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 L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes

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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Lun 10 Mar - 22:43

Un silence lourd suivit la déclaration d'Esteban, qui ne s'en formalisa pas. Si quelqu'un avait dû lui annoncer sa mort prochaine en direct, il n'aurait sans doute pas su comment réagir et serait resté muet comme une carpe, alors il ne s'attendait pas à ce qu'Erin trouve une meilleure option. De toute façon, rien de ce qu'elle pourrait dire ou faire n'y changerait rien. Il avait demandé à faire son diagnostic auprès d'un des plus grand spécialistes, mais ça n'avait rien donné. Sauf si il voulait tenter le caisson cryogénique, il n'y avait absolument plus rien à faire. Il était cuit. Son seul espoir de "survie", c'était le surnaturel. Il n'avait d'ailleurs aucune envie de parler de la façon dont il comptait vendre son âme au diable pour avoir la chance de voir le bout du procès. De toute façon, dès qu'il serait transformé, et si il devait en arriver là, il couperait les ponts avec sa famille et avec ses anciennes connaissances. Il ne voulait pas les mettre en danger, ni risquer leur âme éternelle. Et il aurait sans doute bien trop honte de se montrer à eux dans un état pareil.

Esteban n'osait pas regarder son invitée. De ce qu'il entendait et de ce que son champ de vision périphérique captait, elle était bouleversée. Il n'aimait pas l'idée d'avoir provoqué de tels sentiments chez elle. Elle n'avait rien demandé, la pauvre... Et voilà qu'il lui assénait ça, comme ça, alors qu'ils se connaissaient à peine. C'était étrangement plus facile de se confier à elle plutôt qu'à quelqu'un de plus proche... Mais était-ce bien pour autant ?

Elle lui posa une question. Enfin, pas vraiment. Elle répétait un mot qu'il venait de dire, mais qu'il considère ça comme une question les tirerait tous les deux de l'embarras. C'était histoire de rompre le silence. Il prit la parole sur un ton fatigué, et après s'être râclé la gorge :

"... Quatre mois tout au plus. Mais c'est très aléatoire, ce genre de choses... Ça sera peut-être beaucoup moins. Je ne sais pas vraiment pendant combien de temps je vais rester capable de sortir, non plus..."

On aurait dit qu'il était en train de se justifier. C'était un peu le cas. Il était vraiment contrarié par cette histoire de second rendez-vous. Si ça se trouve, pour une fois, ça aurait fonctionné ! Erin était différente des personnes qu'il rencontrait habituellement. Il ne l'avait pas uniquement suivie parce qu'elle était belle et qu'il voulait vivre des expériences intenses avant de mourir. Il avait aussi été sincèrement fasciné par cette jeune femme au profil inhabituel. Il y avait quelque chose qui passait plus facilement entre lui et elle... qu'entre lui et le reste du monde. Ah. Sauf quand ça concernait son goût prononcé pour les jeux vidéos évidemment.

En tous les cas il ne s'était pas attendu à ce qu'elle se jette sur lui. Il attendait encore de savoir si elle allait vouloir partir maintenant qu'elle savait ce qu'il avait eu l'intention de lui cacher. Il fut très surpris de sentir le poids de son corps l'écraser contre le matelas. Très surpris et très soulagé. Une tension dont il n'avait pas eu conscience jusque là le quitta. Il se rendit compte qu'il ne s'était pas senti aussi léger depuis plusieurs semaines. Il s'était libéré d'une partie de son fardeau. C'était vraiment très agréable de la sentir contre lui de cette manière, même si ce n'était pas de la façon dont il l'aurait entendu quelques minutes auparavant. Elle lui offrait quelque chose dont il avait tout autant besoin si ce n'est plus. Il passa un bras dans son dos et glissa son nez dans ses cheveux d'une manière qu'il parvint à rendre chaste. De toute façon, comme on pouvait l'imaginer, il n'avait plus vraiment la tête à autre chose pour le moment. Il se mit à sourire. La situation n'avait rien de drôle, et il se sentait mieux qu'en temps normal. C'était totalement paradoxal.

"Merci..."

Ça n'avait été qu'un murmure, rapidement effacé par des coups portés à l'entrée. La jeune femme se releva la première. Esteban en profita pour émerger. Il était encore dans un état second. Il adopta une position assise correcte et attendit. Il se rendit compte un peu tard qu'il l'avait laissée payer, et se flagella mentalement pour cet écart de comportement. Mais à quoi pensait-i... Oui bon, d'accord. Il avait eu la mort dans l'âme, au sens propre du terme.

Il allait se confondre en excuses, mais Erin fut plus rapide. Il eut un sourire contrit :

"Non, c'est incurable... J'ai pris rendez-vous avec les pointures, elles m'ont proposé des soins palliatifs. J'ai refusé..."

Il voyait bien qu'elle était pensive. Il ne sut pas vraiment quoi répondre lorsqu'elle tenta de relativiser. Lui-même baignait là-dedans depuis plusieurs semaines déjà et sa vision des choses était un peu déformée. Elle s'excusait, et elle lui affirmait qu'elle garderait le silence. Ça faisait un bon moment qu'il aurait dû répondre, mais il était un peu lent à la détente. Relâcher la tension peut avoir ce genre d'effets, parfois.

"Je te crois."

Esteban accompagna ses mots d'un sourire qui tenait lieu de second remerciement. Il serra les doigts offerts de la jeune femme avec une fermeté empreinte de son habituelle délicatesse. Il se rendit alors compte que les choses étaient mises au clair. Erin était encore là, et ne semblait pas avoir envie de le fuir... Il était peut-être temps qu'ils passent à autre chose ? Ses espoirs sur le déroulement de la soirée firent une brutale réapparition. Ça n'allait pas être aussi sauvage et insouciant qu'il l'avait initialement pensé, mais il y avait encore moyen de rattraper le coup, et de finir la nuit sur une note agréable. Au bout d'un temps il passa une main sur ses cheveux, dans un effort visible pour se sortir de sa torpeur.

"... Bon. Puisque tu es toujours là je suppose que tu es d'accord pour rester ? Ça ne changera pas grand chose qu'on parle de ça toute la nuit. Tu as toujours faim ?"

Sa voix était plus posée qu'à l'habitude. Un grand calme l'avait envahi, et ça lui faisait tout bizarre, parce que ça ne lui arrivait jamais. Il prit la boîte de sushi sur ses genoux pour en admirer le packaging.

"Tu voudras boire quelque chose ?"

Et voilà qu'il retrouvait ses manières. Chaque chose en son temps.
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Erin Rosenbach
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Lun 10 Mar - 23:42

Le visage d'Esteban semblait moins tombant à mesure que le temps s'écoulait. A mesure que les secondes éloignaient cet aveu qui les avait lié. Comme elle s'en doutait, il lui avait confirmé que sa maladie était incurable et qu'il avait déjà vu les meilleurs spécialistes sur le sujet... Erin n'osa pas lui demander la raison pour laquelle il avait refuser les soins palliatifs, elle avait peur d'avoir des détails sur les traitements, et ça l'angoissait. Ce serait dessiner quelque chose de trop concret devant ses yeux.

Et elle n'avait même pas encore songé à l'avenir. Aux quelques mois à venir... Est-ce qu'elle venait d'accepter d'être celle qui l'accompagnerait jusqu'à... la mort ? C'était une pensée qui lui donnait envie de vomir, qui la terrifiait, elle ne voulait pas se poser la question, ni imaginer que la personne qu'elle avait en face d'elle, à qui elle prenait les mains, serait bientôt... mort. La pression sur ses mains la ramena de ses songes macabres qui la terrorisaient, et Erin fut réveillée, choisissant volontairement de remettre à plus tard ces questionnaires lugubres.

Parce que ce soir, Esteban avait partagé son fardeau avec elle, et que lui, n'avait sans doute pas besoin qu'on pleur sa mort avant l'heure. Il n'avait certainement pas besoin de pleureuses... Elle échangea un long regard avec lui, s'étonnant encore du contraste entre sa peau bronzée et la couleur si claire de son iris. Et ça lui suffit à dessiner un léger sourire emprunt d'encore un peu de peine sur ses lèvres. La Rouquine constata de nouveau un changement d'attitude, comme un coup de pied volontaire pour arrêter de s'apitoyer inutilement tous les deux... Ils pourraient rester là à sangloter... Ou choisir d'aller un peu de l'avant, en repoussant l'échéance et les autres questions.

Oui... elle préférait ça aussi. Soulagée que l'initiative semble venir d'Esteban, elle n'aurait pas osé se montrer trop prompt à passer outre, dans une telle circonstance, ne se rendant pas compte de sa pierre à l'édifice. Sans pouvoir dire qu'elle retrouva le moral, Erin n'était pas décidée à gâcher son premier ou deux 1.5ième rendez-vous avec l'Héritier Luz-Descalzo ! Elle prit une profonde respiration, qui teinta ses joues, et afficha un sourire plus convaincu, cette fois.

"Ce sont les meilleurs sushis de la ville." Fit-elle très fièrement. Parce qu'elle avait envoyé Dior dans tous les autres traiteurs pour qu'elle lui ramène de quoi tester. Ca lui avait pris six mois, mais ça valait le coup... La Fille à papa se redressa, se frotta les genoux douloureux à force de s'appuyer dessus sur le sol, et vint s'installer de nouveau sur le lit d'Esteban, le coeur moins lourd. Manger, boire, discuter. Oui... ça lui allait très bien. Elle reprit sa position précédente, agenouillée sur le lit perpendiculaire à lui, elle observait son profil, s'attarda sur le dessin de son nez et ses cheveux qu'il avait recoiffé à l'instant.

"J'aime bien tes cheveux. Les cheveux longs c'est souvent vulgaire ou gras. Chez les autres." Elle avait parlé d'une voix franche, comme elle le faisait souvent, parce qu'Erin avait parfois du mal à réfléchir avant de parler, qu'elle n'avait pas conscience qu'il fallait mesurer l'impact de ses mots. Parce qu'elle était trop jolie et riche pour qu'on lui reproche d'être spontanée. Personne ne lui avait dit de ne pas le faire... Ce n'était sans doute pas le sujet de conversation le plus idéal après ce type de révélation, mais c'était ce qui lui passait par la tête et ...

"Ah, euh, oui, je veux bien. Que me proposes-tu ?" Répondit-elle, à rebours, à sa question. Elle n'avait plus vraiment faim, et pas très soif. Mais elle voulait agir normalement, faire en sorte qu'ils passent... quand même... une bonne soirée. "Pas de la bière, j'espère" Elle plissa les yeux entre l'espièglerie et la gêne réminiscence du début de soirée. "Je déteste ça, en plus..." Se justifia-t-elle inutilement. "Mais tu as droit de boire de l'alcool ?" Une vieille angoisse... parce que maintenant qu'elle savait, elle était obligée de se poser des questions... Il devait avoir tout de même des traitements, quelque chose... Erin balaya du regard, instinctivement, l'ensemble de la pièce.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mar 11 Mar - 0:43

Bon. Sa capacité d'abstraction n'était pas suffisamment efficace pour lui faire oublier les précédentes minutes. C'était un peu laborieux de reprendre une conversation normale. Esteban fit un effort pour retrouver un peu de tonus. Il était très calme, certes. Trop calme à son goût. Il avait l'impression de fonctionner au ralenti, ce qui n'était pas l'idée qu'il se faisait de l'état idéal dans lequel il aurait pu passer une soirée amusante. Il fallait qu'il se concentre sur la conversation ! Si tout se passait bien, tête en l'air comme il était, il aurait de nouveau oublié qu'il était sur le point de mourir d'ici un quart d'heure.

Il commença à tirer sur les liens qui maintenaient les sushis enfermés dans leur corset sophistiqué. Il essayait de ne rien déchirer. Un emballage comme ça ? Quel dommage ça aurait été !

"Les meilleurs, vraiment ? J'ai hâte d'y goûter ! Je dois avoir des baguettes quelque part... Un peu plus agréables à utiliser que la version jetable."

Erin était revenue s'asseoir sur le lit. Il était encore occupé à défaire le paquet correctement, mais tourna la tête de manière assez brutale lorsqu'elle lui fit un compliment inattendu. Surpris tout d'abord, il se prit à penser qu'il préférait les cheveux longs, chez les hommes comme chez les femmes... Enfin ! Chez les femmes surtout ! Évidemment hein... Il n'y avait absolument rien d'étrange là-dedans, c'était juste une question de goûts ! Cette pensée superficielle fut rapidement chassée car il était dans un état d'esprit nettement moins oisif qu'à l'habitude. Son étonnement se teinta de regret. Ses yeux balayèrent vivement le corps de sa voisine. Il était flatté de l'intérêt qu'elle lui portait... Mais il ne pouvait s'empêcher de se souvenir de ce qu'il avait raté, et qu'il ne pourrait sans doute jamais plus avoir maintenant qu'il lui avait tout avoué. Qui serait assez masochiste pour se compromettre avec un mourant, au risque de s'attacher à lui et d'en souffrir ? Aussi capricieux qu'il put être dans ses grands moments, Esteban se flagella mentalement. Ce soir, il contrôlait particulièrement bien ses humeurs égoïstes. De quel droit se plaignait-il ? Il était déjà bien chanceux qu'elle reste à ses côtés malgré la situation.

".. Merci, c'est gentil. J'essaie d'en prendre soin, c'est peut-être pour ça..."

Il achetait des produits, prenait le temps de les entretenir et de les sécher... Rien, mais alors rien n'était jamais laissé au hasard dans sa tenue, et depuis qu'il les avait laissé pousser, ses cheveux en faisaient partie intégrante. Il avait du mal à comprendre pourquoi certains les portaient longs, si c'était pour ne leur apporter aucun soin.

Ce n'était pas le tout, mais puisqu'ils s'apprêtaient à manger, ils devraient peut-être aussi penser à boire. Esteban le proposa donc à Erin, qui lui répondit par un trait d'humour qui le fit sourire. C'était agréable, de se rappeler du début de soirée. Son expression se figea au moment où elle lui posa une question qui lui sembla absurde. Il eut le bon goût de paraître gêné :

"... De... l'alcool ? Pas vraiment... Je n'ai malheureusement pas grand chose à te proposer, si ce n'est de l'eau minérale et quelques jus de fruit. Tu préfèrerais boire quelque chose d'alcoolisé ?"

Voyons. Le croyait-elle plus vieux qu'il ne l'était vraiment ? Ça serait bien une première ! Souvent, les gens pensaient qu'il était encore au lycée.

