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 Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...

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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Jeu 6 Mar - 10:54

Dimanche, fin de matinée. Une journée encore fraîche, bien qu'avec peu de vent. Le soleil brillait dans un ciel sans nuages, mais la période avait été trop froide pour que ce sursaut de beau temps soit capable de réchauffer les vieux os du célèbre quartier français. Les rues ne paraissaient pas endormies pour autant. Avec un ravissement certain, Esteban passait dans ce petit condensé de folklore, mettait les yeux partout, et souriait bêtement chaque fois qu'un morceau de créole - incompréhensible pour lui - passait par l'une de ses oreilles. C'était vraiment pittoresque ! Il ne regrettait pas d'être venu.

Il revenait de la Cathédrale Saint Louis, où il venait d'assister à la messe. Il n'était pas obligé d'aller si loin de l'université pour trouver une église, mais il connaissait l'histoire de ce bâtiment et savait qu'il valait le coup d'œil. Il ne regrettait pas d'être venu : la Cathédrale avait été à la hauteur de ses espérances. Le quartier tout entier l'était. C'était vraiment... poétique, en un sens. Il avait l'impression d'avoir voyagé dans le temps. D'être revenu à une époque plus oisive, plus simple... Ou du moins était-ce ainsi que se l'imaginaient tous les jeunes riches et bobos de son époque qui oubliaient des problèmes tels que le manque d'hygiène, les odeurs nauséabondes et les épidémies qui ravageaient ces mêmes rues quelques siècles auparavant. Pourtant, Esteban était loin d'être mal renseigné: l'Histoire était l'une des seules matières qui l'avaient intéressé dans son cursus scolaire. Comme il avait une excellente mémoire, et ne s'était pas cantonné au programme, il savait beaucoup plus de choses qu'on aurait pu l'attendre d'un jeune de son âge.

Il tourna des yeux pleins d'étoiles sur une maison ancienne, qui lui paraissait accueillante. D'autres auraient pensé que ce toit de tuiles délavées, ces volets en bois que la vieillesse rongeait lentement, ces vitres sales et ces pans de murs dont la chaux se détachait et laissait la brique nue à de nombreux endroits, donnait une allure inquiétante - hantée - au bâtiment. Esteban quant à lui trouvait ça particulièrement charmant. Plein de cachet. Oh ! Il était presque certain qu'il s'agissait du fameux Magasin du forgeron de Lafitte. Avec le couvent des Ursulines, il s'agissait d'un des plus anciens bâtiments de la Nouvelle-Orléans. Construit avant 1775 ! C'était fascinant... La légende disait que cet endroit avait été la propriété du pirate Jean Lafitte, et le théâtre de nombreuses transactions de contrebande... Maintenant, c'était devenu une taverne. Avant la Révélation de nombreux fan de vampires - brrr, quelle horreur - avaient choisi cet endroit comme lieu de rendez-vous, mais maintenant qu'ils savaient que leur fantasmes allaient au-delà du rêve, ils avaient tous migré dans le Quartier Sanglant. Bon débarras. Histoire de ne pas se gâcher un si beau début de journée, le jeune homme décida d'oublier qu'il avait lui-même prévu d'aller lécher les bottes des vamps plus tard dans la semaine. Au moins, songeait-il, il ne le faisait pas parce qu'il adorait stupidement ces créatures du Diable. Non... Il le faisait parce qu'il n'avait pas le choix. Il ne pouvait pas se permettre de mourir avant la fin du procès. Pas après tout le mal qu'il s'était donné.

Esteban balaya rapidement ces pensées sombres de son esprit. Il reprit la route, avec un sourire innocent. Cet endroit le mettait de bonne humeur. Il semblait que rien n'aurait pu noircir le tableau en cet instant donné. La marche à pied l'avait un peu fatigué, mais il se sentait relativement bien aujourd'hui. Il portait un ensemble chemise pantalon de chez Armani, plus décontracté qu'à son habitude - mais après tout, c'était dimanche. La chemise en lin et coton avait un col relativement lâche, une coupe large mais bien pensée. Elle était de l'un de ces bleu foncés dont Esteban raffolait tant qu'il en portait presque en permanence. Le pantalon quant à lui était noir et simple, bien coupé, et environ dix fois plus cher que son équivalent dégriffé. Là-dessus il portait un pardessus Brioni noir 100% cachemire. Parce qu'il faisait tout de même encore un peu froid, à cette époque de l'année. Il leva son poignet pour regarder l'heure sur sa rolex - Oyster Perpetual Cosmograph Daytona si on voulait être précis. Il adorait son aspect "steampunk". Il fallait qu'il presse le pas s'il voulait être à l'université pour l'heure du repas. Karl l'attendrait sans doute. Il passa une main contre ses cheveux, attachés dans un catogan parfait.

".. Bon. Ça n'est pas gagné."

Courir étant une mauvaise idée dans son état, il tenta simplement de presser le pas. Mais il était trop occupé à regarder tout autour de lui pour songer à respirer, et bientôt, son corps le lui fit comprendre. Il s'arrêta le temps de reprendre son souffle. Quatre secondes plus tard, il se rendit compte que ça n'allait pas mieux. Son cœur se mit à battre plus fort. Ses forces le quittaient. Sa tête se mit à tourner, et avant qu'il ne comprenne ce qui lui arrivait, il était tombé à genoux. Il ferma les yeux, et se concentra sur sa respiration comme il le faisait à chaque fois que quelque chose de ce genre lui arrivait. Sauf qu'il n'était en train de faire ni une crise de spasmophilie, ni une crise d'angoisse. C'était quelque chose qu'il n'avait encore jamais expérimenté. Impuissant, il ne pouvait qu'attendre que le malaise passe - en espérant qu'il passerait. Il essayait d'éviter de s'effondrer complètement par terre, et c'était déjà beau qu'il y arrive. Peut-être aurait-il mieux fait de ne pas s'éloigner de l'université finalement...
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Jeu 6 Mar - 14:14

Ah une belle journée de dimanche ! Mère-grand s’était levée de très bonne humeur. Il ne faisait pas chaud mais beau, la journée presque parfaite en somme. Elle avait donc fait le marché en souriant de très bonne heure ce matin. Elle y avait passer comme à son habitude bien plus de temps que prévu car elle ne pouvait s’empêcher de prendre des nouvelles de tous ceux qu’elle connaissaient et de saluer celle qu’elle ne connaissait pas encore. Elle n’était rentrée qu’en fin de matinée. Elle monta ses courses chez elle en sifflotant et se posta sur son balcon en se demandant qui pourrait être la suite de son aventure dominicale.

Elle ne pouvait pas rester enfermée, ce n’était pas vraiment dans ses gênes et puis, le soleil était toujours aussi accueillant dehors. Comme elle avait une bonne heure et demie avant son rendez-vous chez son petit-fils, elle avait bien le temps de prolonger sa ballade. Elle descendit  de chez elle et se posta devant sa porte d’entrée en regardant de droite à gauche ne sachant quel côté semblait plus attrayant.

Plusieurs passants se trouvaient dans sa rue. Les magasins étaient quasiment tous fermés le dimanche, mais les curieux et les touristes ne manquaient jamais dans le vieux quartier. Elle les regarda donc un par un en lâchant de temps à autre des remarques à haute voix ou bien en riant. Les gens la regardaient parfois de travers, mais peu osaient lui faire une remarque. Cela la rendait encore un peu plus joyeuse.

Elle remarqua bientôt une silhouette très fine qui avançait lentement en regardant d’un air très intéressé les bâtiments. Mère-grand ne la lâcha pas des yeux. Elle prit un long moment avant de savoir si c’était une fille ou un garçon. Il était si mince et avait les cheveux longs. Cette mode stupide n’était donc toujours pas passée ?

Après avoir regardé sa montre, il avança un peu plus vite. Mère-Grand sourit. Rendez-vous avec une amoureuse peut-être? Elle se prit à imaginer à quoi pouvait bien ressembler la copine d’un garçon comme ça… ou le copain, d’ailleurs. Cela la fit rire à haute voix. Il passa alors à sa hauteur et Mère-Grand ne se gêna pas une seconde pour le dévisager. Il ne semblait pas bien en forme. Et quelques pas plus tard, cette impression fut confirmée car il s’effondra en face de la maison d’à côté.

Mère-Grand n’avait plus l’âge de courir mais elle se précipita le plus vite possible vers lui. Voilà, un évènement qui promettait de ne pas être ennuyeux ! Il semblait encore conscient mais faire un immense effort pour le rester. Mère-Grand s’approcha de lui et posa une main sur son épaule :

« Besoin d’aide, jeune homme ? » Avec un sourire très sympathique.

Elle voulait l’aider avec joie, mais n’aurait pas la force de le soutenir s’il tombait réellement. Sans attendre de réponse du jeune homme, elle interpela la première passante qui était là, une jeune femme plutôt jolie quoiqu’un peu vulgaire, et lui ordonna :

« Aidez-le à venir ici ! Je vais lui donner un petit remontant. » Elle lui designa la porte de chez elle et la devança pour aller ouvrir.

Si le premier réflexe de n’importe qui eut été d’appeler des secours, ce n’était en aucun cas celui de Mère-Grand, vodoun aguerrie qui connaissait toutes les recettes miracles pour les malaises en tout genre.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Jeu 6 Mar - 17:02

Dimanche, c’était relâche, et gueule de bois. Comme pour beaucoup de monde à la Nouvelle Orléans, la nuit avait été plutôt festive, voire agitée, et il était maintenant l’heure de cuver les excès de la veille. Messaline avait été la première tirée du lit par les tiraillements de son estomac, alors que Zack dormait toujours du sommeil du juste -un juste très alcoolisé, mais un juste quand même. Par un élan de courage insoupçonné, elle s’était levée, avec toutes les précautions nécessaires à ces matins maussades où seuls quelques neurones semblent avoir survécu au bain d’éthanol, pour enfiler à la hâte les premières choses qui lui tombaient sous la main afin d’avoir l’air à peu près présentable. Elle jeta un coup d’œil dans le miroir et haussa les épaules. Avec sa mine grisâtre de lendemain de soirée, ses cheveux en désordre et sa robe encore froissée, elle n’avait vraiment pas fière allure, mais tant pis, ça ne serait l’affaire que de quelques minutes. Un petit sourire lui vint quand elle distingua sur sa gorge et sa poitrine quelques vestiges de l’ardeur que Zack avait mise à terminer leur soirée en bonne et dûe forme sous les draps. Un accès de bienséance la poussa à les cacher sous un châle brodé dont elle rabattit les pans pour cacher son décolleté un peu trop plongeant.

Baillant à s’en décrocher la mâchoire, elle était descendue après avoir chuchoté quelques mots à l’oreille du voodun endormi qui n’avait même pas bougé d’un pouce, et s’en était allée en traînant des pieds à la boulangerie du coin où, avec un peu de chance, elle tomberait sur cette petite vendeuse qui lui faisait de l’œil en lui rajoutant toujours quelques extras. Il faisait beau, et même si le soleil lui arrachait la rétine, Messaline apprécia à sa juste valeur cette fin de matinée rieuse et tranquille qui donnait l’impression qu’on vivait dans un monde parfait et paisible où rien ne semblait pouvoir troubler la quiétude du repos dominical. Les gosses jouaient dans les jardins et dans la rue, les vieux prenaient l’air sous les auvents maisons, les gens saluaient leurs voisins et les touristes marchaient le nez en l’air au mépris des crottes de chien et des obstacles sur le trottoir. C’était un cadre bien plus agréable à vivre que le quartier miteux où se trouvait le motel encore plus pouilleux où elle avait posé ses valises avant de s’installer chez Zack. On ne la connaissait pas encore assez pour la regarder de travers, et il y avait assez d’Outres dans les parages pour qu’elle s’y sente à son aise.

Occupée à compter sa monnaie, Messaline pressa le pas pour arriver avant l’heure de fermeture de la boutique, quand elle entendit qu’on l’interpellait d’un ton qui ne souffrait aucune réplique, quoique sans brusquerie. Elle regarda autour d’elle d’un air un peu surpris, et puis siffla un juron en espagnol quand elle vit le gamin qui venait toute évidence de se vautrer par terre et n’avait pas tout à fait l’air dans son assiette. Elle hésita un instant à faire comme si elle n’avait rien entendu, mais le peu de morale qui lui restait la força à obéir à la vieille dame venue porter assistance au jeune homme. Tant pis pour le petit déjeuner. Son ventre protesta dans un gargouillement contrarié, mais pour une fois qu’elle était d’assez bonne humeur pour être serviable, Messaline décida de faire sa bonne action du jour et accourut au secours du malheureux.

-Hep, fit-elle en claquant des doigts sous son nez. Reste avec nous, d’accord ? On va t’amener chez la dame, accroche-toi.

