpoli de s'en aller sans formule d'au revoir, et Olivia ayant été très bien éduquée, elle prononça ses adieux après ceux de son fils, sans grande confiance, mais avec l'éloquence qu'on lui connaissait... du moins le pensait-elle. Elle pouvait encore entendre ces malotrus ricaner alors qu'elle suivait la direction imposée par la pression qu'Esteban exerçait toujours sur le haut de son dos. Il n'était pas loin de lui faire mal, mais l'heure n'était pas à la complainte : elle sentait son fils tendu, et il n'était pas difficile de comprendre pourquoi.

Elle fut tentée de jeter un coup d’œil au groupe alors que son enfant et elle battaient en retraite. Dès qu'elle le fit, elle sut qu'il avait s'agit là de l'idée la plus mauvaise de la journée (et pourtant il y en avait eu !) et qu'elle venait de pêcher par curiosité. Voilà que Dieu s'alliait au Diable pour lui flanquer la plus belle frousse de sa vie ! Au moins elle retiendrait qu'il ne fallait plus qu'elle choisisse de marcher dans ces rues. A partir de demain, elle ne se déplacerait plus sans son chauffeur et garde du corps préféré !

Fière de cette nouvelle résolution, elle détourna le regard de la bande de sale gamins qui les fixait sans vergogne. Esteban tenta bien de leur expliquait que ce n'était pas ainsi que l'on était considéré comme une personne respectable (pour aussi peu qu'ils puissent l'être, au vu de leurs infamies génétiques), mais sa voix sembla le lâcher. De son côté, Olivia considérait cela comme une bénédiction du Ciel : ce n'était vraiment pas le moment d'en rajouter, et le Seigneur l'avait certainement compris...

...ou alors il tenait quand même à ce qu'Esteban essaie de grandir dans l'adversité de ce monde de sauvages. Plutôt que de se concentrer sur la bande d'affreux qui ricanaient (ou plutôt "aboyaient"), la riche héritière décida de porter son regard sur son fils. Il avait l'air en très mauvais état, certainement un relent de ce qui l'avait amené à se trouver pâle un peu plus tôt, mais tentait bravement de combattre cet horrible groupe par les mots. Une étincelle de fierté perça dans l'immense océan de peur et de détresse qui se reflétait dans les yeux noirs de la mexicaine. Qu'il était courageux, son fils !

Enfin, ils se mirent à nouveau en route. Olivia sentit l'emprise sur son épaule se resserrer un peu plus et plaça sa main sur la sienne, réconfortante malgré tout.


"Niñito, tu me fais mal..."

Sa voix n'avait été qu'un léger chuchotement, même s'il était stupide de penser que ces humains aux oreilles animales ne l'avaient pas entendu. Si elle prêtait attention à ce qu'ils lançait entre deux aboiements et autres menaces, elle aurait pu entendre certaines moqueries. Mais Olivia était très douée pour n'entendre que ce qu'elle voulait, faute aux nombreuses soirées qu'elle avait subies (à défaut de les organiser) pour lever des fonds ou pour améliorer l'image de son (futur ex-)mari. Les déclarations politiques de Darian et ses collègues et "amis" l'avait rarement intéressée et elle s'était forgé une oreille sélective... qui s'avérait utile dans bon nombre de cas : ne pas écouter les complaintes de sa sœur, par exemple, ou son vocabulaire débridé. Mais jusqu'à présent elle n'avait jamais dû ignorer les insultes d'un groupe d'enfants du Démon. Comme quoi, il y avait une première fois à tout.

Esteban l'incita à tourner dans une rue assez fréquentée pour qu'on ne les y ennuie pas et avança de quelques pas avant de regarder derrière son épaule. Enfin, il s'adressa à sa mère, qui en réponse lui jeta un regard inquiet : il fallait dire qu'il n'avait pas l'air en très bonne forme quand ils avaient quitté la maison de cette vieille dame, mais maintenant il semblait encore plus mal en point.


"Je crains que nous n'ayons pas pris la bonne direction mon chéri... mais ce n'est pas grave, nous trouverons autre chose."