"C'est... Je n'ai que dix-huit ans en fait, je ne peux pas boire d'alcool parce que c'est illégal... Ça n'a même rien à voir avec le... sujet de conversation précédent."

Embarrassé, il emporta les sushis déballés sur un plan de travail, avec l'intention de les mettre sur un plat digne de ce nom. Où avait-il fourré les couverts adaptés...
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mar 11 Mar - 11:15

Un grand sourire encourageait Esteban dans leur résolution commune de ne pas faire de cette soirée une veillée funèbre. Elle avait bien sûr noté qu’il possédait de vraies baguettes, qu’il prenait soin de ses cheveux (ça elle le savait déjà, elle avait inspecté ses flacons héhé), mais ne fit aucun autre commentaire. Pourtant, elle eut un mouvement de recul instinctif lorsqu’il la dévisagea. Avait-elle dit quelque chose –encore- de travers ?

Interdite une seconde, elle laissa un blanc les écraser, avant d’exploser de rire. Ce n’était pas sa faute, c’était drôle ! Oui drôle, juste après avoir dit « hé je vais mourir », il avait repris une dignité de Ministre, était prévenant et très à cheval sur ses principes. Dix Huit Ans… ah oui… elle n’y avait pas réfléchi, c’est vrai qu’elle était persuadée être plus vieille que lui, mais ce n’était pas un point de détail qui l’avait chiffonnée, elle ne s’en préoccupait pas, de l’âge des gens. Qu’il fasse jeune était certainement pour quelque chose dans son charme, pour Erin. Dans le monde actuel, on pouvait faire douze ans et en avoir quatre-vingt-dix…

S’excusant d’avoir pouffé par un petit geste de main qui cacha une seconde sa bouche, la Rouquine garda une attitude amusée. Puis grave. Puis de nouveau souriante, mais de façon plus légère. Elle ne voulait pas se moquer de lui, mais il était… craquant. Oh, bien sûr, savoir qu’il était agonisant ou quasi, avait créé une barrière un peu fragile autour de son petit béguin naissant. Sans doute inconsciemment, elle avait cherché à éviter de penser à Esteban comme ce même Esteban qui lui plaisait, avec son blaser si bien coupé et son regard envoutant. Plus facile à penser qu’à ressentir, cette carapace…

« Il faut que tu goûtes du Champagne. » Dit-elle avec un soupir pensif. On ne peut pas vivre sans en avoir goûté du très bon, les petites bulles, le cristal, la magie… Illégale pour un jeune homme de moins de 21 ans c’est vrai… Elle n’avait pas attendu cet âge-là pour se retrouver pompette en soirée, mais… elle n’était pas un exemple. Plus elle le découvrait, plus Erin se disait que Lilian avait été laxiste avec l’éducation de ses enfants, parce qu’elle se sentait venir du fin fond de la pampa mexicaine à côté du Fils du Gouverneur… Ca changeait de d’habitude…
Esteban s’était levé, l’air gêné et un peu outré par la remarque d’Erin, et c’était mignon… Pourquoi se préoccupait-il encore de tout ça, s’il se savait condamner ? A sa place, elle aurait envoyé tout ça baladé pour aller passer les derniers mois de sa vie en République Dominicaine, boire des cocktails sur la plage, ne vivre qu’en bikini et danser toute la nuit pour oublier que demain… Bah…

La Fille à Papa l’observa, ses gestes, ses mimiques, et eut un sourire discret. Comment arrêter de penser que quelqu’un d’aussi bien que lui avait été touché par une maladie aussi fatale ? C’était injuste ! Elle chassa à nouveau cette pensée. Il fallait penser à autre chose ! Mais elle avait désormais en tête beaucoup de sujets à éviter. La Leucémie, Le Procès, La famille, La Mort, L’Alcool, un Second Rendez-vous et la possibilité de Flirt. Autant dire qu’il y avait parmi ces sujets-là beaucoup des principales préoccupations d’Erin dans la vie de tous les jours...

« On s’en fiche de ce qui est légal ou pas, c’est pas comme tuer quelqu’un, juste boire un verre d’alcool avant 21 ans, il faut simplement éviter d’être retrouvée à moitié nue dans une piscine après deux verres de Cognac. » Ça sentait un peu trop le vécu, et elle rectifia. « C’est arrivé à ma copine Betty. » Un petit mensonge c’était rien, elle ne les comptait plus… Pour éviter de s’appesantir trop, Erin se redressa et parcourut la distance qui la séparait d’Esteban, dans ce qui servait de cuisine.

Son petit côté pincé était mignon, il avait l’air de se creuser la tête pour chercher les baguettes, ou quelque chose comme ça. « Tu veux que je t’aides ? » Demanda-t-elle par politesse, et pour éviter de rester immobile à le regarder se démener. Pourtant, le studio n’était pas si grand…

« Un verre de jus de fruits, ça me va. » Fit-elle finalement avec un grand sourire, même qu’elle ne réclamerait pas qu’il soit Bio, elle s’en fichait ce soir. Ce n’était pas si important que ça… « Je suis sure que ton chauffeur s’est déjà garé en double file pour te déposer devant un théâtre. Et ça, c’est illégal. » Elle appuyait ses paroles taquines par un petit hochement de tête et un regard pétillant. « Le traiteur japonais qui a fabriqué ces sushis doit certainement employer de pauvres petits chinois sous-payés pour la livraison, et il doivent passer par des sens interdits pour arriver jusqu’ici en scooter. ». Erin prit appui sur le plan de travail et battit des pieds.

« Et ça c’est illégal, Monsieur ! » Un jeu de sourcil et un grand sourire plein de dents blanches. « Tu cautionnes des crimes, tu le sais ça ? C’est mal Monsieur Luz-Descalzo, très mal. » Erin agissait de manière naturelle, oubliant sa tenue ou les circonstances, et ne se posant pas non plus la question de l’offense qu’elle pourrait faire à Esteban de le taquiner ainsi. Elle n’allait pas lui demander de se souler à la vodka, de toute façon, elle n’abusait presque jamais de l’alcool… C’était juste pour l’embêter un peu. Parce qu’elle se sentait plus à l’aise et que ça aidait aussi à se sentir plus détendue.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mar 11 Mar - 13:35

Esteban perdit contenance lorsque Erin éclata de rire, sans prévenir. Son visage décomposé n'exprimait plus qu'une perplexité complète, mêlée à un soupçon de dépit. Ça y est ! Il avait fait ou dit quelque chose qu'il n'aurait pas dû. Ça n'avait rien de drôle pourtant ! Puis pourquoi n'y avait-elle pas pensé avant hein ? Elle savait bien qu'il était en première année, et qu'il ne pouvait pas être si vieux que ça ! Agacé très superficiellement, il échappa une exclamation plaintive :

".. Mais quoi ?"

Il n'eut pas vraiment de réponse claire à sa question. A défaut, Erin tenta de le convaincre qu'il fallait qu'il goûte à du champagne. Son visage se ferma suffisamment pour laisser entendre qu'il ne se laisserait pas pervertir si facilement. Il n'en avait peut-être pas donné l'impression jusqu'à présent, mais Esteban pouvait être une véritable tête de mule quand il en avait envie.

"Non, c'est hors de question... Qu'est-ce que vous avez décidément, ce soir ? Entre toi et Karl, on dirait que vous vous êtes donné le mot pour me saouler..."

Évidemment, il exagérait un peu. C'était sa méthode à lui pour tenter de changer de sujet de conversation. Avec un peu de chance, la jeune femme comprendrait qu'il n'était vraiment pas ouvert à cette proposition, et elle n'insisterait pas plus. C'était du moins ce qu'il avait espéré. Malheureusement elle semblait y tenir ! C'est vrai que ça n'était pas aussi grave que de tuer quelqu'un mais... mais... ! Voilà, parfaitement, c'était son excuse et elle était incontournable: "Mais". Les oreilles chastes d'Esteban n'avaient jamais été confrontées à de quelconques histoires de beuveries. Le monde malsain des dossiers de soirée lui était totalement inconnu. Alors entendre qu'on pouvait se retrouver ivre, dans une piscine, avec ou sans vêtements, suffisait à l'alerter. Il arrêta de fouiller dans ses tiroirs le temps de jeter un regard écarquillé sur son invitée. L'une de ses amies l'avait vraiment fait ? C'était vraiment arrivé ? Mais c'était dangereux ! Et si elle s'était noyée ? Esteban n'arrivait pas à comprendre ce qui pouvait être suffisamment intéressant dans le fait de perdre le contrôle de son corps et de son esprit, pour justifier tous les aléas liés à la boisson. Oui, à part ça, Erin ne lui avait proposé que de boire un verre très raisonnable. Il avait une fâcheuse tendance à transformer une goutte d'eau en torrent.

Elle lui proposait son aide. Il sortit de sa stupeur dans un soubresaut.

"Euuh... Non ne t'inquiète pas il n'y a plus grand chose à faire."

Il songea enfin à sortir la main du tiroir, amenant avec lui deux paires de baguettes fines en bois précieux. Elles étaient gravées, présentaient des incrustations dorées, et quelques touches d'ivoire. Elles devaient être dans la famille depuis quelques générations, Esteban n'avait pas tous les détails, il les avait simplement emmenées de Little Rock avec lui. Il sortit une coupelle destinée à la sauce soja. Enfin il tira un verre du placard. Quant à lui, il avait déjà le sien. Ne restait plus qu'à sortir le jus de fruit du frigo - bio et frais par dessus le marché, il n'achetait pas n'importe quoi sous prétexte qu'il ne buvait pas d'alcool. Il n'eut pas l'occasion immédiate de tourner le dos, car Erin semblait d'humeur taquine. Interdit, il l'observait la bouche ouverte alors qu'elle argumentait. Mais.. ! Ça n'était pas juste ! Elle ne pouvait pas comparer des actes pour lesquels il n'avait aucune responsabilité directe, et dont il n'était pas conscient, à quelque chose qu'il aurait fait en toute connaissance de cause ! Il aurait bien rétorqué quelque chose de cet acabit, mais sa dernière phrase lui coupla le sifflet.

Esteban accusa le coup. Il ressentit une vague sourde de culpabilité. Était-ce parce qu'elle l'avait appelé par son nom de famille ? Il venait de se souvenir que les Luz-Descalzo étaient loin de n'avoir qu'un visage. Les activités des siens dans le TPH n'avaient absolument rien de légal. Son père détournait des fonds. Son oncle tenait des outres captifs dans sa cave. Esteban était resté face à une vampire agonisante alors qu'il devait la surveiller. L'expérience avait été très difficile pour lui... Voire carrément traumatisante. Clairement, ça n'avait rien eu de légal. Ces créatures du diable avaient des droits. Que la loi eut ou non raison de leur en donner, Esteban était mitigé. Les humains pouvaient-ils réellement se permettre de décider de la vie ou de la mort de ces créatures, qu'elles furent ou non corrompues ? Il n'avait pas voulu entrer au TPH lui-même, mais en se taisant, il cautionnait des actes illégaux bien plus graves qu'une simple consommation d'alcool à un âge où ça n'était pas autorisé. Mince... D'un coup il se sentait très sale. Ses exigences morales lui semblaient ridicules vis-à-vis de ce qu'il laissait passer. Qu'est-ce qui était bien, ou mal ? Il était troublé, et ne savait plus vraiment. Il baissa les yeux, versant consciencieusement la sauce soja dans la coupelle.

"... Tu exagères ! Je ne peux pas être responsable de tout ce que ceux qui m'entourent font..."

.. essayait-il de se convaincre.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mar 11 Mar - 14:24

Okay… visiblement, elle avait dit quelque chose qui lui déplaisait fortement, parce qu’après ces petites boutades, Esteban affichait un visage fermé, et semblait vouloir se concentrer très fort sur une activité qui ne nécessitait pas autant d’attention… Verser de la sauce soja dans une coupelle… oui… Ca la coupa, elle cessa de sourire. Elle retrouvait en lui quelque chose qu’elle avait vue lorsqu’elle était allée à sa rencontre la toute première fois, quelque chose de guindé et de snob, comme s’il avait oublié son cintre dans sa veste.

C’était du maintien, elle le savait, et de la bonne éducation. Ses iris brunes restèrent un long moment à l’observer faire, et elle n’alla pas jusqu’à lui demander de nouveau s’il avait besoin d’un coup de main… Visiblement, verser cette sauce était très périlleux… ça nécessitait une méditation de tous les instants… Erin fronça les sourcils.

« Bien sûr que j’exagère. » Insista-t-elle, sans pouvoir se retenir de lui tirer la langue. Elle s’en rendit compte trop tard, piqua un fard, et cacha sa grimace enfantine par un mouvement de bras habile pour se recoiffer. C’est le principe d’une blague Monsieur le Coincé. Mais elle ne pouvait pas lui dire ça, elle allait vraiment le vexer.

L’instant d’après, elle avait de nouveau un sourire merveilleux, parce que la sauce était dans sa coupelle, ô joie ! Inutile de rester s’appesantir, il devait avoir mal pris quelque chose qu’elle avait dit, et ne voulait pas l’ennuyer, même s’il était marrant, et mignon, quand il s’indignait. Si elle le connaissait mieux, elle se serait permis de lui faire remarquer… Mais n’osa pas. Ce qui était assez exceptionnel ! Erin osait toujours dire ce qu’elle pensait. C’était son droit ! Mais là… la Rouquine ne se sentait pas le cœur de le décevoir ou de le fâcher. Elle voulait qu’il soit souriant, détendu, et heureux. Pas compliqué en somme !

« Je ne voulais pas t’agacer, juste que… ça permet d’oublier un peu ses problèmes. » Oui, d’accord, ça faisait puéril désormais de songer qu’elle, elle se réfugiait dans les fêtes et les soirées pour oublier ses ‘problèmes’ de pauvre petite fille riche… alors que lui… bah il avait une leucémie ! Elle se déplaça et regarda par-dessus son épaule (oui on sait, c’est mal poli). « Je ne te dis pas de changer ce que tu es pour faire plaisir aux autres. » Ajouta Erin après un léger silence, restant à une distance raisonnable. Elle se sentait attirée, elle avait envie de le taquiner, de l’embêter… non ! Elle voulait juste qu’il soit bien ce soir, alors s’il était chatouilleux, elle devait se contraindre à être aimable.