Sans guère s’encombrer de manières, elle passa le bras du garçon au-dessus des ses épaules pour le soutenir. L’avantage à avoir presque toujours vécu au milieu des alcooliques et autres consommateurs de produits plus ou moins légaux était qu’elle n’était pas du tout impressionnée par ce genre de malaises et qu’elle avait une certaine habitude pour ce qui était de ramener à bon port des gens dans un état second. Pour une fois, elle était elle-même sobre, ce qui n’arrivait pas souvent dans ce genre de cas, et ce qui rendait la chose étonnamment facile quand elle n’avait pas à gérer ses propres pertes d’équilibre. Il leur fallut tout de même un certain temps avant d’arriver jusqu’à la porte ouverte par la vieille dame, et avant que Messaline ne puisse songer à se défaire de son chargement, une migraine lancinante lui perçait les tempes. Beaucoup trop d’efforts pour un matin comme celui-là... Elle commençait déjà à regretter cet accès d’abnégation, d’autant qu’il était probablement déjà trop tard pour espérer dénicher un petit déjeuner convenable. Puisque sa matinée était foutue, autant s’assurer que le môme allait bien...

-Tu tiens le coup ? lança-t-elle en vacillant un peu sous le poids tandis qu’ils franchissaient le seuil. On y est presque, tu nous lâches pas maintenant hein ?
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Jeu 6 Mar - 18:39

Esteban sursauta lorsqu'il sentit une main contre son épaule. Il n'était pas habitué aux contacts physiques, et ça lui faisait toujours un peu bizarre quand on le touchait alors qu'il ne s'y était pas attendu. Il leva difficilement les yeux. Il avait l'impression que s'il cessait de se concentrer sur son équilibre, il allait aussitôt s'effondrer et perdre connaissance. Pendant un bref instant, son esprit s'égara, et il se demanda si il n'avait pas été drogué... si la vieille femme qu'il voyait à peine, au travers du brouillard, n'avait pas été payée par son père pour l'enlever. Parce que son père aurait sans doute été capable d'aller jusque là pour sauver sa carrière et les fonds qu'il transférait au TPH... Quelques dixièmes de seconde plus tard, il se rendit compte de la stupidité de l'hypothèse qu'il venait de monter. Il en aurait bien ri si il n'avait pas été sur le point de partir il ne savait trop où, en laissant son corps par terre.

"Gnn ..  !"

Il avait provisoirement oublié comment faire pour parler. Voilà qui lui faisait tout bizarre, parce qu'il avait pour habitude de jacasser sans arrêt, qu'importe le contexte, qu'importe les circonstances. Comment cette vieille dame comptait-elle lui porter secours exactement ? Était-elle plus forte qu'elle en avait l'air ? Un métamorphe ? Préférait-il mourir ici ou accepter l'aide de l'une de ces créatures ? Cette pensée remettait en question tous les projets qu'il avait monté au sujet de sa transf... Voilà qu'il compensait en pensant à tout et n'importe quoi trop vite pour que son cerveau embrumé puisse suivre. Ça lui donnait la nausée. Bien sûr qu'il avait besoin d'aide ! La vieille dame ne comptait quand même pas le laisser là, sur le trottoir, dans le cas où il lui aurait répondu le contraire ? Non ? Si ? Soudain très anxieux, il espéra qu'elle n'aurait pas mal interprété l'unique gémissement inarticulé qui avait réussi à sortir d'entre ses dents.

Elle héla quelqu'un. C'était plutôt bon signe. Esteban ne chercha même pas à tourner la tête pour voir de qui il s'agissait, parce que si il avait essayé, il était persuadé qu'il aurait perdu pied pour de bon. De toute façon il n'eut besoin de rien faire. Des doigts claquèrent sous son nez, amenant ses yeux paresseux à loucher dessus d'une manière qui aurait été comique si il n'avait pas été si mal en point. Ils appartenaient à une jeune femme qui avait l'air plutôt jolie et joliment habillée... Même si il n'y voyait quand même pas grand chose. Quoi... Était-il déjà parti? Est-ce qu'il s'agissait d'un ange venu le chercher pour l'emmener au paradis avant qu'il n'ait eu le temps de succomber à la tentation qui lui ouvrirait les portes de l'enfer ? Non, c'était ridicule. Il était encore conscient. A peu près.

"... gn."

Echec critique, une fois de plus. Il était inutile qu'il essaie de parler. Il tenta d'actionner sa tête en guise d'approbation, ce qui fonctionna à peu près, même si le geste avait été laborieux. La fille l'aida à se relever. Il mit toute sa bonne volonté à actionner les muscles de ses cuisses pour ne pas peser trop lourd sur sa bienfaitrice. Seulement, l'effort qu'il fit pour arriver à ce stade était un peu de trop. Son rythme cardiaque s'accéléra, et le vertige devint si violent que ses yeux roulèrent, et qu'il manqua de retomber en entraînant la fille à sa suite. Il lui fallut quelques secondes pour être sûr d'avoir retrouvé son équilibre. Sa respiration était difficile, et semblait encombrée. Plus il forçait, plus sa gêne respiratoire s'entendait. Au bout de ce qui lui sembla être une éternité d'efforts, ils parvinrent à passer le seuil d'une maison. De nouveau la voix... Il se concentra dessus. Il se rendit compte qu'elle lui permettait de s'ancrer à la réalité, parce que franchement tout le reste de ce qui l'entourait paraissait ne plus avoir de réelle consistance.

"...fais... c... je peux... dsolé..."

Plus ça allait, plus il se sentait nauséeux. Et très franchement, c'était bien la dernière chose dont il avait besoin. C'était comme si absolument RIEN dans son corps ne fonctionnait comme il aurait fallu, et que son organisme entier était devenu douloureux, bizarre et dysfonctionnel. Il en était à ce stade où on est tellement malade qu'on se demande comment on a jamais pu se sentir bien de toute sa vie.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Ven 7 Mar - 22:30

Sans attendre que la jeune femme réagisse, Mère-Grand s’était déjà dirigée vers chez elle. Elle ouvrit la porte et attendit qu’ils entrent. Malgré le soupçon d’inquiétude pour le garçon, elle semblait très heureuse d'accueillir des gens chez elle. Elle avait l’habitude de faire entrer de parfaits étrangers dans sa maison, ce qui provoquait des disputes assez violentes avec son gendre et sa fille avec qui elle vivait. Ils arrivèrent alors dans son salon. C’était une pièce très grande qui reflétait parfaitement l’image de la petite grand-mère, une décoration très kitsch et colorée avec plein d’objets les un plus insolites que les autres.

« Allongez-le ici.» Dit-elle à la jeune femme en montrant le canapé.« Et installez-vous où vous voulez. »

Il y avait l’embarras du choix dans son salon encombré, entre fauteuils en cuir, chaises en bois et canapés multicolors. Elle s’approcha alors du garçon et le regarda un instant comme pour analyser sa situation puis se dirigea rapidement vers sa cuisine qui était ouverte sur le salon. Elle ouvrit ses placards un à un. Comme le salon, ils étaient plein à craquer de choses plus ou moins étonnantes, pour la plupart des bocaux mais rempli de substance parfois indéfinissable. Elle piocha dans quelques uns contenant des herbes. Elle lança la bouilloire et mélangea les ingrédients qu’elle venaient de récupérer. Tout ça lui semblait tout à fait naturel, comme si elle avait l’habitude de recevoir des gens malades chez elle tous les dimanches.

Et tout en faisant son petit manège, elle se mit à parler d’un ton enjoué à la jeune femme.

« Au fait, je suis Annette, mais tout le monde m’appelle Mère-Grand ! » Elle rit en disant cela.

« Il me semble pas que je vous ai déjà croisé ? »

Elle lui jeta un coup d’oeil rapide et continua en souriant : « Vous ne me semblez pas bien en forme non plus ! Quelque chose à boire ou à manger ? »

La bouilloire émit un son signifiant que l’eau avait fini de bouillir. Elle finit son petit mélange en ajoutant de l’eau dans une tasse et avança vers le jeune homme tout en disant à son autre invitée :

« Il y a de l’eau chaude et vous pouvez prendre ce qui vous fait plaisir ! Il y a du thé et des gâteaux dans le placard en haut à gauche et des tasses au dessus de l’évier. Faites comme chez vous, servez-vous !»

Elle se pencha alors vers le garçon en lui disant :

« Tenez ça vous fera du bien ! » Et elle lui prit la tête pour l'aider à boire.

L’odeur qui se dégageait du breuvage était parfumée quoiqu'assez difficile à qualifiée, mais mère-Grand semblait bien savoir ce qu’elle faisait. Ses longues années auprès de son mari malade et son expérience auprès des blessés de la guerre qui suivit la révélation lui avait bien appris comme réagir face à la maladie. Et les recettes de grand-mère étaient devenus une de ses spécialités !

[HRP : J'ai l'impression d'avoir avancer un peu vite... Si c'est le cas dîtes le moi et je modifie :) ]
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Sam 8 Mar - 14:57

(HJ: pas de souci, faut bien avancer un peu ^-^)

Messaline laissa tomber plus qu'elle ne déposa le jeune homme à l'endroit indiqué par la vieille et s'affala dans le premier fauteuil qui passait à portée de derrière. Se massant les temps pour apaiser ses maux de tête, elle regarda autour d'elle, non sans un petit sourire amusé devant tous les objets hétéroclites qui encombraient l'espace. ça sentait la vieille lavande, la poussière et la lessive séchée au grand air, et des effluves d'épices, de plantes, en plus de ce petit relent persistant de ragoût éventé qui imprégnait toutes les maisons créoles dignes de ce nom. Les murs délavés, le plancher grinçant, les couvertures en crochet et les ouvrages en tricot, les souvenirs entassés comme sur les étals d'une brocante, tout ça était autant d'évocations soudaines qui rappelèrent à Messaline toutes les grand-mères de ce genre qu'elle avait connues, y compris la sienne. Toutefois, la plupart des grand-mère ordinaires ne décoraient pas leur intérieur avec ces gri-gris que la jeune femme avait apprit à reconnaître, puisque c'était le même genre de machins à plumes, à os et à bidules dont elle préférait ignorer la nature qui traînait sans cesse dans les affaires de Zack. Tout d'un coup, la gentille mamie altruiste semblait déjà beaucoup moins inoffensive, mais après tout; est-ce qu'il y a avait vraiment des petites vieilles inoffensives à la Nouvelle Orléans?

Elle laissa la dame parler, hochant vaguement la tête pour ne pas paraître impolie, mais les choses allaient un peu trop vite pour qu'elle arrive à suivre le rythme. Anette devait avoir le triple de son âge et semblait bien plus en forme qu'elle... En même temps, lorsque Messaline était en train de cuver ses excès, même une limace aurait été plus en forme. La jeune femme se leva avec précautions pour se faire du thé quand la vieille dame l'y invita, et revint s'affaler dans son fauteuil en buvant à petites gorgées. Elle jeta un regard en biais au garçon encore dans les choux et à Anette qui lui faisait boire un remontant. A eux deux, il faisaient une belle image de la jeunesse, tiens, pas fichus de tenir sur leurs cannes...

-Je m'appelle Messaline, reprit la jeune femme en profitant que la grand-mère reste en place deux minutes. Je viens juste de m'installer dans le coin, de l'autre côté du pâté de maisons.

Une pause, puis elle reprit son bol entre ses mains, essayant d'oublier la douleur qui lui sciait le crâne en deux.

-C'est une chance que le jeune monsieur soit tombé sur vous, vous avez l'air de savoir y faire pour requinquer les gens.

Elle parlait avec une amabilité qui aurait sans doute étonné ceux qui la fréquentaient d'ordinaire, teintée d'une certaine appréhension respectueuse qui la faisait ressembler à une gamine qui craint de se faire remonter les bretelles. Messaline avait pour les anciens le respect monolithique et quasi révérencieux qu'on lui avait enseigné étant petite et qui avait été entretenu avec soin par le souvenir de sa propre grand-mère, doublé de la méfiance naturelle qu'elle entretenait toujours à l'égard des vooduns. Et puis, sans le vouloir, elle avait l'impression d'être revenue des années en arrière quand elle se sentait passée au crible par le regard attentif de la vieille Madalène qui avait ce don commun à toutes les vieilles personnes, semblait-il, de détecter jusqu'au moindre soupçon de culpabilité. C'était idiot, Messaline était une adulte responsable -enfin, en âge d'être adulte, quoi. Ce qu'elle faisait de sa vie ne regardait qu'elle, mais pourtant quelque chose la poussait à faire profil bas, en présence d'Anette. Pas sûre qu'une vénérable sorcière voodoo comme elle soit vraiment disposée à accueillir une putain sous son toit, fut-ce pour quelques minutes.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Dim 9 Mar - 11:57

[Merci à google traduction de combler mes lacunes linguistiques \o/. Sinon pas de souci Annette le rythme me paraît très bien ^^]

Au bout d'un temps qui lui parut interminable, Esteban put enfin s'allonger. L'unique pensée qui traversa son esprit fut alors "Non... Définitivement pas le paradis". La violence avec laquelle son corps avait touché le canapé lui donna un haut le cœur, et il crut perdre conscience pour de bon. En fait, il dût perdre conscience pendant quelques dixièmes de seconde, étant donnée l'impression désagréable qu'il eut de plonger la tête sous l'eau pour ne remonter que de justesse. Un gémissement pitoyable lui échappa. Ensuite, il recommença à respirer. Ses poumons avaient énormément de mal à tracter l'air normalement... Comme si il avait oublié de quelle manière s'activait le muscle du diaphragme.

