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 Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov

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MessageSujet: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Jeu 11 Oct - 23:36

Plus fort, plus vite, plus loin… Les petites jambes frêles de la jeune Russe battaient le pavé, luttant contre les souvenirs atroces qui remontaient à la surface. Un mot, un déclic… Une image était remontée en son esprit et, le temps qu’elle réalise, les larmes roulaient déjà sur ses joues, le sentimentalisme liés aux souvenirs se révélait plus fort que son optimisme à toute épreuve. Des torrents se déversaient de ses grands yeux bleus candides… Et, en un claquement de doigts, la demoiselle avait fui, tournant le dos à Ray, son ami et protecteur du soir, sa retrouvaille inespérée et inattendue, comme si, symboliquement, elle avait cherché à renier ce passé douloureux. N’avait-il donc aucun cœur pour ne pas prendre de gants avec elle ? Pourquoi lui avoir lâché cet indice de cette manière ? Espérait-il que sa mémoire retrouve le chemin d’elle-même ? Mais c’était horriblement dangereux, malheureux ! Un traumatisme comme le sien ne pouvait être abordé de la sorte ! Il fallait y aller plus en douceur, avec des gants… Gants, mains, doigts… Son calepin ! Elle l’avait oublié sur le lieu de la révélation ! Sous le choc, elle l’avait laissé glisser entre ses mains, le laissant s’échouer sur le trottoir quelque part, là-bas, dans l’une des rues fréquentées de la Nouvelle Orléans. A cette heure avancée de la soirée, il serait impossible de le retrouver même si elle rebroussait chemin. Ils n’étaient tous deux passés que par des rues mal famées et il était évident que ce fichu calepin aurait disparu sans laisser de traces ni d’adresse. Les êtres humains faisaient feu de tout bois… Et ce carnet usé, aux pages cornées, finirait sans doute son existence au fond d’une poubelle en flammes, pour réchauffer le cœur et le corps de quelques pauvres âmes errantes au cœur de la nuit…

Avec cette perte, elle perdait aussi, malheureusement, tout moyen de communiquer. Comment allait-elle bien pouvoir faire ? Enfin, pour le moment, elle ne pensait même pas à tout ça. Elle continuait de courir, purement et simplement, à travers rues et ruelles, bousculant les quelques personnes qui croisaient sa route. Les chemins bétonnés se transformaient peu à peu en voies terreuses et herbeuses, les souliers de la blondinette ne tapant plus aussi durement, foulant simplement l’herbe qui se formaient peu à peu sous les semelles de ses chaussures. Totalement soumise aux remous internes provoqués par ses émotions, le regard trempé de ses larmes, le paysage était devenu brouillé et peu visible et reconnaissable. Il défilait devant elle, aussi vite que le vent, aussi vite que ses pas, que ses foulées, pouvaient l’emporter loin du lieu de la remontée de ses tristes souvenirs. Courir lui donnait l’impression de les fuir. Mais était-ce vraiment le cas ? Bien sûr que non… On ne pouvait pas s’éloigner d’un passé par la distance terrestre. Il était là ancré, tapi, au plus profond de son être. Elle devrait apprendre à l’accepter, à se le remémorer avec un certain détachement. A l’aveugle, elle s’était donc éloignée du centre-ville de la Nouvelle Orléans, arrivant en périphérie de la ville. Logiquement, son instinct aurait dû la mener à son lieu d’habitation actuel, à l’endroit où elle vivait jusqu’il y a peu avec sa grand-mère paternelle. Mais, lorsqu’elle s’arrêta enfin, le souffle court et les poumons douloureux d’une telle course effrénée, le paysage qui s’offrît à elle s’avéra… Stupéfiant. Se frottant les yeux pour être sûre de ce qu’elle voyait devant elle mais aussi pour sécher les larmes qui inondaient encore ses yeux, elle dût se rendre à l’évidence… Tout n’était que désolation…

La bâtisse qui se dressait devant elle – si tant est que l’on pouvait dénommer la propriété ainsi – ne se résumait qu’à des débris et décombres calcinés… Immédiatement, devant ses yeux écarquillés, les images d’un passé lointain remontaient de nouveau, lui arrachant des chaudes larmes qui, à l’époque, n’avaient pas coulé, contenues tout au fond de son être, la demoiselle se dressant toute en grâce et retenue devant les forces de l’ordre qui avaient atteint la propriété. Le spectacle de cette nuit-là devait se révéler surréaliste. Une maison s’évanouissant parmi les flammes que les secours ne parvenaient pas à éteindre… Et une petite fille qui, du haut de ses sept printemps, ne laissait pas son visage trahir la moindre émotion, fixant les autorités de son regard d’un bleu pénétrant, avec l’incendie en toile de fond. Digne d’une scène des plus grands classiques de l’horreur. Depuis ce jour, sans qu’elle le sache elle-même, elle avait perdu la parole, se terrant dans un mutisme absolu. Une partie de son passé se réveillant à présent, allait elle pallier à ce traumatisme ? Impossible de le savoir… Emue par ce qui se dévoilait devant elle, tremblante, elle entreprenait pourtant d’avancer vers la demeure calcinée. Elle s’arrêta devant elle, n’osant la toucher ne serait-ce que du bout du doigt. A la fois contemplative et terrorisée par ce lieu riche en événements passés, la jeune fille eut un geste à la fois étonnant et pourtant si prévisible… Sortant le violon de son étui, elle le cala contre elle et, les yeux clos, elle commença à frotter l’archet contre les cordes avec talent et grâce. Une douce mélodie s’échappa du corps de bois et s’éleva dans les cieux, perturbant un peu la faune environnante qui se calma bien vite sous l’effet de cette musique apaisante. Un air triste et mélancolique, révélant l’état de son esprit et de son cœur en cet instant précis…

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William Delacroix
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Sam 13 Oct - 12:41

William avait repris du service depuis plusieurs jours. Après tout, il ne pouvait pas non plus éviter son devoir, même si cela devait impliquer de rencontrer Florence. Ils ne s’étaient toujours pas revus depuis « l’incident » de leur dernière rencontre mais c’était peut-être mieux ainsi, après tout, il n’y avait rien à expliquer, n’est-ce pas ? Il avait simplement été trop stupide pour croire à quelque chose qui n’était finalement qu’une sorte « d’espoir » mal placé. Et puis, d’une certaine manière, cela lui avait permis de faire la rencontre de Messaline. Il avait eu quelques nouvelles d’elle depuis leur première rencontre mais ne l’avait pas encore vue sonner à la porte de sa maison ou y rentrer, puisqu’elle en possédait les clefs. Il espérait qu’elle n’avait pas oublié la proposition qu’il lui avait faite mais, apparemment, elle semblait aller bien aussi n’avait-il aucune raison de s’inquiéter, du moins le pensait-il ainsi, plus ou moins assuré que la jeune femme aurait pensé à trouver refuge chez lui si le besoin s’en était fait pressant. De son côté, William avait poursuivi sa vie, et ce soir en était l’illustration parfaite puisqu’il traquait un Vampire qui semblait avoir pris ses quartiers en périphérie de la ville, du moins pour ses petites activités nocturnes. Il avait effectué un repérage pendant plusieurs jours et ce soir était « le grand soir » et, avec un peu de chance, l’histoire serait rapidement réglée. Aussi, au crépuscule, et sans se presser, il sortit de chez lui et se dirigea vers l’extérieur de la ville afin d’arriver au point de « rendez-vous ». La lune était levée depuis peu lorsqu’il arriva sur place et il fut surpris de voir qu’aucune activité ne semblait régner sur l’endroit . Sa proie devrait normalement être déjà entrain de s’occuper de ses affaires mais cela ne semblait pas être le cas… Décidant tout de même de faire une petite planque, le Traqueur se trouva un petit coin discret où il s’installa en attendant un peu.

Après presque une heure sans aucun mouvement, il décida qu’il pourrait revenir un autre jour et continuerait sa surveillance pour essayer de comprendre pourquoi sa cible n’était pas là. Peut-être avait-il été un peu moins vigilant cette fois-ci. Cela pouvait arriver. Il se leva, épousseta un peu les pans de son long manteau ouvert qu’il portait sur les épaules et se mit en marche, déambulant tranquillement sans se presser, après tout, il avait maintenant toute la nuit devant lui. C’est d’ailleurs au rythme de ses pas, dans le silence presque absolu de la nuit qu’un son bizarre vient titiller son ouïe. Il s’arrêta quelques instants et essaye de deviner ce que le vent semblait porter dans sa direction. Après quelques minutes, sans réellement déchiffrer ce son qui provenait jusqu’à ses oreilles, il décida de marcher dans sa direction afin de pouvoir enfin y mettre une définition claire et rationnelle. Tandis qu’il s’approchait, il distingua plus clairement le son qui se révéla rapidement être des notes de musique. Qui pouvait donc jouer de la musique à cette heure-ci dans un endroit pareil ? Il s’approcha encore et tandis qu’il gagnait en précision, il reconnut bien vite un violon. Son interrogation principale toujours en suspens il continua son chemin et commença à reconnaitre les lieux. Cela faisait une petite dizaine d’années qu’il ne s’était pas approché de cet endroit à proprement parler. Une vieille histoire qui l’avait marqué mais qui n’avait rien non plus d’exceptionnel. Une bâtisse enflammée, un incendie terrible impossible à maitriser et des gens qui assuraient que des gens se trouvaient à l’intérieur mais personne ne pouvaient y rentrer. William ne savait pas trop ce qui l’avait poussé à braver les flammes repoussant la nuit pour y trouver des survivants, mais, une chose était certaine, avec sa vitesse et sa force, il ne risquait pas grand-chose…

Il avait trouvé une petite fille au grenier, la seule qu’il était encore possible de sauver et qu’il avait emportée avec lui à l’extérieur sans réellement se faire voir. Après tout, il restait une Outre, et un Vampire de surcroit. Il se souvenait du regard de la jeune fille qui ne devait pas avoir dix ans à l’époque. Il ne connaissait pas son nom et n’avait jamais vraiment cherché à le connaître. Suite à cela, il avait suivi un peu l’affaire de loin, jusqu’à ce que l’orpheline soit confiée à d’autres membres de sa famille. De là, il n’avait pas cherché à faire quoique ce soit d’autres et n’aurait certainement pas eu l’occasion de faire quoi que ce soit. Après tout qu’aurait-il pu faire de toute façon ? Tandis qu’il s’approchait de la bâtisse qui n’avait même pas été rasée, laissée dans son jus comme un témoin presque indélébile de l’horreur qui l’avait frappée, il distingua la source de la musique. De dos, il ne pouvait que dire qu’il s’agissait d’une femme mais il dut encore un peu s’approcher pour reconnaitre celle qu’il avait sauvée il y avait de cela dix années. Que faisait-elle ici ? En pleine nuit ? Ce n’était clairement pas un endroit pour jeune fille comme elle, après tout, il n’était pas le seul à pouvoir rôder par ici. Surtout si une mélodie de violon se faisait entendre à plusieurs centaines de mètres à la ronde. Il s’approcha encore un peu et s’adossa à un lampadaire qui brillait là écoutant la mélodie mélancolique qu’elle jouait, repensant certainement à ses parents qui étaient morts dans l’incendie. C’était une musique qui venait du cœur, cela se sentait. Il attendit qu’elle termine pour se manifester en douceur. « Ce n’est pas vraiment un endroit pour une jeune femme, tu ne crois pas ? »
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Sam 13 Oct - 17:40

Les cordes vibrant sous l’archet et sous ses doigts, pas une seule fausse note ne venait troubler la mélodie que la petite russe avait décidé de jouer cette nuit en tête à tête avec la maison en ruines, objet symbole de sa douleur et de son traumatisme. Des retrouvailles de nouveau inattendues et ô combien douloureuses pour son petit cœur tendre déjà blessé par la remontée des souvenirs. Appliquée comme elle savait l’être, les yeux clos, elle jouait, inlassablement, ses doigts se crispant parfois sous la peine que ce lieu éveillait en son cœur. La rencontre avec Raymond ce soir et la révélation à demi-mots qu’il lui avait apporté avaient profondément troublé la jeune fille. Il n’avait suffi que d’un mot, d’une image associée, et un pan de l’armure spirituelle que son esprit avait dressé pour la protéger des souvenirs atroces s’était fissuré, avant de tomber avec grand bruit et fracas, ouvrant les vannes d’un flot incommensurable de larmes. Aussi loin qu’elle pouvait se souvenir, la tristesse n’avait jamais fait parti de sa vie. Du moins jusqu’à présent. Sa grand-mère paternelle avait toujours veillé à l’en protéger, veillant sur sa petite fille, devenue unique, comme s’il s’agissait de la prunelle de ses yeux. Une petite princesse grandissant dans un monde fait de merveilles et de douceurs en somme. Même le soir de la catastrophe, son regard azur et innocent était comme sec et à l’abri de la moindre larme de peine. C’était comme si la petite blonde ne ressentait aucune émotion… Perturbant n’est-il pas ? En proie à un traumatisme profond, elle n’avait simplement pas réalisé, ce soir-là, ce qu’il était arrivé. C’était comme si la catastrophe touchait des inconnus et non sa famille, son propre sang. Et il était tout bonnement impensable de verser une quelconque larme pour des gens qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Voilà toute l’explication.

Le soir du drame, sa présence avait éveillé la curiosité des autorités. Petit à petit, la mémoire lui revenait, bercée au gré des notes qu’elle laissait filer au gré du vent entre ses doigts. Elle se souvenait, grâce à l’intervention de Ray, des uniformes en tous genres qui s’étaient succédés devant son regard abasourdi au milieu de la scène enflammée et de leurs questions qui lui paraissait si incohérentes pour la petite fille de tout juste sept ans qu’elle était à l’époque. Puis, le bal des interrogations et des costumes s’était renouvelé dans sa chambre d’hôpital. Elle se souvenait à présent distinctement d’avoir entendu le médecin prononcer le mot « traumatisme ». Mais quel traumatisme ? Celui de sa mémoire perdue ? Une amnésie qui avait duré tellement d’années… Pas un seul moment elle n’imaginait que son mal était bien plus complexe encore. Comment aurait-elle pu croire un seul instant, alors qu’elle était plongée dans le silence depuis à présent onze ans, qu’elle n’était absolument pas muette de naissance ?! Pourquoi lui prendrait il l’idée folle de tenter de prononcer quoi que ce soit alors qu’aucun son n’était jamais sorti de sa bouche d’aussi loin qu’elle s’en souvienne ?! Des souvenirs vagues et flous qui remontaient de manière si abrupte ! Il lui était tout simplement impossible de chercher à ordonner le fil de ses pensées, aussi bouillonnant que les flots d’un torrent sauvage par jour de tempête. Il lui fallait encaisser toutes ces remontées imprévisibles, sans vouloir les empêcher non plus. Elle ne désirait pas savoir. Non, rien du tout. Mais son esprit vagabond et tenace ne lui avait pas laissé le choix. Le bouton déclencheur avait été amorcé. Il voulait qu’elle sache. Et elle saurait. Coûte que coûte.