Franchise, franchise, franchise… « C’était moi » Elle soupira. « Dans la piscine. » Elle détourna le regard, mais se rappeler cet épisode la rendait hilare, elle se retint de sourire difficilement. « Deux pauvres verres de Cognac à la fête d’anniversaire de mon cousin Julian, pour ses vingt ans. Il n’y avait que des gens plus vieux, ils étaient tous beaux et riches, et … alcoolisés. J’ai fait comme eux pour m’amuser, c’était fun… » Mais elle se doutait que son argumentaire n’allait pas le convaincre. Pire… elle baissait certainement dans son estime et ça la chagrina… Trouvant refuge dans la contemplation de la bouteille de jus de fruits, bio, frais, parfait.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mar 11 Mar - 19:14

Outch... Alors là, Erin avait tapé fort sans le savoir. Pour la deuxième fois consécutive. Ça n'était vraiment pas de chance ! Esteban avait été mis face à ses propres incohérences, et il ne lui était plus possible de faire l'autruche, maintenant. Quel dommage ! C'était tellement plus simple de se boucher les yeux pour ne pas avoir à réfléchir. Les outres avaient-ils une âme ? Avaient-ils le droit de vivre ou bien n'étaient-ils que des créatures du démon ? Le jeune homme réprima un frisson désagréable. Le souvenir de la vamp éplorée le frigorifiait. Savoir qu'elle avait été tuée quelques temps après lui brisait le cœur. Était-ce un péché que de pleurer la mort d'une de ces créatures ? Était-ce un péché que d'avoir de l'empathie pour un être qui bougeait, pensait, souffrait ? S'était-il laissé charmer par un démon sans cœur, qui s'était fait passer pour une femme innocente ? Et les deux orphelins qu'elle avait laissé derrière elle...

Il ne tarderait pas à avoir certaines réponses à ses questions, si il en venait à opter pour la transformation. Ou alors, sa personnalité se disloquerait, et ne resterait plus de lui qu'une ombre de chair déjà morte. Quelle idée détestable... Vraiment, ce n'était pas le moment qu'il réfléchisse à tout ça. Il avait une invitée, tout de même ! D'ailleurs, elle avait payé les sushis. Il allait falloir qu'il se rattrape en l'invitant au restaurant. Certes, il lui avait fait comprendre qu'un second rendez-vous n'était pas possible, mais c'était avant qu'il lui révèle son état de santé. Maintenant qu'elle savait que tout pouvait basculer du jour au lendemain, il ne culpabiliserait pas à l'idée de programmer des sorties qui pouvaient tout aussi bien ne jamais avoir lieu sous prétexte de mort prématurée. Comme elle tirait la langue, il leva un sourcil amusé. Elle sembla gênée de sa réaction spontanée, car elle était devenue toute rouge, même si elle se cachait derrière son bras. Il ne put s'empêcher d'émettre un rire discret, qui n'avait rien de moqueur. En fait, il avait trouvé ça charmant, et ça lui avait redonné un peu de bonne humeur. Il fallait qu'il la rassure. Certes, il trouvait un peu irritant cette tendance qu'avaient tous ses amis à vouloir lui mettre le nez dans l'éthanol, mais ce n'était pas ça qui allait le froisser durablement. Il fallait vraiment qu'il cesse de se perdre de ses pensées sans prévenir.

"Je ne suis pas agacé, j'avais la tête ailleurs... Désolé. Je devrais vraiment arrêter de me laisser distraire."

Plus facile à dire qu'à faire. Il sortit un plateau pour transporter le plat et les verres sans risquer de tout renverser. Ne pas changer ce qu'il était pour faire plaisir aux autres ? Il acquiesça, un peu distant malgré lui. Il s'apprêtait à faire exactement le contraire, si on voulait bien. Sa famille ne voudrait plus le voir, déjà qu'ils étaient presque tous en colère contre lui à l'exception de sa mère et de son cousin... Rah ! Mais zut alors ! L'objectif de la nuit était de s'amuser, certainement pas de ressasser des idées noires ! Bon allez, ça y était, le plateau était fin prêt.

Il le souleva en s'armant d'un sourire de circonstance, bientôt fondu en une moue étonnée, face à la révélation qui suivit. L'amie "Betty" existait peut-être, mais Erin avait menti. Le coup de la piscine, c'était elle, en chair et en os, devant ses yeux ! Esteban n'aurait pas su réagir quelques secondes auparavant, mais se souvenir de ses torts lui avait fait l'effet d'une douche froide. Il ne pouvait vraiment pas en vouloir à la jeune femme de s'être laissée aller à quelques excès au goût d'éthanol, quand il pouvait se reprocher quelque chose d'aussi grave qu'une complicité passive dans un enlèvement, ensuite transformé en meurtre. Quelle horreur ! Il était prêt à admettre que de faire une nouvelle entorse à la législation n'y changerait plus grand chose pour lui.

"... Ils étaient tous à moitié nus dans la piscine ?!"

Oui, c'était une blague. Comme il n'avait rien trouvé à dire de sérieux, et qu'elle n'avait pas l'air de tirer un mauvais souvenir de cette soirée, il estimait qu'il aurait été de mauvais goût de lui demander si elle avait fini aux urgences les poumons remplis d'eau. Il n'avait rien trouvé de mieux pour lui faire comprendre qu'il était prêt à alléger un peu la charge moralisatrice de son attitude, le tout sans froisser sa fierté mal placée bien à lui. Puis il fallait bien oublier un peu ses problèmes, n'est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mar 11 Mar - 20:57

Il était chou quand il s'excusait comme ça... Elle se sentit immédiatement mieux, sans doute parce que lui se sentait moins bien, du coup, elle reprenait des forces. Merveilleuse balance... Mais Erin le trouva vraiment étrange, il semblait se perdre toutes les deux minutes dans des pensées assez désagréables. En même temps... Comment ne pas être songeur et angoissé dans son cas ? C'était la première personne à qui il avouait son secret, et c'était autre chose que de confier une mauvaise note à un exam ou d'avoir fumé des trucs interdits en cachette de ses parents. Elle-même ignorait comme elle réagirait dans son cas. C'était beaucoup trop énorme pour qu'elle puisse se l'imaginer, et pensait ne jamais avoir à y être confrontée.

Elle ne savait pas comment elle devait prendre le "laisser distraire", mais il avait clairement l'air agacé, malgré ce qu'il affirmait. Erin l'ennuyait peut-être ? Se poser une telle question existentielle lui aurait donné le bourdon illico si elle n'avait pas été stopper dans son sentiment maussade par un éclat de voix plus perçant.
La scène était causasse... il avait le plateau en main, le plat à sushis, les baguettes, le verre, la bouteille de jus de fruit en équilibre, mais la Rouquine se demandait finalement si sa dernière question en était vraiment une.

Un petit rire nerveux franchit le seuil de ses lèvres et elle répondit sur le ton entre la plaisanterie et la gêne. "Euh, non, pas tous." C'était vraiment, vraiment fichu... Donc, pour résumé, Esteban allait penser qu'elle picolait et qu'elle se retrouvait dans des orgies avec des hommes et des femmes dénudés dans des piscines de riches, et qu'après ça, elle rechignait à aller plus loin dès le premier soir avec lui ?

Elle espérait, sincèrement, qu'il comprendrait de fait le sens de sa phrase "faire les choses correctement pour une fois"prononcé plus tôt dans la soirée. Oui, parce qu'elle faisait souvent les choses n'importe comment, et là, il devait la voir comme une petite dévergondée, indigne de son rang à lui, si loin dans l'échelle de valeurs, à lui donner des leçons sur comment il faut avoir bu du Champagne avant de mourir, et comment elle mentait comme elle respirait...
La Fille à Papa regrettait tellement, tellement d'avoir joué cartes sur table. Si seulement elle s'était contenté d'être Erin, la Erin qui ment jusqu'au bout, trahit ses copines, charme un type, se couche sur lui, et s'en va en fanfaronnant ? A cause de son excès de conscience vraiment mal placé, elle en était arrivée à connaître son plus lourd secret et à sans doute lui faire regretté de l'avoir confié à une fille aussi... Ah ! Elle ne trouvait même pas de mot assez horrible !

Mais il était trop classe pour elle, il avait des principes, était tellement courtois, tellement polis. Et en plus, comble du tragique, il fallait qu'il soit en plus malade et humble face à sa maladie ! Il ne s'était pas effondré, il ne brûlait pas la chandelle par les deux bouts avant de rendre son dernier souffle n'importe comment ! Il restait dans les usages, il était tellement pondéré et distingué.... !

Ah ! Constater tout ça la déprimait, elle aurait tellement voulu disparaître dans le sol... Non stop ! Elle tua dans l'oeuf une envie de se montrer encore franche et de s'excuser à tout va, de lui dire tout ce qu'elle venait de penser.
Le pire... dans tout ça.... c'est qu'il n'irait jamais jusqu'à la sommer de foutre le camp immédiatement de son studio. Il était trop bien élevé pour ça... Il devait la détester... Pire, elle devait le dégoûter totalement.

Au secours... "Je reviens." Lança-t-elle à la hâte, seule porte de sortie immédiate, les toilettes, elle fonça, referma la porte presqu'en la claquant et s'assit sur la cuvette des WC en se recroquevillant sur elle-même. "Pitié, pitié, pitié, pitié" Elle allait se réveiller...

Au bas mot, elle était restée plus d'un quart d'heure dans les toilettes. Silencieuse hein, impossible de croire qu'elle était malade ! C'était une femme du monde quand même, on ne va pas contenter sa vessie chez des invités. Non... un quart d'heure dans un silence profond, ou alors, quelques bribes de mots ou des sanglots étouffés.
Erin poussa timidement la porte des toilettes et fit quelques pas, penaude, jusqu'au centre de la pièce. Un petit miroir dans sa pochette qu'elle avait embarqué lui avait assuré d'avoir retrouvé un visage naturel et sans aucune pièce à conviction pouvant attester qu'elle avait été lamentablement désespérée pendant 15 minutes.

"Oh, ça va ne t'en fais pas." Elle se doutait qu'il avait vraiment dû se demander ce qu'elle fabriquait et ce qui se passait de "si" grave pour qu'elle s'enferme là dedans aussi longtemps. "Goûtons ces sushis." Sourire de circonstance, un peu forcé, mais elle avait sans doute désormais l'intention de tout faire pour que la nuit se passe au mieux, pour ne plus l'embêter, et être la plus parfaite des compagnes pour cette soirée, polie, élégante, bon d'accord, presqu'élégante dans une chemise masculine froissée désormais. Pour être juste un peu digne de lui...
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mar 11 Mar - 22:43

Note : C'était la première, dernière, antépénultième pénultième et ULTIME fois qu'il s'essayait à l'art de ce genre de plaisanteries. Il avait pensé que ça serait une bonne idée... Il avait pris exemple sur Erin, avait tenté de faire comme elle, dans un effort de compréhension. Sauf qu'en croyant faire une blague, il n'était pas tombé loin de la vérité. Il avait voulu jouer avec une exagération. L'exagération en question était peut-être en dessous de la vérité. Le jeune homme devint livide (ou bien juste un peu plus clair).

"... Oh."

Mince ! Quelle bourde n'avait-il pas fait ? Mais qu'avaient bien pu faire tous ces gens adultes dans une même piscine, vêtus de tenues bien trop courtes pour leur corpulence, aussi ? Esteban avait beaucoup de mal à se l'imaginer. Il n'avait jamais assisté à ce genre d'événements... Est-ce que ses parents s'adonnaient eux aussi à ce genre de pratiques ? Oui enfin bon... De la part de Darian, il n'y aurait pas eu grand chose qui l'aurait étonné. Mieux valait qu'il n'essaie pas d'imaginer la scène. Il allait se faire des idées. Juger sans savoir. Il avait participé à un enlèvement, alors il ne pouvait pas juger (oui, il était resté coincé là-dessus).

Euh... Il allait peut-être falloir qu'il trouve quelque chose à dire, non ? Qu'il cesse de rester planté là comme un abruti... En plus, son invitée n'avait pas l'air dans son assiette. Plus le temps passait, plus il lui semblait qu'elle tirait une tête étrange. Ou bien n'était-ce que son imagination ? Ah, non. Ce n'était pas que son imagination. Elle venait de prendre congé en toute hâte, pour finalement s'enfermer dans les toilettes.

Après avoir reposé le plateau, Esteban se mordit la lèvre inférieure, ferma les yeux, et se frappa le front du bas de la paume. Il se noyait d'insultes mentales qu'il n'aurait jamais osé prononcé à voix haute, tant elles lui semblaient manquer d'élégance. C'était de sa faute, non ? Ou bien était-elle malade ? Ils n'avaient même pas encore goûté les sushis, ça ne pouvait pas être ça ! Angoissé, Esteban se mit à faire les cent pas dans la pièce. Mince... Pouvait-il vraiment la laisser comme ça? Mais il ne voulait pas non plus la déranger.

Il céda, et s'approcha de la porte pour frapper quelques légers coups. Il n'entendait rien venant de l'intérieur. Elle ne faisait pas un malaise, au moins ?

"... Ça va, il n'y a pas de souci ? Tu n'es pas malade au moins ? Si tu veux, j'ai des analgésiques..."

Des suppresseurs de douleur comme on pouvait en acheter en pharmacie pour soulager les maux de crâne. Il en prenait les mauvais jours... Ceux où il se sentait vraiment mal. Ça n'avait pas un effet génial, mais dans le cas d'Erin, ça pourrait peut-être fonctionner. Qu'elle lui répondit ou non, il sembla qu'elle n'avait pas besoin de médicaments. Esteban battit en retraite, en proie au désarrois. Mince... Il était presque persuadé que c'était de sa faute, désormais. Il alla s'asseoir sur son lit et se prit la tête au sens propre comme au figuré. Que pouvait-il faire pour compenser sa bourde ? Qu'est-ce qui fonctionnerait ? Qu'importe ce qu'il en coûtait...

... Ah ben oui. Qu'importe ce qu'il en coûtait. C'était typiquement le genre de situations dans lesquelles il avait tendance à penser avec son porte-monnaie. Il n'y pouvait rien, c'était un réflexe naturel, chez lui. Il redressa subitement la tête. Il avait une idée. Il prit son téléphone et déverouilla la porte d'entrée pour aller prendre le frais quelque minutes à l'extérieur du pavillon. Ensuite, il tapota sur l'écran de son smatphone, à la recherche d'un numéro dans son répertoire. L'annuaire, à une heure pareille, ça ne fonctionnait pas trop. Il fallait compter sur d'autres combines. Bon allez, le grossiste habituel, ça ferait bien l'affaire.

