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 Quand on passe à table

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Jaana Svanhilde
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MessageSujet: Quand on passe à table   Dim 29 Juil - 15:22

La nuit s’apprêtait à étendre son voile soyeux et sombre sur la grande cité et les bâtiments hauts du centre ville apposaient déjà leur ombre fraiche sur les passant qui s’affairaient à leurs pieds. Businessmen pressés de recouvrer le calme de leurs foyers, adolescents cherchant au contraire à le fuir , des gens comme tous les autres qui se pressaient les uns aux autres sans accorder une once d’attention à ceux qui les entourent. Vivants et morts se côtoyaient dans la plus grande indifférence.

Jaana avançait dans cette masse tiède, entourée par les battements de vie qui aiguisaient son appétit, attirant l’attention par son physique particulier. Cheveux blonds presque blancs et descendant jusqu’au bas de son dos, peau pâle de son vivant que la mort avait comblé d’un éclat surnaturel, vampirique, monstrueux… Elle faisait peur autant qu’elle envoutait, elle était attirée par la vie comme un papillon de nuit par la lumière autant que les vivants désiraient effleurer la morte, attirance morbide. La vampire aurait pu aisément trouver une proie dans cette foule mais ayant rendez-vous chez son cher calice, cela n’était pas nécessaire.

Elle se rendait chez Frédérick en compagnie de sa fille, qui ne la quittait jamais. Il logeait dans un hôtel du centre ville en attendant de trouver un emploi et un appartement et lassé de devoir se rendre chaque nuit dans les bois, il lui avait proposé de le rejoindre chez lui pour se nourrir. L’invitation avait plu à la vampire qui voyait là une bonne initiative venant de celui qu’elle espérait dominer. L’ours s’était montré tenace depuis leur rencontre, luttant chaque fois avant chaque morsure, rechignant parfois même à avouer le plaisir qu’il y trouvait ou son appartenance à la jeune femme. En tant que calice il lui appartenait, il lui devait obéissance et respect. Pourquoi ne se comportait-il donc pas comme les calices de cette femme, Suzanne Beauregard, l’ancienne Ombre des vampires. Ces hommes étaient asservis, donnaient l’impression de pouvoir tout faire pour leur maîtresse et ce même si ça signifiait embrasser la mort et malgré leur soumission ils restaient dangereux et inquiétants… Elle voulait que Frédérick lui soit dévoué, qu’il l’aide à assouvir sa vengeance sans contrepartie car son sort devait lui appartenir. L’Ombre lui avait communiqué de très bonnes informations concernant son créateur et elle n’avait même pas eu à payer la somme exorbitante promise puisqu’elle avait trouvé la mort avant elle. Les choses semblaient pouvoir enfin s’arranger, les crimes du monstre qui avait réduit son existence à néant ne resteraient pas impunis, mais elle avait besoin d’aide, de soutien, d’un bras armé pour l’épauler dans cette croisade. Frédérick devait être cet appui, il en avait la force et le devoir.

Songeuse, Jaana failli louper l’hôtel qu’il lui avait indiqué. Elle pénétra dans le bâtiment et répondit au salut de la jeune femme qui se trouvait à l’accueil. La vampire avait faim et ne prêtait attention à rien si ce n’était le chemin à prendre pour rejoindre la chambre de l’ours. Ses longs jupons ,blancs eux aussi, bruissaient et trainaient derrière elle .Maintenant qu’elle ne risquait plus d’être observée, elle se laissait porter par sa vitesse surnaturelle. Ses pas la menèrent bien vite derrière la porte du métamorphe, à laquelle elle toqua.
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MessageSujet: Re: Quand on passe à table   Dim 29 Juil - 20:45

Frederick était assis sur le lit minable de la chambre minable du motel minable où il habitait depuis maintenant des mois. Des mois, bientôt un ans. Il soupira, regardant ses mains. Des mains grandes, fortes, qui pouvaient si le besoin s'en faisait ressentir devenir des griffes acérées. De quoi éviscérer quelqu'un sans difficulté, voir même de lui faire décoller la tête de ses épaules en un seul coup. Les ours étaient des créatures puissantes, et Frédérick avait leur force en quelque sorte. Et a quoi lui avait elle servie depuis qu'il était ici ? Aider des personnes dont il ignorait presque tout... Servir de réservoir de sang à une vampire qui semblait sortie toute droite d'un conte scandinave.