Incapable de suivre la conversation qui se déroulait autour de lui, il se concentra sur cette même respiration. Ça ne lui avait pas beaucoup réussi sur le trottoir, quelques minutes auparavant, mais il ne savait pas quoi faire d'autre. A force d'efforts il parvint à réguler légèrement le rythme de ses inspirations. Il avait cessé d'hyperventiler, et il se sentait légèrement moins mal, mais clairement, son problème n'était pas réglé. Chaque muscle de son corps semblait lui crier: "hors service !". La tête lui tournait, et la nausée ne passait pas. Au travers du brouillard, il sentit quelqu'un lui soulever la tête. Il se laissa faire car de toute façon, son corps ne lui laissait pas vraiment le choix. La voix de la vieille dame lui parvint comme déformée. Au moins avait-il compris l'idée. Il fallait qu'il boive. Il espérait juste que son estomac supporterait le breuvage chaud porté à ses lèvres, car Esteban était loin d'être certain que ça allait être le cas. Quel dommage, si cela arrivait... cette gentille grand-mère allait s'être embêtée pour rien... Ça ne serait vraiment pas poli de rendre tout ce qu'elle lui avait donné. Et aussi très peu distingué. Il avait beau être à moitié en train de mourir, il était encore très soucieux de son image : il ne voulait pas paraître impoli, et encore moins grossier !

Il avait levé une main tremblante et glacée, et tentait tant bien que mal de soutenir le gobelet. Son second ange gardien, désormais en retrait, était en train de parler. Comme son esprit s'égarait il se rendit compte qu'elle avait un accent... Cet accent lui rappelait un peu celui de sa mère, bien qu'il fut assez différent. Une étrangère ? Arrivé à la moitié de la boisson, il sentit son estomac se tordre. Il pinça les lèvres et émit un nouveau gémissement. Oh non... Ça y était. Son système digestif se rebellait et il n'allait rien pouvoir faire contre... Pitié ! Pas ça ! Comme il faisait son possible pour garder le cœur accroché, il fit un effort colossal pour articuler :

"Lo siento mucho, creo que voy a vomitar..."

L'accent espagnol de la plus jeune des femmes l'avait troublé. Il était bilingue, et il lui arrivait parfois de passer d'une langue à l'autre sans s'en rendre compte. C'était exactement ce qu'il venait de se passer, dans un moment où il aurait mieux valu pour tout le monde qu'il se cantonne à l'anglais. Si la vieille dame n'avait pas de notions en langues latines, elle allait avoir du mal à comprendre l'urgence de la situation. Sauf si, évidemment, elle parvenait à lire à travers son expression torturée.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Lun 17 Mar - 16:39

Tout en aidant le jeune homme à boire, elle répondait gaiement à son autre invitée :

« Ah Messaline ! Enchantée, c’est un bien chouette prénom que vous avez là… Si vous êtes dans le coin, on risque de se croiser souvent… Vous êtes peut-être déjà passer au magasin de ma fille, celui qui est juste en bas ! C’est moi qui…  »

Elle allait continuer sur quelques petites anecdotes du quartier et son ancien magasin lorsque le malade se mit à balbutier quelques mots. Mère-Grand se rapprocha de lui pour entendre :

"Lo siento mucho, creo que voy a vomitar…"

Son visage parut soudainement confus lorsque les mots qui sortirent de sa bouche furent en espagnol. Mère-grand ne parlait pas cette langue. Mais même si elle ne saisit pas le sens de la phrase, le mot « vomitar » et le visage pâle du jeune homme suffit amplement à ce qu’elle comprenne ce qui allait se passer. Il fallait agir vite et bien. Elle posa donc la tasse sur la table près d’elle et aida le jeune homme à se mettre sur le côté. Elle se tourna alors vers Messaline en disant d’un air autoritaire :

« Veuillez me passer le… »

Le temps qu’elle réfléchisse au récipient qui serait le plus adapté à la situation, il était déjà trop tard ! Mère-Grand évita du justesse de s’en prendre dessus, mais le tapis n’échappa pas au triste sort. Elle lança un regard sceptique au sol… Ce serait son gendre qui allait encore lui en vouloir en rentrant ! Elle avait déjà imaginer la tête de ce dernier lorsqu’il apprendrait qu’elle avait encore invité des étranger chez lui, mais elle n’osait pas encore penser à ce qu’il allait lui dire lorsqu’il saurait que l’un deux avait vomit sur son plancher !

Mère-grand se tourna vers Messaline en lui disant d’un ton beaucoup plus léger et en levant les épaules : « Finalement, ce sera le seau et la serpillère dans le placard de l’entrée qu’il me faudra. »

Elle se tourna à nouveau vers le jeune homme en lui demandant : « Ça va mieux ?… » Elle réfléchit deux secondes. Si ça se trouvait, il ne parlait pas du tout leur langue, elle rassembla vivement ses souvenirs pour tenter de trouver deux ou trois mots d’espagnol qui trainait dans les coins de sa tête et tenta peu convaincue : « Es bueno ? » Elle jeta un regard interrogatif à Messaline comme pour lui demander de l’aide pour la traduction.

Elle finit par se lever elle-même pour aller chercher une serviette et un verre d’eau tout en gardant un oeil vers le garçon. Elle priait secrètement pour qu’il parle leur langue car si ce n’était pas le cas, elle se sentait bien démunie.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Sam 22 Mar - 17:13

Messaline n’écouta que d’une oreille le babillage de la grand-mère, regardant avec une certaine horreur le visage du garçon devenir blanc comme un linge. Elle s’écarta prudamment, et se leva lorsque la vieille dame lui demanda d’apporter quelque chose qu’elle n’eut pas le temps de détailler, et détourna bien vite les yeux quand tout le monde comprit qu’il était trop tard pour espérer trouver un quelconque récipient pour limiter les dégâts.

— Oh pitié, marmonna-t-elle en se bouchant le nez. Pas ça...

La jeune femme était dévouée et courageuse, quand elle le décidait, mais pas au point d’arriver à supporter l’odeur et la vue d’une flaque de vomi bien fraîche quand elle avait la gueule de bois. C’était beaucoup trop pour un lendemain de cuite, mais maintenant qu’elle s’était engagée à donner un coup de main, elle n’allait quand même pas laisser tomber l’aimable grand-mère. Grimaçant de dégoût, elle s’en fut chercher le seau et la serpillère et les déposa près de leur hôte sans trop s’approcher toutefois pour ne pas risque d’ajouter une deuxième tache au vénérable tapis.

— Je voudrais bien vous aider un peu plus, abuela, mais j’ai pas très envie de vous donner encore plus à nettoyer. M’en voulez pas, hein, mais j’suis pas dans mon assiette, ce matin.

Elle s’écarta aussitôt et retourna s’asseoir à l’opposé du garçon qui semblait revenir un peu plus à la réalité. D’un petit haussement d’épaules assorti d’un geste de la main, elle signifia à la vieille dame, non sans une légère moquerie amusée, que son espagnol était un peu rouillé et enchaîna aussitôt.

-¿Qué tal, niño, sientes mejor?

Messaline ne put s’empêcher de sourire un peu, comme elle l’avait fait quand elle l’avait entendu parler en espagnol un instant plus tôt. Elle n’avait guère l’occasion de pratiquer, et c’était toujours agréable de laisser tomber l’anglais pour sa langue maternelle, surtout que le gamin avait l’air de la parler couramment. Elle reprit sa tasse de thé dans ses mains, gardant le nez dans les vapeurs qui s’élevaient de la tasse pour ne pas respirer l’odeur aigre qui lui sautait à la gorge et lui soulevait l’estomac. Elle avait réussi à passer outre les symptômes de sa gueule de bois jusque là, mais la proximité du regretté contenu de l’estomac du jeune homme semblait lui rappeler qu’elle n’était guère plus en forme que lui et qu’il était quand même plus que temps d’avaler quelque chose de plus solide que la tequila de la veille et le thé brûlant de ce matin.

— ¿ Hablas Inglés ? Reprit-elle doucement. Creo que la abuela no entiende lo que decimos.

Par politesse toutefois, bien qu’elle eut volontiers continué la conversation en espagnol, elle voulut s’assurer que la grand-mère puisse suivre ce qui se passait. Le gamin semblait sorti d’affaire, maintenant ; blanc comme un linge, mais il avait déjà meilleure mine et n’avait plus l’air sur le point de perdre conscience. C’était déjà ça.
Heureusement que la vieille était là, sans quoi, les choses auraient pu tourner de manière beaucoup plus grave. Finalement tout était bien qui finissait bien et dans très peu de temps sans doute elle pourrait retourner dans ses pénates, même si c’était les mains vides. Elle leva les yeux vers la pendule qui tricotait les secondes du bout de ses aiguilles d’étain poli, se demandant si Zack était réveillé, à présent.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Dim 23 Mar - 16:30

Esteban grimaçait en essayant de retenir la nausée violente qui lui retournait l'estomac. En vain. Il accueillit avec une angoisse intense l'absence de récipient pour recueillir le contenu de son estomac. Un gémissement frustré lui échappa, avant qu'il ne craque et qu'un spasme achève sa faible résistance. Pâle et écœuré, le jeune homme ne se sentait pas beaucoup mieux, mais au moins n'avait-il plus l'impression qu'il allait perdre connaissance à la moindre respiration de travers. Il jeta un coup d’œil catastrophé aux dégâts qu'il venait de causer au pauvre tapis. Diantre, quel manque de savoir vivre ! Ça manquait durement d'élégance, et en plus il venait de salir l'intérieur de son hôtesse, c'était impardonnable ! Il voulut se confondre en excuse, mais les deux femmes semblaient trop occupées à s'enquérir de son état, dont il n'avait soudainement plus rien à faire. D'une main tremblante il était en train de chercher son téléphone dans la poche de son manteau hors de prix. Il n'avait toujours pas remarqué qu'il était passé à l'espagnol là où il aurait dû parler anglais, et répondit le plus naturellement du monde, sans quitter son air crispé, voire affolé :

"Lo siento mucho... soy imperdonable. Oye, voy a comprar una alfombra para reamplazarlo. Voy a limpiarlo. Una alfombra persa para usted ? Conozco a un gran anticuario..."

Il avait oublié de répondre à la question posée, mais assez visiblement, il allait mieux. Il avait retrouvé sa faculté de parler plus vite que son ombre, malgré sa pâleur fantomatique, et son aspect fragile, qui laissait penser qu'il restait au bord du malaise. Son corps continuait de lui lancer certains signaux d'alerte.

Esteban continuait de se confondre en excuses dans un flot de paroles continu, qui devenait incohérent et incompréhensible, lorsque la plus jeune des deux femmes lui posa une question qui le déstabilisa. Il s'arrêta, tourna les yeux sur elle, et cessa enfin d'ignorer la présence ainsi que les réactions de ses hôtesses, qu'il avait involontairement snobé jusque là. Son regard clair et ses sourcils froncés exprimaient l'incompréhension. Si il parlait anglais..? Mais enfin ! C'était ce qu'il faisait depuis tout à l'heure ! A moins que...

La lumière se fit. Les connexions synaptiques aussi. La vieille dame et la plantureuse rouquine auraient l'occasion d'assister à la lente modification des traits du visage d'Esteban, qui se décomposa, avant de paraître gêné. Mince... Il avait encore recommencé. C'était loin d'être la première fois qu'il se mettait à partir en espagnol pour une raison ou pour une autre, et qu'il fallait qu'on le lui fasse remarquer pour qu'il arrête.

"... Ah. Je vous prie de m'excuser. Simple erreur de ma part..."

Il avait trouvé son téléphone portable et était déjà en train de composer le numéro du fameux antiquaire.

"... Un tapis persan, je peux vous avoir ça dans les trente prochaines minutes."

Cette mesure pouvait sembler totalement démesurée, mais Esteban n'en avait pas conscience : il n'avait jamais hésité à utiliser ses connaissances ni le contenu de son porte-monnaie, et lorsqu'il voulait quelque chose, c'était tout de suite, et tout de suite dans l'excès. Déformation familiale, notamment héritée de sa très chère maman qui pouvait être encore pire que lui quand elle s'y mettait.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Lun 5 Mai - 12:40

Olivia posa son stylo avec un soupir de soulagement non feint. Mon Dieu, ce qu'elle pouvait détester la paperasse ! Il y avait de nombreuses raisons pour lesquelles elle se complaisait dans le rôle de la femme au foyer, mais éviter les papiers était très certainement l'une des premières ! Après celle de regarder son fiston grandir sans en louper une miette, bien entendu.

