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 L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes

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Erin Rosenbach
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MessageSujet: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Ven 28 Fév - 14:21

- Elle y va avec Esteban, le fils du Gouverneur de l'Arkansas qui le tripotait quand il était petit, et maintenant il lui fait un procès. Je l'ai vu dans les journaux et sur le blog d'une copine en cours de Littérature.

Merci Martha. En quelques minutes, tout le Campus était au courant qu'Esteban Luz-Descalzo serait de la fête, et qu'il n'y aurait que du beau monde. Les invitations avaient été envoyées uniquement à des gens triés sur le volet, mais vous savez ce que c'est, ils viennent toujours accompagnés. Ca se passait dans une des salles d'une fraternité ou un autre groupe du genre, Erin avait laissé Louise se charger de l'organisation.

Le Pas du Tout Homo Esteban avait rappelé presque illico dans la soirée, et la Fille à Papa avait tout de suite prit ça pour un signe très prometteur. Un Deal tacite qu'elle-même avait déjà tout réfléchi. Il n'était pas là depuis longtemps, il était médiatisé (pour n'importe quelle raison que ce soit), il avait une étiquette sur le dos, il avait besoin qu'on redore son blason. Elle serait l'Or de son Smoking ! Elle avait besoin d'un coup d'éclat, de se réveiller un peu après une année passée à disparaître, officiellement, pour des cures respiratoires dans le Vermont et des voyages universitaires bidons en Ecosse.

Le fait est qu'elle avait eu une année bousculée. Sa relation bizarre avec Dior qui l'a trainée dans des bars louches, son enlèvement royalement étouffé par sa mère qui avait payé diamant sur l'ongle l'organisation criminelle qui avait osé touché à sa fille et qui par peur du scandale et d'autres arrangements dont elle ignorait tout, désormais, Erin s'était effacée de la vie mondaine de l'Université, alors qu'elle était destinée à en être la Reine. Comme au Lycée ! Comme à Columbia !

Mais c'était fini tout ça ! Parce que ce soir, elle serait au bras d'un homme de sa stature. Un vrai Upper, un Grand, un Puissant. La chance tournait. Elle en était persuadée. Et pour aider la Chance, Erin portait une robe de cocktail de chez Azzaro achetée évidemment spécialement pour l'occasion, des escarpins noirs très élégant, un maquillage très sobre, et des cheveux aux reflets roux attachés de façon très classique.
C'était un modèle de distinction en apportant ce qu'il faut de candeur pour ne pas faire trop provoquant. Mais assez pour attirer le regard. C'est du moins ce que la Gosse de Riche se disait en regardant son image dans la glace de la chambre d'étudiante de Martha, qui logeait sur le Campus. Elle adorait son reflet dans le miroir.
"Vas croquer du futur Fils de Président, Madame la First Lady." Se sourit Erin avant de s'embrasser sur la bouche, et de descendre. Sa copine Martha, tellement fade à côté d'elle -pas sa faute, la pauvre chérie- la regardait avec des étoiles dans les yeux.

- ... tellement belle...

Erin n'écouta pas la suite, elle empoigna la pochette noir que lui tendait Louise, elle aussi béate d'admiration. Aucune des deux n'osa rien dire, quant au fait qu'une soirée étudiante n'est PAS un gala de charité. Erin était trop belle, trop pétillante et trop garce pour qu'on l'ennuie ce soir. Les trois reines de promo descendirent donc les étages et sortirent dans un début de soirée un peu frais, avant d'arriver à l'endroit de la fête.
Louise savait y faire avec l'organisation de soirées, c'était une pro ! Elle avait réussi à réunir une parfaite équipe de Planners, et ensemble, ils avaient fait de cette soirée étudiantes des air de soirées des Oscars.

Ca se remplissait lentement, l'heure du rendez-vous donné à Esteban approchait. Elle espérait même qu'il ait réussi à convaincre son pote Karlito. La soirée s'annonçait tellement bien... Il fallait juste espérer qu'il n'y aurait pas trop de squatters.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Sam 1 Mar - 11:40

Karl n'avait pas été si difficile que ça à convaincre. Après tout il connaissait Esteban et sa langue bien trop pendue, et il avait rapidement compris pourquoi ce dernier l'avait envoyé paître comme un malpropre. Puis il fallait bien dire qu'au bout de quelques minutes, il en avait eu marre de l'entendre s'excuser platement sans lui laisser l'ombre d'un répit pour se reposer les oreilles. Il lui avait juste pardonné, songeant qu'un jour, il allait bien falloir qu'Esteban fasse face à sa propre réalité.

Le résultat était qu'il avait accepté de l'accompagner, même si les soirées étudiantes n'étaient pas vraiment son truc, et qu'il avait bien compris qu'il n'était pas spécialement le bienvenu à celle-ci en particulier. Esteban semblait avoir oublié qu'il n'était pas à l'aise en public, et surtout pas au milieu d'un groupe de personnes important, mais Karl s'en souvenait très bien quant à lui. Il avait donc décidé de servir de filet de secours, même si ça n'était pas très glorifiant.

"Je crois qu'ensuite c'est à gauche... Je suis persuadé d'être déjà venu ici."

"En fait, c'est à droite."

"Ah."

Et cette information ne laissait aucun doute quant à sa véracité, parce que le campus commençait à devenir bruyant dans la direction citée. Plusieurs couples habillés pour l'occasion avaient pris cette route, comme des insectes attirés par la lumière. Vexé, Esteban se para de sa plus belle moue contrariée. Il fallait qu'il se débrouille mieux que ça une fois qu'il serait sur place, si il voulait avoir une chance de ne pas avoir entré le numéro d'Erin dans son répertoire de contacts pour rien. Il fallait qu'il parvienne à faire bonne impression!

".. C'est ce que je voulais dire, je me suis trompé!"

Karl leva les yeux au ciel, mais Esteban ne prit pas le temps de culpabiliser de sa propre mauvaise foi, car il était déjà en train de se projeter dans la soirée, avec une certaine nervosité. Aujourd'hui encore, ses cheveux étaient attachés. Et il avait pris soin à ce que pas un seul d'entre eux ne dépasse. Il ne s'imaginait pas aller en soirée autrement que tiré à quatre épingles. Et comme il s'habillait déjà chez des marques de luxe dans la vie de tous les jours, on pouvait imaginer ce que ça donnait lorsqu'il décidait de se mettre sur son trente et un: une débauche de sommes monstrueuses qui lui collaient à la peau comme si son aura avait été constituée de billets verts. En l'occurrence il s'était intégralement fourni chez Brioni, si bien que le prix pour la totalité de son accoutrement ne devait pas être si loin que ça d'approcher quatre zéros. Il portait un blazer bleu marine à la coupe parfaite, en dessous duquel une chemise de smoking blanche . Le col de cette dernière était maintenu par une cravate en soie d'un bleu légèrement plus clair, parfaitement attachée. La maladresse d'Esteban était légendaire, mais quand ça touchait au vestimentaire, d'un coup il se débrouillait beaucoup mieux. Une ceinture sobre - mais néanmoins hors de prix - maintenait en place son pantalon de costume gris anthracite à la ligne étudiée. Enfin des souliers bleu nuit venaient compléter sa tenue. Ainsi qu'une touche de Clive Christian 1872, parce qu'après tout, on ne se refusait rien. [Ou bien comment passer sa vie sur des sites sur lesquels on aurait jamais eu l'occasion d'aller de sa vie en vrai Very Happy]

Karl lui avait expliqué qu'il ne s'agissait en rien d'une soirée hollywoodienne et que personne n'allait lui dérouler de tapis rouge pour qu'il monte dessus et salue les flashs des appareils photos avec son sourire d'un blanc parfait, mais Esteban n'avait rien voulu entendre - comme d'habitude. Son ami avait quant à lui fait un effort vestimentaire dans le sens où il ne portait pas les vêtements bon marché qu'il avait habituellement sur le dos, mais son allure restait décontractée. Karl venait du même lycée privé qu'Esteban, ce qui impliquait que sa famille n'était pas totalement dépourvue de moyens. Cela dit le garçon avait bien plus de recul à ce sujet que ne pourrait jamais en avoir Esteban, qui avait grandi en milieu protégé. Lorsqu'ils arrivèrent sur les lieux de la fête, Esteban remarqua les regards qui se tournaient sur eux. Peut-être était-il paranoïaque, mais il avait l'impression d'entendre des messes basses... Le genre de trucs qui laissait penser à la propagation d'une ou deux rumeurs dont il n'était pas sûr de vouloir connaître la teneur. L'idée lui donna instantanément des sueurs froides. Son rythme cardiaque s'accéléra et il serra les dents, alors qu'ils avançaient sans un mot entre les invités. Esteban cherchait désespérément Erin du regard. Karl ne put s'empêcher de piquer dans le vif:

"Tu peux aussi dire bonjour au reste des invités, ça serait plus poli!"

Esteban lui jeta un regard mi-colérique, mi-affolé.

".. Mais je ne les connais pas!"

Le sourire que tira Karl était si large et si moqueur qu'il donna à Esteban l'envie de le lui faire ravaler.

"... Parce que tu penses connaître Erin Rosenbach? Vous vous êtes parlé quoi, trois minutes à tout casser?"

".. T.. Tais toi enfin! Oh et puis chaque chose en son temps hein!"

L'inconfort qu'Esteban ressentait disparut instantanément, car il avait remarqué la présence d'Erin du coin de l'œil. Karl hésita à lui remonter le menton pour qu'il cesse de l'observer la bouche ouverte, puis il soupira, amusé finalement. Il poussa son ami en avant. Esteban était tellement occupé à dévorer la jeune femme du regard qu'il manqua de tomber la tête la première.

"Vas-y avant d'avaler une mouche... Ça ferait tâche."

... Elle était en beauté, ce soir. Enfin Esteban avait déjà remarqué qu'elle était belle ! Mais cette robe la mettait en valeur d'une manière encore différente. Il se prit à complexer: pouvait-il vraiment intéresser une fille de ce  genre ? Alors qu'il s'avançait dans sa direction, il cherchait la manière de l'aborder la plus correcte... Mais il était tellement stressé par cette situation et par l'éveil de ses tendances agoraphobes, qu'il.. eh bien, il était un peu trop distrait. Il arrivait à avoir des étoiles dans les yeux et à paraître absent tout à la fois.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Sam 1 Mar - 22:54

Louise était immédiatement partie faire le tour de ses Planners pour s'assurer que tout se déroulait comme elle l'avait prévu. Le bon goût de cette fana de pantalon taille basse et de talons hauts avait été assez bien illustré, puisqu'elle avait réserver au moins deux salles. Une première avec tout ce qu'il fallait pour se remplir l'estomac en liquide comme en solide. Une seconde avec une musique boumboumante et jeune, dynamique, à la lumière feutrée et aux néons flashy. Pas besoin de trop hurler pour se parler dans la première salle, même si, et cela Erin lui avait fait remarqué, la présence de fût de bière et de gobelets en plastiques de couleur faisait très lycéen. Enfin, lycéen de bas étage. Mais Louise avait assuré que c'était obligatoire dans une fête étudiante. Sans doute n'avait-elle pas osé rétorqué à la Fille de New York qu'ici, elle n'était plus à Columbia, et que c'était beaucoup plus ... popu.

Toujours est-il qu'Erin se trouvait avec Martha, et qu'elles étaient occupées à analyser le style vestimentaire des invités. Même quand on ne convoque que des gens sensés être biens, il y a toujours des révélations... aussi, Martha déplora la faute de goût de Penelope Beauchamp, qui portait un chemisier en dentelle chocolat sur une jupe en cuir noire. Que faisait la police de la mode ? Du brun et du noir. Ensemble. Erin détourna le regard.

Et c'est là qu'elle le vit. Esteban. La classe incarnée, l'élégance sobre et tellement chic, réfléchie, tellement smart. Martha continuait à énumérer les raisons pour lesquelles ont ne mets pas de vernis à ongle rouge lorsque l'on porte des boucles d'oreille en saphir, mais la Rouquine ne l'écoutait pas. Esteban Luz-Descalzo. Leurs enfants seraient très beaux et très riches... Elle attendit qu'il soit à sa hauteur, subjuguée par l'air si fin et irréprochable de ce blazer en laine vierge, taillé sur mesure. Une oeuvre d'art... Et tendit la main avec un sourire qu'elle voulut digne de Jackie Kennedy.

"Esteban." Souffla-t-elle, avant qu'un parasite ne brouille sa vision. Elle remarqua alors la présence de Karl. Pauvre Karlito... comment pouvait-il briller s'il restait à côté d'un tel gentleman ? "Bonsoir Karl. Je suis vraiment ravie que vous ayez pu venir tous les deux." C'était sincère. Elle s'était mal comportée, elle n'avait pas pu s'en empêcher, mais elle s'en serait voulu d'avoir assombri la mine bronzée d'Esteban ce soir, s'il avait dû se soucier d'une dispute avec son meilleur ami. Et elle ne laisserait rien ni personne gâcher sa fête en compagnie du Fils du Gouverneur.

Un détail se rappela à elle, détail qui saluait également les deux nouveaux arrivants. Ah, Martha, oui. Erin tourna la tête vers elle et lui adressa un sourire des plus angéliques, fins, doux, innocent. Impossible d'y résister.

"Voudrais-tu aller nous chercher un verre, s'il te plait ?" Et Martha ne résista pas. Pire, en s'éloignant, Erin crut entendre un
"tout ce que tu voudras, bien sûr". Elle retint un soupir satisfait et reporta son attention sur le Prince de la Soirée. Mais quelque chose dans son attitude la fit déchanter... Il n'avait pas l'air d'apprécier, son regard était étrange, elle n'arrivait pas à y lire quoi que ce soit, bizarre, comme neutre et flou à la fois. Elle pâlit. C'était les fûts de bière. Elle le savait. Ce n'était pas du tout l'idéal pour un premier rendez-vous pour construire un avenir princier, une soirée étudiante. Elle aurait dû l'inviter dans un grand restaurant, à une réception chez l'ambassadeur, à une garden party.

Pas à une soirée étudiante minable, dans un campus minable, dans une ville minable avec des invités minables ! Ca y est. Tous ses rêves de paillettes sur deux ou trois générations de beaux héritiers au teint hâlé et aux manières irréprochables s'envolaient, noyés dans une bière bon marché, c'était une catastrophe... Erin ne sut que dire, pour chercher à se justifier, et, elle devait l'avouer, l'expression du visage d'Esteban face à elle l'avait terriblement déçue. Pas un mouvement de sourcil, alors qu'elle était divine, il avait l'air si lointain... C'était les chaussures. Elle en était sûre, ses chaussures étaient légèrement trop basses pour ce type de robe, elle l'avait remarqué tout de suite aussi mais avait pensé que cela irait très bien quand même. Damnation. Enfer. Malédiction. Elle chercha à garder une contenance malgré les éléments qui se déchaînait sur elle, non ! Pas la Malchance ! Pas encore !

La Rouquine se pinça la lèvre, vexée. "Excusez l'organisation négligente de cette petite fête, Louise n'est pas très douée pour ce genre de chose. Et puis, de toi à moi, elle n'a malheureusement pas la moindre idée de ce que j'avais imaginé pour cette réception. Je suis très déçue." Se crut-elle obligée de se justifier lamentablement, l'air outré.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Lun 3 Mar - 0:51

A chaque pas qui le rapprochait de son inéluctable rencontre avec Miss Rosenbach, Esteban sentait le nœud dans sa gorge doubler de volume. Elle était tellement belle qu'il en était littéralement terrorisé. Quand et comment exactement avait-il obtenu la chance inouïe d'intéresser une si gracieuse jeune femme? La réponse était évidente, même si Karl n'avait pas eu le cœur de lui briser ses rêves en la lui soumettant. Elle se trouvait vraisemblablement dans la suite de chiffres innombrables qui peuplaient son compte en banque et ceux de sa famille. On aurait pu penser qu'Esteban allait au moins envisager cette possibilité, comme toute personne riche, influente et prudente qui se respecte mais... Eh bien non. Sa naïveté semblait n'avoir aucune limite.

Il avançait, avec l'impression d'être sur un nuage muni de roulettes. Sa répartie était aux abonnés absents. Voilà qu'il était maintenant devant elle, et qu'il n'avait toujours pas trouvé quoi lui dire. Il était habitué aux réceptions mondaines que ses parents donnaient, mais alors qu'il était impliqué au premier plan, il avait d'un coup oublié ses façons. Il fallait dire qu'il était distrait par beaucoup de choses. Le monde... La singularité de cette soirée, qui était d'un type qu'il n'avait jamais eu l'occasion de vivre... Et puis Erin, il fallait bien le dire. Tout occupé qu'il était à lire la courbe esthétique de sa robe et du corps qu'elle cachait dans un jeu de lumières fascinant, il lui était difficile de penser droit. Il s'arrêta aussi sur l'éclat flamboyant de sa chevelure et la chaleur hypnotisante de son regard brun. Elle était délicieuse, munie d'une classe à toute épreuve, et il n'allait jamais être à la hauteur. C'était couru d'avance. Il allait tout faire capoter. L'échec serait encore plus cuisant que d'habitude.