Les larmes roulaient toujours abondamment sur ses joues depuis ses paupières demeurées closes. La mélodie s’achevait lentement mais sûrement, tandis qu’une odeur âcre de fumée revenait titiller ses narines. Les souvenirs à ce sujet restait – volontairement ? – flous. Sa mémoire cherchait elle à la préserver d’une manière ou d’une autre ce soir ? Avait-elle assez éprouvé la jeune fille fragile ? La dernière note s’évanouissait dans le vent alors que, dans son esprit, une image voilée se formait lentement. Au creux de la fumée dense, elle avait cru, un instant, apercevoir un visage. Manipulation malsaine des effets de fumée ou y avait-il véritablement eu une présence au sein de ce grenier enfumé ? Le violon ayant rendu son dernier soupir, la demoiselle ne prît pas le temps de le découvrir. Ses frêles jambes fatiguées venaient de lâcher sous le poids de l’émotion et Savannah se retrouvait au sol, à genoux. Durant cette petite chute, elle n’avait pu que lâcher son violon, échoué dans la végétation qui semblait avoir refait sa loi en ce domaine, utilisant ses mains pour contenir la peine qu’elle ne parvenait plus à assécher. Tant d’années dans l’inconscience et l’erreur… Pourquoi l’avoir préservé ainsi ? A quelle fin ?! Elle n’eût pas vraiment le temps d’y songer, le son d’une voix coupant court à toute réflexion. Le regard humide, elle releva son visage à la hâte vers la source inconnue. Stupeur ! Ces traits… Ils ne lui étaient pas totalement inconnus en fait. Mais d’où pouvait-elle connaître cet homme ? Tentant de reprendre contenance et de faire bonne figure comme toute fille de bonne famille – c’était là l’apprentissage auprès d’Olga Petrov – Savannah se redressa avec efforts dissimulés et, séchant les larmes qu’elle espérait masquer sous un sourire avenant qu’elle arborait toujours, ne sachant pas depuis combien de temps cette personne était là, elle se fendît en une gracieuse révérence, signe d’une éducation stricte et ancestrale. Nul mot ne pouvait franchir la barrière de ses lèvres et le calepin qu’elle transportait partout avec elle s’était échoué malencontreusement sur le macadam lors de sa fuite. Elle devrait jouer d’ingéniosité pour se faire comprendre…
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William Delacroix
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Mar 16 Oct - 2:31

Par courtoisie, William n’avait pas voulu interrompre la jeune femme tandis qu’elle exécutait une mélodie profondément triste mais incroyablement belle à l’oreille. Voilà longtemps qu’il n’avait pas entendu une musique aussi parfaitement exécutée, même si, dans un contexte comme celui-ci, il n’était pas certain de pouvoir réellement en profiter. Avec la musique, de nombreux souvenirs étaient également revenus à la surface chez lui, notamment en regardant la vieille bâtisse rongée par le feu dont il ne subsistait que quelques reliques calcinées. Il ne pensait pas qu’il reviendrait un jour sur les évènements d’il y a dix ans, encore moins qu’il y poserait les pieds à nouveau. Pour lui tout cela était clos. La petite fille avait été sauvée des flammes, et même si ses parents avaient péris dans l’incendie, elle avait au moins eu le mérite de pouvoir continuer à vivre, même si cela devait impliquer qu’elle devait supporter de terribles souvenirs, car, sans aucun doute, elle avait probablement gardé quelques séquelles de cette épreuve mais cela, il ne le savait pas et, d’une certaine manière, ce n’était pas ses affaires. Il n’avait pas songé à prendre des nouvelles de cette fille. Quoiqu’il en soit, il se voyait mal se présenter, à l’époque, à la petite gamine. Qu’aurait-elle fait face à un Vampire ? Elle n’avait pas besoin de connaître l’identité de son sauveur, cela n’aurait fait que la perturber davantage, du moins il en était convaincu. De toute façon, dix années après, il y avait peu de chances pour qu’elle se souvienne de lui et la probabilité pour qu’ils se croisent était certainement plus que faible. Peut-être même avait-elle quitté la ville pour oublier le passé et vivre une autre vie ailleurs. Ce qu’il se demandait pourtant en cet instant, c’était ce que pouvait bien faire cette jeune femme ici. Etait-elle venue chercher une inspiration quelconque devant ce lieu chargé d’un funeste passé ?

En réalité, il ne songea pas un seul instant qu’il ait pu s’agir de la petite fille qu’il avait sauvé dix années plus tôt. Tandis que la mélodie se terminait, il put la voir s’effondrer au sol, apparemment en proie à une émotion beaucoup trop forte pour elle. En l’interpellant, il espérait la ramener à la réalité mais surtout comprendre ce qu’elle pouvait bien faire dans cet endroit désert et potentiellement dangereux pour elle quand on savait quelles créatures pouvaient rôder dans le coin, spécialement à la nuit tombée. Toujours adossé au lampadaire, il l’observa se relever et essayer de faire bonne figure face à un inconnu et fut surpris de la voir faire une petite révérence à son égard. Tandis qu’il s’attendait à ce qu’elle prenne la parole, ne serait-ce que pour lui demander qui il était, elle n’en fit rien, se contentant de l’observer tandis qu’il faisait de même. Plongée dans l’obscurité, à peine baignée par un peu de lumière provenant du lampadaire, il ne distinguait pas grand-chose d’elle. Alors qu’elle persistait dans son silence, il se redressa avec une lenteur mais sans se presser, essayant de ne pas avoir l’air menaçant. « Je ne te veux pas de mal petite, tu n’as pas à avoir peur de moi. » Il s’approcha un peu, plus pour avoir une meilleure vue sur elle que pour autre chose en réalité. William aimait pouvoir mettre des traits sur un visage et pour l’instant, l’obscurité était trop importante pour distinguer quoique ce soit d’elle. Après quelques pas en avant, nonchalants, pour ne pas avoir l’air de vouloir lui faire un quelconque mal, il s’arrêta enfin. « Quel est ton nom petite ? » Il espérait avoir une réponse mais quelque chose lui disiat qu’il devait peut-être faire preuve de bonne volontés en premier. « Je m’appelle Will… »

Il s’arrêta net, tandis qu’il reconnaissait les traits qui s’épanouissaient devant ses yeux. Il n’avait pas de certitude mais pourtant la ressemblance était très frappante. Il la revit très clairement, cette petite gamine, gémissant, recroquevillée sur elle-même, entre les flammes, complètement perdue, désespérée. Oui, il la revoyait maintenant, parfaitement. Elle était un peu plus vieille maintenant, de dix ans, mais l’âge n’avait pas encore effacé la jeunesse de ses traits, du moins pas encore totalement. Elle avait grandi et c’était ce qui mettait encore le doute dans son esprit mais sa présence ici éclairait à peu près tout. Nulle autre personne n’aurait pu se trouver ici sauf une qui y aurait eu une quelconque raison valable et elle seule en avait une bonne, une très bonne. Après quelques instants, il se reprit enfin. « Tu… Tu es la gamine qui vivait ici lors de l’incendie de la maison, n’est-ce pas ? » La question était inutile, assurément, mais il ne voyait pas vraiment quoi dire de plus. Et, surtout, cette idée réveillait en lui des souvenirs bien plus précis qu’il n’aurait pu le penser. Il voyait danser devant lui, autour de la jeune femme pourtant à l’air libre, les flammes du passé qui se refermait sur elle et dont il l’avait sauvée il y a de cela si longtemps. Se souvenait-elle de ce passé douloureux et difficile ? Se souvenait-elle de celui qui l’avait sauvée des années auparavant ? Après dix années, il n’était pas certain que cela puisse être envisageable, mais, dans le doute, peut-être se souvenait-elle de son visage, car, après tout, lui, n’avait pas changé d’un iota depuis cet événement si particulier pour elle…
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Mar 16 Oct - 16:00

L’immense regard bleu azur d’où transcendait tant d’innocence et de douceur demeurait vissé aux traits du vampire qui s’était extirpé du manteau obscur de la nuit. Sans doute attiré par la mélodie – comme le conte avec les rats et le joueur de flûte, étrange similitude renvoyée par l’esprit -, il s’était dévoilé aux yeux de la demoiselle. Mais dans quel but au juste ? Les créatures de la nuit n’étaient-elles pas toutes, ou du moins pour la plupart, juste des monstres assoiffés de sang frais et en quête de proies faciles ? Savannah en aurait été une belle… Enfin, cela, c’était la croyance locale, répandue comme une traînée de poudre pendant des siècles, qui avait effrayé tant de générations à présent éteintes. Et la petite Russe n’en avait que faire. Premièrement parce qu’elle n’avait aucunement peur des Outres, quelle que soit leur race, et qu’au contraire même elle était susceptible de leur vouer un culte tant elle rêvait d’en rencontrer, les assimilant à des êtres merveilleux dotés de pouvoirs que nul autre ne pouvait détenir. Mais aussi parce que, purement et simplement, elle n’avait aucune idée de ce que représentait l’homme devant elle ni ce qu’était sa nature. Les souvenirs avaient beau lui revenir en mémoire, lentement mais sûrement – ainsi que douloureusement -, il était certaines choses qui ne changeaient pas. Et la naïveté et la douceur extrême de Savannah, tout autant que son idéalisme exacerbé, étaient les pièces maîtresses du jeu qu’était sa vie. La demoiselle avait toujours été ainsi et même les récents événements ne risquaient pas de modifier la donne. Il lui faudrait bien plus que ça, énormément même, pour rectifier le tir d’une telle insouciance, existante à ses risques et périls. Peut-être lui suffirait-il, un jour, d’apprendre les circonstances d’un tel carnage… Mais l’heure n’était pas encore arrivée et les indices et réponses aux énigmes encore fort éloignés de l’actualité.

Pour le moment, son regard si clair transperçait la nuit. Et, alors qu’il s’approchait, Savannah ne put qu’admirer ses traits de plus près. Nullement effrayée par la présence de cet inconnu, elle n’avait pas bougé d’un millimètre. Beaucoup auraient sans doute fui devant telle apparition, surtout au beau milieu de la nuit. Mais la blondinette était du genre à faire confiance aux autres sans détour. Le genre de jeune femme qui, petite fille, aurait pu se faire kidnapper au coin d’une rue sans faire de bruit ni rameuter qui que ce soit. Tout pour elle était simple. La bonté lui semblait être une qualité inhérente et propre à tout être humain. Il lui était tout simplement impossible d’imaginer le Mal, sous une quelconque forme. Aussi, la manière qu’avait William d’essayer de la mettre en confiance était tout bonnement futile et inutile. Nul besoin de se perdre en de telles banalités. Elle ne tournerait pas les talons et ne fuirait pas devant un inconnu qui ne lui semblait pas foncièrement mauvais ni agressif. Quoique, même les gens agressifs, elle ne s’en rendait pas compte… Mais, plus il avançait, révélant encore mieux son visage, Savannah ne perdait pas l’idée qu’il lui rappelait vaguement quelque chose. L’avait-elle déjà côtoyé ? Etait-ce un proche perdu de Babouchka ? Elle n’aurait su le dire. Ce dont elle était sûre, c’était qu’elle avait la certitude de l’avoir déjà croisé quelque part. Mais le souvenir qui y semblait lié demeurait intensément flou. Décidément, la soirée était prolifique au niveau mémoriel. Raymond, la maison… Puis, enfin, William. S’étaient-ils tous donnés le mot pour faire remonter des souvenirs profondément enfouis depuis des années ? Lorsqu’il se présenta à son tour, elle ne put malheureusement pas lui répondre. Ce dont elle se servait pour communiquer lui avait échappé des mains et elle ne trouvait aucun moyen de se faire comprendre dans l’immédiat.

Alors qu’elle cherchait vainement un moyen pour s’adresser à lui, tentant de dénicher un bâton à même le sol autour d’elle pensant qu’écrire dans la terre serait plus aisé, la voix de Will s’éleva de nouveau dans l’air, abordant une question qui retînt toute l’attention de Savannah. Lui aussi, il la connaissait peut être ? L’impression qu’elle avait ressentie en découvrant plus précisément ses traits n’étaient pas une illusion des sens ? Son regard azur fondît de nouveau sur le vampire et elle essaya de se faire comprendre comme elle le pût, avec les moyens du bord, c’est-à-dire de simples gestes. Pointant du doigt la maison, elle se pointa ensuite elle-même du doigt et hocha de la tête, sourire toujours aux lèvres. La situation n’était guère amusante. Mais elle ne se départissait jamais de son éternel sourire, doux et tendre à la fois. Refixant Will de nouveau, elle chercha la raison de cette question, l’explication à cette sensation de le connaître. Rien à faire. La mémoire avait trop travaillé pour ce soir. Se remettant à chercher un bâton, penchée vers le sol, elle en attira finalement un et se mît à écrire comme elle le pouvait dans la terre meuble et fatiguée de l’ancienne propriété Petrov.

- Enchantée Will. Je suis Savannah.

Quelques efforts avaient été nécessaires pour noter ces quelques mots dans la terre. Ses petits bras commençaient à fatiguer, tout comme le reste de son corps d’ailleurs. Assise sur le sol, elle releva la tête vers Will, cherchant toujours des réponses qui ne venaient pas. Si seulement elle avait pu déceler la surprise du vampire… Peut-être aurait ce été un indice intéressant !
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William Delacroix
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Jeu 25 Oct - 23:56

Revoir cette petite fille avait quelque chose de profondément troublant, plus qu’il ne l’aurait cru possible pour quelqu’un de sa trempe. Après des dizaines d’années, alors même qu’il pensait avoir tout vu, tout entendu, sur ce que le monde avait à lui offrir, il restait encore quelques situations pour le surprendre et le désarmer presque complètement. Elles se comptaient désormais sur les doigts d’une main mais elles existaient encore et c’était probablement ce qui lui permettait de tenir encore le coup et de ne pas sombrer dans une déraison qui semblait affecter tous les Vampires qui commençaient à prendre un peu trop de bouteille. William y échappait pour le moment, et, bien entendu, c’était pour le mieux. Toutefois, il restait un peu perplexe sur les raisons qui avaient poussé cette jeune femme à se retrouver devant la maison qui avait été le témoin de son propre drame, celui où elle avait failli mourir et où, surtout, elle avait perdu ses deux parents… Avait-elle besoin de se replonger dans le passé ? Ne voulait-elle pas plutôt mettre de côté ce genre de douloureux souvenir ? Enfin, toutes ces questions étaient peut-être inutiles et surfaites, peut-être ne s’agissait-il pas de cette même jeune femme, et peut-être qu’il ne se faisait que des idées. Après tout, peut-être avait-il oublié précisément son visage et peut-être qu’il ne faisait qu’associer des traits à peu près semblables et un lieu… L’obscurité ne jouait pas en sa faveur pour distinguer pleinement ses traits mais pourtant il doutait sincèrement de pouvoir se tromper à ce point… Il se souvenait d’elle, de cette petite qu’il avait soulevé de ses bras, aussi légère qu’une plume, qui pleurait encore doucement quand il l’avait déposé à l’extérieur avant de s’éclipser tout en s’assurant qu’elle serait retrouvée par les secours… Le doute était-il vraiment possible tandis qu’il sentait son regard se poser sur lui comme elle l’avait fait dix ans plus tôt ? Ce même bleu, obscurci par la nuit…

Il l’observa, attendant qu’elle daigne enfin répondre mais elle semblait chercher quelque chose au sol. Avait-elle perdu quelque chose ? Son violon peut-être ? Pourtant il n’était qu’à ses pieds… Et elle ne semblait pas aveugle, étant donné qu’elle regardait dans sa direction quelques minutes plus tôt. Puis elle se redressa soudain et commença à faire de grands gestes avec ses bras et ses doigts, pointant d’abord la maison puis elle-même avant d’acquiescer en silence. Il comprit rapidement qu’elle répondait par l’affirmative mais le procédé surprit un peu le Vampire qui n’était pas habitué à ce genre de choses… N’avait-elle pas l’usage de la parole ? Alors qu’il allait l’interrogeait sur cet état de fait, elle sembla trouver ce qu’elle cherchait un peu plus tôt et qu’elle s’était remise à chercher aussitôt après avoir répondu. Il s’approcha un peu, essayant de comprendre ce qu’elle faisait avec ce bâton et finit par arriver si près qu’il comprit qu’elle était entrain d’écrire quelque chose dans la terre meuble. Il se décala, laissant la lumière du lampadaire clairement éclairer l’inscription primitive mais, il fallait l’admettre, efficace. Savannah… Oui, c’était bien elle. Il se souvenait de ce prénom, martelé dans les journaux pendant quelques jours avant de disparaître de la scène publique. « Enchanté également Savannah. » Il remarqua qu’elle l’avait appelé « Will », il se demanda si elle l’avait fait parce qu’elle n’avait pas eu envie d’écrire tout son prénom ou simplement parce qu’il n’avait pu le terminer à cause de la surprise. Quoiqu’il en fut, ce n’était pas véritablement important, et qu’elle l’appelle Will au lieu de William était loin d’être un souci, car, après tout, tous finissaient par le faire ainsi. Plus court, certainement.

Tâtonnant son manteau, à la recherche de quelque chose, il finit par s’arrêter sur une poche intérieure et plongea sa main sous le cuir de son vêtement avant d’en sortir un petit carnet dans lequel il avait pour habitude de noter certaines informations lorsqu’il faisait des reconnaissances ou des recherches sur ses cibles. C’était une manière de conserver l’important, les détails, au cas où certains finiraient par lui échapper. Il sortit également un stylo et tendit les deux à la jeune femme qui, visiblement, ne pouvait s’exprimer qu’en écrivant ce qu’elle désirait dire. « Si tu ne peux pas parler, ce sera plus pratique que ce grand bâton. » Surtout s’ils devaient échanger plus que des salutations et, d’une certaine manière, c’était bien parti pour que ce soit ainsi. Il se tourna vers la maison et en observa les décombres dont il avait l’impression qu’il se dégageait encore la chaleur du brasier qu’ils avaient vécu tous les deux dix ans plus tôt. « Tu te souviens ? » Il se tourna et posa les yeux sur la jeune femme et eut vraiment l’impression de revoir cette petite fille miraculée. « Tu n’étais pas très grande à l’époque, je me souviens encore du regard que tu as posé sur moi… » Il soupira doucement. « Et toi ? Tu te souviens de moi ? » C’était une question un peu stupide, il fallait l’avouer. Mais peut-être n’avait-elle aucun souvenir de cette nuit et que tout ce qu’il évoquait n’avait aucune valeur pour elle, ou peut-être simplement voulait-elle oublier et cherchait à tout prix à éviter de ressasser toutes ces cendres de souvenirs qui avaient fini par décanter et se poser au sol. Peut-être n’avait-elle pas besoin que quelqu’un vienne pour souffler dessus et les faire s’envoler à nouveau dans un tourbillon opaque et sombre…
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Ven 26 Oct - 17:17

La nuit commençait à avancer, doucement mais sûrement, et la fatigue de la jeune fille allait de pair. Depuis plusieurs semaines maintenant, elle se débrouillait seule et survivait avec ce qu’elle pouvait, trouvant refuge dans l’ancienne demeure délabrée de sa grand-mère et se nourrissait grâce aux dons qu’elle parvenait à susciter du public fluctuant des artères grouillantes de la ville. Ce n’était guère mirobolant mais elle parvenait quand même, de temps à temps, à se payer de quoi se nourrir. Quand bien même, la nourriture du corps était si secondaire pour elle. Pour oublier la faim qui pouvait parfois – pour ne pas dire souvent – lui tenailler le ventre, elle se plongeait de bon cœur dans ses livres, revivant des aventures passionnantes et des récits d’autrefois. Un imaginaire si intense, si riche… Bien plus intéressant que sa misérable existence, pour laquelle quiconque aurait perdu toute espérance. Mais pas elle, non. Pour Savannah, la vie était un cadeau et il fallait s’en trouver heureux et reconnaissant. Alors, depuis toujours, la blondinette se comportait de manière adorable, bienveillante, malgré sa passion pour les fictions et contes qui la rendait, somme toute, décalée des autres jeunes gens de sa génération, voir même du reste de la population tout court. Peut-être était-ce pour cela qu’elle n’avait jamais eu d’amis… Ajoutez à cela une éducation stricte, austère et un apprentissage scolaire à domicile. Vous pouvez à présent imaginer sans peine le manque de socialisation dont qu'a pu vivre cette petite. Depuis le décès accidentel de sa famille, elle vivait simplement auprès de son aïeule, unique membre de sa famille restant. Olga Petrov était son unique point de repère, la seule personne à qui elle pouvait s’accrocher même si celle-ci était avare d’affection et de tendresse. Alors, à présent, sans elle… Il fallait bien trouver une autre manière de vivre. Et Savannah n’était pas sans ressources ni imagination. Fort heureusement !