D'un geste délicat, elle entreprit de rassembler l'ensemble des feuilles qu'elle avait étalé sur le bureau de Sergio pour les ranger en une pile bien nette, avant de les mettre dans une enveloppe, qu'elle scella. On était dimanche, elle n'allait certainement pas pouvoir la poster maintenant, mais ces demandes d'adoptions avaient besoin d'être envoyées demain à la première heure. Tous ces braves toutous comptaient sur elle, et il était hors de question qu'elle les laisse tomber !

Enfin, elle leva le nez vers l'horloge de grand-mère -une merveille du style XXème admirablement bien conservée- et ouvrit de grands yeux en se rendant compte que la matinée était bien trop avancée pour faire quoi que ce soit. Elle n'aurait jamais cru que cette paperasse allait prendre autant de temps, et maintenant il était trop tard pour aller à la messe. Elle se rattraperait peut-être avec celle du soir, si rien ne l'en empêchait.

Soudainement rendue sans occupation, Olivia se mit à déambuler sans but dans l'immense résidence. Sergio était occupé -être Sénateur n'incluait pas de profiter de son dimanche, apparemment- et elle n'avait pas eu de nouvelles d'Esteban depuis la veille. Maintenant qu'ils habitaient de nouveau dans la même ville, Olivia tentait de retenir ses instincts maternels et voulait laisser son autonomie à son fils, mais ce n'était pas pour autant qu'elle ne ressentait pas le besoin de ne serait-ce qu'entendre la voix de son Niñito. Ah, faites des enfants, qu'ils disaient...

Elle fut sortie de ses pensées par la sonnerie de son téléphone professionnel, sur la table d'ébène. Sans regarder le numéro, elle décrocha avec un « Allô » joyeux. Son visage se décomposa au fil de la conversation, tant et si bien que sa verve lui faisait défaut. Les seuls mots qu'elle parvint à prononcer ressemblaient à
« Malaise ? » et « Où ça ?! », et le « Merci beaucoup » qu'elle lança avant de raccrocher était tout sauf sincère. Mais pouvait-on la blâmer, en sachant qu'on venait de lui dire qu'on avait vu son fils s'effondrer dans la rue, qu'il était apparemment entre de bonnes mains d'inconnus qui habitaient juste à côté ?! Elle savait qu'elle aurait dû remercier la bonne âme apparemment soucieuse du sort des chiens maltraités qui l'avait appelée -ainsi que le sort qui voulait que son visage et celui de son fils soient facilement reconnaissables-, mais l'inquiétude qui l'avait envahie l'en empêchait.

Sans chercher à comprendre plus avant, Olivia prit son sac à main -un bijou de chez Hermès, d'un cuir noir sobre mais respirant la richesse- et sortit, se précipitant dans sa voiture avec chauffeur -les voitures faisant partie de ce monde d'hommes duquel elle évitait de s'approcher. Elle donna rapidement l'adresse à Gael et s'assit nerveusement dans son siège, fouillant dans son sac pour en sortir son téléphone personnel. Elle tenta d'appeler son fils tout d'abord, mais n'eut pas de réponse. Elle envoya un message à Sergio pour annuler le déjeuner qu'ils avaient prévu en lui expliquant la situation, et eut le temps de rappeler Esteban une demi-dizaine de fois avant d'arriver à destination, sans jamais qu'il ne décroche.

C'est donc en trombe -mais toujours avec élégance- qu'elle sortit de la voiture dès que son chauffeur lui indiqua qu'ils étaient arrivés. Elle renvoya Gael, lui signifiant qu'elle l'appellerait si jamais elle avait besoin de ses services, et s'approcha de la maison qu'on lui avait indiquée plus tôt. Le téléphone toujours à l'oreille, elle tenta à nouveau de contacter son fils et fut plutôt rassurée de ne pas l'entendre sonner dans le vide, cette fois, mais d'entendre le bruit caractéristique signifiant que la ligne était occupée. S'il était en état d'utiliser son téléphone, c'était une bonne chose, se rassurait-elle.

Dans une attitude qui ne convenait pas à une femme de son standing, mais qui était totalement compréhensible pour la mère inquiète qu'elle était, Olivia jeta un œil par l'une des fenêtres de la maison, qui donnait vraisemblablement sur le salon. Un intense sentiment de soulagement se propagea dans l'ensemble de son corps lorsqu'elle aperçut cette figure qu'elle connaissait par cœur, certes allongée dans un canapé et vraisemblablement trop pâle pour être bien portant, mais le smartphone à l'oreille. Elle crut également distinguer d'autres personnes, personne âgée et une jolie rousse, dont elle croisa brièvement le regard avant de s'éloigner rapidement de la fenêtre. Oh non non non, ce n'était pas une situation convenable, il ne fallait surtout pas qu'on la prenne en flagrant délit !

D'un pas toujours pressé -bien que rendu moins urgent depuis qu'elle avait vu que son fils n'était pas en train de se faire maltraiter par de rustres inconnus- elle se dirigea vers la porte d'entrée et entreprit de sonner, comme toute personne normalement constituée et non pas comme la mère paniquée qu'elle était. Attendant plus ou moins patiemment qu'on lui réponde, elle envoya un message à son fils.


« Niñito, estoy yo detrás de la puerta. Oí lo qué te pasó, ábreme por favor, ¡ estoy muy preocupada por ti ! »
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Mer 7 Mai - 14:30

Messaline ne put s’empêcher de rire quand elle vit la mine déconfite du garçon quand il s’aperçut qu’il s’était trompé de langue jusque-là. Cela semblait aussi grave à ses yeux que d’avoir rendu son petit déjeuner sur le tapis, ce qui laissait entrevoir un sens de la démesure tout à fait propre aux Hispaniques des deux côtés de l’Atlantique.

— Je crois qu’elle va s’en remettre, lança-t-elle avec un sourire en voyant la vieille dame s’en aller dans la cuisine. De l’espagnol, je veux dire. Le tapis lui... Beaucoup moins.

Elle fit une grimace en évitant soigneusement de regarder la flaque encore tiède qui exhalait déjà des odeurs nauséeuses dans l’air matinal. Son propre estomac, vide fort heureusement, se prenait de velléités similaires et elle se détourna prudemment en sirotant son thé pour s’empêcher d’imiter le jeune homme. Celui-ci pianotait déjà sur son téléphone, et elle fit une petite moue mi-admirative mi-moqueuse en comprenant qu’il était tout simplement en train de s’empresser de réparer le regrettable accident, et ce dans les grandes largeurs. Elle pouffa à demi quand elle l’entendit parler d’un tapis persan ; ce qui venait d’éponger le contenu de son système digestif était aussi persan que Messaline était chinoise, finalement la mère-grand gagnait au change.

Un sursaut lui fit renverser quelques gouttes brûlantes sur sa cuisse quand la sonnette retentit soudainement et elle glapit quelques jurons en espagnol avant que leur hôte ne lui demande d’aller ouvrir. Elle s’exécuta en clopinant, grommelant des insanités castillanes entre ses dents et ouvrit la porte sur ce qu’il convenait d’appeler une Dame, avec un D majuscule. Elle respirait littéralement la noblesse, la richesse et la suffisance, cela se voyait rien qu’à l’angle de son nez légèrement relevé qui, comme chez beaucoup de gens de la haute société, donnait à Messaline l’impression qu’ils regardaient le monde par leurs narines. Mais pour l’heure, c’était l’inquiétude qu’on pouvait lire sur son beau visage de statue, et d’un regard qui alla du garçon jusqu’à la femme, elle comprit que si ce n’était pas sa mère, c’était ce qui devait s’en rapprocher le plus à en juger par leur ressemblance physique.

La jeune femme esquissa un sourire crispé.

— Je suppose que vous venez chercher le gamin ?

Elle n’essaya même pas d’adopter un langage correct. Autant la grand-mère lui avait d’emblée inspiré un respect que seul pouvait susciter le souvenir de sa propre aïeule, autant celle-là ne devait pas s’attendre à grand-chose venant de Messaline si ce n’était la défiance naturelle qu’elle éprouvait à l’égard de tous les gens mieux nés qu’elle. Elle avait déjà fait preuve d’assez de philanthropie pour un lendemain de soirée arrosée, il ne fallait pas trop lui en demander non plus. Revenant au salon, elle jeta encore un coup d’œil à l’horloge et au temps qui filait. Pauvre Zack, il devait croire qu’elle reviendrait avec le petit déjeuner... Il aurait au moins la prévenance de faire du café, du genre solide, de quoi coller une attaque à un mort-vivant.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Mer 7 Mai - 19:59

Esteban aurait très certainement pu répondre au commentaire amusé de la jeune femme rousse, mais il était un peu trop occupé à paniquer et à dire n'importe quoi à toute vitesse sans réellement prendre en compte les événements autour de lui. Il ne s'arrêta que dès qu'il eut terminé son coup de fil et convenu avec son antiquaire du jour et de l'heure de la livraison - c'est à dire dès aujourd'hui, et approximativement dans une demi-heure. Enfin, il raccrocha, et remarqua qu'il avait reçu un message tandis qu'il était accroché au téléphone. Il glissa son doigt contre l'écran... Et écarquilla grand les yeux, avant de devenir encore plus pâle qu'il ne l'était encore à cause de son malaise. Une pâleur cadavérique. Oh, comme c'était prémonitoire. Il s'empressa de lever les yeux sur sa sauveuse, car c'était cette fois-ci la sonnette de l'entrée qui retentissait. Avant d'avoir réfléchi (pour changer) il l'arrêta précipitamment dans sa lancée :

"Oh attendez ! Quelqu'un vient d'arriver pour moi... Je vous serais éternellement reconnaissant si vous pouviez éviter de lui raconter que j'ai... rendu mon déjeuner sur le tapis. Je peux compter sur vous pour ça ? S'il vous plait ?"

C'était suspect. Il n'y avait pas de raison valable pour vouloir à ce point cacher une flaque de vomi. Pas de raison qui ne soit pas suspecte. Mais voilà.. C'était Esteban, il avait réagi spontanément, et n'avait absolument pas conscience du manque de subtilité de la démarche. D'ailleurs, dès que la rousse plantureuse se fut et éloignée de lui, il plongea par terre (et se ramassa littéralement, car ses forces ne lui étaient pas encore revenues). Il manqua de finir dans son propre vomi mais parvint de justesse à éviter l'humiliation. Puis il plia le tapis en deux, le roula comme il put, et le poussa sous une table pour donner l'impression qu'il était rangé. Ensuite seulement, il rampa jusqu'au canapé où il retourna s'installer comme si de rien n'était, tout en recoiffant les quelques mèches de sa chevelure qui s'étaient envolées dans le feu de l'action. Le sang dans ses veines était devenu glacial, et il s'interrogeait.

Comment sa mère avait-elle su qu'il était ici ? Il n'avait pourtant prévenu personne... Et comment allait-il lui faire croire qu'un malaise de cette ampleur était dû aux crises d'angoisse et de spasmophilie auxquelles il l'avait habituée ? Mince alors... Il ne fallait surtout pas qu'elle se doute que quelque chose se tramait. Pour le bien du procès et... Son propre bien provisoire, il fallait absolument qu'Esteban parvienne à la tenir au dehors du secret de sa maladie. Il allait lui répondre, mais il se rendit compte que c'était bien inutile. De ce qu'il entendait, la porte avait été ouverte et les deux femmes étaient en train de faire connaissance. Qu'allait-il pouvoir inventer ?

Esteban leva les yeux au ciel, agacé. Dans un soupir exténué, il laissa tomber sa tête dans le creux d'une main fébrile.

"¡Porras!"

Il se sentait de nouveau nauséeux, et il tremblait. Et en plus il venait de jurer, ce qu'il ne faisait jamais. Et il n'allait jamais réussir à se lever pour suivre sa mère dans son état actuel. Dans quelle situation était-il fourré ! Le coup de l'indigestion, ou de la gastroentérite, ça pourrait passer ? Ah. Il n'y avait pas pensé avant. Peut-être n'aurait-il pas dû enrouler ce tapis finalement.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Jeu 8 Mai - 20:08

Elle piétinait devant la porte, plus par inquiétude que par impatience. Oh, bien sûr, entrapercevoir son fils l'avait rassurée sur un point, mais pas sur celui qui l'amenait ici. Qu'est-ce qu'il avait bien pu lui arriver pour qu'il fasse un malaise en pleine rue ?! Elle était plus que familière avec sa nature fragile et avait été habituée à ses crises, mais le malaise, c'était une première ! Il faisait encore bien frais pour le mettre sur le compte de la chaleur, était-il possible qu'il ne se nourrisse pas convenablement ? Faudrait-il qu'elle prenne rendez-vous avec l'un des responsables du campus pour tirer ça au clair ?

Elle en était là de ses scénarios catastrophe -la propension au drame des Luz-Descalzo ne commençait pas avec le fils, Esteban avait été à bonne école-, à deux doigts de sortir à nouveau son téléphone quand on lui ouvrit. Une jeune femme, pas plus de la vingtaine, aux longs cheveux brun-roux et à l'attitude... en fait elle ne savait pas trop comment la nommer. Mais quelque chose faisait qu'à la regarder, Olivia avait l'impression d'avoir commis le pire des pêchés. Et pourtant, à les regarder, ce n'était certainement pas elle qui risquait le plus gros devant l’Éternel.