Elle fut la première à rompre le silence. Le fait d'entendre sa voix réveilla le jeune homme, qui sembla d'un coup se souvenir du fait qu'il lui serait encore nécessaire de respirer pour un petit moment. Il s'arma de son sourire habituel, mais avait bien du mal à cacher son malaise. Les doigts parfaits qui lui étaient tendus lui donnaient envie de s'essayer à un baisemain - sans réel contact, évidemment! Il connaissait les codes - mais il était trop tendu pour oser aller jusqu'au bout de sa pensée. Il y avait trop de monde. Dans un autre environnement, il n'aurait sans doute pas hésité. A défaut, il la salua avec le plus de déférence possible, ne touchant sa main qu'avec la plus extrême délicatesse.

"Erin... C'est un honneur de pouvoir te rencontrer à nouveau."

... Bien, ce n'était pas exactement ce qu'il avait en tête lorsqu'il avait ouvert la bouche, mais il semblait atteint d'une sorte de paralysie cérébrale plutôt handicapante. Pour ne pas arranger la situation, il était dans une période où sa santé allait provisoirement un peu mieux et il avait presque oublié qu'il était condamné. Si il s'était souvenu de sa maladie, il aurait peut-être considéré le fait que rien de ce qu'il se passait ce soir n'allait avoir l'occasion d'influer sur le long terme.

Karl était derrière lui mais avait tenté de lui laisser de l'espace. Il ne s'approcha que parce qu'on lui adressait directement la parole. Quoiqu'un peu aigri par les récents événements, ce n'était pas un mauvais bougre, et il décida de laisser sa chance à Erin qui, après tout, avait fait l'effort de l'inclure à la discussion, cette fois. Il répondit donc par un sourire pâle, mais sincère:

"Bonsoir ! Oui, Esteban a  réussi à me faire changer d'avis. Il faut dire qu'il peut avoir un flot relativement convaincant."

... Ah. Voilà qui était très gênant. D'une, et même si c'était vrai qu'il parlait parfois beaucoup, Esteban n'avait pas l'impression que ce soit une chose à dire lorsqu'il essayait de faire bonne impression. De deux, la tournure de phrase utilisée était complètement tordue. Et Karl n'avait même pas fait exprès. Comme quoi, qui se ressemblait s'assemblait.. Il n'était pas le seul à faire des bourdes plus grosses que lui. Une lueur de panique naquit dans le regard vert d'eau du portefeuille sur pattes. Puis il le tourna très brièvement sur Karl, et l'expression qu'il arborait alors n'était pas, mais alors pas du tout ravie.

"... Je ne vois absolument pas de quoi tu veux parler !"

Son ami accusa le coup.

"... Je vous laisse, je vais aussi chercher à boire."

Cette fois, nul doute qu'Esteban allait rester un peu plus longtemps énervé contre Karl. Quelque chose le retenait de montrer sa mauvaise humeur devant Erin. Il revint donc à la discussion. Il continuait de se sentir et de paraître un peu absent. La soudaine tirade de son interlocutrice acheva de le réveiller. Il cligna des yeux et sortit du mode veille. Son visage prit une expression anxieuse. Avait-il donné l'impression d'être insatisfait ? Grand Dieu ! Il ne voulait surtout pas qu'Erin pense que quelque chose clochait ! Bon d'accord ce type de soirée était un peu bizarre et il y avait beaucoup de gens... Et personne ou presque qu'il ne connaissait. Mais il n'aurait raté l'événement pour rien au monde ! Et la vision offerte par Erin compensait presque tous les désagréments... Même les coups de poignard involontairement portés dans son dos par Karl.

"Oh mais je t'en prie, ne t'excuse pas ! En réalité je suis plutôt curieux, je n'ai jamais assisté à ce type de soirée auparavant... Je dois dire que je n'ai aucune idée de la manière dont elle devrait se dérouler."

Il glissa un sourire d'excuse duquel il ne parvint pas à  totalement éliminer la gêne et l'anxiété qu'il ressentait depuis qu'il était arrivé. C'est là qu'il se rendit compte qu'il n'avait pas encore fait un seul compliment à Erin sur sa tenue de soirée, pourtant sensationnelle. Il était inexcusable! Soudain pâle (autant qu'il pouvait l'être du moins) il rajouta, peut-être un peu précipitamment:

"En réalité je suis très heureux d'être ici. Et je dois dire que tu es sublime, ce soir."

... Stressé comme il l'était, il faillit rajouter à cela des imbécilités plus grosses que lui. Par une chance inouïe il se contenta de les penser, bien qu'il aurait tout à fait été capable de les débiter en usant du "flot relativement convaincant" dont avait parlé Karl durant les précédentes minutes: "Même si je ne t'ai vue qu'une fois auparavant. Ça ne veut pas dire que tu n'étais pas sublime l'autre jour d'ailleurs. Mais ce soir, tu es...". Après un bref moment de latence au cours duquel il avait par miracle perdu sa voix, il parvint à reprendre:

"... véritablement... lumineuse."

Ouf. Il avait évité la catastrophe de justesse. Mais pour combien de temps encore?
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Erin Rosenbach
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mer 5 Mar - 19:41

Erin était restée pensive après l'intervention de Karl... Un flot relativement intéressant. Oui... bien sûr. Parlait-on du même Esteban ? C'était sans doute parce qu'elle avait été vexée qu'il n'ait rien à lui dire, qu'elle pensait ça comme une peste. D'ailleurs, elle aurait fustigé n'importe qui et aurait délibérément accuser ses meilleurs amis, ses parents et le Pape des pires méfaits pour se trouver une excuse. Une excuse au fait qu'elle avait en face d'elle quelqu'un de lointain et très peu concerné...

Mais... Elle eut un battement de cils délicieux, acquiesçant plus ou moins à Karlito qui partait à la suite de Martha chercher à boire, ou à manger, enfin qui partait quoi. Esteban semblait s'être décidé à parler, son oeil était un peu plus éveillé, et ce qu'il venait de dire l'enchantait. C'était très poliment dit, et c'était tellement vrai... Il n'avait pas l'air d'être de son avis, et c'était un bon point, puisqu'elle avait parlé en toute mauvaise foi. La curiosité disait-il, elle eut un petit sourire qu'elle rangea rapidement, pour ne pas paraître trop perfide, d'autant plus qu'il affichait, lui, une gêne apparente, cette fois elle analysait son expression. C'était finalement très craquant...

Mais Erin n'eut pas le temps de s'en émouvoir, et fut fauchée par un retour en beauté du gentleman Fils de Gouverneur. Mais quel dragueur ! Elle eut cependant un mouvement comme il se devait, pudique et modeste. Bien sûr qu'elle était très en beauté ! Trois heures de préparation, autant chez Léopold pour trouver LA robe qui serait le parfait écrin, et plusieurs zéros pour arriver à une telle œuvre d'art. Elle sentit des palpitations, il en avait mis du temps, mais c'était normal finalement... elle le réalisait : il avait été subjugué par sa beauté, ce qui expliquait son attitude étrange. Comme c'était chou...

"Merci Esteban." Roucoula-t-elle d'une voix qu'elle avait essayé de rendre très humble, comme toutes les femmes du monde se devaient d'être. "Tout le mérite devient à Anelyse, ma coiffeuse." Mensonge. Mensonge éhonté ! Elle eut un sourire délicat. "Permets-moi de te retourner le compliment je..."

Il ouvrit de nouveau la bouche et Erin fut coupée. C'était tellement mal poli de couper la parole aux gens... tellement grossier, tellement adorable, tellement élégant, tellement bien dit... Elle retint difficilement un soupir charmé.

Elle ne voulait pas le mettre mal à l'aise, ça ne se faisait pas, mais Erin n'avait pas l'habitude de se retenir. "Un flot relativement intéressant a-t-il dit ?" Ses lèvres se tirèrent en un sourire piquant. "Avec tout le respect que je lui dois, il a tord.
Relativement n'est pas un qualificatif adapté."

Mais c'est le moment précis où Martha décida de revenir, et elle discutait avec Karl... Dans peu de temps, ils devraient partager leur espace vital avec les deux amis, d'une compagnie tellement moins distinguée, sans vouloir les offenser. La Fille à Papa s'approcha d'un pas vers Esteban, gardant une expression entre taquine et suffisante.

"Dommage de ne pas pouvoir les caser tous les deux." Elle désigna d'un léger geste de menton -qui ne se faisait pas- le mignon petit couple qui tenait chacun deux gobelets rouges, se dirigeant vers eux. "Martha va te poser des questions très déplacées, sur... sur ta famille, parce c'est une sale petite vipère qui aime les ragots." Erin préférait prévenir d'avance Esteban. Elle avait bien sûr volontairement grossi la charge pour faire peur au Fils du Gouverneur. Sans doute dans l'espoir qu'il veuille les semer pour rester en tête à tête avec elle.

Mais Martha était déjà à leur hauteur et tendit à sa copine un verre en plastique au contenu pétillant. De la bière. Oh, mon, Dieu. La Gosse de Riche fixa son gobelet, puis le visage de Martha, puis le visage d'Esteban... à qui Karlito venait de tendre le sosie mal odorant de son verre. Quelle catastrophe... Il venait de dire qu'elle était sublime et lumineuse, et il allait tout de suite déchanter dans une mousse bon marché. Vite, trouver quelque chose.

Parfois, il arrivait qu'Erin soit capable du pire pour arriver à ses fins. Oh, non, pas de tuer ou de crever des pneus. Mais capable des pires trahisons pour ne pas perdre la face. C'était comme ça depuis l'enfance, c'était ce qu'on appelait une garce ou une petite peste... égoïste un peu, mais surtout paniquée à l'idée de déplaire au Gendre Idéal. Surtout quand il était fils de politicien ! Alors...

"Oh, merci Martha..." Elle s'approcha de son amie pour la remercier d'une bise, fit en sorte que son épaule percute négligemment le verre de sa copine qui se renversa lamentablement sur la merveilleuse robe Azzaro... Oui. Erin était capable des pires trahisons envers la Mode pour arriver à ses fins.

Un petit cri aigu perça les tympans des personnes autour d'eux, Martha fit un pas de côté tellement elle fut à la fois surprise et bouleversée. Elle venait de ruiner la robe de sa copine Erin. Elle venait de la ridiculiser devant Esteban Luz-Descalzo, devant le campus, devant le monde entier... Martha se liquéfia, se confondant en excuse, alors qu'Erin se retrouvait trempée de bière et regardait un oeil tremblant sa tenue, et sa copine qui s'effondrait, lui sautant dessus pour s'excuser et essayer d'éponger avec une serviette ! Une serviette en papier ! Sur une matière aussi délicate ! Mais quelle hérésie !
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Mer 5 Mar - 22:30

Difficile de dire si c'était une bonne chose ou non qu'Esteban fut trop plongé dans son monologue interne pour entendre Erin se justifier de son apparence ravissante en évoquant sa coiffeuse. Ça lui évitait de se retrouver dans une situation inconfortable, car il n'aurait sans doute pas pu s'empêcher de répondre une idiotie tant l'excuse l'aurait rendu perplexe. Évidemment sa coiffure était exquise, mais cheveux détachés, elle ne lui aurait sans doute pas semblé moins charmante. D'un autre côté, le fait de ne pas faire attention à ce qu'elle racontait l'amena à faire quelque chose qui était sans doute encore plus embarrassant que tout ce qu'il aurait pu dire: il lui avait coupé la parole sans s'en rendre compte. Ce qui signifiait aussi qu'il n'avait pas prêté attention à ce qu'elle avait dit, et était resté bêtement à la regarder, la bouche entrouverte, durant quelque chose comme cinq secondes.

Il sentit le bord de ses oreilles s'échauffer et regretta soudain de n'avoir pas opté pour une coiffure moins classique. Au moins, son interlocutrice n'aurait pas eu l'occasion de remarquer les deux rougeurs qui lui encadraient la tête. Raah, fichu Karl ! Voilà qu'il lui avait lancé une malédiction ! Son "flot relativement intéressant" avait encore frappé, ainsi que le faisait remarquer Erin. D'habitude, Esteban ne se rendait pas compte des bévues qu'il pouvait faire - surtout lorsqu'il parlait trop. Mais là c'était bien trop énorme pour qu'il ne le remarque pas. Il lui avait coupé la parole ! Inacceptable ! Pas durant cette soirée... SA soirée, car il doutait fort d'avoir l'occasion d'en refaire une nouvelle ensuite. Sa santé ne le lui permettrait pas indéfiniment.

"Oh ! Je suis confus... J'étais distrait, je... Ça ne se reproduira plus. D'ailleurs, je me tais. Je suis terriblement désolé, qu'étais-tu en train de dire ?"

Esteban perdait ses moyens, et avec ça, la retenue exemplaire dont il avait fait montre jusqu'à présent pour cacher le fait qu'il avait une fâcheuse tendance à parler avant d'avoir réfléchi. C'était dommage, parce que lorsqu'il il réfléchissait un peu, il pouvait parler très bien. Mais ça n'arrivait pas si souvent que ça en situation réelle, lorsqu'il n'avait pas une magnifique jeune femme qui l'emplissait d'espoirs irréalistes sous les yeux. Si Karl avait été là, il aurait sans doute été épaté de la façon dont son ami n'avait presque pas fait de bourde durant les trente premières secondes de la conversation.

D'une manière ou d'une autre cet instant qu'Esteban classa rapidement dans son dossier "à oublier en priorité" passa. Karl et l'amie d'Erin revenaient ensemble du côté des deux jet setters en herbe. Ils en arrivèrent à regarder dans la direction du couple en mouvement, qui n'était pas vraiment un couple, ainsi qu'Erin le constata très justement. C'était bien dommage que ça ne soit pas le cas, rajouta t-elle. Esteban lui donna raison en appuyant ses propos avec un soupir élégant, affecté.

"Je suis bien d'accord avec toi..."

Si Karl avait pu sortir ouvertement avec une fille... Ou même avec un homme, mais avec quelqu'un, en somme, alors Esteban n'aurait plus eu à se soucier de la réputation que lui avait valu leur amitié. Qu'il pensait. Et puis si Karl et cette fameuse Martha avaient été ensemble, ils seraient peut-être restés un peu à l'écart. Ça aurait évité à Esteban de subir un énième interrogatoire. A en croire Erin, c'était précisément le genre de choses auxquelles cette fille était capable de le soumettre. L'espace d'un bref instant, il perdit de sa superbe: il se tassa un peu, et parut moins parfaitement droit qu'à l'habitude (comprendre: il avait l'air droit quand même). Une vague expression entre absence et appréhension apparut sur son visage.

"J'espère qu'elle ne se vexera pas si je reste vague, dans ce cas... Les journalistes m'ont déjà extorqué ces informations une bonne vingtaine de fois, elle n'aura aucun mal à les trouver."

Il cligna des yeux et se redressa, subitement tout sourire. Ça ne se faisait pas de se plaindre à côté d'une dame. Même si se plaindre de tout et n'importe quoi était l'une de ses activités favorites. Il allait trouver quelque chose (de stupide) à dire pour changer de sujet de conversation, mais l'arrivée de Karl l'en dispensa. Son ami lui tendait un verre, qu'Esteban prit avec reconnaissance.

"Ah ! Merci Karl, c'est gentil. Qu'est-ce que c'... ... Ah."

Son sourire avait subitement disparu, remplacé par une expression dérangée. Il avait porté le verre à son nez et senti l'odeur qui s'en dégageait. Et c'était... ... de l'alcool. A son expression il n'aurait pas été difficile de croire qu'il n'aimait pas la bière premier prix, mais en réalité il aurait tiré exactement la même tête si Karl lui avait tendu un Romanée Conti grand cru dans un verre en cristal. Il lanca un regard accusateur à Karl, qui comprit tout de suite où il voulait en venir, et haussa les épaules.

"... Alleeez, ne sois pas comme ça ! Tu ne sors pas si souvent, tu peux bien faire une petite entorse à la règle non ?"

"C'est impossible Karl..."

Non, mais enfin ! Karl et lui n'avaient que dix-huit ans ! Ils étaient majeurs d'un point de vue civique, mais la consommation d'alcool n'était pas autorisée avant vingt-et-un ans dans cet état. Esteban était très soucieux des lois. Il ne voulait surtout pas les enfreindre. Il n'avait d'ailleurs jamais rien téléchargé illégalement ! A quoi bon ? Après tout, tout était si bon marché dans le domaine des achats culturels... !

Ils furent rapidement coupés dans leur pseudo prise de bac car... Eh bien, malheur. Le verre de bière tenu par Martha s'était renversé sur la magnifique robe d'Erin. Oh ! Quel gâchis inestimable ! Instantanément désolé, Esteban tendit son gobelet - ou plus précisément le plaqua contre les abdominaux de Karl - pour qu'il le lui reprenne. Le jeune homme n'avait d'yeux que pour la scène du massacre.