Pour tout dire, cette altercation lui avait à elle aussi coupé l'appétit : elle n'avait plus la moindre envie de plat complet ou de nourriture, aussi délicieuse soit-elle. Son regard tomba sur un petit salon de thé à quelques pas. Elle sortit un mouchoir propre de son sac à main, qu'elle tenta de passer sur le front transpirant de son fils avant de lui prendre le bras et de le diriger doucement dans la direction du magasin. Elle voyait bien qu'il était au bord de la crise d'angoisse, mais c'était loin d'être la première fois. Et si au départ elle s'était contentée des habituels "Respire, doucement, calme-toi", elle avait rapidement compris que cela ne servait à rien : il n'y avait rien de plus frustrant à dire à une personne qui avait justement du mal à respirer. Mieux valait donc qu'elle lui offre son soutien par sa présence et ses gestes, et qu'elle trouve un endroit calme où il pourrait se reposer. Et elle aussi, par la même occasion.

"Viens Niñito, allons par là. Boire un bon thé chaud nous fera du bien à tous les deux, je pense."

Elle tourna la tête vers lui pour lui lancer avec affection, toute dispute oubliée.

"Et qui sait ? Ils auront certainement quelques délices caramélisés !"

Ou ils pourraient en commander. Elle connaissait un bon pâtissier qui se ferait une joie de la livrer, même dans un commerce concurrent. Après tout, quand on s'appelait Olivia Luz-Descalzo, tout était possible.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Ven 28 Oct - 20:14

Esteban était tant et si bien concentré pour garder son sang-froid et continuer à marcher sereinement plutôt que de se mettre à courir en incitant sa mère à le suivre dans cette erreur qu'il ne se rendit pas compte qu'il serrait son épaule bien trop fort. Lorsqu'elle le lui signifia, ses nerfs en pagaille trouvèrent enfin un moyen d'expression. Il sursauta et émit un glapissement désolé, tout en détachant ses doigts de l'articulation meurtrie. Il posa sa main cette fois sans rien serrer du tout, l'air terriblement bouleversé.

Autant dire que c'était moins son acte de violence involontaire que la présence des métamorphes derrière lui qui amenaient son visage à prendre cette teinte paniquée, mais il ne l'aurait certainement jamais admis. Superstitieux, il lui semblait qu'il lui suffirait d'avouer qu'il était effrayé pour que ces créatures du Diable cessent de les menacer et passent réellement à l'action.

"Oh ! Je suis désolé mama... C'était parfaitement involontaire."

Esteban était moins efficace que sa mère lorsqu'il s'agissait de faire abstraction de ce qu'il entendait. Les menaces derrière lui rentraient par une oreille et ne ressortaient certainement pas par l'autre. Le teint grisâtre, il se mit à trembler tant de terreur que d'épuisement, et il se rendit compte qu'un passage aux toilettes lui aurait probablement été bénéfique. Il n'était plus très loin de se faire dessus, chose qui aurait été tout à la fois ultimement humiliante et absolument inconvenable. Sa démarche se raidit. Il se pensait capable de faire un nouveau malaise à tout moment et sentait même la sueur dégouliner sur son visage sur lequel des vapeurs de chaud et de froid roulaient désagréablement. Il tourna et invita sa mère à le suivre dans une rue fortement passante, non sans espérer qu'il avait pris la bonne direction. Lorsqu'il fut certain qu'ils étaient à peu près en sécurité (... Disons que cette bande d'affreux individus n'était plus dans leur champ de vision, si bien que le risque pour qu'ils les attaquent lui paraissait avoir fortement diminué, même si il ne leur aurait fallu que quelque secondes pour rejoindre le croisement et les retrouver), il s'appuya contre un mur afin de ne pas risquer la chute. A ces pensées vinrent s'ajouter celles, parfaitement inopportunes, de ce qu'il allait bientôt devoir faire pour "éviter de mourir" avant d'avoir assisté à la fin du procès. L'effroyable, l'inévitable réalité le rattrapa durement et il eut l'impression de tomber dans un gouffre. Sa respiration devenait difficile. Et pour ne rien arranger, Olivia lui apprit qu'ils n'avaient effectivement pas pris le bon chemin. Il grimaça et se mit à trembler de plus belle. Un gémissement piteusement ravalé. Tout lui semblait aller de travers, et même le ton rassurant de sa mère n'arrivait pas à le calmer. Ils trouveraient autre chose... Peut-être. Mais pour le moment, ils étaient sans solution. Le jeune homme sentait que sa crise ne baisserait d'intensité que lorsqu'ils se seraient défini un objectif clair. Qu'ils seraient rentrés dans un établissement, et qu'ils ne risqueraient effectivement plus de se faire égorger en pleine rue.