Cachant une gêne qu'elle ne saurait s'expliquer -peut-être que l'autre la jugeait pour avoir laissé son fils à la charge d'inconnus... et elle aurait raison, c'était inadmissible de sa part- Olivia prit cet air pincé sous lequel elle cachait le moindre de ses mécontentements, bien que lui donnant un air encore plus snob que celui qu'elle avait au naturel.


« Je... Oui, je suis sa mère, Olivia. On m'a dit qu'il avait fait un malaise en pleine rue, je suis venue aussi vite que j'ai pu... Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Sa voix avait toujours ce ton doux dont elle semblait ne jamais pouvoir se séparer et l'inquiétude transpirait dans chacun de ses mots. Elle allait passer pour une mère-poule, mais elle s'en fichait. Et puis, elle assumait. Si une mère ne pouvait plus être folle de son enfant, il ne lui restait plus grand chose...

La jeune femme se détourna pour retourner dans la pièce principale, et Olivia prit cela comme une autorisation à la suivre. Elles furent bientôt dans le salon que la mexicaine avait aperçu par la fenêtre, et son regard sombre ne s'attarda même pas sur la décoration -ce qu'elle n'aurait pas manqué de faire en temps normal. Non, son regard fut directement attiré par la forme anormalement pâle et tremblante qui se prenait la tête dans une main sur le canapé.

Elle fut à ses côtés en quelques pas rapides et s'assit sur l'accoudoir du meuble, avant de poser une main fraîche sur la joue d'Esteban, ses sourcils délicatement dessinés froncés en signe d'inquiétude. Elle ne l'avait jamais vu comme ça, et autant dire qu'elle aurait préféré que ça continue...


« Esteban, querido, ¿me oyes? Me llamaron unos voluntarios de la asociación, diciéndome que te desmayaste en la calle... Te vieron entrar aquí. ¿Qué ha pasado, querido? »

En temps normal, Olivia aurait fait preuve de plus de civilités. Elle aurait également fait l'effort de parler dans une langue que tous comprenaient, ne connaissant pas l'origine de la troisième personne présente. Mais ses notions de bienséance et de politesse avaient tendance à passer à la trappe quand il était question de son bébé... Elle pouvait donc paraître terriblement mal élevée à ce moment-même, mais son inquiétude pouvait justifier son comportement.

Elle finit par relever la tête du visage de son fils en sentant quelque chose qui n'était pas particulièrement agréable. Elle plissa le nez, cherchant des yeux une cause de l'odeur désagréable qui lui embaumait doucement mais sûrement les narines...


« ¿Hueles eso? »
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Jeu 29 Mai - 14:24

Messaline leva les yeux au ciel, s’arrêtant l’espace d’un instant avant d’aller ouvrir. Si en plus de jouer les bonnes samaritaines il fallait en plus se mêler aux histoires familiales et aux cachotteries du gamin...

— Très bien, très bien, pas un mot à ta mère, j’ai pigé. J’espère juste qu’elle n’a pas l’odorat très fin, lança-t-elle avant de s’en aller vers la porte.

Le mensonge, quel qu’il soit, risquait de moyennement passer, mais ça, c’était pas vraiment son affaire. Il ne manquait plus que la grand-mère déboule et crache le morceau pour que le garçon soit fait comme un rat, quelle que fut la raison pour laquelle il ne voulait rien dire à sa mère. La pauvre femme avait l’air folle d’inquiétude sous ses dehors de grande dame, ce qui eut le mérite d’attirer un peu de sympathie de la part de Messaline. A tout le moins la détestait-elle un peu moins qu’au premier abord... Elle la laissa rentrer, levant de nouveau les yeux au ciel dans un soupir. Vu la constitution chétive du jeune homme, sa mère devait passer son temps à s’en faire pour lui, et ça devait mener immanquablement à en faire une sorte de maman-poule constamment sur le dos de sa progéniture. Le sentiment était légitime, mais vu de l’extérieur, tout ça frôlait un peu le ridicule.

Revenant dans le salon, la jeune femme retint un petit sifflement admiratif quand elle vit que le gosse avait eu la force de rouler le tapis dans un coin pour faire comme si de rien n’était. La force qu’on pouvait déployer pour mentir à sa mère était parfois stupéfiante et menait à de petits miracles, parfois. Elle se fendit simplement d’un sourire et ne dit rien. Par contre, l’odeur aigre planait toujours dans la pièce malgré la fenêtre ouverte et le peu d’air frais qu’elle avait pu respirer à l’extérieur ne fit que rendre le contraste plus pénible encore. Messaline s’assit lourdement dans son fauteuil en réfrénant une contraction de son estomac qui la rendit soudain plus pâle que d’ordinaire.

Elle s’empressa de piquer du nez dans son bol de thé pendant que la madre piaillait en espagnol. Allez, un peu de patience, elle retrouverait son lit très bientôt. La jeune femme tiqua quand la dame demanda l’origine de l’odeur fétide qui planait, et jeta un rapide regard en biais au gamin qui n’en menait pas large. Si la potion de la grand-mère l’avait sans doute aidé à se sentir mieux, ça n’avait pas l’air d’être la grande forme et quel fut le mal dont il souffrait, cela semblait revenir à la charge. Messaline hésita, et puis décida de voler à son secours.

— Le jeune monsieur est pas le seul à pas être dans son assiette, répliqua-t-elle aussitôt sans laisser à ce dernier le temps de répondre.

Le mensonge n’en était pas vraiment un, et la mine grise de fatigue de la jeune femme rendait la chose encore plus crédible. Pour tout dire, si elle n’avait pas eu l’estomac aussi vide, elle l’aurait sans doute imité assez rapidement. Elle jeta un regard en biais à Esteban, l’air de dire qu’il lui en devait une, pour l’avoir ramassé dans la rue et pour ce qu’elle venait de faire.
Messaline connaissait assez bien le caractère propre à tous les Hispaniques de deux cotés de l’Atlantique pour savoir ce qu’on encourait à mentir à une madre affolée, surtout quand ladite dame avait l’air d’être assez bonne naissance pour racheter la moitié de la ville et faire pleuvoir un terrible courroux maternel sur celui qui aurait été assez inconscient pour mentir sur la santé de son fils.

Se renfonçant dans son fauteuil, elle alluma machinalement une cigarette.

— ça a pas aidé Esteban à reprendre ses esprits, reprit-elle tranquillement. Il se sentira bien mieux quand il aura pris l’air, pour commencer. Y’a eu plus de peur que de mal, rassurez-vous, c’était juste un petit malaise de rien du tout.

Elle ne savait même pas pourquoi elle faisait ça, à s’enfoncer toujours plus dans le mensonge devant ces gens qu’elle ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam, juste parce que la perspective de voir sa mère avait eu l’air de paniquer le garçon plus encore que son propre état. C’était à se coller des baffes, mais Messaline connaissait bien le fardeau d’une famille protectrice, car des mères comme celle-là, elle en avait eu une, pour commencer, et puis des tantes, et une grand-mère du même acabit. C’était peut-être mettre le gamin en danger, mais un peu de cachotteries ne peut pas forcément faire de mal.

Et puis, elle n’avait pas du tout réfléchi aux conséquences et pour tout dire, elle ne les reverrait sans doute plus jamais, passé le seuil de la porte.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Jeu 29 Mai - 15:57

Esteban avait été rassuré de voir que la jeune femme acceptait de jouer le jeu, le tout sans poser de questions déplacées... Néanmoins il sentit une boule se former dans sa gorge lorsqu'il vit sa mère débouler (justement) sur lui, le front plissé par l'inquiétude. Il l'avait souvent vue arborer ce genre d'expressions... Rarement à des moments où c'était justifié, car elle s'en faisait bien trop pour lui. En l'occurrence, ses angoisses n'auraient pas pu être plus fondées que maintenant. Sauf qu'elle ne le savait pas, et qu'Esteban ne pouvait rien lui dire. Le poids de la culpabilité et de cette solitude qu'il s'imposait n'était pas évident à porter. Il était cependant persuadé de faire ce qu'il devait faire. Pour le procès. Si Olivia était mise au courant de la situation, elle serait incapable de tenir le silence. Elle n'accepterait jamais la fatalité. Elle le forcerait à gober les médicaments des médecins, même si ils n'étaient destinés qu'à apaiser sa douleur, et pas à le sauver. Fatalement, les journalistes finiraient par être au courant. Son père s'en servirait contre lui. Et puis, indépendamment de tout ça, il n'arrivait pas à trouver le courage de blesser sa mère en lui annonçant la terrible nouvelle de sa disparition imminente. Il avait peur de voir son visage déformé par la souffrance. Peur de lui faire du mal... Même si c'était, là encore, inévitable, et qu'il n'arrangeait sans doute rien en retardant l'échéance.

C'était donc difficile pour lui de devoir faire face à Olivia, de lui sourire, de la rassurer, alors que dans quelques mois seulement son humanité se serait évaporée... ou alors, il ne serait plus là du tout. Dieu ! Qu'il détestait être forcé de mentir. Il leva la tête, et se força à paraître le plus en forme possible. Souriant. Tout va bien, rien à signaler. Il continuait malheureusement de trembler, et n'y pouvait pas grand chose. Toujours en espagnol, il répondit d'une voix encore enrouée :

"Bonjour maman... Ça va. Je me suis juste senti mal, et je n'avais pas encore eu le temps de t'appeler, ça commence à peine à aller mieux. J'étais en retard pour la messe ce matin et je n'ai pas pris le temps de déjeuner.. Je crois que je fais juste un peu d'hypoglycémie."

C'était sans compter l'odeur peu ragoutante qui planait dans l'air de son fait... Oh, comme c'était gênant. Ça manquait vraiment de classe. Mais c'était trop tard pour s'en soucier... Il avait d'autres problèmes. Il pâlit tandis qu'il essayait de trouver une excuse : sa mère n'avait pas manqué de remarquer l'effluve. Il ouvrait la bouche bêtement pour débiter une imbécilité supplémentaire, mais la jeune dame rousse lui sauva la mise de façon tout à fait inattendue. C'est vrai qu'elle n'avait pas l'air dans son assiette non plus. Il le remarquait seulement.

... C'était brillant ! Du pur génie ! Il remarqua le regard appuyé qu'elle lui adressait, et fut incapable de contenir le flot dégoulinant de reconnaissance qu'il éprouvait subitement à son égard. Son regard s'illumina, suivi d'un sourire radieux. Puis seulement (un peu tard), il se rendit compte qu'il n'était certainement pas censé arborer ce genre d'expressions. Il risquait de mettre la puce à l'oreille d'Olivia, et de se mettre à nouveau dans les ennuis, et avec lui, son alliée (accessoirement...). Il retrouva presque instantanément sa neutralité, mais le mal était fait. Il avait eu l'air beaucoup trop content, durant une petite demi seconde, qu'il espérait que sa mère n'aurait pas passé à le dévisager. Il s'éclaircit la gorge et se tourna à nouveau vers Olivia, tout en se redressant, droit comme un i, juste au cas où ça lui permette d'avoir l'air plus fringuant. Il restait très pâle, et d'allure beaucoup trop fébrile.

"Oui ! Je pense que de prendre l'air serait une excellente idée. Je me sens mieux, vraiment... Et je ne voudrais pas abuser de l'hospitalité de cette charmante vieille dame... Ah, mais je ne connais pas son nom, quel malheur. Ni le votre d'ailleurs... Je vous prie de m'excuser ces incivilités, j'aurais dû demander, mais j'étais un peu..."

... dans les choux ? Au minimum. En réalité, il ne se sentait que très difficilement capable de marcher, mais il était pressé de partir. Que ferait-il si la vieille dame revenait et, inconsciente de son mensonge, mettait les pieds dans le plat en affirmant que le vomi était de son fait ? Et si le livreur de tapis arrivait plus tôt que prévu ? Que penserait Olivia si elle apprenait qu'il avait acheté un tapis persan pour dédommager une grand-mère d'un dégât qu'il n'était pas censé avoir commis ? Vraiment... Partir si vite et en laissant tout en plan n'était ni poli ni convenable, mais il était pieds et poings liés. C'était ça, ou bien mettre en danger son secret.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Ven 30 Mai - 15:54

Olivia laissa échapper un soupir en entendant Esteban lui répondre. Savoir qu'il avait été assez en forme pour parler au téléphone était une chose, écouter le son de sa voix et décider par là-même de son état en était une autre. Elle n'aimait vraiment pas ces situations, et si elle parvenait à se rendre compte qu'il lui arrivait parfois d'exagérer légèrement, elle ne pouvait pas s'en empêcher. Après tout, il s'agissait de son Niñito, le centre de son univers et l'enfant qui lui avait permis de supporter bien plus de choses qu'elle ne s'en serait crue capable ces dernières années. Elle lui caressait la joue d'un geste absent tout en l'écoutant parler. Il lui confirmait ce qu'elle pensait, à savoir qu'il ne se nourrissait pas correctement. Elle le savait ! Quand ils sortiraient d'ici, elle allait le raccompagner chez lui et demander une entrevue avec le Doyen de l'Université, afin d'avoir une sérieuse discussion sur les besoins et possibilités de nutrition offertes... Olivia Luz-Descalzo allait changer les choses à l'Université de l'Ambassade, c'était dit !

