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 Une soirée entière pour se faire plaisir...

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MessageSujet: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Jeu 11 Oct - 12:00

Une soirée tranquille. Ca f’sait longtemps. La Princesse est occupée à ses trucs de Baronne, et, apparemment, elle a pas b’soin d’moi. Apparemment, j’ai pas à m’r’tenir de défoncer un mur ce soir, pas de mâle d’un soir en vue pour elle. Enfin j’aurai p’t’être à la récupérer complètement siphonnée plus tard. Après tout, j’pense pas qu’elle passera sa soirée à ses affaires. Bah, elle a mon tél, elle sait qu’elle peut m’appeler n’importe quand, j’viendrais la chercher où qu’elle se soit fourrée et Bondye sait qu’parfois ça peut vraiment être glauque. Enfin, c’est la Princesse, vous pouvez pas vraiment comprendre sans l’avoir vécu. Moi je sais d’quoi j’cause. Quoiqu’il en soit, moi j’vais m’changer les idées. J’ai envie de bouger ce soir, d’me faire plaisir et d’oublier un peu ce qui me trotte dans l’esprit mais qui m’bouffe pas autant qu’les autres soirs. J’ai pensé à une soirée de poker avec quelques « amis » mais j’crois qu’leur dernière déculottée est bien trop proche pour qu’ils acceptent de jouer avec moi d’si tôt. Bah ! J’me suis fait suffisamment d’blé pour être tranquille pendant un p’tit moment et au pire j’me trouverais d’autres crédules pour m’arrondir les fins de mois. Les amateurs de poker, ça s’trouve comme les champignons, faut connaître les bons coins, et ça, moi j’connais bien. Faut dire que j’ai mes entrées un peu partout, mais ça s’est surtout grâce à la Princesse, sans elle j’connaitrais pas autant de coins pour s’bourrer la gueule et en y mettant la qualité, s’vous plait !

Ce soir, j’sais pas encore où j’vais aller. J’ai pas spécialement envie d’boire, ni d’me saouler la gueule, ni même d’aller dérouiller quelques types pour une bonne baston de rue ou d’bar. En fait, j’crois qu’j’ai envie de rester un minimum clean, des fois qu’la Princesse m’appelle. Faudrait pas qu’j’puisse manquer à l’appel, j’crois qu’elle comprendrait pas. Et puis faut qu’j’l’admette, j’en ai pas l’envie, d’manquer à l’appel. J’peux pas la laisser tomber, même si j’devais avoir vingt grammes dans chaque œil et qu’y m’faudrait la chercher en rampant, même si j’devais en crever, j’sais qu’j’irais la chercher. Alors au pire j’me bourrerais la gueule après. S’pas parce que la nuit des uns s’arrête que celle des autres ne continue pas. Comme on dit, le spectacle doit continuer. Tiens, en parlant d’ça… J’me ferait bien une piste de danse moi. Ca fait quelques temps qu’j’ai pas pu m’déhancher un peu. Puis généralement ça excite un peu les minettes en quête de mâle. Faut dire qu’je bouge plutôt bien. C’est pas Abi qui m’a appris, du moins pas tout, mais j’ai pas mal pratiqué avec elle. Faut dire qu’ça fait du bien d’danser. On n’pense plus à tout le reste, juste le rythme, les pas, le plaisir… Ma vie aurait pu être une longue et interminable danse. Tiens, s’pourrait être une fin pas mal ça, crever sur une piste de danse, d’un coup, comme ça, à la fin d’un show, sous les applaudissements d’une foule en délire… Faudra qu’j’y réfléchisse. P’tête j’pourrais en causer à la Princesse. Ca devrait lui plaire aussi. On verra.

T’façon là j’pense surtout à bouger pour trouver un coin sympatoche pour m’déhancher pire que Travolta. S’pas mon idole mais certains n’jurent que par lui, une légende des dancefloors des années 80 j’crois. C’est plus vraiment à la mode et c’est pas trop mon truc. J’aime le rythme, les musiques africaines, sud-américaines, ça c’est d’la musique à bouger son corps, à charmer les p’tites pucelles venues chopper en boite. J’me rend compte, qu’à tourner comme ça, j’me suis r’trouvé dans l’Quartier Vampirique. Okay, s’pas l’meilleur endroit mais, faut bien avouer, leur « Danse macabre » est quand même un sacré endroit… Et l’avantage, c’est qu’y’a plusieurs pistes avec différents genres de ‘zics. Après quelques rues, j’repère l’enseigne et j’presse pas l’pas. Y’a une queue monstre devant l’entrée, surtout des Normes qui doivent courir après les suceurs de sang – ou d’aut’choses, hum… - mais les files, s’pas pour moi. Moi j’ai l’culot et, surtout, un ticket de choix dans ce bouge. Remontant la queue devant les badauds indignés, avec quelques sourires pour les charmantes demoiselles, j’en attrape même une par le bras pour l’emmener avec moi dans un sourire ravageur. Celle là, elle vient d’avoir la chance de sa vie. Bras d’ssus, bras d’ssous, on arrive d’vant l’videur à qui j’adresse à peine un regard avant qu’il ne nous ouvre la porte sous les cris indignés des p’tits cons qui savent pas qu’dans la vie, y’a deux types de personnes. Ceux qui savent faire la fête, et ceux qui attendent dehors.

Une fois à l’intérieur, j’vole un baiser à ma charmante compagnie avant d’lui faire un clin d’œil et d’lui dire de profiter d’sa veine et d’sa soirée. J’passe devant l’vestiaire et j’dépose ma veste et mon chapeau dans un autre sourire charmeur, demandant à la charmante jolie fille qui allait s’occuper de mes affaires de biens veiller dessus. Une fois débarrassé, j’arrive enfin dans l’atmosphère survoltée. Y’a plein d’monde mais j’aime ça. Je zieute un œil au bar bondé. Ce s’rait bien d’boire un truc mais pas tout de suite. D’abord j’me fraye un passage parmi les gens et j’fais le tour des pistes. J’trouve enfin c’que j’veux, d’la musique sur laquelle on peut lâcher son déhanché et vraiment bouger. Pas ces vieux trucs merdiques de transe-tectonik sur lesquels tu fais que sauter comme une puce débile. Nan j’veux qu’ça bouge mais qu’ce soit sauvage, qu’y’ait un plaisir primal. Y’a moins d’monde sur la piste, ça t’étonne ? Pas moi. J’bouscule quelques blaireaux qui croient impressionner les p’tites minettes qui s’déhanchent pas mal, surtout celle-là avec la minijupe un peu trop courte… Bondye quel cul ! J’me met pas loin d’elle, au centre d’la piste et j’commence, j’laisse mon corps suivre la musique et s’exprimer tout seul. Y’a pas besoin d’me forcer. J’attire les regards, ça m’plait, j’sens qu’là soirée commence vraiment bien, j’vais m’faire plaisir ce soir…
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Ven 12 Oct - 19:15

Comme tous les soirs dans le quartier, il y avait du monde partout, et une certaine ambiance particulière que beaucoup venaient spécialement chercher ici. Messaline, elle, n'était pas vraiment là pour s'amuser, du moins, pas encore. Elle avait ce qu'on appelle poliment et en français dans le texte un "rendez-vous", purement professionnel on le comprend bien, et surtout avec un client particulièrement exigent et surtout tellement plein aux as qu'il était une véritable poule aux oeufs d'ors pour elle. Ils se le rendaient bien mutuellement, car elle n'était quant à elle pas franchement regardante sur la quantité de sang qu'il pouvait lui prendre durant leurs petits rendez-vous, tant qu'elle tenait encore debout à la sortie et quand on connaît bien la jeune femme, on sait que c'est parfois une notion très relative. Or donc, pressée d'aller soutirer à son vampire consommateur du soir, Messaline n'avait pas envie de perdre son temps. Pour une fois, elle était presque vêtue convenablement, conformément aux caprices de celui qu'elle s'apprêtait à rejoindre et dont les goûts en matière de femmes semblait s'être arrêté dans les années 50. Jupe serrée, talons hauts et bas couture, Messaline aurait très bien pu poser Pour Yank et se retrouver dans le paquetage de GI en goguette.

Déboulant d'une démarche conquérante aux abords de la boîte où elle avait rendez-vous, Messaline ne put s'empêcher de sourire quand elle vit la file d'attente déjà formée depuis un long moment déjà qui se déroulait devant le Danse Macabre. Beaucoup de Normes et plus encore de filles, plus ou moins jeunes, de ces idolâtres qui allaient chercher le frisson dans le voisinage des vampires, un peu comme si des poissons rouges trouvaient cool et branché d'aller fricoter avec des requins. Dans la vie, il y a deux sortes de filles. Celles qui courent après les vampires, et celles qu'ils appellent quand ils veulent passer un bon moment. Elles ne jouaient pas dans la même cour de récréation, même si somme tout leur gibier était le même.
Messaline les dépassa en les regardant en coin d'un air amusé. Ah, les filles, si vous saviez la poigne qu'il faut pour tenir un vampire par les valseuses et ne pas se faire bouffer...

Arrivant devant le videur, Messaline le salua d'un charmant sourire alors qu'il la laissait passer. Un des avantages d'avoir couché avec le personnel, c'est qu'on se fait rarement oublier.

Pressée de gagner son argent et d'aller le dépenser, elle se hâta dans les arrières salles, dans ces pièces secrètes où certaines tueraient pour entrer. Boulot, boulot! Avec un professionnalisme décoiffant, Messaline veillait toujours à se montrer à la hauteur de l'argent qu'on pouvait claquer juste pour elle. Il faut savoir garder sa clientèle...

Un long, long moment plus tard on vit sortir une Messaline un peu décoiffée, juste derrière le bar, par une porte dérobée qui devait donner sur les couloirs de service et autres passages dérobés. Un observateur attentif n'aurait pas manqué de remarquer un ou deux pansements ça et là, et surtout la poignée de billets qui finirent glissés bien au chaud dans son décolleté. Après avoir étanché sa soif en s'envoyant quelques verres, elle finit par se décider à aller rejoindre les danseurs, sur la piste. Elle traversa la salle, sans manquer évidemment de se faire dévisager, alors qu'elle même ne se gênait pas pour détailler tout ce qui passait à portée d'yeux. Des Normes, en grand nombre, comme dans la file d'attente. Beaucoup de vampires évidemment, ils étaient chez eux. D'autres têtes plus atypiques, reflet de la diversité grouillante de cette ville qui semblait avoir décidé de prélever des échantillons de population dans à peu près tous les pays du globe.
ça remuait bien sur la piste. Pas mal de danseurs, bons et moins bons, pas mal de filles et la coutumière foule disparate d'apprentis play-boys qui essayaient de trouver leur bonheur pour la soirée.

Quelques éléments surnageaient dans la foule. Quelques visages pas désagréables à regarder, quelques silhouettes sympathiques ou familières sur lesquelles le regard de Messaline s'égarait avec aussi peu de gêne qu'on la détaillait elle-même sans vergogne. On aurait eu tort de se priver, car pour beaucoup c'était la seule chose dont ils pourraient profiter avec elle.
Et comme toujours, une fois que Messaline se mettait à danser, un million de détails trahissaient que dans ce domaine-là, c'était une professionnelle. Professionnelle à tous les sens du terme, d'ailleurs, et ainsi habillée assez sagement comparée à l'ordinaire, on aurait bien été en peine de dire précisément pourquoi cette fille-là était à reléguer dans la case des relations tarifées (et qui en valaient le coup, probablement). Peut-être sa manière de regarder autour d'elle, de se tenir, de bouger, sa manière d'être, tout simplement? Allez savoir. Quoi qu'il en soit, alors que l'ivresse et la fatigue de la journée lui montaient joyeusement à la tête, Messaline profitait d'un moment de loisir, sans se soucier de ceux qui l'entouraient, juste pour s'amuser, danser et laisser le reste de côté pendant un moment. On se détend comme on peut.

Les yeux à demi clos, elle observait le manège des danseurs autour d'elle, les regards qui se croisaient. Des couples se faisaient et se défaisaient, certains quittaient la piste de danse pour d'autres endroits un peu plus discrets, d'autres encore avaient l'air de désespérément attirer l'attention. Elle ne put s'empêcher de sourire devant la maladresse de quelques-uns, même de celui qui la bouscula sans le faire exprès, provoquant une réaction en chaîne du fait de la proximité des danseurs tassés sur la piste. Le gamin sans doute à peine majeur lui fit faire un écart qui l'envoya droit contre ce grand black peinturluré qu'elle avait aperçu un moment plus tôt. En même temps, il passait difficilement inaperçu, lui, et c'était un peu comme s'il s'était baladé avec un écriteau clignotant avec écrit "VOODOUN". Bien sûr, sur ce registre, Messaline n'avait rien à dire, vu qu'elle veillait toujours à ne jamais passer inaperçue, mais quand même.

Elle leva vers lui un sourire d'excuse, même si elle n'avait pas l'air du tout désolée et qu'elle en profita pour le dévisager sans aucune gêne. Les bons danseurs sont rares, et elle savait les reconnaître au premier regard.

Son sourire s'élargit un instant et elle lui adressa un clin d'oeil amusé avant de lui tourner le dos.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Sam 13 Oct - 18:07

Les filles ça va, ça vient… Y’a d’la mouvance sur la piste et j’aime ça. Une jolie fille par-là, j’essaie d’attirer son r’gard, j’joue avec elle, j’essaie d’lui donner envie. Certaines répondent, d’autres non. C’est pas la peine d’se prendre la tête d’t’façon. Le temps d’une danse, t’as d’quoi t’faire plaisir en collé-serré avec l’une ou l’autre, voire même juste d’faire le show avec les autres qui t’regardent, les gars et les filles avec une lueur d’envie, mais clair’ment pas la même envie, si tu vois c’que j’veux dire. Y'a sur’ment une p’tite midinette qui essaiera d’se faire emballer, mais j’sais pas si j’ai vraiment envie d’repartir avec d’la compagnie. La plupart des jeunettes qui sont ici, sont vraiment pas douées et la plupart y connaissent rien et, perso, l’éducation de vierges, ça m’intéresse pas. Ça reste un plaisir, c’est sûr, mais, quand même, c’est vachement mieux quand la fille sait y faire et connait déjà c’qui lui fait plaisir et c’qui peut te faire plaisir. Ça donne l’impression d’être déjà sur une même longueur d’onde et ça, tu vois, ça n’a pas d’prix. D’t’façon, j’y suis pas encore. Là, je danse. Beaucoup vont et viennent, s’occupent deux minutes sur la piste puis vont boire un jus, moi j’reste, j’me déhanche, j’donne du spectacle à qui en veut, parce que j’ai envie d’danser jusqu’à c’que j’tienne plus sur mes pattes, parce que ce s’rait vraiment classe de crever à la fin d’une musique, après en avoir mis plein les mirettes à des spectateurs. Ce s’rait une bonne fin, mais j’suis clairement pas encore emballé par l’idée d’crever aussi vite. J’ai, au moins, encore quelques p’tites années devant moi, enfin, si j’fais pas trop l’con, c’qui, avouons-le, n’est pas tout à fait gagné, hein ? Qu’importe, j’préfère m’approcher de cette p’tite beauté aux yeux bruns histoire de lui montrer comment on danse par chez moi.

Tandis que j’la chauffe, parce que la miss semble clairement intéressée par quelque chose d’plus sensuel qu’une vague danse en boîte, on joue avec nos corps et tout le toutim, j’pense que j’ai pas b’soin d’vous faire un dessin ? C’est un régal ce genre de trucs, vraiment, vous devriez essayer de temps en temps. Bon, bien sur, pour ça, faut savoir danser un minimum. C’est pas l’cas d’monsieur tout l’monde. Et moi j’danse, avec elle, on joue, un peu au chat et à la souris, une main par ici, une main par là… Elle a l’air d’savoir où s’rapprocher pour en profiter, hein ? J’aime ça, c’est pas désagréable, et puis j’jouerais pas c’jeu-là si c’était pas pour faire ça. Puis tandis qu’on s’éclate, y’a un mec qui s’approche et qui l’attrape par le bras. Son mec sur’ment, qui doit nous faire une crise de jalousie. Tant pis, j’le toise et j’vois clairement qu’il a pas envie d’me faire chier, après tout, c’est p’t’ête pas un bon plan d’faire chier un Vaudoun. La fille part, à regret, mais moi j’l’oublie vite, y’a bien mieux à faire que d’penser à tout c’qu’on perd, surtout avec tout c’qui y’a à gagner… J’me remets dans le rythme, je tourne, je regarde, je cherche une belle plante, de celles qui donnent envie d’s’y coller et d’plus s’en décrocher l’temps d’une danse bien sexy. Tandis qu’je cherche, j’me fais bousculer par derrière. J’me r’tourne et j’crois un putain d’regard. Et c’sourire… On s’regarde un peu, sans s’gêner pour réellement s’mater, parce que, finalement, c’est un peu ça qu’on fait elle et moi. Puis elle m’sourit un peu plus avant d’me faire un clin d’œil et d’se tourner pour continuer à danser. L’invitation était trop belle pour être refusée et j’allais clair’ment pas m’priver pour la saisir.

Sans attendre, j’me rapproche d’elle, sans m’empêcher d’admirer sa chute de reins qu’elle m’offre sans vergogne en m’tournant l’dos et, en rythme avec elle, j’me permets d’poser mes mains sur ses hanches tout en m’collant contre elle dans un p’tit corps à corps sensuel. J’croise son regard dans un grand sourire et j’continue sans m’soucier d’quoi qu’ce soit. T’façon, si elle apprécie pas, elle m’le f’ra comprendre assez vite. Mais j’sais pas, j’la sens bien, et puis, faut l’dire, elle est sacrément canon. J’aime bien ses ch’veux, sont longs, une cascade de plaisir. Et puis, maint’nant qu’j’suis près d’elle, elle a un parfum plutôt agréable. Nan sérieus’ment, j’suis content qu’l’autre ahuri est v’nu chercher sa p’tite copine, parce qu’j’aurais p’tête pas percuté ce joli brin d’fille. Et puis faut dire qu’j’ai d’la chance, la musique est sensuelle juste c’qu’il faut, d’quoi passer un bon moment en sa compagnie sans forcer, juste en suivant le rythme. J’pensais à rien d’autre qu’au rythme, d’toute façon, y’a rien d’autre à faire quand on danse. Si elle suivait le mouv’ment, y’avait moyen qu’on passe un bon moment, sans quoi on continuerait surement à danser tous les deux d’notre côté sans chercher à s’prendre la tête, c’était comme ça qu’on s’faisait plaisir, pas autr’ment.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Dim 14 Oct - 22:27

Messaline eut a peine le temps de se détourner qu'elle sentit une paire de mains se poser sur ses hanches en même temps qu'elle sentait une présence franchement rapprochée, juste derrière elle. Elle n'eut même pas besoin de regarder pour savoir que c'était le voodun qu'elle venait de bousculer par mégarde. Un petit sourire lui vint; elle avait harponné un joli morceau, et on ne le répétera jamais assez, les bons danseurs sont trop rares de nos jours pour les envoyer sur les roses sans sommation. Cela dit, il venait de faire preuve d'une audace un brin sans-gêne qui l'amusait, mais qui méritait surtout un retour. Messaline venait de finir sa journée, et elle avait envie de s'amuser un peu et surtout de danser beaucoup, aussi elle toléra un moment l'inconnu dans son voisinage direct.
Il était de notoriété publique que la gitane avait sale caractère et à vrai dire, c'était souvent à pile ou face, avec elle; soit elle en riait, soit les gifles commençaient à pleuvoir. Le voodun eut donc de la chance, ce soir-là, qu'elle soit d'humeur à ce genre de jeux et elle entra volontiers dans la danse. Elle feignit néanmoins une certaine indifférence, le temps peut-être de se demander ce qu'il avait en tête, le temps aussi de se dire qu'elle s'en foutait probablement. L'important, c'était qu'il se débrouillait bien mieux que la moyenne, et Messaline était assez exigeante en la matière pour laisser sur le banc de touche la moitié des gens présents dans la salle ce soir-là. Le reste, on aviserait plus tard!