Subitement, il remarqua le monde. Il avait fait exprès de tourner là où les passants s'attroupaient le plus, et sur l'instant, ça lui avait paru être une bonne idée. Il avait néanmoins oublié sa tendance à très mal supporter les foules. Il lui sembla qu'on venait d'augmenter le son dans des proportions absolument insupportables et ses émotions atteignirent presque le point de non retour. La crise d'angoisse était à deux doigt de s'installer pour de bon et de ne plus le quitter avant un long moment.

Il voulut le signifier à sa mère, mais elle devait déjà l'avoir compris, car elle lui épongea le front et elle lui prit le bras. Elle le força avec douceur à avancer. Ce fut avec joie qu'il la suivit sans broncher et qu'il se concentra pour essayer de se calmer, à force de respirations amples et régulières. Tout le monde était en train de le regarder bizarrement, et ça n'aidait certainement pas à ce qu'il récupère ses moyens. Cela finit par l'agacer et il tapa du pied, leva les bras et les yeux au ciel avant de s'adresser à ceux qui le regardaient en coin :

"Raaah ! Mais cessez donc de me dévisager ! C'est terriblement impoli. Je commence à en avoir marre de cette tendance vulgaire qu'ont les inconnus de cette ville à nous fixer, comme si nous étions des phénomènes de foire."

... Puis de ne plus s'adresser à grand monde de particulier tandis qu'il continuait à déblatérer tout ce qui lui passait par la tête, le souffle court, et les yeux fous, tiré en avant par une Olivia qui n'avait pas changé d'objectif.

"...Déjà, c'est un mot vulgaire en lui-même. Quand on peut utiliser convention, gala, ou que sais-je, pourquoi parler de foire ? Mais concernant les regards je veux dire je peux comprendre, avec tout ce qu'il se passe en ce moment, et il est courant qu'on nous fixe quoiqu'il en soit, mais il y a des manières de faire ! Comme si je ne voyais pas ces yeux écarquillés. Sans compter ces êtres mauvais juste avant ! Il faudrait cataloguer les manières convenables de regarder quelqu'un dans la rue et faire vendre des exemplaires afin d'éduquer tous ces gens, mama. J'en.. ai.. Ah. Je ne peux... Respi... oh. Je .. bref..."

Olivia eut la bonne idée de choisir un salon de thé et de les y diriger prestement. C'était un excellent choix et Esteban eut l'impression de déjà sentir l'agréable liquide descendre dans ses entrailles et lui décrisper le ventre. L'aperçu même de ce moment de détente l'aidait à mieux respirer. Son visage s'adoucit, son expression reconnaissante et réconfortée.

"Oh ! Que ferais-je sans toi mama... Tu sais toujours quoi faire. Je ne saurais dire à quel point je valide ta proposition..."

Les délices caramélisés étaient par contre probablement moins recommandés. Rien qu'à en entendre parler, il sentit son estomac se serrer et le spectre d'une nausée lui griffer la gorge. Il n'en montra rien, sourire bravache aux lèvres bien qu'il fut évident qu'il ne se sentait pas bien.

"Eh bien dans un premier temps j'attendrai que l'estomac daigne dénouer mon th... Le contraire, si tu le veux bien... Mais si la faim revient, ça sera avec grand plaisir !"

Ils entrèrent enfin dans l'établissement, qui les entoura de sa chaleur odorante et d'un sentiment de sécurité divin. Esteban soupira de soulagement, et recommença doublement lorsqu'il put enfin s'asseoir. Jamais un fauteuil bon marché ne lui avait paru si confortable.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Dim 15 Jan - 1:56

Sitôt qu'elle le lui mentionna, Esteban desserra son emprise sur son épaule, ce qui la soulagea immédiatement. La force de pression qu'elle sentit ensuite était bien moins forte, et Olivia sourit tendrement à son fils lorsqu'il s'excusa auprès d'elle, lui mentionnant que cette pression était exercée bien malgré lui.