On l'avait envoyé ici contre son gré, et en un an il n'avait pas réussi à trouver de logement stable, ni de véritable travail. Il se contentait d'enchaîner les jobs minables, un par un. Il avait même finit par se retrouver déguisé en Mickey Mouse une fois. Mais avec sa carrure, il pouvait espérer trouver quelque chose de plus intéressant. Seulement aucune occasion ne s'était présentée. Sa seule activité stable était de servir de nourriture à la vampire, à Jaana. Une de ses premières rencontres, peut être pas la meilleur. Non, sûrement pas la meilleur, mais c'était la seule personne qu'il était sûr de voir chaque jour, la seule personne qui pourrait s'inquiéter si jamais il disparaissait de la circulation.

Aussi morbide et triste que cela puisse lui sembler, la personne dont il était le plus proche était celle qui se nourrissait de lui. Mais hélas, elle ne faisait pas que ça. Chaque rencontre était un combat incessant entre son totem et les charmes de Jaana. Chaque nuit, il devait utiliser toute sa force de volonté pour ne pas succomber à la magie de la vampire, pour ne pas devenir l'esclave parfait qu'elle désirait. S'il y avait bien une chose à laquelle Frédérick ne pouvait pas se résoudre, c'était d'être un esclave. Il était né métamorphe, ours, dans les grands espaces du nord canadien. S'il chérissait la vie, il y avait autre chose qu'il adorait par dessus tout. Sa liberté. Si elle le faisait parfois dormir le ventre vide, ou affronter les éléments, au moins était il certain d'une chose. Jamais personne ne prendrait de décisions à sa place. Tout du moins c'était ce qu'il avait cru, et cela avait été le cas jusqu'à son arrivée à la Nouvelle Orléans.

Son regard se posa alors sur la chaise en bois qui se trouvait dans l'appartement, face à un bureau sobre et vide. Il pourrait en casser un pied. Alors il aurait un pieu, une arme qu'il pourrait enfoncer dans le coeur de Jaana. Il pourrait en finir de leurs échanges sanglants. Pas qu'il n'y éprouve aucun plaisir, loin de là. Mais cette situation commençait à le rendre dingue... Pourtant, il savait qu'il ne le ferait pas. Il n'avait pas envie de la tuer pour d'obscures raisons. Pourtant, il ne pouvait satisfaire de leur relation. Surtout après une saison des amours déplorable, l'ours avait besoin d'autre chose que les orgasmes vampiriques. Il avait besoin de contact, de touché. Frédérick se prit la tête dans les mains.

Cette nuit, elle venait chez lui. Elle allait le mordre, puis repartir, comme à l'accoutumée. A moins qu'elle n'ait finalement besoin de lui pour autre chose. Mais avant tout, la question qui s'imposait dans son esprit, c'était combien de temps encore, allait-il pouvoir rester lui-même. Combien de temps avant qu'il ne finisse par devenir un calice obéissant ? Ou pire, qu'elle le tue. Il l'ignorait. Pour le moment, il fallait avant tout survivre à cette soirée.

Elle toqua à la porte, et il lui ouvrit, l'invitant à entrer. Elle était plus petite que lui, beaucoup moins massive. Il pouvait la battre en combat, peut être. Si elle avait été humaine, il aurait pu la briser si facilement. Seulement ce n'était pas le cas. Elle était très bien capable de le tenir en respect si elle le désirait. Mais Frédérick n'en restait pas moins fort, c'était peut être ça qui faisait qu'il pouvait encore désobéir à ses ordres s'il le désirait. Mais pour combien de temps encore ?
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Jaana Svanhilde
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MessageSujet: Re: Quand on passe à table   Lun 30 Juil - 21:01

La chambre n’avait rien de luxueux et les murs auraient bien eu besoin d’un coup de peinture mais Jaana n’était pas là pour admirer la décoration de l’hôtel ,raison pour laquelle elle ne s’attarda pas trop sur les détails. Tout ce qui comptait pour elle c’était l’homme imposant qui lui avait ouvert la porte, ce colosse empli d’un sang dont elle allait se gorger, son Calice.