Bercée par un timide halo de lumière provenant d’un lampadaire voisin, Savannah était restée là, stoïque, dans l’herbe folle, le regard innocent porté sur le vampire qui lui présentait à son tour ses hommages et dont elle ignorait totalement la caractéristique principale de buveur de sang. Ce visage… Les traits pouvaient ressembler, à s’y méprendre, à cette forme fumeuse émergée de la profondeur de sa mémoire. Mais c’était si… Si flou ! Il était impossible de dire avec précision si ce visage correspondait vraiment. Et puis, quand même, précisément onze années s’étaient écoulées depuis le drame. Comment pourrait-il être cet inconnu brumeux ?! Pour la jeune fille, c’était si difficile ! Alors qu’elle revivait à peine le drame de son enfance, il lui aurait été impossible de déceler certaines parties avec certitude. Pourtant, elle fouillait, avide de réponse, au sein même de son esprit perturbé et fragile. Si seulement, elle pouvait parler… Tout serait bien plus simple ! Tandis qu’elle était plongée dans ses pensées, le regard toujours porté sur Will, le dévisageant presque comme une bête curieuse, elle décela les mouvements de ce dernier et suivît chacun d’entre eux avec une attention toute particulière. Aucune crainte de le voir sortir une arme et la braquer sur elle. La demoiselle était à mille lieux d’imaginer une telle possibilité. Elle patientait, tout simplement, dans l’expectative de ce qu’il pouvait chercher ainsi sur lui. Ce ne fut que lorsqu’il lui tendît un petit carnet et un stylo qu’elle comprît. Hochant la tête respectueusement puis portant la main au niveau de ses lèvres pour esquisser un merci dans le langage des signes, elle saisît ensuite les objets tendus avec délicatesse, un sourire toujours affiché sur ses lèvres enfantines. N’étant pas curieuse outre mesure pour un sou de la vie d’autrui, elle tourna bien vite les pages noircies de notes pour l’ouvrir sur une page vierge et prête à être utilisée sous ses doigts fins tandis que Will se tournait vers les décombres. Un sursaut de mémoire pour lui aussi ?

Lorsqu’il se tourna de nouveau vers elle, lui adressant la parole avec les ruines en toile de fond… La Russe fut un instant victime d’hallucinations, de souvenirs remontant à la surface, balayant au passage toutes ses convictions les plus certaines. Toute sa jeunesse, on lui avait caché sciemment la vérité, ne lui remémorant rien de ses parents ni de ses frères et sœurs. Toute son enfance, elle avait vécu dans l’ignorance la plus complète. Il lui avait suffi d’une rencontre, une seule, pour fissurer les murs dressés autour de la mémoire du drame. Et tout s’était enchaîné. Elle avait fini par se retrouver là, devant William, au beau milieu d’une nuit sans lune, avec les ruines calcinées en arrière-plan. Pendant quelques instants, de nouveau, elle eut l’impression d’apercevoir les flammes lécher la carcasse de bois derrière le vampire, de sentir leur chaleur, de goûter à la saveur âcre de la fumée qu’elles faisaient naître par leurs ravages goulus. Une sensation étrange prît de nouveau vie en ses veines. Et, sans savoir pourquoi ni comment, elle avança rapidement vers celui qui l’avait sauvé plusieurs années plus tôt, abandonnant le calepin et le crayon qu’il lui avait tendu en chemin, comme si elle cherchait auprès de lui un refuge contre les terreurs du passé. C’était un sentiment irraisonné, indescriptible. Parcourue de sueurs froides, elle ne parvenait plus à regarder la maison en face. Levant son regard azur et terrorisé vers celui qui se révélait être son héros, elle tendît une main vers son visage, se hissant sur la pointe des pieds, pour frôler les traits de celui qui lui avait permis de continuer à vivre… Une manière de lui montrer qu'il lui était familier...
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Lun 29 Oct - 13:17

William n’avait pas eu souvenir de suivre une nouvelle, dans les journaux, faisant état du mutisme de la petite fille qu’il avait sauvé à l’époque. Avait-elle été traumatisée par l’accident au point de ne plus pouvoir parler ? Ou était-ce venu bien plus tard ? Peut-être avait-il oublié ce détail après dix années… Après tout, il n’avait pas non plus passé sa vie à observer de loin la miraculée de l’incendie de cette maison dont il ne restait que des débris calcinés et sans âmes. En dix ans, elle avait surement pu vivre d’autres évènements, marquants peut-être eux aussi, qui justifiaient qu’elle se soit emmurée dans un silence personnel mais, sans qu’il s’en rende vraiment compte, il dut admettre que cette curiosité, bien que normalement déplacée, le rongeait quelque peu. Qu’est-ce qui avait bien pu se passer pour qu’elle en arrive là ? N’aurait-elle pas pu profiter de la vie via la chance qu’il lui offrait de la poursuivre ? L’espace d’un instant, il songea qu’elle ait pu préférer mourir dans les flammes plutôt que de supporter la douleur de la survie orpheline. Après tout, qui pouvait supporter de voir ses parents disparaître et se retrouver seul du jour au lendemain ? Il était toujours délicat de survivre à ses proches, quels qu’ils soient. Le Vampire connaissait bien cet état de fait. Sa famille était morte, petit à petit, s’éteignant tandis qu’il continuait à vivre, éternellement jeune, profitant de la vie éternelle que lui avait offert une jeune femme qui, comme lui, ne faisait pas son âge. Il y avait de quoi devenir fou à voir ceux à qui l’on s’attachait finir par mourir et disparaître. Ce n’était pas comme les voir partir vivre leur vie ailleurs, mais bel et bien devenir vieux et s’éteindre, lentement. Il y avait de quoi en rendre fou plus d’un, pourtant… Il était toujours là, et apparemment sain d’esprit.

L’exemple typique était Messaline… La jeune femme était dans la fleur de l’âge mais les années finiraient par passer et elle mourrait elle aussi. Peut-être même plus tôt que d’habitude, à cause de son train de vie à cent à l’heure. C’était la raison pour laquelle il ne pouvait pas vraiment s’attacher, même s’il l’aurait voulu, même si, finalement, il le faisait à chaque fois. N’était-ce pas plus douloureux de se voir séparé de ceux qu’on appréciait vraiment ? Le pire dans tout cela était peut-être l’impossibilité d’avoir une descendance classique… Un Homme perd ses parents, toujours, à un moment de sa vie, mais il lui reste généralement ses enfants pour appréhender le futur et continuer son existence, mais, un Vampire, qu’a-t-il vraiment lui ? Il y a les infants, certes, mais peut-on réellement parler de descendance ? Il soupira doucement, repensant à Camille. Cela lui arrivait de temps en temps, mais c’était rare. Il était son Infant et, à l’époque, avait été davantage que cela, ils le savaient tous les deux. Pourtant, elle était partie. Il n’avait jamais su pourquoi. Ni mot, ni explication, ni rien. Cette absence de tout avait été claire pour le jeune Vampire qu’il était à l’époque. Elle ne voulait pas qu’il la cherche et il ne l’avait pas fait, se contentant de vivre sa nouvelle existence comme il pensait devoir la vivre. Enfin, tout ceci n’avait aucune importance de toute façon, plus maintenant, pas après autant d’années. Dix étaient beaucoup, plusieurs dizaines laissaient une empreinte indélébile sur les souvenirs et les sentiments passés. Comme pour éviter de ne trop divaguer, il s’était retourné vers la jeune fille qui possédait son carnet, apparemment prête à y écrire. Il se fichait bien qu’elle ait pu profité qu’il tourne lui tourne le dos pour lire quelques pages griffonnées. Il n’y y avait plus rien d’intéressant.

Tandis qu’il lui demandait si elle se souvenait de lui, maintenant convaincu qu’elle ne pouvait être que celle qu’il avait extirpée des flammes, il remarqua qu’elle semblait perdue elle aussi, ses yeux étaient vagues et ne le fixaient pas vraiment. Repensait-elle, elle aussi, à son passé ? Et puis soudainement, elle se jeta littéralement contre lui, laissant choir carnet et stylo, le serrant contre elle dans une étreinte surprenante. Pris au débotté, les bras un peu écarté par la surprise, il baissa le regard vers elle et croisa ses jolies prunelles azur et crut y déceler de la crainte. Il posa alors naturellement ses bras autour d’elle et la serra un peu contre lui avant qu’elle ne vienne déposer lentement sa main sur son visage. La sensation de cette main chaude contre sa peau froide le surprit davantage. Cela n’avait rien de sensuel, loin de là et tout était bien différent de ce contact avec Messaline, mais William avait l’impression que Savannah lisait en lui avec ses prunelles à la couleur du ciel. Il ferma les yeux quelques secondes. « Tu te souviens, n’est-ce pas ? » Il eut un petit sourire et rouvrit les yeux avant de s’écarter un peu de la jeune fille, posant ses mains sur ses épaules. « Cela fait longtemps que tu ne peux pas parler ? » C’était une manière de savoir, de satisfaire cette curiosité mal placée qu’il avait à son égard. Elle ne lui devait absolument rien mais le Traqueur était ainsi, il avait veillé sur cette petite fille à l’époque et cet espèce de sentiment « paternel » qu’il avait eu à l’époque revenait quelque peu à la charge maintenant qu’il se retrouvait de nouveau face à elle.
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Lun 29 Oct - 16:41

Pourquoi avait-elle agi comme elle venait de le faire ? Elle ne le savait même pas elle-même. Pourtant, au fond d’elle, quelque chose lui faisait comprendre qu’elle pouvait avoir confiance en lui, plus qu’en n’importe quel autre être encore de ce monde. C’était un sentiment irraisonné et pourtant si fort... Si intense qu’il en était devenu incontrôlable et qu’elle n’avait pas eu d’autre choix que de céder à cette impulsion soudaine et inattendue. Etait-ce cela la « petite voix » dont on évoquait parfois la présence aux jeunes enfants ? Toute sa vie durant, elle avait agi en fonction des ordres de sa grand-mère, les exécutant avec sa gentillesse naturelle, sans jamais chercher à comprendre pourquoi telle ou telle chose devait être effectuée. Un être candide à qui on pouvait tout demander sans crainte qu’il ne rechigne à la tâche en somme. Et pourtant, elle aurait peut être parfois dû se méfier de certaines demandes et actions faites au nom de sa grand-mère. Parfois, elle aurait dû douter… Mais, n’ayant aucun souvenir de sa vie passée avant le drame ni du soir du drame lui-même, il lui aurait été tout simplement impossible d’émettre ne serait ce que l’ombre d’un soupçon sur cette femme avare de tendresse et d’affection qui lui offrait le gîte et le couvert mais également une éducation même si celle-ci s’avérait différente de celle à laquelle les enfants de son âge avaient droit. Tout ce qui comptait pour elle, c’était, au fond, de pouvoir continuer à s’évader au fil des lignes et des pages. Et Olga Petrov lui permettait, une fois le devoir quotidien accompli, lui offrant même le violon dont elle se servait aujourd’hui pour gagner sa pitance journalière, tout en lui fournissant l’apprentissage nécessaire pour parvenir à en jouer. Alors, finalement… N’avait-elle pas une vie correcte et enviable sous certains points de vue ?

Toujours était-il qu’elle était à présent là, entre les bras d’un vampire dont elle ne soupçonnait toujours pas la nature même, sans craindre pour sa vie l’espace d’un instant. Pour William, il aurait été aisé de planter ses canines dans le cou de la blondinette sans ressentir le moindre état d’âme. D’ailleurs les vampires… En avaient-ils une ? Peut-être que la vider de son sang n’aurait, chez lui, éveillé aucun remord ni aucun regret. Pourtant, il n’esquissa pas l’ombre de ce geste assassin. D’ailleurs, Savannah n’aurait jamais imaginé qu’il puisse le faire, n’ayant aucune conscience de ce qu’il était. Et puis… La jeune femme était bien trop perturbée par ses propres « visions » pour imaginer cette possibilité l’espace d’un instant, aussi infime fut-il. Du moins, de prime abord. Car, en posant sa fine main sur la joue froide de l’homme qui la serrait dans ses bras, elle écarquilla un peu les yeux sous la surprise d’une température du corps aussi basse. Peut-être avait-il simplement froid… La petite Russe n’osait pas imaginer que, devant elle, se tenait ce qu’elle avait toujours cherché à côtoyer de plus près, ces êtres qu’elle pensait extraordinaires : les outres. Oui, bien « les outres » car la demoiselle n’avait pas de préférence pour l’une ou l’autre des races. Pour elle, leur particularité, quelle qu’elle soit, les rendait tous uniques et magnifiques. Cependant, la possibilité que William en fasse parti s’évapora bien vite de sa pensée, surtout lorsqu’il s’éloigna de l’étreinte spontanée dont elle avait affublé. Encore légèrement perturbée par ce qu’elle avait vu et ressenti, surtout à l’émergence de ses souvenirs, elle mît quelques instants à comprendre ce dont il lui parlait. Il semblait aussi ému qu’elle visiblement… Aussi, elle le fixa un moment de ses grands yeux clairs, dans le silence le plus total. Un peu pour avoir le temps de comprendre mais également pour se calmer et reprendre contenance.

Par sa seule présence réconfortante, presque « paternelle » - ce que Savannah ignorait vu qu’elle ne se souvenait pas encore de son père et ni de la relation qu’ils entretenaient -, les visions du passé s’étaient envolées, laissant la maison dans l’état où elle était à son arrivée ce soir. Parties les flammes. Disparue la fumée. Il ne restait que tristesse et désolation. Prenant une grande inspiration pour se donner du courage, la petite blonde s’extirpa un peu plus de l’étreinte que William lui offrait encore sur ses épaules et revînt sur ses pas pour chercher le carnet et le stylo échoués pendant la grande effusion sentimentale. Se baissant pour les ramasser, elle épousseta le carnet tombé dans la terre sur sa robe claire, se moquant éperdument des tâches que cela pouvait causer, et se redressa, crayon en main, griffonnant frénétiquement et habilement ce qu’elle aurait tant voulu répondre à William de vive voix. Le destin s’était avéré cruel envers cette enfant à qui il ne restait rien… Pas même la parole. Finissant son ouvrage, elle se rapprocha à nouveau du vampire et retourna le carnet, le tenant fermement en main, pour qu’il puisse lire les jolies courbes manuscrites qu’elle venait d’apposer sur la feuille encore salie par la terre.

- J’ai l’impression de te connaître oui. Ton visage apparaît dans mes souvenirs mais c’est flou… En tous cas, je n’ai jamais parlé, j’en suis certaine. Je suis désolée.

Désolée… Oui, elle était désolée de ne pas pouvoir discuter normalement avec lui, celui qui l’avait sauvé, celui dont elle se souvenait peu à peu. Pourrait-il lui apporter davantage de réponses sur son passé ? L’avait-il déjà entendu parler ? C’était si loin… Elle n’avait vu ses traits qu’au sein d’une fumée dense… Tout à coup, elle reprît le carnet en main avant même que William n’ait pu y répondre et écrivît de nouveau, tout aussi rapidement, avant de lui montrer encore une fois.

- Tu as froid ?