"Je n'en doute pas, querido."

Esteban n'avait jamais eu la moindre once de violence en lui, sa mère en était par ailleurs particulièrement satisfaite. Elle n'aurait pas su gérer dans le cas contraire, elle qui était incapable du moins geste menaçant envers quiconque. Elle avait de la voix, elle avait des arguments, elle était capable d'une rhétorique redoutable lorsqu'elle estimait que la cause en valait la peine (ou qu'elle était agacée, ou qu'on touchait à son fils), mais elle était incapable de lever la main sur quiconque. Et elle songeait, avec raison, que son fils était fait du même bois. Inutile donc d'insister.

La conversation dévia sur l'endroit où ils devaient initialement se rendre, qui n'était pas dans la bonne direction. Ce n'était cependant un problème pour Olivia, qui n'était plus vraiment d'humeur à partager un copieux repas. Elle avait déjà en tête d'autres solutions, qu'elle n'exprima pas à voix haute car Esteban paraissait à deux doigts de la crise d'angoisse. Elle s'occupa donc de lui en lui épongeant le front avant de lui prendre le bras et lui indiquer la direction d'un petit salon de thé. Cela ne serait pas dans leurs standards habituels, mais ils seraient au moins éloignés de la foule.

Foule qui semblait avoir les yeux braqués sur eux, du moins selon l'héritier Luz-Descalzo qui s'agaçait des regards des passants. Cela n'étonnait pas vraiment sa mère, qui avait l'habitude des regards déviants depuis les annonces des derniers mois. Néanmoins, elle n'appréciait pas plus que son fils ce qu'elle entrevoyait, mais n'en montrait pas un agacement aussi flagrant. L'éducation qu'elle avait reçue était parvenue à prendre le pas sur ses sentiments à ce niveau, et elle se contentait d'écouter les plaintes de son enfant, la tête haute, comme si de rien n'était.

Et en réalité, que y'avait-il de plus normal que son fils en ait assez de cette attention ?

Olivia écouta son argumentaire sur le mot foire avec un léger sourire amusé. Elle adorait lorsque son fils partait dans ce genre d'explications. La plupart des gens trouvaient cela agaçant (Darian le premier, le peu de fois où il l'avait entendu faire preuve d'un tel argumentaire), d'autres se moquaient ouvertement de lui (Luisa, notamment), mais elle trouvait toujours cela fascinant. Les liens qu'il parvenait à faire, la façon dont il passait d'une idée à l'autre... Une nouvelle démonstration de son intelligence, non ?


"Je sais, Esteban. Malheureusement, les gens ne savent plus comment être convenables, de nos jours..."

Soupirant élégamment, Olivia se dirigea vers la porte du salon de thé. A sa déclaration, elle lui décrocha un énorme sourire, avant de poser délicatement ses lèvres sur la joue.

"Et je ne serais rien sans toi, Niñito."

Elle relança la conversation sur le thé et les gâteaux, qu'elle avait proposé par courtoisie, n'ayant elle-même plus très faim. Olivia ne fut pas exactement étonnée d'entendre son fils lui dire exactement ce qu'elle pensait. Elle lui sourit doucement, avant d'hocher la tête.

"Je comprends tout à fait, mon chéri. Je n'ai plus particulièrement faim moi-même, pour être honnête."

Ils poussèrent enfin la porte de l'établissement, et ils s'installèrent à une table basse entourée de fauteuils qu'Olivia trouvait peu confortables, mais de bon goût, ce qui était déjà une bonne chose. D'un geste assuré de la main, elle appela le personnel, et entreprit de leur faire détailler leur liste de thés.

Une fois leur commande faite, Olivia se tourna vers son fils, et chercha à lui changer les idées par tous les moyens possibles et imaginables. Principalement, en parlant de tout et de rien, et en faisant des projets pour leur prochaine rencontre, puisqu'ils venaient d'en parler... et qu'il était hors de question qu'ils aient une nouvelle aventure de ce genre. Peut-être même pourraient-ils aller à l'église ensemble, à partir de maintenant ?

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Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...

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