L'odeur âcre qui venait d'elle ne savait où (elle espérait juste que ce ne soit pas de la cuisine) la sortit à nouveau de ses pensées et elle tourna le regard vers la jeune femme qui lui répondit. Il était qu'elle n'avait pas vraiment porté attention à elle au départ, mais elle semblait effectivement plutôt pâle... Elle ouvrit légèrement les lèvres, comme pour laisser échapper un « Oh... » de compréhension, mais fut stoppé en plein geste lorsqu'elle vit la belle jeune femme sortir une cigarette. Non, elle ne jugeait pas, son père Javier était certainement l'un des plus gros fumeurs du Mexique, bien qu'il préfère les cigares qu'il gardait pour les réunions avec ses amis et confrères businessmen (Olivia ne comptait pas le nombre de fois où elle était entrée dans son bureau avec Sergio pour les lui voler, d'ailleurs, alors qu'ils n'étaient encore que des enfants, pour les cacher un peu partout dans la maison). Par contre, que quelqu'un qui prétende ne pas se sentir bien -et soit effectivement pâlot- s'allume une cigarette ? La (bientôt ex) Madame Luz-Descalzo était perplexe.

Elle écoutait les explications de Messaline sans rien dire, et avait détourné la tête vers son fils, pour voir comment il se sentait, juste à temps pour apercevoir un grand sourire disparaître. Il ne lui fallu pas longtemps pour additionner deux et deux. On pouvait lui prêter beaucoup de défauts, mais Olivia n'était pas stupide. Encore moins lorsque cela concernait son fils, d'autant plus depuis les événements des derniers mois. Elle sentait qu'on lui cachait quelque chose et, alors qu'Esteban se redressait et lui parler pour tenter de la rassurer -et aussi pour redresser le niveau de civilité bien peu convenable qu'ils avaient eu jusqu'à présent- Olivia posa sa main sur son épaule, prenant un air affecté qui lui était tellement naturel qu'on aurait du mal à le croire feint.


« En es-tu sûr, mon chéri ? Même si changer d'air vous ferait certainement du bien à tous les deux, on ne peut pas vraiment courir le risque de vous voir propager une épidémie... Ce genre de chose est si vite arrivé... »

Elle ôta sa main de l'épaule de son fils pour fouiller à nouveau dans son sac, tout en jetant un regard en coin à la jeune femme assise dans un des fauteuils -qu'elle aurait qualifié de vieillot si elle y avait porté un regard plus attentif.

« Je vais appeler un médecin, c'est plus sûr. »

Sortant finalement l'un de ses smartphones de son sac à main, elle déverrouilla le téléphone avant de commencer doucement mais sûrement à y taper un numéro. Le coup de l'intimidation était vieille comme le monde, et si Olivia savait que l'encore plus vieil « Je vais demander à ton père » n'était pas vraiment d'actualité, celui-là ferait probablement très bien l'affaire...
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Dim 29 Juin - 14:33

Mais.. ! Qu'est-ce que sa mère était en train de raconter, enfin ? D'une façon ou d'une autre, il allait bien falloir qu'ils sortent d'ici avant d'être rétablis, car s'imposer dans la maison d'une vieille dame inconnue plus qu'il n'était nécessaire était d'une impolitesse terrible ! Il eut un rire incrédule, chercha Messaline du regard pour lui lancer un SOS silencieux, puis revint sur Olivia. Incapable de masquer sa nervosité, il souriait, l'air tendu, et cherchait à comprendre où sa mère voulait en venir.

"... Mais enfin maman ! A quoi penses-tu ? Il ne serait pas décent de fatiguer notre hôte plus que nécessaire. De plus, quand bien même un virus serait responsable de notre état... Cela fait bien longtemps que les risques de contagion n'existent pl..."

Il écarquilla les yeux et devint pâle comme un linge (... beige) lorsqu'il vit sa mère fouiller dans son sac à la recherche de son téléphone portable. Il cessa brutalement de parler, et eut une réaction excessive, imposée par la panique soudaine qui l'avait submergé à l'idée qu'Olivia contacte un médecin, lequel risquait sans doute de lui faire faire des examens dont le jeune homme connaissait déjà les résultats. Olivia ne lui laisserait pas l'occasion de les faire falsifier. Autrement dit, il fallait qu'il jugule cette catastrophe avant qu'elle n'arrive, et cela qu'importe le moyen. Esteban lui arracha le téléphone des mains.

"NON !"

... Mince. Il avait l'air idiot, maintenant. Si il avait voulu paraître suspect, et s'il avait voulu faire dangereusement grimper la curiosité d'Olivia, il ne s'y serait pas pris autrement. Il jeta un regard penaud sur le téléphone volé, prit tout de même la peine d'annuler le début de numéro tapé au clavier, puis il le lui rendit en prenant son plus bel air pincé. Il n'avait même pas besoin de faire semblant d'être en colère, car il était un peu énervé contre lui-même à cet instant précis.

"... Je veux dire, maman, NON, c'est inutile. Je viens de t'expliquer qu'il s'agit d'une simple crise d'hypoglycémie, et tu ne peux pas non plus appeler le médecin pour qu'il examine une personne que tu ne connais pas, c'est terriblement... peu convenable ! Vraiment, c'est le terme. C'est un comble qu'il faille que je te le rappelle, tu es bien trop impulsive dès lors que tu t'inquiètes !"

Non mais, oui, vraiment ! Zut alors. Transformé en mini-tornade, Esteban (qui n'avait rien trouvé d'autre pour tenter de déstabiliser sa mère que de tempêter excessivement pour lui faire oublier sa précédente excessive réaction) prit la main d'Olivia avec douceur, mais fermeté. Il se leva (... eut un vertige et dût se retenir de chanceler), puis il tira sur la dite main pour l'inviter à se lever. Esteban était rarement autoritaire, mais lorsqu'il l'était, on se souvenait vite qu'il n'était pas juste trop gentil et trop naïf, mais aussi parfois aussi trop têtu et trop capricieux. Rien n'aurait pu le faire ployer dans un instant pareil. C'était une situation d'extrême urgence ! L'heure de déclarer la loi martiale ! Ou filiale. Ou.. Bref. Un regard intense plongé dans les prunelles sombres de sa chère maman. Il avait presque oublié la jeune femme rousse dont il ne connaissait toujours pas le nom. Il s'exprima d'une voix subitement très calme, plus plus posée et donc plus grave qu'à l'habitude. Ça donnait presque l'impression qu'il était plus v... qu'il avait son âge.

"... Partons, d'accord ?"

Non, ce n'était pas une option.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Sam 5 Juil - 14:11

Olivia s'attendait à une réaction de la part de son fils. Elle n'était pas idiote, et le connaissait depuis sa naissance. En plus d'avoir été celle qui l'avait élevé et d'avoir développé un certain nez pour les mensonges de son fiston depuis qu'il avait admis le plus gros d'entre eux. Enfin ça, c'était ce qu'elle voulait croire, parce qu'il était hors de question qu'Esteban lui cache encore quelque chose de cette envergure.

Toujours est-il que son fiston commença par lui expliquer qu'il n'était très certainement pas bienvenu de rester plus que de raison chez cette dame, inconnue au demeurant, qu'il n'aurait pas fallu fatiguer. Certes, la brune pouvait comprendre cela. Ce n'était effectivement pas très convenable comme situation. Peut-être devrait-elle rappeler Gaël pour qu'il les conduisent tous directement à l'hôpital le plus proche, dans ce cas ?


« ...Esteban, qu'est-ce qui te prend ?! »

Sa question ne fut pas entendue, ceci dit. Pas par son fils, toujours, qui lui avait ôté le téléphone des mains d'un geste bien vif pour un malade. Alors oui, Olivia s'attendait bien à une réaction, mais décidément pas à celle-là !

Il bidouilla quelque chose sur son téléphone et le lui tendit. Elle le récupéra sans un mot de plus, et le replongea dans son sac tout en gardant ses yeux sombres fixés sur l'air pincé de son fils. A bien y regarder, le visage d'Olivia ne devait pas montrer une expression différente. Elle ne savait pas ce qu'il se tramait exactement, mais son visage était fermé et l'habituelle étincelle d'amour maternel qui éclairait son regard lorsqu'elle voyait Esteban (ou vantait ses mérites, entendait parler de lui, lisait ses exploits contre l'ignoble Darian, lui parlait au téléphone...et toute autre action impliquant son fils de près ou de loin) avait été remplacée par une suspicion certaine. Sa naïveté était reconnue, oui, mais il ne fallait pas ignorer l'instinct maternel. Quelque chose clochait, elle en était sûre.


« ... »

Et pourtant... pourtant Esteban parvenait à la faire douter. Son fils semblait empli d'une sorte d'autorité et de prestance qui n'avait rien à envier à celui dont il était l'héritier. Un souffle de fierté fugace la parcourut, bien vite remplacé par un froncement de sourcils délicat. Se pourrait-il qu'elle en fasse trop, effectivement ? Ce ne serait pas la première fois...

Elle suivit le mouvement imposé par son enfant (elle n'avait pas vraiment le choix, connaissant le côté capricieux de celui qu'elle avait mis au monde, et n'ayant aucun argument rationnel à lui opposer pour le moment. Car il était vrai qu'il ne serait pas convenable de rester chez cette pauvre dame, alors qu'ils pouvaient tout à fait se transporter jusqu'à l'hôpital le plus proche.


« Je trouve tout de même cela très étrange. Vas-tu me laisser demander à Gaël de nous conduire à l'hôpital, au moins ? » lança-t-elle à Esteban, sur un ton qui laissait entendre qu'elle n'était pas tout à fait ravie par la tournure des événements. Il avait beau dire ce qu'il voulait, Olivia restait inquiète.

Maintenant debout au milieu de la pièce, la main toujours dans celle de son fils (qui semblait vouloir d'abord être sûr qu'ils quittent la demeure avant de la laisser marcher seule, à moins qu'il n'ait besoin d'un appui quelconque...), Olivia se tourna vers la sulfureuse rousse, avec un petit sourire plein d'une inquiétude toute chrétienne.


« Vous pourriez nous accompagner Mademoiselle, si vous ne vous sentez vraiment pas bien... Mieux vaut prévenir que guérir, vous savez. »

Non, cette fois, la Mexicaine n'essayait plus de monter les deux protagonistes de cette étrange histoire l'un contre l'autre afin de découvrir ce qu'ils pouvaient cacher. Non, elle était simplement de retour à cette nature bienveillante qui faisait ce qu'elle était (surtout parce qu'avec le contenu de son compte en banque, elle pouvait se le permettre). Et il n'y avait rien de peu convenable à proposer à une personne qui disait se sentir mal un moyen de transport rapide et efficace pour l'hôpital, quoi que son fils puisse en penser.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Mer 16 Juil - 21:53

[hj: désolée pour le temps de réponse, et vu que je traîne un peu la patte, je vais de ce pas sortir du rp pour vous laisser le loisir de finir de vous expliquer entre mère et fils ^-^]

Messaline avait rejeté la tête en arrière dans un geste d'agacement en étouffant un soupir quand le ton était monté entre la mère et son fils. Non pas que la dispute, si on pouvait vraiment appeler ça ainsi, soit particulièrement bruyante ou désagréable, mais il y avait dans l'air une tension soudaine et palpable. ça ne la regardait pas, et elle avait le net sentiment de s'être mêlée à quelque chose de bien plus compliqué qu'une simple cachotterie maternelle. Mieux valait faire marche arrière -ou avant toute- au plus vite et se tirer de là avant de s'enfoncer plus loin dans le dédale des mensonges. Non pas que la perspective de mentir à quelqu'un la dérangeait, mais quelque chose lui disait que de faire des menteries à cette dame lui coûterait bien plus cher qu'avec n'importe qui. Au simple fait que les gens fortunés avaient souvent le bras long s'ajoutait celui que les gens caractériels ont parfois tendance à se révéler plus dangereux qu'on ne le pense.

Elle grimaça un sourire coincé en réponse à la proposition de la madre et donna le coup de grâce à sa tasse de thé en la finissant d'un trait. Il était plus que temps de retourner se vautrer dans le lit de son voodun.

-Aller à l'hôpital pour soigner une gueule de bois? Les toubibs vont bien rigoler, dites.

Elle se leva avec d'infinies précautions pour éviter les élancements familiers de la migraine et se massa légèrement les tempes pour faire passer le léger vertige qui la saisit à ce simple mouvement.

-C'est très aimable à vous mais à part faire perdre du temps au corps médical, me faire prescrire une aspirine et me faire taper sur les doigts parce que je picole trop, ça sera pas très utile.