"Tiens moi ça."

"EEEH ! Mais fais attention espèce d'abruti !"

... Oui. La maladresse d'Esteban avait vaincu. Il avait été un peu trop violent dans son geste, avait oublié qu'un gobelet en plastique, ça se pliait, et avait réussi à renverser une bonne partie du sien sur la chemise de Karl, qui se mit à pester tout seul dans son coin, vu que tout le monde était trop occupé à chercher le meilleur moyen d'éponger l'œuvre d'art déchue. Esteban fouilla dans ses poches à la recherche d'un tissu. Il lui semblait avoir un mouchoir propre sur lui. Mais pas de ces vulgaires bouts de papier qu'on jetait après utilisation, non. Un mouchoir hermès, parce que visiblement, même son nez avait besoin de reposer dans une centaine de dollars au minimum.

"Oh ! Quel dommage ! Attend j'ai ce qu'il faut... La bière n'est pas trop colorée, il ne devrait pas y avoir de tâche... J'espère. Mais l'odeur risque de rester... Vraiment, quelle malchance !"

Il s'était approché d'Erin, et il hésita. Devait-il l'aider ou juste lui tendre le mouchoir pour qu'elle l'utilise seule ? Dans le doute il avait pris une posture qui suggérait les deux, et l'observait en attendant que son attitude lui donne un indice sur la marche à suivre.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Jeu 6 Mar - 19:27

Erin ne se préoccupait pas des malheurs de Karl qui jouait les mister chemise mouillée, elle était soudainement froide, trempée, laide, et parfaitement honteuse. Quel sacrifice elle avait fait, si seulement Esteban savait... NON ! Jamais. Il ne fallait pas qu'il sache qu'elle était capable du pire pour arriver à virer ces deux parasites, c'était leurs amis, elle devait être gentille et raisonnable, ne pas céder aux appels de la Peste.
Tremblante, elle ne pouvait cependant pas ignorer l'immonde situation. Et comment réagit une femme du monde capricieuse dans ce genre de situation ?

"Mais regarde ce que tu fais enfin Martha ! Tu es vraiment une empotée en plus d'être habillée aux fripes !" Pesta la Fille à Papa, touchant là où ça fait mal sa copine, qui se recula, une serviette en papier dégoulinante à la main, le mascara coulant sur ses joues devant l'horreur qu'elle avait commise. Et le pire.. c'était que Martha pensait que la réaction d'Erin était légitime, puisqu'elle venait de l'humilier devant le Fils du Gouverneur de l'Arkansas qui n'était même pas homo ! Elle fit quelques pas en arrière avant de disparaître, trop honteuse pour oser répondre à Erin.

Cette dernière se redressa, bomba le buste, chercha à se redonner une contenance, alors qu'elle était la cible de tous les regards alentours. Que ne fallait-il pas faire pour... Elle tourna les yeux vers Esteban, qui lui proposait son aide. Quel chevalier servant. Quel homme courtois. Quel preux seigneur qui court au secours de sa Belle... Elle évita de paraître satisfaite de son petit manège, mais souffrait déjà le martyr dans une robe trempée et odorante. Elle tendit la main pour prendre délicatement le mouchoir tendu... Hermes... c'était si ... Français ! L'effet n'aurait pas été assez réussi si elle n'avait pas, délibérément, touché les doigts du Luz-Descalzo au passage. Mais ça semblait bien sûr totalement fortuit...

"Oh merci Esteban." Soupira-t-elle, avant de regarder de droite à gauche, et de se morfondre... Elle avait beau avoir provoqué tout ça en toute connaissance de cause... c'était tellement inconfortable et gênant. "Tu... je t'en prie, partons d'ici." Elle leva vers lui de grands yeux implorants. Pitié... certains avaient déjà sortis leurs smartphones pour prendre des photos de la scéne mémorable, et Erin épongea son cou avec le petit carré de soie qui sentait bon le parfum d'Esteban. Et qui sentirait la bière.

En quelques secondes, elle avait repéré la sortie la plus proche, et chercha à s'éclipser le plus dignement possible. Le menton haut, la démarche élégante dans ses escarpins noirs, mais les gouttes d'alcool dégoûtantes en plus... Une fois dans le couloir, elle s'adossa au mur, comme soulagée d'un poids immense. Avoir semé Martha et Karl, et être en tête à tête avec le Fils du Gouverneur, ou juste n'être plus la risée du Campus ?

Elle allait ouvrir la bouche quand la porte d'où ils étaient sortis s'ouvrit et Martha s'en échappa en courant, mortifiée, et en pleurs. Bien fait pour elle... La Rouquine sentit néanmoins dans sa gorge une petite piqûre de culpabilité.

"J'ai tout gâché..." Mais non, c'était Martha ! "Je veux dire, elle a tout gâché." Se reprit-elle à la hâte. "Je n'habite pas sur le Campus, et je ne veux surtout pas sortir de la fac dans cette tenue... Imagine qu'on me voit..." Elle baissa les yeux sur la pauvre robe dégoulinante, et se sentit soudain terriblement triste. C'était vraiment moche ce qu'on pouvait faire juste pour les beaux yeux d'un Riche Héritier. Les iris brunes de la Fille à Papa se relevèrent tout à coup sur le visage mate d'Esteban.

"Karl a une chambre étudiante, non ?" Oh la bonne idée que voilà...
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Jeu 6 Mar - 21:14

Esteban eut un pincement au cœur pour Martha, qui n'avait vraisemblablement pas fait exprès de gâcher la robe de son amie. Il comprenait l'énervement d'Erin néanmoins. A sa place, il aurait été capable d'être tout aussi acerbe envers Karl, si les rôles n'avaient pas été inversés. Ah. Mais il ne s'était pas rendu compte qu'il venait de doubler le gag en renversant son verre sur le plus gay des deux garçons, lequel aurait eu toutes les raisons du monde de lui souffler dans les bronches. En fait, blasé, Karl avait décidé de laisser passer la bêtise d'Esteban. Il était maladroit, il n'avait pas fait exprès, et il était trop occupé à se faire mener par le bout du nez par une belle jeune fille. Alors il s'était contenté de retirer sa chemise, au dessous de laquelle il portait un débardeur. Il noua le vêtement trempé autour de sa taille. Hop. Problème oublié.

Esteban n'osa pas dire à Erin qu'elle avait été un peu dure envers son amie. Elle semblait vraiment affectée par ce qu'il s'était passé, et toute l'assemblée avait les yeux rivés sur elle - sur eux. La situation était inconfortable pour le jeune homme aussi : il en avait la gorge nouée. Il n'osait pas imaginer dans quel état il aurait été, si il avait dû se trouver au centre de toute cette attention. Certains sortaient déjà leurs téléphones, à croire qu'ils avaient été paparazzis dans une vie antérieure. Esteban ne put s'empêcher de leur jeter un regard dur, lèvres pincées. Il détestait les paparazzis. Soudain empli d'un courage inhabituel, il posa une main sur l'épaule d'Erin dans un geste qui se voulait protecteur, mais qui surtout la mettait à l'abri des smartphones. Il se tourna vers Karl, lequel était en train de l'observer avec un regard étrange. C'était comme si son ami avait été inquiet pour lui. Ce n'était pourtant pas lui qui était à plaindre !

"Désolé Karl, ça va aller ?"

"Ne te fais pas de souci pour moi.. Fais ce que tu as à faire, je vais tenter de voir si je trouve Martha."

Rassuré, Esteban accorda un sourire radieux de reconnaissance à Karl. Ah ! Quelle grandeur d'âme ! Chaque fois qu'il oubliait pourquoi il le considérait comme son meilleur ami, la raison à cela lui revenait rapidement. Karl avait bon fond. Vraiment bon fond. Et Esteban savait qu'il pouvait lui faire confiance.

"Merci. On se voit demain d'accord ?"

Les deux amis se saluèrent, puis Karl partit de son côté, tandis qu'Esteban invitait Erin à ouvrir la marche, l'air inquiet. Il retira son blazer pour le poser sur les épaules de sa voisine. Vieux jeu jusqu'au bout des ongles, et le tout sans s'en rendre compte, évidemment.

"... Tu dois avoir froid. Permet moi de te prêter ça..."

... Maintenant, c'était Esteban, qui avait froid. Il avait presque oublié qu'il était malade. Par chance ils étaient encore dans les bâtiments, mais si il devait sortir dehors, il allait devoir se forcer à ne pas claquer des dents. Voilà ce qui arrivait, quand on voulait jouer les chevaliers servants et qu'on n'en avait pas l'étoffe ! Il prirent une pause dans le couloir, juste à temps pour voir Martha sortir en courant de la salle de réception. Esteban la regarda partir, l'air coupable - alors même qu'il n'y était pour rien, il regrettait de n'avoir rien dit pour la consoler. Quelques secondes plus tard, ce fut au tour de Karl de débarquer. Esteban lui indiqua la direction dans laquelle était partie la jeune fille, non sans nourrir un certain espoir. Karl était-il vraiment gay ? Ou bien était-ce juste qu'il n'avait jamais pris la peine de considérer les choses autrement ? Mais là n'était pas le problème ! Sa principale préoccupation était Erin. Elle n'allait pas spécialement bien non plus. Il fallait qu'ils trouvent un moyen de sauver sa dignité ! Par chance, Karl comme Esteban vivaient à l'université. Il tenta d'être rassurant:

"A vrai dire il n'est pas le seul... J'ai décidé de louer un studio sur le campus cette année, pour avoir une idée de ce qu'est la vie étudiante. Karl est suffisamment occupé pour le moment, n'allons pas le déranger."

Dans un coin de sa tête, Esteban songea qu'il était triste de quitter cette soirée avant même d'avoir pu en profiter. Peut-être ne connaîtrait-il jamais "la vie étudiante", tout compte fait... De l'autre, il se rendit compte de ce qu'il venait de se passer: il avait invité une fille dans son studio. En réalité, il aurait plutôt dû penser: "une fille s'est invitée dans mon studio", mais pour ça il aurait fallu qu'il se rende compte du fait qu'il avait été manipulé depuis le début... Et on était très loin du compte. Son cœur se mit à battre plus fort dans sa poitrine, et il avala distraitement sa salive. Quand il s'en rendit compte, il pria pour qu'Erin ne se soit rendue compte de rien. Il espérait qu'elle ne regarderait pas du côté de son bureau... Non pas qu'il fut mal rangé, car Esteban était un véritable maniaque, mais on y trouvait un certain nombre de boîtes de jeux qui prouvaient qu'il passait un chouilla trop de temps derrière son écran. Ses écrans, en fait, car il en avait trois. Et tout le matériel hors de prix qui allait avec, de la souris de compétition jusqu'au headset qui faisait de la lumière. A côté du clavier, on trouvait une panoplie de boîtes d'analgésiques impressionnante, qui risquait de mettre la puce à l'oreille à la jeune femme. Il espérait vraiment qu'elle ne ferait pas trop attention à cette partie de l'appartement. Le reste, il l'assumait sans mal. Tout n'était que brillance, propreté, et richesse affichée qui contrastait beaucoup avec la taille et la modestie des locaux. Il avait laissé sa rolex traîner sur sa table de chevet.

Lorsqu'ils arrivèrent dehors, Esteban retint un frisson et crispa les mâchoires. Non, il n'avait pas froid. Non, il n'avait pas froid, non ! Ce n'était vraiment pas le moment pour lui de rompre le charme ! Il n'était pas encore minuit, alors si possible, il voulait encore en profiter un peu avant que son carrosse ne redevienne une citrouille, et qu'il ne passe à nouveau pour un looser friqué.

"Ce n'est pas très loin... Enfin ! J'imagine que tu le sais déjà, il n'y a qu'un seul village étudiant sur le campus. Enfin ! A considérer que tu t'y sois déjà rendue..."

... Ce n'était pas gagné.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Jeu 6 Mar - 23:26

Le sourire d'Erin brisa sa joue triste et tombante. Une seconde, la puanteur de la bière s'était estompée, parce qu'Esteban avait un studio à deux pas d'ici, et qu'elle avait sur le dos son blaser, et qu'elle avait dans la main son mouchoir. Son mouchoir Hermes. Mais la seconde d'après, ça puait de nouveau, hein.
Elle se laissa conduire sans prendre soin d'observer les frissonnements de son chevalier servant, au départ. Elle était trempée donc gelée, mais la veste coupait du vent, encore frais en cette période. Elle quittait la fête sans regret, tant pis si elle avait mis la pression à Louise et Martha pour organiser tout ça en moins d'une semaine, uniquement dans le but de la gâcher ensuite. C'était pour la bonne cause, non ?

Non ?

Elle se recroquevilla et referma sur son cou le col du blaser, pressant le pas. "C'est vraiment gentil à toi." Murmura-t-elle, en tourna légèrement les yeux vers lui... et constatant qu'il semblait mourir de froid. Une évidence la frappa. Il avait été tellement serviable et galant avec elle, qu'il était prêt à attraper un rhume pour que sa vertu et son honneur ne soit pas entachés par des photos compromettantes qui circuleraient sur les réseaux sociaux. C'était d'une politesse extrême, d'une éducation parfaite. Et elle ? Elle, elle n'avait même pas vu tout ça, ou plutôt, juste par la lorgnette qui l'intéressait...

A mesure qu'ils approchaient du studio, Erin sentait sur ses épaules le poids de la culpabilité l'alourdir. C'était tellement désagréable à ressentir... Martha était partie pleurer dans un coin, sans doute, et Karl ramassait les pots cassés, certainement. Ils étaient vraiment trop gentils. Et Esteban n'avait rien vu de son manège. Il était vraiment trop naïf. Et elle, elle avait agi sans aucun scrupule. Est-ce que c'était bien de baser des fiançailles sur une énorme supercherie ? Rah ça va ! Ca va la conscience ! Elle était suffisamment mal comme ça, toute mouillée, et grelottante, pour en rajouter !

En pénétrant dans le petit appartement du Luz-Descalzo, la rouquine se sentait déjà bien moins maline. Elle fut subjuguée par la parfaite tenue de ce studio, les draps délicats le lit tiré à quatre épingles, les cadres délicieux et raffinés, une bonne odeur de lavande... Elle lui aurait sauté dessus dès la porte fermée, si elle n'avait pas eu cet abjecte goût dans la bouche ! Le goût indigne de la culpabilité ! Il l'invita à s'asseoir, elle exécuta avec un petit sourire conscrit, retirant le blaser.

"Je suis vraiment désolée... Il faut le porter au Pressing." Fit-elle en observant la merveilleuse veste qui avait été salie par la bière de sa robe. C'était du gâchis... C'était sa faute.

"Martha a un studio sur le Campus aussi. J'y vais souvent." Répondit-elle en décalage, comme pour meubler. Elle se sentait mal, n'osait regarder ailleurs que ses mains sur ses genoux, ce qui arrangeait certainement Esteban : pendant ce temps-là, elle n'examinait pas le bureau...
Erin soupira enfin, ne pouvant plus tenir. D'un geste trop vif, elle releva la tête, planta son regard dans celui, indescriptiblement bleu-vert, du Fils du Gouverneur.

"C'est ma faute." Elle ne cilla pas, assumant presque désormais. "C'est ma faute tout ça, j'ai volontairement renversé le verre de Martha sur moi, pour..." Pour qu'ils partent et arrête de nous importuner. "Pour rester avec toi."

Mais les aveux n'étaient pas finis...

"Et j'ai aussi fait organiser cette fête étudiante juste pour pouvoir t'y inviter. J'ai demandé à mes copines de le faire juste après t'avoir invité." C'était pathétique hein ? Elle ne bronchait cependant pas, et au fur et à mesure qu'elle parlait, assise sur le lit d'Esteban Luz-Descalzo, la Fille à Papa relevait le menton dans une attitude impérieuse. "J'ai fait tout ça pour que tu t'intéresses à moi. J'ai joué la comédie, et tu m'as cru, ça m'a plu bien sûr, mais c'était nul... nul de ma part." Voilà, c'était dit. Elle éviterait de lui dire que c'était pour qu'ils se marient et aient beaucoup d'enfants milliardaires. Ou qu'elle s'intéressait à lui, presqu'inconsciemment, non seulement parce qu'il était fils de Gouverneur, mais aussi parce qu'il était un riche héritier, mais encore, parce qu'il était médiatisé.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Ven 7 Mar - 1:23

A l'approche du studio, Esteban commençait à devenir anxieux. L'image de son bureau et de tout ce qu'il portait et contenait qui ne convenait pas aux normes de cette soirée emplissait son esprit. Qu'est-ce qu'Erin allait bien pouvoir penser de lui si lorsqu'elle découvrirait ses principaux hobbies..? Qu'allait-elle penser de la pharmacie qui recouvrait tout l'avant de son clavier ? Il n'eut pas l'occasion de se poser la question longtemps. Il remarqua qu'elle n'avait pas l'air bien lorsqu'il lui ouvrit la porte. Cette histoire la taraudait-elle à ce point ? S'il n'y avait que ça, il suffirait de menacer les quelques idiots qui oseraient poster des photos compromettantes sur internet. Les gens faisaient moins les malins quand on leur laissait croire qu'on allait porter plainte contre eux. Ça marchait particulièrement bien avec Esteban, qui après tout l'avait réellement fait, contre son père, et un gouverneur, en plus.