Question stupide certes… Mais elle s’était souvenue de la fraîcheur de sa peau lorsqu’elle l’avait touché…
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Mer 31 Oct - 9:25

Il existe toujours des moments particuliers dans l’existence d’un homme, des évènements qui prennent le pas sur tous les autres et qui définissent de nouveaux axes dans sa vie ou qui le marquent à jamais. Dans son existence de Vampire, William y avait eu droit plus que tous les autres étant donné sa longévité. Les évènements qui avaient frappés cette maison faisaient partie de ces évènements-ci, de ceux qui laissaient forcément des traces. Il s’était attaché à cette petite, sans même s’en rendre véritablement compte, qui n’avait alors même pas dix ans à l’époque et qui était la seule « miraculée » du terrible incendie qui avait emporté ses parents. Peut-être n’aurait-il pas du suivre tout ce qu’on disait d’elle dans les journaux et aurait du se contenter de la laisser là où il l’avait déposée, à l’arrière de la maison, là où des sauveteurs avaient pu mettre la main sur elle sans réellement comprendre ce qu’elle faisait à cet endroit. Pourtant, c’était pour ne pas garder une sensation d’inachevé qu’il s’était, en quelque sorte, forcé à s’assurer que tout irait bien pour elle désormais. A partir de là, il l’avait oublié, ou, plutôt, ne s’y était plus intéressé. Elle vivait sa vie, avec un membre de sa famille et, au vu de ce que les journaux avaient pu soutirer à la gamine de l’époque, elle ne se souvenait de rien. Après tout, c’était peut-être mieux ainsi. Qu’aurait-elle compris de cet homme, qui s’était saisi d’elle si facilement, et qui s’était déplacé si vite ? Oh, peut-être qu’elle aurait pu faire son portrait-robot, mais pourquoi l’aurait-on inquiété ? Il avait sauvé une petite fille, il ne l’avait pas mordu, ni violentée. Mais, d’une certaine manière, c’était quand même mieux pour elle, une chance de repartir à zéro, en quelque sorte. Oublier n’était pas toujours un mal.

C’était une sensation un peu bizarre qui avait étreint le Vampire tandis qu’il posait ses yeux sur ceux de la jeune fille qu’il tenait entre ses bras. Combien, Normes ou Outres, auraient profités de cette situation pour commettre un acte irréparable ? Le Traqueur ne préférait pas compter. Cette ville n’avait rien de sûr, encore moins lorsque l’on passait son temps à courir après des Vampires sans scrupules qui n’hésiteraient pas à vider de son sang une pauvre gamine perdue dans un coin isolé. Elle ne devait pas revenir ici, du moins pas seule. Aucune rue n’était sure pour une personne comme elle, encore moins la nuit, lorsque les ombres devenaient les alliées de créatures potentiellement mortelles. Il aurait voulu le lui dire mais, finalement, tout ceci était secondaire, pour le moment. Peut-être y avait-il mieux à évoquer que l’inconscience dont elle avait fait preuve en venant ici à cette heure avancée de la nuit. Tandis qu’elle s’écartait finalement de lui, il la laissa s’extraire de ce qu’il restait de son étreinte avant de la regarder se diriger vers l’endroit où elle se tenait tout à l’heure pour ramasser le petit carnet et le stylo qu’il lui avait confié quelques minutes plus tôt pour qu’elle puisse « converser » avec lui. En silence, il l’observa griffonner quelques mots bien rapidement. Apparemment, elle semblait avoir l’habitude d’écrire vite et bien, une nécessité certaine lorsqu’on ne pouvait pas se faire comprendre de vive voix. Quand elle eut terminée, elle s’approcha et lui tendit le carnet où il put lire ce qu’elle venait d’écrire. Une fois qu’il eut fini de lire, il plongea son regard dans le sien. Elle ne se souvenait pas d’avoir parlé ? Pourtant, il se souvenait parfaitement de cette nuit où elle appelait ses parents au milieu des flammes… Sa mémoire avait probablement choisi d’effacer cette horreur de son esprit.

Elle retira soudain le carnet et y écrivit à nouveau. Attendant de nouveau patiemment qu’elle ait noté ce qu’elle voulait dire, William jeta un coup d’œil aux alentours. Ils étaient encore seuls. Le carnet s’approchant à nouveau de lui, il y posa son regard et y lut la question qui le fit sourire. C’était très naïf comme interrogation mais pouvait-on vraiment la blâmer ? Elle devait certainement faire référence à la sensation de froid qu’elle avait du ressentir lorsqu’elle avait posée la main sur sa joue. « Non, ne t’en fais pas, je n’ai pas froid.... C’est juste que, je ne suis pas tout à fait comme toi. » Il eut un petit sourire encourageant. Il ne restait plus qu’à espérer qu’elle ne fuirait pas en courant. « Je suis ce qu’on appelle un Vampire. C’est pour ça que j’ai la peau froide. » Il avait dit tout cela sur un ton très calme, presque pédagogue, comme si, finalement, c’était naturel. Sans esquisser le moindre geste, il attendit sa réaction, pour être certain qu’elle ne se méprendrait pas sur l’une de ses futures actions. Mieux valait attendre qu’elle appréhende cette micro-révélation afin de savoir si leur rencontre venait de se terminer, ou si, au contraire, elle pourrait se poursuivre un peu. William espérait qu’elle ne s’enfuirait pas à toutes jambes, parce que, finalement, il avait quelques questions pour elle. Une curiosité peut-être déplacée mais qu’il estimait nécessaire d’essayer de combler. Notamment les raisons pour lesquelles elle ne parlait plus et ce qui avait bien pu la pousser à revenir ici, en pleine nuit. Mais ce n’était probablement pas la seule chose qu’ils pourraient évoquer tous les deux et, avec un peu de chance, la jeune fille serait elle aussi animée de plusieurs questions à son sujet.
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Mer 31 Oct - 16:51

Toute la naïveté et la candeur de Savannah se résumait là, entre ses doigts, à une page noircie de son écriture ronde et féminine, rapide et pourtant habile et délicate. Toute sa vie durant, elle avait choisi de s’exprimer ainsi, se disant que le langage des signes n’était pas forcément compris par tous et que l’écriture était une manière bien plus universelle de se faire « entendre ». Certes, il restait les aveugles, les mal voyants et les illettrés… Mais elle n’avait jamais eu affaire à ce genre de personne. Et si cela devait un jour arriver et bien… Elle aviserait. Il faudrait bien de toute façon. Heureusement pour elle, elle n’avait jamais été particulièrement bavarde. Aussi loin que ses souvenirs pouvaient l’emporter ce soir-là, à aucun moment elle n’avait pu prendre conscience que son mutisme n’était qu’un traumatisme lié à cette nuit-là, à l’horreur que l’enfant qu’elle était avait vécue. Pour elle, il était évident que sa langue ne saurait jamais se délier, que c’était là le fardeau qu’elle devait porter sur ses frêles épaules. Et pourtant… Alors qu’elle aurait plus que toute autre chose aimé pouvoir converser de vive voix, échanger sur des souvenirs communs, poser des questions qui revêtaient une certaine importance… Oui, pourtant, elle était persuadée de ne pas pouvoir. Voilà toute l’ironie de la situation. La question de William éveilla en elle tant de réflexions… L’avait-il déjà entendu parler ? Non, il devait se tromper, c’était obligé… De toute façon, il ne fît aucune remarque à la réponse qu’elle lui donna. En toute évidence, il avait donc dû confondre avec une autre jeune fille, peut être aussi blonde qu’elle. Ou alors, ce soir-là, peut-être avait-il confondu les craquements de la maison en flamme avec une voix. Tout était possible en fait… Quoiqu’il en soit, toutes ces questions n’avaient donc pas lieu d’être.

En même temps, elle ne lui avait pas spécialement laissé le temps de s’exprimer sur le sujet non plus. Le carnet était vite retourné entre ses mains, griffonnant la page de nouveau à une vitesse impressionnante. A cette allure, elle finirait par avoir la crampe de l’écrivain que ce ne serait guère étonnant. Bref. Toujours était-il qu’elle ne lui avait, à aucun moment, laissé l’opportunité de rebondir sur ses propos. Et, passant à présent à un tout autre sujet, il était plus qu’évident qu’il ne reviendrait pas de lui-même dessus. Mais Savannah était ainsi… D’une grande bonté, elle s’inquiétait toujours bien plus pour les autres que pour elle-même. Et la froideur qu’elle avait ressentie, émanant de lui, l’interloquait quelque peu. S’il était transi de froid, elle ferait son possible pour lui apporter son aide, cela coulait de source. Elle avait toujours la possibilité de l’inviter à venir avec elle dans la petite maison de feu sa grand-mère. Certes, Babouchka n’aurait jamais toléré la venue d’un étranger en leur demeure. Mais elle n’était plus de ce monde. Il incombait donc à Savannah de savoir faire la part des choses. Et, étrangement, même si ses souvenirs demeuraient vagues et flous, elle éprouvait une certaine confiance naturelle envers Will. Bon, d’accord, c’était habituel chez elle de faire confiance dès le départ. Pourtant là… C’était encore différent. Ce sentiment de bien-être, de protection… Elle ne l’avait jamais ressenti auparavant. Pas même avec Ray. C’était une sensation inexplicable, sans fondement flagrant. Hormis le fait qu’il lui ai sauvé la vie une dizaine d’années auparavant. Même si les souvenirs de la jeune fille demeuraient vagues à ce sujet, la forme de son visage, chacun de ses traits… Tous lui étaient familiers. Une impression instinctive certes. Mais Savannah avait décidé de s’y accrocher, comme au plus mince des espoirs.

La révélation qui s’ensuivît fut, par contre, des plus inattendues. La petite Russe était certes passionnée par les Outres mais… Pourquoi l’une d’entre elles l’aurait sauvée ? Et, qui plus est, un vampire alors que ceux-ci avaient la fâcheuse réputation d’être des tueurs sanguinaires ? Bon, elle, elle n’y croyait pas vraiment à cette histoire-là. Mais tout de même… Rien n’expliquait le geste de Will. Ne cherchant pas à comprendre, la blondinette fixa le vampire un instant, sans dire un mot – normal – ni même tenter d’esquisser le moindre geste. Aucun sourire ne venait éclairer son doux minois non plus. Comment allait elle réagir à ce qu’il venait de lui annoncer ? Il avait pris des gants, cela on ne pouvait pas lui reprocher. Et c’était une délicate attention de sa part d’ailleurs. Il fallût quelques instants à la jeune fille pour réaliser et comprendre ce qu’il venait de lui dire. Non qu’elle soit bête mais c’était tellement surprenant ! Surtout pour elle ! Lentement, elle s’approcha de Will et pencha un peu la tête sur le côté, ainsi que le reste de son corps, et commença à le scruter sous toutes les coutures. Devant, derrière, sur les côtés… Avec un grand sourire revenu se loger sur ses lèvres aussi délicates que la rosée matinale. La muette se comportait comme si elle se trouvait devant la trouvaille du siècle, imaginez un peu son état d’excitation et de plaisir ! Lorsqu’elle eût enfin fini de le détailler pour de bon, elle revînt alors devant lui, assez proche, et souriait toujours. Lentement, elle porta sa main sur la joue de William, geste tendre d’une demoiselle non effrayée par sa condition d’Etre de la nuit, puis la retira afin d’écrire quelque chose sur le petit carnet.

- Viens.

Elle lui montra ce qu’elle venait d’écrire avant de refermer le calepin gribouillé et lui tendît la main. Un geste d’une douceur extrême. Mais où voulait-elle le mener ainsi ? Loin de cet endroit au lourd passé sans doute… Il restait à espérer qu’en partant, elle n’oublie pas sa source de revenu tombé au sol sous le choc…
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Ven 2 Nov - 22:55

Il ne savait pas vraiment quoi attendre d’une gamine de dix-huit ans qui n’était plus en mesure de parler… Pour lui, c’était une évidence, elle avait su un jour et ses souvenirs du jour de l’incendie étaient formels à ce niveau. Et s’il se souvenait de souvenirs datant du siècle dernier, il doutait pouvoir faire fausse route sur ceux qui ne dataient qu’à peine de six années. La piste du traumatisme était la plus logique mais, si c’était le cas, il doutait de réellement pouvoir y faire quelque chose. Il n’était pas psychiatre et ne pouvait pas passer sa vie à essayer de guérir les gens. Il en aidait beaucoup, c’était certain. Après tout, il suffisait de voir ce qu’il avait fait avec Messaline, même si, dans ce cas, elle l’avait probablement autant aidé qu’il ne l’avait fait. Mais il ne pouvait pas tout faire pour eux et, en y repensant, il espérait que la jeune femme ne s’était pas fourrée dans de beaux draps. Elle avait la clef de chez lui mais pourtant il ne l’y avait pas revue depuis qu’elle était partie. Avait-elle oublié ? C’était possible .Peut-être n’avait-elle tout simplement pas besoin de lui. C’était une grande fille, farouche et volontaire. Elle avait de problèmes, assurément, mais elle était loin de s’en cacher et les affrontait avec une classe qui lui allait bien. En y repensant, il devrait peut-être essayer de la retrouver, juste pour être sûr, pour se convaincre qu’elle n’avait vraiment besoin de personne et que les hommes restaient ses proies de choix, et de vrais rustres, pour elle, lui faisant partie des exceptions qui confirment la règle. Il n’aurait certainement pas de mal à la trouver. Oui, peut-être ferait-il cela une fois qu’il en aurait terminé avec celui qu’il pourchassait actuellement. Ce ne serait pas de trop de partager un verre avec elle. Enfin… Un… Plusieurs plutôt la connaissant.

De toute façon, l’heure n’était pas à penser à ce genre de choses. Il restait au beau milieu d’un terrain vague, occupé à peine par une maison en ruine, avec une gamine à peine adulte, muette, à qui il venait de révéler son appartenance à la race nocturne des Vampires. Il aurait surement payé assez cher pour connaître quelles étaient les pensées qui s’agitaient dans son esprit. Généralement, dans ces cas-là, il n’y avait pas trente-six solutions. Soit elle aurait peur, et s’enfuirait probablement à toutes jambes, soit elle éprouverait une sorte de satisfaction et il aurait peut-être gagné une groupie de plus. D’une certaine manière, il aurait presque espéré qu’elle réagisse de la première façon mais se ravisa bien vite, se souvenant de la personne qui se trouvait en face de lui et du fait qu’elle n’était pas non plus une parfaite inconnue. Alors qu’elle semblait réfléchir, elle s’approcha finalement lentement avant de commencer à le scruter de ses yeux clairs. Que faisait-elle ? Surpris par cette réaction peu banale, il la laissa l’observer, tournant autour de lui, le sourire sur les lèvres, signe évident qu’elle ne semblait pas apeurée. Le trouvait-elle donc intriguant à l’observer ainsi sous toutes les coutures ? Le Traqueur éprouva une certaine gêne à être ainsi observé et fut quand même un peu soulagé lorsqu’elle s’arrêta devant lui. Quelle serait la suite des évènements ? Ecrirait-elle quelque chose sur le carnet ? Il espérait une réaction un peu plus tangible sur laquelle il pourrait se reposer et réagir mais, apparemment, cela ne semblait pas être pour tout de suite. Tandis qu’il l’observait dans les yeux, il se demandait ce qu’elle allait bien pouvoir faire.

Elle finit par répondre à ses interrogations en reposant sa main sur sa joue, dans ce même geste qu’elle avait fait un peu plus tôt, un geste doux et tendre auquel il n’était pas encore habitué et dont la chaleur lui arracha cette fois un frisson incontrôlable. On était loin de la chaleur que lui avait prodiguée Messaline, mais, tout de même, ce contact était… particulier. Elle retira ensuite sa main et griffonna rapidement un mot dans son carnet : « viens ». En voilà une idée… Où voulait-elle aller ? Sans qu’il puisse s’en demander davantage, elle lui tendit sa main. Dans un soupir silencieux, il tendit la sienne et attrapa sa main en douceur, se laissant guider vers une destination inconnue. En même temps, il ne risquait probablement rien, ou alors la petite cachait bien son jeu. Peut-être devait-il apprendre à être plus méfiant ? Il secoua la tête à cette idée stupide et se laissa entrainer par la jeune fille sans opposer de quelconque résistance. Alors qu’ils sortaient du terrain vague, il remarqua le violon qui trainait dans l’herbe, avec l’archer. « N’oublie pas tes affaires, petite. » Il tendit sa main libre dans la direction de l’instrument abandonné qui ne rêvait qu’une chose, retrouver les mains de sa propriétaire. Il la suivit tandis qu’elle allait récupérer son bien et ils purent ainsi poursuivre leur petite randonnée qui les menait vers un endroit dont il ne connaissait rien. Quoiqu’il en fut, c’était peut-être mieux qu’ils quittent cet endroit au passé lourdement chargé, enfin surtout pour elle, car, pour William, il fallait l’admettre, ce n’était pas aussi terrible que ça, assurément.
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Sam 3 Nov - 15:35

L’attitude de la petite Russe avait pu surprendre le vampire et le mettre mal à l’aise. Sans doute même. N’importe qui d’autre l’aurait été d’ailleurs. En effet, comment supporter d’être ainsi détaillé sans vergogne ? Comment interpréter ses gestes d’une tendre douceur alors qu’ils se connaissaient à peine ? Mais, s’il l’avait connu un peu plus, il ne s’en serait guère offensé plus que cela. Savannah était un extraterrestre parmi ceux de sa race. Certes, elle était intéressée par les Outres, qu’elle considérait comme des êtres extraordinaires. Leurs capacités différentes de celles d’un être humain, ce « petit plus » qui les rendait unique… A penser ainsi, il était aisé d’imaginer qu’elle n’était qu’une groupie parmi tant d’autres. Seulement voilà, elle ne leur vouait pas un culte irraisonné et incontrôlable. Elle ne cherchait pas non plus à devenir comme eux à l’instar de certains de ses congénères et ne les suivait pas à la trace au point de devenir une charge envahissante et encombrante. Non, rien de tout cela. Elle admettait simplement la supériorité de ces êtres d’exception, sachant faire bien plus de choses qu’il ne lui serait donner d’en réaliser un jour elle-même. D’ailleurs, cette différence entre un fanatique et elle était encore plus simple à prouver. Will était, purement et simplement, le premier être d’exception qu’il lui était donné de rencontrer. De vraiment rencontrer. En croiser, certes, cela lui était déjà arrivé. Même sans s’en rendre compte. N’en avait-elle pas côtoyé bien malgré elle en prenant un repas avec Ray ? Mais, même là, elle ne s’en était pas nécessairement rendu compte. La blondinette n’était pas curieuse et suspicieuse au point de scruter chaque personne qu’il lui était donné de rencontrer afin de savoir s’ils étaient des Outres ou non. Par ailleurs, il lui avait fallu la révélation de Will pour comprendre qu’il en faisait parti. D’où sa réaction de curiosité un peu déplacée et tardive. Un comble non ?