La musique débridée emportait tout le monde dans un même élan sous les lumières folles de la salle qui transperçaient la pénombre, propice à l'ivresse, propice au vertige. Messaline se laissait aller, et il ne lui avait pas fallu très longtemps pour finir de lâcher prise, l'alcool aidant. L'ombre, la lumière folle, la musique si forte qu'elle lui faisait vibrer les os, tout ça lui monta bien vite à la tête avec bonheur et laissait le rythme assourdissant prendre possession de son corps. C'était un de ces instants de félicité, de vacuité, de néant intérieur qui lui faisaient tant de bien, quand le monde ne se résumait plus qu'à une poignée de sensations toutes simples, de simples signaux physiques qui flashaient dans un cerveau éteint pour tout le reste. C'était tellement évident, quand on y pensait; juste suivre les notes, les variations, les pulsations qui faisaient résonner son crâne, chacune de ses vertèbres, et qui introduisaient de nouveaux signaux dans sa moelle épinière. Suivre les mouvements du corps glissé contre le sien, dans un unisson dont la sensualité échappait totalement au contrôle de ses neurones mais que le reste n'ignorait pas. C'était drôle, c'était plaisant, un jeu dont elle avait l'habitude mais qui lui plaisait tellement qu'elle ne s'en laissait pas... Ne pas se poser de question. Elle se foutait bien de savoir qui était là, juste derrière elle, les mains sur ses hanches dans un geste qui n'était pas aussi possessif qu'elle n'avait pu le penser de prime abord. L'important c'était que lui dansait aussi bien qu'elle et que sur ce plan là, ils étaient parfaitement sur la même longueur d'onde. Le même rythme unissait les deux corps dans un même mouvement qui la faisaient ondoyer, toute en souplesse et en courbes, les bras relevés comme un serpent de soie rousse et de soie noire, sinueuse et puissante. On sentait la maîtrise des gestes, malgré tout, et là encore, c'était la même chose chez son drôle de cavalier. C'était tellement simple, tellement évident, ça semblait tellement facile de danser, de bouger comme des deux-là, que ça ne pouvait résulter que des années de pratique. Ils ne semblaient faire aucun effort, juste portés par la musique, comme si ça leur était aussi naturel que de respirer, un geste anodin.

Messaline au fond d'elle était tout à fait ravie de sentir le voodun bouger en rythme avec elle sans jamais se laisser distancer, la suivre, se laisser précéder, reprendre la main, la guider.
Elle avait presque fermé les yeux. C'était parfois tellement bon de perdre le contrôle, lâcher les pédales et se laisser guider par tout le reste, comme une girouette dans la tempête, comme si c'était la musique et elle seule qui décidait de ses mouvements. Elle n'était plus vraiment consciente, presque une transe, ce flottement intérieur, cette noyade, quand elle étouffait enfin toutes les voix qui hurlaient dans sa tête, quand elle faisait taire tout ce qui pouvait l'empêcher de vivre et d'apprécier le moment présent.

Juste se lâcher. Il n'y avait pas de meilleure ivresse... Mais Messaline n'avait pas assez de confiance en son prochain pour se permettre de perdre tout contrôle pendant très longtemps, et toutes les bonnes choses ont une fin... Profitant d'un bref relâchement de l'ambiance, Messaline remit les pieds sur terre, retrouva toute sa tête et se rappela non sans un brin d'amusement qu'elle avait l'intention de rendre la pareille à celui qui avait dansé avec elle. Bon évidemment, sa manière de le dévisager, son sourire et même le clin d'oeil qu'elle lui avait adressé étaient autant de signes qui pouvaient être perçus comme des invitations, et elle ne pouvait décemment pas le blâmer de s'être empressé d'y avoir répondu. Pourtant, pourtant. Messaline était d'humeur joueuse, et il fallait qu'elle réplique.

Elle se déroba soudain, à peine quelques pas. Autour d'eux, le renfort était arrivé et la foule était beaucoup plus compacte, assez pour que la jeune femme puisse échapper aux mains de son téméraire cavalier l'espace d'un instant. Elle disparut, se fondant parmi les danseurs, assez petite pour ne pas être repérée par le voodun. Partie? Non, c'eut été sous-estimer Messaline, qui déboula discrètement par derrière, et se fit un plaisir de fustiger les ardeurs du jeune homme d'une bonne claque bien sentie, assénée du plat de la main sur son joli fessier rebondi. Son forfait accompli, la jeune femme affecta une mine outrageusement innocente de sainte nitouche et continua à danser comme si de rien n'était.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Mar 16 Oct - 2:31

Y’a pas à dire, c’est vraiment agréable de pouvoir s’faire plaisir sans qu’on interprète mal c’que vous voulez faire. Bon, fallait l’dire quand même, la p’tiote était sacrément sexy et c’était pas un déplaisir que de s’approcher d’un corps comme celui qu’elle possédait et qu’elle exhibait surement avec une certaine fierté, pour s’en saisir par les hanches et s’y coller avec la ferme intention de laisser l’mouvement faire les choses et faire danser les corps ainsi reliés. Elle aurait pu m’remettre les points sur les « i », certaines ce s’raient probablement pas gênée pour m’coller une baffe sans crier gare mais, apparemment, elle avait compris qu’j’faisais pas mon lourdingue pour la brancher, mais simplement pour faire un p’tit bout d’danse avec elle. Et, ça j’devais l’admettre, elle dansait sacrément bien. Ca f’sait longtemps qu’j’avais pas rencontré une personne qui s’laissait aussi bien aller au rythme de la musique, à ne pas se prendre la tête, juste à épouse l’mouvement. C’est agréable d’se coller à elle, d’la laisser tantôt diriger, tantôt suivre. C’est ça la danse, jouer avec son partenaire, dans tous les sens du terme. Il y a beaucoup d’choses qu’l’on peut faire sur des rythmes pareils et des gars plus intéressés qu’moi en auraient peut-être profité pour tenter quelque chose mais, si elle avait clairement quelqu’chose en plus par rapport aux autres filles, c’était surtout sa manière de bouger qui m’bottait, cette façon qui paraissait si naturelle et si facile de se déhancher au rythme de la musique, qu’en connaisseur, j’pouvais immédiatement dire qu’elle avait d’la bouteille dans l’domaine et qu’elle s’contentait pas d’venir s’éclater sur une piste de dance tous les premiers sam’dis du mois. Et ça, fallait qu’j’l’admette, ça avait l’don d’sacrément m’faire plaisir car, les bons danseurs, ça courrait pas les rues, hélas. Pire encore, ça m’rendait curieux, histoire d’savoir dans quoi elle performait particulièrement. P’tête les danses latines… En tout cas, elle en avait clairement la capacité.

J’sais pas trop combien d’temps ça dura, mais c’était tell’ment bon qu’je me suis pas trop posé la question. C’est toujours pareil d’t’façon, c’est toujours les meilleurs moments qui passent le plus vite et même s’ils durent une éternité, on a toujours cette fichue impression que ça n’dure que quelques secondes. J’aurai bien dansé plus longtemps avec cette délicieuse personne mais comme toute chose, chaque musique a sa fin et même si les DJ’s s’arrangent toujours pour éviter les creux, c’est obligatoire, il y’en a toujours. C’est d’ailleurs là qu’elle en profita pour se dérober. Et, bien entendu, j’ai pas spécialement cherché à la retenir. J’savais que sa présence, contre moi et moi contre elle, n’était que pour cette danse, ou peut-être quelques unes supplémentaires si elle appréciait mes talents de danseur, mais ça n’aurait été d’t’façon que de courte durée. Tandis que j’la perdais du regard, la musique reprenait et sans me morfondre sur sa disparition, j’décidais de continuer à danser, sans chercher à comprendre, m’laissant de nouveau porter par le nouveau rythme qui faisait déjà danser tous ceux qui m’entouraient. D’ici une minute, j’étais d’jà persuadé que la belle n’serait qu’un bon souvenir, même si retrouver une telle part’naire de danse serait compliqué. Bah, des p’tites midinettes, il y en aurait d’autres et même si ce serait pas aussi agréable d’se déhancher contre elles, ce n’était pas pour ça qu’j’étais venu ici ce soir. J’avais juste besoin d’me changer les idées et d’m’aérer l’cibioulo et jusqu’à maintenant, j’m’étais plutôt bien débrouillé. Il n’restait plus qu’à conclure la soirée dans la même veine et ce serait parfait, rien à r’dire, j’pourrais m’coucher tranquille, enfin… P’tête pas seul…

Tandis que j’m’attachais au rythme, je sentis quelqu’chose m’claquer avec une certaine passion l’derrière. Sans musique, on aurait certainement entendu un sacré « clac ». Dans un p’tit sursaut, j’me retourne pour r’découvrir la belle qu’j’ai enlacée quelques minutes plus tôt. Son p’tit sourire innocent m’permet d’voir immédiatement qu’c’est elle qui a fait l’coup. Et c’est une évidence, c’est une p’tite vengeance. Elle est joueuse la p’tite. Ca m’plait. Alors qu’elle s’remet à danser, j’m’approche un peu, sans chercher à envahir son espace, juste pour danser avec elle, encore. On ne boude pas une bonne danseuse et, j’dois l’admettre, j’ai bien envie d’pouvoir encore m’déhancher avec elle, et, puis, de face cette fois, tant qu’à faire. Après tout, je n’ai pu qu’admirer la cascade de ses cheveux et le parfum qui émanait d’elle jusqu’à maintenant. Au moins j’avais l’occasion de profiter d’son regard et d’quelqu’chose d’autre de plus bas mais d’tout aussi agréable à r’garder même si, faut pas rêver, c’était pas c’que j’mirais principalement, nan, ces yeux étaient clairement plus intéressants. L’sourire qu’j’lui offre en dit long sur c’que j’pense de son p’tit jeu et la seule chose qu’j’espère c’est qu’elle va pas s’arrêter en si bon ch’min, ce s’rait vraiment triste. Un peu comme chez les animaux, j’m’amuse à danser autour d’elle, à essayer d’la charmer, en quelque sorte, sauf que ça n’a rien d’amoureux, c’est juste d’la danse, une manière de jouer avec son partenaire, de la défier aussi, qu’elle me montre ce qu’elle a dans le ventre, dans les jambes. Et quelqu’chose m’disait qu’elle était capable d’plus encore que c’qu’elle m’avait montré jusqu’à maintenant et j’m’faisais un p’tit plaisir qu’elle puisse répondre à cette invitation afin qu’on puisse jouer encore tous les deux, comme un peu au chat et à la souris, sans s’casser la tête à réfléchir à autre chose qu’à danser, sans s’soucier d’autre chose. On avait le rythme dans la peau, elle et moi, et c’était quelque chose que je voulais qu’on partage là, sur cette piste de danse, ce soir.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Jeu 18 Oct - 22:04

La petite pause qui avait permit à Messaline de prendre la tangente n'avait été qu'un très bref instant de relâchement, comme un arrêt entre deux respirations, avant que l'ambiance ne reparte de plus belle. La foule mouvante formait une masse informe sur la piste, sous les lumières brusques des projecteurs qui balayaient l'endroit et donnaient l'impression que les murs eux-mêmes étaient en mouvement, une étrange sensation de vertige et de désorientation qui brouillait les pistes et invitait à lâcher prise sur la réalité.
Messaline avait aux lèvres un petit sourire qui démentait toute culpabilité, du moins en théorie. Elle, coupable d'un tel acte? Non, jamais. On lui aurait donné le bon dieu sans confession. Son sourire s'élargit quand elle vit son cavalier revenir à charge, cette fois de manière un peu moins directe. Il avait de l'humour, bon point pour lui et manifestement ne semblait pas avoir envie de la laisser en plan. Elle lui glissa un regard amusé, comme une invite, cette fois un accord tacite; quelles que soient les intentions du bonhomme, elles attendraient, pour le moment, elle comptait bien s'amuser à danser avec lui. Les projets en ce sens-là semblaient partagés, à vrai dire, et un rire silencieux s'accrochait à ses lèvres quand elle le voyait tourner autour d'elle, comme un animal qui fait sa cour. Elle affecta un moment une sorte d'indifférence précieuse, se laissant approcher avec le snobisme hautain d'un chat qui daigne bien accepter quelqu'un d'autre dans son voisinage, et comme toujours elle en avait la souplesse nonchalante et le regard vif alors qu'elle suivait la musique et ses soubresauts assourdissants.

Messaline suivait son partenaire du regard, parfois du coin de l'oeil, ses yeux sombres ne le lâchaient pas. D'un oeil expert, elle observait, et maintenant qu'elle l'avait dans son champ de vision, son opinion première se précisait: en voilà un qui savait bouger avec classe. Il y avait chez lui une assurance un brin insolente, qui se lisait autant dans ses yeux d'ambre que dans son sourire. Curieux personnage, drôle de dégaine, et surtout on ne pouvait que se demander si cette confiance confinant presque à l'orgueil reposait sur une base solide, ou si ça n'était que du vent. Quelque chose lui soufflait que mieux valait ne pas essayer de savoir, au cas où. Mais pour le moment, il lui plaisait, pour ce qu'elle en voyait. Un petit hochement de tête assorti d'un sourire entendu valida définitivement la performance, comme si elle lui donnait son approbation et qu'elle le reconnaissait comme son égal. Le défi avait été compris et accepté, que la fête commence.

Un flottement euphorique, mélange d'alcool et d'épuisement, avait envahi la jeune femme qui avait l'impression de piloter son propre corps à distance, comme à travers un brouillard, comme une transe, en envoûtement. Elle s'était rapprochée de lui, sans hâte. Autour d'eux, suivant la musique, des couples s'étaient formés en étreintes étroites, au rythme ralenti de quelque chose de soudain plus suave, plus sensuel aussi. Mais Messaline et son cavalier n'en étaient pas encore là, pas tout à fait; elle était toute proche de lui, mais ne le touchait pas, pas encore. De temps à autre, un mouvement, un geste l'amenait à l'effleurer, et puis elle se dérobait, y revenait encore, se laissait approcher. Chasse-moi, je te fuis, fuis-moi, je te chasse. A vrai dire, pour le moment cette danse un peu rapprochée était la chose la plus innocente qu'elle eût fait avec un homme depuis pas mal de temps. Bien sûr, elle le soupçonnait d'avoir des idées derrière la tête -c'était légitime et c'était une accusation qui pesait de toute manière sur tous ceux qu'elle croisait- mais pour l'heure il n'avait pas l'air de vouloir aller plus loin que la piste de danse et c'était très bien comme ça.

Le tempo de la musique s'était ralenti encore, et comme mûs par le même élan, comme si tout le monde avait cessé de réfléchir et se contentait de suivre le rythme, tout le monde s'était rapproché. Les couples s'enlaçaient plus étroitement et Messaline avait franchi avec allégresse la faible distance qui la séparait du joli Voodun, reprenant leur corps-à-corps précédent. Cette fois c'est elle, non sans une dose de provocation, qui avait posé sans permission ses mains sur les hanches du jeune homme. Il n'y avait aucune raison que l'un profite et pas l'autre, n'est-ce pas? Si la question se posait encore, la réponse venait d'être donnée: Messaline était tout à fait du genre à prendre les devants.
C'est elle qui se permit de guider, un moment, lâchant enfin du regard son cavalier alors que ses yeux s'égaraient dans un fin sourire, la tête légèrement rejetée en arrière. La musique allait, venait, puissante comme une vague, lente et langoureuse en emportant avec elle les corps agglutinés sur la piste, jouant avec eux comme le vent dans les feuillages d'automne, les forçant à s'entrechoquer, à se percuter, les poussant les uns vers les autres. On comprend vite, dans ces conditions, pourquoi tant de gens vont chercher un/une/plusieurs partenaire(s) dans les boîtes de nuit diverses et variées: alcool, musique et pénombre font bon ménage autant pour dissimuler les défauts physiques que pour entraîner les gens dans une sorte d'état second, où il est si facile d'outrepasser ses limites, d'oublier les convenances et le reste, et se retrouver à danser dans les bras d'un inconnu.

Alors que son champ de vision était peu à peu couvert par ses paupières, Messaline se concentra un instant sur les mouvements, les sensations, les signaux reçus. Sur sa peau courait le frisson de ses cheveux défaits, ruisselant sur ses épaules, le long de son dos. Les manches relevées de son corsage qu'elle n'avait pas prit le temps de reboutonner jusqu'en haut laissaient ses bras nus, et dégageaient une vue appréciable sur ce que le vêtement assez ajusté peinait un peu à contenir. Ses mains frémirent sur les hanches du jeune homme, comme pour se rappeler de l'endroit où elles se trouvaient et apprécièrent ce qu'elles y trouvèrent. Elle sourit, rouvrant un oeil pour le fixer d'un regard effronté, comme une provocation.

Et puis, soudain, comme une décharge, le DJ s'amusa à relancer l'ambiance d'un seul coup, alors que la musique repartait, soudain plus rapide, presque effreinée, et qu'elle emportait dans un même mouvement toute la salle. Messaline recula un peu, et la danse reprit, plus folle, plus débridée, emportant son corps tout entier, soulevé dans le mouvement, le front piqueté de sueur, le souffle court, haletant. Elle ne tiendrait plus le rythme très longtemps, mais n'abandonnerait pas avant la fin. Aller jusqu'au bout de l'effort, s'épuiser jusqu'à la dernière parcelle d'énergie. Elle le fixait à nouveau, lui souriait. Elle n'avait pas envie que ça s'arrête. Trouver un partenaire capable de la suivre, c'était si rare... Il n'allait pas s'échapper de sitôt, celui-là.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Sam 20 Oct - 8:12

Danser. Danser à n’avoir plus qu’ça dans l’sang. Danser encore et encore, juste pour le plaisir, juste parce que, final’ment, il n’y a rien d’mieux à faire, d’mieux à s’offrir pour profiter d’la vie sans s’poser d’questions inutiles. Danser jusqu’à l’ivresse, comme si chaque pas était un verre de whisky double dose, danser encore et encore, comme si l’on essayait de satisfaire une soif inextinguible. J’aime danser, j’adore ça, et pour être franc, j’pourrais pas vivre sans, parce que ça court dans mes veines, dans mon sang et que, comme l’oxygène, j’en ai b’soin pour respirer. Alors ouais, quand la vie m’offre un putain d’moment d’choix avec une danseuse qui sait y faire et bah j’me prive pas pour en profiter à fond. Après tout, j’suis même pas sur d’la r’voir un jour après c’soir et danser s’bien moins prise de tête qu’une soirée drague foireuse. Bon… J’avoue, elle est drôlement sexy la minette mais pour moi c’est s’condaire. Juste un plaisir des yeux et j’suis loin d’m’imaginer faire des trucs plus intime avec elle dans un tout autre endroit, quoique la piste de dance ça pourrait être un bon endroit pour ça… D’toute façon, elle et moi on a beaucoup mieux à faire qu’ce genre d’choses, enfin pour l’instant. J’préfère danser avec elle qu’imaginer des trucs qui vont p’têtre pas arriver, parce que, là, j’suis entrain d’danser avec elle et ça, croyez moi, c’est l’pied. Alors ouais, j’lui fais la cours, en quelqu’sorte, mais juste pour qu’elle m’accompagne le temps d’une, deux ou trois danses, peu importe le nombre, juste s’faire plaisir autant qu’les corps peuvent l’endurer, parce qu’je sais bien qu’à un moment, c’est juste plus possible d’tenir debout et d’bouger en rythme. Mais d’ici qu’on soit vidés d’notre énergie, j’apprécie l’fait qu’elle s’joigne avec moi dans cette p’tite aventure, et, à son sourire, j’savais qu’on allait bien s’amuser elle et moi, sans oublier d’faire un peu l’show aussi, histoire qu’ils en prennent de la graine les autres !