Il invita Erin à s'asseoir sur le lit, et elle lui rendit son blazer, dont l'intérieur avait été tâché. Esteban ne sourcilla pas. Il en avait d'autres, même si celui-ci était l'un de ses préférés. Puis il était loin d'être irrécupérable ! Ça aurait été n'importe qui d'autre, le jeune homme aurait pu choisir de s'énerver quand même et de montrer son visage de teigne. Mais Erin l'avait tant et si bien subjugué qu'il se sentait incapable de faillir à l'éducation stricte qu'il avait reçue. Il avait fait ce qu'il avait à faire en lui prêtant ce vêtement, et il ne faisait que récolter les conséquences de ses propres (bonnes) actions. Ainsi soit-il !

"Ne t'inquiète pas, j'irai demain. Ca n'est pas un problème."

Il ouvrit un placard pour ranger le vêtement sur un cintre, de sorte à ce qu'il ne soit pas froissé. Il marqua ensuite un temps d'arrêt, car Erin lui parlait de Martha, et il lui fallut un bon moment avant de comprendre qu'elle répondait à une question (ou une absence de question) qu'il avait formulée longtemps avant qu'il n'arrivent à l'appartement. Diantre ! Elle était vraiment chamboulée. Il ferma la porte et tenta d'user de ses neurones pour savoir comment réagir dans une situation pareille. Il se sentait aussi adroit qu'une otarie sur un tricycle... Que pouvait-il se permettre.. ou ne pas se permettre ?

C'était une question qui resterait en suspens, car son invitée le surprit en prenant la parole quand il ne s'y attendait plus. A croire qu'il n'était pas le seul à avoir un flot relativement intéressant, même si dans le cas d'Erin, le flot en question avait au moins le mérite d'être cohérent. Et justifié par un besoin pressant d'avouer ses fautes. Interdit, Esteban avait cessé de bouger. Son esprit essayait en vain d'analyser les révélations qui venaient d'avoir lieu. Elle avait fait exprès de renverser le verre de Martha mais... Mais enfin ! Pourquoi faire une chose pareille ? Pour rester avec lui ? Mais... Mais il n'y avait pas besoin d'en arriver là pour ça, enfin ! Malgré son porte-monnaie impressionnant, Esteban n'était pas excessivement populaire et pas non plus très difficile à atteindre. Erin avait utilisé l'équivalent d'une bombe atomique pour détruire une fourmilière. Étrangement, il ne se sentait pas en colère d'apprendre que la jeune femme s'était jouée de lui depuis le début, et avait monté un plan compliqué juste dans le but de l'approcher. Évidemment, ce n'était pas très moral, surtout pour cette pauvre Martha. Mais personne ne s'intéressait jamais à Esteban et... il était finalement assez touché qu'Erin ait fait tout ça pour lui. Rendu muet, il cligna un regard incrédule. Lorsqu'il décida de bouger, ce fut pour détourner la tête... Puis pour s'asseoir à son tour sur le matelas, à côté d'Erin. Il mit un moment avant de savoir quoi répondre. Non il n'était pas en colère... Mais diablement surpris, ça, oui ! Il n'avait rien vu venir !

"... Il faudra que tu t'excuses auprès de Martha."

C'était le point qui lui semblait le plus important. Finalement, cette fille était l'unique véritable victime de l'histoire. Plus il y réfléchissait, plus Esteban se rendait compte qu'il était loin d'être tout blanc. D'une, il ne connaissait pas vraiment Erin, mais il était déjà prêt à exaucer ses quatre volontés à la demande, juste parce qu'elle était belle et bien éduquée. Ça ne lui ressemblait pas vraiment, et pourtant il ne regrettait rien. Il ne lui restait que quatre mois à vivre (en tant qu'humain du moins). Il n'avait pas le temps de prendre son temps. Pour cette raison il était prêt à lui cacher une partie de sa personnalité... Il voulait lui plaire, il ne voulait pas être ce looser que tout le monde méprisait, et parce qu'il faisait des efforts pour ne montrer que ses meilleurs côtés, il était peut-être un peu responsable de ce qu'elle avait fait. Le jeune homme lança un regard coupable du côté du bureau jusque là passé inaperçu. Puis il revint sur le carrelage. Avouons le. Il avait été prêt à aller plus loin alors même qu'il se savait condamné. Était-ce moral de sortir avec quelqu'un sans lui dire qu'on était gravement malade ? Esteban soupira. Il ne savait pas quoi faire avec tout ce qu'il avait sur la conscience. Les choses qu'il pouvait dire... Celles qu'il était obligé de taire. Il voulait vivre avec autant d'intensité qu'il le pouvait, tant qu'il le pouvait. Mais après avoir entendu Erin s'exprimer avec autant de sincérité, pouvait-il continuer à se cacher ?

"... Je dois dire que je suis surpris. Tu sais, c'est assez rare que quiconque s'intéresse à moi... en temps normal."

Il se gratta la tempe d'un air gêné. C'était extrêmement difficile à avouer, après tous les efforts qu'il avait fait pour paraître intéressant, justement. Embarrassé, il tourna la tête vers elle. Il ne savait vraiment pas quoi ajouter. Il fit confiance à son instinct.

"... je ne peux pas vraiment tout te dire, ça serait une catastrophe si ça tombait dans les oreilles des journalistes. Je n'ai pas été tout à fait honnête non plus. Mais..."

... Il s'arrêta subitement, incapable de formuler la suite. Il serra les dents et posa son front dans la paume de sa main avec un certain dépit. Non, il ne pouvait rien dire. Il n'en avait pas parlé à Karl. Ni à sa mère. Si son père l'apprenait il serait bien trop heureux. Et ça ferait encore la une des journaux. Il n'avait pas le cran de supporter ça, ni de l'infliger à ceux de ses proches qui tenaient encore à lui. C'est alors qu'il eut une rechute de flot relativement intéressant:

"... Écoute. On peut reprendre où on en était deux minutes auparavant, et réserver cette discussion pour plus tard, ou bien c'est totalement impossible..?"

Ses nerfs allaient le lâcher. Il ne voulait pas d'une conversation à cœur ouvert là... Il voulait juste profiter du temps, qui passait trop vite, et qui ne laisserait bientôt plus que poussière derrière lui.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Ven 7 Mar - 19:23

Même au plus bas, certaines attitude pouvaient produire chez Erin un regain d'énergie. Esteban avait été parfait. Il l'avait excusée alors qu'elle avait été idiote et qu'elle n'avait largement pas fait honneur à son rang. A leur rang... Assis à côté d'elle désormais, il lui avait conseillée d'aller s'excuser auprès de Martha... C'était du bon sens, c'est vrai, mais Erin n'y avait même pas encore pensé. Elle s'était surtout préoccupée de ce qu'il pourrait lui rétorqué au visage, avait espéré que sa franchise ne serait pas la dernière discussion qu'ils auraient. Ce n'était pas le cas... Elle était soulagée, même si c'était toujours assez dur à encaisser d'avoir en face de soit quelqu'un de très compréhensif, qui soulignait d'autant plus ses propres défauts.

A sa place... elle aurait très certainement été terriblement indignée. Et l'aurait fait savoir. Fort heureusement, Le Luz-Descalzo semblait bénéficier d'un caractère vraiment exceptionnel, d'une belle éducation. Dieu soit loué. Elle eut une expression entre la moue et le sourire gêné, mais son orgueil avait du mal à lui avouer qu'il avait sans doute raison, et qu'elle s'exécuterait dès le lendemain matin auprès de ses amies. Au lieu de cela, elle acquiesça dans un silence encore honteux.

Il eut l'air à son tour très gêné, et le constater renversa un peu les rôles, redonnant un peu de superbe à la Fille à Papa. C'était comme ça, quand elle avait en face quelqu'un d'un peu vulnérable, elle se sentait supérieure et ... allait mieux. C'était mal ? Elle ne le pensait pas, mais était touchée par l'attitude d'Esteban, elle voulut lui prendre la main, peut-être un peu trop cliché, mais ce fut la première chose qui lui passa par la tête lorsqu'il déclara qu'il n'avait pas l'habitude qu'on s'intéresse à lui. Mais la surprise d'une telle affirmation la choquait. Il ne fallait pas qu'il se fie aux étudiantes de ce Campus ! Elles n'étaient même pas capable de reconnaître de l'alpaga à de l'angora, ou un Michel Ange d'un Botticelli... Erin allait le rassurer lorsqu'il reprit la parole, et ce qu'il commença à articuler la fit cesser de respirer.

Un aveu. Il avait quelque chose à lui avouer lui aussi. Oh non... il était déshérité ? Il était juif ? Il était finalement gay et avait fait ça uniquement pour savoir s'il plaisait à une fille aussi belle qu'elle ? Oh non, oh non.... Elle s'angoissa mais évita de le montrer. Son égoïsme se mit une seconde de côté pour également inclure la possibilité qu'il s'agissait de quelque chose de grave, pour lui, puisqu'il avait l'air de vraiment tenir à ce que cela reste secret. Elle savait bien garder un secret ! Oui... enfin, il ne fallait pas trop parler de ce sujet à certaines de ses amis... Mais c'était différent ! Quand on nous attaque, il faut riposter. Elle n'avait fait que révéler que Dejane avait fait une cure de desyntox pendant l'été de ses dix sept ans, à toute sa classe de lycée. Mais c'était elle qui avait commencé, elle allait devenir Première de la Classe devant elle ! Tout ça à cause de son professeur particulier en sciences ! Alors que c'était le fiancé de leur professeur, elle le savait !

Erin sembla attendre la suite, soucieuse, et pencha la tête sur le côté, mais Esteban stoppa nette la conversation. Il regrettait certainement déjà d'en avoir trop dit. Ou pas assez. La curiosité d'Erin était piquée, elle fut terriblement déçue... Et cela devait être bien pire qu'être gay, s'il faisait une tête pareil. Elle avait avoué un très très gros tord, et lui, ça devait être pire. Elle déglutit, prit le temps de le laisser continuer si l'envie lui disait. Mais non... rien. Il voulait rayer leur dernière conversation pour reprendre simplement comme si de rien n'était.
Okay... Comment lui refuser cela ? La matière de l'Azzaro trempée n'était pas agréable, ça grattait, elle puait... Et finalement, ne fut pas gênée d'arrêter là les confidences.

"Tout ce que tu veux." Articula-t-elle volontairement un peu trop enthousiaste, avec un sourire qui effaçait par son éclat les mauvais moments qui venaient de se dérouler. "C'est très gênant mais... Je peux emprunter ta salle de bain ?" Pour appuyer ses paroles, la Rouquine tira sur un morceau de robe pour lui rappeler qu'elle était odorante et collante. Elle rêvait d'un bon bain bien chaud, avec des bougies, du champagne et des bulles. Dans le bain aussi. Des toasts en triangle qui croustillaient, venus d'un grand traiteur, de musique classique jouée par un orchestre réduit mais esthétique. En réalité, elle aurait vraiment dû inviter le Fils du Gouverneur à un gala de bienfaisance... Ce n'était pas sa place, dans une fête étudiante. Il était trop distingué et naturellement noble, il avait trop de classe pour porter un goelet en plastique... Elle se sentit bête, une seconde, avant de sourire aux paroles d'Esteban. Il n'avait pas de robe à lui prêter dans son armoire, naturellement...
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Ven 7 Mar - 22:34

Il avait failli lâcher le morceau. Franchement... Ça aurait été n'importe quoi d'autre de moins important... Ça aurait été quelque chose qu'il n'était pas obligé de cacher à Karl, ni à sa famille... Il aurait sans doute tout avoué à Erin dans la seconde. Là, c'était très différent. Même lui, bavard et incapable de tenir un secret, était dans l'obligation de tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler. Si l'information s'ébruitait, ça serait une véritable catastrophe. Cela risquait plus ou moins de gâcher ses derniers mois d'existence "naturelle", ainsi que l'effet de surprise. Il estimait son père capable du pire : Si Darian Luz-Descalzo apprenait que son fils était mourant, il n'hésiterait pas à l'éliminer avec un peu d'avance en invoquant l'excuse d'un terrible accident... Une aggravation précoce de sa maladie. Une fois transformé en mort-vivant ? Il ne serait plus si simple de justifier sa mort définitive. Certes, il pourrait toujours faire croire à un suicide, mais les rumeurs sur l'implication des Luz-Descalzo avec le TPH allaient bon train... Darian et ses acolytes ne se risqueraient sans doute pas à donner de l'eau au moulin des journalistes. Esteban avait retourné la question de nombreuses fois dans sa tête, et en était arrivé à cette conclusion d'une finesse étonnante pour un esprit qui ne l'était pas à ce point.

De toute façon, il voulait juste  oublier cette discussion. Il avait caché des choses à Erin. Elle lui avait caché des choses. Ils s'étaient utilisés l'un l'autre, plus ou moins inconsciemment. Ils éprouvaient tous les deux de la culpabilité. A ce stade, le jeune homme avait envie de jeter toutes ces complications au diable. Personne n'était parfait, et surtout pas lui, même si il avait tenté de le cacher au maximum. Il était plutôt rassurant qu'Erin ne soit pas parfaite non plus. Et ça ne les empêcheraient pas de passer une soirée parfaite tout de même, si ils y mettaient un peu du leur. Du moins, c'était ce qu'il espérait.

Il fut extrêmement soulagé lorsque la demoiselle lui donna son accord. Avec un peu de chance, tout n'était pas encore gâché ! Avec un sourire d'espoir, il releva la tête, redressa le buste... regagna sa superbe. Oublier les deux dernières minutes avait-on dit ? Il n'allait pas se faire prier.

"C'est parfait !"

Erin n'était pas la seule à paraître volontairement un peu trop enthousiaste. Le moment de gêne s'estompa - du moins pour Esteban - lorsqu'elle lui demanda si elle pouvait utiliser la douche. Comme un diable sortant de sa boîte, le jeune homme bondit sur ses pieds.

"Oui, évidemment ! Je te l'aurais proposé si... eh bien si... Si rien du tout d'ailleurs. Attend voir je dois avoir une serviette propre là-dedans..."

Il ouvrit un placard, qu'il se mit à fouiller avec une concentration qui frôlait l'excès de zèle. Son froncement de sourcils avait quelque chose de comique. Avant d'être arrivé à ses fins, il marqua une pause. Il venait de se rendre compte de quelque chose. Il tourna son visage vers Erin, et la balaya du regard, des pieds à la tête. Il détourna les yeux en se frottant l'arête du nez. Une manière comme une autre de masquer sa gêne : il n'avait pas envie de passer pour un gamin inexpérimenté, même si il n'était pas loin d'en être un.

".. Par contre je ne vais pas avoir grand chose à te prêter et ça serait du gâchis de bêtement passer ta robe à la machine." A son idée, elle méritait d'être portée à un spécialiste qui saurait la nettoyer sans abîmer ses fibres délicates. "... Je peux te prêter un peignoir, une chemise... le reste ne sera pas à la bonne taille je crois..."

Il sortit du placard avec un drap de bain, bordé de dentelle. Une pièce de chez D.Porthault. Non, ce n'était pas une blague. Esteban se tourna vers Erin pour lui tendre le morceau de tissu éponge, l'air de rien.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Sam 8 Mar - 19:40

Erin se releva dans un bond énergique, presque sautillante. Allons ! Il fallait oublier toute cette vilaine histoire et Esteban semblait exactement accompagner son enthousiaste pour tout effacer, et puis, il était malpoli de ne pas accepter la requête de son hôte ! Et la conversation qu'ils avaient était l'une des plus merveilleuses qui puisse être... Il était évident qu'une telle création n'irait jamais dans une machine à laver, ça se nettoyait certainement à sec. Elle n'en savait rien, et pour cause, en général, elle n'avait pas vraiment à s'occuper de ces petit tracas quotidien. La robe irait rejoindre les autres dans une armoire, et elle ne la mettrait sans doute jamais plus, de peur qu'une personne l'ayant déjà vue dedans puisse insinuer qu'elle mettait deux fois la même tenue. Inimaginable !

D'un petit signe de tête, aux anges, la Rouquine donna raison à Esteban.