Un coup d'oeil à l'horloge lui indiqua que non seulement Zack devait être debout, mais qu'en plus son litron de café matinal devait à présent être prêt, alors qu'elle rentrerait les mains vides. Quelle tristesse... Il était temps d'arrêter les frais. Elle entama un long mouvement compliqué destiné à déployer son corps replié dans les coussins du fauteuil et à se lever. Sa robe ruissela sur ses jambes et elle ne prit même pas la peine de rajuster le fichu noué autour de son cou qui baîllait avec beaucoup d'indiscrétion sur son décolleté vertigineux. Pour ce qui était des bonnes manières et du reste, elle était aux antipodes des Luz-Descaldo et de leur manche à balai inséré là où la morale le réprouve, et à bien des égards, ils venaient d'un univers tout à fait différent. Et puis, cueillir Messaline pas fraîche après une soirée arrosée était la garantie de la voir faire étalage de tous ses talents les plus subtils en matière d'inconvenance totale.

Sans plus de manières, elle s'en fut dans la cuisine remercier et faire ses adieux à l'aimable mère-grand, tout en prenant soin de lui glisser quelques mots concernant l'épineuse situation familiale que vivait le jeune monsieur Esteban. ça serait bête que la vieille dame arrive inopinément en flanquant par terre le peu de cachotteries qui arrivaient encore à survivre au regard acéré de Madame Mère. C'était toujours étonnant de voir à quel point cela restait difficile de berner une mère sur son enfant, à croire que certaines jouissaient d'un instinct proprement surnaturel. Cela lui rappelait un peu ses propres démêlés avec sa mère, ou pire, avec sa grand-mère. Rien n'échappait au regard acéré de la vieille Madalène, et ses innombrables filles avaient toutes héritées de cette clairvoyance parfois tout à fait effarante en ce qui concernait les frasques de leur progéniture, aussi, elle connaissait bien ce désarroi un peu paniqué qui devait habiter le jeune homme. Elle lui reconnaissait un certain cran toutefois, car avoir la force de placer un "non" aussi ferme devant sa propre mère relevait dans ces cas-là de l'exploit qu'on avait tout le temps de regretter une fois la tempête passée.

Revenant au salon, sa cigarette toujours à la bouche laissant derrière elle un faible sillage de fumée grise, Messaline fit une pause devant Esteban et sa mère.

-Comme tout le monde a l'air d'être remis sur pied, je vais prendre congé. Si je puis me permettre, vous inquiétez pas trop pour le jeune homme. Il a un peu tourné de l'oeil tout à l'heure, mais ça devrait lui apprendre à pas sauter le petit déjeuner avant d'aller à l'église.

Et puisqu'on en parlait... Un gargouillement tordit l'estomac malmené de Messaline et lui rappela que quelques croissants pour éponger ses restes d'alcool n'auraient pas été de trop. Il faudrait se contenter d'un café, aujourd'hui...

-Prends soin de toi, niño, lança-elle en tournant les talons avec un vague signe de la main.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Jeu 24 Juil - 22:59

Il n'avait pas été facile de soutenir le regard que lui lançait sa mère. Olivia ne le regardait presque jamais ainsi... Les fois où ils se chamaillaient étaient extrêmement rares, et il ne parvenait pas à se souvenir d'une fois  où elle l'aurait observé avec autant de méfiance qu'elle le faisait maintenant. Il sentit son cœur se serrer. Quelques mois au préalable, il aurait mis ça sur le compte des révélations désagréables qu'il avait dû lui faire peu avant le procès, et il aurait tenté de prendre sur lui malgré sa peine, songeant que les choses finiraient par aller mieux avec le temps... Sauf que là, du temps, il n'en avait plus. Il était le seul à le savoir. Le seul à connaître les plans totalement insensés, blasphématoires, qu'il avait songé mettre en œuvre au cas où son seul état de santé ne lui permette pas d'aller jusqu'au bout du procès. Il songeait au fait qu'il n'aurait jamais l'occasion de panser la blessure qu'il avait fait à Olivia en lui révélant tardivement la véritable nature de son père. Il songeait au fait qu'il était à nouveau en train de lui cacher quelque chose d'énorme, qui risquait de la briser dès lors qu'elle l'apprendrait... Et qu'il ne pouvait rien y faire. Enfin il songeait au regard qu'elle lui accorderait une fois qu'il serait changé en monstre (et si cela devait arriver). Sa gorge se serra. Il cilla, l'air absent. L'observerait-elle ainsi en permanence ? Il était presque certain qu'elle le détesterait dès lors qu'elle saurait ce qu'il était advenu de lui. Mais c'était des pensées inutiles : il avait bien l'intention de disparaître de la circulation dès lors que sa transformation serait achevée. Sauf pour les juges, il serait vraiment mort. Ainsi, Olivia n'aurait pas à supporter de le voir dans cet état. Et lui n'aurait pas à endurer sa haine, dont il se sentait incapable d'être témoin. Il resta silencieux et perdu un instant de trop, mais il finit par se reprendre. Elle avait déjà la puce à l'oreille. Il ne voulait pas qu'elle en sache plus.

Malgré ce moment de battement qui pour certains risquait de s'être révélé légèrement "perplexifiant" , Esteban trouva (dans l'urgence) la force de s'exprimer avec force et autorité. Il prit la main de sa mère, voulut l'entraîner avec lui pour qu'ils s'éloignent... Mais elle l'arrêta encore. Elle était tout aussi têtue que lui. Ce n'était pas le numéro qu'il venait de lui jouer qui l'arrêterait. Pas lorsqu'elle avait une idée bien précise en tête. Il aurait juste souhaité que l'idée précise en question ne consiste pas à aller faire un tour à l'hôpital. Ce simple mot, "hôpital", suffisait à affoler son rythme cardiaque, ainsi qu'à lui dresser les cheveux sur la tête. Il était en réalité glacé de terreur à l'idée de ne pas réussir à la dissuader. Pour cette raison, il paraissait peut-être un peu sec. Cassant.

"A l'hôpital ?? Pour si peu ? Mais.. Non, maman, c'est hors de question ! Pour si peu, c'est ridicule !"

Elle s'adressa alors à leur autre interlocutrice, qui était restée étrangement silencieuse depuis un moment. Esteban remarqua que la jeune femme rousse semblait passablement agacée. Elle aurait sans doute préféré être ailleurs qu'ici. Lorsqu'il y pensait... Il avait terriblement manqué aux convenances. Il s'était fait porter... Il avait demandé à cette inconnue de le couvrir quitte à risquer de l'exposer aux foudres d'Olivia... Et depuis quelques minutes, il ne s'intéressait à elle que très épisodiquement ! Bien entendu, il avait d'autres sujets de préoccupations, mais il s'en voulait énormément d'avoir été si peu attentifs au besoin de celle qui - après tout - avait largement contribué à ce qu'il ne passe pas l'heure étalé au milieu de la rue. Et elle l'aida encore, invoquant l'excuse de la gueule de bois. Oh ! Voilà qui était vraiment gênant... C'était le genre de choses dont on ne parlait pas aussi ouvertement chez lui, et Olivia cesserait peut-être de poser des questions dès lors qu'elle aurait compris l'origine du malaise de leur interlocutrice. Il lui était éternellement redevable, et était bien incapable de lui prouver sa reconnaissance. Il posa une main sur l'épaule de sa mère, et tenta tant bien que mal de cacher sa joie. La demoiselle rousse dont il ne savait (malheureusement) toujours pas le nom était en train d'essayer de convaincre sa mère de l'inutilité d'un voyage à l'hôpital non seulement pour elle, mais pour Esteban aussi. Un peu plus, et il l'aurait embrassée. Mais ça n'aurait pas été discret. Et ça n'aurait pas été convenable du tout non plus. Il appuya  chaleureusement son argument :

"Je n'aurais pu mieux l'exprimer, madame... Vous avez entièrement raison. J'aurais dû mieux manger ce matin, raison pour laquelle je vais m'empresser d'emmener ma mère au restaurant, où ma santé se remplumera bien mieux qu'aux urgences, à n'en pas douter."

Elle le salua. Il lui répondit par un sourire sincère.

"Je vous souhaite la même chose. Merci encore pour votre aide précieuse, je vous suis redevable."

Comme la jeune dame s'en allait, il baissa la tête sur sa mère et tenta de lui décocher un sourire rassurant :

"... J'étais sérieux. Où veux-tu aller manger ?"

D'une, il avait réellement faim, et n'avait réellement pas mangé ce matin, ce qui pouvait réellement (et/ou partiellement) expliquer son malaise. De deux, ce changement de sujet de conversation lui offrirait peut-être (enfin) le salut dont il avait besoin. Olivia disait rarement non à l'idée de manger à l'extérieur avec lui, sachant que pendant un long moment, ça n'était plus arrivé si souvent. Restait à espérer qu'elle aurait (cette fois) avalé l'excuse de l'hypoglycémie.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Sam 9 Aoû - 15:48

Esteban ne semblait pas plus apprécier l'idée de faire un tour à l'hôpital. Cela n'étonnait pas vraiment Olivia, sachant qu'en prime les urgences faisaient partie de ces endroits qui parvenaient à lui déclencher des crises d'angoisse, faute à la surpopulation. Mais si il avait réagi si violemment à l'annonce d'un médecin, de toute façon, l'hôpital n'aurait pu que l'affoler un peu plus... Elle restait vaguement impressionnée (et un peu agacée, avouons-le) par le ton qu'il se permettait d'adopter avec elle, ceci étant. Pour un peu on dirait qu'elle lui faisait un caprice et qu'il était obligé de se faire plus ferme pour le lui refuser. Mais en quoi vouloir être sûre que tout aille bien -quitte à faire un tour aux urgences et harceler tous les médecins qu'elle pourrait trouver jusqu'à ce que l'un d'entre eux s'occupe correctement de son fiston- était un caprice ? Sincèrement ?

La réponse de la jeune femme rousse à sa proposition coupa court à ses réflexions internes. En l'entendant, elle se sentit même pâlir légèrement. Heureusement que son air pincé était déjà en place, sinon elle l'aurait mis en place tellement rapidement que cela aurait presque pu paraître comique. Cette femme n'avait-elle donc aucune considération pour elle-même, pour parler de ce genre de choses sans le moindre scrupule ? Une...gueule de bois... non vraiment, c'en était presque indécent ! Et ce vocabulaire qu'elle utilisait... C'était... Olivia ne trouvait même pas les mots pour s'insurger correctement. Elle savait bien qu'elle n'avait pas à juger le comportement d'autrui, mais tout de même, parler de ce genre de choses aussi vulgairement... La brune détourna d'ailleurs pudiquement le regard quand la jeune femme se leva pour se diriger vers la cuisine. Elle portait une tenue qui frôlait -une fois de plus- l'indécence, et la mexicaine jeta un regard d'avertissement froid à son garçon : elle savait bien qu'il n'était pas du genre à trop poser les yeux sur les... atouts, disons, de jeunes femmes, mais ceux-ci étaient si déployés qu'il fallait déployer de grands talents pour éviter d'y jeter un œil. Cette jeune femme devrait faire attention, ou elle pourrait s'attirer les insistances de gens bien peu recommandables... Mais bon, ce n'était pas son rôle de donner des leçons sans plus de détails, ce n'était absolument pas convenable de juger un livre à sa couverture (même si cela le devenait quand la-dite couverture était reliée au fil d'or).

Olivia accueillit cependant le conseil de la plantureuse rousse avec une moue pincée qui traduisait son inquiétude -qui ne la quittait jamais totalement. Elle comprenait l'argument -et le fait qu'Esteban insiste sur cette histoire de manque de nourriture en rajoutait- mais une petite voix dans sa tête ne cessait de lui dire qu'un malaise, c'était tout de même quelque chose... Mais il était vrai que la voix de l'inquiétude maternelle était toujours présente, chez Olivia. Peut-être plus encore avec les événements des derniers mois...

Elle se contenta donc de remercier Messaline avec un vague sourire et de la saluer alors qu'elle s'en allait. Elle aurait pu continuer à réfléchir sur le caractère de cette étrange brin de femme si Esteban n'avait pas pris la parole. Elle se tourna vers lui, un peu moins suspicieuse (Messaline avait adroitement permis de dévier le sujet) mais toujours inquiète. Et agacée, si l'on se fiait à sa moue pincée.


« … Peu importe. Choisis, c'est bien toi qui meurt de faim, non ? »

Son ton était tout aussi pincé que le reste de sa posture, et on aurait presque pu dire qu'elle était boudeuse. Mais on ne fait plus de caprices, à quarante-trois ans, non ?