Alors qu’elle m’rejoint dans notre petit jeu à deux, v’là qu’le DJ s’amuse à ralentir la zic’. Bon ok, c’est pas mauvais d’donner un peu d’repos aux gens, mais on commençait à s’faire plaisir nous. Heures’ment, ça semble pas r’froidir la miss qui m’fait un p’tit jeu du chat et d’la souris tandis qu’on s’rapproche sans s’rapprocher, décidément, on était bien plus sur la même longueur d’ondes qu’j’pouvais l’penser. Puis, plus j’la r’gardais, plus j’me disais qu’elle cumulait quand même d’sacrés avantages cette p’tite gazelle. Sexy… le sens du rythme… Pour un peu j’aurais presque envie d’lui demander si elle est célibataire mais c’est pas l’moment, on est pas là pour ça, ni elle, ni moi. Alors j’continue à danser, à suivre le rythme à essayer de m’approcher d’elle quand elle me fuit et à lui rendre la pareille quand elle s’approche. Nul b’soin d’se presser. Puis tandis qu’finalement, la musique continuait à ralentir, à mon grand désarroi moi qui espérais quand même quelqu’chose d’assez puissant et d’énergique, v’la t’y pas qu’la p’tite miss m’prend par surprise et m’attrape par les hanches, comme si elle m’rendait la pareille, encore. J’lui décoche un sourire. Ca n’a rien d’désagréable, bien au contraire et j’vois aucune raison d’me dérober. Alors sans m’faire prier, j’fais glisser mes mains sur ses hanches et j’me laisse porter par le rythme lent et suave qui nous rapproche tous les deux sans qu’ça m’dérange d’être guidé par une femme, au contraire, c’est une chose suffisamment rare pour y prendre plaisir et puis, au moins ça m’prouve qu’elle sait prendre les d’vants, une chose qui révèle beaucoup d’choses sur cette partenaire inopinée... C’est chaud les enfants, moi j’vous l’dit, en tout cas, j’aime assez la p’tite vue qu’j’ai sur elle et cette façon qu’elle a d’rejeter sa tête en arrière… Grrrrrr.

Et puis vient la décharge, le réveil de la foule. Alors même qu’j’commenças à prendre goût à cette proximité et cette langueur suave entre nous, voilà qu’la musique nous sépare encore et nous entraine dans un tourbillon empreint d’une nouvelle folie qui causerait probablement notre perte à nous, qui savons suivre le rythme et s’y plier sans aucune contrainte, avec une dévotion sans failles. Bondie, elle bouge vraiment bien cette p’tite miss ! Sans faiblir, j’continue à l’accompagner. Oh, l’énergie finira par nous manquer à tous les deux à ce rythme mais qu’importe ? Pourquoi pas simplement bouger, sans penser à la suite, se donner sans aucune retenue, ne serait-ce que pour la beauté du jeu, ne serait-ce que pour faire honneur à la belle qui fait de même sous mes yeux, s’offrant sans aucune limite à notre petit jeu. Combien de temps tiendront nous ? Aucune idée, je m’en fiche, j’veux juste danser, danser encore et encore, encore et toujours, jusqu’à plus soif, jusqu’à ne plus pouvoir bouger mon corps, jusqu’à devenir une misérable larve et ne penser à rien d’autres. Je sais qu’on est regardés et que beaucoup envie ce lien entre nous, cette façon suave et totale de s’abandonner au rythme de l’autre, chacun offrant ses pas à l’autre l’espace d’une mesure ou deux avant de devenir celui qui suit avant de reprendre la main. Oh, j’aimerais qu’ça s’arrête jamais, mais j’sais que ça finira par s’arrêter. Enfin merde, s’pas l’moment d’penser à ça, non, mieux vaut en profiter jusqu’à la dernière miette, la dernière goutte, même si, après tout ça, j’serais toujours autant affamé et assoiffé de danse…
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Mar 23 Oct - 23:45

Alors que la danse s'éternisait et que la musique débridée déployait pleinement ses basses et ses harmoniques pour faire bouger toute la salle, plusieurs constatations s'imposèrent à Messaline. La première était que voodun était un danseur de tout premier choix et qu'elle avait grand intérêt à le garder sous le coude. La deuxième était que sur une chose au moins, ils étaient d'accord: danser avant tout, le reste était secondaire. Elle croyait même déceler chez lui la même propension qu'on trouvait chez elle à s'épuiser littéralement en dansant et à y perdre toutes ses forces. Et troisièmement, Messaline commençait à être sérieusement fatiguée par une longue journée et surtout par la quantité de sang qu'on lui avait soutiré quelques temps plus tôt. ça n'étais pas faute de volonté, mais elle commençait vraiment à avoir du mal à suivre le rythme et plutôt que de se vautrer sur la piste, elle préféra une sortie plus honorable en faisant signe à son compère qu'il était peut-être temps de faire une pause et d'aller vider quelques verres. La musique était bien trop forte pour s'entendre parler, alors elle se fit comprendre par gestes, avant de se faufiler en-dehors de la foule. Elle n'attendit pas de voir si elle était suivie; c'était à lui de voir, mais elle doutait fortement qu'il refusât l'invitation. A vrai dire, elle aurait été un brin déçue qu'il ne vienne pas.

Messaline sortit de la piste de danse, et s'éloigna en direction du bar. Un léger vertige diffus la faisait un tout petit peu tituber mais elle sauvait honorablement les apparences, par la force de l'habitude, ce qui ne l'empêcha pas d'aller s'affaler sur une des banquettes libres, sitôt son verre en main. Elle avait choisi une des tables au fond de la salle, assez loin de la piste de danse pour pouvoir s'entendre parler sans avoir besoin de hurler, et aussi parce qu'elle pouvait s'y installer tranquillement sans être trop épiée par les mâles esseulés qui rôdaient aux alentours. Il faut bien préciser à la décharge de ceux-ci qu'on ne pouvait guère que s'émouvoir du spectacle qu'elle pouvait offrir en prenant ses aises, ce qui pour une fois ne tenait pas uniquement de la mise en scène.
Prévoyant sa consommation ordinairement excessive, Messaline avait investi une partie de sa paie du soir dans une bonne bouteille de whiskey, du genre hors de prix, mais sur laquelle elle obtenait toujours une sympathique ristourne. La bouteille était posée sur la table avec les deux verres, et voisinait avec son paquet de cigarettes encore plein. Tout ça résumait l'essentiel du contenu de ses soirées: beaucoup de tabac et beaucoup d'alcool.

Comme souvent depuis quelques temps, chaque fois qu'elle buvait, elle revoyait brièvement le regard courroucé du toubib qui lui annonçait d'une voix d'outre tombe qu'à ce train-là elle ne verrait qu'à peine ses trente ans, ou alors depuis un lit d'hôpital. Le fait étant que Messaline s'en fichait joyeusement n'avait pas eu l'air de l'effleurer, celui-là...

Une fois les verres pleins, confortablement installée, débarrassée de ses trop hauts talons qui commençaient à lui faire un mal de chien, Messaline alluma une cigarette avec un contentement non dissimulé et fixa longuement le voodun. Elle avait un petit sourire aux lèvres, le souffle encore court et les joues encore marquées par l'effort, manifestement ravie, et curieuse. Elle garda cependant le silence un moment, se contenant de le regarder de ses yeux sombres, ambrés dans la lumière dansante. Elle finit par prendre son verre et le leva pour trinquer avec lui, toujours souriante.

-A ta santé, Voodoo boy.

Maintenant, elle pouvait l'observer plus en détail, et tout en buvant, elle continua à le fixer. La première impression se précisait: plutôt jeune, et une tête qu'on oubliait difficilement, ne serait-ce qu'à cause des peintures. Messaline fricotait rarement avec les vooduns qui avaient plutôt tendance à rester entre eux, aussi elle ne savait pas grand chose de plus que ce qu'en disaient les rumeurs. Déterreurs de cadavres, tout ça. Elle ne vivait pas à la Nouvelle Orléans depuis assez longtemps pour avoir pu en apprendre plus, et n'était pas très curieuse à ce sujet. Étrangement, ils avaient tendance à lui flanquer la frousse, peut-être avec toutes ces histoires de malédictions, qui sait.
En faisant abstraction de ce fait-là, le reste du personnage n'était pas désagréable à regarder. Un certain charisme, qui se précisait maintenant qu'elle le voyait mieux; quelque chose de fort, presque palpable, comme une aura, ce genre de halo qui entoure parfois certaines personnes de grand pouvoir. Eut-il parut plus imposant, elle s'en serait inquiétée et l'aurait fui mais à cette méfiance s'opposait la curiosité d'une part, et surtout la sympathie provoquée par le fait que, la Déesse soit louée, elle n'avait pas eu affaire à un aussi bon danseur depuis longtemps. Un point précis focalisait réellement cet attrait soudain: tout comme elle, il n'avait voulu qu'une chose, danser jusqu'à l'épuisement, comme pour se purger de tout, se vider, jeter toutes ses forces dans la bataille. Danser à en perdre le souffle et s'y perdre comme on fait l'amour.

Or donc Messaline se voyait hésiter entre méfiance et estime sans trop savoir lequel des deux allait prendre le dessus. Mais une chose était sûre, il ne la laissait pas indifférente et c'était un fait rare aux yeux de cette femme qui avait déjà vu défiler la moitié de la ville et qui finissait par les confondre tous, interchangeables qu'ils étaient.

C'était peut-être ça qui la chiffonnait, au fond; qu'un inconnu puisse ainsi avoir un effet sur elle. Une sorte de fascination, peut-être, parce qu'il appartenait à quelque chose qu'elle ne connaissait pas, pas vraiment humain, pas un wiccan ni un vampire. Parce qu'elle n'arrivait pas à le jauger, à l'évaluer, parce qu'il y avait quelque chose d’insaisissable chez cet homme, au fond de ces étranges yeux d'ambre jaune.

Messaline lui sourit, doucement, un peu comme un chat qui se prépare à la chasse. La soirée s'annonçait intéressante, à tous points de vue.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Ven 26 Oct - 11:10

S’faire plaisir jusqu’à plus pouvoir, s’oublier jusqu’à s’effondrer sur l’sol. Ouais, c’était un plan qui m’paraissait une putain d’bonne idée. Mais fallait croire qu’j’avais encore plus d’énergie qu’la demoiselle qui m’poussait à m’dépasser dans l’exercice du plaisir de danser. Elle s’écarta un peu, et tandis qu’elle croisait mon r’gard, j’la vis m’faire signe de la suivre. L’idée était plus que tentante et j’aurai été un idiot d’refuser une pareille invitation. Alors, à sa suite, j’me glisse en dehors de la foule, m’extirpant sans mal de cette petite masse grouillante qui ose penser qu’elle danse. Pfeuh ! D’un regard, j’embrasse la salle pour r’pérer la jolie brune qui m’a donné rendez-vous j’sais pas où. J’finis par la repérer tandis qu’elle est au bar, emportant avec elle une bouteille entière de whisky et deux verres. Dans un p’tit sourire, j’me dis qu’c’est une excellente idée ! S’en j’ter un maint’nant serait surement l’plus agréable des trucs à faire. Elle m’plaisait la p’tite et c’était une foutue chance d’l’avoir rencontrée c’soir. Manquerait plus qu’elle m’propose de s’envoyer en l’air avec moi et j’finirais p’t’être par croire au paradis. Enfin… Faut p’t’être pas trop m’en d’mander, après tout, y’a qu’Bondie qui compte dans c’te vie. Enfin… Qui sait… Dans une autre… Ni une, ni deux, j’me pose t’façon pas beaucoup d’questions et j’vais rejoindre la donzelle qui s’est trouvée une place sur une banquette à l’écart. Excellent choix. Enfin j’imagine… Puis un peu d’tranquillité pourra pas nous faire d’mal, si ? J’esquisse la possibilité qu’elle puisse m’attirer dans un piège, genre c’est une vampirette qui veut m’pomper un peu d’sang… Boah, qu’est-ce que j’ai vraiment à y perdre, et puis, qui s’y frotte, s’y pique… Ce serait un bon moyen d’récupérer un peu d’sang d’vampire, j’sais bien rendre la pareille quand j’m’y mets. Enfin bref, tout ça pour dire qu’je m’fais pas prier pour la rejoindre.

D’ma démarche nonchalante, un peu épuisée quand même par c’qu’on vient d’vivre tout les deux, j’esquisse un sourire clairement satisfait à la voir, ainsi tranquille sur la banquette. C’est une putain d’belle femme, mais ça j’avais d’jà pu l’voir sur la piste de danse, même si, là, bien à ses aises sur la banquette, elle révélait certaines formes dont j’avais clairement pas pu entièrement m’rendre compte jusque là. Tandis qu’elle verse de quoi s’rafrachir le gosier dans les deux verres, j’m’installe en face, avec la même décontraction, sans gêne, prenant mes aises moi aussi, dans une posture qui m’attirerait l’opprobre d’beaucoup d’ « bonnes gens », mais là, clairement, on n’est pas entre bonnes gens. Sans m’presser, j’l’observais, elle, son p’tit jeu, si s’en était un, sa manière d’allumer sa cigarette, d’me fixer. J’me laisse r’garder, après tout, y’a pas d’mal à s’faire observer par une aussi belle créature, non ? Et puis c’est pas comme si j’avais peur du r’gard des autres. J’sais qu’généralement ils tiltent sur mes yeux. Faut dire, l’jaune ambre, c’pas commun, mais bon, va leur expliquer qu’c’est une malédiction qu’j’ai pas envie d’lever ? Nan puis d’t’façon, j’me suis plutôt habitué à c’te r’gard, puis j’suis certain qu’la miss s’pose déjà des questions à c’sujet et qu’le mystère lui plait un peu, non ? En tout cas, j’aime bien son r’gard moi, puis ses ch’veux, foutre qu’ils sont longs… Enfin, faut dire, ça lui va carrément bien. Puis… Y’a ses formes. En même temps, c’t’un peu impossible de les manquer celles-là, ne s’rait-ce que par sa manière d’les mettre en valeur. Elle cherch’rait à attirer l’mâle en rut qu’ça m’étonnerait pas un iota. T’crois qu’elle essayerait d’me chauffer en règle ? Mmm… Pas sur. ‘Fin j’suis convaincu qu’elle s’y prendrait autrement pour ça, et, qu’accessoirement, elle aurait pas peur d’me sauter d’ssus si elle en avait envie.

J’attrape l’autre verre quand elle prend l’sien et j’lève mon verre à sa santé, comme elle fait pour moi. « Voodoo Boy ». C’est sympa comme surnom, en tout cas, j’aime bien. « Santé, Dance Girl. » Mon sourire s’élargit un tant soit peu tandis qu’elle semblait clairement m’détailler d’la tête aux pieds. A bien y réfléchir, j’faisais pareil et, y’avais aucune honte à ça, si ? La gorgée d’whisky fait du bien là où elle passe. Dans notre cas, c’est sur qu’il nous faudrait sur’ment d’l’eau pour nous réhydrater, ou un truc du genre, mais, apparemment, c’est pas notre souci, ni à elle, ni à moi. Jouant avec mon verre, l’sourire toujours aux lèvres, j’la fixe quelques instants. « C’est rare de trouver de très jolies femmes, qui, en plus, savent très bien danser et, en plus, offrent à boire à un inconnu. » Je r’gardais mon verre quelques s’condes. « Il semblerait qu’j’sois vraiment chanceux, c’soir. » Bien sur, ça n’impliquait rien sur la suite, et, à vrai dire, j’m’y intéressais même pas. Les choses iraient comme elles iraient. Si après la p’tite discussion, elle devait m’embarquer pour un autre type de danse, j’m’y opposerais pas. Et si elle s’contentait d’partir après avoir vidé la bouteille de whisky, bah, ça m’irait aussi. Enfin… J’essaierais p’t’être d’avoir son numéro pour pouvoir faire quelques autres pas d’danses avec elle, si elle voulait bien. J’laisse tomber ma tête en arrière quelques s’condes, histoire d’relâcher un peu mes muscles puis j’repose mon regard sur elle, tandis qu’je me remémore notre p’tit jeu sur la piste de danse. « Ca fait longtemps qu’tu danses ? »
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Ven 26 Oct - 21:17

Messaline trinqua avec plaisir et but avec encore plus de satisfaction. Voilà qui faisait du bien, après les ardeurs de la danse, après une trop longue journée de turbin. Elle n'avait qu'à peine eut le temps de siroter un verre ou deux depuis la fin de l'après midi, et avait comme toujours gardé pour la débauche l'heure à laquelle elle se lavait littéralement des souillures des autres et se noyait joyeusement dans un grand bain d'alcool.

Elle sourit en réponse au compliment de son partenaire. Elle aussi avait de la chance ce soir; elle aurait tout aussi bien pu tomber sur un quelconque mufle comme elle croisait des dizaines. Au lieu de ça, elle avait pioché un bon danseur, qui avait l'air d'être en plus de bonne compagnie.

-Disons que c'est mon jour de bonté, répondit-elle d'un ton rieur. Et puis tu l'as bien mérité, vu la performance.

Elle assortit ses paroles d'un clin d'oeil espiègle, tortillant entre ses doigts une mèche de ses cheveux entre humectés, autour du visage, par la sueur qui avait perlé à son front dans les folies de la danse. Elle se savait regardée, et à vrai dire, il ne s'en cachait pas plus qu'elle et comme toujours, chaque fois qu'elle captait le regard d'un autre, elle ne pouvait pas s'empêcher de se mettre en scène, comme si de rien n'était. De prime abord, on pouvait se demander quelles étaient ses intentions car à vrai dire rien n'était vraiment affirmé. Elle ne lui faisait pas vraiment des avances mais elle n'était pas non plus inaccessible, et tout était dans l'innocence affichée de ces gestes très anodins mais au fond très calculés.
Faire retomber une boucle de cheveux brun-roux le long de la gorge, droit vers le décolleté; laisser les dentelles se dévoiler subrepticement sous la jupe un peu retroussée, se laisser entrevoir, deviner sous les vêtements sages, mais très ajustés.

-C'est aussi rare de trouver des types capables de me suivre sur ce terrain-là, et aussi mignons que toi, reprit-elle avec l'un de ces sourires en coin qui auraient fait chavirer un mormon.

En vérité, le voodun avait ce soir-là de la chance sur tous les plans: non seulement il était tombé sur elle mais en plus elle n'était pas suffisament fatiguée et écoeurée des hommes ce jour-là pour refuser d'envisager une quelconque continuation de la soirée dans un autre endroit que la boîte.

Un rire contenu répondit à sa dernière question. Tout en parlant, elle avait repoussé la masse de ses cheveux de côté, dévoilant sa gorge, et jouait distraitement du bout des doigts avec le petit pansement piqueté de sang qui cachait la morsure de son précédent client.