Aussi loin que ses souvenirs remontaient, la vampire n’avait jamais eu de calice, une gourde de sang à sa disposition, une personne dévouée à sa survie et à son bien être. Frédérick, même malgré sa lutte perpétuelle contre son autorité et ses charmes, était probablement la personne auprès de laquelle elle avait passé le plus de temps depuis deux cent ans, en dehors de sa fille bien entendu. Une certaine affection s’était développée du côté de la vampire qui appréciait d’avoir quelqu’un à voir chaque soir, cette attention était dotant plus importante que Frédérick était un métamorphe et que par conséquent il possédait un sang plus qu’agréable à boire. C’était autre chose que d’errait sans fin dans les rues de cette ville à la recherche du Monstre ou d’un vivant à croquer.

« Bonsoir calice, nous sommes heureuses de te voir. »

Jaana aimait à lui rappeler son rang et espérait qu’il finirait par comprendre que ce n’était pas à lui de la dresser et de la faire obéir mais bien l’inverse. Le voir résister à ce point alors qu’elle ne lui demandait en somme rien d’extraordinaire la peinait quelque peu , même sa fille ne parvenait alors pas à la rassurer.
La vampire fit quelques pas dans la pièce, observant alors le mobilier simple qui l’entourait : un lit, une table, une chaise et une lampe de chevet. La porte qu’elle apercevait donnait probablement sur une salle de bain dans le même état qu’elle oserait peut être lui emprunter lorsqu’elle serait rassasiée.

« Comment vas-tu ce soir ? As-tu déjà mangé ? »

Chaque soir les mêmes questions, le même geste de la main contre la joue chaude du métamorphe. Jaana prenait des nouvelles, s’informait sur la santé de son repas. Hippocrate ne disait-il pas « Nous sommes ce que nous mangeons » ? Dans le cas présent c’était exactement cela, Jaana vivait grâce au sang de Frédérick, grâce à sa vie, élément si précieux mais que l’on pouvait perdre si facilement…

Jaana déambulait dans la chambre dans un froufroutement constant, était-il préférable de s’installer sur le lit au risque d’en souiller les draps ou bien la chaise leur offrirait-elle un meilleur confort ? Elle opta finalement pour le lit qui grinça lorsqu’elle s’y installa, elle s’en amusa quelques secondes le faisant grincer intentionnellement en rebondissant sur le matelas.

« Vient… Installons nous là, si tu le veux bien. »

Elle parlait d’un ton doux et donnait l’impression de lui laisser le choix, mais il n’en était rien. Ce choix, il l’avait perdu en acceptant de devenir son calice. Jaana l’attendait, à genoux pour être à bonne hauteur lorsque l’ours s’assiérait, le sourire aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Quand on passe à table   Sam 4 Aoû - 18:20

Frédérick observa tranquillement Jaana lorsqu'elle pénétra dans son appartement. Il aurait du dire quelque chose sûrement. Mais bizarrement il n'en avait pas envie. Il se contentait de la regarder, encore perdu dans ses pensées. Il aurait aimé agir, faire quelque chose, ne plus laisser ce doute mordant entre les deux. Mais encore une fois, une simple phrase de Jaana venait de le ramener sur terre.

"Nous sommes..."

Oh, il aurait pu croire un instant qu'elle parlait de soit à la quatrième personne. Mais non, c'était tout autre. Jaana était convaincue que sa fille l'accompagnait, alors qu'il n'y avait que néant à ses côtés. C'était là la pierre angulaire du malaise qui régnait entre le calice et sa maîtresse. Peut être qu'avec du temps, avec une pointe d'affection, Frédérick aurait pu se montrer plus servile. Oui, cela aurait pu être fort possible, car même s'il détestait se l'avouer, il savait que de nombreux ours s'étaient fait domestiquer au court de l'histoire. Qu'on les avait ridiculiser même. Seulement, se laisser dominer par quelqu'un était une chose, mais par quelqu'un qui en plus n'avait pas toute sa tête... Jaana était folle, il en était convaincu.