"Ne t'inquiète pas." Le rassura-t-elle avant de battre des cils ostensiblement. C'était un réflexe, plus fort qu'elle. Il proposait de lui prêter un peignoir ou une chemise. C'était tellement gentlemen. Et tellement sexy aussi ! On ne pouvait nier qu'Erin était merveilleuse en robe haute couture, mais Esteban allait être subjugué de constater qu'elle serait divine même en peignoir masculin. Et puis, pas n'importe lequel. Le sien ! Autant dire qu'il devait être doux, bien coupé et hors de prix. Il serait donc parfait. Mais... "Une chemise, ce sera très bien." Elle avait une idée en tête. C'était un vieux travers.

Alors que le Fils du Gouverneur partait dans un placard, elle sortit son portable de sa petite pochette et pianota un texto.
"Dsl pour ce soir. J'ai un scoop pour me faire pardonner. Qui passe la nuit chez ELD ?" La réponse ne se fit pas attendre. "??????" signé Martha. Erin savait qu'en la faisant patienter, son amie serait prête à lui pardonner tout juste pour une réponse précise. Elle était trop accro aux potins...

Elle prit des mains la serviette de bain et ne fut même plus étonnée qu'elle soit aussi élégante, ils parlaient la même langue... elle retint un soupire d'aise, effleura de nouveau volontairement les doigts d'Esteban avec un petit "Merci" souriant, et se dirigea vers la salle de bain. Où tout était à sa place, tout était en ordre et propre, ça sentait bon, et les flacons étaient vendus avec pleins de zéro. C'était comme se retrouver dans un grand hôtel et de retour chez son père pour les vacances. Mais en mieux, parce que chez son père, il n'y avait pas à hypnotiser un bel héritier.

Elle referma la porte sans la verrouiller, se doutant que la bonne éducation du Luz-Descalzo lui interdirait d'ouvrir cette porte. Sauf en cas de force majeure, pour lui venir en aide. Elle se contorsionna pour retirer le tissus trempé qu'elle laissa choir sur le carrelage, ses escarpins avec puis ses sous-vêtements et enjamba le rebord de la douche. L'eau chaude lui brûla la peau mais elle se détendit quelques instants, les yeux fermés. Mais juste un petit moment ! Parce qu'elle était trop impatiente de sentir les gels, lotions, baumes, que possédaient Esteban, et commença par une belle mousse qui sentait l'orchidée, monsieur était soucieux de sa petite peau ! Elle souriait toute seule, ouvrant un autre flacon pour renifler une forte odeur de cèdre. Bien plus masculin ! Elle se rinça après trois ou autre tests olfactifs, s'enroula dans le drap de bain qui sentait lui aussi très bon...

Elle s'observa dans le miroir, les cheveux humides mais pas mouillés -il aurait été catastrophique de détruire sa coiffure, elle avait préféré ne pas les mouiller- et rétablit grâce à deux trois accessoires dans sa petite pochette son maquillage. Nouant comme elle pouvait la serviette autour de sa poitrine, Erin entre-ouvrit la porte de façon très étudiée. Assez pour qu'il sache parfaitement qu'elle était encore humide mais en serviette, et pas assez pour avoir l'air totalement dévergondée à se montrer dans cette tenue à un homme.

"Si la proposition tient toujours, je veux bien une chemise." Elle eut un sourire parfaitement charmant. Un peu candide, un peu enjôleur.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Dim 9 Mar - 10:45

L'esprit d'Esteban était partagé entre deux pensées relativement antagonistes. D'un côté il était prêt à accepter le "ne t'inquiète pas" d'Erin sans broncher. Cela lui donnait l'excuse parfaite pour continuer la soirée sur une note oisive. Il était un peu gêné de n'avoir que des peignoirs et des chemises à proposer à son invitée : ça lui donnait l'impression de profiter de la situation alors qu'il tentait d'être serviable. Cela dit la jeune femme n'avait pas l'air de s'en formaliser. De l'autre côté... Il se demandait comment elle allait faire pour repartir, plus tard dans la soirée ou - osait-il espérer - le lendemain matin. Appeler ses copines à la rescousse pour qu'elles lui amènent de quoi s'habiller et sortir dehors ? Au pire, il n'était pas vraiment nécessaire de s'inquiéter de ça maintenant, n'est-ce pas..? C'était tellement difficile de se comporter correctement lorsque toutes les cellules de son corps l'incitaient à être égoïste pour le peu de temps où cela signifierait encore quelque chose...

Le frôlement de doigts qui eut lieu quand il offrit la serviette à la jeune femme eut raison de ses derniers neurones fonctionnels. Il se laissa embrumer le cerveau avec grand joie, répondit aux remerciements avec un sourire, qu'il garda jusqu'à ce qu'Erin disparaisse derrière la porte de la salle de bain. Et même un peu plus longtemps. Il espérait que la taille ridicule de la douche ne la dérangerait pas outre mesure... Lui-même avait eu du mal à s'habituer à ce format, au début. Il n'avait jamais connu que les  douches jacuzzi des villas de son père et de son oncle - qui faisaient aussi hammam, hydromassage, et avaient récemment été dotées d'un module de chromothérapie. Cela dit lorsqu'on partait du principe qu'on ne restait dans cette pièce que le temps de se débarrasser des impuretés accumulées au cours de la journée, ça passait sans trop de problème...

L'eau commença à couler, et le charme fut rompu. Le sourire d'Esteban laissa doucement place à une nouvelle vague d'anxiété. Il passa une main devant son visage, et avant qu'il ne s'en rende compte il était devant son bureau qu'il observait avec un air hanté. Il prit une boîte, posée à côté du clavier, et la rangea dans un tiroir. Il voulut faire pareil avec la suivante, mais fut prit d'un nouvel accès de culpabilité. Il se laissa tomber lourdement sur la chaise du bureau, et prit son visage entre ses mains dans un soupir à fendre l'âme. Quel était l'intérêt de tout ça, si il n'était pas capable de s'assumer tel qu'il était face à Erin ? Mais y avait-il vraiment besoin d'assumer quoi que ce soit ? Pourquoi fallait-il qu'il soit incapable d'envisager le court terme lorsqu'il n'avait plus que ça qui lui appartenait ? Il y avait des gens à qui ça ne posait pas autant de soucis... Pourquoi fallait-il toujours que sa conscience le retienne dans des moments pareils ?

Mais qu'allait-il faire si en en apprenant plus sur lui elle décidait qu'il n'était plus aussi intéressant qu'elle l'avait pensé ? Il ne voulait pas se prendre un râteau de plus... Surtout pas quand rien n'était encore fait. Et ce n'était pas le pire... Que devait-il faire au sujet du secret qu'il cachait à tout le monde ? Erin avait accepté de repousser cette discussion à plus tard, mais elle était loin de se douter de la gravité de la situation d'Esteban. A considérer que tout cela ne soit pas fini dès le lendemain matin, il ne pouvait pas faire comme si de rien n'était, puis disparaître sans laisser de nouvelles quelques mois plus tard. Ça serait cruel...

Comment réagirait-elle lorsqu'elle apprendrait qu'il lui avait caché quelque chose d'aussi énorme ? Qu'il l'avait laissée l'approcher alors qu'elle n'en tirerait rien de bon ? Et si elle le lâchait à cause de ça ? Et si elle dévoilait son secret à d'autres ? Il ne lui en voulait pas pour ce qu'elle avait fait durant ce début de soirée avorté, cela dit même lui n'était pas assez naïf pour ne pas en tirer quelques conclusions. Si elle était capable de trahir une amie de longue date si aisément, Esteban ne pouvait pas être certain de ce qu'elle ferait d'un scoop pareil... Un second long soupir plaintif lui échappa. Il ne savait vraiment pas quoi faire. Il décida de revenir à ses précédentes conclusions: Profiter, ne pas trop anticiper. Pour le reste, il verrait en temps voulu. Il était juste dommage qu'il ne fut pas conscient du fait que, lorsqu'il prenait des décisions spontanées, elles étaient presque toujours mauvaises. Il rangea sa mauvaise confiance là où plus personne ne pourrait la voir, et fit de même avec les boîtes de jeu et de médicaments. Voilà. Le bureau était sécurisé. Il entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir, ce qui le fit sursauter. Il se releva précipitamment et manqua de s'étaler par terre en emportant la chaise avec. Il parvint à maîtriser la situation sans trop savoir comment il y était arrivé, et ses soucis disparurent instantanément.

La jeune femme le regardait par la porte entrouverte. Elle avait l'air de... sortir de la douche. C'était une pensée stupide mais qui résumait assez bien la situation. Il imaginait sans mal le reste de la scène, cachée à son regard. D'ailleurs ce n'était pas très poli de sa part d'imaginer une chose pareille. Mais il n'avait pas fait exprès. Il faisait son possible pour ne pas penser à la chaleur humide de la buée, ni à la façon dont Erin était enroulée dans cette serviette, ni aux gouttes d'eau qui pouvaient encore rouler contre les cou... Arg ! Raté ! C'était exactement tout ce à quoi il pensait, et il dût se faire violence pour cesser de faire le poisson rouge. Oh, il serait ravi que la soirée prenne un tournant indécent... Mais se trahir dans un moment pareil aurait manqué de subtilité. Il se redressa précipitamment, impatient de gagner le placard.

"Oh ! Oui bien sûr ! Où avais-je la tête ?"

Il fouilla jusqu'à trouver une chemise Armani qui était un peu plus longue que les modèles qu'il portait la plupart du temps. Il n'allait tout de même pas forcer une Dame à se promener seule avec lui, vêtue d'un tissu qui ne lui cachait guère plus que le dessus de la cuisse ! ... Oui non puis bon il fallait dire aussi qu'il n'avait eu que deux petites amies jusque là et qu'il était assez mauvais pour ce qui était de prendre des initiatives correctes... Il avait l'impression qu'il allait y être plus ou moins forcé, et ça lui faisait un peu peur.

Il passa la chemise à Erin par la porte entrouverte, en prenant garde à bien détourner les yeux. Il ajouta d'une voix blanche :

"... Tu.. Tu es sûre que tu n'as pas besoin d'un peignoir, n'est-ce pas ?"
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Dim 9 Mar - 19:50

Trop préoccupée par la pose très réfléchie qu'elle prenait pour paraître divine sortant des eaux, Erin n'avait pas remarqué que son hôte avait manqué de se retrouver par terre en se mangeant sa chaise de bureau. Il affichait une tête bizarre mais mignonne, qui la faisait intérieurement jubiler. Une chemise d'un goût certain entre les mains, elle eut de nouveau un petit "Merci" en plissant les paupières de manière un peu enfantine, et disparut derrière la porte, en la refermant un peu trop prestement.

Elle se sécha rapidement, d'une parce qu'il commençait à faire froid, de deux, parce qu'elle avait trop hâte d'enfiler la chemise d'Esteban et d'aller espionner son regard quand il la verrait dedans. C'était tellement agréable de voir sa petite tête bouche ouverte, subjugué par sa beauté... Gratifiant, c'est sûr. Mais elle avait toujours adoré être le centre d'attention et plaire, c'était ainsi, comment l'en blâmer ? Son père lui avait toujours dit que c'était la plus jolie de toutes les petites filles, qu'elle aurait un Prince, non, un Président ou un Emir pour elle toute seule quand elle serait grande...

Elle enfila ses sousvêtements, boutonna la chemise en appréciant la matière, et sortit de nouveau son mobile de sa pochette, pour se prendre en photo par le miroir, avec la chemise, dans un angle compliqué mais savamment étudié pour paraître très sexy, et avec en fond, les produits et flacons du Fils du Gouverneur. Le temps d'envoyer ça à Martha...
"No Comment." Ecrit-elle et immédiatement, son amie envoya un sms "OMG c'est sa chemise ? Louise me croyait pas, la photo va la faire changer d'avis. Bonne nuit avec ELD ;) xoxo".

Erin rangea son téléphone. Elle savait que ce n'était pas très sympathique, de laisser courir des rumeurs. D'autant plus qu'elle supposait clairement qu'il se soit passé des choses entre Esteban et elle, alors que c'était faux. C'était plus fort qu'elle ! Martha adorait ça, et si elle allait simplement s'excuser, elle lui ferait la tête pendant des jours entiers. Alors qu'avec un scoop, une photo, c'était assuré : tout était oublié. Martha aurait compris qu'elle l'avait aidé à conclure, même presque grâce à elle, et elles seraient de nouveaux les meilleures amies du monde ! D'autant plus qu'elle lui demanderait des détails croustillants dès le lendemain matin... En étendant la robe mouillée au sèche-serviette, elle récupéra ses escarpins et resta pieds-nus.

Un dernier regard au miroir pour s'assurer qu'elle était à tomber, en se retenant de s'envoyer un baiser, Erin sortit de la salle de bain, tout sourire. Elle rectifia un peu, en ayant légèrement l'air gêné... Après tout c'est vrai, elle était en chemise ! Mais comment jouer parfaitement la comédie quand elle était aussi ravie ? Incapable de jouer les jeunes filles vertueuse plus longtemps, elle sautilla jusqu'au lit, s'y rassit et croisant les jambes.

"Je t'assure que ta chemise me convient parfaitement." Elle soupira d'aise. "Tu sais, je suis à la Nouvelle Orléans depuis deux ans, et mais je n'ai pas rencontré de personnes avec qui je me sentais... dans mon monde." Il avait un studio sur le campus, lui aussi avait dû baisser son train de vie pour étudier... Elle aussi... en quelques sortes. Elle aurait réussi à vivre sans avertir sa mère qu'elle n'était plus à New York s'il n'y avait pas eu cette sombre affaire d'enlèvement... "Ca fait du bien." Avoua-t-elle. Terriblement de bien, d'être en compagnie de quelqu'un de son standing, de ne pas passer pour une pimbêche capricieuse ou totalement hors contexte quand elle réclamait du luxe. Si elle avait choisi de vivre avec sa mère, bien sûr, elle en aurait eu à la pelle, des mecs comme Esteban. Elle pensait qu'elle en avait fait le tour, qu'elle avait envie d'autre chose. De la vraie vie, indépendante ! Et finalement... elle s'était ruée vers le Luz-Descalzo comme sur des gants en croûte de veau le jour des soldes chez Leopold... On ne se refait pas... Deux ans à cotoyer des gens banals, ordinaires, bizarres... A côté, Esteban était rassurant, mignon, élégant. Elle n'avait pas peur qu'il soit finalement un métamorphe dangereux qui cherche à la dévorer, un beau vampire face à qui elle ne pourrait rien... Il faisait partie de son monde. C'était comme le Prince que lui avait promis son père. Oh, avec un passé un peu abîmé, un beau-père assez peu fréquentable certainement, et il était très timide. Mais c'était touchant.

Elle tapota le drap à côté d'elle, l'invitant à venir la rejoindre. Allons, elle n'allait pas le manger. Ce n'était pas son intention... Son téléphone vibra dans la pochette qu'elle avait laissée au pied du lit, mais elle n'y fit pas attention. Elle pouvait parier que c'était Louise, que Martha avait dû informée, qui s'exclamait. Elle voudrait aussi des détails. Il faudrait lui en donner. Erin insista encore pour qu'Esteban s'installe à côté d'elle. "Tu as faim ?" Lança-t-elle. Ils étaient partis de la petite sauterie avant d'avoir pu boire ou manger. Et elle avait envie de commander Japonais.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Dim 9 Mar - 21:25

La porte se referma sans qu'Esteban ait eu la réponse à sa question, ce qui le laissa perplexe durant une courte seconde. Bon eh bien... Il semblait bien qu'elle n'avait pas besoin de peignoir, malheureusement ou heureusement pour lui, selon la façon dont on voyait les choses.

"... De rien."

Articula t-il à travers la porte, avant de s'éloigner, pensif. Il avait envie de tourner en rond et se sentait de plus en plus anxieux. Pitié... Il fallait qu'il se calme avant de finir par avoir une crise. Qu'est-ce qu'Erin allait penser de lui si il se mettait à hyperventiler sans raison devant elle ? Dieu qu'il détestait ses problèmes de santé, sans même parler du plus grave d'entre eux. Il n'y avait pas de quoi faire un fromage, tout de même ! Mais c'était la première fois qu'il intéressait quelqu'un sans qu'il ait rien eu à faire pour ça... Ça ne lui était jamais arrivé... Et en plus une fille comme elle !

Il fallait absolument qu'il se calme, de tous les points de vue. C'était mal de réagir de manière aussi... reptilienne. Il s'occupa en remettant debout la chaise de bureau qui s'était renversée. Dans ce genre de moments il aurait été capable de parler tout seul à voix haute si il n'avait pas été certain d'être entendu. La porte de la salle de bain s'ouvrit, et il se retourna de manière un peu précipitée. Il cligna des yeux mais ne put s'empêcher de balayer du regard l'image qui se présentait à lui. Erin n'avait définitivement pas besoin d'être vêtue de façon sophistiquée pour paraître exquise. Elle avait un peu trop de centimètres carrés de peau à l'air libre pour qu'Esteban se sente parfaitement à l'aise en face d'elle, aussi... Mais malgré une brève réaction gênée, elle ne s'en formalisa pas plus que ça. Au contraire, elle retourna s'asseoir sur le lit comme si de rien n'était. Le jeune homme quant à lui n'était pas certain de ce qu'il aurait dû faire. La distraction qu'elle lui offrit en prenant la parole fut la bienvenue, car elle lui évita de rester planté sans rien faire.