"Allo ? Bien le bonsoir, Esteban Luz-Descalzo à l'appareil. Je voudrais savoir si il était possible de faire livrer une bouteille de champagne Le Clos d'Ambonnay 2035 à la Nouvelle-Orléans dans la soirée ?"

La question ne se posait même pas. Il avait déjà commandé ici. Il avait déjà vu et entendu son père et sa mère faire. Il avait été à bonne école. Subitement il se redressa, pincé, et très en colère.

"Non, je ne veux pas une autre cuvée. Vous devez bien avoir un stock dans une autre ville, non ?"

Esteban n'y connaissait rien en champagne... Il se souvenait du nom de celui-ci parce qu'il avait été servi au mariage de ses parents. Il savait que c'était une valeur sûre, et ne voulait pas risquer de se tromper.

"... Comment ça vous ne livrez pas hors de Bâton-Rouge ? Bien sûr que vous allez le faire !" ... quelques paroles animées dans le combiné. Esteban leva les yeux au ciel. Il parlait à un attardé, ou bien quoi ? "Par avion évidemment, je vais vous donner le contact du pilote ! Je me fiche bien de ce que ça va coûter, essayez de mettre moins de trente minutes, d'accord ?"

Son correspondant était un peu abasourdi. Esteban quant à lui ne se faisait pas de souci. Le pilote du jet de son oncle était bien payé, en compensation de ses heures de sommeil perdues. Et si Juan trouvait quelque chose à dire quant au carburant consommé, Esteban lui rembourserait naturellement. Il donna son adresse au standardiste, et répondit encore, sa patience mise à rude épreuve :

"... Oui, c'est une résidence étudiante. Pourquoi ?"

Ça alors, ça avait l'air de l'étonner. Qu'y avait-il de si étrange à ce qu'un étudiant loue une chambre à l'université, hein ? Quand il raccrocha, il se demandait encore pourquoi tous ces standardistes lui semblaient toujours aussi lents à la détente. Ça n'était pourtant pas dingue à ce point, de faire venir un produit chez soi en usant des moyens nécessaires ?

Satisfait, il retourna à l'intérieur, sur son lit. Il avait passé ses nerfs sur son interlocuteur téléphonique sans vraiment s'en rendre compte et il était de meilleure humeur, mais restait un peu angoissé. Et si il avait mal compris ? Et si elle n'aimait pas son initiative, ou qu'elle s'avérait finalement complètement hors propos ? Oh et puis zut... Il avait essayé.

Enfin, Erin sortit des toilettes. Esteban se tourna d'un bond vers elle et avait déjà ouvert la bouche pour lui demander si ça allait, quand elle lui offrit sa réponse. Elle lisait dans ses pensées, ou bien.. ?

"Bonne idée !"

Son visage se fendit d'un large sourire, qu'il espérait rassurant. Il alla chercher le plateau pour l'installer sur le lit. Il n'osait rien lui demander... D'ici quelques minutes, son argumentation arriverait sous forme d'un liquide à plusieurs centaines de dollars la gorgée. Typique d'Esteban, quand il se sentait acculé : toujours tout résoudre par l'exubérance !
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mar 11 Mar - 23:21

Ignorant tout de ce qu'avait bien pu faire Esteban durant son petit... craquage... dans les toilettes, Erin fut soulagée de le voir souriant, tranquillement installé, et lui répondre de façon naturelle mais enthousiaste. C'était exactement ce qu'il lui fallait, pour tirer un trait sur ses angoisses et l'impression monumentale d'avoir totalement raté sa soirée, voire l'histoire de sa vie. Il avait la bonne réaction... C'était pas croyable... Être aussi... parfait. Enfin presque. Il était incapable de faire des blagues et était tatillon sur la loi, mais en réalité, il était comme il faut, et respectueux. Contrairement à certaines.

Elle fit quelques pas presque sur la pointes des pieds pour rejoindre le lit et s'y asseoir délicatement afin d'éviter de tout renverser, au prix d'un par-dessus comme celui-là, il aurait été abominable de le tâcher avec de la sauce soja. Comme elle ne pouvait décemment s'asseoir en tailleur, au risque d'en montrer un peu trop, Erin reprit son habitude précédente, et s'agenouilla, les fesses sur les talons. Double avantage ! Elle était assise plus confortablement, et pouvait regarder en face Esteban.

Les petits regards qu'il lui lançait, un peu inquiet sans doute, ne lui échappèrent pas, elle s'en attendrit mais voulut passer outre. C'était plus compliqué que prévu. Elle avait beau avoir désormais des informations qui auraient compromis une quelconque attirance -Erin n'aimait pas les gens "malades" ça avait tellement de connotation, entre l'hygiène, la contagion, voire la mort en général- en temps normal, la Rouquine conservait des soubresauts vifs lors de certaines réactions ou regards du Fils de Gouverneur... Et mine de rien, malgré tout, elle cherchait encore à lui plaire... C'était bien un signe. Mais elle pensait aussi être tomber si bas dans son estime, qu'elle n'aurait jamais aucune chance de remonter... La partie était joué. Elle avait perdu. Mais il gardait une attitude très élégante envers elle... C'était noble de sa part. Tellement ... Princier.

Il avait, de plus, la délicatesse de ne rien lui demander et d'avoir un visage avenant. Ca rendait les choses encore plus douloureuses. Pourtant, Erin avait décidé en sortant des toilettes qu'elle agirait en adulte, pour une fois, et honorerait sa "promesse" : passer une agréable soirée, enfin ce qui en restait qui n'avait pas été gâchée.

Elle s'empara des baguettes avec un petit sourire, pressée de goûter aux sushis, et surtout, qu'Esteban puisse lui aussi y goûter. Une prière rapide au dieu des Japonais pour que le traiteur ait réussi à merveille ses spécialités, car s'ils n'étaient pas au goût de son hôte, elle allait pleurer.

"Bon appétit !"

Avec une belle dextérité de quelqu'un qui devait en manger... quoi... deux ou trois fois par semaine, la Fille à Papa vola une pièce dans le plat et l'enfourna dans son gosier. Pas de sauce soja pour le premier sushi, c'était une tradition qu'elle avait, et elle avait assez fait son cirque à Dior pour que la Métamorphe l'adopte aussi. En réalité, le Chinchilla n'avait pas eu le choix, c'était soit s'y plier, soit entendre Erin l'engueuler et conclure par "de toute façon tu ne m'as jamais aimée"... Est-ce que Dior mangeait toujours des sushis, là où elle était ?

Non. Pas de pensée triste, si non, c'est sûr, elle allait encore devoir filer aux toilettes pour ne pas craquer devant Esteban. Et ça faisait dix minutes qu'aucune catastrophe ne les avait secoué, alors il fallait continuer dans cette voie. Erin lança un regard impatient à son vis-à-vis, ne pouvant y tenir davantage : "Alors ? Tu aimes ?" Pitié, pitié, pitié... Elle se sentait comme ces gens qui sont jugés par des gourmets pour avoir une étoile supplémentaire.

"Mes préférés sont ceux au saumon, c'est classique, mais c'est une jolie couleur." Elle avait parlé avec un sourire enjoué et insouciant, avant de réaliser qu'elle venait d'affirmer apprécier un aliment non pas pour son goût et pour sa couleur. Quelque chose de très puéril, futile, superficiel, gamin, même. "Goûte celui-là." Conseilla Erin en désignant de ses baguettes une autre pièce. Elle eut quelques mouvements lents pour s'approcher un peu du plateau, et d'Esteban. Tout en mâchant un nouveau sushi, Erin se permit de l'observer à nouveau. Il devait avoir passé une soirée éprouvante... Elle détourna les yeux au moment où elle sentait une boule dans sa gorge qui lui rappelait sa position, dans la pyramide des gens biens, par rapport à lui. Mais elle trouvait quand même qu'il était attirant. Elle se changea les idées en versant dans les deux verres un peu de jus de fruit, et en se désaltérant. Il lui faudrait peut-être quatre ou cinq litres de jus pour oublier son fiasco ?
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mer 12 Mar - 1:35

En réalité, Esteban ne posait aucune question parce qu'il avait peur d'embarrasser Erin, certes, mais aussi parce qu'il craignait d'être à l'origine de son malaise, et qu'il n'avait pas le courage de s'en assurer. Et puis aussi parce qu'il n'était pas très doué, et que son "flot relativement intéressant" s'était subitement fait la malle. Il manquait d'idées. Comme la jeune femme s'asseyait face à lui, il ne put s'empêcher d'inspecter sa tenue, une fois supplémentaire. Maintenant que le malaise post-révélation était passé, ça commençait à redevenir gênant. Il songea qu'il aurait peut-être dû lui proposer une nouvelle fois ce fameux peignoir. C'est vrai quoi... Ce n'était pas comme si il y avait encore une chance pour qu'ils puissent... Bref. Il n'aurait pas le courage de lui proposer le vêtement, parce qu'il avait trop peur qu'elle le prenne mal et retourne s'enfermer dans les toilettes. Ou même qu'elle parte pour de bon.

De son côté la tension était en train de remonter, et c'était très gênant. Il avait du mal à se mettre dans la tête que la jeune femme ne lui était plus accessible. Nerveux, il gigota un peu plus que nécessaire au moment de prendre position et d'attraper ses baguettes. Il n'était pas très expérimenté, mais il savait les tenir correctement, ou presque. En fait il se trompait de doigt de soutien, mais ça ne l'empêchait pas de se débrouiller. Par contre il était très très doué pour ce qui était de lâcher des boulettes de riz dans la sauce et en faire éclabousser partout. Ne restait plus qu'à prier pour que ça n'arrive pas.

"Bon appétit !"

Esteban se concentra pour attraper son premier sushi. Ignorant du rituel observé par sa voisine, il fut le premier à tremper sa proie dans la sauce. Alors... Déjà, on le prenait sur le côté, ensuite on se débrouillait pour ne mettre que le poisson en contact avec la sauce et... Ouf. Le morceau était arrivé sain et sauf dans sa bouche. Le poisson était succulent, et le riz collant à point. C'était délicieux, comme attendu de la part du "meilleur restaurant de sushis de la ville". Ce n'était pas la première fois qu'Esteban goûtait à des sushis délicieux, mais ça ne changeait pas le fait qu'il était très satisfait. Il allait en prendre un second lorsqu'il capta le regard insistant de la jeune femme. Ah, oui ! Il n'avait pas pensé à lui faire partager son avis.

"C'est très bon ! Je ne suis pas déçu. Il faudra que tu me donnes leur numéro de téléphone..."

Il se laissa guider parmi les choix alléchants proposés par le plateau. Il y avait ceux au saumon, traditionnels, mais dont elle semblait aimer la teinte... Puis il y en avait d'autres qu'elle lui proposait de tester. Est-ce que la teinte des aliments pouvait changer la perception qu'on avait de leur goût ? Ma foi, il songea bêtement qu'il n'avait jamais mangé un sushi bleu, mais que ça pourrait toujours être intéressant à faire, si il en avait le temps.

"... Tu crois que ça se trouve, des sushis multicolores ?"

Oups. Il avait spontanément exprimé sa pensée à Erin, et il aurait sans doute eu mieux fait de se taire. Elle n'allait sans doute pas avoir suivi son cheminement de pensée. C'était totalement stupide, comme question, et comme idée ! Il s'empressa d'attraper le morceau de riz qu'elle lui avait conseillé et de le passer dans la sauce soja. Malheureusement pour lui, il y alla un peu précipitamment. Le sushi vola sur quelques centimètres, pour retomber dans la coupelle et recouvrir le plateau de gouttes marron.

"Ah non, zut ! Je te prie de m'excuser, j'ai deux mains gauches !"

Il grinça des dents, songeant que c'était vrai, mais qu'il n'avait vraiment pas eu besoin de l'exprimer à voix haute encore une fois. Ça se voyait suffisamment pour qu'il n'ait pas besoin de pointer le doigt dessus. Il s'y reprit à quatre fois pour sortir le sushi de son lit de sauce. Enfin il le mit dans sa bouche et commença à mâcher, honteux. Du coin de l'œil il la regarda verser le jus de fruit dans les verres. De toute façon, il allait falloir qu'il trouve des coupes quelque part si il voulait faire ça bien.

On toqua à la porte, quatre fois, assez fort. Déjà ? Une vingtaine de minutes, ça avait été du rapide ! Esteban bondit sur ses jambes aussitôt, et s'empressa d'avaler le riz qu'il avait encore dans la bouche, avant de jeter un regard mystérieux à son invitée. Bon sang, en réalité il n'en menait pas aussi large qu'il l'aurait voulu... L'achat de cette bouteille n'était rien, mais il espérait réussir à lui faire plaisir. Il ne saurait plus où se mettre si elle restait indifférente.

"Tu as gagné, d'accord... ?"

Il se contenta de cette accroche, qui selon lui introduisait plutôt bien la surprise... enfin, peut-être. Ensuite, il alla ouvrir la porte.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mer 12 Mar - 10:43

Erin était aux anges... oui. Parce qu'Esteban avait l'air de se régaler ! Il manquait d’entraînement pour le maniement des baguettes mais, ô surprise, elle trouvait sa maladresse très mignonne. Son visage avait repris des couleurs, celui de la Rouquine aussi, par la même occasion, et elle commençait à penser que, malgré tout, elle allait réussir à se tenir à son rôle pour le reste de la nuit, même si son petit cœur était écrabouillé et humilié. Et savoir garder sa dignité –ce qu’il en restait après tout ça- et le sourire, c’était la clé d’une parfaite femme d’intérieure, et une future épouse modèle.

Lady Diana affichait toujours un visage merveilleusement serein et frais alors qu’elle était dans la tourmente, et elle avait l’intention de l’imiter. Épouser un Prince aussi, mais si possible pas aussi laid que son pauvre mari… non, un jeune homme d’une grande classe et d’une fortune colossale, un beau sourire et des mains aux ongles parfaits. Elle fut coupée dans ses rêves d’avenir avortés par une question totalement soudaine, et elle ouvrit de grands yeux sous la surprise.