-Oh, depuis toujours, crois-moi. 'Paraît que j'ai apprit à danser avant de savoir marcher, c'est dire. Faut dire, chez moi on a ça dans le sang, je pouvais pas vraiment faire autrement.

Bon sang gitan ne saurait mentir! Une lueur dansait dans ses yeux de chat, une lueur passionnée, un éclat de vie. Une parcelle de ce qui avait existé avant la chute, un souvenir du Paradis perdu d'avant la faute.

-Et toi, questionna-elle en remplissant son verre, ça t'es venu quand?

Son regard le fixait toujours, presque sans ciller, avec une franche curiosité. Il avait éveillé son intérêt, au moins sur ce point, et à vrai dire il n'y avait pas de meilleur moyen d'attirer son attention que par le biais de la danse. Tout passa au second plan un moment, jusqu'à ce qu'elle se rappelle qu'elle avait un verre plein à la main, et qu'elle était encore insupportablement sobre pour une heure de la nuit aussi avancée.
Tout en l'écoutant, elle entreprit de se soûler méticuleusement, avec cette espèce d'obstination mécanique qu'elle n'avait même pas la force ni l'envie de couvrir d'un vernis d'élégance et qui trahissait un alcoolisme galopant. Après tout, elle s'en fichait, non? Il ne s'agissait pas d'un client, elle n'avait pas à se montrer sous son meilleur jour. Au diable! Elle avait suffisamment fait pour aujourd'hui, elle pouvait bien se permettre de se laisser aller, quitte à plonger la tête la première au fond de la bouteille de whiskey.

Un, deux, trois, quatre. Elle ne s'arrêta de boire que lorsque la brûlure de sa gorge et de son ventre se fit intolérable et que le décor autour d'elle décida d'entamer une ronde folle. C'était toujours pareil, boire jusqu'à ne plus le supporter. Allumer une cigarette, aspirer la fumée jusqu'à sentir ses poumons se désagréger. Et là, seulement, se sentir bien. Ayant retiré ses chaussures, elle avait replié ses jambes sur les coussins, affalée avec la paresse un peu molle d'un chat, la même aisance un peu hautaine, la même souplesse élégante.
Même si elle avait envie de se détendre et de ne plus se soucier du reste, Messaline se sachant observée par un séduisant spécimen conservait toujours ses habitudes, être toujours en représentation. Elle se donnait des airs nonchalants, faussement naturels, mais déployait discrètement ses charmes, prête à jurer ses grands dieux que ça n'était pas fait exprès. Une petite voix dans sa tête se demandait quand même de quelle manière tout ça allait finir; la vérité était qu'elle n'en savait rien, mais le fait était qu'ils se plaisaient tous les deux, et qu'il y avait une écrasante probabilité que Messaline achève la soirée avec un taux d'alcoolémie record. Son petit doigt lui disait qu'elle n'était pas la seule des deux à avoir une bonne descente et elle savait d'expérience ce que ça donnait quand on la laissait ivre en compagnie d'un homme qu'elle trouvait à son goût. Ce même petit doigt lui disait que ça ne déplairait pas au Voodun et qu'elle n'aurait pas trop à lui forcer la main.

Bref, les dés semblaient déjà jetés, mais tout ça était loin d'être fini. Elle savait également d'expérience que les choses ne se passent pas toujours comme prévu, au contraire.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Mar 30 Oct - 9:25

Le whisky avait toujours du bon, spécialement lorsqu’il était partagé avec une charmante jeune demoiselle. La minette devait avoir quoi… Vingt ans ? Difficilement plus, pourtant, faut l’admettre haut et fort, elle a tout d’une vraie femme. C’est amusant d’ailleurs, elle est certain’ment plus jeune qu’la Baronne, pourtant, à r’garder les deux comme ça, j’suis sur qu’la p’tite qui m’fait face, dans son emballage d’charmes particulièrement aguichants, fait moins « gamine » que la Princesse. Tiens d’ailleurs, en parlant d’Abigael, j’me d’mande bien s’qu’elle peut faire… Une chose est certaine, elle doit sur’ment pas s’ennuyer. L’contraire s’rait vachement étonnant. Y’a plus qu’à espérer qu’j’aurais pas l’droit à un fond sonore en rentrant. C’est quand même affligeant d’l’entendre s’envoyer en l’air avec des abrutis quand on sait c’que j’ressens pour elle. Enfin… Noyons plutôt mes états d’âmes dans l’whisky et avalons c’petit verre cul-sec. J’esquisse un p’tit sourire quand elle m’répond. C’t’une joueuse, une p’tite maline. T’façon, il suffit d’voir comment elle s’met en avant, sans même forcément y penser. C’est dingue qu’on puisse s’retrouver à aguicher une salle entière sans même presque l’vouloir. J’attire l’œil moi, mais certainement pas comme ça. Dommage. J’aimerais bien faire saliver d’envie toutes les filles d’ce bouge. Elle doit avoir une marée d’prétendants collés à ses fesses comme des p’tits toutous… Nan… En fait j’la plains un peu, ça n’doit pas être facile tous les jours. Enfin remarque, s’pas difficile d’envoyer balader les gens. « Pour une danseuse de ta trempe, j’accepte de me surpasser sans problème. C’est tellement rare de nos jours les personnes qui savent danser… » Triste à dire, mais bon, c’est comme ça. P’t’être qu’un jour les blaireaux qui viennent en boîte comprendront qu’il suffit pas d’remuer deux bras et une jambe pour s’croire danseur accompli. Enfin la plupart restaient au bar ou v’naient ici pour tirer un coup, ou plus, alors la danse, forcément, sa passe au second plan… Monde de merde.

Plus j’la r’garde et plus j’me dis qu’ce brin d’fille est bien plus mystérieux qu’il n’y paraît. J’sais pas pourquoi, p’t’être sa manière d’être, ou alors, c’est parce qu’elle essaye d’me faire d’la gringue silencieuse mais j’préfère pas m’lancer dans des hypothèses foireuses, on peut aussi juste discuter autour d’un whisky non ? On verra bien ce qu’on peut faire une fois la bouteille terminée… Le verre vide, j’nous r’ssers tous les deux. Après tout, c’est sa bouteille, mais il ne sera pas dit que Black Zack est un ingrat ! Après tout, une bouteille de blond à deux, c’est rien, on aura tout le loisir d’s’en descendre une deuxième, à mes frais. « Les gens oublient les fondamentaux, danser, y’a pas mieux pour s’faire plaisir, seul ou… agréablement accompagné. Et puis ça favorise les rencontres. » Sans gêne aucune j’me permet d’lui renvoyer son p’tit clin d’œil qu’elle m’a fait un peu plus tôt tandis qu’j’le r’garde, l’verre à la main, tortillant une mèche d’ses cheveux. J’esquisse un p’tit sourire tandis que j’imagine des choses pas très catholiques, pures et chastes puis j’préfère faire dévier tout ça sur la danse, y’a rien d’mieux, et puis, c’est un truc dont on partage l’envie et le plaisir. On aura surement des choses à s’dire à ce sujet, non ? Avec intérêt, j’l’écoute commencer à m’confier qu’elle danse d’puis toujours. Même avant d’marcher ? Classe. Sérieux, ça en jette. J’aurais bien voulu qu’ça soit l’cas moi aussi. Hélas, c’est v’nu bien plus tard toute cette histoire, enfin, mieux vaut tard qu’jamais, hein ? J’sais pas trop à quoi elle fait référence en parlant d’son « chez elle » mais on aura sur’ment l’temps d’rev’nir sur la question. Sans aucun doute. En tout cas, la danse semblait vraiment importante pour elle, suffisait d’voir comment elle en parlait, passionnée et tout… Ca fait plaisir.

« Pas très longtemps, hélas… » C’est presque une honte en fait. Surtout face à celle qui danse d’puis toujours. Allez, pas grave, j’m’enfile le verre. « Six ans, j’crois. J’aimais bien l’idée de pouvoir m’défouler sans prise de tête avec le plaisir en prime. Puis il paraît qu’c’est pratique pour séduire quelques filles… » Un p’tit sourire pendant qu’j’observe l’ptit chat d’vant moi prendre ses aises et être aussi aguichante que ces p’tites boules de poils. Ouais, elle ressemblait bien à une chatte, couchée comme ça sur la banquette. Amusant. J’ressers nos verres, il faut bien boire, non ? Boire pourquoi ? P’t’être pour oublier qu’finalement la séduction ça marche pas aussi bien qu’j’voudrais. Enfin, pas sur la bonne personne quoi. J’avale encore mon verre. Arrête d’penser à la Baronne ! « Et t’viens d’où pour avoir la danse dans l’sang ? » Curiosité quand tu nous tiens… Puis d’façon, j’suis pas du genre à prendre vraiment beaucoup d’gants pour causer moi. Si elle veut pas m’répondre, elle peut, j’ai jamais été chiant de s’point d’vue là, mais si j’ai des questions j’les pose, d’t’façon, comme ça au moins, on manquera pas d’discussions parce que l’un ou l’autre veut pas poser d’questions persos. Après tout, à quoi bon ? On s’reverra p’t’être même plus après ces deux bouteilles de whisky, autant passer un bon moment de bout en bout, non ? Si. J’crois qu’j’m’enfile les verres au même rythme qu’elle, p’t’être par mimétisme, ou simplement parce qu’une bonne cuite, c’est p’t’être c’qu’il m’faudrait en c’moment. Après tout, y’a pas qu’la Baronne qui a l’droit d’se saouler la gueule le soir non ? La bouteille vide, j’me lève, tout sourire, avant d’aller chercher la jumelle de notre victime pour la poser sur la table. « Ce s’rait dommage d’s’arrêter en si bon chemin, non ? »
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Mar 30 Oct - 16:41

Lovée sur les coussins comme un serpent de soie rousse, Messaline, le verre à la main et la cigarette à la bouche, véritable publicité vivante pour à peu près toutes les choses contre lesquelles les pasteurs du coin vitupéraient à l'église le dimanche, était à présent certaine de passer une bonne soirée. Elle commençait enfin à être confortablement ivre, à mesure que la bouteille se vidait à un rythme soutenu. Doucement sombrer dans la léthargie confortable qui la faisait flotter entre deux os et oublier les courbatures et la lassitude, oublier que ce jour trop long se répéterait demain, et après encore, indéfiniment. Oublier tout ce qui était superflu, secondaire. Se concentrer sur l'instant? L'alcool avait cela de bien qu'il laissait à la porte tout ce à quoi elle ne voulait pas penser, qu'il rétrécissait l'univers à presque rien. Tout le reste, effacé. C'était mieux ainsi.
Elle ne put retenir un sourire en voyant le voodun lever le coude avec autant d'ardeur qu'elle; manifestement il y en avait un autre ici qui avait l'intention de se soûler méthodiquement, au moins, elle n'était pas seule sur ce point.

La jeune femme lui adressa en franc sourire en réponse à ses paroles. Danser c'était un exutoire aussi puissant que se battre ou faire l'amour, mais avec moins de conséquences à la clef et surtout moins d'emmerdes au final.

-On est d'accord, répliqua-elle avec un vigoureux hochement de tête.

Elle prit une longue gorgée de son verre, répondant à son clin d'oeil par un regard en coin qui signifiait qu'elle avait parfaitement compris où il vouait en venir et qu'elle approuvait une fois de plus. C'était un des moyens les plus tranquilles pour elle de se trouver des clients, déjà plus agréable que de faire le pied de grue sur un trottoir ou accoudée au comptoir, et puis pour ce qui était de favoriser les rencontres, la leur en était une bonne illustration. Elle n'aurait sans doute pas prêté la même attention au voodun si elle ne l'avait vu bouger sur la piste.
Reposant son verre, elle avait encore aux lèvres cette expression mutine et amusée. Ce petit jeu qui se nouait entre eux lui plaisait toujours autant, quand il était fait dans les règles de l'art: au moins, il ne se cachait de rien, et il avait le mérite de l'honnêteté. Pour parfaire le tout, il ne confondait pas, comme beaucoup, franchise et grossièreté. Simplement poli? En tout cas assez éduqué pour ne pas sauter sur sa proie comme un affammé sur un steak appétissant, ou tout simplement pas intéressé par le fait d'aller plus loin, pour le moment. Il était peut-être casé, après tout, un homme même en couple a bien le droit de s'amuser avec une autre sans qu'on aille crier à l'adultère. Quoi qu'il en fut, elle suivait, advienne que pourra.

Sa réponse à la question qu'elle posa lui fit hausser un sourcil, et elle poussa un petit sifflement admiratif entre ses dents.

-Tu t'en sors bien, pour quelqu'un qui a que quelques années de pratique dans les pattes. Chapeau bas.

Une pause, elle eut un petit sourire innocent.

-Il paraît que ça marche plutôt bien, oui, dit-elle l'air de rien, le regard ailleurs. En tout cas, là aussi, tu t'en sors plutôt bien.

Disant cela, elle affichait une fausse candeur, détachée, et pourtant ses yeux, se dévoilant dans un éclat sous le rideau de ses longs cils, gardaient toujours leur éclat joueur, rejouant en paroles leur joute dansée. Sous-entendus et non-dits, un regard, un sourire. Il maniait la chose aussi bien qu'elle, pour le moment, c'était plaisant de voir qu'il arrivait aussi à la suivre sur ce terrain-là. Décidément, il était bourré de qualités, ce voodun! Finalement, la journée n'était pas si mauvaise, ou du moins elle était largement rattrapée par cette heureuse et fortuite rencontre.

Sa question ne la surprit qu'à moitié; il semblait aussi curieux qu'elle, et Messaline n'avait rien à cacher. Ou presque.

-Je suis née en Espagne, dans une famille de gitans. Je pouvais pas vraiment faire autrement que savoir danser.

On sentait poindre une certaine fierté dans sa voix quand elle disait cela, peut-être parce que le sang qui coulait dans ses veines, même corrompu par sa vie dissolue restait celui de sa mère, de ses aïeux qui avaient parcouru l'Europe et essaimmé aux quatre vents. Peut-être parce que c'était la seule chose encore à n'avoir pas été souillé, a seule chose encore dont elle pouvait s'enorgueillir. Elle avait soudain perdu un peu de sa molle langueur de chat paresseux, et il y avait dans ses beaux yeux sombres comme un éclat brusque et ardent. Il y avait dans ce regard le fantôme passant de toutes les Carmen, les Esméralda, trop belles et trop sauvages, coupables d'avoir trop aimée, d'avoir été trop désirées. Et comme un spectre elles passèrent, et tout s'effaça, d'un battement de cils, d'un souffle.
Elle se détourna pour allumer une autre cigarette, et lorsqu'elle se tourna de nouveau vers lui, tout avait disparu. Avait-ce été seulement une impression? Diffile à dire, tant ces yeux noirs, comme des miroirs, semblaient refléter une foule de choses passagères. Elle avait un regard bien plus expressif que ne pouvait l'être son visage, et à mesure qu'il était troublé par l'alcool, il semblait trahir plus encore ses pensées.

Messaline regarda la bouteille se vider, et le vit se lever avec un sourire ravi. A ce train-là, elle sortirait d'ici en rampant, ce qui lui convenait parfaitement. Seule ou accompagnée, il était trop tard pour songer à rentrer sur ses pieds.

-T'as raison, répliqua-elle quand il revient, en rapprochant son verre. Je vois pas encore double, c'est que j'ai pas assez bu, et la soirée est pas finie.

Une fois servie, elle leva de nouveau son verre pour trinquer en souriant.

-Si on est encore vivants à la fin, la prochaine est pour moi! ça serait con de tomber en panne sèche.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Mer 31 Oct - 10:52

Douce soirée que celle à passer à se saouler en bien agréable compagnie. Cela f’sait un p’tit moment qu’j’avais pas vraiment touché à une bouteille d’whisky, alors deux… Mais bon, j’ai jamais eu vraiment d’problèmes pour tenir l’alcool et aucun pour en boire jusqu’à plus soif, ou jusqu’à plus pouvoir t’nir l’verre dans ma main. En réalité, j’me disais qu’j’avais sincèr’ment un bol monstre pour pouvoir l’faire avec une telle créature et qu’j’aurais été idiot d’pas en profiter, surtout avec les yeux. On n’croisait pas d’aussi belles plantes tous les jours et puis il n’était pas interdit d’s’faire plaisir sans toucher non ? Après tout, elle semblait pas r’chigner à c’que j’la r’luque pour ainsi dire sans gêne, mais non sans une certaine courtoisie du plaisir, si on pouvait dire ça comme ça. Et puis, fallait l’admettre, elle semblait pas prendre des pincettes pour m’observer elle aussi. J’n’ai pas forcément tout son attirail pour attirer l’regard et la façon d’le faire, mais j’connais mon charme et j’sais que j’vaux l’coup d’œil. Oh, croyez pas qu’j’suis imbu d’ma personne, loin d’là, j’me base juste sur l’expérience, et les p’tites minettes qui voulait faire joujou avec Zack, j’suis pas sur qu’elles soient v’nues à cause d’ma gentillesse, parce que, général’ment, dans ces cas là, c’est pas l’genre de truc que j’utilise pour attirer les midinettes dans mes filets. Enfin qu’importe, on en profitait tous les deux, et c’était l’essentiel, enfin j’crois. J’me demande quand même c’qu’elle a derrière la tête la p’tiote. Ouais, j’suis curieux, juste pour savoir c’qu’elle pense de moi. J’suis sûr qu’elle dirait pas non à connaître mes pensées aussi. Ah c’est dommage quand même d’pas pouvoir être télépathe… Y’a des fois ça s’rait vachement utile quand même. Enfin bon, il reste le whisky et la galante compagnie, c’est pas rien quand même ! Alors, autant en profiter tant qu’ça dure, hein ?!