Un léger instant de flottement lorsqu’elle lui tendît la main. La saisirait-il ? Oserait-il lui accorder un peu de confiance ? Pour la jeune fille, cette notion était toujours, de base, acquise. Immédiatement. Mais qu’en était-il pour le vampire qui lui faisait face ? Nul doute qu’il devait être plus méfiant qu’elle, quel que soit le degré atteint. Pourtant, un sourire franc toujours affiché sur les lèvres et le regard pétillant d’une malice toute nouvelle, Savannah ne doutait pas un seul instant. Pourquoi refuserait-il cette main tendue, geste d’amitié et de douceur ? Pourquoi irait-il imaginer que, derrière cette apparence angélique, se jouait des plans machiavéliques et tordus ? Plus personne ne tirait le pantin désarticulé. Son marionnettiste n’étant plus, les fils s’étaient coupés, libérés d’une entrave malsaine. A présent, la poupée de bois devait faire face et agir. Seule. Et c’était ainsi qu’elle le faisait. Le contact de la main de Will dans la sienne fît, un court instant, frissonner la jeune demoiselle. Non un quelconque désir sexuel ou toute autre attirance physique. Loin de là même. Le contraste entre leurs températures corporelles peut être ? Un peu ça et un peu autre chose aussi. Le grain de sa peau semblait combler un vide en elle. Impossible de réellement le définir. C’était simplement comme si elle était un jeu de construction laissé à l’abandon, à l’image des ruines calcinés non loin d’eux, et que la nouvelle pièce que représentait Will s’imbriquait facilement et aisément dans l’interstice laissé à découvert depuis si longtemps. Par un simple geste, il venait de calfeutrer un trou béant qui n’avait jamais été correctement recouvert. Voilà tout.

Serrant sa petite main aux longs doigts fins autour de la main plus virile du vampire, la jeune fille lui décocha un dernier sourire d’une innocence extrême afin de le remercier de la réaction qu’il venait d’avoir. Même si elle n’avait jamais douté, il était toujours bon d’être polie, en toutes circonstances. Alors, le tirant doucement loin des décombres, elle réfléchissait à la route à suivre pour parvenir à l’endroit où elle voulait l’emmener. Cependant, sa marche silencieuse fut stoppée en plein élan. Se retournant vers Will, sans comprendre immédiatement, elle fixa la direction désignée par sa main tendue. Son violon !! Comment avait-elle pu songer un seul instant à l’oublier là ?! C’était tout bonnement inconcevable ! Compagnon des heures mélancoliques, il lui était des plus précieux. Vivement, elle lâcha alors la main de l’être ténébreux qui l’accompagnait et courût à grandes enjambées vers l’instrument de musique. Se baissant vers lui, sa longue chevelure semblable aux plus doux rayons du soleil s’échappant en cascade le long de son corps, elle le saisît en caressant son bois terni par l’usure du temps, et le rangea avec précaution, archet également, au sein de l’étui en cuir qui reposait là, non loin des fourrés, où elle l’avait déposé un peu plus tôt. Le bois frôlant de nouveau le doux tissu délicat de la boîte, elle la referma et l’emporta alors avec elle, rejoignant de nouveau Will qu’elle avait délaissé en hâte. D’un geste délicat, elle reprît alors sa main – sans lui demander l’autorisation puisqu’elle l’estimait acquise – et le tira de nouveau sur les chemins de terre, l’étui collé tout contre sa poitrine. La route serait longue jusqu’à la demeure recherchée. Mais, malgré la fatigue et le froid qui commençait à la gagner, elle avait encore de la volonté. Lorsqu’une petite maison de bois dissimulée sous des lierres grimpants apparaîtrait à leurs vues, elle saurait qu’elle était enfin arrivée. Même si Will ne craignait pas la mort, Savannah était un être de chair et de sang. Un bon feu de cheminée et elle serait bien plus à l’aise pour continuer leur discussion. Et, surtout, bien loin d’ici, de ces horreurs d’autrefois…
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Lun 5 Nov - 9:29

Il y avait beaucoup de mystères autour de cette petite. Il était difficile pour William de véritablement comprendre ce qu’elle pouvait faire là, en pleine nuit, à jouer du violon, et encore moins pourquoi elle ne pouvait maintenant plus parler alors qu’elle était convaincue qu’elle n’avait jamais su le faire. Son comportement était également une sorte de mystère à lui tout seul, car si elle avait été surprise à sa révélation, elle n’avait montré aucune crainte particulière, si ce n’était une certaine fascination. Appréciait-elle les Vampires ? Avait-elle toujours cherché à en voir un de près ? C’était difficile de répondre à la plupart des interrogations qui se trouvaient une petite place dans l’esprit du Traqueur car, avec quelqu’un qui ne parlait pas, il était toujours plus difficile d’obtenir des réponses. Oh, certes, elle n’aurait sans doute pas hésitée à utiliser son carnet pour y griffonner quelques phrases, mais, le fait qu’elle soit convaincue qu’elle n’aie jamais parlé lui taraudait davantage l’esprit. S’il l’avait sauvée des flammes, c’était avant tout parce qu’il avait pu l’entendre appeler à l’aide, ou, plus exactement, pleurer à l’aide. Il se souvenait parfaitement de la scène et même si elle semblait en avoir oublié une grande partie, si ce n’était la totalité, William était convaincu qu’elle ne se faisait que des idées et que le traumatisme – puisque cela devait être le cas – de l’incident avait réussi à effacer de sa mémoire tout souvenir de paroles un jour prononcées. Il n’était pas psychiatre, ni psychologue, ni quoique ce soit d’autre dans ce goût-là, mais il n’en restait pas moins que la petite Savannah avait probablement tiré un trait, volontaire ou non, sur beaucoup d’éléments de son passé. La question était justement de savoir si ce choix était conscient ou inconscient car peut-être qu’elle ne demandait qu’à retrouver la mémoire, même si cela ne semblait pas évident.

Tandis qu’il prenait sa main, sans savoir où elle désirait l’emmener, il se posait pas mal de questions. Peut-être aurait-il mieux fait de ne pas intervenir ce soir, de ne pas révéler qu’il avait un passé commun avec cette maison lui aussi. Ce n’était pas tant le fait qu’il puisse être impliqué qui le dérangeait, bien au contraire, mais le fait qu’il venait peut-être de rentrer dans la vie de cette jeune fille de manière bien trop impromptue pour ne pas se sentir éventuellement coupable. Si elle avait essayé d’oublier son passé pour ne plus jamais s’en rappeler, l’imposer à elle n’était pas quelque chose de très agréable à faire. Mais, d’une certaine manière, si elle se trouvait sur les lieux du « crime », c’était qu’elle voulait y retourner, que son esprit voulait savoir ou chercher à retrouver quelque chose, non ? Et où voulait-elle l’emmener maintenant qu’elle avait récupéré son violon ? Décidément, cette soirée semblait de plus en plus irréelle. Pour un peu, il s’attendait presque à ce que la petite fille l’entraine au coin d’une rue où une caméra l’attendrait avec un présentateur zélé pour lui faire comprendre qu’il venait de se faire piéger… En voilà une idée tiens… Il se secoua les puces tandis qu’il suivait toujours la petite qui semblait savoir parfaitement où aller. Quelle pouvait bien être leur destination ? Il hésitait à le lui demander. Elle avait quelque peu les mains occupées et ne pourrait de toute façon pas lui répondre, alors à quoi bon perdre du temps pour obtenir une réponse qu’il finirait de toute façon par obtenir, d’une manière ou d’une autre ? Sans se presser, il décida d’arrêter de se poser des questions pour le moment, car ce serait sans doute plus simple une fois qu’ils auraient arrêté de marcher.

Marchant ainsi, la main dans celle de la jeune femme, le Vampire ne put s’empêcher de s’imaginer entrain de marcher avec sa petite fille. Certes, il s’agissait là d’une image fantasmagorique, celle d’un futur qui aurait pu être le sien si sa route n’avait pas croisé celle de Camille, pourtant, il était étonnant que cela lui revienne en cet instant. Il y avait déjà pensé, rêvé même, mais cette coïncidence provenait très certainement de la connivence des circonstances. Tout comme certaines situations vous donnent un air de « déjà-vu », marcher ainsi aux côtés de ce qui restait, sans aucun doute, encore une enfant, lui rappelait ces rêves et ces réflexions qu’il avait déjà pu avoir au sujet de son probable futur en tant qu’homme. Un futur révolu depuis longtemps mais auquel il pensait parfois, nostalgique. Il s’était imaginé de nombreuses fois père de famille, comme le sien, avec plusieurs enfants, des fils et des filles. Aurait-il été un bon père ? La question que tout homme finit par se poser un jour où l’autre, même s’il savait qu’il n’aura jamais d’enfants… L’éternité offrait beaucoup de perspectives, mais elle privait aussi de certaines choses, dont, notamment, une possible paternité naturelle, car il n’était plus possible d’être père, comme la plupart des gens l’entendaient. Quittant ses pensées un peu mélancoliques, il remarqua une petite maison de bois qui se dégageait du sentier sur lequel ils marchaient maintenant. Etait-ce là qu’elle l’emmenait ? Il n’y avait pas de lumières dans la maison et cela laissait présager que personne ne semblait y être éveillé mais cela n’impliquait pas nécessairement qu’elle vivait seule. Un piège ? Les sens en éveil, le Traqueur ne semblait rien déceler de réellement dangereux. Il resta néanmoins un peu sur ses gardes tandis qu’ils finissaient par boucler les derniers pas les séparant de la maisonnée…
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Lun 5 Nov - 16:46

Alors que la nuit obscure les couvait de son long et profond manteau d’un noir de jais, la muette continuait de tirer par la main le vampire qu’elle venait de rencontrer ou, plutôt de retrouver après de longues années d’absence, sur les sentiers terreux qui s’établissaient à l’orée de la ville mouvementée et bétonnée. Depuis toute petite, Savannah n’avait jamais connu l’attrait de la ville ni la foule qui s’y agglutinait souvent. Il avait fallu attendre le décès inattendu de Babouchka pour que la jeune fille sorte enfin de son exil, cherchant à gagner quelques pièces pour réussir à survivre dans ce monde capitaliste. Elle se souvenait encore nettement de ses premiers jours d’errance sous les lumières dansantes de l’agglomération. Fascinée par tout ce qu’elle voyait, mais aussi terrorisée et bousculée de toutes parts, elle avait vite fui les premières fois pour revenir dans l’antre boisé de son enfance, s’enivrant de nouveau des parfums rassurants d’autrefois, se replongeant dans ses romans en conquérante absolue. Il lui avait fallu du temps, de la patience mais aussi plusieurs essais infructueux avant de se décider pour de bon à exercer son art dans les rues passantes de la Nouvelle Orléans. Tout d’abord fébrile, elle ne parvenait pas à sortir une note correcte sous les regards curieux et agacés des passants. Prenant sur elle-même, se concentrant sur les merveilles enfermées dans son esprit, elle ne parvenait d’ailleurs qu’à jouer correctement le regard fermé, hermétique à tout ce qui passait alentours. Ce qu’elle en retirait était une véritable misère mais c’était toujours mieux que rien, surtout en n’ayant aucun autre moyen plus décent de gagner sa pitance. Et puis, elle mangeait peu, depuis toujours, lui donnant cet air chétif et maladif qu’elle arborait en permanence. Peut-être était-ce un peu cela qui lui donnait cet air enfantin alors qu’elle venait de souffler ses dix-huit bougies…

La brise nocturne soufflait par instants, faisant virevolter les pans de la robe de la petite Russe, l’affublant parfois d’un air austère malgré son minois de porcelaine, pourtant elle continuait d’avancer, guidant son sauveteur des temps passés, vers une destination connue d’elle seule. Par moments, ses jambes épuisées et égratignées par son aventure au beau milieu de la nuit fléchissaient légèrement. Pour un peu, elle risquait de s’effondrer au sol, sous l’effet grandissant de la fatigue. Pourtant, elle tenait bon, il le fallait. Pour elle, pour Will… Elle ne céderait pas. Sa détermination pourrait forcer l’admiration. Combien de personnes en ce monde désespéraient et lâchaient prise pour bien moins que ça ?! La jeune fille s’interdisait de faillir. Purement et simplement. Elle n’en avait pas le droit. Le reste du chemin se poursuivît alors dans le silence le plus absolu, la voix du vampire ne venant pas transpercer l’épais voile de mutisme qui s’était abattu sur eux deux. Et ce n’était pas la petite qui changerait cet état de fait. Sa voix inexistante, ses mains occupées… Rien ne lui permettait d’agir autrement. Sinon, pour discuter, elle devait prendre son carnet et donc s’arrêter, avec la possibilité, grandissante au fur et à mesure de leur avancée, de ne plus repartir. Ses jambes refuseraient de lui obéir de nouveau si elle s’évertuait à cesser de marcher. Ainsi, la demoiselle aux cheveux d’or laissa l’être nocturne plongé dans le silence le plus total, le laissant en proie à d’éventuelles pensées de toutes sortes. De son côté, par contre, elle ne pensait qu’à une chose : « tenir bon ». Si elle parvenait à rentrer chez elle, elle savait qu’elle pourrait enfin s’asseoir et retrouver la quiétude et la chaleur d’un doux foyer.

La demeure tant recherchée s’afficha enfin lentement sous leurs yeux. En hâte, prise d’une volonté nouvelle, Savannah s’élança vers la petite maison de bois toute de lierres recouverte, lâchant par conséquent la main de Will, l’abandonnant derrière elle sans en avoir pleinement conscience. Posant son étui avec délicatesse contre la porte, elle fouilla alors ses poches à la recherche de la clé. Celle-ci avait visiblement trouvé drôle de jouer à cache-cache à une heure aussi tardive et il lui fallut quelques longs instants avant de la retrouver enfin. La glissant dans la serrure, elle ouvrît la porte de bois et s’engouffra à l’intérieur, invitant Will à la suivre d’un geste de la main ainsi qu’un grand sourire à son encontre. La petite bicoque n’étant guère alimentée en électricité, c’était comme si on faisait un bond impressionnant dans le temps, la blondinette alluma bien une petite bougie et chercha ensuite à attiser un feu endormi dans l’âtre. En entrant dans la timide lueur qui prenait vie au sein de cette faille temporelle, Will pourrait découvrir un véritable capharnaüm. S’entassait çà et là des objets en tous genres, bocaux, vêtements et d’autres trouvailles bien plus surprenantes encore. Nul doute que la grand-mère était une collectionneuse invétérée et la petite n’avait pas jugé opportun de tout déplacer. Il était de toute façon aisé de deviner qu’elle ne vivait que dans une partie de la maison, celle qui n’était pas envahie par la poussière, reflet du temps qui passe. Se redressant, Savannah épousseta ses genoux noircis par la suie et invita Will à s’asseoir avec elle autour de la grande table de bois qui se tenait juste devant. Posant ses fesses sur une des chaises, la jeune fille retira bien vite ses souliers pour masser ses pieds engourdis par le froid et endoloris par la journée exténuante qu’elle venait de vivre…
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Mar 13 Nov - 8:40

Marcher silencieusement était quelque chose que faisait souvent William mais il fallait admettre que rester « muet » lorsqu’on était en compagnie de quelqu’un n’était pas nécessairement quelque chose de particulièrement courant. Pourtant, il fallait se rendre à l’évidence, il n’aurait pas été des plus aisé pour converser avec la jeune femme qui le menait vers une destination encore inconnue. Certes, il aurait pu rompre le silence, quitte à ne pas obtenir de réponses directement mais il avait comme l’impression qu’elle mettrait un point d’honneur à lui faire la discussion, enfin plus ou moins, et il ne serait pas nécessairement pratique pour elle d’écrire sur un carnet alors qu’elle lui tenait la main d’une des siennes et son étui à violon de l’autre. La vie aurait été certainement plus aisée s’ils disposaient chacun d’une paire de mains supplémentaires. On n’avait jamais trop de mains, assurément, il finissait toujours par en manquer une ou deux. Enfin, pour pousser cette réflexion surréaliste jusqu’au bout, le Traqueur était convaincu que même avec quatre mains, on finirait par se dire qu’il nous en manque une paire supplémentaire, encore. L’Humanité et son éternelle insatisfaction… Les Outres en général n’échappaient pas non plus à ce dogme qui valait, plus ou moins, pour tout ce qui était en état de pousser une réflexion et de faire preuve d’un peu d’intelligence. Peut-être était-ce là la plaie qui poussait les hommes à être si stupide : l’intelligence. Voilà qui semblerait bien ironique, n’est-ce pas ? Pourtant, à bien y réfléchir, c’était peut-être la réponse à tous les maux. Enfin, ce n’était pas forcément le moment de débattre de choses aussi philosophique et, en conséquence, hors de propos. Mieux valait se contenter de suivre la dénommée Savannah vers l’endroit où elle le menait, tout en gardant ses sens à l’affut. Les environs de la ville étaient loin d’être sûrs.