« De toute façon, si ça ne te plaît pas tu tâcheras de me changer les idées pour te faire venir où tu le souhaites. »

...Ha. Et bien quand on s'appelle Oliva Luz-Descalzo, si, apparemment.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Jeu 14 Aoû - 0:18

Le sourire conciliant d'Esteban se mua en un miroir parfait de la (fameuse) moue pincée de sa mère en l'espace de moins d'une seconde. Il avait fait son possible pour la rassurer, et pour lui proposer une sortie qui compenserait l'inquiétude qu'elle avait dû se faire lorsqu'elle avait appris pour son malaise... Et voilà comment elle le prenait ! Certes, il avait été ferme avec elle, avait pris les devants ainsi qu'un rôle qu'il n'était pas vraiment censé avoir... Mais elle ne lui avait pas laissé d'autre choix. Qu'elle se venge sur lui au moment où il essayait de lui faire plaisir n'était, selon lui, vraiment pas juste du tout. Ce qui l'était encore moins, c'était qu'elle affirme des choses fausses sans sourciller : Manipuler Olivia pour la forcer à aller où lui voulait aller plutôt que là où elle en avait envie n'était vraiment pas son genre. Il FALLAIT qu'ils évitent l'hôpital absolument car c'était un cas d'extrême nécessité. Bien sûr lorsqu'il avait été enfant, il avait pu faire des caprices, mais il n'avait jamais vraiment eu l'occasion d'insister : elle avait toujours fait de ses désirs une priorité. Et  il n'était plus un enfant ! Il était majeur ! S'il n'était pas prompt à contenter les désirs de tout le monde lorsqu'il en avait l'occasion, sa mère faisait partie de ces rares personnes dont il se souciait tant et si bien qu'il était très à l'écoute de leurs besoins. Il était même prêt à manger des choses qu'il n'aimait pas pour lui faire plaisir. Si.

Vexé comme un cochon, il lui répondit sur un ton sec, presque froid :

"Oh ! Eh bien si ça ne t'intéresse pas, je vais plutôt inviter Karl à dîner. Après tout je devais le retrouver ce midi et il va bientôt  se demander où je suis passé. Je devrais recevoir un message de sa part d'ici peu, j'imagine."

C'était un peu mesquin, mais elle l'avait cherché. Esteban prit d'ailleurs son téléphone pour vérifier si il n'avait pas reçu quelque chose... De Karl, ou bien du livreur de tapis qu'il espérait TRÈS FORT ne pas croiser en chemin. De mauvaise humeur, le jeune homme se tourna en direction de la porte d'entrée... Puis il fit demi-tour, lorsqu'il se rappela qu'il n'avait pas salué la grand-mère dans sa cuisine.

"Merci beaucoup madame ! Je ne veux pas vous déranger plus longtemps, et ma mère, qui n'a pas l'air d'humeur a vouloir sortir trop longtemps, est venue me chercher, il n'y a plus lieu de s'inquiéter et nous ferions mieux de partir ! Merci beaucoup !"

Voilà qu'il devenait peu convenable à force d'être agacé : les histoires entre sa mère et lui ne concernaient absolument pas la vieille dame. Il la prenait comme témoin de leur dispute pour embarrasser Olivia car il était toujours un peu énervé contre elle, mais ce n'était pas poli et il n'aurait pas dû... Certes. Pourtant, il ne regrettait rien. Il salua la vieille dame avec tout le respect qu'il lui devait, puis il sortit de la maison en jetant un regard courroucé à sa mère. Ce regard, elle devait le connaître très bien puisqu'il était similaire à ceux qu'il lui avait toujours lancé les rares fois où il avait fait de véritables comédies avec elle. Il l'attendit dehors, pas encore certain de ce qu'il ferait ensuite. Il n'était pas impossible qu'il aille vraiment manger avec Karl, si elle décidait de rester fâchée.

"Ne t'inquiète pas, je peux rentrer à pieds, si tu ne veux pas m'accompagner."

Il fixait son téléphone. Il jeta un regard nerveux sur la rue. Il venait de voir un camion se garer à quelques dizaines de mètres de là. Il se sentit pâlir (... Espérons que cela ne se voyait pas trop et qu'elle ne prendrait pas ça pour un second malaise). Une porte qui claquait... Un livreur qui en sortait et ouvrait le coffre. Restait à espérer que son chargement ne soit pas un tapis persan. Si c'était ça... Mais enfin ! Ils avaient été BEAUCOUP TROP rapide ! Esteban avait dit trente minutes, enfin, pas dix ! Il devrait se plaindre de ce défaut de service, car vraiment, c'était inadmissible.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Sam 16 Aoû - 22:23

Elle sut au moment où l'expression d'Esteban se modifia qu'elle avait fait une erreur stratégique. Mais elle était vexée de la tournure que prenaient les évènements. Devait-elle s'excuser de s'inquiéter pour lui, maintenant ? Hors de question. C'était comme s'excuser de respirer, quelque chose de ridicule et dont elle n'aurait absolument jamais honte (pensait-elle. Son opinion changerait peut-être d'ici quelques mois).

Elle savait avant même qu'il n'ouvre la bouche que son fils allait lui répondre avec humeur. Manque de chance, c'était encore quelque chose qu'il avait clairement hérité d'elle. La remarque fit mouche, cependant. L'argument était mauvais, et l'usage de Karl particulièrement mesquin. Esteban savait parfaitement qu'elle supportait cette amitié uniquement pour lui faire plaisir -bien qu'avec les révélations auxquelles elle avait eu droit quelques mois plus tôt, son opinion sur le jeune homme s'était adoucie- et mettait en avant cette relation simplement pour la rendre jalouse. Et le pire, dans tout cela ? C'est que c'était terriblement efficace. Ce n'était pas que qui la vexait le plus, néanmoins.


« Tu n'es pas le seul à avoir des obligations, Esteban. J'ai moi-même dû annuler un déjeuner pour me rendre à ton chevet. Il est évident que si j'avais su l'accueil que tu allais me réserver je n'aurais pas fait de tels arrangements. »

Foutaises. N'importe qui connaissant un minimum Olivia Luz-Descalzo savait que rien (ou presque) ne pourrait la détourner de son fils unique, qu'elle avait toujours fait passer avant tout le reste depuis sa naissance. De ce fait, elle s'en voulut aussitôt après avoir laissé de telles paroles passer la barrière de ses lèvres, qu'elle pinça. Visiblement, elle regrettait déjà de s'être emportée, et aurait pu s'excuser si Esteban n'en avait pas rajouté une couche en allant prendre congé auprès de la vieille dame qui l'avait accueilli. C'était une chose qu'il lui en veuille, mais c'en était une autre qu'il étale leur linge sale en public. Ne pensait-il pas en avoir assez fait comme ça, à faire la Une de tous les Tabloïds ?!

Le regard courroucé que lui jeta Esteban en sortant de la maison lui fit l'impression qu'il avait pu lire dans ses pensées. Ce qui n'aurait pas été très étonnant, vu qu'ils se ressemblaient à un point presque impossible. A son tour, elle se rendit dans la cuisine, peu désireuse de faire attendre son fils (tout en pensant qu'il l'avait bien mérité) pour remercier la propriétaire de son aide et de son hospitalité, tout en excusant le comportement de son enfant, qui subissait beaucoup de pression ces derniers temps, ce qui pouvait expliquer son comportement bien peu convenable. Alors qu'elle faisait demi-tour pour sortir de la pièce -et de la maison- Olivia avait gardé cet air pincé caractéristique. Elle était mécontente, et c'était évident. Devoir « passer derrière » Esteban pour expliquer ses écarts de comportement n'était pas quelque chose qu'elle appréciait. D'autant plus qu'elle n'avait eu à le faire que très peu de fois depuis que ce dernier était entré dans l'adolescence. Il avait toujours eu un comportement exemplaire, sauf à quelques rares occasions, où (elle le savait maintenant) Darian l'avait poussé à la faute. Elle n'avait eu droit qu'à très peu de règlements de comptes et de caprices en public, et elle entendait le garder ainsi.

Passant la porte, Olivia eut droit à une autre remarque qui manqua de lui faire lever les yeux au ciel. Dieu, qu'elle détestait quand son fils agissait ainsi...


« Esteban, ne soit pas ridicule. »

Elle était triste, qu'il puisse penser une chose pareille. A peine plus tôt dans la matinée, elle se plaignait intérieurement de ne pas le voir assez. Et maintenant, elle allait laisser passer l'opportunité de dîner avec lui parce qu'ils avaient un petit accrochage ? Certainement pas. Glissant son bras dans le sien, elle s'approcha de lui avec un petit sourire, mais fut suprise par la pâleur soudaine de son visage.

« ...Tu es sûr que tout va bien ? »

Elle pensait n'appeler Gael que plus tard, pour leur donner un peu de temps à eux, le centre-ville et ses restaurants n'étant pas si loin, mais s'il devait faire un nouveau malaise... L'inquiétude était de nouveau présente dans le regard sombre de la mexicaine.
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MessageSujet: Re: Ça vaut bien le coup d'aller à la messe...   Dim 17 Aoû - 22:06

Esteban ne se vexa pas (pas vraiment). Il ressentit plutôt un trait de culpabilité à l'idée d'avoir fait perdre du temps à sa mère pour pas grand chose. Ce sentiment ne dura guère (il était bien trop en colère pour qu'il en soit autrement). Il eut envie de répliquer à Olivia qu'elle n'avait qu'à moins s'en faire et à ne pas courir dès qu'il s'écorchait un doigt, car ainsi elle perdrait moins de temps à s'occuper de lui lorsqu'il n'y en avait pas besoin, mais il ne le fit pas. Il avait suffisamment insisté. Il pouvait être de mauvaise foi, lorsqu'il était dans ce genre d'humeurs, cela dit il y avait des limites à ses caprices, et les choses qui touchaient à sa maladie en faisaient partie : il ne fallait surtout pas qu'elle l'apprenne, mais Olivia avait tout à fait raison de se faire du mouron. Il aurait été vraiment hypocrite d'utiliser encore et encore une excuse dont il savait qu'elle était totalement fausse. Il opta pour une réplique sèche et générique :

"Eh bien tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même. Je ne t'avais rien demandé, après tout !"

A cela près qu'il aurait tout à fait pu être encore évanoui, ce qui aurait rendu difficile l'acte d'envoyer un message à sa mère pour la prévenir de ce qui lui arrivait. Elle aurait rapidement été contactée en tous les cas, soit par l'hôpital, soit par les deux personnes qui s'étaient gentiment occupées de lui. Il partit dans la cuisine prendre congé de la vieille dame et la remercier encore une fois, non sans en profiter pour en rajouter une couche. Arrivés dehors il dût suivre à la fois le déchargement d'un camion (qui ne lui disait rien qui vaille) et les plaintes de sa mère, clairement mécontente de son comportement. Ses pauvres nerfs allaient finir par craquer, encore une fois ! C'était une crise d'angoisse, sur laquelle il risquait d'enchaîner... Ah vraiment, elle le trouvait ridicule ? Eh bien... Elle n'avait pas toutes les cartes en main pour savoir ce qu'il en était vraiment, alors il s'en moquait ! Na ! Il lui jeta un nouveau regard noir, rendu plus perçant par l'inquiétude. Cette fois, c'était certain : le livreur, après avoir ouvert le coffre, avait commencé à en dégager un gros rouleau coloré dont les tissages soyeux, même vus d'ici, ne laissaient aucun doute sur la qualité du produit. Ça ne pouvait être que son achat. Il rangea nerveusement son téléphone dans une poche, et profita du fait que sa mère faisait dos au camion, et semblait vouloir lui prendre le bras, pour se retourner. Par chance, ils faisaient face au centre-ville. Ils n'avaient théoriquement pas besoin de jeter un coup d’œil à ce qu'il se passait derrière eux. L'imminence du danger le calma un peu : il redevint plus docile. De toute façon, il n'arrivait jamais à rester très longtemps énervé contre sa mère, laquelle était tout de même adorable et presque parfaite (sauf lorsqu'elle ne l'était pas, vous connaissez la chanson). Il soupira, puis tourna vers elle un visage qui n'était certes pas souriant, mais duquel toute trace d'hostilité avait disparu.

"Je vais bien mama... Je peux marcher."

Il avait instantanément compris ce qu'elle avait en tête, surtout lorsqu'il avait remarqué que ni la voiture ni le chauffeur n'étaient présents dans la rue. A vrai dire, il aurait tout de même préféré se déplacer à quatre roues. Il ne se sentait pas si bien qu'il le prétendait. Son coup de colère et toute l'exubérance dont il avait précédemment fait preuve l'avaient fatigué plus que de mesure. Il avait toujours faim, mais la nausée était proche. Son équilibre était fragile, et il devait trembler un peu. Tant qu'Olivia ne lui prenait pas directement les mains, elle ne remarquerait rien. Il n'était pas certain d'être capable de faire le trajet sans qu'elle ne se rende compte de son état. Il n'avait pas d'autre choix que d'essayer, sans quoi elle allait insister pour l'emmener faire des examens, et il risquait d'être à court d'arguments.

"Allons-y, d'accord ? Où tu voudras. Même là où je ne veux pas aller d'habitude."

... Mais par pitié, pas trop loin. Ah... Il le pensa très fort, sans le rajouter. Là encore, ça aurait été beaucoup trop suspect.
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