C’te façon qu’elle a d’me regarder et d’sourire. Rrrrrrr… Pour un peu j’l’imagine bien ronronner. Enfin là j’crois qu’je commence à dire des conneries. Faudrait pas qu’le whisky m’achève trop tôt, ce s’rait dommage. J’vais p’t’être éviter d’trop descendre d’cul-sec. Il faut savoir prendre son temps et savourer… Savourer quoi ? J’n’sais pas encore… Mais on s’ra bientôt fixés, ça c’est sur. J’suis surpris qu’elle dise qu’six ans c’est pas beaucoup, en même temps, pour elle, c’est sur, c’est pas grand-chose. Mais son compliment m’fait sourire. « V’nant d’toi, ça m’touche, vraiment. M’enfin j’dois pouvoir encore m’améliorer sur certaines choses et j’suis loin d’maitriser toutes les danses… » Bon, d’là à dire qu’j’voulais l’faire, c’était une autre histoire. J’suis pas convaincu qu’la valse ou c’genre de joyeusetés soit vraiment pour moi, mais il restait quelques danses latines qu’j’ne domptais pas encore particulièrement et quelqu’chose m’disait qu’elle devait être douée aussi pour ce genre de choses là. Sa façon d’répondre me mettait la puce à l’oreille. J’savais pas si elle essayait ouvertement d’me faire comprendre quelqu’chose ou si elle jouait simplement avec moi, d’voir si ses charmes opéraient ou c’genre de choses. Espagne ? En v’là un beau pays où j’suis jamais allé. Gitane ? Ceci explique cela… On parle toujours du charme légendaire des gitanes, de leur sang chaud et de leurs habiles façons de vous satisfaire… Enfin j’étais pas sur de déchiffrer davantage son comportement avec tout ça. En tout cas, en j’tant un regard à tous les mecs qui la matait quand j’suis allé chercher la bouteille de whisky, y’en a plus d’un qui s’imaginait surement à ma place, ou plutôt, sur la banquette d’en face, en s’pourléchant les babines. Pas difficile d’imaginer c’qu’ils avaient dans la tête les lourdauds…

En tout cas, j’ai pas été déçu de sa réaction quand j’ai ramené la deuxième bouteille. J’lui ai servi un autre verre, puis à moi aussi. « Double ? J’estime qu’une soirée n’est pas réussie tant qu’j’vois pas triple ou quadruple. Mais, tu as raison, la soirée est loin d’être finie. » J’fanfaronne un peu, j’admets, mais alors ? On n’a pas l’droit d’s’amuser ? J’lui fais un sourire et j’avale une partie d’mon verre après avoir trinqué avec elle. Une autre bouteille ? Si on tiens encore d’bouts, j’dis pas non. « Avec plaisir ! Y’a rien d’pire qu’de plus avoir à boire quand on a encore soif. » J’finis mon verre après cette belle phrase, tout en continuant d’jeter un œil à cette donzelle plus qu’atypique. Il y’avait quelqu’chose en elle, j’saurais pas vraiment dire quoi, mais elle était différente. Et puis, fallait l’dire aussi, c’était rare d’voir une femme qui s’poussait elle même à la boisson. Généralement, elles évitaient toutes ça pour pas finir sur un lit, à moitié consciente, les jambes écartés, ouvertes à un bourrin dont elles n’se souviendraient même pas l’lend’main… Enfin, t’façon, avec moi, y’avait pas grand-chose à craindre d’se côté là. J’nous r’ssers, comme elle l’a dit, faudrait pas tomber en panne sèche. « Pourquoi avoir quitté l’Espagne ? J’ai cru entendre qu’c’est un beau pays, sur’ment moins glauque et plus chaud qu’la Nouvelle Orléans. » C’t’ait plus une question jovialement curieuse qu’intéressée. Après tout j’me fichais du pourquoi du comment et j’étais pas mécontent qu’elle soit là, alors les raisons… mais j’étais juste curieux quoi. « On m’a aussi beaucoup parlé des jolies filles espagnoles, mais ça j’vois qu’on m’a pas menti. » J’lui fais un p’tit clin d’œil et j’enfourne une nouvelle gorgée d’whisky. J’prends un peu plus mes aises dans la banquette, j’sens qu’j’vais passer une vraiment bonne soirée.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Jeu 1 Nov - 17:34

Un, deux, trois, quatre verres, le whiskey coulait à flots. Le champ de vision de Messaline se rétrécissait peu à peu, de plus en plus flou, préférant se focaliser sur son interlocuteur que sur le reste, ne serait-ce que parce qu'il y avait là des choses plus agréables à voir que dans le restant de la boîte. Ses pensées n'étaient peut-être pas perceptibles ni dans son regard ni dans l'expression de son visage, mais ses yeux sombres, qui ne le quittaient pas d'un pouce, se régalaient en secret. C'était peut-être sa nature de voodun, c'était peut-être son sourire, son assurance insolente, un peu de tout, mais il exerçait sur elle une sorte de fascination curieuse qui allait grandissant à mesure qu'ils discutaient -un peu- et buvaient -beaucoup. Difficile de savoir si l'impression était dûe à l'alcool, ou bien réelle, mais elle le trouvait décidément très attirant. C'était physique, elle s'en était aperçue un peu plus tôt quand ils dansaient. Avec certains, la répulsion était immédiate, quelle que soit leur apparence, quelle que soit leur personnalité; là, c'était tout le contraire, et c'était tout aussi soudain. Il y avait quelque chose, c'était indéniable, mais pour l'heure Messaline n'avait pas encore décidé de ce qu'elle ferait de sa soirée, et si elle devait envisager les évènements à venir avec ou sans lui. Une chose était sûre, il y aurait beaucoup d'alcool car pour le moment, elle comptait d'abord se soûler à n'en plus tenir debout, et aviser ensuite. Les prises de décisions étaient toujours grandement facilitées, et les dilemmes réglés efficacement quand elle commençait à y voir double.

Et manifestement, le voodun était d'accord.

-Triple si tu veux, mais compte pas sur moi pour te ramener, alors; répliqua-elle avec un clin d'oeil moqueur.

Il y avait peut-être peu de filles qui buvaient autant en compagnie d'inconnus, mais il fallait aussi avouer qu'on trouvait difficilement moins farouche que Messaline, une fois qu'elle avait repéré un gibier acceptable. A partir du moment où quelqu'un lui plaisait, c'était plutôt à elle de se faire violence pour ne pas se retrouver de manière très volontaire les jambes écartées quelque part.
Ses paupières lourdes à demi refermées, elle joua un moment du bout des lèvres avec sa cigarette en se demandant quel genre de type était le voodun, de ce côté là. Le fait qu'il se soit montré relativement poli et respectueux jusque là ne voulait pas dire qu'il ne pourrait pas se révéler un parfait rustre passé quelques verres de plus; c'était toujours la surprise, ça. Mauvaise ou bonne, et d'ailleurs plus souvent l'une que l'autre, hélas. Messaline saurait s'en remettre, mais elle espérait ne pas être déçue, si jamais l'affaire se poursuivait plus loin que les banquettes de la boîte.

Messaline était tellement bien disposée envers lui -et tellement ivre, qu'elle se prêta de bon gré à répondre à ses questions. En d'autres circonstances, elle n'aurait probablement rien dit, peut-être un mensonge évasif, et clot la discussion. Mais il lui était assez sympathique pour qu'elle se sente le coeur de se livrer à quelque confidences discrètes. Ne rien dire de trop, évidemment, le passé de Messaline était quelque chose de bien plus secret défendu qu'une coffre-fort, sauf pour l'unique personne de cette ville à ce jour auprès de laquelle elle se soit allée à faire des confidences un peu plus poussées et franchement sincères.

Elle eut un sourire amusé, un peu pensif.

-Glauque, je sais pas, on a quelques villes de caractère, par chez moi, qui sont pas mal de ce côté-là. Et puis plus chaud, c'est pas dur, y'a le sud, ça a son charme si on aime rôtir au soleil.

Messaline aimait bien parler de son pays; elle en était fière, d'autant qu'elle découvrait avec surprise que ce côté-ci de l'Atlantique avait une connaissance un peu étrange des us de l'Espagne et qu'ils ne savaient en définitive pas grande chose de cet endroit. La réciproque était vraie ceci dit, et elle était allée de surprise en surprise, depuis qu'elle avait quitté l'Europe.

-Mais tu sais, même si l'Espagne est un chouette pays, nous les gitans on aime pas rester trop longtemps au même endroit. Le Vieux Continent est devenu un peu trop étroit pour moi, alors j'ai décidé d'aller voir ailleurs ce qu'il y avait d'intéressant.

Une pause, et elle releva les yeux sur lui, un petit sourire aux lèvres.

-Ceux qui parlent des jolis garçons qu'on peut croiser à la Nouvelle Orléans n'ont pas menti non plus, reprit-elle en répondant à son clin d'oeil. J'crois même qu'ils étaient en-dessous de la vérité.

Et sur ce, elle remplit à nouveau leurs deux verres.

-Et toi, dis-moi, t'es du coin, non? J'ai pas souvenir d'avoir croisé des vooduns ailleurs qu'ici, ou bien j'ai pas bien regardé.

Elle avait posé la question avec un sourire engageant, poussant son verre vers lui comme pour l'inviter à boire et à parler.
Il y avait une franche curiosité dans son regard, et peut-être aussi une sorte de fascination étrange, comme si elle ne savait encore quoi penser de lui, de ses pouvoirs et du danger qu'il pouvait représenter pour elle. Pour le moment, elle ne semblait pas éprouver de méfiance particulière, celle-ci étant peut-être un peu étouffée par le whiskey, mais la vérité était qu'elle ne savait presque rien des gens de sa sorte et qu'elle ne savait donc pas à quoi s'attendre, avec lui.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Ven 2 Nov - 0:43

A quoi bon commencer à boire si c’n’était pas pour s’en j’ter un bon coup derrière le gosier ? Bon certes, d’habitude, j’n’étais pas du genre à forcément m’laisser saouler à chaque fois qu’j’touchais à un verre d’alcool, mais là, la tentation était trop forte, ou, plus exactement, la tentatrice était trop belle et trop efficace pour me permettre d’refuser aussi facilement l’appel de l’inhibition. Et puis s’laisser aller d’temps en temps, ça n’pouvait pas faire de mal, n’est-ce pas ? En tout cas, sa remarque m’fit sourire, et son r’gard encore plus. J’l’imaginais bien en train d’ramener un Vaudoun à moitié ivre mort et quelque chose n’allait pas dans ce tableau. J’crois qu’c’était simplement pas crédible et puis, d’puis l’temps, j’résistais quand même hachement bien à l’alcool. « T’en fais pas, j’sais m’tenir sur mes guibolles, même quand j’vois plus que trois fois l’chemin. J’ai d’l’expérience dans c’domaine. » En même temps, c’est pas tout à fait vrai, mais c’est pas complètement faux. J’compte pas l’nombre d’fois qu’j’ai ramené la Princesse ivre morte jusqu’à notre appart’ et, ces soirs-là, j’étais pas spécialement sobre non plus alors bon… T’façon, on verrai bien qui ramènerait qui ce soir. Les bouteilles étaient loin d’être vide et la soirée loin d’être terminée. Nul doute que d’autres cadavres viendraient écumer notre petite table basse, qui s’étalait entre nous deux. Il y a tellement d’choses à faire d’ici là, comme par exemple, en apprendre un peu plus sur cette charmante gitane, apprendre ce qu’elle veut bien livrer, satisfaire cette curiosité sur celle qui sait réveiller des passions endiablées et suaves. Elle pourrait certain’ment faire fondre un rocher rien qu’avec son foutu regard. Rien qu’à la regarder, j’peux sentir sa façon d’essayer d’m’attirer dans ses filets. Mais, pas vraiment possible de dire si elle fait ça parce qu’j’lui plais et qu’elle voudrait l’faire ou si elle veut simplement jouer et m’tester.

Qu’importe, s’pas important de toute façon. J’m’concentre autant qu’faire se peut – notamment avec l’alcool qu’je commence à avoir dans l’sang – sur ses réponses. Finalement j’obtiens pas beaucoup d’matière, mais bon, elle semble répondre. Ouais, j’peux comprendre qu’elle veuille pas rester trop longtemps au même endroit. Heureusement, pour ça, la Nouvelle-Orléans apporte son lot d’surprises tous les jours pour qu’le quotidien reste pas banal. Enfin quand même, l’Europe s’pas p’tit et faut l’faire pour s’y sentir à l’étroit, enfin, elle rêve peut-être dans les grandes largeurs, et ça, c’est pas un mal, loin d’là. Son compliment m’fait sourire. Décidément, on n’arrête pas d’se renvoyer la balle ce soir. « J’ne savais pas qu’on vantait les mérites des garçons de la Nouvelle-Orléans. Mais, tu sais… » J’m’approche un peu plus, le regard amusé. Ce qui suivit fut prononcé sur le ton de la confidence. « Il y a beaucoup de choses que tu ignores sur les garçons de cette ville et sur moi. » J’lui fais un grand sourire et j’me redresse, la laissant remplir nos verres vides. Reprenant mes aises sur la banquette, m’délaissant un peu, j’regarde le liquide ambré couler dans les réceptacles et j’pose mon regard sur la jeune femme qui m’retourne la question. Ouais, j’suis pas spécialement un globetrotteur moi, la Nouvelle-Orléans, c’est quand même vachement l’pied pour c’lui qui sait y faire. Devant son invitation, j’saisis le verre qu’elle a rapproché de mon côté et j’joue un peu avec avant d’en boire une longue gorgée. « C’est rare en effet, après tout, les racines du Vaudou sont ici… Et puis, il n’y a qu’à la Nouvelle-Orléans qu’on laisserait un mec comme moi courir les rues. Ailleurs, j’serais déjà en taule ou quelque chose du genre. P’tête même un asile psychiatrique… »

Et c’serait p’t’ête pas injustifié… J’me souris à moi-même et j’oublie pas la première partie d’la question qu’elle m’a posée. « J’ai toujours vécu là ouais. Naître ici, vivre ici, et, probablement crever ici. Après tout, pourquoi aller voir ailleurs. On s’amuse bien ici, et puis, on rencontre de jolies filles, j’demande pas vraiment plus, j’suis pas difficile comme type. » Les meilleures choses dans la vie, c’est les plus simples, quoiqu’on en dise. J’ai pas b’soin d’grand-chose pour être heureux, m’enfin, même ça, j’suis pas sur d’pouvoir l’avoir… J’regarde mon verre tandis qu’j’pense à la Princesse… Rah, si elle savait… J’sais même pas comment elle réagirait. J’crois qu’elle m’rirait bien au nez… Allez, c’est pas l’moment d’penser à ça. J’m’enfile le reste du verre avant d’m’resservir. « Et tu fais quoi d’beau d’puis qu’t’es arrivée dans cette bonne vieille ville ? Un peu de visite ? L’ambiance te plait ? Tout l’monde n’aime pas nécessairement la quantité impressionnante d’Outres dans la ville. » Qu’ils soient Vaudouns, Vampires, Métamorphes, Zombies, Wiccans… Ils pullulaient ici, et certains Normes en chiaient dans leur frocs… D’ailleurs, c’était pas dit qu’ils seraient toujours tranquilles. Apparemment, ça commençait à devenir difficile pour les Outres. Heureusement pour les Vaudouns, ils restaient plus proches des humains que leurs autres petits camarades, enfin bon… Une recrudescence de violence ne ferait les affaires de personnes… « Et tu es seule à n’avoir aucun mâle jaloux à te surveiller, toi la beauté qui fait chavirer la tête de tous les hommes ? » J’fais un clin d’œil et un sourire. L’alcool m’attaque un peu et les questions tournent plus au jeu qu’à de véritables interrogations sérieuses… [color =goldenrod] « Si tu as un mec, j’avoue qu’il est incroyablement chanceux. »[/color] Une pensée dite un peu trop haut, mais, après tout, elle doit l’savoir non ? Et puis, c’est pas comme si c’était un secret d’état. T’façon, il suffisait qu’elle remarque comment j’la regardais avec plaisir, pour qu’elle sache qu’elle était loin d’me déplaire…
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Ven 2 Nov - 15:49

On y était, Messaline avait trouvé son rythme de croisière et s'enfonçait tranquillement dans les remous de l'alcool. La conversation prenait naturellement un tour plus personnel, après tout c'était tout à fait normal. Et comme toujours, chaque fois qu'elle discutait avec un homme, elle mentait, comme elle respirait. Avec autant de naturel. Après tout, c'était une bonne partie de son travail, ça; mentir, se cacher, porter un masque en permanence, plaire et se montrer. Elle savait manier son image, à coups de paroles et de regards, pour se plier à ce qu'attendaient les autres. On avait besoin d'une fraîche ingénue, d'une innocente un peu idiote? Messaline se réinventait à l'infini.

Elle sourit, en façade, et juste pour ce soir, s'inventer une vie, combler les trous et servir de cache-misère. Ne pas montrer les blessures, paraître indestructible, plus forte que tout le monde, plus forte que lui. C'était là tout le jeu, tenir tête et exciter la curiosité.

Comme ses paroles semblaient le surprendre, elle précisa, dans un fin sourire outrageusement innocent:

-Pourtant, j'ai souvent entendu dire que les gens du sud avaient le sang chaud, mais c'est peut-être qu'une légende, qui sait.

Les paroles qui suivirent firent naître un petit rire intéressé.

-Vraiment? J'ai hâte d'en savoir plus, alors; répondit-elle sur le même ton.

La belle n'avait pas froid aux yeux, et ne s'en cachait pas. Curieuse, peut-être un peu trop pour son propre bien, mais surtout toujours intriguée par ce drôle de bonhomme, parce qu'il avait à cacher et ce qu'il pouvait lui révéler. Il semblait plein de surprises, c'était plus que prometteur.

Messaline lle rit à sa remarque sur le nombre d'Outres en ville; il avait raison, et c'était pour ça aussi qu'elle aimait cette ville: on y trouvait des choses qu'on ne voyait nulle part ailleurs. La ville recelait un charme étrange qu'elle appréciait, parce qu'on y faisait les choses jamais comme ailleurs. c'était comme si on avait prélevé un peu partout dans le monde un échantillon de gens et d'espèces et qu'on les avait tous réunis dans une ville croulante et fardée comme une vieille putain. Le climat, l'architecture de la ville, les gens, tout concourait à produire un étrange mélange, aux carrefours des continents. Un peu d'Afrique, un peu de vieille Europe et d'Amérique, beaucoup de passé, un peu de présent, comme hors du temps, figée dans ses rues coloniales et ses bars de jazz, dans ses vieilles jupes nauséabondes de marais et de bois impénétrables. Débauchée, puritaine, hypocrite, cruelle et parfois si douce... Toute en contraste, avec une personnalité si forte qu'on n'en ressortait jamais vraiment indemne. La Nouvelle Orléans était une des rares villes qui avait assez de caractère pour convenir à celui de Messaline, en définitive.
Elle y était d'autant plus à l'aise qu'il y avait dans cette ville bien plus de réminiscences du vieux continent que partout ailleurs, dans la langue, dans les noms, partout, c'était comme un écho familier, comme le rappel d'anciennes terres de son enfance, un souvenir diffus.

-Pas difficile? j'vois ça. Moi je suis bien trop remuante pour supporter de rester au même endroit, j'ai besoin d'espace, mais c'est une question d'habitude, surtout. Je m'ennuie, au bout d'un moment.

Menteuse? Pas vraiment. Elle se livrait à demi-mot, composait un personnage, mélangeait le vrai et le faux, au point qu'il était difficile de discerner l'un et l'autre. C'était voulu dans un sens, car si beaucoup de ses clients et compagnons d'un soir se confiaient sans détours après quelques verres, elle tâchait toujours d'en dire sur elle le moins possible; ne pas donner à l'ennemi des armes contre soi, c'était la moindre des choses.

-Je commence presque à me sentir chez moi, ici. c'est pas comme si j'étais moi-même franchement très normale, tu sais.

Elle n'avouait jamais vraiment sa vraie nature et pas grand chose la laissait deviner, mais là, c'était pour répondre au voodun, comme pour lui montrer qu'elle n'était pas sans surprises, elle non plus. L'alcool était traître, ce soir, et poussait à l'imprudence.

-ça me plaît, reprit-elle. Les normes m'ennuient, à la longue, et puis ça donne du cachet à la ville, tous ces Outres en goguette.

Un instant, elle se demanda si elle devait répondre sur ses activités. Les réactions étaient souvent partagées, ou bien ils fuyaient en courant, ou bien ils perdaient les pédales et se comportaient comme des chiens à qui on aurait promis un os à ronger. Difficile de savoir comment lui se comporterait.
Finalement, elle se dit que de toute manière, elle se foutait bien de son avis. La plupart du temps son comportement, sa mise, trahissait à un moment ou à un autre sa profession, et ça viendrait, tôt ou tard, peut-être quand elle serait trop ivre pour se cacher de ce qu'elle faisait de ses journées.

-Et il faut reconnaître, les vampires, ça fait marcher le commerce, reprit-elle en tapotant des doigts le pansement piqueté de sang qui barrait sa gorge.