Des sushis de toutes les couleurs ? Ses yeux pétillèrent. « Oh j’adorerais ! Les cocktails multicolores sont toujours mes préférés, c’est tellement plus drôle ! » S’exclama Erin naturellement, oubliant qu’il fallait éviter de lui rappeler comme était dépravée. Non, mais les cocktails ça pouvait aussi simplement désigner des jus de fruits et sirops mélangés, non ? Ceux avec une petite ombrelle avec des paillettes et des pailles noires… Dans de grands verres immenses… Elle eut un soupir rêveur. C’était tellement étonnant qu’il pense à cela, et même si elle-même n’y avait même pas songé, elle trouvait l’idée géniale, c’était son côté totalement futile qui parlait.

Les étoiles dans ses yeux disparurent dans une nuée de petites taches brunes et elle se mordit la lèvre pour éviter de rire. C’était hilarant, pas moqueur, pas trop, mais c’était drôle non ? La Fille à Papa craignait de le contrarier, mais il s’excusa et se justifia de façon encore plus maladroite ; faisant naître un sourire transi sur ses lèvres… Il était…
Cruel. Involontairement, hein ! Mais vraiment, vraiment cruel.

« Ce n’est pas grave, lorsqu’on mangeait seuls avec ma mère, on les mangeait avec les doigts, tu sais. » Elle plissait les yeux. « Mais interdiction de le répéter. » Avertit-elle avec un froncement de sourcil faussement menaçant. La belle affaire, il était capable de garder un secret encore plus énorme que « Je n’étais pas à Milan l’été dernier, mais à Prague avec un Métamorphe Chinchilla et on y est allé avec juste un sac à dos… ». Alors éviter de révéler à son père qu’elle mangeait avec ses doigts…

Elle se fichait de sa maladresse ou du fait qu’il avait tendance à lui-même se jeter des pierres en s’excusant, Erin s’en amusait, c’était plus naturel comme comportement, c’était ce qu’il était sous le blaser et le pantalon à pince. Son soupir déchiré fut couvert par quelqu’un qui frappait à la porte et elle sursauta. C’était peut-être Karl ? Oh mon Dieu… pourvu qu’il ne lise pas le blog de Martha… sa photo en chemise haute couture dans la salle de bain d’Esteban devait déjà s’y trouver. Il le prendrait comment ? Ce n’était pas correct… vraiment, vraiment pas correct d’avoir fait ça.
Mais c’était avant de tout savoir aussi !

Elle n’eut pas le temps d’angoisser, lançant un regard surpris à son hôte qui s’était jeté sur la porte d’entrée. Son regard empli de mystère eut un effet électrisant qu’elle détesta autant qu’elle s’en délecta. Quelle cruauté… Et puis « tu as gagné ». Ca voulait dire quoi ? Gagné quoi ? Le ton employé lui indiquait que ce n’était pas de l’ironie, donc, pas une sorte de glas pour lui signaler qu’il avait découvert quelque chose de très compromettant et qu’il allait se venger (on ne sait jamais, elle avait connu des gens extrêmement imaginatif et pervers dans les hautes sphères). Donc c’était positif mais quoi ? Gagner quoi ?

Par la porte, passa de main en main un seau argenté avec un écusson qu’elle connaissait, la surface semblait gelée, et dedans… une bouteille de champagne. Elle ignorait qui était la personne derrière la porte, mais il venait leur apporter une bouteille millésimée dans un seau rempli de glaçons, et le comble du romantisme, le seau possédait deux petites encoches où se croisaient deux coupes à champagne.

La Rouquine resta sans voix, les yeux incrédules, mais la vue de ce spectacle imprimèrent petit à petit –à mesure que l’information montait jusqu’au cerveau…- des lueurs émerveillées dans ses iris noisettes. C’était la chose la plus géniale du monde… Il avait fait venir une bouteille, il avait l’intention de boire une coupe de champagne avec elle. Sa première Coupe de Champagne, avec elle. Soit c’était un gentleman tellement gentleman qu’il était capable d’une folie pour la consoler d’avoir été ridicule et d’avoir été balancée dans la case « indigne », ou alors… il était juste gentil, parce qu’il l’aimait quand même bien. Une once d’espoir lui chamboula la poitrine, elle dut se retenir de ne pas pousser un petit cri désespéré. Une lueur d’espoir c’était mieux que rien !

Son visage était radieux, mais touché par le geste du jeune homme, elle n’avait pas encore pensé à bouger, restée pantoise dans une attitude presque religieuse. En chemise.

« Tu… as fait livrer du Champagne. A minuit et demi. » Murmura-t-elle, sous le charme, et de l’attention, et de la bouteille. Elle avait gagné le droit de partager son premier verre d’alcool. Erin pinça les lèvres pour éviter de fondre dans un
« ohhh… c’est tellement, tellement, tellement mignon… » Et préféra frapper dans ses mains de manière enthousiaste. Et infantile.

« La fête peut commencer alors. » Déclara-t-elle avec un sourire jusqu’aux oreilles, et un petit clin d’œil. Ce même clin d’œil qu’elle avait eue lorsqu’elle lui avait laissé son numéro. Elle en était revenue au même point : elle avait une toute petite lueur d’espoir !
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mer 12 Mar - 14:06

Tout se passait un peu trop vite pour qu'il parvienne à suivre. Il avait tenté de camoufler sa remarque stupide sur les sushis multicolores en se concentrant sur ses baguettes, mais il ne s'était pas attendu à ce qu'Erin réagisse positivement à sa bêtise. Peut-être l'idée n'était-elle pas si débile que ça ? Quelqu'un était-il finalement capable d'apprécier ses pensées farfelues ? Avec une lueur d'espoir et une expression béate il releva les yeux pour répondre, mais son manque de concentration l'amena à faire une maladresse supplémentaire.

Et pof, le sushi dans la sauce, les éclaboussures partout. C'était juste parfait... Pourquoi fallait-il toujours que ça lui arrive quand il ne fallait pas ? Il croisa le regard de son invitée, qui semblait se retenir de rire. Cela ne fit qu'ajouter à son désarrois. Il avait l'air ridicule. Malheureux comme tout, il prit la serviette qu'il avait eu la bonne idée de poser sur le plateau, et tenta d'éponger un peu les dégâts, quitte à tâcher le fin tissu blanc dans la démarche. Au moins Erin tentait-elle de l'excuser... C'était gentil de sa part.

"Oh de toute façon tu sais, je crois que la coutume japonaise permet de choisir entre les doigts et les baguettes sans connotation péjorative, mais je préfère les baguettes, mais je..."

Inutile de se confondre en justifications stupides, vu qu'il ne lui en venait absolument aucune. A défaut il soupira et admit sa défaite contre le dieu de la Maladresse Congénitale. Il acheva sa phrase dans un sourire d'excuse :

"... ne dirai rien, tu as ma parole."

Des coups à la porte le tirèrent de son embarras Il alla donc ouvrir après une phrase destinée à faire monter le suspens. Pitié faites qu'elle apprécie la surprise... Le livreur lui passa le champagne, et le salua poliment, pressé de s'éclipser. Il voulait sans doute retourner dormir. La bouteille avait été livrée dans un seau adapté, rempli de glaçons. Ils avaient même songé à ajouter deux coupes. Parfait ! Voilà, pourquoi il aimait bien ce fournisseur... Ils étaient toujours très attentionnés, et ils avaient tout de suite compris où il voulait en venir. Satisfait, il ferma la porte et se tourna vers son invitée. En fait, son cœur battait à tout rompre.

Il se demanda si il n'allait pas faire une syncope à un moment tout à fait inadapté. Quand il vit son expression, il frôla la tachycardie. Elle avait l'air totalement estomaquée, dans le bon sens du terme. Et cette lueur brillante dans ses yeux ? Lentement, l'expression d'Esteban passa de tendue à littéralement ravie. Il souriait avec un air au moins aussi béat que celui d'Erin pouvait être émerveillé. Il avait réussi son effet ! La réaction de la demoiselle était juste magique. Il fut subitement projeté sur un petit nuage à plusieurs dizaines de kilomètres du sol. Il était fier, et heureux. C'était tout lui, ça... Quand les gens étaient contents, il était content aussi. Et comme c'était elle il était encore plus content parce que... C'était difficile à dire. Ils ne se connaissaient que depuis deux jours, mais elle savait déjà des choses sur lui que son meilleur ami ignorait. Il était extrêmement sensible à ses hausses et chutes d'humeur. Elle avait même réussi à le convaincre de consommer de l'alcool en dépit de ses convictions. C'était peut-être simplement parce qu'elle lui plaisait, et qu'il se sentait à l'aise avec elle. Ça n'était pas quelque chose qui lui arrivait si souvent.

"Bien sûr ! C'était facile, et je me suis dit que ça serait de bon ton..."

... D'accord, il se la jouait un peu, là. Néanmoins sa réponse avait été spontanée et sincère. Rien de plus simple que de faire venir une bouteille à plusieurs milliers de dollars par jet privé, le tout en moins d'une trentaine de minutes ! Bien sûr, si le stock ne s'était pas trouvé à Bâton-Rouge, ça aurait été un peu plus long, car son oncle n'avait pas d'avion personnel dans toutes les villes de l'état et des états limitrophes. Mais ce n'était pas la peine de se soucier d'hypothèses qui ne deviendraient jamais réalité ! Partageant l'enthousiasme naïf de la jeune femme, il faillit fondre lorsqu'elle lui adressa un clin d'œil.

"Tout à fait !"

Toujours aussi souriant, il retourna s'asseoir devant les sushis, et posa le seau par terre. Il commença à retirer  le papier qui entourait le bouchon. Il n'avait jamais ouvert de bouteilles, mais avait été témoin de ce geste suffisamment de fois pour savoir comment il devait s'y prendre. Il avait confiance, là ! Allez ! Revigoré par sa réussite, il se sentait capable de soulever des montagnes. Après avoir placé les coupes en prévision d'un éventuel jet de champagne, il prit le col de la bouteille d'une main, et de l'autre, le bouchon. Et de tourner la bouteille en tenant fermement le morceau de liège dans sa main. Bon sang, ça n'était pas si facile ! Il manquait cruellement de force. Fronçant les sourcils il insista comme un forcené. Puis il y eut un énorme "pop", suivi d'un son nettement moins agréable.

Esteban tenait la bouteille pleine d'une main. Au moins, le champagne n'avait pas décidé de se répandre sur la moquette. Il se mordit la lèvre, catastrophé, les yeux figés dans la direction du placard de cuisine qui à quelques mètres de là venait de recevoir le projectile. La vitre était fendue. Et voilà... Ça recommençait !

"... Oups."
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mer 12 Mar - 14:37

Erin cacha sa bouche dans sa main pour masquer un rictus quand elle se rendit compte, en même temps qu'Esteban, que le bouchon de champagne avait fait des dégâts. Elle avait pouffé de rire sans faire exprès, parce qu’en réalité, c’était embêtant d’avoir fêlé une vitre de placard. Bah c’était qu’un placard ! Un placard d’un studio dans un campus étudiant ! Ses yeux n’arrivaient pas à exprimer autre chose que l’état euphorique dans lequel elle se trouvait, le geste lui avait semblé vraiment marrant, et c’était la fête !

Il y a toujours des choses cassées dans les fêtes, Esteban ne devait pas encore le savoir, mais elle voulut le rassurer sans passer pour une reine de la night.

« Ça aurait pu être mon œil. Bien visé ! » Vu comme la soirée avait débuté, cette possibilité était à prévoir, un œil au beurre-noir aurait été une juste continuité du fiasco, alors là, juste quelques gouttes hors de prix par terre et un placard amoché… C’était un dommage collatéral. C’était fini de se sentit coincée dans un petit cœur triste, à ruminer de la gêne, de la honte ou de l’agacement, parce qu’elle avait déclaré la fête officiellement ouverte.

La Rouquine se leva et attrapa les deux coupes pour les lever au niveau de la bouteille, pour aider Esteban à verser, inclinant celle qu’il remplirait. A bien y réfléchir, le Champagne n’était peut-être pas le meilleur alcool pour débuter, c’était pétillant, et spécial, mais il devait s’y faire ! Parce qu’il allait en boire des litres entiers. Après 21 ans bien sûr. A chaque occasion, il y aurait droit, alors autant apprendre à aimer. Un grand sourire accompagnait chaque geste qu’il manœuvrait, il avait l’air rayonnant et il lui semblait que sa peau hâlée était encore plus chaude, faisant ressortir ses yeux.

Esteban, Erin, une petite chance, du champagne et des sushis. La vie était belle ! Elle avait si bien mis de côté les éventuelles ombres au tableau qu’elle ne songea pas à l’ironie de ses pensées sur la belle vie aux côtés d’un malade, tout ça, c’était rangé dans un tiroir, elle aurait cent fois le temps de se lamenter plus tard. Une coupe, puis la deuxième remplie, et sans tsunami ! Quelle prouesse, dans un élan espiègle, Erin se sentit l’envie irrépressible de lui voler un baiser, il était juste en face d’elle, il tenait la bouteille, il ne pourrait pas se défendre et était trop bien élevé pour l’envoyer balader… Elle avait eu un mouvement en avant, vif, et s’arrêta à quelques centimètres, se rendant compte que sa spontanéité allait encore certainement tout faire capoter et/ou risquait d’obliger Esteban à lui avouer qu’il ne faisait ça que parce qu’il ne pouvait se permettre de la foutre dehors.

Pour se trouver un alibi à cette approche terriblement peu subtile, la Rouquine lui tendit le verre, quitte à le coller contre sa joue. Surtout ne pas crier « Santé ! » à la française… Elle eut un petit battement de cils.

« Aux soirées étudiantes. » Chuchota-t-elle, puisqu’il n’était pas nécessaire qu’elle élève la voix : elle était toute proche de lui.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mer 12 Mar - 18:23

La vitre du placard, autant dire qu'Esteban n'en avait rien à faire. il paierait les réparations. Il aurait même pu faire remplacer le carreau par un pan de cristal fin si on le lui avait demandé, ça ne l'aurait pas fait sourciller. Il se souciait largement plus de son image. C'était la deuxième fois en l'espace de cinq minutes qu'il faisait une boulette. Ça commençait à faire beaucoup, là...

Mais il était trop content du déroulement actuel pour tout gâcher en se renfrognant. Erin semblait trouver ça amusant, sans pour autant prendre l'air pincé qu'il aurait eu peur de la voir arborer. Elle n'avait pas l'air de le prendre pour un idiot. Contre toute attente, il se détendit, et se rendit compte du caractère comique de la situation sans que sa fierté ne se froisse par la même occasion. Un accès d'auto-dérision ! Voilà qui n'était pas courant de sa part. L'apparente tolérance d'Erin l'incitait à desserrer encore un peu la bride. Il émit un rire nerveux, tout en soulevant la bouteille pour servir son contenu.