Cela faisait donc deux ans qu'elle était dans cette ville ? Il se prit à se demander d'où elle était originaire... Est-ce que le nord ressemblait au sud ? Pour Esteban, la Louisiane, c'était presque sa terre natale. Son oncle était de Bâton-Rouge. Lui-même venait de Little Rock en Arkansas. Il n'avait jamais vraiment eu l'impression d'être "dans son monde" hors du cocon familial. En dehors de ça, même en école privée, il n'avait eu que peu d'amis... Peut-être parce qu'il n'avait pas bien cherché. Il ne se souvenait pas de la dernière fois où quelqu'un avait réagi comme Erin face à lui, c'est à dire en jugeant normal à peu près tout ce qu'il pouvait faire ou dire. Même Karl sourcillait parfois, sans qu'Esteban comprenne pourquoi. Ou bien était-ce parce qu'il était si effrayé à l'idée de déplaire à la demoiselle qu'il agissait différemment de ce qu'il aurait fait d'habitude ? Pensif, il passait le pouce sur ses ongles - manucurés à la perfection soit dit au passage.

"J'ai passé toute ma vie entre Little Rock et Bâton-Rouge, je ne sais pas vraiment à quoi ressemblent les autres endroits. Les gens sont différents là-bas ?"

Notons qu'il n'avait pas forcément fait le rapprochement entre son milieu social et les écarts de comportement dont il pouvait avoir souffert. Parce qu'après tout, il était incorrigible, et qu'il fallait le rappeler.

Cette session souvenirs avait au moins eu pour effet de lui remettre la tête sur les épaules. Pas suffisamment néanmoins pour lui faire oublier la tenue d'Erin quand cette dernière lui proposa de la rejoindre. Il eut d'abord l'air hésitant, comme si il avait eu peur de ce qui allait se passer si il obéissait. Il se rendit compte que ça risquait de paraître étrange si il continuait de garder ses distances. Imaginons qu'il se soit trompé sur les intentions de son invitée. Imaginons qu'elle se rende compte des idées qu'il avait, lui, derrière la tête. Ça serait terriblement gênant. Il  décocha un sourire tendu, puis prit place à côté d'elle. Il posa les mains sur ses genoux et chercha quelque chose à rajouter. N'importe quoi... Enfin non, pas n'importe quoi si possible... Trop tard.

"... Tu aimes bien les chemises ?"

... QUOI ? Mais quelle était cette question idiote qui avait franchi ses lèvres ? Il était troublé, et se demandait ce qui justifiait cette tenue indécente dans la tête de son interlocutrice, mais de là à poser une question aussi maladroite ?! Erin s'était exprimée en même temps que lui. Vite ! Il fallait sauver les meubles !

"EEUH je veux dire, tu aimes bien les... marquises ? En dessert ! Mais tu as raison nous ferions mieux de commencer par le plat principal. Euh. Par manger, en somme. Tu as une idée derrière la tête ? Pour manger, je veux dire. Oui enfin c'était évident tu me diras."

... Il ferma la bouche, conscient qu'il en avait déjà trop dit, et qu'il avait fait beaucoup trop de sous-entendus involontaires. Flute, c'était pareil chaque fois qu'il était un peu nerveux !
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Dim 9 Mar - 22:47

Erin avait conscience qu'une jeune fille de sa condition laissait toujours l'homme faire le premier pas. Mais il l'avait cherché ! Elle lui adressa un sourire qui lui ferait certainement rater un battement de coeur, espérant qu'il ne ferait pas une syncope, et murmura en venant lui maintenir le visage d'une main.

"Oui, j'ai une idée derrière la tête." Elle ne lui laissa pas vraiment le temps de réfléchir ni de trop bafouiller et l'embrassa. Pas ce qu'on pouvait appeler un french kiss ou un baiser passionné de film, elle n'avait pas le bon angle d'attaque pour cela. Elle n'eut pas non plus le temps de calculer précisément une manière de faire qui serait agréable, elle posa ses lèvres contre les siennes et c'est tout.

Comme pour simplement lui dire "hé, ne panique pas, relax." Mais lorsqu'elle rompit ce prompt échange, la Rouquine se demanda si elle n'avait pas commis une grave erreur, et si ce qu'elle pensait le détendre n'allait pas ... le faire tomber dans les vapes.

Elle reprit une distance raisonnable, observa son visage avec anxiété et sembla réaliser son manque total d'éducation... Depuis quand une jeune fille embrasse un jeune homme comme ça, dans son studio même ? Son père aurait désapprouvé. Sa mère aurait désapprouvé MAIS elle prônait la spontanéité pour ses employés. Sans doute y verrait-elle simplement une occasion de ne pas refouler ses envies ? Elle songeait cependant qu'elle aurait fait des yeux énormes... Heureusement qu'elle ne savait pas tout de sa vie amoureuse...

"Oh... euh... Pardon." Elle espérait sincèrement qu'Esteban n'allait pas s'offenser. Après tout, dans la logique d'un homme si bien élevé, toujours tiré à quatre épingles, d'une parfaite tenue, et après avoir vu ses yeux quand elle était sortie de la salle de bain... Peut-être qu'il désapprouvait totalement aussi son attitude. Elle était cavalière, provocante et volontairement à moitié nue dans son studio. Elle était sans doute à mille lieu des filles qu'il avait connues...

Que faire désormais ? Erin se sentit mal à l'aise, et voulut meubler... Peut-être faire comme si rien ne s'était passé ? Après tout il ne s'était peut-être rendu compte de rien...... ? Elle se jeta sur sa pochette, s'agenouillant pour prendre son téléphone portable, chercha dans son répertoire un instant, évitant tout regard sur le Fils du Gouverneur, et commanda des sushis. Il lui fallut se souvenir des l'emplacement exacts du studio d'Esteban sur le Campus, mais elle se souvenait être passé pas loin de la bibliothèque universitaire, et indiqua une adresse qui lui semblait correcte au livreur.

Elle se redressa lentement, fit deux pas en arrière, et revint à sa place. Elle tordait ses mains nerveusement, mais son visage n'exprimait pas l'anxiété. Ne pouvant plus y tenir, elle tourna les yeux vers le visage hâlé de son hôte. Il fallait bien qu'elle l'affronte !

"Tu... aimes les sushis.... hein ?" Et elle explosa. "Oh pardon... Je ne sais pas ce qui m'a pris, tu vois, c'est toujours comme ça. Je devrais rester dans les clous, être bien élevée, je ne devrais même pas être dans ta chemise à l'heure actuelle ! Les filles de ma ... condition... n'acceptent pas de porter uniquement des chemises, les filles de ma condition acceptent les peignoirs ! Les peignoirs ! Pas des chemises qui montrent des mollets et des genoux, et des cuisses ! Et les filles de ma condition boutonnent ce bouton, là !" Elle montra le second bouton, sur sa clavicule. "Je voulais que tu te détendes... tu as l'air tellement tendu, je voulais que tu sois bien..." Elle fronçait les sourcils, désolée mais un peu en colère. En colère contre elle-même, principalement, parce qu'elle n'avait pas eu besoin cette fois d'un gobelet de bière ni de Martha pour encore le mettre mal à l'aise.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Lun 10 Mar - 0:36

Oh lalalalalala... Catastrophe ! Que n'avait-il pas dit ? Tout, jusqu'au nom du plat cité, pouvait être pris de travers dans la phrase qu'il venait de prononcer... La marquise en dessert, hein ? Ça manquait tellement de classe ! Plus il en ajoutait, plus il s'enfonçait... Qu'allait-elle penser de lui ? Le sourire qu'elle lui adressait était ravageur... Elle était tellement belle... Et tellement en train de se moquer de lui... . Il prit un air misérable et chercha la meilleure manière de s'excuser pour ses paroles indécentes. C'est avec surprise qu'il constata que son interlocutrice n'allait pas lui en laisser le temps. Interdit, il la laissa poser une main sur son visage. Il se raidit faute à la surprise, n'eut pas le temps de dire "mais", et encore moins de le répéter trois fois en l'articulant de moins en moins.

A défaut, un silence épais s'installa, alors même que leurs lèvres se rejoignaient. Esteban avait les yeux écarquillés et semblait abasourdi plus qu'autre chose. Paradoxalement ses épaules se détendirent et sa panique disparut, emportée par un ouragan de battements de cœur affolés. Erin s'éloigna. Il était resté immobile, plongé entre l'incrédulité et le souvenir du baiser échangé, court mais salvateur. Lorsqu'il se souvint qu'il fallait qu'il respire, son souffle était redevenu naturel. Il regagnait confiance en lui. Il ne s'était pas trompé ! L'expression de ses yeux changea progressivement : l'hésitation fébrile était remplacée par quelque chose de nettement plus ferme.

Erin quant à elle semblait suivre le chemin inverse. Le jeune homme s'en rendit compte un peu tard, trop ravi qu'il était de voir ses rêves devenir réalité. Elle s'excusa. Mais de quoi voulait-elle se faire pardonner exactement ? De l'avoir sorti de l'embarras ? De lui avoir prouvé qu'il n'avait pas tort d'espérer ? Il s'exprima d'une voix posée quoi qu'encore un peu lointaine :

"... Ne t'excuse pas..."

Difficile de dire si elle l'avait entendu ou non. Voilà qu'elle était déjà au téléphone. En train de commander à manger. Sans son avis ! Hey !... Non en fait, il s'en fichait pas mal. A l'instant même, elle aurait pu lui proposer un Mac Donald qu'il aurait accepté avec joie de manger cette pitance infecte. Et il aurait sans doute même eu l'impression que c'était bon. Il n'avait pas d'allergies. En somme, c'était parfait.

Esteban voulut s'approcher d'Erin, mais elle choisit ce moment précis pour se relever. Coupé dans son geste il la laissa faire, ne sachant trop comment gérer ce retournement de situation. Il eut un léger regain d'anxiété : Avait-elle changé d'avis ? Regrettait-elle son geste ? Oh ! Mon dieu ! Son dentifrice avait-il mauvais goût à ce point ? Pourtant il avait été certain d'avoir fait le bon choix !

L'angoisse ne dura guère plus de quelques secondes. La naïade dans ses vagues de tissu s'était tournée vers lui et elle était très anxieuse. Elle partit sans prévenir dans un discours précipité, à peine cohérent. Un discours qui lui laissait à peine le temps de respirer. Un discours qui... acheva de redonner confiance à Esteban. D'une, elle s'était montrée aussi bavarde que lui, et il se sentait beaucoup moins seul subitement. De deux, elle se faisait du mouron pour rien. Sa mère lui aurait sans doute dit qu'on ne faisait pas le genre de choses qu'il avait en tête avant le mariage, et surtout pas dès le premier soir, et encore moins avec des jeunes filles de bonne famille dont on risquait de gâcher la vertu... Mais de nos jours, qui respectait encore cette règle ? Était-ce vraiment un péché, si c'était consenti ? Il avait beaucoup de mal à comprendre en quoi...  Il ne ressentait rien de maléfique là-dedans. Rien qui ne soit pas naturel. Ce n'était pas comme... comme.. Gggh. Vraiment pas le moment d'y penser, si il voulait rester d'humeur. Au diable ces questions, pensa t-il ironiquement ! Dans le pire des cas, ils se confesseraient plus tard.

Un large sourire aussi ravi qu'amusé fit une apparition progressive sur les lèvres d'Esteban. C'était son tour de couper son inquiétude et son débit de paroles en passant à l'action. Il s'approcha d'elle pour noyer ce qu'elle disait dans un baiser à peine plus marqué que le précédent. Il osa passer une main autour de sa taille.

"... J'aime beaucoup les plats de poisson japonais... C'est très fin. Excellente idée. Sinon je pense que tu ne devrais pas t'en faire à ce point parce que j'aime encore plus la façon dont tu portes cette chemise... Ton traiteur est installé loin du campus?"

Façon détournée de demander de combien de temps ils disposaient. Cette fois, Esteban n'essaya pas de cacher le désir que lui inspirait Erin. Il se lisait facilement dans ses pupilles, bien qu'elle furent encore teintées d'une appréhension fantomatique. A la prochaine tentative, il ne se contenterait pas d'un échange aussi chaste que les précédents.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Lun 10 Mar - 10:42

Erin pensait avoir à se justifier encore un peu plus, du caractère qu’elle avait aperçu d’Esteban. Il semblait mille fois mieux élevé qu’elle, avait un caractère plus constant, et… Il lui rendit la pareille en lui évitant de se noyer dans une auto-flagellation dégradante, l’embrassant à son tour, et à son tour, la Rouquine sentit de petits papillons dans son ventre. C’était sans doute dû à ce rapprochement de main sur sa taille, elle allait empoigner son épaule que déjà le contact était rompu.

Elle reprit une contenance, eut quelques battements de cils qui voulaient sans doute lui chuchoter un « merci » silencieux, de lui être, encore une fois, venu en aide. Son visage resta proche du sien alors qu’il la rassurait… Il se fichait pas mal des sushis, elle en était persuadée, mais il était tellement poli et smart qu’il préférait lui garantir qu’elle n’avait pas fait de fausse note –encore- sur sa commande. Mais elle se crut fondre lorsqu’il la complimenta… C’était si gentil et dit de façon si …  élégante. Elle le trouvait deux fois plus mignon. Sauf que… en plus de la donnée « Attendrissant » et « timide donc mignon », il y avait une petite pincée hot en plus.

Erin se força à garder les pieds sur terre, respira posément. Il aurait été très facile de lui répliquer quelque chose sur l’inutilité de la chemise ou juste deux trois mots pour enflammer son Riche Héritier et se vautrer dans des draps en satin impeccable. D’autant plus que son regard si clair avait quelque chose de très chaud, qui a dit que le bleu vert était une couleur froide ? Elle se racla la gorge mais son petit manège pour paraître sage était biaisé par un sourire complice, elle partageait les idées saugrenues qu’il avait en tête, c’était évident.

Malheureusement pour lui, pour eux… « Pas très loin, non. » Et ils étaient connus pour être rapides, ces livreurs de sushis. Elle avait souvent fait appel à eux quand Dior avait trop bu pour aller lui en chercher… Alors qu’elle avait jusque-là légèrement frissonné, il lui semblait que l’atmosphère devenait de plus en plus tiède. Sans doute son radiateur… sans doute. Pas… elle se mordilla la lèvre… pas son regard qui avait l’air de crier famine. Pas sure que les sushis le contentent… La Rouquine se pencha un peu et n’eut pas beaucoup de mal à coller ses lèvres contre les siennes, se laissant un peu plus de temps pour l’emprisonner, et y succomber. C’était sûr maintenant, la bouche d’Esteban était chaude, et avide, elle allait se compromettre avec son Prince à peine deux heures après leur premier rendez-vous…

« Attends. » Le stoppa-t-elle, se décollant légèrement, et calant ses deux mains sur ses joues. « Est-ce que… En général mes flirts commencent tous comme ça. » Bim, pas sûre que ce soit ce qu’il avait envie d’entendre à ce moment précis mais… Elle passa son pouce sur la lèvre de son Fils de Gouverneur. « J’aimerais bien faire les choses correctement cette fois. » Murmura-t-elle dans un léger baiser.

Elle avait menti, trahi, manigancé et joué la comédie… Exactement comme elle agissait toujours, pour impressionner un garçon, qu’il soit bien né ou pas. Elle avait minaudé et fait son œil de biche, ça avait été … facile. Il était touchant et il était parfait dans ce rôle de Fiancé idéal. Il venait de prendre quelques niveaux supplémentaires en devenant vraiment très attirant, elle l’avait vu changer après l’avoir embrassé, il émanait de lui quelque chose de plus royal, de fort, presque comme un lion. C’était sexy, elle adorait ça.

En réalisant que les couper ainsi allait sans doute briser cette nouvelle attitude conquérante qu’il avait eue suite à leur premier baiser, Erin voulut immédiatement le rassurer. Se jeter sur lui l’aurait, c’est sûr, beaucoup rassuré… Mais elle faisait toujours ainsi ! Elle se laissait séduire ou séduisait, elle passait à la casserole dès le premier soir, s’étouffait dans un oreiller et ne revoyait plus jamais le mec qui l’avait sautée ! Voilà ! Est-ce qu’on agit pareil avec le Père de ses Enfants Riches et Célèbres ?

Non mais… elle chercha un autre moyen de se rassurer. De le rassurer. Même si le langage des yeux était bien plus percutant, parce que les deux billes brunes qu’elle lui offrait étaient brillantes d’émotions, et c’était sa bouche qu’elles fixaient. Elle se redressa et remis de l’ordre dans sa coiffure, machinalement. Pour essayer de se calmer.