Bien sûr il avait cherché... Peut être que sa fille invisible était un fantôme. Seulement, ses recherches lui avaient appris que seuls les vaudouns pouvaient voir ce genre d'être, et que bien que morts, les vampires n'étaient pas vraiment en phase avec ce qu'on pouvait appeler des esprits. Alors il était clair et net que Jaana avait un grain. Il avait hésité plusieurs fois à la confronter à la chose, à la non existence de sa fille. Seulement... Seulement cela ne serait pas vraiment facile, et il craignait la réaction potentielle de la vampire. Là tout de suite, il avait ses chances. Mais après qu'elle se fut nourrie de lui, tout serait plus compliqué. Et encore, plus il attendait plus ses chances de se libérer de l'emprise de la vampire s'amenuisaient. Sa meilleur chance, il l'avait gâchée en acceptant de devenir son calice, sans trop savoir dans quoi il s'aventurait.


- J'ai mangé. Merci.

Oui, pour manger il avait mangé ! Comme à son habitude Frédérick avait englouti une quantité astronomique de nourriture avant son petit drain de sang quotidien. Mieux valait qu'il évite de tomber dans les pommes, surtout si Jaana décidait de péter un plomb et de le vider complètement de son sang. Il savait ce qu'était la furie sanguinaire, il était en partie animal, mais il craignait ce qu'elle pouvait se révéler être chez une créature comme sa maîtresse.

Et pourtant... Qui aurait cru que la femme en train de faire grincer son lit était une potentielle psychopathe ? Frédérick cherchait toujours à se convaincre que Jaana avait un bon fond, et que ce n'était pas sa faute si elle était ce qu'elle était. Seulement, il ignorait trop de choses sur le passé de la vampire pour avoir une idée précise de ce qu'elle avait traversée. La seule chose à laquelle il pouvait se raccrocher était l'idée qu'on ne l'aurait pas fait devenir vampire si elle s'était révélée folle déjà humaine. Ou alors il fallait être soi-même sacrément déranger pour donner un tel pouvoir à une telle personne. Enfin, avec les vampires, on ne savait jamais.

Frédérick, plus docile qu'il ne l'aurait été, se déplaça jusqu'au lit, et s'assit à droite de Jaana. Le lit s'affaissa un peu plus sous le poids du métamorphe. Allait il casser ? Mieux valait pas. Frédérick avait déjà du mal à joindre les deux bouts, si en plus il devait rembourser le lit de la chambre, et dormir par terre pendant qu'il économisait en plus... Mieux valait ne pas risquer de briser le mobilier.

La tension du métamorphe était visible. Ses muscles étaient crispés, et il semblait en état d'alerte, comme s'il allait se faire attaquer. C'était toujours le cas avant qu'elle le morde. Une sorte de réflexe instinctif. Les ours n'étaient pas faits pour offrir leur gorge à n'importe quel animal. Il n'était pas un loup, ou un chien. Il était un animal fier et solitaire, qui avait d'autant plus de mal à se faire à l'idée qu'il servait de casse-croûte quotidien à une autre créature. Mais il savait qu'il se détendrait une fois que les crocs de la vampire seraient au contact de sa chair. Ce serait même plus que de la détente, même si une étreinte plus charnel pouvait toujours manquer.


- Allons y donc... Pendant combien de temps comptez-vous continuer à vous nourrir de moi ?
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Jaana Svanhilde
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MessageSujet: Re: Quand on passe à table   Dim 5 Aoû - 19:13

La calice parlait d’un ton détaché, comme s’il semblait blasé et que rien n’avait plus d’importance. Jaana avait apprit à observer l’état d’esprit de son calice car leurs affrontements étaient par trop souvent partis de la mauvaise humeur de l’un ou de l’autre. Elle fronça les sourcils et l’observa un instant d’un air boudeur. Il lui faudrait éclaircir tout cela, une bonne maîtresse se devait de veiller au moral d’un calice. Surtout quand la friandise n’était pas entièrement soumise. Se disant qu’ils auraient bien assez de temps d’approfondir la chose une fois qu’elle se serait nourrie, elle ne releva pas et observa le métamorphe qui se dirigeait vers elle.