"... J'ai fait attention à ne pas diriger la bouteille vers toi, mais je crois bien que ce bouchon aurait été capable de suivre une trajectoire circulaire rien que pour me contrarier..."

Quelques secondes plus tard, les coupes étaient servies, le tout sans dégâts supplémentaires ! Le moment de vérité approchait... Il espérait qu'il allait aimer, parce que sinon ça serait quand même un peu dommage. Au moins, il était certain que la boisson plairait à son invitée. Ou presque. Que se passerait-il si il était tombé sur une bouteille passée ? Ça arrivait à l'occasion, même avec les meilleurs vins. Il n'était pas à l'abri d'un nouveau tour du sort. Rah mais il ne fallait pas y penser, voyons ! Il ne pouvait tout de même pas attirer à lui toute la malchance du monde... si ?

Cette brève remontée de stress n'aurait pas l'occasion de mûrir, ni de pourrir sa confiance et sa bonne humeur renouvelées. Il songeait à reposer la bouteille dans son lit de glace puis à prendre sa coupe, lorsque le visage d'Erin se rapprocha du sien sans prévenir. Étonné il n'esquissa aucun mouvement dans un sens ou dans l'autre, car c'était la dernière des choses auxquelles il s'était attendu. Pendant un instant très court il se demanda si elle n'avait pas failli tomber, ce qui aurait justifié cette approche. Il se rendit vite compte que cette supposition était totalement stupide. Elle ne se comportait pas comme quelqu'un qui venait de perdre son équilibre, non, elle se comportait plutôt comme quelqu'un qui avait eu l'intention de l'embrasser, et qui avait changé d'avis au dernier moment. Même Esteban était capable de s'en rendre compte. Il avait quelques lacunes sociales, mais il était tout de même au courant que ce n'était pas comme ça qu'on s'y prenait pour trinquer avec un ami ou une connaissance. Sa bouche s’assécha, et son regard devint instantanément très intense. Dans sa tête, tout de passa très vite.

D'abord il réalisa qu'il n'était pas du tout dans une posture adéquate pour trinquer. Il tenait toujours la bouteille, qu'il espérait ne pas finir par renverser, faute de concentration. Et puis il n'était pas non plus en bonne posture pour autre chose. Erin lui tendait un verre et en tenait un autre. Il se sentait très gauche, avec l'impression de ne pas savoir sur quel pied danser. Ensuite, il se rendit compte qu'il était vraiment très surpris. Il n'aurait jamais imaginé qu' elle puisse encore avoir envie d'entamer ce genre de relation avec lui, maintenant qu'elle savait qu'il allait mourir bientôt. Mais peut-être était-ce pour cette raison qu'elle n'était pas allée jusqu'au bout ? Peut-être aurait-il mieux fait de récupérer son verre, et de faire comme si il n'avait rien remarqué ? Si il réagissait de cette manière, il allait sans doute perdre la dernière occasion qu'il avait d'aller plus loin avec elle. Moralement, ce serait sans doute mieux. Était-il capable de tant d'abnégation ? Elle savait tout maintenant ! Si elle l'aguichait en toute connaissance de cause, pourquoi aurait-il dû prendre une décision pour deux, qui allait à l'encontre de ce dont ils avaient envie ? Parce qu'elle en avait envie, n'est-ce pas ? Ce n'était pas comme si il la forçait ? Et puis si elle le rejetait, il n'insisterait évidemment pas... L'idée de ressembler à son père même l'espace d'une seconde le répugnait.

C'était maintenant ou jamais. Cette pensée lui tomba dessus et arrêta le caquètement incessant de sa conscience. Son urgence de vivre reprit le dessus sur ses principes, et il décida qu'il ne voulait pas laisser passer cette occasion. Il parcourut les derniers centimètres qui le séparaient du visage d'Erin, afin de déposer un baiser sur ses lèvres. Ce fut doux et assez court, car il n'osait pas en faire plus dans ces circonstances. Il en profita tout de même pour prendre la coupe de champagne, puis éloigna son nez de quelques centimètres du visage de la jeune femme, qu'il observait avec un air anxieux. Allait-elle lui en vouloir ? Le trouver égoïste ?

"... Aux soirées étudiantes."

Ils venaient de réinventer la notion de toast. Cette version lui plaisait plutôt bien.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mer 12 Mar - 19:31

C'était surprenant mais c'était au fond ce dont elle avait rêvé. En se retenant dans sa lancée, elle avait été déçue, certes, mais avait songé que c'était ce qui était le mieux à faire, ne pas réitérer les mêmes erreurs... Toutes les catastrophes étaient, pour la plupart, parties du fait qu'elle l'avait aguiché pour finalement lui demander de rester sage (au moins jusqu'au deuxième rendez-vous). Alors recommencer dans cette voie... C'était se montrer vraiment lunatique ou allumeuse ou...

Court, intense, inattendu mais fortement espéré. Elle pinça ses lèvres lorsqu'il se fut suffisamment éloigné et ils échangèrent un regard prolongé. Lourd de sens. Elle avait cru avoir terni à jamais son image envers Esteban Luz-Descalzo, mais son baiser lui indiquait clairement qu'elle n'était pas tombé trop bas. Et au pire, dans l'état où elle était, elle était même prête à ne pas y songer trop, parce que s'il voulait simplement "faire la fête" et embrasser n'importe qui, elle serait celle-là !

Erin décela une légère angoisse dans ses yeux clairs, et le rassura immédiatement avec un petit sourire, presque timide. Ce n'était pas dans ses habitudes, mais c'était touchant, différent d'un baiser passionné plein de salive et de dents, qui mène à coup sûr à se casser les reins, le dos et entraîner ses abdominaux. Oh, il ne fallait pas se mentir, la Rouquine était presque prête à renier la fameuse "faire les choses correctement cette fois", parce que les circonstances avaient un peu changer...

"Ce soir c'est vraiment une soirée spéciale, hein ?" Murmura Erin, lui prenant la bouteille de champagne des mains, délicatement, pour la reposer sur n'importe quelle surface à portée de bras. Elle s'assura du coin de l'oeil qu'elle n'était pas susceptible de tomber et qu'elle était parfaitement en équilibre (évitons une cata, c''était une oeuvre d'art un bon champagne si cher), mais rechigna à s'éloigner d'un pouce du visage d'Esteban.

Il lui fallut cependant s'y plier... un verre ne passerait jamais... Elle se décala un peu, mais avant de laisser assez de place pour deux coupes entre leurs visages, déposa un vif baiser sur sa joue, avant de lever son verre. Oui, c'est sûr, il ne fallait pas être inconstante, un coup froid, un coup chaud, mais c'était pour lui garantir qu'elle prenait très, très bien son baiser. Qu'il pourrait recommencer s'il est sage. Enfin, non. S'il n'était pas sage...

"J'espère que tu vas aimer..." Ce serait vraiment bête de gâcher une si bonne bouteille. Mais ... "Enfin, certains commencent à boire avec de la bière de supermarché, toi tu as la Roll Royce de l'alcool !" Elle l'encouragea d'un petit mouvement de menton, et trempa ses lèvres dans le liquide. Ses yeux se fermèrent. Il était divin, frais, finement pétillant. Un délice ! Elle rouvrit soudainement les paupières, ne voulant rater sa première gorgée sous aucun prétexte.

"Et puis tant pis si tu n'aimes pas... On se soulera au jus de fruit bio !" Lança Erin avec un immense sourire, parce qu'il l'avait embrassée, qu'elle buvait du bon champagne et que OUI la vie était belle, ce soir. "Karl m'en voudra de t'avoir enivré..."
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mer 12 Mar - 21:58

Un sourire s'étira sur les lèvres d'Erin. De même avec celles d'Esteban, dans la foulée. Il était impossible de manquer le soulagement, et l'espoir grandissant qu'affichait son regard trop expressif. Il aurait vraiment été déçu si il avait dû se faire rembarrer une fois de plus. Il aurait compris, mais ça l'aurait beaucoup contrarié. Et il n'aurait plus su où se mettre. Là, il planait sur un nuage dont il aurait voulu ne jamais avoir à redescendre. Il se sentait tellement bien que ses soucis lui semblaient appartenir à une autre réalité. Il était incapable de détourner les yeux de la jeune femme et se retenait à grand peine de poser son verre pour retourner l'embrasser un peu mieux que ça. Sauf que voilà : ça n'aurait pas été très délicat. En plus, elle avait l'air tellement contente de sa surprise... Il s'en serait voulu de l'en priver juste parce qu'il était incapable de se tenir tranquille deux minutes. Une soirée spéciale... pour ça, oui. Sur bien des points, cette nuit resterait gravée dans son esprit comme une première.

"... On peut dire ça comme ça."

Subjugué, il eut un peu de mal à revenir à leur précédent centre d'intérêt... sushis, champagnes. Il sentait encore le baiser d'Erin contre sa joue. Il ne voulait surtout pas s'éloigner d'elle. Pourtant, il se fit violence. Il continua de l'observer un moment, avant de finalement tourner des yeux paresseux sur sa coupe de champagne. Allons, il fallait qu'il soit raisonnable ! C'était tout de même la première fois qu'il buvait de l'alcool, avec trois ans d'avance sur le programme escompté.

Qu'on lui parle de Roll Royce ne le changeait pas beaucoup. Par contre... De la bière en supermarché ? Il fronça les sourcils. Comme il ne s'était jamais aventuré au rayon "alcool" et ne faisait que très rarement ses courses en grandes surfaces, il n'avait aucune idée de ce à quoi ça pouvait bien ressembler.

"Il y a des gens qui achètent ce genre de boissons dans des supermarchés ? Je pensais qu'il n'était possible de n'en trouver qu'en brasserie !"

Ça pouvait sembler complètement surréaliste d'ignorer ce genre de choses à son âge mais... Eh bien. Cela faisait moins de six mois qu'il faisait ses courses "nourriture" lui-même. Avant ça, il avait été chez ses parents. Puis lorsqu'il voulait acheter quelque chose d'autre, soit c'était dans des boutiques de luxe, soit c'était en passant par ses connaissances, soit c'était sur internet, alors...

Quoiqu'il en soit, il tourna un regard amusé sur la jeune femme. Il commençait à retrouver une humeur plus adaptée aux circonstances, même si il trouvait toujours qu'il faisait un peu chaud, et qu'il n'était pas suffisamment proche d'Erin à son goût. Ça, ils pourraient se saouler au jus de fruit bio toute la nuit ! Esteban en gardait plusieurs litres en stock à l'avance. Il aurait pu rebondir là-dessus, mais il fut trop interpelé par ce qu'elle racontait sur Karl. Oh, elle ne le connaissait pas !

"Tu plaisantes ? Il va être ravi. Il va peut-être même vouloir savoir comment tu as fait. Tu ne l'as pas vu tout à l'heure, qui essayait de me faire boire de la bière ?"

Il émit un rire silencieux à ce souvenir. Transcendé par un sentiment de plénitude profond, il osa enfin glisser le nez dans les bulles de champagne, et prendre sa première gorgée. La curiosité se changea en grimace bizarre. Ouh ! Ça piquait d'une manière assez particulière... Et puis c'était beaucoup plus acide qu'il ne l'avait pensé. Il y avait ce goût qui prenait l'arrière de la gorge, aussi, et dont il ne savait pas encore qu'il s'agissait de celui de l'alcool. Il avala la gorgée un peu vite. Ce n'était pas qu'il n'avait pas aimé, juste qu'il avait été surpris.

"... C'était inattendu. J'ai la vague impression de m'être fait décaper le gosier, mais je vais bien. Je crois."

Il fronça les sourcils et se mit à regarder la coupe comme si il s'était agi d'un ennemi qu'il devait absolument vaincre pour sauver le monde. Il n'allait pas déclarer forfait si facilement ! Il recommença, avec une gorgée beaucoup moins importante que la précédente, qui n'avait pas été loin de le faire vider le tiers de son verre. Il prenait vite le coup, peut-être parce qu'on lui avait toujours appris à consommer modérément. La gorgée fit grésiller ses papilles et quelques uns de ses neurones, mais cette fois il fut capable d'apprécier un peu mieux les goûts subtils qu'elle charriait. Il était encore loin du compte, mais c'était déjà mieux.

"Il me semble que je peux m'y habituer ! Pas de chance pour les jus de fruit bio..."

Il acheva sa déclaration avec un sourire de malice.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mer 12 Mar - 23:56

Erin avait souvent été traitée de snobinarde, mais devant Esteban, elle lui laissait la première place haut la main. Il semblait découvrir qu'on pouvait acheter de la bière dans une supérette, c'était tellement mignon, et naïf... ou plutôt vraiment très snob ! Mais ce n'était certainement pas un trait de caractère qui choquait la jeune femme, au contraire, c'était une qualité, même s'il avait encore, visiblement, beaucoup de choses à apprendre...

Elle ne releva pas, c'était après tout, normal de toujours choisir la qualité, mais il fallait bien que ceux qui avait "moins" de moyens qu'eux puissent quand même picoler... Même si elle-même préférait de loin se passer de boisson que d'avoir à siroter quelque chose qui soit bas de gamme. Encore un point commun ! Formidable. Erin avait l'impression d'être de nouveau sur le Campus, entre deux cours, quelques jours auparavant, lorsqu'elle découvrait un Fils de Gouverneur qui bafouillait un peu, mais qui était hautain et avenant. Le Genre Idéal, en somme.

Elle repensait à Karl, et à la remarque d'Esteban, et s'en félicitait. Ouf, tant mieux, elle n'avait pas prit le temps de faire connaissance plus que ça avec Karlito, parce qu'elle s'était contenter de vouloir l'écarter de son chemin entre elle et le Prince Charmant, mais en réalité, peut-être qu'ils s'entendraient bien.

Lorsque les lèvres d'Esteban trempèrent dans le Champagne, Erin retint son souffle, mais était loin d'être anxieuse. Elle était plutôt impatiente d'avoir sa réaction, et elle fut à la hauteur. En pouffant de rire, elle plaisanta.

"Ce sera pire après deux ou trois coupes." Le Champagne faisait vite tourner la tête, et donnait vraiment très mal au crâne, mais elle préférait ne pas s'appesantir sur les détails, il s'en rendrait compte demain. Une seconde, elle eut un flash de lucidité raisonnable qui lui indiquait que boire de l'alcool en prenant des médicaments c'était une mauvaise idée. MAIS Erin l'ignora et put de nouveau boire une gorgée, à l'image de son vis-à-vis, un peu trop éloigné à son goût, également.