« J’ai très envie de t’embrasser. » Encore. Mais ça n’aiderait pas à se calmer. « Mais, peut-être qu’on pourrait… manger. Et boire un verre. Et discuter. Et … » Des phrases courtes, c’était la clé d’une bonne respiration. « Et se donner un deuxième rendez-vous. » Elle regrettait déjà ses paroles. Comment attendre un deuxième rendez-vous. Pourquoi ? Prendre son temps c’était pour celles qui faisaient les choses correctement. Elle faisait tout de travers, couchait avec son kidnappeur dans un hangar délabré, faisait du chantage affectif à sa meilleure amie et animal de compagnie jusqu’à la dégoûter de sa présence et jusqu’à ce qu’elle se taille. Elle l’avait même embrassée…

Erin était prise entre deux feux… S’il avait été un type rencontré dans un bar, louche, un peu mal rasé, avec des mains sales, elle aurait craqué sans se poser de questions, enfin si, elle aurait été immédiatement faire un bilan de santé… Mais là, ce n’était pas Monsieur tout le Monde…
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Lun 10 Mar - 12:31

"... C'est bien dommage."

Les sushis allaient arriver rapidement. Esteban n'avait jamais eu à ce point envie de sauter un repas. Impossible cela dit de rappeler le traiteur pour annuler la commande. Qu'à cela ne tienne ! Ils pouvaient toujours s'occuper un moment, et réserver leur efforts pour l'après-repas. Comme Erin l'embrassait, Esteban desserra la bride, et répondit avec plus de vigueur qu'au préalable. Il goûtait ses lèvres avec une impatience avide, qui en disait long sur ses intentions.

Autant dire qu'il ne s'était pas attendu à être stoppé à ce stade de la soirée. Du peu d'expérience qu'il avait, ça pouvait se passer mal avant, après, mais à ce moment précis, il n'y avait pas de raisons que quelque chose déraille. Alors pourquoi s'éloignait-elle ? Le jeune homme fronça les sourcils, envahi par un désagréable sentiment d'incompréhension. Tous ses flirts commençaient comme ça, disait-elle. Insinuait-elle qu'il manquait d'originalité et que ça l'avait refroidie ? Mais... mais... Qu'avait-il fait de travers encore ? Il était en train de se dire qu'il n'allait même pas avoir besoin d'attendre la "malédiction du coup de fil" dont il semblait atteint : il allait se faire larguer avant que les choses soient officialisées. Puis elle rajouta une phrase que son esprit refusa d'abord d'analyser. "Faire les choses correctement, cette fois". Pour n'importe qui d'autre, ça aurait pu paraître prometteur. Pour Esteban, cela sonnait comme un glas, qu'il était seul à entendre.

Il prit juste suffisamment de distance pour la regarder dans les yeux et détailler son visage. Son regard la questionnait en silence. Faire les choses correctement ? Qu'entendait-elle par là ? Tout était parfait... Pourquoi gâcher ce moment ?

Il l'écouta s'expliquer, et il lui sembla que la situation était en train de glisser hors de son contrôle. Manger. Boire un verre. Discuter. Ça ressemblait à une manière de le rembarrer un peu tardivement. En temps normal, il aurait été déçu, mais ravi de se voir proposer un second rendez-vous, et une chance de donner un tour sérieux à cette histoire. Dans les circonstances actuelles, qu'il était seul à connaître, cette annonce anodine eut un effet dévastateur. Dire qu'il était déçu aurait été un euphémisme. Déchiré était plus près de la réalité. Incapable de cacher sa détresse, qui risquait de paraître exagérée, il chercha quoi dire, mais ne trouva pas.

Il lui semblait que son sang s'était glacé dans ses veines. Son coeur s'était arrêté, avant de reprendre, trop fort. La tête lui tournait. La panique montait. C'était typiquement dans ce genre de moments qu'il se rendait compte qu'il ne vivait plus au même rythme que le reste du monde. Pour les gens normaux, repousser une échéance, ce n'était pas un drame. Esteban quant à lui n'était jamais tout à fait certain de ce qui allait se passer d'une semaine sur l'autre. Un jour il pouvait être en forme, guilleret. Le suivant, couché et incapable du moindre mouvement. Si ça se trouve, la semaine prochaine, sa maladie allait s'aggraver brusquement et en dépit des pronostics. Il mourrait bêtement après avoir perdu l'occasion de vivre une dernière fois.

Il ne pouvait pas insister. Il en était incapable, et cela allait au delà de la simple politesse. Cela l'aurait rendu malade d'avoir l'impression de forcer quelqu'un, même si c'était en usant d'arguments verbaux. Il ne pouvait pas non plus la laisser croire qu'il était possible pour eux de construire quelque chose de "correct". Et il ne pouvait pas non plus lui dire pourquoi. Il était totalement coincé.  Il remarqua que ses mains tremblaient. Il fallait qu'il se calme, mais c'était compliqué, quand il avait l'impression de s'être fait briser l'organe cardiaque en petits morceaux, et broyer les poumons par la même occasion.  Mince... Erin n'allait pas comprendre ce qui le mettait dans un état pareil. Il tenta de plaisanter, incapable de cacher sa contrariété. Esteban avait été habitué à obtenir tout ce qu'il voulait, quand il le voulait, sans attendre. Il lui était très difficile d'admettre qu'il y avait des choses qui ne tombaient pas toutes cuites lorsqu'il les demandait. Et encore plus lorsqu'il en avait désespérément besoin. Il y avait beaucoup de choses qu'il était capable d'offrir... Le temps était l'une des seules denrées dont il ne disposait pas en quantité illimitée.

"... Techniquement, c'est déjà le second rendez-vous, même si je dois avouer que le premier n'a pas duré très longt..."

Inutile de se donner l'air bravache, son organisme facétieux avait reprit le dessus sur lui. Il eut une inspiration sous forme de spasme, exagérément ample. Il ferma les yeux et porta une main devant sa bouche. Bon sang ce n'était pas le moment de faire une crise... Il n'y était pas encore tout à fait, et espéra que ça n'avait été qu'un "avertissement". Deux secondes plus tard, il eut l'impression de se prendre un seau d'eau glacée sur le crâne. Il pâlit, et eut un nouveau spasme. Mort de honte, il se détourna, plongea son visage dans ses mains, et tenta de se calmer. En vain. L'idée d'être en train de craquer à côté d'Erin le contrariait tellement que ça entretenait le cercle vicieux.

"... Je suis désolé... Ça va passer..."

Nouveau spasme, accompagné d'une crise de tremblements. Flute alors... la tétanie et les sushis, ça n'allait pas faire bon ménage.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Lun 10 Mar - 13:43

Les membres d’Erin se raidirent en constatant le changement brutal d’attitude d’Esteban. Elle ne s’était attendue qu’à deux solutions, soit il comprenait et acquiesçait, conciliant, gentleman, charmeur, et essayait de tout faire pour qu’ils se calment tous deux. Soit il trouvait son explication absurde, déplacée, et il montrait un visage tout autre, celui d’un jeune homme qui la veut tout de suite et il la couchait sous lui.

Les deux solutions en fin de compte, elle en aurait fait son affaire… Bien sûr, elle n’avait pas volontairement joué les briseuses d’élan dans le seul but de le faire sortir de ses gonds pour se laisser un peu brutaliser… Même si elle en aurait été capable. Elle voulait juste faire comme il faut, avoir un rendez-vous, un baiser chaste, des promesses, des tremblements quand son mobile sonne et qu’on voit écrit
« ELD <3 <3 » avec une photo prise à l’arrachée… stresser pour un second rendez-vous, mettre des heures à se préparer, avoir les mains moites de l’apercevoir, le guetter à la sortie des cours…

Elle n’avait jamais pu faire ça ! Avoir un béguin, flirter, faire monter le désir, sortir, aller au cinéma, se prendre la main et trouver que c’est l’extase… Non ! Elle, elle fonçait, jouer les femmes fragiles et fatales à la fois, claquait des doigts, aguichait et avait ce qu’elle voulait. Une nuit, ou une après-midi, des sensations violentes, de la sueur et … c’est tout. Plus rien ensuite.
Un sursaut la fit d’autant plus déchanter. Il avait l’air vraiment, vraiment contrarié. Normal ! Il ne devait rien piger à son petit jeu absurde ! Un mec et une nana se plaisent ! Ca se passe toujours comme ça ! On se roule des pelles, on se déshabille à la hâte et on fout le bordel dans son studio. Elle l’avait déçu, mais ce qu’elle lisait dans ses yeux était mille fois pire que ça. Ca avait l’air d’être la chose la plus horrible qu’on lui ait jamais fait. Et d’habitude, elle aurait eu un rictus, parce que c’était une attitude très capricieuse, ah le petit fils à papa n’a pas son jouet hein ?

Elle déglutit, incapable de penser de cette manière. Elle culpabilisait, et en même temps, se sentait brisée parce qu’il ne comprenait pas. Comment le pourrait-il ? Elle ne lui avait rien expliqué de très clair. Ca avait l’air tellement grave pour lui…
Son trait d’humour lui arracha un petit rire nerveux, mais Erin ne savait pas si elle devait lui donner raison et, tant pis, le prendre dans ses bras, ou si c’était cynique pour lui faire du mal volontairement. Oubliée la chaleur de ses lèvres, la Rouquine sentait un vent glacial dans la pièce, comme si une fenêtre était ouverte.
Elle eut un nouveau sursaut, Esteban venait de se recroqueviller sur lui-même, il tremblait, respirait comme un mourant dans un appareil à respiration assistée et elle ouvrit de grands yeux paniqués. C’était quoi ça ? Il … faisait une crise de … elle ne savait pas quoi, mais il voulut la réconforter, mais sa voix disait tout le contraire.

« Hé ! Hé…. Euh… » Elle se mit à genoux sur son lit pour s’approcher de lui au plus près, et se pencha vers son visage, caché dans ses mains. « Qu’est-ce qu’il y a ? » Elle se sentait coupable, encore plus que lorsqu’elle avait trahi sa copine, c’était sa faute s’il se sentait si mal ? C’était possible ça ?

Lui parler… lui parler était la seule chose qui lui semblait pouvoir faire. Elle ignorait les gestes à faire, n’avait jamais suivi aucune formation de premiers secours, elle trouvait ça inutile, elle comptait sur sa bonne étoile, son chéquier et sa grâce naturelle pour attirer toujours un beau chevalier à son secours si elle avait un problème.
« Tu n’as pas l’air bien… Laisse-moi t’aider, tu veux un verre d’eau ? » Elle n’attendit pas son aval, impossible de rester sur place immobile, elle se sentait trop nerveuse pour ça. Erin se leva d’un bond, ouvrit deux placards en hauteur, trouva de merveilleux verres à pied… mais n’eut pas le temps de s’en attendrir, fit couler l’eau à l’évier et lui apporta. Ce sera de l’eau municipale pour Monsieur, tant pis, elle aussi rechignait à boire autre chose que de l’eau minérale … « Excuse-moi. Je suis tellement désolée, je ne savais pas. » Elle se mordit la lèvre en plissant les yeux devant son impuissance. « Je ne veux pas … juste… coucher avec toi. J’en ai envie, je t’assure. » C’était lamentable, il était parcouru de spasmes et elle le serinait avec ses explications égoïstes. Son frère avait toujours eu des problèmes respiratoires, mais il avait longtemps été placé en résidences, centres, écoles. Elle n’avait jamais trop eu à affronter ses problèmes de santé, et était assez peu confrontée à la maladie, même un rhume en réalité… Et se dire que cette quinte était à cause d’elle…

C’était ça. Elle avait été prise à son propre jeu. En tendant le verre d’eau, Erin sembla devenir livide. En réalité… Esteban voulait juste coucher avec elle. Juste ça. Tout de suite. Et… et qu’elle veuille prendre son temps le dérangeait parce qu’il n’avait pas l’intention de la rappeler ensuite. La gorge lui piqua. Soit il était un monstre immonde qui jouait la comédie du parfait Hipster timide, soit c’était un véritable connard. La main qui tenait le verre à pied tremblait. Est-ce qu’elle c’était faite avoir ? Pitié non… être capable de tout manigancer d’une telle main de maître était terrifiant. Tellement meilleur que ses propres méthodes…
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Lun 10 Mar - 18:17

Mince... Et voilà que par dessus le marché, il était en train d'inquiéter Erin. Elle ne devait absolument rien comprendre à sa réaction, et il la comprenait. Il lui manquait presque tous les éléments pour cerner la situation. Il avait cru qu'il pourrait oublier ses problèmes juste un soir... Jusqu'au douzième coup de minuit, avant que le sort ne soit rompu, et pof ensuite revenir à sa réalité. Ça aurait pu être possible si Erin n'avait pas été intéressée par une relation à long terme. Vu la manière dont elle avait orchestré tout ce manège, il s'était bêtement dit qu'il ne l'intéressait peut-être que superficiellement.. C'est vrai, quoi ! D'habitude, personne ne voulait de lui ! Comment aurait-il pu deviner qu'il allait tomber sur une opportunité pareille ? Bon sang, ce qu'elle lui proposait, il en aurait rêvé quelques mois auparavant ! Pourquoi fallait-il qu'il la rencontre alors qu'il était malade, et n'avait plus d'avenir à lui offrir ?

Le poids de la culpabilité se rajoutait à l'horreur qu'il ressentait. La conscience aigue de sa mort imminente l'amenait au bord d'un sentiment de déréalisation. Il avait été stupide. Donner le feu vert à quelqu'un alors qu'on lui cachait une information de cette importance, c'était mal.

"... Juste... une crise de spasmophilie... Désolé..."

A moins qu'il ne s'agisse d'une crise d'angoisse ? Il faisait les deux, et parfois la limite entre l'un et l'autre de ces problèmes était si fine qu'il n'était pas certain de savoir à quoi associer ses symptômes. Il ne savait pas si elle l'aurait entendu. Difficile d'articuler quoique ce soit d'audible lorsqu'il avait la tête coincée entre les mains.

Il allait falloir qu'il lui dise. Ça allait tout casser. Elle allait peut-être même le détester... Après tout, comme il essayait de se convaincre que ça allait être possible, il lui avait à elle aussi fait croire à des choses qui ne l'étaient pas. C'était vraiment égoïste... Il ne s'en était même pas rendu compte. Mince... Il s'apprêtait à mettre son court destin entre les mains d'une jeune femme qu'il connaissait à peine. Quel autre choix avait-il ? Après ce qu'il avait fait, il lui devait bien ça...

Il avait l'impression d'être au bord de l'évanouissement. Il avait envie de hurler. Il prit le verre d'eau qu'on lui tendait sans se rendre compte du tremblement dans la main de son invitée. Il était trop affecté pour remarquer son changement de comportement. L'eau fit du bien par où elle passait, et la décision qu'il avait prise de tout lui expliquer malgré ce que ça impliquait l'aidait à se calmer. Au moins savait-il ce qu'il voulait, maintenant, même si la décision n'avait pas été facile à prendre et risquait de le priver d'une nuit qu'il n'avait de toute façon pas le droit de voler. Il lui fallut encore quelques secondes pour réussir à retrouver un rythme de respiration correct. Il tremblait encore, il ne se sentait pas bien, mais il était capable de supporter ces manifestations si elles restaient à un niveau similaire. Il eut un long soupir, et se mit à regarder le sol avec un air maussade. Il faisait tourner le verre dorénavant vide entre ses doigts. Pensif, il cherchait un bon angle d'attaque.

"... Ecoute... Tu te souviens ce que je t'ai dit tout à l'heure, à propos de reprendre la discussion plus tard ? C'était... idiot. Je ne sais plus ce que je fais, je me laisse emporter, et après je me rends compte que je n'aurais pas dû... C'est juste impossible, je ne peux pas m'y résoudre. Je n'aurais pas dû te laisser croire que... Je ne peux décemment pas... te donner un deuxième rendez-vous, et te faire croire que tout va bien, alors que ça n'est pas le cas. Je t'assure, je serais vraiment heureux si ça l'était... Mais quand je t'aurais expliqué la situation, tu ne voudras sans doute même pas rester ce soir..."

La crise de nerfs rendait ses propos incohérents, mais au moins avait-il réussi à en dégager l'essentiel. Il prit son courage à deux mains, avant de lever la tête pour regarder Erin. Il avait toujours l'air aussi malade, et ses yeux brillaient un peu. Ça ne l'empêcha pas de lui jeter un regard insistant. Il voulait lui faire comprendre à quel point c'était important.

"... Écoute, ce que je vais te dire doit absolument rester secret. Et quand je dis absolument, je veux dire que je n'en ai parlé ni à Karl, ni à ma mère, ni à personne. Absolument personne. Tu seras la première à le savoir, et il faut que ça reste comme ça... Sinon, ça va avoir des répercussions que tu n'imagines même pas."