Il était géant, une montagne de muscles et de rage contenue, un animal en cage qui ferait bien trop de dégâts si d’aventure le gardien commettait l’erreur de mal refermer sa cellule. Il vint s’asseoir aux côtés de sa maîtresse qui se pencha vers lui alors que le matelas s’affaissait et grinçait. Comme à son habitude l’ours était tendu et mal à l’aise avec la vampire. Il n’avait jamais totalement accepté cette pratique bien qu’une fois les crocs de la belle plantés dans son cou les muscles se détendaient et son rythme cardiaque s’accélérait sous l’effet du plaisir. Alors qu’il l’invitait à mordre, il prononça des paroles qui témoignaient de sa lassitude.

-Mais enfin…pourquoi veux-tu que je te laisse ? Tu es mon calice, ma coupe de sang, je ne peux pas t’abandonner. Allons, tient toi tranquille. Nous parlerons de tout cela plus tard.

La chasse du vampire était plus subtile, plus envoutante que celle de la plupart des prédateurs, il s’agissait alors de séduire et de traquer avec élégance, de charmer les sens et d’endormir les craintes. La vie attire la mort comme elle-même est attirée par sa sœur. Le couple du vampire avec son calice représente l’harmonie, l’un ne pourrait exister sans l’autre. La jeune femme se transforma en prédatrice, se fit plus douce et séductrice pour endormir la vigilance de l’ours, qu’il résiste et la morsure lui serait douloureuse. Il refusait de se laisser charmer comme elle l’avait fait la première fois qu’elle l’avait mordu.

Elle approcha son visage du cou de Frédérick et huma un instant son odeur, prit le temps de sentir la peau, de poser ses lèvres et d’apprécier la pulsation régulière qui en agitait sa surface. Gourmande, la vampire tardait à planter ses canines afin de faire durer le plaisir, qu’il ne s’attende pas lui-même à la morsure et se contente d’endurer ces effleurements. En ces instants, Jaana oubliait presque sa vengeance pour se tourner toute entière vers le plaisir que lui procurait le sang de Frédérick, le sang du métamorphe était un délice, une gourmandise.

Sans crier gare, les crocs qui parcouraient son cou s’enfoncèrent, lentement, et percèrent la fine paroi de la carotide libérant ainsi le liquide vermeil de sa prison de chair. Sa bouche se pressa aux plaies au moment où les canines se retiraient, les lèvres prêtes à recueillir la liqueur de vie ne laissaient aucune goute s’échapper. Elle suçotait encore et toujours les petites perforations, se gorgeait , buvait la vie de Frédérick, la laissait la remplir et redonner quelques couleurs à son visage, illusion d’un corps vivant. Elle était un réceptacle, le métamorphe se coulait en elle en lui prêtant un peu de son être.

Les morsures avaient quelque chose de surréaliste et avaient un effet tout particulier sur la jeune femme. Là elle se laissait porter par les battements du cœur de son calice, avait l’illusion de redevenir vivante, elle se nourrissait de vie. Les tensions quittaient son visage alors qu’elle léchait les petits orifices laissés par ses dents, les yeux clos elle savourait ,durant un temps qui lui semblait bien trop bref.

Elle fut contrainte de s’arrêter, son métamorphe s’affaiblissait et elle aurait encore besoin de lui dans les jours à venir. Ses lèvres barbouillées de cet élixir si délectable s’entrouvraient et une langue dardait encore pour recueillir les dernières gouttes et nettoyer la peau de l’ours. Elle resta contre lui encore quelques secondes après avoir cessé de le boire, le visage toujours pressé contre son cou. Les sens un peu engourdis par une langueur bienvenue, elle se léchait les lèvres et souriait, réellement apaisée.

Il fallait à présent reprendre ses distances, recommencer à lutter contre lui et contre le monde entier. Elle se rassit un peu plus loin sur le lit, brisant le contact physique entre elle et le métamorphe et observa le sol de la pièce. Pourquoi le visage de Frédérick était-il constamment renfrogné ? Il n’exprimait rien sinon cette mine lugubre. Elle ne le connaissait pour ainsi dire pas du tout, ils se contentaient généralement d’accomplir leur étrange échange et chacun s’en retournait à ses peines quotidiennes. Cette nuit là, Jaana se sentait d’humeur inquisitrice et elle voulait percer le mystère qui entourait le métamorphe.