C'était marrant de voir comme elle avait bouclé la boucle, elle avait été attirée, puis brisée, et repartait de plus belle comme si de rien n'était. Voir le positif en chaque chose et surtout ne pas réfléchir... Ca aurait pu être sa devise ! S'amuser quand même, et prendre ce qu'il y a à prendre. Et puis le reste, on verra demain.

Il semblait apprécier et déclarait pouvoir s'y habituer. Oh oui... il n'y couperait pas ! Avec un petit regard malicieux, Erin pencha la tête et admira la chemise qu'elle portait toujours.

"D'autant plus qu'aucune catastrophe n'est arrivée et que ta chemise est miraculeusement sans tache." Bien sûr qu'il allait bien ! Elle eut un regard pour le lit, le plateau, les sushis. "On a fait attendre les sushis. Et... tu devrais manger un peu plus, le Champagne, ça tourne vite la tête." Aucune allusion, naturellement, elle était blanche comme une oie et son sourire ne ferait que le conforter dans cette idée.

Ils allaient se diriger vers le lit quand elle passa le bras contre le sien, négligemment. Une seconde de tension, un arrêt, un regard appuyé. Désolée... voulut-elle murmurer, en espérant qu'il ne lâche pas sa coupe à moitié pleine. Comment justifier un excès de jovialité et l'envie d'être plus proche, de le toucher ? Elle ne chercha pas. Pour éviter tout nouveau massacre, la Rouquine reprit sa marche et s'installa comme à son habitude sur le lit, sirotant son champagne avec bonheur.

"Je vais dire à Karl que ça a été facile, et qu'il devait mal s'y prendre." Elle lui adressa un clin d'œil taquin. Facile, pour faire boire Esteban il fallait l'inviter en soirée, orchestrer un rapprochement, lui couper les ailes, lui faire avouer ses secrets, être ridicule, s'enfermer dans les toilettes. Pas si compliqué que ça...
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Jeu 13 Mar - 1:19

Comme à son habitude, Esteban avait prouvé son ignorance concernant les petits détails de la vie tels que... Eh bien, les produits proposés dans les rayons de supermarchés où il n'était jamais allé. Il n'avait pas cherché à émettre un quelconque jugement de valeur, il avait simplement été surpris, puis il s'était exprimé de travers, d'une façon qui laissait penser qu'il trouvait douteux - au minimum - le fait d'acheter sa bière dans ce type de magasin. En réalité l'idée ne le dérangeait pas à ce point, même si il préférait s'en tenir à ses valeurs à lui quand ça concernait son frigo.

Loin d'être conscient de ce dont il pouvait avoir l'air quand il faisait ce genre de remarques, il passa à autre chose, ce jusqu'à goûter le champagne et se laisser surprendre par son goût, plus puissant qu'il ne s'y était attendu. Erin rit de bon cœur, ce qu'il ne pouvait pas lui reprocher. Elle devait le trouver vraiment inexpérimenté... En d'autres circonstances, cette pensée l'aurait dérangé, mais comme la jeune femme semblait ne pas s'en offusquer, il se sentait plutôt à l'aise malgré son statut de néophyte. N'empêche qu'elle l'inquiétait... Pire après deux ou trois coupes ? Il espérait, au contraire, que la boisson finirait par lui paraître plus douce. Il testa sa théorie avec une seconde gorgée, et eut l'impression d'apprécier un peu mieux le goût du champagne.

Il en fit part à Erin, qui fit une plaisanterie concernant ses précédents accès de maladresse. Il eut un rictus gêné. Mais elle avait raison : il fallait qu'il mange. Il était de notoriété publique que l'alcool associé à un estomac vide ne faisaient pas bon ménage. En plus, il était malade. Boire un peu de champagne, d'accord, mais il n'avait aucune intention de tomber ivre mort ce soir ! D'autant qu'il n'avait vraiment pas besoin de ça pour faire  des catastrophes.

"... Je crois que tu devrais éviter de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Tant qu'il restera des sushis et du liquide dans les verres, je continuerai de m'inquiéter pour nos vêtements !"

Écoutant les conseils prodigués, il se tourna vers le plateau de riz et de poisson. Il allait se lever mais comme le bras d'Erin touchait le sien, il la regarda. Il lui sembla alors que la tension dans la pièce grimpait dangereusement. Il se prit à espérer que le repas serait bientôt terminé, parce que cette distance qu'ils se forçaient à garder était très frustrante à son goût. Il cherchait encore comment réagir, quand Erin coupa court au moment en prenant place sur le lit. Il la suivit, souriant, mais ce bref contact lui avait mis une idée en tête. Il lui adressa un sourire entre malice, amusement... Et appréhension. Mon dieu ! Il ne fallait surtout pas jouer avec la curiosité de Karl. Son ami l'avait mis dans l'embarras en parlant de son "flot relativement intéressant" qu'on ne cessait plus de citer, mais il savait se montrer très insistant lui aussi, lorsqu'il le voulait.

"Si tu fais ça nous n'avons pas fini d'en entendre parler ! Il va vouloir nous soutirer tous les détails. Nous allons devenir fous avant qu'il ne soie satisfait !"

Il posa son verre sur le plateau à sushis, puis il souleva le dit plateau pour libérer la place à côté d'Erin. Là il laissa pendre ses jambes par dessus le matelas et posa le plat sur les supports formés par leurs cuisses. Comme ça, ils étaient vraiment tout près l'un de l'autre.

"Ça te dérange de faire comme ça ? Je trouve que c'est plus... convivial."

Il prit ses baguettes et se concentra pour attraper un nouveau sushi, avalé aussitôt qu'il l'eut badigeonné de sauce comme il pouvait. Il fit passer la bouchée avec une nouvelle gorgée de champagne qui le fit frissonner.

"... Ça n'était pas très conforme à la tradition. "

Il visa un sushi énorme, constitué d'une langoustine au corps écartelé sur une boulette de riz.

"Tu arrives à les manger d'un coup ceux-là ? Quand j'étais petit j'en mettais partout à chaque fois..."

Oui bon, il aurait pu trouver une anecdote plus intéressante, mais il fallait dire qu'il venait de passer une main dans le dos d'Erin histoire de rendre l'ambiance encore plus "conviviale", et qu'il était un peu déconcentré. Il n'allait quand même pas être pompette après avoir bu les trois quarts d'une coupe de champagne ?
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Jeu 13 Mar - 10:32

Cette petite stratégie pour pouvoir s’approcher d’elle était visible à des kilomètres mais ce n’était pas important, que ce soit subtil ou non. Non, ce qui était important, c’était désormais l’ambiance très conviviale instaurée entre eux. « Convivial, oui. » Avait-elle répété machinalement, sans cette fois être malicieuse, c’était plutôt un soupir pour elle-même. Comme un ronronnement.

La main dans son dos n’était pas là par hasard, elle en était persuadée, ce n’était pas parce qu’il perdait l’équilibre, c’était un acte délibérément volontaire ! Quelle audace ! Quel courage ! Elle avait bien décelé au moins deux facettes du bellâtre au teint halé, maladroit et coincé, mais quand il semblait se sentir revigoré par les encouragements d’Erin et qu’elle lui montrait qu’il lui plaisait, dans son regard clair, se lisait une force très noble, il rayonnait, et c’était sans doute cette confiance qui lui permettait de prendre les devants.

Après tout, si elle agissait en jeune fille bien élevée, elle devrait toujours attendre le premier pas d’un homme et ne se contenter que de deux trois œillades chastes mais équivoques et espérer que son Chevalier interprèterait correctement.
Autant dire qu’elle n’avait pas souvent suivi ce principe, sinon elle serait encore vierge ! A quoi servait d’attendre et de jouer les cruches ? Ce n’était ni amusant, ni bénéfique. Ni valorisant !

Les petits mots quant aux écarts de tradition la firent sourire… Oui, mais ce soir, ils faisaient tout en dépit du bon sens, de la loi, des convenances. Alors au Diable ! Non, ce qui était important, encore une fois, c’était l’atmosphère rapprochée, la main dans son dos qui en disait long. Ni trop insistante, ni trop distante. Assez pour qu’elle soit frustrée et rassasiée… Paradoxal, hein ?

« Non, impossible, même si ça ne se fait pas de le couper en deux, celui-là, je ne sais pas le manger correctement. » Elle regarda la pauvre écrevisse, langoustine, crevette, bref... une seconde en considérant sa position affreuse. Erin continuait de discuter pour abonder dans son sens, anecdote inutile ou pas, d’une ça l’intéressait d’en apprendre plus sur son Prince Charmant, de deux, ça lui permettait de se concentrer sur le contact de cette paume sur l’onéreux tissus de son dos. Et parlait lui permettait de garder la tête froide.

« Dior sait elle ! » Lâcha-t-elle, sans y penser. Peut-être était-il temps de lui apporter quelques explications, elle se mordilla la lèvre, contrariée de devoir gâcher les petits frissons de sa colonne vertébrale par un souvenir triste. « Dior était ma colocataire, mais elle est partie vivre ailleurs l’été dernier. » Inutile de lui en dire davantage, et une seconde, elle resta songeuse, avant qu’une image ne s’impose à elle.

« Je te parie ce que tu veux que j’y arrive aussi. »

Puisque c’était une soirée catastrophe, et qu’elle n’était plus à ça près… et que ça l’amusait… Erin ne s’encombra pas de baguettes, et piocha le fameux sushi monstrueux à deux doigts.

Elle le leva, devant leurs quatre yeux, comme s’il y avait eu un roulement de tambour.

« Mais tu ne te moques pas si je m’étouffe… »
Ses paupières se plissèrent légèrement, comme pour épier, derrière le premier plan de la langoustine, le visage d’Esteban. Elle était déjà tombé très bas, était remontée sur un nuage, elle s’était montrée dans une robe trempée de bière, dans une chemise d’homme au-dessus du genou, avait pleuré dans ses toilettes et avouer mille défauts. Alors elle pouvait rajouter à ça un pari débile digne d’une cours de collège.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Jeu 13 Mar - 16:59

C'était tout le paradoxe avec Esteban : Son éducation le dotait d'une grande délicatesse lorsqu'ils s'agissait d'utiliser les bonnes tournures, formules de politesses, les bons gestes et la bonne tenue. Mais au delà de cette panoplie sociale principalement utile lors d'une soirée mondaine (et nulle part ailleurs) il ne savait pas y faire. Du coup, c'était compliqué pour paraître subtil. Son approche un peu alcoolisée avait pu paraître gauche et téléphonée, mais il ne s'en était pas vraiment rendu compte. De toute façon, le résultat était là : ils étaient proches, échangeaient de la chaleur humaine et un contact agréable quoique pas encore tout à fait suffisant au goût d'Esteban. Mais c'était mieux que rien ! Et c'était... convivial. On ne le répéterait jamais assez. Il était content qu'elle soit de son avis, même si il était encore en train d'essayer d'analyser le ton de sa voix quand elle lui avait répondu. Ça avait été plutôt encourageant, non ?

Allez. Il restait du champagne et un repas à terminer. Le jeune homme se ré-intéressa donc au plateau, du moins en apparence. Il avait du mal à se concentrer sur la nourriture. Il opina vaguement. Ainsi donc, il n'était pas le seul à avoir eu des problèmes avec ce fameux sushi langoustine hein.. ? Comme c'était passionnant ! Le tissu glissait sous sa paume et il bougea légèrement la main pour améliorer l'ergonomie de la position. Enfin il regarda Erin dans les yeux. Elle venait de dire quelque chose qu'il n'avait pas compris.

"Dior ?"

L'explication arriva aussitôt. Une ancienne colocataire. Il ne trouva d'abord rien à répondre à l'anecdote, car il en savait trop peu pour comprendre le contexte et ses implications, mais il se souvint d'un coup de quelque chose qui lui permit de rompre le silence :

"Oh. Ça me rappelle l'un de mes plus vieux amis, Alexander... Il est parti vivre à Bristol au moment d'entrer au lycée. Je n'ai plus beaucoup de nouvelles..."

Mais était-ce vraiment le moment de s'apitoyer ? Doublement, non. Esteban prit la première occasion qu'Erin lui donnait de plonger à nouveau dans l'ambiance festive. Elle voulait parier ? Il avait quelques idées de ce qu'il auraient pu mettre en jeu, mais il n'oserait jamais les lui soumettre. Alors il se contenta d'un enjeu plus raisonnable. D'abord, il ne put s'empêcher d'émettre un rire joyeux - quoique très maîtrisé - quand elle lui demanda de ne pas se moquer d'elle. Même en chemise, Erin était radieuse et il était à peu près sûr qu'elle lui semblerait toujours aussi classe et désirable avec une moitié de sushi sur le col et du riz tout autour de la bouche, mais il comprenait ses inquiétudes.

"Si tu t'étouffes, ça m'étonnerait énormément que je m'en amuse !"

Avec un sourire entendu, il pointa un autre sushi avec les baguettes. Celui là, c'était le pire de tous. Les œufs de poisson maintenus en place par une algue, le tout sur un paquet de riz. Il avait finalement maîtrisé l'Art de Manger le Sushi-Crevette, mais les œufs de poisson... il en fichait partout immanquablement.

"Si jamais tu réussis, ou bien si je perds mon sérieux, je fais la même chose avec celui là."

Sinon ..? Eh bien, ils pourraient toujours s'amuser à se donner des gages... Esteban adorait ce genre de jeux. C'était puéril, mais personne n'avait jamais dit qu'il était très mature.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Jeu 13 Mar - 20:19

Ouh, les petits frissons quand il bouge sa main, c'était électrisant. Erin n'avait pas l'habitude que ce soit aussi subtile comme approche... Même si c'était visible à des kilomètres, ça ne voulait pas dire qu'elle s'attendait à avoir des réactions pareilles. En général, ça allait tellement plus vite... Pas besoin de se caresser la main pendant des heures ou se compter fleurette quand on se chatouille déjà les amygdales au bout de deux minutes d'œillades pleines de sous-entendus, dans les toilettes d'un palace, lors d'un gala de charité au profit d'un institut de lutte contre la famine dans le tiers-monde où on se gave de petits-fours tous petits et très chers.

