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 L'Evangile selon Mary

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Mary Bowes
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Emploi: Bibliothécaire / Leader du TPH
Age apparent: La grosse trentaine
Dangerosité:
10/30  (10/30)

MessageSujet: L'Evangile selon Mary   Lun 12 Aoû - 22:30

Mary ouvrit la porte de son bureau et y découvrit une pile de livres, abîmés. Reposant ceux qu'elle avait déjà au creux du bras sur une étagère, sans sourciller, elle contourna la table pour constater l'étendue des dégâts, et ne put retenir une moue agacée. Reprenant tout de suite son calme, elle estima qu’il n’y avait pas là de quoi envenimer sa journée.

Elle avait occupé sa pause déjeuner par une visiter à l’hospice, prendre quelques nouvelles de son père, et avait été cette fois encore attristée de le voir dans cet état. Il semblait cependant heureux, et si Dieu lui accordait la félicité dans cet endroit, alors il n’y avait rien qui pourrait la dissuader de l’y retirer. C’était pour son bien, et le bien de ses proches.

Une bonne partie de son après midi fut donc occupée à réparer comme elle le pouvait les ouvrages abîmes par des mains irrespectueuses, et recouvrir de nouveau d’un film protecteur, sachant pourtant qu’il ne serait pas à l’épreuve du temps ni des usages. C’était cependant la fatalité, et personne n’y pouvait rien.

Elle passa la main sur son visage, une fois son travail achevé. Elle ne sentait même plus le tissus de ce bandeau qui faisait partie d’elle depuis l’enfance, et n’y accorda aucune attention. Au mieux se contentait-elle de s’assurer qu’il était parfaitement positionné pour ne pas risquer d’exposer cet œil mort qui lui a valu des regards, tantôt apeurés, tantôt dégoûtés, tantôt moqueurs.

En redescendant les escaliers pour revenir aux rayonnages ouverts au public, Mary se dirigea vers les étagères où elle rangea les livres réparés, à la bonne place... Elle croisa quelques habitués, eut quelques sourires, et se dirigea vers les périodiques, qu’il fallait sans cette reclasser, car très consultés, et par des gens pressés en général, donc peu précautionneux. La Bibliothécaire remarqua à peine les quelques personnes présentes en cet fin d’après midi, tant elle était coutumière des lieux et des visages... Pourtant, il y avait quelques faciès qui attirèrent son attention. Des nouveaux venus ?
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MessageSujet: Re: L'Evangile selon Mary   Jeu 15 Aoû - 0:52

La jeune demoiselle était plantée devant la bibliothèque, ses milles sacs sur le dos et sa main disposée à sa hanche.  Elle dévisageait l'établissement, plantée là sur le trottoir, obstacle quasi invisible aux gens qui passaient à ses côtés, tous pressés qu'ils étaient, tandis qu'elle, elle était plongée dans sa longue, intense et futile observation de l'établissement.  Elle déviait ses mires noisettes et scrutait les sans abris étendus sur les grilles de ventilations extérieurs de la bibliothèque.  H'hmm... plus tard !

Le pas emboîté, la toute jeune avait franchi la volée de marches qui la séparait de la porte d'entrée, qu'elle ouvrait sans soucis, mais qui la passait avec un tantinet plus de fracas, pour garder en main chaque sacs sans qu'ils ne se coincent derrière elle.  Enfin, une fois passée, elle demeurait plantée dans le hall, songeuse, balançant son attention à gauche, à droite, devant et derrière, avant de se décidée à une direction tout à fait aléatoire.  Dans la rue, on occupe ses journées comme ça vient, sans presse ni emploi du temps, si bien qu'on pouvait passer des heures à observer une fleur étendre ses pétales sans y voir quelconques pertes de temps.

Alors se perdre dans une bibliothèque... c'est tout normal.  Elle s'arrêta d'abord devant le comptoir de l'accueil, posant ses deux bras croisés contre icelui et attirant l'attention - par son unique présence - de la bibliothécaire en poste.  

- Hé, dites moi un mot, m'dame, lui demanda-t'elle sans autres salutations précédentes, ce petit et éternel sourire joueur au coin des lippes.  