Elle disait cela en souriant, comme si de rien n'était, guettant sa réaction avec curiosité. Rien n'était vraiment précisé, mais il devait être au courant que les groupies à vampires n'avaient pas encore eu l'intelligence de vendre leur sang et qu'il n'y avait guère que les prostituées pour monnayer ce genre de services, en plus de certains autres tout aussi agréables pour les messieurs.

Messaline ne put s'empêcher de rire doucement à sa dernière question.

-Tu veux que j'te dise? Pas un seul mec n'a réussi à me supporter à long terme, répliqua-elle en répondant à son clin d'oeil par un sourire évocateur. J'suis pas du genre à m'engager, j'ai besoin d'espace, surtout pour ces choses-là.

Ou plutôt personne ne voulait d'une putain, et elle était de toute manière bien trop névrosée et instable pour supporter un homme dans son voisinage très longtemps. Mais ça coûtait rien d'indiquer au voodun, car tel était probablement le sens de la question, qu'il avait le champ libre pour ce que bon lui semblait...
Toujours souriante, elle se pencha vers lui, baissant la voix.

-Et puis, avoue que ça serait dommage de priver tout le monde de ma personne en ne couchant qu'avec un seul homme...
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Sam 3 Nov - 14:22

Aucune limite à la dépravation. Pourquoi refuser d’se laisser simplement aller à l’alcool ? Et puis, il était plutôt bon celui-là. Comme la jeune femme en face de moi, j’appréciais chaque verre que j’descendais, sans m’soucier une seule seconde de c’qui pourrait arriver une fois qu’on serait saouls comme… Comme j’sais-pas-quoi, mais un truc vraiment trop plein d’alcool. Après tout, ce s’rait pas la première fois qu’j’me retrouve à sillonner les rues d’la ville complètement beurré et pourtant capable d’retrouver l’chemin vers mon appart’ où, d’toute façon, la Princesse sera, au mieux, pas encore rentrée ou en train d’dormir, ou, au pire, en train d’se taper j’sais pas quel mec qu’elle aura ramassé j’sais pas où. Décidément, j’suis vraiment pitoyable. J’suis là, à m’siroter un putain d’bon whisky avec une compagnie presque idéale et voilà qu’j’arrête pas d’penser à la Princesse et à ses foutues sorties qui m’retournent les boyaux à chaque fois. J’suis vraiment pathétique… Tiens, pour la peine, j’pense que j’ai pas encore assez bu. J’m’enfile un nouveau verre cul-sec avant d’remplir à nouveau mon verre et celui d’la jeune femme qui m’accompagne dans cette descente aux enfers. Heureusement pour moi, la belle inconnue avait du charme et des piques à revendre. « C’est loin d’être une légende, en tout cas, pour ce qui est de mon cas. » Un large sourire, feignant l’innocence. J’ne suis pas crédible, mais j’m’en tape, elle sait très bien c’que ça veut dire ces quelques mots qu’j’ai lâché. Mais, faut l’avouer, c’est loin d’être faux. Mais ira-t-elle jusqu’à vouloir le vérifier ? En fait, ça m’amuse, ça m’amuse de voir lequel de nous deux, à jouer ce petit jeu, finira par vraiment y succomber. Car c’est peut-être là, la partie la plus intéressante et, finalement, c’est surement c’qu’elle cherche aussi, la p’tite futée.

« Il suffit de poser les bonnes questions Sweetie… J’ne suis pas sûr de pouvoir opposer encore beaucoup de résistance avec une telle quantité de whisky dans l’sang. » Le contraire aurait été faux, mais avouer cette faiblesse était un pari intéressant et n’était que lui offrir une vérité qu’elle connaissait surement déjà. D’toutes façons, il fallait encore qu’elle pose les bonnes questions et puis, c’était pas comme si j’avais grand-chose à cacher. Après tout, il suffisait d’me regarder pour voir que j’avais probablement rien à foutre du r’gard que les gens pouvaient avoir sur moi. J’leur plaisais pas ? Et bien ils n’avaient qu’à s’casser. Comme j’lui ai dit à la donzelle, j’suis pas un mec difficile. Et la franchise, c’est quand même un d’mes foutus points forts, même si, j’admets, y’a des choses qu’j’ai pas encore osé dire… « J’comprends c’que c’est, moi aussi j’aime pas m’ennuyer, mais ici, tu n’as pas l’temps pour ça. Y’a toujours un truc, toujours. Tu verras. Quand on a goûté à la Nouvelle-Orléans, tout le reste perd un peu de sa saveur. » Il y avait tant d’choses ici, tant d’trucs qu’on trouve pas ailleurs, qu’ce soit l’ambiance, l’atmosphère, les gens, les bâtiments, … Tout c’qui donnait à cette ville son unicité finissait par manquer un jour ou l’autre, c’était pas pour rien que les gens n’quittaient pas cette ville. Et pas seulement parce qu’ils n’avaient pas l’opportunité d’aller ailleurs. Juste parce qu’ailleurs, c’est pas la Nouvelle-Orléans et qu’moi j’le sais, ça finirait par m’manquer. Où est-ce que j’pourrais aller faire joujou avec mes malédictions et jouer mon Vaudoun peinturluré ? Nan, on m’qualifierait d’timbrés, et, pire encore, j’aurai pas mes accès privilégiés dans tous les clubs hyper branchés. Nan, décidément, on pourrait pas faire aussi bien la fête qu’on la f’sait ici. Et là, j’mâchais pas mes mots.

« Pas normale ? Tu m’intéresses là, Dance girl. Enfin, plus encore qu’avant, si tu vois c’que j’veux dire … » Y’a rien d’plus excitant et d’plus intéressant qu’le mystère et faut être vraiment privé d’nez pour pas sentir qu’cette minette-là, elle en est presque entièrement faite. J’serai sobre, j’pourrais surement m’poser des questions sur la réalité d’ses réponses, mais, le fait est qu’j’m’en balance. Elle peut m’raconter c’qu’elle veut, même si c’est des cracs, après tout, est-ce vraiment l’cont’nu des réponses qui est important ? Sa remarque sur les Vampires m’fait sourire, même si sa petite révélation au sujet du pansement sur son coup m’laisse pantois quelques s’condes. « Ca fait marcher l’commerce peut-être, mais ça m’a privé de quelques minutes de plus sur la piste avec moi, j’me trompe ? » Un grand sourire. Après tout, elle faisait c’qu’elle voulait non ? Moi ça m’dérangeait pas. Qu’elle s’fasse pomper l’sang par un Vampire c’était son plaisir, pas l’mien et si elle s’amusait avec ça, après tout, y’a pas qu’une seule manière d’se faire du bien… Mais, comme j’v’nais d’lui dire, ma seule déception était que cela avait sans doute accéléré la fin de notre danse. J’soupire doucement, avalant le fond d’mon verre. « Enfin j’imagine qu’j’vais quand même trinquer à leur santé, sans eux, on n’serait pas là, toi et moi. » J’remplis nos verres et j’le lève, silencieusement, avant d’l’enfourner cul-sec. J’commence à sentir l’effet d’l’alcool et j’sens qu’le lendemain va être difficile, mais, sérieusement ? J’m’en contrefous. Ses paroles m’firent sourire. Pas d’attachement ? Sa dernière remarque m’arracha certainement le plus sensuel des sourires. « Tu marques un point, et puis j’aurai pas voulu m’prendre un gnon dans la gueule à cause d’un p’tit copain un peu trop jaloux. » Un large sourire, plus moqueur. Elle me plait cette p’tite. « Ou p’t’être qu’je m’en s’rai voulu d’abimer ton p’tit copain… » J’noie un p’tit clin d’œil dans une larme de whisky. Mais, s’pas faux, j’sais m’battre, même si, présent’ment, ça r’présente rien d’intéressant…
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Dim 4 Nov - 18:17

Si l'esprit du voodun vaquait en secret auprès de quelqu'un d'autre, Messaline, qui n'avait personne auprès de qui soupirer ne perdait pas une miette ni de la conversation, ni du spectacle. Curieuse, elle observait, elle détaillait, presque chirurgicalement les expressions, les gestes, les mots, comme pour essayer de le déchiffrer. C'était quelque chose qu'elle faisait souvent, la plupart du temps pour essayer de deviner les intentions de ses interlocuteurs masculins, traquer la faille et le piège, et s'y engouffrer pour les faire céder et en faire ce qu'elle voulait. Lui n'était pas du genre à se dévoiler facilement et la façade semblait pour le moment sans défauts, même s'il était manifeste qu'il était de plus en plus saoul, à mesure qu'il vidait les verres aussi vite qu'elle. A sa manière de boire aussi vite, par à-coups, elle croyait déceler quelque chose, quelque chose à chasser et à oublier, peut-être. On a tous des choses à laisser derrière soi.

Elle lui sourit, avec cette expression qu'elle avait si souvent, pleine de malice, qui faisait pétiller son regard d'une étincelle vive. Ses fanfaronnades la faisaient rire, mais elle était curieuse de savoir si elles étaient justifiées. C'était là l'intérêt du jeu, essayer d'attirer l'autre par des promesses, mêmes si celles que sussuraient Messaline n'étaient pas uniquement verbales.
Elle ne répondit rien à sa phrase, se contenant d'un regard qui suffisait à lui seul à exprimer sa pensée, qui n'avait pas changée: elle était tout à fait disposée à vérifier ses dires de la façon qu'il lui plairait.

-C'est intéressant, ça, répliqua-elle avec une mine espiègle. Je voir ce que je vais bien pouvoir faire de toi, alors...

Et de nouveau, le regard qu'elle lui adressa aurait réveillé un mort.

Mais comme toujours, elle faisait mine de rien, et laissa la conversation dériver sur un autre sujet. Elle opina du chef pour approuver ses paroles: pour le moment, même si cela faisait déjà plusieurs mois qu'elle vivait ici, elle n'avait pas encore eu le temps de se lasser de la ville et de ses gens, sans doute parce que tout était tellement varié et tellement étrange que c'était comme si on y avait réuni plusieurs villes au même endroit. Changer de quartier, c'était un peu changer de pays, parfois.

Messaline répondit par un clin d'oeil, quand il lui fit part de son intérêt quant à sa "non-normalité".

-Chacun ses secrets, répondit-elle. On verra à la fin si j'ai assez bu pour que tu me les fasses cracher.

Et elle sourit, à nouveau, avec une franchise désarmante, comme un défi, une insolence joyeuse qui dansait dans ses yeux. Elle avait toujours du mal à s'avouer vaincue, surtout quand il s'agissait d'alcool, surtout quand il s'agissait de parler de soi. Messaline avait tellement l'habitude de boire beaucoup trop en compagnie d'inconnus qu'elle arrivait à éviter à tout prix de parler trop d'elle et que le mensonge, plus efficace, venait automatiquement.

La belle ne put s'empêcher de rire quand elle vit son expression, à la suite de sa petite révélation sur ses activités de la soirée.

-Oh, le vampire n'est pas le seul à blâmer, dit-elle ensuite, comme pour insister un peu plus, s'amusant de sa réaction. J'ai fait le tapin toute la journée, ça use, tu sais? Les clients sont d'une exigence, de nos jours...

Elle leva son verre à son tour, souriant d'un air innocent, comme si elle venait de parler de quelque chose de tout à fait anodin. Pour ce qu'elle avait déjà pu voir du voodun, ça ne le choquerait certainement pas, mais elle était curieuse, encore et toujours.

-La seule chose que tu peux craindre, à la limite, c'est les types jaloux, reprit-elle en réponse à ses derniers mots. Mais je suis sûre que tu te fera une joie de les abîmer.

Elle vida le fond de la bouteille dans son verre, et la secoua d'un air désapprobateur.

-Encore en panne sèche? Je vais arranger ça, dit-elle en se levant, un peu vacillante.

Elle ne prit même pas la peine de remettre ses chaussures pour retourner au bar, ne serait-ce que pour éviter de s'étaler à plat ventre par terre parce qu'elle ne tenait plus assez debout pour réussir à gérer des talons aiguilles en même temps que la gravité, la rotation de la Terre et les effets de l'alcool. Allant au bar, elle passa près du voodun, assez près pour être à sa portée, et laissa une main caressante glisser sur son épaule avant de s'éclipser, un petit sourire aux lèvres.
Une fois sa bouteille en main, il lui fallut échapper aux avances d'au moins deux hommes plus ou moins avinés pour pouvoir regagner sa place. Pendant qu'elle et le voodun s'étaient éloignés du reste de la salle, la boîte s'était encore remplie, et elle était à présent tellement bondée qu'on ne pouvait plus faire un pas sans tomber sur quelqu'un. Et Messaline qui passait beaucoup de ses soirées dans les parages ne pouvait pas faire un pas sans tomber sur quelqu'un de connu.

Aussi, elle mit peut-être un peu de temps à revenir à leur table, et s'effondra sur les coussins en soupirant, posant victorieusement son butin entre eux. Elle prit un air pensif et leva un doigt sentencieux.

-Bon, ça y est, je tiens plus debout. Tout va bien!

Elle remplit aussitôt leurs verres d'une main approximative et leva le sien de nouveau pour trinquer.

-Mais dis-moi, lança-elle après avoir prit une gorgée et rallumé une cigarette, y'a pas une fille pour te surveiller, toi? Si c'est le cas m'est d'avis qu'elle a du boulot, vu le succès sur la piste de danse.

La vérité était qu'elle se foutait royalement de la réponse. Casé ou pas, ça n'était jamais une copine, femme, fiancée ou autre qui l'avait empêchée de convoiter quelqu'un, et la plupart de ses clients étaient eux-mêmes mariés, ect. Le couple, ça n'était jamais qu'une notion très vague, pour ce qu'elle en savait; et vu le comportement peu farouche du voodun, il y avait gros à parier qu'il n'était pas du genre à se caser.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Lun 5 Nov - 13:47

Promettre, faire miroiter… J’suis pas du genre à m’vanter pour rien et j’connais mes capacités, c’est c’qui fait mon assurance, même quand j’ai plusieurs verres dans la vue. Même bourré, j’sais c’que j’vaux et c’est une chose qu’certains bonhommes ont tendance à oublier une fois la vue un peu trouble et l’cerveau embrumé. J’connais mes limites, à force d’les tester, et j’sais qu’avec encore plusieurs verres ça va finir par être tendu d’tenir debout mais j’ai encore d’la marge et j’compte bien en profiter. S’pas un concours avec elle, mais c’est tellement mieux d’s’annihiler un peu la conscience, d’s’offrir un aller-simple vers une réalité parallèle, bien moins complexe que celle dans laquelle on peut patauger tous les jours. Autant j’suis pas pour les trucs de d’junkies, autant l’alcool, tant qu’ça tombe pas dans une habitude, mais qu’ça reste un plaisir, y’a vraiment pas d’mal à s’faire du bien avec. Ok, j’suis certain qu’la plupart des médecins d’cette ville m’traiterait d’alcoolique mais c’est rare qu’j’boive comme ce soir, même si j’me jette souvent des verres le soir dans des boites ou quand j’joue au poker. Mais j’suis encore loin du verre le matin au p’tit-déj’, bien loin. « Et moi j’suis curieux d’savoir c’que tu comptes faire de moi. Mais… C’est quand tu veux. » Un p’tit clin d’œil. Tiens, j’crois commence aussi à voir un peu double, mais son r’gard à elle, il est unique et chaud comme la braise. Elle aurait envie d’me sauter à la gorge qu’elle s’y prendrait pas autrement la donzelle. Mais j’demande que ça ma belle, suffit d’changer d’banquette tu sais ? J’ai pas envie d’faire le premier pas, j’ai envie d’la faire craquer, elle, elle qui est entrée la première dans l’jeu. J’suis sur qu’ça doit la changer un peu, parce qu’à mon avis, c’est pas les mecs qui doivent s’faire prier avec un r’gard pareil. J’me trompe ? Non, j’crois pas.

« J’fais rien cracher à personne moi, j’cueille quand c’est mûr. J’suis pas un brutal. » Loin d’être un brutus d’ailleurs. « Mais on verra, oui. » Défi ? Je signe. J’adore ça les défis moi. Y’a rien d’plus excitant. Et puis, elle a attisé ma curiosité la belle. Qu’est-ce qu’elle peut bien vouloir dire par là ? Outre ? Humaine mais spéciale ? Les mots avaient le sens qu’on voulait bien leur donner et elle semblait être capable de jouer avec sans aucun problème, même si elle avait un bon coup dans l’nez, comme moi. D’t’façon, il y a d’quoi faire et m’est avis qu’c’est pas l’seul défi qu’on s’est lancé d’puis l’début d’la soirée. D’jà y’a eu la dance, puis, l’alcool, puis… tout le reste. Cette discussion était une suite de défis et ça la rendait d’autant plus intéressante. Jusqu’où irions nous ? Aucune idée, et, à vrai dire, j’m’en tape. Sa s’conde révélation n’arrache pas l’sourire d’mon visage. L’tapin ? Voilà qui est encore plus intéressant. Une prostituée. C’est pas commun ça, enfin, j’veux dire, d’se faire alpaguer par une femme de s’t’acabit sans qu’elle commence par vous d’mander si « ça » vous intéresse. « En voilà un job qui doit être plaisant. J’espère qu’les mecs qui t’payent n’t’ont pas trop changés tes idées sur les hommes du Sud. » Un p’tit clin d’œil. Après tout, s’pas qui manque les mauvais coups. Quant à sa profession, qu’est-ce que ça peut m’faire ? C’t’un métier comme un autre. J’f’rai pas la bêtise d’m’imaginer qu’elle fait ça par plaisir et encore moi pourquoi elle le fait. C’est pas la question d’ce soir. On s’en fout non ? Puis c’est pas ma sœur, c’est une grande jeune fille, séduisante et terriblement joueuse, c’est tout c’qui compte, pas c’qu’elle fait d’ses jours et d’ses nuits.

« Ca va, ces cas-là, j’sais gérer. » C’était même avec eux qu’j’me frittais l’plus. Bon, c’était pas pour des filles, mais, le jeu, c’est comme les filles, les mecs ça plaisantent pas là d’ssus, encore moins quand ils perdent. Alors ouais, la jalousie j’gère. T’façon, quelques poings règlent toujours les différents, non ? Alors qu’elle termine la deuxième bouteille, elle s’lève pour en chercher une autre, comme elle l’avait dit. Elle tient ses promesses, c’est bon à savoir. J’la suis du r’gard tandis qu’sa main glisse sur mon épaule, sans m’empêcher d’la dévorer des yeux, parce que, finalement, c’est c’qu’elle veut non ? J’l’observe aller au bar, titubant un peu, dans un sourire. On est faits, elle et moi, mais qu’importe. Alors qu’elle semblait ennuyée par quelques p’tits malins, j’allais m’lever quand elle finit par réussir à s’éclipser pour r’venir vers moi. J’la r’garde s’laisser tomber sur la banquette et j’souris à sa p’tite remarque. Alors qu’elle m’ressert, j’me lève, p’t’être un peu trop vite parce que ça tourne un peu, mais clairement, j’ai pas d’soucis à tenir d’bout. « J’crois qu’il va m’en falloir un peu plus… » Logique. Mais c’est triste. J’me réinstalle tandis qu’elle rallume une clope. J’suis pas très cigarette, mais bon, j’m’accommode de tout. Sa question m’surprend alors qu’j’allais boire une nouvelle gorgée. La Princesse… Me surveiller… Ouais, j’aim’rais bien, mais faut pas rêver. Interrompu dans mon geste, j’le termine, impulsivement, avalant le contenu du verre d’un coup. J’soupire doucement. « C’est compliqué… » L’regard un peu fuyant, j’me dis qu’il faudrait p’t’être que j’change le sujet d’la discussion mais est-ce que j’en ai vraiment envie ? A vrai dire, j’en sais plus rien. L’alcool, sur’ment. « Mais elle a pas l’air d’se faire du souci pour ça. »
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Sam 10 Nov - 17:26

Messaline voyait son champ de vision se réduire de plus en plus, et se dit qu'il était peut-être temps d'arrêter de lever le coude. A ce train là, dans une heure on la sortirait de la boîte les pieds devant. Elle tâcha de se concentrer sur ce qu'elle avait sous les yeux, ce qui ne réclamait pas d'effort particulier de sa part étant donné qu'il était le centre de son attention depuis un moment déjà.
A mesure qu'ils échangeaient les piques et les sous-entendus et les clins d'oeil entendus, il apparut clairement à la jeune femme que ça n'était pas lui qui prendrait l'initiative. Changer de banquette pour lui sauter à la gorge, c'était ce qui risquait d'arriver d'une seconde à l'autre si lui ne faisait rien, et il avait l'air décidé à ne rien faire. A posteriori, ça aurait peut-être dû lui mettre la puce à l'oreille, quant à la suite des évènements... Mais sur le moment, elle s'en accomoda avec d'autant plus de naturel que ça lui changeait agréablement de l'ordinaire, et qu'on la laissait rarement avoir le champ libre pour faire ce qu'elle voulait d'un homme.