Brisons encore la tradition, sa tradition à elle, qui consistait à aguicher, allumer, de façon très chic hein, et ensuite s'étonner de s'être fait un peu violenter. Elle avait toujours cherché ça. Inconsciemment ou pas d'ailleurs. Et même lorsque ce n'était pas juste un "coup d'un soir" lors d'une soirée mondaine, elle se laissait emporter et déshabillée dès le premier soir, et devait ensuite faire des pieds et des mains pour éviter que sa réputation ne soit trop entachée. C'est là que son côté peste entrait en scène, chantage, marchandage, menace parfois...

Ca, c'était à New York. Parce que depuis qu'elle habitait la Nouvelle Orléans, à part deux ou trois petites escapades en soirée un peu alcoolisée, Erin n'avait eu qu'à suivre Dior dans des endroits étonnants, nouveaux, surprenants ! Elle avait connu un chauffeur de taxi lors d'une de ces balades nocturnes avec la Métamorphe, et les banquettes arrières des vieux coucous rouillés, plus jamais ! En y repensant, elle avait honte d'elle. D'autant plus que le dernier en date... C'était son kidnappeur.

Une fille, ça pense tellement trop... et au contraire ! Erin ne réfléchissait jamais assez dans ce genre de situation, ce qui lui valait justement ce sentiment de fiasco amoureux profond. Fort heureusement, Esteban était là pour lui faire espérer remonter le niveau. Et là, elle visait haut... Très haut. A chaque regard qu'il posait sur elle, elle le constatait plus insistant, c'était indécent ! Monsieur Luz-Descalzo, on n'allume pas les jeunes filles comme ça ! ... Elle le lui aurait dit comme elle le pensait si elle n'avait pas eu peur qu'il retire sa main, en la prenant trop au sérieux, alors qu'elle le taquinait.

Mais faire tomber la tension érotique de la pièce en faisant un pari débile était l'idéal, en théorie ! Son petit éclat de rire très contrôlé la mettait dans une joie immense, il avait l'air de passer une excellente soirée, et ça la rendait euphorique. Une seconde, quand il édicta le "ce que tu veux" de "je te parie ce que tu veux" qu'elle avait imposé, Erin arrêta de respirer. Jusqu'au dernier mot prononcé, elle s'était attendu à autre chose. Si tu gagnes, j'enlève ta chemise. Si tu gagnes, j'enlève ma chemise. Si tu gagnes, je bois du champagne dans ton nombril... Ouh, il fallait qu'elle se calme, mais elle était persuadée à son regard brûlant qu'il pensait la même chose !

C'était évident ! Ou alors elle ne savait vraiment rien lire dans ses deux beaux yeux bleu-vert. Concentration, détournons l'attention des hormones et ... Erin acquiesça d'un mouvement bref de la tête, ouvrit grand la bouche et enfourna la pauvre petite bête sans aucune pitié. Impossible, elle serait ridicule, c'était certain. Du riz sur le menton jusqu'à des morceaux tombés sur ses genoux, Erin pouffa de rire et plaquant sa main contre sa bouche et éviter d'être vraiment très malpropre, et évita également de parler la bouche pleine, même si elle avait très envie de se trouver une excuse pour son échec cuisant.

Elle mâcha à la hâte, avala d'un coup et chercha à se rendre un peu présentable, tout en restant hilare. Dans n'importe quelle autre circonstance, elle serait morte de honte. Pas ce soir. Elle s'amusait. Elle s'amusait comme une petite folle, sans se préoccuper de rien d'autre. Comme lorsqu'elle dansait jusqu'au matin en soirée, la musique tambourinant dans sa tête, et ne penser à rien...

Elle se pinça le nez, eut une grimace. "C'est ta faute !" L'accusa-t-elle soudain pour faire passer sa défaite. "Tu m'as déconcentré !"
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Jeu 13 Mar - 21:40

Esteban arrêta de respirer pendant la seconde qui suivit l'action d'Erin. Elle avait englouti le sushi, elle était bien partie, elle l'avait presque amadoué et... ! En fait non. Le jeune homme fut obligé de se mordre la lèvre pour ne pas éclater instantanément de rire en la voyant tenter de contenir le ras de marée de riz comme elle pouvait. C'était vraiment très drôle ! Comment aurait-il pu se retenir devant un spectacle pareil ? Il devint rouge et tenta vraiment de garder son sérieux, mais c'était trop dur pour lui. Il craqua et partit dans un fou rire qui accompagna celui de la jeune femme. Il cacha en vain son visage dans sa main libre pour tenter de contenir son hilarité... Mais c'était trop tard. Il n'avait pas su tenir la promesse qu'il avait bien fait de ne pas faire.

Face aux accusations proférées par Erin, il cessa de se cacher le nez, et tourna plutôt un regard écarquillé dans sa direction. Notons qu'il était toujours à moitié en train de s'étouffer de rire, malgré ses tentatives infructueuses pour s'exprimer de manière posée et compréhensible :

"Pardon ? Mais enfin je n'ai rien fait du tout !"

A son goût, c'était d'ailleurs bien le problème... Sauf qu'il n'avait pas envie de passer pour un malpropre incapable de retenir ses pulsions le temps de déguster un repas et une bouteille qui méritaient de ne pas être négligés. Il aurait voulu que les sushis partent plus vite, mais dans le même temps il trouvait ce petit jeu très amusant. Ses sentiments étaient, finalement, assez mitigés.

Enfin il réussit à retrouver son sérieux, malgré les larmes de rire qu'il avait failli verser et qui rendaient ses yeux (encore plus) brillants (qu'ils ne l'étaient avant pour d'autres raisons). Il avait brièvement oublié le gage qu'il s'était infligé tout seul, et observait les genoux de son invitée, où reposait une bonne partie du sushi massacré. Sa spontanéité reprit le dessus, et il recommença à faire ce qu'il faisait le plus souvent en temps normal : parler et agir avant d'avoir réfléchi.

"Regarde moi ça tu en as plein les genoux !"

Il se rapprocha inconsciemment d'Erin, et tandis qu'il était presque collé à elle, attrapa l'un des morceaux de riz avec les doigts - parce qu'il n'aurait jamais réussi à faire ça avec ses baguettes, soyons honnête. Il l'enfourna dans sa bouche, avant de se rendre instantanément compte que ça ne se faisait pas, ce genre de choses. Il rentra la tête dans les épaules comme un enfant se faisant réprimander par sa mère l'aurait fait, et il jeta un regard d'excuse à sa voisine :

"... J'aurais dû amener plus de serviettes."

Oui, bien sûr... Ça ne justifiait rien, mais au moins il aurait pu s'essuyer les doigts, et la jeune femme aurait pu s'essuyer... les mains, le visage, et à peu près tout ce qui avait été touché par la catastrophe. Il termina sa coupe de champagne (il buvait beaucoup trop vite, n'ayant pas encore la notion de ce que pouvait entraîner ce genre d'erreurs) et récupéra ses baguettes. Esteban visa le sushi aux œufs de poisson, en soupirant de frustration. L'ombre d'un nouveau fou rire secoua ses épaules :

"Oh mon dieu ça va être un massacre... Je suis vraiment obligé de faire ça ?"

Si ça n'avait tenu qu'à lui, il aurait posé le plat par terre. Il n'avait pas vraiment faim... Ou bien pas de ce genre de nourriture. Malgré l'apparente innocence euphorique qu'avait pris la scène, il n'avait pas retiré la main du dos d'Erin, comme pour dire "attend voir qu'on n'ait plus d'autres sources de distractions...". C'était un peu l'idée, même si il n'en avait pas une conscience aussi aiguë.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Jeu 13 Mar - 22:44

Au secours... Il venait de piocher un morceau de sushi sur sa cuisse. Sur sa cuisse nue, comme ça, tout près. C'était tellement déplacé, et grossier, et mal élevé... Oh oui... tellement, tellement, tellement... Erin avait arrêté de penser à cet instant précis, quand elle avait senti ce qu'il faut de bout de doigts sur sa peau, et ouvert la bouche, incrédule. Est-ce qu'il se rendait compte de son geste ? Est-ce qu'il se rendait compte ?!

C'était dangereux ! Ah mais autant qu'il lui pelote les genoux tout de suite ! Non mais dans quel monde on vivait... Erin resta interdite, sur la brèche, entre le tremblement et l'envie irrépressible de retenir sa main qui s'éloignait d'elle pour fourrer dans sa bouche ce qui restait du pauvre pari perdu. Elle allait lui attraper le poignet quand Esteban sembla réaliser son geste, et à priori, il avait décidé de voir ça comme un gros manquement aux règles de savoir-vivre lors d'un repas distingué avec une jeune fille. Et sa maigre phrase pour détourner le sujet était entrée par une oreille et ressortie par l'autre... Erin n'avait rien écouté, elle s'en fichait, elle s'en fichait royalement, parce qu'elle devait se concentrer pour rester immobile.

Fort heureusement pour la survie de leurs vêtements, qui inquiétait, avait-il dit, Esteban, celui-ci reprit le cours de leur précédent petit jeu, et Erin put se détendre. La Rouquine était restée tendue, sur le fil du rasoir. Elle voulait tellement éviter de faire un faux pas, de ne pas être à la hauteur, de retomber bas dans les sondages Luz-Descalzo, qu'elle était prête à endurer les pires tortures mais... Là... c'était vraiment très cruel. Parce que pendant une seconde, elle avait eu ce regard tellement brillant, tellement pétillant face à elle, une main sur ses reins ou presque, et l'autre sur sa cuisse ! Elle avait cru... enfin elle s'était imaginé... enfin, il valait mieux porter attention à ce merveilleux sushi. Merveilleux. Très sexy. Très sushi.

Esteban sembla regretter son pari et la Fille à Papa prit tout prétexte pour penser à autre chose et se rejouer la scène, avec toutes les fins alternatives.

"Si si, c'est un pari, si tu ne le fais pas..." Tu manques à ta parole et c'est vraiment très grave. Ou alors. "Tu as un gage." Non, non non ! Pas. de. gage. Pas ce genre de gage.

Ce fut fugace pensa-t-elle, mais ses deux billes noisettes passèrent rapidement des iris bleues, jusqu'à sa bouche et finirent sur le premier bouton de sa chemise. Pas ce genre de gage !

"Quel genre de gage ?" Lança-t-elle de manière un peu trop abrupte sans lui laisser le temps d'en placer une. Elle fit les questions et les réponses. "Hé bien..." Pour se reprendre convenablement, rien de tel que finir son verre, aussi insista-t-elle un peu puisqu'il était déjà à sec, insista, puis reposa sa coupe de manière très digne. "Une coupe cul-sec !"

Ca aurait pu être pire... Ce n'était pas très glamour de proposer de souler un novice de l'alcool, mais c'était la première chose qui lui était passée par la tête. Bon, d'accord. La deuxième chose.

Erin se leva à la hâte, semant quelques grains de riz par ci par là sans s'en soucier, et revint avec la bouteille de champagne glacée, prenant soin de bien remplir à ras bord le verre de son hôte. S'être levée lui avait donné un petit coup de fouet agréable et lui avait permit de ne pas fixer trop Esteban...
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Jeu 13 Mar - 23:30

Non, on ne rêvait pas. Esteban n'avait pas remarqué à quel point son geste avait pu être gênant. Ses instincts de boulet avaient encore pris le pas sur tout le reste - et même sur sa bonne éducation. Il avait fait quelque chose d'inepte, et essayé de se rattraper comme il pouvait, le tout sans remarquer qu'il venait de frôler la peau nue d'Erin à un endroit très inadapté. Si il avait eu conscience des choses, sa réaction aurait été très différente, mais là, non. Il s'était souvenu de sa part du pari et s'apprêtait à la réaliser à contrecœur, toujours au bord du rire.

Erin lui proposa une alternative. Un gage ? Il tourna un regard curieux dans sa direction. Quel type de gage ? Selon ce qu'elle allait lui proposer, il allait peut-être accepter cette solution. Une coupe cul-sec ? Euh... Son visage se décomposa lentement, jusqu'à exprimer une vague hésitation. Il avait déjà l'impression de voir moins clair qu'à l'habitude, et il riait beaucoup trop facilement... Qu'est-ce qui allait se passer si il prenait une deuxième coupe, et qu'en plus, il la vidait d'une traite ?

"Je ne suis pas certain que..."

Trop tard, car elle était déjà debout. Esteban s'avoua vaincu avant même d'avoir essayé de se plaindre. Il soupira et profita de l'absence d'Erin pour poser le plateau par terre, là où il aurait voulu qu'il reste depuis un bon moment déjà. Il  tendit sa coupe à la demoiselle en marmonnant, dans une sorte de fausse mauvaise humeur qui ne masquait en rien l'euphorie dans laquelle il était plongé.

"Qu'est-ce que tu ne me fais pas faire, vraiment !"

Un cul-sec ! Il avait l'impression d'être en train de frauder - ce qui était techniquement le cas depuis un moment, mais le fait de boire un verre d'un coup juste pour le plaisir de se saouler et de prouver qu'on en était capable lui semblait être encore au dessus sur l'échelle des fraudes. Il écarquilla les yeux en voyant qu'elle remplissait le verre jusqu'à un niveau dangereusement élevé.

"Hey doucement ! Serais-tu en train d'essayer de me faire rouler par terre ?"

C'est avec une certaine appréhension qu'il porta le verre jusqu'à son nez. Il lui accorda un long regard, qu'il leva ensuite sur Erin.

"... Bon."

Souffla t-il pour se donner du courage, avant de fermer les yeux, et de gâcher une coupe de champagne à 300 dollars environ en la buvant d'une traite, sans profiter de son goût. Les bulles et l'acidité du breuvage consommé en quelques courtes secondes lui brulèrent l'estomac, et il grimaça, tirant presque la langue, dès qu'il eut achevé le gage.

"... Je crois que j'ai tendance à préférer la vitesse normale..."

Il chercha à se relever pour poser le verre sur la table de chevet, et manqua de perdre l'équilibre sans raison. Pourtant, l'alcool ne devait pas être passé dans son organisme. Pas si rapidement... Son estomac décida de se rebeller contre l'attaquant et un spasme aigu le secoua. Oh non, voilà qu'il allait avoir le hoquet ! Dépité, il mit une main devant sa bouche... Mais par chance, il n'y eut pas d'autres secousses. Ce qui ne l'empêcha pas de regretter.

"Oh lala... Je te prie de m'excuser..."

D'ici quelques minutes, il allait être cuit. Mieux valait éviter de le faire boire encore, sans quoi il allait finir par ne plus être opérationnel. Son organisme malade n'était plus vraiment capable de se défendre contre l'alcool, et voilà ce que ça donnait.
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