Il ne comptait pas aller jusqu'à lui expliquer la théorie qu'il avait élaboré dans son petit guide de "survie d'un Luz-Descalzo confronté à un autre Luz-Descalzo". Il ne voulait pas l'impliquer plus que nécessaire : ça ne serait bon ni pour elle, ni pour lui. Mais elle devrait être capable de cerner l'ampleur du problème, et de se comporter selon.
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Lun 10 Mar - 19:10

Le masque tombait. Le masque tombait ! Il avait bu le verre d'eau et semblait dans une profonde réflexion et un ultime effort pour se calmer. Si resta silencieux, et elle, elle se demandait si elle devait penser, même si elle en était venue à la conclusion que c'était un abominable monstre capable d'être aussi bon acteur, juste pour la sauter. Mais quel con ! S'il lui avait tout de suite fait du rentre-dedans, elle aurait dit oui sans hésiter ! Un héritier d'empire politique assez fou pour se la jouer petit snob hautain et empoté face à elle... Elle aurait dit oui deux fois même ! Un gros vicieux qui voulait se la jouer, une partie de jeu de rôle pervers, elle aurait dit oui sans problème !

Elle l'avait entendu marmonner mais n'avait rien compris, elle resta à genoux, distante, méfiante même. Mais encore trop dégoûtée par le cheminement -certes faux- de sa réflexion pour faire quoi que ce soit. Lorsqu'enfin elle put entendre sa voix plus distinctement, la Rouquine aurait bien aimé pouvoir donner raison à Karl et ce "flot relativement intéressant", mais ce qu'il disait l'inquiétait. Et lui donnait raison... Il avait un truc lourd sur le coeur, elle sentait qu'elle allait être capable de pleurer s'il lui avouait d'un air sadique qu'elle avait totalement été bernée, qu'il avait tout orchestré d'une main de maître. Pas possible de lui donner de second rendez-vous ? Pourquoi ? Ah ! Parce qu'il voulait juste se la taper ! Elle avait raison. C'était affreux, Erin ouvrit de grands yeux incrédules...

Encore un type louche... Il n'était pas net, c'était certain, il parlait de façon continue, puis saccadée, ça n'avait pas de sens ce qu'il disait ! Lorsqu'il fixa son regard clair dans le sien, elle fut encore plus meurtrie. C'était dégueulasse de jouer comme ça avec elle ! Il lui plaisait, qu'il l'observe aussi intensément la mit mal à l'aise, et pourtant, il n'avait pas vraiment l'air de quelqu'un qui allait révéler une terrible machination...
Il ... avait plutôt l'air de quelqu'un d'anéanti, les épaules basses, il semblait las, dépassé, totalement déprimé... Mince... elle s'angoissa d'un coup. Et si elle avait mal compris ? A moins d'être un fou furieux, elle s'attendait à avoir un regard de pervers totalement dément quand il lui révèlerait le pot aux roses. Pas d'un mec paumé au bord de l'évanouissement...

Ca avait l'air de tellement l'alourdir... Erin déglutit, et comprit aux paroles qui suivirent la gravité de la situation. Ou plutôt, non, elle ne pigeait rien, mais le visage d'Esteban était assez expressif et son discours très clair... Il y avait un truc énorme. Un truc vraiment, vraiment affreux que personne d'autre ne savait. Un secret. Un très, très lourd secret.
Non ! Pourquoi à elle ? Elle ne savait pas tenir les secrets, elle serait attachée à lui ensuite, que ce soit un mec bien ou pas, que ce soit un pervers ou pas, que ce soit un ami ou pas... Elle serait garante de quelque chose qui la dépasserait, vu sa tête d'enterrement... Elle se tritura les doigts, ce regard sur elle la laissant encore plus pâle.

"C'est.... à propos de ton père ?" Elle trouva sa voix ridiculement aiguë, car sa gorge était serrée. Elle s'était trouvé dans des situations très effrayantes, elle avait déjà risqué sa vie... Mais là... l'adrénaline n'était pas là pour l'aider à faire face. C'était la première idée qui lui était venue en tête : elle savait bien sûr ce que les journaux disaient sur Esteban et son paternel, elle avait volontairement décidé de ne pas y penser, d'écarter ces faits-là pour vivre son petit conte de fée tranquillement... Erin n'avait cependant aucune envie d'entendre des révélations sur les agissements du Gouverneur sur son fils. Elle eut un frisson de dégoût dans le dos, et osa braver le regard de son hôte, se reprenant du tout au tout.

Quoi que ça puisse être, c'était impensable. Et si c'était un Outre ? Cette pensée la fit presque se relâcher. Ce serait tellement peu de choses... Erin en vint à souhaiter très, très fort que ce soit ça. Un Métamorphe ou un Wiccan, un Vodoun ? Pitié, pas quelque chose de grave, comme une maladie transmissible par la salive... Elle fronça les sourcils de frayeur.

"Je te promets que je ne dirai rien. Mais... t'es pas obligé." Insista-t-elle, ayant réussi à se calmer un peu, et elle prit sa main fermement, pour se donner du courage. "Ne t'oblige pas à me le dire, tu ne me dois rien. On a chacun notre vie, et nos parts d'ombre... Ne te sens pas forcé de me révéler quelque chose qui a l'air de vraiment, vraiment être important pour toi, sous prétexte que... enfin qu'on s'est embrassé, ou qu'on... allait....peut-être..." Elle s'enfonçait et préféra conclure rapidement, fermant les yeux une seconde, et rouvrant les paupières, plus forte.

"Je respecterai ton choix. Et si tu veux vraiment me dire ton secret, je le garderai pour moi. Mais si tu préfères qu'on s'arrête là... Je rentrerais simplement chez moi, promis, je ne t'embêterai pas." Oh bien sûr, une fois chez elle, elle serait déprimée un temps, et ensuite furieuse car vexée de s'être faite rembarrée... Ou peut-être d'avoir joué les gentilles Princesses alors que rien de toute ça ne serait arrivé si elle avait juste fermé sa bouche et ouvert ses cuisses... Mais qu'est-ce qui lui avait pris ?! A l'heure qu'il est, elle sera nue contre ELD à batifoler dans les draps, au lieu d'être fermement immobile, et prête à tout entendre...
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Lun 10 Mar - 20:17

Il aurait fallu être idiot pour ne pas remarquer qu'Erin était angoissée. Et Esteban l'était un peu, idiot, mais pas suffisamment pour ne rien voir. La charge qu'il lui imposait était énorme. Pourtant il n'avait pas d'autre choix. C'était sa faute... Il n'aurait pas dû marcher. Il n'aurait pas dû se laisser aguicher. Mais voilà... Il n'avait que dix-huit ans, elle était très convaincante, et il n'avait pas su gérer la situation comme il l'aurait dû. Une fois de plus, il se retrouvait responsable de quelque chose qui le dépassait complètement. Une lueur indescriptible vacilla dans son regard vert quand elle lui demanda si son secret avait à faire avec son géniteur. Il n'aimait pas vraiment parler des rapports qu'il entretenait avec Darian Luz-Descalzo. Il acquiesça lentement, l'air de dire que ça n'était qu'à moitié vrai:

"... Les conséquences sont en rapport avec le procès, donc on peut dire ça comme ça..."

Il attendait qu'elle lui promette le silence, parce que si elle parlait, ça allait être juste catastrophique. Esteban fut rassuré qu'elle accepte de se taire, mais il restait très tendu. Pendant un instant son regard s'égara. Il envisageait la possibilité qu'elle lui laissait. Ne rien dire... La laisser partir. Ne pas l'impliquer. Ne pas s'impliquer plus avant. Ça aurait été LA solution raisonnable. Pour eux deux, ça aurait sans doute été le mieux. Malheureusement, Esteban n'était pas connu pour être raisonnable. La chaleur de la paume d'Erin était contre sa main. C'était réconfortant. Bien sûr, il avait Karl... Mais se faire une nouvelle amie - même si ça devait en rester à ce stade - était revigorant. Maintenant qu'il avait dit tout ça, il se rendait compte qu'il avait un besoin désespéré de parler à quelqu'un de ce qu'il avait sur le cœur. C'était horrible, de devoir cacher quelque chose d'aussi grave... Il nageait seul au milieu de la tempête, et même si il le faisait volontairement, il commençait à en avoir marre. Une ombre de regret passa sur ses traits. Son pouce glissa contre la peau douce d'Erin... Comment repousser cette main tendue ? Est-ce que c'était humainement possible, ou bien c'était juste lui qui était trop faible ? Il se prit à espérer qu'elle continuerait à être aussi compréhensive, même quand il lui aurait tout révélé.

"... Je n'ai pas envie que tu t'en ailles."

Nerveux, il se frotta un sourcil.

"Bon... Voilà..."

Quelques secondes de plus s'écoulèrent, qui lui parurent très lourde. C'était le moment. Il ne pouvait plus le repousser. Il prit son courage à deux mains grâce à une grande inspiration.

"Je suis malade... On m'a découvert une leucémie aiguë il y a quelques semaines. Je vais bientôt mourir."

Trois phrases terribles qui résumaient bien la situation. Esteban se rendit compte qu'il ne les avait jamais vraiment prononcées. Ça rendait cette fatalité bien plus réelle. Une émotion subite le prit à la gorge et ses yeux s'emplirent de larmes qu'il bloqua par réflexe. Il tourna la tête pour cacher cette brillance gênante. Il affichait l'expression de contrariété boudeuse qu'il prenait sans s'en rendre compte chaque fois qu'il  tentait de se blinder contre une chose ou une autre. Ça lui donnait l'air plus jeune qu'il ne l'était déjà, mais au moins ça lui évitait de sangloter stupidement devant son invitée. D'accord, il avait une bonne excuse pour le faire, mais il détestait lorsqu'il avait l'air trop fragile. C'était indigne de celui qu'il voulait être. Et puis ça n'était pas du tout dans les codes, en plus. Il se gratta le coin de l’œil. Un cil. Rien de plus.
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Erin Rosenbach
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MessageSujet: Re: L'Azzaro et l'Omega des Soirées Etudiantes    Lun 10 Mar - 21:10

Plus les minutes passaient, et plus Erin se sentait un peu moins forte. Elle avait juré, promis, lui avait laissé le choix de se dire au revoir et de faire comme si de rien n'était. Elle aurait juste invité un bobard, photo à l'appui, elle aurait raconter une soirée démente, des galipettes, et aurait juste fait parler d'elle, comme c'était son intention première. A mesure qu'Esteban approchait du moment où il lui avouerait son secret, la Rouquine sentait son coeur se serrer. Elle imaginait une tonne de choses, des affaires glauques, de la prison, de la drogue, peut-être des trucs encore plus sordides...

Il ne voulait pas qu'elle parte, et elle baissa les yeux sur les deux mains jointes. Il avait sans doute besoin d'en parler finalement... C'était une responsabilité qu'elle n'était pas sûre de vouloir endosser... Ca mettrait entre eux beaucoup de choses, elle prit une profonde inspiration alors qu'il sembla se jeter à l'eau.

Elle lâcha d'un mouvement brusque sa main, par réflexe, pour la plaquer contre sa bouche, par la stupeur. Ce qu'il venait de dire n'était ni glauque ni sordide. C'était d'une banalité affligeante. Erin se sentit immédiatement lourde d'un fardeau considérable, affligée d'une tristesse énorme, les larmes lui montèrent aux yeux. En réalité, ce n'était pas tant le fait qu'elle tienne à lui, soyons honnête, elle le connaissait à peine. Mais n'importe qui vous révélant cet tragique nouvelle deviendrait immédiatement comme le plus proche des parents. C'était un aveu trop horrible pour ne pas se sentir concernée. Du moins Erin en était-elle incapable.

Esteban allait mourir. Oh oui, comme tout le monde. Mais... dans pas longtemps. Il le savait. Elle n'y connaissait rien en maladie grave mais une leucémie... Un truc assez fulgurant pour être fatal en quelques semaines. Ses paupières faisaient son possible pour ne pas vibrer et elle retenait des tremblements. Au bout d'un temps qu'elle ne saurait mesurer, elle réussit à reposer sa main, lentement, sur la sienne, mais son visage était crispé.
Comment était-on censée réagir à une telle annonce ? S'effondrer ? Essayer de dire quelque chose au moins... C'était si... injuste ! Et elle avait l'impression d'être ridicule et impuissante. Ridicule, parce qu'elle s'était imaginé un homme dégueulasse, un monstre, qu'elle avait été capable de jouer avec les sentiments d'un mec qui allait mourir ! Bien sûr qu'il ne pouvait pas lui garantir de second rendez-vous ! La belle affaire ! Il allait crever ! C'était injuste !

Sa main sur la sienne trembla. C'était déplacé de pleurer alors qu'elle ne le connaissait que depuis deux jours. Comme si elle avait pitié ou que c'était un proche. Mais être face à l'implacable couperet... c'était... trop dur. Erin savait qu'il fallait parler, dire quelque chose. Mais quoi ? "Désolée" ? La belle affaire, de quoi ?! Qu'il soit malade ? C'était pas sa faute. Qu'il soit mourant ? Pas sa faute non plus, ça ne changerait rien d'être désolée ou pas. Mais c'était tout ce qui lui venait en tête.

Elle n'avait jamais perdu un proche, pas directement, son frère avait des soucis de santé, oui, mais pas au point d'avoir peur pour lui, ou alors elle était trop petite quand son état était plus grave. Elle avait toujours été dans un cocon, la seule mort à laquelle elle avait été confrontée, c'était éventuellement son propre décès, et de façon vraiment, vraiment affreuse.

"B... Bientôt... ?" Elle avait les yeux rouges, et ne put faire autrement que constater le geste d'Esteban. C'était la première fois qu'il avouait ça. A quiconque. "Je... sais pas... quoi dire." Articula-t-elle, se jetant sur lui. Elle le renversa sur le côté de façon maladroite et le prit dans ses bras. En le serrant fort contre elle, c'était la seule chose qui lui était venue en tête. Sa seule envie en réalité. Face à la mort, à la peur, un câlin réconfortant, juste être serrée et partager sa peine. De manière très infantile, c'est sûr, comme si elle cherchait le soutien de sa mère, ou voulait apporter elle-même son soutien.

C'était loin d'être passionné ou brûlant comme un baiser, c'était tellement plus sincère en réalité. Pas besoin de parler, de lui dire qu'elle était désolée, tellement, tellement désolée qu'il soit malade... C'était un sentiment débile ! Une étreinte un peu brusque mais réconfortante, du moins ce fut ce qu'elle produisit pour elle. Elle enfouit son visage dans son cou... comme si c'était elle qu'il fallait consoler d'être mourante...

Toc Toc Toc.

Elle releva la tête, les joues rougies. On frappait à la porte... Le livreur... Il ne pouvait pas tomber plus mal. Confuse, sans que ce soit sa faute, Erin bondit au sol, attrapa sa pochette, ouvrit la porte, paya, prit le sachet fermé de façon tellement étudiée, remercia, laissa un pourboire, referma la porte. Et eut un soupir soulagé. Ce petit coup de fouet lui avait légèrement remis les idées en place. Elle se sentait toujours bouleversée. Si c'était elle, à sa place, sans doute aurait-elle tout lâcher pour vivre à cent à l'heure jusqu'à en crever...

En avalant difficilement sa salive, la Rouquine fit quelques pas pieds nus pour rejoindre Esteban. Elle s'agenouilla près de lui, s'assit sur ses talons et l'observa en contre-plongé, assis sur le lit.

"Ca ne peut pas se guérir, hein ?" Elle se doutait bien que, s'il y avait un traitement, la fortune des Luz-Descalzo aurait pu acheter tous les laboratoires pharmaceutiques du monde. C'était une des rares choses que l'argent ne pouvait pas acheter... Elle posa les sushis parfaitement enrubannés dans un bel emballage à côté de lui, sur le matelas. "Tous nos problèmes ont l'air tellement... ridicules... comparés à ça." Elle soupira, le coeur gros. Si demain elle apprenait qu'elle mourrait bientôt, sans doute ne s'ennuierait-elle pas à aller en cours, elle passerait ses dernières semaines à vivre. Intensément. Claquer tous ses comptes en banque, partir à Bali, manger des vrais sushis au Japon, embrasser des inconnus et monter sur un podium en portant des créations de Grands Couturiers, à Paris.

"Je suis tellement désolée..." Finit-elle par lâcher. C'était sorti tout seul, elle n'y avait pas réfléchi... Il n'avait sans doute pas besoin d'avoir l'impression qu'elle avait pitié... Mais c'était son seul sentiment. Peut-être qu'il avait délibérément choisi de la suivre, de répondre à son invitation, et tout ça... parce qu'il se savait condamné, comme elle, elle embrasserait n'importe qui dans son cas ? Elle déglutit. Elle avait tout gâché. Avec un sourire triste, encore humide, elle reprit ses deux mains dans les siennes.

"Je ne dirai rien." Réaffirma-t-elle, avec un mouvement en menton ferme.
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