Elle haussa un sourcil intéressé quand il affirma n'être pas du genre à faire cracher quoi que ce soit à qui que ce soit.

-J'ai hâte de voir ça aussi, répliqua-elle.

La liste des choses qu'ils avaient à se montrer et à se faire voir commençait à devenir franchement longue, et vu le travail qui les attendait, mieux valait s'y mettre tout de suite. A ce rythme, ils auraient de quoi s'occuper pour les années à venir. ça n'était pas une perspective désagréable, mais il avait plutôt intérêt à tenir ses promesses, car la déception risquait d'être à la hauteur des attentes et de tout ce qu'ils se faisaient tous les deux miroiter. Elle ne put s'empêcher de sourire pour elle-même à cette pensée; ils ne cessaient de se défier, et elle ne pouvait jamais s'empêcher de répondre à ce genre de provocations. Lui non plus n'avait pas l'air du genre à se tenir à l'écart de ce genre de mise à l'épreuve. Sur ce point comme sur beaucoup d'autres, ils étaient d'accord.
Tout ça laissait présager de bonnes choses, au final.

Le voodun marqua un point de plus par son indifférence totale au métier qu'elle exerçait. Elle avait même envie de lui décerner une médaille, parce que ça, c'était rare. Pas de mépris, pas de pitié, juste... Il s'en foutait, et c'était merveilleux. Messaline avait apprécié le soutien et la sollicitude inquiète de William, lorsqu'elle s'était confiée à lui; mais elle avait cruellement besoin de cette prise de distance vis-à-vis de ça. Elle en parlait avec détachement, comme si ça n'avait pas d'importance, parce que ça ne devait pas en avoir, parce que ça n'était qu'un métier et que ça ne la définissait pas en tant qu'être humain. Elle était une femme avant d'être une putain et une victime et ça, certains semblaient avoir du mal à s'en rappeler, raison peut-être pour laquelle elle avait pu se sentir mal à l'aise, en songeant aux réactions du vampires.

-Ne me lance pas sur ce sujet, sinon on va y passer la soirée, répondit-elle dans un éclat de rire.

Elle écrasa sa cigarette d'un geste vif avant de rependre, avec un sourire moqueur.

-Je peux passer des heures à parler des clients, j'te jure, t'as pas idée des histoires qui me sont arrivées. On rigole pas tous les jours dans le métier, mais on en voit des belles.

Messaline ressentit comme un indescriptible sentiment de soulagement; c'était tellement reposant, soudain, de pouvoir en parler comme si c'était totalement anodin et au final, c'était sans doute ça dont elle avait besoin. Arrêter de dramatiser la chose, car après tout, il y avait des tas de métiers salissants et dégradants encore pires que celui-là. Tout dépendait de la manière dont on le vivait, n'est-ce pas? Et Messaline s'en accomodait, à sa manière. Elle faisait ce qu'elle voulait, gagnait confortablement sa vie, et le reste, ça ne regardait personne d'autre qu'elle.

Non, vraiment, ce type était une perle, et elle n'allait pas le laisser s'en tirer sans rien tenter.

Hélas, son erreur fut sans doute de trop tarder avant de prendre les choses en main; d'abord aller chercher une autre bouteille, qui serait sans doute celle de trop, et surtout poser la question. LA question. Celle qui, anodine, peut tout foutre en l'air. Messaline n'était pas une fine psychologue, mais elle avait l'habitude des hommes, de leurs expressions, de leurs gestes. Ils se trahissaient tous, d'une manière ou d'une autre, et beaucoup d'entre eux l'appelaient aussi pour avoir un peu de compagnie et quelqu'un à qui parler. Souvent de leurs femmes et compagnes, d'ailleurs.

On y était. Le geste, la parole, le ton, le regard qui s'égare. Messaline eut un sourire, levant brièvement les yeux au ciel. Tant pis pour ce soir; il ne se passerait probablement pas grand chose de plus entre eux pour aujourd'hui car elle savait d'expérience comment ça allait finir. Parler, beaucoup, parler de la femme auprès de laquelle il soupirait, ce qui était probablement la chose la plus anti-sexe qu'on pouvait imaginer, et se quitter pour aller cuver chacun de son côté. Point final.
Elle les resservit, ralluma une cigarette au mégot de la précédente et remballa ses ardeurs pour ce soir, ou du moins un long moment. ça ne la dérangeait pas particulièrement, ça n'était que partie remise car elle n'était pas du tout décidée à faire une croix sur lui, amoureux transi d'une autre ou pas. C'était dans ces cas-là qu'elle se disait qu'elle devrait apprendre à se taire, parfois.

-Allez, j'ai l'habitude d'entendre les histoires compliquées, dit-elle doucement. Raconte.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Dim 11 Nov - 14:55

Faire cracher, c’est malpoli, puis c’est clair’ment pas innocent. Comment ça j’suis pas innocent moi ? Mais c’est complét’ment faux ! J’suis l’innocence même ! Puis, d’t’façons, j’aime bien qu’les gens gardent quelques secrets, ça fait leur charme. Et puis, j’suis quasiment sur qu’on y viendra t’façon, c’qu’une question d’verres de whisky avalés. Enfin, dans c’goût-là, ça vaut pour moi aussi d’façon. C’est un peu comme pour les bagarres : moi j’me contente d’la légitime défense. Bon, ok, j’avoue, j’suis clair’ment pas aussi innocent qu’le concept parce que général’ment j’cherche les coups, mais, faut l’admettre, c’est quand même bon d’se laisser embarquer dans une p’tite bagarre. Ca vous r’met les idées en place, vous fait rev’nir à un stade primaire, bestial, là où rien n’compte d’autres qu’la survie. C’est encore un meilleur moyen qu’l’alcool pour s’foutre les idées en l’air. Bon, ok, ça laisse quelques marques de plus, mais bon, c’est là où l’alcool pèche, on voit pas les dégâts qu’ça fait tout d’suite, alors qu’les poings, on voit rapid’ment c’que ça a pu pété. Enfin bref, c’est quasiment sur qu’ce soir j’vais pas m’battre d’toute façon, enfin, on sait jamais, des fois qu’un gars essayerait d’me contester ma place sur cette banquette de choix… Enfin, j’doute qu’l’un d’eux essaye d’tirer sur la corde d’un Vaudoun, à moins qu’il soit sacrément sur d’ses compétences en la matière. J’me r’ferais bien un fight contre un Vampire… Enfin, soyons sérieux, là, l’j’suis bien à parler avec cette demoiselle et j’crois qu’pour elle, j’dirais même non à une baston. C’est un peu triste à dire en fait, mais ce s’rait dommage de passer à côté d’cette charmante compagnie pour quelqu’chose qu’j’pourrais avoir plus tard, ou un autre jour. D’toute façon, j’suis pas v’nu pour ça c’soir. Au contraire, j’suis plus v’nu pour ce genre d’choses qu’j’suis en train d’faire : m’beurrer la gueule d’un bon whisky avec une créature de rêve. Pour un peu, j’me croirais déjà dans mon pieu à l’appart, à m’retourner l’ciboulot complèt’ment endormi. Ce s’rait triste. « Va falloir qu’on s’prenne rendez-vous pour toutes ces bonnes choses. » Bah ouais quoi, une soirée s’rait sur’ment pas suffisante pour tout ça. Enfin, c’était mon point d’vue sur la question. « Enfin, s’pas moi qui ait un emploi du temps d’ministre. » Un p’tit clin d’œil à la belle. Petite pique ? Ouais, et alors ?

Quoiqu’elle puisse faire, j’en avais clair’ment rien à cirer. P’t’être parce que j’commençais à être inhibé par l’alcool mais, au fond, qu’est-ce que ça pouvait m’faire à moi ? C’était elle qui baisait avec ses clients, pas moi. Si c’était c’qu’elle voulait faire, j’allais pas la mettre au pilori pour gagner sa vie avec l’métier l’plus vieux du monde. Et plus, clair’ment, elle donnait pas vraiment l’air d’vouloir être prise en pitié alors j’allais pas lui faire s’t’affront. Elle était bien trop aguicheuse pour ça. Une prostituée qui aimait pas son taf’, ou qui préférait n’pas en parler, aurait, just’ment, évité l’sujet. C’était pas son cas, alors, à mon avis, elle s’en fichait comme de sa première passe à mon avis. Au contraire, ça rajouter d’l’huile sur le feu, du piment dans la discussion. Cette femme prenait les hommes par dizaine. C’était l’occasion d’lui laisser un souv’nir innoubliable d’moi. Une idée des plus déraisonnables, n’est-ce pas ? J’adore ces idées-là, c’sont les meilleures, au final. « J’ai toute la nuit d’vant moi, Dance Girl. » Après tout, why not ? « En voir d’belles » ? Ouais, ça j’en suis facil’ment convaincu, après tout, elle a dû en voir défiler des gars. Mais d’là à s’imaginer qu’ils perdent du temps en blabla, voilà qui est quand même franchement étonnant. Enfin, elle c’est sur’ment d’l’argent encore plus facil’ment gagné. « Et c’est protégé par l’secret professionnel ou on a l’droit d’avoir quelques infos croustillantes ? » Ouais, j’étais curieux, c’était un mal ? J’aimais bien entendre c’genre d’histoires, y’avais toujours de quoi bien rigoler ou s’faire de belles histoires à souhait. Ouais, elle avait sur’ment rencontré des cas, p’t’être des comme moi, déjà. Ca, ça m’f’rait mal quand même. « Rassure moi, j’suis l’premier dans mon genre, hein ? » En fait, j’en ai rien à foutre, mais bon, c’est toujours mieux d’être unique en son genre. J’lui fais un grand sourire et un clin d’œil avant d’vider mon verre et d’me resservir.

Quant à sa question… Dans l’mille baby, dans l’mille. J’prends l’verre qu’elle m’ressert tandis qu’elle rallume une clope avant d’me dire qu’elle a l’habitude d’entendre ce genre d’histoire et m’demande de raconter. J’sais pas si j’ai vraiment envie d’ça. J’regarde mon verre quelques instants avant d’poser mes yeux sur elle. J’ai comme l’impression qu’son r’gard est différent. Pitié ? Non, ça r’ssemble pas à ça. Tant pis. J’avale mon autre verre cul-sec avant d’me resservir. « L’histoire classique t’sais. Un mec, une fille. L’un qui aime, l’autre pas. Y’a pas grand-chose à dire de plus j’pense. » J’prends une gorgée de mon whisky, essayant de ne pas l’finir trop vite. Faudrait pas qu’j’me siffle la bouteille à moi tout seul, ce s’rait pas gentleman. « Enfin, j’imagine qu’c’est la vie. » Ouais, c’est sur’ment ça, qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ? T’façon, c’est pas comme si j’pouvais y faire grand-chose, enfin… « L’pire dans tout ça, c’est quand même ses mecs qu’elle ramène dans la chambre d’à côté… Enfin, j’imagine qu’c’est d’ma faute, après tout, elle sait rien… » J’m’étais même pas rendu compte qu’j’parlais à voix haute. Le whisky aidait beaucoup dans c’sens-là. « J’crois qu’j’ai pas encore assez bu, j’ai les idées encore trop claires à c’sujet. » J’termine mon verre et nous ressers tous les deux. Avant d’finir mon nouveau verre aussi vite qu’le premier. Non clairement, j’aurais juste envie d’tout noyer sous un tsunami d’whisky, mais j’crois qu’c’est pas possible. Hélas. ‘Tin j’suis lamentable… Vraiment. « J’t’envie tu sais… Pas d’attachement, à personne, j’aimerais bien être pareil. » Pas avoir ces sentiments à la mords-moi-le-nœud. Libérer de ce romantisme à la con… Mais bon, on change pas en un soir, ni même en une vie en fait… ‘tin…
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Mer 28 Nov - 13:13

Une étincelle dansa dans le regard de Messaline, et elle sourit, longuement.

-Je tâcherai de te caser quelque part, je voudrais manquer ça pour rien au monde, lui répondit-elle à mi-voix.

Elle avait en parlant d'un de ces regards sans fard et sans gêne qu'elle avait souvent, le fixant dans les yeux sans ciller, ni rien cacher de ses intentions quant à ce qu'ils feraient pour occuper la prochaine soirée. On pouvait guère s'attendre à de la pudeur venant d'elle, mais on s'étonnait parfois de cette calme franchise qui était la sienne dans ces cas là, quand il n'y avait plus d'excuses ni de faux semblants, et qu'il n'y avait plus grand chose à cacher. ça semblait presque anodin, en réalité; elle parlait de ces choses avec tant de naturel et d'indifférence que dans un sens, c'en était presque froid, désincarné, comme si c'était tout à fait ordinaire. Pour elle, ça l'était, à dire vrai, et toutes les secrets de l'alcôve avaient perdu leur mystère depuis fort longtemps, ce qui pouvait parfois rebuter certains quand on la voyait agir et parler avec un tel détachement.

Et puis, il fut question des hommes. Ah, tout un poème et elle aurait de quoi en écrire des livres par cartons entiers, à propos d'eux, de leurs sales manières et de leurs maladresses. On aurait de quoi écrire tout autant en dissertant sur le rapport ambigu qu'elle avait avec eux, ceci dit, mais son passe-temps préféré restait quand même de leur casser du sucre sur le dos, fut-ce en présence d'un mâle.

-Là! S'exclama-elle en le pointant du doigt. ça, c'est typique.

La jeune femme souffla la fumée de sa cigarette avant de s'expliquer.

-Les mecs, c'est toujours la même chanson, ils veulent tous être le premier ou le meilleur en quelque chose. Sauf ceux qui s'en tamponnent de mon avis, bien sûr.

Elle lui sourit d'un air vaguement désolé et franchement moqueur.

-Navrée, chéri, mais je peux te citer de tête au moins une dizaine de gars que j'ai croisé et qui te ressemble sur plein de trucs.

ça n'était pas tout à fait exact, mais elle n'allait pas lui faire l'honneur de lui balancer des compliments dès le premier soir. L'ego des mâles, ça aussi, c'était une grande histoire.

-Après onze ans de tapin, vous finissez tous par vous ressembler.

Oh, ça n'était pas par méchanceté, ni pour le blesser, qu'elle disait ça. Il voulait la vérité, il l'avait, et elle n'était pas belle à voir ni bonne à dire, comme toutes les vérités. Elle parlait calmement, comme si de rien n'était, parce que ça n'avait pas d'importance pour elle et si ça en avait pour lui, tant pis. Les gens s'imaginent tellement de choses sur les filles dans son genre, et ils étaient systématiquement déçus: pas assez sordide, pas assez glamour, et tristement banal. Elle se contentait d'énoncer un état de fait, qui ne pouvait plus changer: tous les hommes étaient les mêmes, à quelques nuances près, et heureusement avec quelques exceptions, mais globalment la masse ne changeait guère, invariable, interchangeable, avec les mêmes aspirations et les mêmes désirs, les mêmes désespoirs.

Oui, même lui, chuchotait la voix dans sa tête. Même lui, il ressemblait à d'autres, tellement, tellement d'autres. Elle avait déjà vu ce type de visage, ces mains, entendu cette voix. D'autres avaient le même caractère, la même manière de parler et d'agir. Même s'ils n'étaient restés l'un en présence de l'autre que peu de temps pour l'heure, toutes ces choses lui sautaient au yeux. Il y avait bien sûr d'autres choses qui faisaient de lui comme de tous les autres un être unique; Messaline se focalisait tantôt sur l'un, tantôt sur l'autre. Pile, elle ne voyait que ce qui le rapprochait de tous ces hommes qu'elle avait vus. Face, ce qui faisait tout son charme, ce qui éveillait son intérêt et sa curiosité.

Même sa manière de s'exprimer, une fois qu'elle eut posé la question fatidique, avait quelque chose d'ordinaire. Du déjà vu. Baisser les yeux, baisser la voix. Comme une vague honte, un peu, celle d'étre faible devant une femme, celle d'avouer quelque chose à une inconnue. Penser à voix haute, un peu, aussi, et se perdre, les yeux dans le vide. Messaline écoutait en silence, les bras croisés, les yeux à demi-clos, comme si elle réfléchissait à ses paroles, laissant filer du bout des lèvres de longs nuages de fumée grise.
Ecouter et laisser parler, ça, elle savait faire. Et puis elle sourit, doucement, se penchant vers la table pour laisser tomber ses cendres.

-Chacun sa croix, si un jour je passe sous un bagnole ou je me fais arranger le portrait par un client pas net, personne viendra me chercher, et personne se demandera c'que je suis devenue. Mais j'ai moins d'emmerdes, ça, c'est certain.

Elle releva les yeux sur lui, et secoua légèrement la tête d'un air gentiment désapprobateur, comme quand on s'apprête à expliquer quelque chose d'évident.

-Et t'as jamais pensé à lui dire, tout simplement? Si ça se trouve, elle attend que ça.

Ah, des types dans sa situation, y'en avait des containers entiers, rien que dans ce patelin. Et après, les pires allaient pleurer dans les bras de Messaline en disant que toutes les filles étaient méchantes de pas voir qu'elles passaient à côté de mecs géniaux comme eux, tellement gentils, tellement serviables! Parfois, elle en avait pitié mais le reste du temps, elle les méprisait cordialement. Ne pas avoir le courage de mettre ses sentiments sur la table et ensuite accuser la fille d'aller voir ailleurs, ça, c'était une assez belle démonstration de mauvaise foi.
Mais heureusement pour lui, le voodun n'avait pas l'air de raisonner de la sorte. Au moins, même si c'était à demi-mot, il avait l'honnêteté de reconnaître que c'était quand même un peu de sa faute.

Bon point, encore, et il y avait même quelque chose de touchant, dans sa manière d'en parler. Elle laissa un instant de silence s'écouler, et elle avait baissé légèrement les yeux, tandis que son sourire se teintait d'un peu de douceur. Elle avait parfois, brièvement, des allures de madone, sous ses cheveux de Madeleine pécheresse jamais repentie. Un apaisement soudain, oublier ses peines pour apaiser celles des autres. Non, l'être n'avait pas pourrit jusqu'à la moelle, il y avait encore un peu de bonté, là; un peu de pitié, encore, quelque chose encore qui valait la peine d'être sauvé, dans ce champ de ruines infâmes qu'elle était devenue.