Ils arrivèrent en vue d’une vielle maison en bois et tandis qu’ils remontaient le petit sentier qui y menait, la jeune femme se détacha du Vampire et se précipita vers la maisonnée le laissant seul en rentrait tandis qu’elle s’élançait vers la maison. Etait-elle pressée de rentrer ? Le Traqueur s’était contenté d’hausser les épaules et avait continué à avancer tranquillement. Tandis qu’il arrivait à la hauteur du porche, la porte s’était finalement ouverte et son hôte s’était engouffrée à l’intérieur, l’invitant d’un geste à entrer. Un regard sur le montant de la porte, et il attrapa l’étui à violon, abandonné là, pour le rentrer à l’intérieur avant de passer la fameuse porte. Il la referma derrière lui avant de poser l’objet qu’avait déjà oublié pour la deuxième fois la jeune femme. Il se demanda si c’était dans ses habitudes d’oublier son violon ou si leur rencontre la chamboulait autant que lui. A la lueur d’une bougie qui avait été allumée par des petites mains féminines, William découvrait l’intérieur de la petite maisonnée qui semblait presque abandonnée depuis plusieurs années. Quelqu’un vivait-il vraiment à cet endroit ? La quantité d’objets se trouvant un peu partout impressionna le Vampire qui ne bougeait pas beaucoup, se contentant d’observer. Les traces de vie étaient maigres et la poussière recouvrait pas mal de choses. On pourrait presque douter du fait que cet endroit était réellement habité si l’on n’apercevait pas certains endroits dépoussiérés. Le Traqueur ne fut pas long à pousser son petit raisonnement et songer à l’idée que son hôte ne faisait probablement plus le ménage que dans les endroits qui lui étaient nécessaire. Après tout, à quoi bon entretenir, soi-même, toute une maison dont on n’occupe que très peu l’espace ? Will avait une femme de ménage pour ça, mais c’était une autre histoire.

Les flammes d’une cheminée commencèrent à se réveiller et, avec elle, réveillèrent l’ensemble de la pièce principale de la maison. Le Vampire observa un peu plus les détails, le jeu des ombres. Debout devant la porte, il ne remarqua à nouveau la jeune femme que lorsqu’elle se releva et se dirigea vers une chaise qui se dressait autour d’une table de bois siégeant à côté de la cheminée. Suivant l’invitation, il se dirigea en quelques pas lents et posés vers la table et s’installa en face de son hôte. Toujours silencieux, il la regarda enlever ses chaussures. Cette gamine, car, il fallait l’admettre, ce n’était encore qu’une gamine, l’étonnait beaucoup. Elle vivait seule, à ne pas en douter, et, pourtant, elle semblait pouvoir se débrouiller. Et il savait combien cela pouvait être difficile, surtout pour une personne comme elle, incapable de se faire comprendre « facilement ». Il tourna la tête vers la cheminée et le reflet des flammes commença à jouer dans ses yeux. La chaleur dégagée par l’âtre n’était pas désagréable, loin de là. « Tu vis seule ici ? » C’était un peu une question rhétorique, une question inutile parce qu’il connaissait déjà la réponse. « Tu ne crains pas que quelqu’un de mal intentionné en profite ? » Ce genre de personnes ne courrait pas nécessairement les rues, mais, quand même, si quelqu’un devait apprendre qu’elle vivait seule ici, dans un coin assez isolé finalement, certains n’hésiteraient pas à venir l’embêter d’une manière tout sauf gentillette. Il reposa son regard sur elle. Il la voyait mal se défendre également. Sa sécurité reposait sur il ne savait quelle propriété et se doutait qu’elle avait quelque chose à voir avec l’inexistence. Personne ne devait réellement prêter attention à elle, de manière générale, et c’était peut-être pourquoi personne n’était encore venue « l’embêter ».
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Mar 13 Nov - 16:39

Peu à peu les flammes crépitaient joyeusement dans l’âtre vieilli par les années, à l’image de la bicoque qui les protégeait de la nuit et du froid à présent, et leur réchauffait doucement le corps et l’âme. Pour Savannah du moins. La nature même de Will était, d’une certaine manière, une énigme pour la jeune fille. Il était le premier vampire à croiser sa route, enfin pour la seconde fois. Aussi ne savait elle pas comment lui être serviable, ni si ce qui lui semblait bon pour elle l’était pour lui. Déjà, elle savait qu’ils se nourrissaient de sang. C’était connu de tout un chacun à présent. Pourtant, elle n’en était pas effrayée. Loin de là même. Après tout, ne l’avait-il pas sauvée des années plus tôt ? Alors, pourquoi s’en prendrait-il à elle maintenant ? Cette réflexion était tout simplement insensée et infondée. Voilà la raison première de sa confiance en lui. Elle serait capable de dire, en toute sincérité, qu’il ne lui ferait aucun mal et ne planterait jamais ses canines dans ses veines, aussi étrange que cela puisse paraître. N’importe quel autre être humain aurait avancé le fait que les vampires étaient d’un naturel fourbe et rusé et que, par conséquent, il ne fallait pas leur faire confiance et s’acoquiner avec eux. Jamais. Du moins, les plus réticents d’entre eux. D’autres leur vouaient un culte, rêvant de les rejoindre dans leur nuit éternelle. Ceux-là baignaient dans l’illusion d’une vie meilleure, d’une plus belle réalité que celle qu’ils subissaient actuellement. Mais, à quoi bon renier la vie qui nous était donné ? Chaque existence était un cadeau du ciel qu’il fallait protéger et utiliser à bon escient. Les routes de tout un chacun étaient tracées et différentes. Et, certains, à l’image de Will, vivaient bien plus longtemps que les autres, par choix ou non, pour ne pas dire éternellement…

Alors, oui, Savannah connaissait certaines choses sur les créatures nocturnes. Et c’était donc en toute connaissance de cause qu’elle s’était rapprochée ainsi de son sauveur d’antan. Et puis… Advienne que pourra. Si son Destin était de succomber sous les canines d’un vampire, elle n’en aurait pas d’autre choix. C’était ainsi et elle n’irait pas contre le Destin. Fataliste Savannah ? Un peu en fait… Malgré son optimisme récurrent, elle n’en était pas moins persuadé que la vie de tout être était tracée à l’avance. Un peu comme dans les livres dont la fin était déjà écrite à la lecture des premières lignes en somme. Toujours était-il que Will, avant d’être le héros qu’elle voulait remercier, éveillait sa curiosité. Pourquoi l’avoir sauvé ? Pourquoi penser qu’elle avait déjà parlé ? Tant de questions se bousculaient dans la tête de la petite blonde tandis qu’elle s’installait confortablement sur la chaise. Mais comment aborder ces sujets-là ? Enfin… Pour le moment, il y avait plus urgent et épineux : ses pieds qui la faisaient souffrir. Ampoules et cloques s’étaient formées sur la peau pourtant à présent tannée de la demoiselle. Les souliers vernis étaient si étriqués… Combien de fois s’était-elle retrouvée les pieds en sang en les dénouant avant de se coucher lorsqu’elle était enfant ? Tellement nombreuses qu’elle ne les comptait même plus… Au moins, cette fois, aucune goutte de sang ne perlait de ses blessures. Une bonne nuit de sommeil et cela irait sans doute déjà mieux demain matin. De toute façon il le fallait. Elle devrait repartir jouer en ville dès que le soleil serait suffisamment levé. La voix du vampire brisa alors toute la chaîne de pensées que la jeune femme avait en tête. Ce n’était sans doute pas plus mal d’ailleurs.

Se redressant un peu sur sa chaise, abandonnant l’examen de ses pieds exténués et endoloris, elle sortît de sa poche le petit calepin que William lui avait tendu un peu plus tôt dans la soirée et le posa sur la table devant elle. Saisissant un crayon de papier, elle s’ingénia à répondre aux questions de son infortuné protecteur, celui-là même dont elle n’avait pas conscience encore quelques heures auparavant. La mine du crayon frotta énergiquement le papier, d’un geste aussi assuré que celui dont elle disposait archet en main. Une fois qu’elle eût achevé son « œuvre », elle retourna le calepin pour Will, de sorte à ce qu’il puisse lire ses mots.

- Personne ne me fera de mal, n’aie crainte. Et puis Babouchka s’en est allée il y a quelques semaines seulement… Je n’ai pas toujours été seule.

Quelques semaines… Etait-ce vraiment le cas ? La jeune femme avait-elle réellement conscience du temps qui passe ? A en juger par l’environnement autour d’eux, cela faisait un peu plus que « quelques semaines seulement ». C’était une évidence même. Pourtant, comme si ce deuil ne l’affectait pas outre mesure ou alors simplement parce qu’elle cachait bien sa peine derrière un voile d’optimisme contagieux, la demoiselle souriait à Will tandis qu’il lisait ses lignes. Ou peut-être était-elle heureuse, tout bonnement, d’avoir retrouvé quelqu’un qui se souciait d’elle. Ne serait-ce qu’un peu… Le vampire ne pouvait pas se douter un seul instant des sentiments qu’il éveillait chez la jeune fille. Oh pas de coup de foudre ni de l’amour. Non, rien de tout ça. Mais, sans savoir comment ni pourquoi, Savannah se sentait proche de lui, bien plus proche d’un quasi inconnu qu’elle ne l’avait jamais été avec sa grand-mère. Etrange n’est-ce pas ? Sans doute était ce en partie pour cela qu’elle tentait de le rassurer dans ces quelques mots griffonnés…
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Dim 25 Nov - 21:31

Quelque chose n’allait pas dans cette maison. Will n’était pas en mesure de savoir parfaitement quoi mais il lui semblait qu’une atmosphère étrange y était durement imprégnée, comme si cela accrochait aux troncs qui formaient les murs, ou aux meubles qui garnissaient l’étrange demeure. Du plus lointain qu’il se souvienne, cela lui rappelait quelque peu le « sacré » qui entourait un sanctuaire qu’il avait côtoyé quelques temps. Les Vampires ne sont pas vraiment sensibles aux démonstrations « sacrées » des prêtres du dimanche, mais lorsque la réelle Foi est présente, il y a quelque chose de fondamentalement dérangeant. C’était la même sensation qu’il ressentait en cet instant et cela ne provenait pas de la petite Savannah, loin de là. Non, sans quoi il l’aurait probablement remarqué bien avant, lorsqu’il l’avait aperçue devant la maison en cendres. A bien regarder l’intérieur, il lui semblait que cela venait principalement de là, cette façon de distinguer trop facilement les endroits où la jeune femme semblait vivre toute seule et où tout le reste aurait été abandonné à lui-même. C’était à la fois étrange et surprenant. William n’occupait pas toute sa maison lui non plus, en particulier, il n’avait de réel usage que du sous-sol, pourtant, il veillait à ce que la maison entière soit nettoyée comme si elle était utilisée. Peut-être uniquement dans le but de sauver les apparences, mais cela ne changeait rien au fond. Après tout, il pouvait très bien devoir utiliser l’une des chambres à l’étage, ne serait-ce pour lui ou pour quelqu’un d’autres et le Vampire appréciait de ne pas pouvoir être pris à contrepied de ce point de vue-là. Il aimait contrôler beaucoup de choses, ou, plus exactement, ne pas être surpris. Contrôler toutes les variables était impossible mais avoir le dessus sur la majorité d’entre-elles était largement suffisant pour se permettre de voir venir les choses beaucoup plus sereinement.

La question pouvait sembler légitime, mais, au vue de la réponse, il ne put exprimer que davantage de stupéfaction. Quelques semaines ? Cela pouvait rester vaste comme domaine temporel, mais, surtout, il était impossible qu’une telle quantité de poussières ne s’accumule en si peu de temps. Il se doutait que la dénommée « Babouchka » était une personne, probablement une de sa famille qui avait veillé sur elle depuis la nuit de l’incendie, mais, tout de même, il n’était pas certain que cela faisait si peu de temps qu’elle se retrouvait toute seule. Pourtant, au-delà des interrogations soulevées par les environs dans lesquels ils se trouvaient tous les deux, William se demandait comment une fille comme elle faisait pour se débrouiller toute seule. Il y avait des choses à payer, notamment, et puis, quand même, elle se retrouvait loin de tout. N’avait-elle pas des cours à suivre quelque part ? N’étudiait-elle pas ? Quelles personnes rencontrait-elle ? Il y avait tant de questions qui se pressaient à l’esprit du Vampire qu’il resta un instant silencieux, contemplant la jeune femme sans dire un mot, la lumière projetée par le feu dansant sur son visage. Il se surprit lui-même d’observer ce long silence et finit par le rompre de lui-même, car, bien entendu, ce n’était pas Savannah qui allait le faire d’elle-même. « Et ce n’est pas difficile pour toi de vivre toute seule ? » Il sembla un peu gêné. « Je veux dire… Non pas que ça ait l’air compliqué, mais n’es-tu pas encore dans les études ? Comment fais-tu pour payer ne serait-ce que la nourriture ? » Il était curieux, curieux parce qu’une telle situation était tellement surprenante qu’elle le rendait sceptique.
Il était sceptique, oui, c’était probablement ce que l’on pouvait dire à ce sujet, mais, il fallait l’admettre, il était assez difficile de concevoir qu’une fillette de dix-huit ans, muette de surcroit, était capable de subvenir seule à ses besoins sans l’aide de personne. Attendant la réponse qui allait probablement venir sur le petit carnet, il poursuivit sa petite investigation sur les lieux – déformation professionnelle – avant de reposer toute son attention sur son hôte. « Tu n’as personne qui pourrait s’occuper de toi ? Ou, plus exactement, te loger, plutôt que de vivre seule ici ? » La question était sortie toute seule, probablement parce qu’il ne s’imaginait pas vraiment possible qu’une jeune fille de cette âge puisse subvenir à ses besoins sans l’ombre d’un seul problème. C’était peut-être une question de mentalité, de vieille mentalité, mais, avec ce que l’on entendait parfois aux informations du soir, il était difficile de penser qu’elle puisse vivre aussi tranquillement que cela. Peut-être que personne n’était vraiment encore au courant de cette solitude et ceci expliquait cela mais si des types malintentionnés finissaient par l’apprendre, nul doute qu’elle ne serait pas aussi tranquille que maintenant. Et probablement beaucoup moins optimiste. « Tu sais que cela peut être dangereux de vivre toute seule comme ça, à la merci de n’importe qui. » Après tout, il pouvait aussi bien s’agir de Normes, que d’Outres, les Métamorphes et les Vampires n’étaient pas tous des enfants de chœur. Enfin, peut-être se faisait-il seulement des idées. Si cela faisait plusieurs semaines qu’elle se débrouillait ainsi, il devait peut-être arrêter de voir le mal partout. Pourtant, avec l’expérience, il avait appris qu’il était difficile de réellement faire confiance aux autres… Aussi, n’était-il pas étonnant qu’elle n’avait pas autant de méfiance vis-à-vis du monde.
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Sam 1 Déc - 16:05

Un léger sourire toujours vissé aux lèvres, la petite muette gardait son regard azur vissé au visage du vampire, examinant ses traits immortels avec attention, scrutant le moindre détail qui pouvait orner son visage. Toutes ces années, il avait conservé l’exactitude et la jeunesse de ses traits… Alors qu’un jour Savannah, elle, fanerait comme la plus délicate des fleurs ayant perdu sa fragile rosée matinale, les rides creusant peu à peu leurs sillons insidieux au creux de sa peau aujourd’hui veloutée. Le cycle naturel de la vie en somme. Mais Will lui... Il défiait le temps, il défiait la Vie. La petite Russe aurait pu, un instant, s’en montrer jalouse et désirer le même sort que le héros de son enfance. Mais non. Au contraire même, elle était quelque peu triste pour lui, spectateur immobile du sable du temps s’écoulant dans le sablier, perdant un à un les proches qui pouvaient graviter autour de lui. N’était-il pas finalement moins douloureux de périr avant autrui ? De rester un souvenir ancré dans les esprits des proches dont la seule pensée attisait la flamme d’une profonde peine ? A présent qu’elle avait conscience d’avoir perdu toute sa famille en cette nuit atroce, Savannah, derrière son apparente bonhommie, gardait en son cœur une lourde et profonde peine, comme si ses vieilles blessures cicatrisées s’étaient rouvertes avec violence et fracas. Alors, oui, elle ne pouvait qu’imaginer une once de la solitude et de la tristesse que pouvait ressentir le vampire. A l’échelle de sa vie, il avait sans nul doute perdu bien davantage d’amis que ce que la blondinette avait pu perdre. Et la peine qui l’affublait alors devait être monumentale face à celle que ressentait ce soir, en cet instant, la jeune fille.