Elle n'eut droit qu'un vague papillonnement des cils de son interlocuteur qui, rien qu'à y voir, la regardait des pieds à la tête.  Elle observait ses bottes longues, ses jeans délavés et renforcés aux articulations, sa camisole trop large pour être une camisole féminine et sa dégaine, en général, tout à fait inappropriée pour l'établissement.  Deux lippes pincées, la bibliothécaire s'attarda également au bordel de sacs qu'elle portait et, plutôt que de se lancer dans une dangereuse conversation à propos des habits de la demoiselle, entama :

- « Vous devez laisser vos sacs à l'entrée, demoiselle.
- Ouais, d'accord, mais un mot ?
- Un mot, demoiselle ?
- Ouais, dites-moi un mot, n'importe lequel, un mot, c'est tout, le premier qui vous passe par la tête.
- ... liberté, demoiselle. »


La jeune Chetwood avait croqué tout un sourire au «premier mot qui vous passe par la tête» énoncée par la bibliothécaire.  C'était tout flattant.  Elle avait donc une tête qui donnait envie d'un mot comme liberté ?  Liberté ce serait !  Elle décrocha chacun de ses sacs et les posa, chacun à leur tour, dans deux ou trois cases différentes.  Une fois libérée de tout son trésor mobile, elle salua la bibliothécaire du chef, mot en tête, et s'aventura le long des allées.

Pourquoi le mot ?  Parcourant les rayons du bout de son index, le pas digne d'un voyage en ponton sur une rivière pas de vent, elle cherchait, au-travers les titres des bouquins, le mot en question.  Elle passait plus d'une allée de la sorte, avant d'atterrir au rayon des périodiques, où les mots sur les premières pages étaient nettement plus nombreux que les titres des romans : « La liberté pour tous ?  Outres et Normes, la... »

- Gagné ! fila-t'elle d'un ton de voix un peu trop levé, avant d'abaisser icelui en fin de phrase.  Elle pinçait ses lèvres et retenait le rire qu'elle tâchait de ravaler, en détaillant ses environs.  Avait-elle été entendue ? Oh puis zut, après tout...

Parcourant les quelques visages des mires, elle s'arrêta vers cette femme-là, elle-même toute observatrice, et s'avança tranquillement à sa dextre.  Elle fit mine de s'intéresser au premier journal qui lui tomba sous la main avant de lorgner vers icelle, s'enquérant :

- Hé, dites. Vous me fileriez un mot, m'dame ?  N'importe lequel !
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Mary Bowes
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MessageSujet: Re: L'Evangile selon Mary   Jeu 22 Aoû - 21:17

« Hé bien... » Avait commencé Mary avant de se stopper net.

Outre la surprise que cette présence avait fait naître, la dégaine et l’incorrection de cette jeune personne avaient déplu à Mary. Elle était comme les vieilles bibliothécaires, aimant l’ordre et le silence, le respect, la solitude, la réflexion... Comme si la vie était une bibliothèque en somme. Pas étonnant qu’une mine qui fasse aussi tâche et qu’une voix un peu trop haute perturbent le bon sens.

Mais Mary était avant tout une bonne chrétienne. Elle avait levé le nez vers l’accueil et avait perçu de son œil valide les haussements d’épaule et les regards insistants de sa collègue. L’apparence de la jeune fille était suffisante pour savoir qu’elle n’était pas vraiment au goût de tous ici. Plusieurs habitués avaient relevé eux aussi les yeux de leur journal, pour observer l’intrus.

Mais le Meneur du TPH garda un instant le silence, joignit ses mains contre son corps dans un geste machinal, comme pour se présenter dignement, et eut un sourire. S’il avait été d’abord forcé, sa raison avait bientôt prit le pas sur le léger dégoût inexplicable. Et bientôt son faciès était sympathique. Du moins autant qu’une femme austère et borgne puisse l’être.

« Hé bien je peux en effet vous prêter un mot, Mademoiselle. » Fit-elle en faisant quelques pas, l’enjoignant de la suivre sans un geste vers elle, sans doute pour l’éloigner des curieux. Mais surtout, pour qu’elles ne les dérangent pas avec leurs palabres qui brisait le silence de Cathédrale de ce lieu sacré...

« Me diriez-vous la raison pour laquelle vous le voulez ? » La curiosité était un défaut. Elle se confesserait. Mary marcha lentement dans une allée, l’une de celles sur la Théologie, sans doute l’une de ses préférées.

« Messie. » Sourit-elle en se tournant vers la jeune femme, scrutant de son œil encore vif ses traits. Elle avait l’air de vivre loin de toute existence normale. Dans la rue, parmi les ombres que l’on ignore. Elle semblait vive et sans cesse aux aguets, et bien sûr impertinente. Irrespectueuse. Ça, c’était mal. Alors qu’elle sentait que cette petite allait ouvrir la bouche et encore troubler le calme de ce lieu, Mary leva l’index vers sa bouche pour l’inciter à plus de sobriété.
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