Sa main se tendit, hésita l'espace d'un instant, et se posa sur celle du voodun.

-ça peut avoir du bon de s'attacher à quelqu'un, et tu le sais. ça peut faire mal, d'accord, mais c'est toujours mieux que de passer le restant de ses jours tout seul. Toi, t'as la chance de pouvoir te caser avec quelqu'un alors profite-en, va voir ta douce et dis-lui ce que t'as sur le coeur. Faut savoir prendre des risques, dans la vie.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Sam 1 Déc - 10:56

Un grand sourire, étendu un peu par l’alcool mais qu’est-ce que ça peut faire ? C’était évident que si elle voulait m’revoir, on n’allait pas vraiment s’conter fleurette. C’t’idée était assez amusante. C’était un peu comme du rentre-dedans, mais en quand même plus subtil, et, fallait l’admettre, après deux bouteilles d’whisky, y’avait là d’quoi forcer l’respect. « Avec plaisir, Dance Girl. » J’avais toujours l’sourire aux lèvres. Qu’c’était une putain d’bonne soirée ! En fait j’m’attendais pas à m’faire autant d’bien c’soir. J’voulais juste oublier un peu mes problèmes, m’défouler sans chercher à m’faire chier pour un quelconque lendemain. A la tienne Dance Girl ! J’avale un autre verre de whisky, j’ai pas envie d’m’arrêter d’boire. J’me sens déjà pas mal inhibé et l’idée d’prendre une quatrième bouteille s’rait vraiment pas raisonnable. Boah, on f’ra avec trois et puis si la miss se sent d’attaque, j’irai en chercher une autre. Ce s’rait dommage de s’arrêter en si bon chemin, non ? C’est pas comme si j’étais attendu quelqu’part d’main d’toute façon. Un p’tit regard dans la salle. Combien d’types et d’gonzesses bossent d’main matin ? Difficile à dire. Dans cet endroit, on n’ressemble pas toujours à c’lui qu’on est en journée. Un peu comme l’jour et la nuit. Pourtant quelqu’chose m’disait qu’elle et moi on n’était clair’ment pas si différents qu’ça quand on n’était pas dans s’bouge là, à picoler et à lorgner de façon indécente sur notre part’naire de beuverie. Parce que j’allais pas m’priver de la lorgner encore et encore, si ? Ouais ce s’rait quand même pas « courtois » d’ne pas admirer ce qu’elle offrait avec plaisir. Et puis toucher avec les yeux c’était pas si répréhensible, enfin pas trop. Et puis, elle le méritait ! Elle était franchement attirante et, à bien y r’garder, j’étais pas l’seul à encore avoir les yeux sur elle.

Sa façon d’me faire remarquer qu’j’étais bien un mec m’fit sourire. Mais, j’avoue, elle avait clair’ment pas tort. C’était frustrant quand même, d’savoir qu’on était pas si unique qu’ça, même quand on essayait d’pas être comme les autres. Bon, c’était pas mon but dans la vie quand même, mais bon, c’tait dommage. Un peu. Enfin j’comprenais un peu son point d’vue. Des mecs, elle avait dû en voir défiler… Onze ans… ‘Tain… Ça fait beaucoup ça. Beaucoup d’mecs aussi. Respect, Dance Girl ! J’lève mon verre dans un sourire. « A nous les mecs, qui sommes tous les mêmes ! » J’enfilai mon verre, le regard amusé, avant d’le poser sur la petite table basse. « Nan, mais t’as raison. J’comprends. J’avoue même, tu m’as p’t’être un peu eu, mais d’t’façon, c’est pas comme si j’en carrais vraiment quelqu’chose… » Après tout, qu’est-ce que j’pouvais vraiment en avoir à foutre d’être l’premier ou l’unique ? L’essentiel, c’était d’plaire à quelqu’un. Y’en avait d’t’façon pour tous les goûts, ça c’était vrai. Bon, certains rentraient plus souvent dans les goûts des autres que d’autres, mais alors ? D’aussi loin qu’j’me souvienne j’ai pas pris beaucoup d’râteaux dans ma vie mais c’était pas l’genre d’choses qui m’démontaient. Il m’arrivait d’parader un peu, ça fait partie du jeu, mais faire l’coq c’est pas mon genre. Entre jouer et être, y’a une différence majeure. Enfin bon, apparemment, si elle est encore là, c’est qu’ça la dérange pas trop qu’j’sois comme tous ces mecs qu’elle a déjà r’tournés dans son lit. L’espace d’un moment j’me dis qu’finalement, c’est pas un si mauvais métier qu’ça. Passer mes nuits avec des filles différentes… Pas toujours des plus séduisantes, forcément, c’est les « risques » du métier, mais y’a d’quoi s’faire plaisir quand même non ?

Evoquer la Princesse n’me fit pas spécial’ment plaisir. P’t’être parce que c’était la dernière chose qu’j’voulais vraiment penser. Enfin, d’t’façon j’étais trop inhibé pour n’plus parler maint’nant. Une triste réalité, mais j’pense que ça m’a fait du bien d’en lâcher un peu d’lest. Elle m’pèse sur la conscience c’t’histoire, même si des fois j’préfèrerais p’t’être juste l’oublier, ça vaudrait p’t’être mieux. Un p’tit sourire, pas trop gai glisse sur mes lèvres quand elle m’propose d’aller lui dire, comme si elle attendait qu’ça. Bah, elle sait pas tout. C’est logique c’qu’elle dit. Noyant mon r’gard dans mon verre de whisky vide, m’tâtant à l’idée d’le remplir à nouveau, j’sens quelqu’chose toucher ma main et j’relève mon r’gard pour voir qu’c’est sa main. Un peu plus haut, j’croise le sien et j’écoute c’qu’elle a à m’dire. Ouais, l’attachement avait du bon… Mais quand ça faisait mal avant qu’ça commence, j’étais pas certain du bon qu’ça avait vraiment. « C’est pas aussi simple tu sais. » J’fis glisser un peu mon pouce contre ses doigts. « On s’connait d’puis longtemps. J’suis son ami d’enfance, son meilleur pote, son bras droit, son ange gardien, mais clair’ment pas son p’tit copain. » J’soupire doucement, un peu amusé par mes propres mots. « Okay, tu vas m’dire qu’on peut pas savoir tant qu’on a rien dit, mais j’la connais, c’est pas son genre d’hésiter d’vant un mec. J’pense qu’elle me calcule même pas comme ça. Et pourtant c’est pas les signes qui manquent… » Nan mais franchement. « Ok, je sais aussi qu’les signes ça suffit pas. Mais j’sais pas… J’ai peut-être pas l’cran d’peut-être foutre en l’air tout c’qu’on a vécu jusqu’à maintenant… » Après tout, c’était un risque non ? Qu’elle dise non, qu’elle se barre, ou que, simplement, rien soit comme avant… D’toute façon… « Mais… Merci. » C’était sincère. Un p’tit sourire amusé – enfin – se redessine sur mes lèvres. « Mais tu vas pas m’faire croire qu’en onze d’tapin, t’as toujours pas trouvé un mec qui pourrait t’plaire ! » Un p’tit clin d’œil. Ok, j’essayais d’changer l’sujet d’la conversation. C’était mal ?
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Sam 1 Déc - 20:05

Messaline éclata d'un rire franc, quoique élevé dans les aigus par l'abus d'alcool, et trinqua avec lui de bon coeur.

-Cela dit, répondit-elle après avoir bu une longue gorgée, je suis sûre que vu que t'as pas l'air d'un gars timide, tu dois en avoir de belles à raconter sur les nanas.

Elle assortit ses paroles d'un petit clin d'oeil amusé. Le bonhomme n'était pas farouche, elle aurait mit sa main à couper qu'il y avait eu beaucoup de passage dans son lit jusque là et qu'il y en aurait encore beaucoup après. Les hommes à femmes avaient toujours des histoires intéressantes à raconter, et confronter les points de vue donnait toujours un grand intérêt à la conversation. Il avait plutôt intérêt à ne pas faire attention à ce genre de choses, car il ne devait surtout pas attendre de l'indulgence de la part de Messaline sur ce terrain-là; la franchise était une chose qui lui était permise bien trop peu rarement pour qu'elle puisse oser s'en priver. Mais à sa manière, il était particulier, elle devait bien l'avouer, et il faisait partie de ces rares hommes qui n'attiraient pas chez elle la moindre hostilité. C'était peut-être son allure tranquille, cette nonchalance paisible et confiante qu'il avait, et qui l'incitaient à ne pas trop se méfier de lui. Il n'était pas là pour emmerder qui que ce soit, il voulait juste passer un bon moment et ils étaient au moins d'accord sur ce point.

Et puis il y avait cette manière de parler de sa princesse, qui faisait tellement sourire Messaline... Elle avait l'habitude des jérémiades masculines, mais là, ça sonnait juste, sans qu'elle sache trop pourquoi, peut-être parce qu'il était enfin assez ivre pour être sincère et que rien dans ce qu'il disait ou dans sa manière de l'amener ne semblait dépourvu de franchise. Il parlait simplement, sans trop en faire, et Messaline ne savait pas si c'était l'alcool qui obscurcissait son jugement ou son esprit qui avait décidé d'être fleur bleue ce soir, mais il en devenait presque touchant.

Non, vraiment, quelque chose clochait, ce sentimentalisme neuneu ne lui ressemblait pas et elle se garda bien d'en faire part au voodun. De nouveau, elle se contenta de sourire tout doucement, et de l'écouter parler. Bien sûr que ça n'était pas aussi simple, ça ne l'était jamais. Elle ne pouvait que comprendre ses réticences, car si elle avait été dans la même situation, si un ami de toujours lui avait avoué pareils sentiments, elle lui en aurait sans doute voulu de détruire soudain quelque chose d'aussi précieux que cette union fraternelle que ne venaient pas entacher d'obscurs tourments amoureux. Rien ne serait plus pareil, en effet.

Ses yeux se baissèrent doucement, et sans trop savoir pourquoi elle ne lâchait pas sa main, lui répondit après un court silence.

-ça, je peux comprendre. Si t'es certain qu'elle te considère seulement comme un ami, c'est peut-être mieux de rien lui dire, effectivement. Je peux comprendre que tu veuille pas la perdre, mais c'est dommage de se pourrir la vie pour si peu.

Pour elle, ça n'était pas grand chose, car elle arrivait à peine à se rappeler du temps où elle avait pu également savoir ce que c'était que d'être amoureuse, et après tant et tant d'années tout cela était bien trop lointain. C'était un vague souvenir, dilué dans la masse des désirs et des déceptions, des haines et des rares affections. Loin, tellement loin qu'elle ne savait plus ce que c'était, qu'elle ne pouvait pas se rendre compte de ce que lui vivait, lui comme tous les autres.
Une pause, elle aspira une longue bouffée de sa cigarette, et poursuivit d'un même ton pensif.

-T'as quand même du cran, pour tenir le coup comme ça.

Et venant d'elle, ces simples paroles revêtaient une importance que le voodun ne soupçonnait certainement pas. D'ailleurs, à peine eut-elle refermé la bouche qu'elle s'écarta de lui, s'apercevant qu'elle ne l'avait pas lâché, et elle se renfonça confortablement dans son canapé, les bras croisés, portant sa cigarette à ses lèvres.

La tentative qu'il fit pour changer de terrain ne la ravit pas tout à fait, mais elle avait l'habitude de servir aux autres des mensonges choisis avec soin pour leur plaire. Ils ne voulaient jamais savoir la vérité et Messaline ne voulait jamais la dire, sauf cas exceptionnels. Personne ne voulait connaître une histoire triste et banale à pleurer, celle qui était arrivé à tant de filles un peu paumées, celle qui n'était pas assez terrible ni assez belle pour réjouir ou scandaliser.
Et puis, elle ne pouvait pas se livrer aussi facilement que lui, tellement plus méfiante, toujours sur ses gardes, au fond, même quand ça n'avait pas lieu d'être. C'était donner des armes à l'autre, et elle ne pouvait s'y résoudre. Il n'y avait que William pour avoir su passer outre ce qu'elle érigeait pour se protéger des autres et le miracle n'était pas près de se reproduire, si charmant que fut son compagnon du soir.

-Oh, si, bien sûr, répondit-elle avec un petit sourire. Mais je te l'ai dit, j'ai trop sale caractère pour qu'un type me supporte longtemps, et puis j'aime trop voir du pays pour avoir envie de rester dans les bras d'un seul. C'est bien ça le souci, y'en a trop qui me plaisent, impossible de faire un choix!

Elle affecta une mine désolée, à laquelle l'ivresse donnait une exagération presque comique. Elle esquivait manifestement la question, un tour de passe-passe, attirer l'attention ailleurs, présenter une image à l'autre, une image qui n'était pas elle, mais qui n'était là que pour combler les vides et cacher la misère.
ça n'était pas ce soir qu'il la ferait parler, elle était ivre, mais encore sur ses gardes, malgré tout.
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MessageSujet: Re: Une soirée entière pour se faire plaisir...   Dim 2 Déc - 23:22

Il n’y avait pas d’raison d’se prendre la tête. Elle aimait m’taquiner ? Qu’elle s’fasse plaisir, c’était pas l’genre d’choses qui m’turlupinait plus qu’de raison. Au contraire, j’avais surtout tendance à répondre en retour et puis, elle avait raison, nous les mecs, on était parfois des cas, comme certaines gonzesses, c’qu’elle ne semblait clair’ment pas être, d’t’façons, j’s’rais pas encore assis avec elle si c’était l’cas. Avalant mon verre après avoir trinqué avec elle, j’m’enfonçais un peu plus dans le simili canapé avec un large sourire aux lèvres. « Y’en a certaines qui valent l’détour ouais. Mais bon, c’est comme pour tout, t’as des bons et des mauvais coups. » J’me souv’nais d’certaines filles qui étaient clair’ment pas des plus passionnantes. Mais, c’était vraiment comme dans une boîte de chocolats. Des fois, y’avait d’quoi aimer l’emballage mais pas c’qui avait à l’intérieur, d’autres fois c’était l’inverse, et puis des fois c’était tout ou rien. Y’avait de belles donzelles maladroites et d’autres moins belles mais beaucoup plus performantes sur d’autres tableaux bien plus excitants. Sans oublier celles qui finissaient par ne faire que parler parler et encore parler. Des fois ça avait du bon d’pouvoir s’endormir juste après avoir fait l’amour, une tare le plus souvent, mais, quand même, feindre l’envie de dormir, ça pouvait disculper d’discussions métaphysiques particulièr’ment chiantes. « T’façon, j’pense qu’on en aurait pour des heures à parler d’nos cas les plus tordants. Parce que des fois, j’crois qu’y’aurait d’quoi s’pendre, non ? » Au moins ça avait l’mérite d’être clair. Ouais, j’m’étais fait pas mal de nanas, mais c’était certain’ment pas s’genre de choses qui allait la r’froidir, ou alors j’me trompais un peu sur son compte. Enfin, une pute – n’ayons pas peur des mots – qui s’offusquait d’ça, c’était un peu l’hôpital qui s’branlait d’la charité, non ? Alors y’avais rien à craindre d’se côté là.

En tout cas, sa sollicitude pour mon « cas » m’faisait plaisir. J’aurais pas pu dire pourquoi mais quand même. Enfin c’était peut-être l’alcool qui m’montait à la tête. D’habitude j’avais pas d’difficultés à l’tenir mais, y’avais des soirs où c’était différent. « J’en sais trop rien. C’est pas facile d’être sûr, mais, jusqu’à maintenant, elle a pas vraiment montré d’signes comme quoi c’est moi plutôt qu’un autre qu’elle aim’rait voir dans son lit. » C’était p’t’être un peu cru mais j’voyais pas vraiment comment l’tourner autrement. C’qui m’horripilait, c’était c’te façon qu’elle avait d’ram’ner toujours un type différent pour s’envoyer en l’air dans la chambre à côté d’la mienne. Ca la dérangeait pas d’baiser alors qu’j’étais dans l’appart’, sans s’priver d’y aller d’son plaisir son camouflé. Difficile d’dire qu’elle a des sentiments pour moi à m’faire c’coup-là. Enfin bref, c’pas important d’toute façon, c’est pas comme si ça allait s’arrêter c’soir après trois bouteilles de whisky et quelques mots échangés avec une prostituée, si ? En tout cas, une chose était certaine, j’aimais bien cette façon qu’elle avait d’poser sa main sur la mienne, c’tait… agréable. P’t’être qu’elle l’faisait exprès, qu’c’était rien qu’un jeu, mais, là, j’m’en foutais. Puis, finalement, elle la retira et j’me contentais alors d’la chaleur résiduelle, de cette trace de contact, jusqu’à la dernière miette. « Du cran ou d’la bêtise, j’en sais trop rien. J’préfère pas m’poser la question, j’ai un peu peur d’la réponse. » J’esquisse un p’tit sourire, mi-figue mi-raisin, avant d’m’avaler un nouveau verre derrière les fagots. J’suis tellement imbibé qu’j’risquerais peut-être l’auto-inflammation. C’t’idée tell’ment loufoque m’fait rire quelques instants. J’crois qu’j’deviens stupide ce soir, c’est pas une bonne chose, c’s’rait p’t’être temps qu’j’change un peu la discussion, non ?

Parlons un peu d’toi belle inconnue. Tu danses comme une putain d’Déesse, mais j’sais pas grand-chose à ton sujet, alors p’t’être qu’il s’rait temps qu’tu parles un peu d’toi non ? Ou qu’j’essaie d’te faire parler un petit peu au moins. Bien entendu, la réponse est loin d’être à la hauteur d’mes espérances. Bah, j’aurais du m’y attendre. Elle sait y faire hein ? Détourner l’attention, répondre sans répondre. C’est son rôle. Peu importe, j’l’en blâme pas, elle doit pas vraiment avoir envie d’se livrer, d’une manière ou d’une autre. Qu’importe, autant jouer l’jeu, non ? « Jusqu’à maint’nant, j’suis pas certain d’l’avoir vu ton sale caractère qu’tu m’vantes d’puis tout à l’heure. » Une p’tite pause pour prendre un peu plus mes aises autour de la table. « Mais j’te comprends. Pourtant, tu l’as dit toi-même, t’aimerais pas avoir quelqu’un sur qui compter ? Un mec pour t’poser, pas relou, qui accepterait qu’tu t’fasses tous les mecs qui t’plaisent ? » Bon, ok, c’était pas l’genre d’mecs qui devait courir les rues, mais y’a sur’ment d’jà eu des mecs qui en avaient rien à branler qu’ce soit une putain non ? J’arrivais pas à m’faire à l’idée qu’cent pourcent d’la population mâle d’cette terre ait quelque chose à carrer d’ce genre de truc. Enfin, tout était possible hein ? Enfin si c’était l’cas, c’était désolant… Suffisamment en tout cas pour qu’j’m’en r’jette un, d’whisky bien sur. « La vie c’est pas un cadeau… J’crois qu’on est pas aidé toi et moi… M’enfin… Faut faire avec. Pas trop l’choix hein ? » J’remplis nos deux verres un peu maladroitement et lui temps le sien avant de lever l’mien. « A nos vies pourries ! » J’eus un large sourire. « Mais pour rien au monde j’voudrais en vivre une autre. » Puis j’avalais mon verre sans demander mon reste.
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Une soirée entière pour se faire plaisir...

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