Les pensées vagabondant dans une vision fataliste des choses – fait qui ne lui ressemblait pourtant pas d’habitude -, la jeune demoiselle arborait toujours son délicat sourire en fixant Will qui déchiffrait les courbes de ses écrits. Ah qu’il était facile de conserver une attitude afin de dissimuler le fond véritable de ses pensées ! Savannah était ainsi, ne montrant jamais ne serait-ce qu’un soupçon de peine. Sa tristesse, sa mélancolie… C’était sa musique qui les livrait. Ses mélodies mettaient son cœur à nu, bien malgré elle, dévoilant ainsi, sous les yeux parfois surpris, une fragilité qu’on ne pouvait pas forcément deviner à la vue de son optimisme contagieux. Lorsque le regard de William se redressa vers elle, la jeune fille arbora un sourire encore plus doux et délicat, ravie de croiser à nouveau son regard et ne le lâcha pas des yeux un instant. Le silence s’était installé entre eux mais cela ne dérangeait pas outre mesure la musicienne, habituée à ne plus entendre le son même de sa propre voix. Pendant un instant qu’elle ne saurait définir, ils se fixèrent ainsi, en chiens de faïence. Avait-elle écrit quelque chose qui lui avait déplu ? Savannah en était venue à se poser cette question, aussi stupide pouvait-elle être, juste avant que le vampire ne daigne briser le silence qui, peu à peu, semblait devenir lourd et pesant, autant pour l’un que pour l’autre, finalement. Surprise de ses questions, autant que par l’inquiétude qu’elle semblait faire naître chez lui, la petite blonde ne cacha pas cet effet derrière un masque choisi cette fois. Non, elle laissa éclater ce sentiment de surprise, écarquillant les yeux et ouvrant un peu la bouche sans qu’aucun son n’en sorte cependant. Les quelques secondes qui séparèrent pourtant sa salve de questions ne fut pas suffisante pour que la demoiselle en profite pour saisir son carnet, toute accaparée par l’effet de surprise qu’elle était.

Tandis qu’il continuait à la questionner, Savannah en profita pour tenter de reprendre une totale maîtrise d’elle et de ses sentiments. Que penserait Babouchka en la voyant ainsi ? Il était évident qu’elle serait à deux doigts d’une punition méritée, « une femme de bonne famille devant garder toute émotion pour elle, derrière un masque cordial et avenant ». Voilà l’un des grands préceptes de Feu sa grand-mère. Secouant un peu la tête, de manière quasi imperceptible, afin de chasser les idées que cette « défaite » faisait naître en son esprit, la petite blonde attrapa de nouveau le carnet et s’évertua à répondre à chacune des questions du Traqueur. Ses courbes étaient toujours aussi rapides mais les réponses à fournir étaient nombreuses, aussi espérait elle ne pas en perdre une en cours de route.

- Selon Babouchka, la seule école qui méritait d’être vécue c’était la vie elle-même. Aussi, je n’ai jamais été à l’école, j’ai toujours grandi auprès d’elle, sous son éducation. Grâce à elle, j’ai appris à jouer du violon et c’est devenu ma source de revenus aujourd’hui.

Evidemment, la demoiselle passait sous silence la manière dont elle exploitait son talent. Mais était-ce primordial d’aborder ce sujet qui ne serait qu’une source d’inquiétude supplémentaire pour lui ? Elle n’avait aucune autre solution et ne pouvait pas risquer de perdre la seule manière avec laquelle elle gagnait sa pitance quotidienne. En tous cas, elle continua d’écrire, sous les yeux du vampire qui ne savait encore rien du contenu de ses écrits.

- Toute ma famille est morte, Will. Je n’ai plus personne pour s’occuper de moi aujourd’hui. Mais je ne suis pas sans rien, j’ai au moins un toit sur la tête… Et cette maison te sera toujours ouverte Will.

Sans imaginer un instant ce qui pourrait germer comme idée dans l’esprit du vampire, la jeune fille tourna de nouveau le carnet et le poussa vers William. Chacun de ses mots était sorti comme ça, instinctivement, et elle espérait, à présent, qu’il ne prendrait mal aucun de ses propos.
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Dim 2 Déc - 22:28

Il y avait quelque chose de surprenant avec cette petite. Peut-être parce qu’elle ne semblait être affectée par quoique ce soit. Elle venait de rencontrer un Vampire et pourtant cela ne semblait pas la gêner plus que ça. Peut-être même aurait-elle rencontrée un Zombi que cela n’aurait fait aucune différence dans son comportement. Il aurait pu être n’importe qui, William était presque convaincu qu’elle l’aurait considéré avec la même attention et la même gentillesse. C’était à la fois appréciable, car cela témoignait de son altruisme, mais c’était également assez effrayant car cela témoignait un peu de sa naïveté. Peut-être était-elle seulement encore trop jeune. Pourtant, à bien y réfléchir, il s’était attendu à davantage de cynisme, de dureté dans la personnalité de la jeune fille. Pourquoi ? Et bien parce qu’elle n’avait pas traversé des choses évidentes et que, généralement, ce genre d’évènements avait une fâcheuse tendance à rendre les gens plus résistants, moins confiants, plus difficile à appréhender, plus difficile à amadouer. Ces personnes là donnaient moins rapidement leur confiance, essayaient davantage de se protéger des autres, pour ne plus être blessés aussi facilement qu’ils ne l’avaient été par le passé. Elle semblait pourtant rester imperturbable, une goutte immuable de bonté et de gentillesse perdue dans un océan de malhonnêteté et de souffrances. Comment ferait-elle lorsqu’elle serait confrontée à quelqu’un qui lui voudrait du mal ? Pourrait-elle seulement se rendre compte de ce qui se passerait alors ? Qu’aurait-elle fait s’il avait été là pour la tuer, ou même pire encore ? Il savait qu’il ne faisait que tourner et tourner cette question en rond mais il ne pouvait faire autrement. Peut-être était-il seulement trop désabusé, trop pessimiste sur la vie pour réellement la comprendre, elle qui ne semblait voir que le côté positif des choses.

C’était peut-être là la différence majeure entre lui, qui avait déjà vécu plus de deux siècles pour comprendre la nature perverse de l’Humanité, et elle, qui n’avait que dix-huit printemps, tout au plus et avait encore une vision bien fraiche de la Vie. Et pourtant… Et pourtant ils se retrouvaient tous les deux sous le même toit… Cela pouvait semblait bizarre, très bizarre et, pour ainsi dire, le Vampire trouvait cela bizarre. Il venait quand même de se rendre compte qu’il s’était retrouvé chez une gamine de dix-huit ans sans avoir vraiment son mot à dire dans l’histoire. Voilà qui devait être noté, car William n’était pas du genre à se faire mener à la baguette sans y ajouter son grain de sel. Et, pourtant, elle, dans sa naïveté et sa bonté, elle y avait réussi sans l’ombre d’une difficulté. Certes, elle était partie avec l’un ou l’autre avantage, mais tout de même… Il remarqua la surprise sur son visage, première véritable expression qu’il avait réussi à déclencher chez elle autre qu’un sourire. Sans chercher à la déstabiliser, il essayait simplement de comprendre, de comprendre ce qui pouvait réellement se passer dans son esprit. Aussi, il la regarda sereinement lorsqu’elle reprit le carnet et entreprit de lui répondre. Sans se presser et sans chercher à lire tandis qu’elle écrivait, le Vampire jeta un œil sur la cheminée et se contenta d’attendre paisiblement qu’elle finisse de répondre à ses questions. Apparemment, elle ne semblait pas avare sur les réponses et peut-être qu’avec tout cela, il pourrait plus ou moins comprendre la situation dans laquelle elle vivait, envers et contre tout. Etait-il seulement possible qu’elle puisse avoir une existence normale ? Il en doutait sérieusement. Comment aurait-elle fait pour vivre normalement, maintenant qu’elle semblait vivre seule et loin de tout.

Elle termina finalement sa réponse et tourna le carnet avant de le pousser vers lui. Il s’en saisit d’une main et entreprit de lire ses lignes, non sans relever vers elle un regard surpris. Pas d’éducation ? Il était d’accord sur le fait que la vie en elle-même était la meilleure des écoles, mais, tout de même ! Il ne dit pourtant rien, pas tout de suite, et se contenta de lire les lignes suivantes. Et cette maison te sera toujours ouverte… Il ne savait pas vraiment comment interpréter ces quelques mots qui terminaient sa réponse. « C’est gentil à toi de me dire ça tu sais. Et tu seras toujours la bienvenue chez moi si tu le souhaites. » Il s’agissait là d’un juste retour des choses, bien entendu, mais c’était bien plus que cela. Il se sentait en quelque sorte un peu redevable pour elle et s’il pouvait l’aider ne serait-ce qu’un peu, il n’hésiterait pas à le faire. « Mais… Tu n’as pas envie d’aller à l’école, d’étudier quelque chose ? Tu n’as pas envie de faire un métier ? » Il posa son regard sur l’étui à violon qu’il avait rentré en pénétrant dans la petite demeure. « Pourquoi ne pas essayer de trouver un endroit où tu pourrais jouer du violon ? Professionnellement j’entends. » Il avait une petite idée de comment son violon était devenue sa source de revenus et ne voyait pas vraiment l’idée de revenir sur ce sujet. Les musiciens de rue étaient nombreux et il imaginait sans mal la petite Savannah entrain de jouer au détour d’un trottoir pour glaner quelques piécettes de la part des passants. Peut-être que cela fonctionnait, mais ne pouvait-elle pas chercher mieux que cette simple façon de vivre ? N’aspirait-elle donc pas à mieux ? A quelque chose de plus intéressant, de plus gratifiant ? « Tu ne connais personne ? Tu n’as pas d’amis ? Peut-être un petit copain ? » Il eut un petit sourire puis se rendit compte que la question était déplacée. « Pardonne moi, tu n’as pas à répondre. Après tout, je ne suis pas ici pour te juger, en tout cas, tu es sacrément forte pour supporter ça toute seule. »
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Mer 5 Déc - 15:30

En retournant le carnet noirci de ses mots vers le vampire, la jeune fille remarqua qu’elle le tirait d’une contemplation certaine de la cheminée. L’âtre provoquait il chez lui un certain attrait ? Peut-être qu’il lui évoquait certains souvenirs, tout comme il en faisait naître chez elle à présent que la mémoire lui était revenue, presque du moins. Il manquait toujours certaines pièces au puzzle de sa vie mais elle restait intimement convaincue que cela viendrait avec du temps et de la patience. Il suffisait d’attendre… Ou alors était ce simplement là pour le vampire une manière de laisser son esprit vagabonder au gré de ses pensées quelle qu’en fût la contenance ? Lorsque, par son geste, qui lui servait là d’unique moyen de réponse à ses interrogations, elle brisa cette vision contemplative des flammes, Savannah, toujours terrée dans son mutisme à présent certain et permanent, en profita pour frotter délicatement ses poignets. Une utilisation abusive de l’archet, mêlée à un autre geste qu’était celui de l’écrit, tendait inextricablement la demoiselle vers de légères douleurs aigües à ce lieu précis de son corps. Une inflammation musculaire sans doute mais elle ne pouvait guère en être certaine, ne rendant jamais visite à un quelconque médecin. Pas d’éducation, pas de vie sociale… Le reste coulait de source. Elle n’accédait pas non plus aux soins depuis sa plus tendre enfance. On pouvait dire d’elle qu’elle avait poussé et grandi au gré de ce que la nature voulait faire d’elle. Non comme une herbe folle heureusement car elle avait au moins un tuteur pour l’aider à pousser dans le droit chemin, à savoir sa grand-mère. Aussi, laissant l’être de la nuit lire ses lignes, la petite Russe, calmement et toujours aussi silencieusement qu’à son habitude, en profitait pour se masser avec une infinie délicatesse.

A l’instant même où il leva un œil chargé de surprise vers elle, la jeune fille pensa qu’il allait lui rétorquer quelque chose. Mais aucun son ne franchît la barrière de ses lèvres malgré tout. Alors, pensant qu’il n’avait peut-être plus rien à ajouter à ce qu’elle venait de dire, la blondinette se leva de sa chaise malgré l’épuisement qui pouvait se lire sur ses traits tirés ainsi qu’à travers son corps endolori, et entreprît d’alimenter l’âtre avant de faire réchauffer les restes de ce qui était très certainement son dernier repas. Quant à savoir de quand il datait exactement là… Aucune idée. Non qu’elle avait réellement faim. Mais les flammes doucereuses qui dansaient dans l’âtre et illuminaient la chaumière ne parvenaient pas à réchauffer son frêle petit corps. C’était ainsi qu’elle en tira la conclusion toute simple qu’il lui fallait peut être enfin manger. De quand datait exactement son dernier repas ? Pas de la veille c’était une évidence même. Le simple fait de se nourrir n’était pas là un geste qu’elle esquissait par habitude. Tant qu’elle pouvait tenir l’estomac vide, cela lui convenait fort bien. Tandis qu’elle remuait la tambouille dans une petite marmite en ferraille au-dessus des flammes qui en léchait le fond avec délectation et envie, la voix du vampire résonna à nouveau à son oreille. Immédiatement, elle se retourna vers lui, les flammes en toile de fond et lui décocha l’un de ses plus délicats sourires. Elle était particulièrement amusée par certaines de ses questions. Sans doute étaient-elles absurdes pour elle d’une certaine manière. Mais bien peu vivait le genre de vie qu’elle menait et il était sans surprise que ce mode de vie pouvait étonner quelque peu et soulever des questions aussi diverses que variées et ce, quelle que soit la race de son interlocuteur.

S’époussetant les genoux, la demoiselle se redressa et revînt auprès du vampire en ayant pris soin de remuer une dernière fois l’espèce de bouillon-ragoût qui commençait à répandre un délicat fumet dans la maisonnée. A présent debout non loin de lui, elle posa de nouveau une main sur sa joue, comme elle l’avait déjà fait un peu plus tôt, et lui sourît encore plus largement, avant de s’en défaire et de s’approprier de nouveau le carnet qu’il avait en main. Saisissant son crayon de papier, elle commença alors à lui rédiger une réponse à ses diverses questions, la moue amusée en se remémorant l’une d’entre elles.

- C’est très gentil de ta part Will mais je ne sais pas où tu vis. Je ne pourrais donc pas te retrouver, même si je le souhaitais de toutes mes forces. Pour l’école et le métier par contre… Les autres enfants ne m’ont jamais accepté… Alors je n’y ai jamais vraiment pensé. Et puis, les gens ont parfois peur de moi Will, je ne sais pas pourquoi. Comme si mon mutisme les dérangeait…

A ce moment-là, en rédigeant sa réponse, Savannah ne pût s’empêcher de laisser un léger voile de tristesse transparaître sur son visage. Enfant, elle avait tenté de se rapprocher des autres. Mais tous la trouvaient tellement… Bizarre ! Attristée par toutes les moqueries, elle s’était encore plus fortement plongée dans ses mondes imaginaires, vivant comme elle le pouvait auprès de sa grand-mère et de son éducation à l’ancienne. Reprenant plus fermement son crayon entre ses doigts, elle continua alors la rédaction de sa réponse, en reprenant contenance ainsi qu’un air bien plus sérieux.

- Je n’ai rien à te cacher Will. Si je devais nommer des amis et bien… Il n’y aurait que toi et Ray… Un homme qui m’a connu quand j’étais petite aussi et que j’ai retrouvé il y a peu. Mais rassure toi Will, je ne serais pas une charge pour toi. Laisse-moi juste trouver un moyen de te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi. Hier comme aujourd’hui.

Ce qu’elle entendait par hier était bien évidemment son sauvetage des années auparavant. Achevant sa réponse, elle la termina d’une manière plutôt inattendue.

- Tu as faim ?

Evidemment, se préparant à manger, elle estimait que, peut être, le vampire aurait faim lui aussi. Et quoi qu’il aurait besoin, elle lui donnerait. D’un geste délicat, elle retourna alors le calepin, un sourire, très léger, se dessinant sur ses lèvres fines et rosées.
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Mer 5 Déc - 22:24

Cette soirée commençait à avoir quelque chose de surréaliste. William n’aurait su dire vraiment pourquoi mais il avait l’impression de se trouver dans un autre monde. Entre les murs en bois de cette petite cabane perdue, il semblait régner une réalité à laquelle il n’était normalement pas confronté, comme si, en à peine quelques pas, il avait quitté une dimension pour s’aventurer dans une autre. Et, dans celle-ci, il ne semblait y avoir aucun mal, aucune difficulté, aucune appréhension. Au centre de cet univers dont la bonté semblait sans limite, il y avait une jeune femme, presque une enfant quand on la regardait vraiment, Savannah, une sorte d’innocence véritable qui ne semblait pas comprendre que dehors, c’était la guerre. Existait-il seulement une façon de lui faire comprendre que le monde n’était pas fait que de sourires ? Avait-il vraiment envie de le lui faire comprendre ? Il n’y avait aucun plaisir à briser la réalité d’une personne et peut-être valait-il mieux qu’il n’aille pas plus loin. Après tout, qui était-il pour l’arracher à son monde ? N’avait-elle pas survécu sans lui jusqu’à maintenant, pourquoi, alors qu’il l’avait « retrouvée », aurait-elle besoin de lui ? N’était-ce pas un peu égoïste de penser qu’elle avait besoin de lui d’une quelconque manière ? Malgré tout ce qu’elle avait pu faire ou endurer, elle ne semblait pas trop mal se débrouiller, après tout, elle était encore en vie et même si son existence n’était pas la même que celle des autres, il n’avait aucune raison de la mettre dans une boîte pour qu’elle soit formatée comme les autres. Cette façon d’être et de vivre semblait lui convenir, et même si cela était plus qu’étonnant, il devrait bien faire avec. On ne changeait pas la vie des autres comme on changeait soi-même de chemise. Savannah semblait heureuse, c’était probablement la seule chose importante.

Pensif, il observa la jeune femme s’occuper de mettre une petite marmite sur le feu de la cheminée. Apparemment, elle commençait à faire chauffer ce qui devait être son diner. Voir les choses être faites ainsi lui rappelait un peu son passé, presque deux siècles plus tôt, alors que certaines innovations technologiques n’avaient pas encore trouvé leur chemin vers la civilisation. En tout cas, et même s’il ne pouvait juger de rien, l’odeur qui se dégageait du récipient en fonte était suffisamment agréable pour songer qu’elle veillait tout de même à se nourrir un peu correctement. Tandis qu’il achevait ses questions, le Traqueur la regarda à nouveau se retourner et lui sourire. N’arrêtait-elle donc jamais ? N’était-elle jamais troublée ? Comment savoir si son sourire était véritable ou forcé ? Essayait-elle de cacher quelque chose ou bien était-ce simplement son visage quotidien, comme une bravade éternelle face au monde entier ? Avec une certaine surprise, il recueillit le témoignage de tendresse dont elle lui fit à nouveau preuve en posant une nouvelle fois sa main sur sa joue. Qu’essayait-elle de faire par ce geste ? Par moment, il avait presque l’impression d’être l’enfant de cette pièce et elle l’adulte. C’était déroutant. Pourtant, il suffisait qu’il porte les yeux sur elle pour se convaincre du contraire, même si, avec son mutisme, elle était probablement la plus énigmatique d’eux deux. Sans retenir le carnet, William regarda ce dernier filer entre les doigts de la jeune femme tandis qu’elle écrivait à nouveau ce qu’elle voulait lui dire. Encore une fois, sans chercher davantage à lire en avance, il attendit qu’elle eut terminé, jetant un œil à ce qui cuisait dans la marmite en fonte, ne serait-ce que pour vérifier qu’elle ne le faisait pas trop cuire. Il ne manquerait plus qu’elle « rate » son dîner.

Alors que le carnet se retournait vers lui, le Vampire posa une main dessus afin de tenir les pages entre ses doigts et ainsi l’empêcher de se fermer. Il posa son regard sur les premiers et les lut avec tranquillité. Il esquissa un sourire amusé à la lecture et, relevant les yeux vers Savannah, il se contenta d’une petite précision. « Je te montrerai. Je n’allais pas t’inviter chez moi sans te donner l’adresse. Pour quelle personne me prends-tu ? » Il avait dit cela sur le ton de la plaisanterie. Il ne pensait pas du tout ses derniers mots, bien conscient qu’elle ne le prenait surement pour rien du tout. Avec un sourire entendu, il poursuivit sa lecture. La façon qu’elle avait de se livrer à lui était surprenante. Elle disait n’avoir rien à cacher, et, effectivement, elle ne semblait rien lui cacher. Pourtant, elle ne lui devait rien. Il se contenta de poursuivre, obtenant petit à petit les réponses à ses questions précédemment posées. Ainsi donc elle avait rencontré une autre personne ? Ray… Cela ne disait rien au Traqueur. Bah, apparemment cela ne semblait pas être un mauvais bougre, même s’il se renseignerait surement. Au cas où. Ces derniers mots résonnèrent plusieurs instants à l’intérieur du crâne de William. Le remercier ? C’était inutile. Quand à sa question, il devait admettre que le fumet qui se dégageait de l’âtre devenait appétissant mais cette nourriture là n’avait pas de saveur pour les gens comme lui. « Je mangerai chez moi, les gens comme moi ne mangent plus ce genre de nourriture. » Il eut un petit sourire et repensa à ce qu’elle lui avait dit. « Et ne te sens pas obligée de me remercier pour quoique ce soit. Tu ne me dois rien, vraiment. » Et puis il n’avait rien à attendre d’une jeune fille qui vivait seule, s’occupait d’elle-même et avait probablement bien assez de soucis à s’occuper d’elle-même. « Quant aux gens… Ils ont souvent peur de ce qu’ils ne comprennent pas. Ils sont idiots. »
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Lun 10 Déc - 15:57

Sans détours aucuns, la petite Russe dévoilait à Will tout ce qu’il voulait savoir. D’un point de vue extérieur, cela aurait sans doute pu ressembler à un interrogatoire, mené d’une main de maître par la créature de la nuit. Mais vu de l’intérieur… La jeune fille était simplement heureuse d’avoir trouvé, ou plutôt retrouvé, une personne en qui elle pouvait avoir clairement confiance, bien plus aisément encore qu’avec les autres. Ne l’avait-il pas sauvé des flammes des années plus tôt en se mettant lui-même en danger ? Même si elle accordait facilement sa confiance, il y avait quelque chose chez William qui l’interpelait et la guidait. C’était un sentiment tout autant étrange que réconfortant et sécurisant. Comment pouvait-elle se lier d’amitié avec un vampire alors que ce dernier pourrait aisément la broyer sous ses doigts ou en faire… « Sa chose » afin de se repaître d’elle ? Voilà ce qu’une personne censée et méfiante penserait sans nul doute. Mais pas Savannah. Pour la demoiselle, qu’il soit vampire ou toute autre chose n’avait guère d’importance. Et quand bien même, elle serait capable de lui donner tout ce qu’il lui demanderait. Il lui avait sauvé la vie des années auparavant et, à ses côtés, elle se sentait plus en sécurité que jamais. Un peu comme si, en lui, elle retrouvait une certaine figure paternelle qu’elle ne possédait plus depuis bien longtemps. Là encore c’était peut-être extrapolé… Pourtant, il était évident qu’elle ne couperait pas les ponts avec lui facilement, sauf s’il venait à lui demander expressément, pour une raison ou une autre. Voilà donc une relation étrange qui pouvait se tisser entre eux sans que, ni l’un ni l’autre, ne puisse l’imaginer un seul instant. Après tout, pourquoi William s’encombrerait-il d’une muette aussi fragile ? Peut-être était pour cette raison qu’elle cherchait un moyen de le remercier… Peut-être voulait-elle lui prouver que, elle aussi, elle pouvait être utile. Lui être utile.

Silencieusement, comme à son habitude, la jeune fille regardait Will parcourir ses mots du regard. Les flammes de l’âtre dansaient sur le visage sans vie du vampire mais, cette fois, elle ne craignait plus le retour de ses souvenirs. Au contraire même, cette image lui réchauffait le cœur. Un peu comme si leurs destins étaient liés à jamais par la chaleur doucereuse et assassine à la fois d’un incendie. Si sa famille était restée en vie... Jamais elle n’aurait connu Will. Etait-ce un mal pour un bien ? L’avenir lui apporterait sûrement la réponse, il lui faudrait du temps pour apprendre à connaître son sauveur, en espérant qu’il lui en accorde suffisamment. Un doux sourire sur les lèvres et elle reposa la tête sur la paume de sa main, fixant toujours Will et son visage parfois bien plus expressif au gré des mots dispersés sur la page auparavant vierge. Le sourire de la jeune fille s’élargissait même lorsqu’il lui répondait sur le ton de la boutade. Sur ce point précis, ils se comprenaient au moins. Elle n’avait nul doute que, s’il espérait la revoir, il lui aurait laissé de quoi le retrouver facilement. Pourtant, son éternel sourire s’atténua quelque peu lorsqu’il déclina son offre pour le repas. Elle se doutait bien qu’il mangeait autre chose mais… Elle ne lui aurait rien refusé, quoi qu’il aurait pu lui demander. Cette idée l’inquiétait-il un peu au fond ? L’idée qu’elle puisse s’offrir à lui afin qu’il puisse calmer son appétit ? Savannah n’avait aucun mal à déceler le côté protecteur qu’il semblait avoir auprès d’elle, pour elle. Mais quand même… Cela aurait été un juste retour des choses pour elle.

Aussi délicatement qu’un peu plus tôt, la petite blonde tendît la main afin de récupérer le calepin qu’elle fît glisser entre les doigts du ténébreux. Reprenant son crayon de la même manière, elle le fît de nouveau glisser sur le papier au gré des arabesques et des courbes imposées. Rapidement, elle termina ses écrits et repoussa le carnet vers son sauveur. Ses propos l’avaient interpelée et elle y apporterait, forcément, son grain de sel.

- Je ne me sens obligée de rien Will. C’est ainsi, je veux faire quelque chose pour toi. Quoi que tu puisses vouloir ou désirer, fais m’en part. Peut-être pourrais-je t’exaucer qui sait ? Quant à la nourriture… je me doute bien que tu ne manges pas comme moi. Je suis peut être naïve mais j’ai des oreilles et j’entends tout ce qu’il se dit. Un vampire se nourrit de sang n’est-ce pas ? Pourquoi ne pas vouloir le mien ? N’est-il pas assez bien ?

Ces mots auraient pu être mal interprétés. Pourtant, ils revêtaient clairement une certaine innocence, relativement enfantine encore. Elle voulait lui offrir. Refuserait-il ce présent offert de bon cœur ? Aucune peur ne régnait dans le regard de la blonde. Elle savait pertinemment à quoi elle s’exposait avec une telle proposition et y était prête quoi qu’il puisse en penser. Seulement, ses écrits n’étaient pas encore terminés.

- et puis, tu sais, les autres gens… Je m’en fiche. Je n’ai pas besoin d’autres amis…

Dans ces propos-là, on pouvait clairement sentir une certaine fébrilité à l’aveu. Ne considérait-elle que Will dans ses amis. Sincèrement ?

- Dis Will… A quoi ressemble ta maison ? Est-elle comme celle de Babouchka ?

Une maison faîte de bric et de broc… Elle ne pouvait pas imaginer là où elle vivait même si, il y a fort longtemps, elle avait vécu dans une magnifique maison confortable. Elle ne s’en souvenait pas vraiment en fait, n’ayant quasiment toujours connu que le refuge de sa grand-mère paternelle.
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MessageSujet: Re: Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov   Mar 11 Déc - 16:38

La naïveté d’une enfant était toujours troublante à expérimenter, d’autant plus lorsqu’elle était partie intégrante d’une jeune fille qui, normalement, aurait surement pu être beaucoup plus perspicace et « pervertie » par son expérience avec le monde. La pureté n’existait plus depuis longtemps, du moins pas à long terme. Il n’y avait pas d’existence incorruptible et le plus pur des enfants finissait, un jour, par découvrir la face sombre de cette terre et y sombrait par envie ou par dépit. Pourtant, à travers les yeux de Savannah, William n’aurait pas su dire si elle avait une quelconque expérience de ces immondices qui l’entouraient, de cette crasse et de cette souillure qui les contaminait tous, y compris lui. Depuis des années, elle s’agrippait à lui. Certains résistaient mieux que d’autres, ou, tout simplement ne s’y vautraient pas complètement mais, à l’instar de voyageurs pataugeant dans un marais, ils continuaient leur route en essayant de ne pas tomber tête la première. Ainsi allaient les choses et tout le monde finissait par mettre les pieds dans le plat. Venait-il de rencontrer l’exception qui confirmait la règle ? Quoiqu’il en fut, il ne se voyait pas vraiment boire au cou de ce qui pouvait être vu presque comme une enfant. Certes, il ne risquait pas de tomber sous le coup de la loi, vu qu’elle était majeure et, dans le cas présent, consentante, mais c’était quelque chose qu’il ne faisait plus vraiment, hormis en de trop rares occasions, ayant réussi à maitriser ses besoins primaires pour se contenter de poches de sang médicales avec lesquelles il n’y avait pas l’excitation et toute la vie d’une morsure mais qui lui semblait bien plus éthique. De toute façon, il ne voyait aucune raison d’accepter cette proposition car il ne « mourrait » pas de faim et il n’avait nul besoin de boire du sang.

Dans l’urgence… Il aurait peut-être accepté. Face à la mort soudaine et possible, il aurait certainement tendu ses crocs vers le cou frêle et la peau pâle de la jeune femme pour s’accrocher à cette non-vie et ne pas quitter cette terre. Mais il était loin d’un danger mortel et rien ne justifiait de boire ainsi. Sentant toutefois qu’il semblait l’avoir blessée, il la laissa récupérer le calepin pour qu’elle puisse y écrire quelque chose. Laissant les lignes s’inscrire rapidement sur les pages, il eut bien rapidement la réponse à cette soudaine et triste mine qu’elle avait affichée. Quoiqu’il en fut, ses propos firent doucement sourire le Vampire qui ne fit qu’y voir les stigmates d’une innocence encore fraiche et infantile. Le bien… Le mal… Regardant Savannah, Will se fendit d’un sourire tranquille. « Un Vampire boit du sang oui, nous devons en boire pour survivre, un peu comme les Hommes sont obligés de manger. » Son regard se perdit sur la dernière question qu’elle lui avait posée. « Ce n’est pas que ton sang est pas assez bien, c’est juste que je n’ai pas l’habitude de mordre les gens pour boire. Je préfère les poches de sang médical. » D’autres ne se seraient certainement pas privés d’une telle proposition mais même si le sang de la jeune fille était surement excellent, car plus le calice était jeune plus il était « savoureux », cela ne justifiait pas suffisamment le fait de s’y nourrir, même si elle tendait sa petite gorge sous ses crocs, volontairement. « Mais c’est gentil d’avoir proposé. » Il lui sourit doucement. Il n’y avait nulle raison de se formaliser de son refus, même s’il savait que les enfants étaient plus susceptibles à ce niveau là pour des raisons qui lui échappaient totalement. Peut-être était-ce dû à un manichéisme trop entier.

« On a toujours besoin d’amis tu sais... » Surtout lorsqu’on vit éternellement et que ceux-ci finissent par disparaître petit à petit. « Je ne suis pas sûr qu’un seul suffise, même s’il est éternel, d’une certaine manière. » C’était toujours utile d’avoir un Vampire comme « ami », au moins on était presque certain qu’il serait là jusqu’à la fin mais cela n’en restait qu’un, ce qui pouvait paraître suffisant mais qui l’était rarement, il fallait l’admettre. « Et puis je suis sûr que tu pourrais facilement te faire d’autres amis. » Il eut un petit sourire encourageant et se concentra sur les dernières phrases. Sa maison… Non, elle ne ressemblait pas vraiment à celle-ci. « Non, pas vraiment. Ma maison était plus comme celle que tu avais avec tes parents. Si tu t’en souviens un peu… » Un petit soupir s’échappa de ses lèvres. « Il y a un grand salon, des chambres à l’étage et un grand sous-sol où je passe la plupart de mes journées. En fait, je ne me sers pas beaucoup du reste de la maison. » Ce n’était pas faux et cela pouvait d’ailleurs paraître idiot mais, d’un côté, il était difficilement faisable de n’acheter qu’une cave quelque part et, quand même, c’était un peu glauque. Mieux valait jouer des apparences et avoir une vraie maison, même si elle ne servait pas complètement. Au moins le Vampire pouvait toujours accueillir des personnes chez lui sans se soucier de l’endroit où ils dormiraient. Jetant un œil au ragout qui cuisait derrière elle, il avisa Savannah. « Tu devrais jeter un œil à ta marmite, il ne faudrait pas que ton repas brûle. »
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Une demeure calcinée, ou les ruines de la demeure Petrov

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