-Pourquoi tiens-tu tant que ça à nous quitter ? Cet échange par lequel tu me nourris t’est-il si désagréable ?

Ces interrogations semblaient déplacé après cet échange, le retour sur terre était trop brutal et pourtant de tous les questionnements que le plantigrade soulevait , c’était par celui là qu’elle avait décidé de commencer. Cette fois il n’aurait pas l’excuse de devoir rentrer pour s’esquiver pas plus qu’elle ne pourrait se soustraire à cause du lever du soleil.
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MessageSujet: Re: Quand on passe à table   Lun 13 Aoû - 16:31

Jaana écarta la phrase de Frédérick, elle devait être concentrée sur son repas à venir, sur le sang qui coulait dans ses veines, et qu'elle en tarderait pas à boire à longue gorgée. Le méta ne redoutait pas vraiment ce moment, il savait qu'il y prendrait un plaisir certain. Si les établissements du don du sang pouvaient enduire leurs aiguilles de salive de vampire, ils auraient sûrement beaucoup plus de volontaires, et beaucoup moins de problèmes de stock. Frédérick savait parfaitement que le plaisir le submergerait dès qu'elle plongerait ses crocs dans sa chair. Un plaisir proche de l'ultimatum charnel qu'il aurait pu connaître avec une femme à la saison des amours, mais tout de même différent.

Seulement, l'esprit du métamorphe n'était pas qu'obnubilé par la sensation en devenir. Non, il voulait savoir ce qu'il allait faire de sa vie, où cette relation aller le mener. Il aurait aimer attraper Jaana entre ses mains, la secouer, la forcer à parler. Mais il savait déjà qu'il avait de nouveau semé la graine de la révolte. Jaana savait qu'il n'était pas un calice serviable. Et sa phrase ne faisait une nouvelle fois que de le confirmer. Frédérick n'arrivait tout simplement pas à se faire à l'idée de servir de casse-croûte à la vampire jusqu'au restant de ses jours. Et cela pouvait durer sacrément longtemps chez un métamorphe.

Le souffle de la vampire contre sa peau lui arracha un frisson, évoquant d'autres passions auxquelles il n'avait pas pu se livrer cette année. L'ours en lui hurlait, il voulait ce plaisir, mais pas de cette manière. Seulement, l'humain n'avait d'autre choix que de le retenir, et la fait que la saison des amours soit passée aidait fortement. Sinon, il aurait pu ne pas se retenir et tenter de violer la vampire. Là, cela aurait été une situation des plus délicates, et il n'aurait sûrement pas resté grand chose de la chambre.

Les crocs pénétrèrent sa chair, et tout à coup le plaisir se diffusa dans ses chairs, dans son sang, comme des milliers de bulles de champagnes. Il lâcha un grognement de contentement, s'abandonnant à l'étreinte sanglante, les yeux à demi clos. Oui, il prenait un plaisir certain à ces morsures. Il aimait sentir les crocs dans sa chair, le corps de Jaana proche du sien. Il aurait aimé avoir plus, il aurait toujours aimé avoir plus... Mais pour le moment, il s'abandonnait à l'étreinte morbide. Il oubliait tous ses problèmes, sa servitude qui s'approchait, ses petits soucis de finance, l'endroit miteux où il vivait. Il n'y avait plus que ces déferlantes de plaisir au fur et à mesure que son sang s'échappait de ses plaies pour venir s'écouler dans la bouche de Jaana.

Il sentait ses forces diminuer, au fur et à mesure que la vie s'échappait vers les crocs de la vampire. Il aurait presque pu fermer les yeux, et se laisser bercer jusque dans la mort. Seulement, l'ours lui, n'était pas d'accord. Jaana s'arrêta au bon moment... Quelques minutes de plus, et l'instinct de survie aurait été trop fort, l'ours aurait pris les commandes, et même blessé, il n'aurait pas hésité à se jeter sur la vampire. Le plaisir était terminé, et la lutte incessante entre les deux esprits pouvait à nouveau commencer...

Frédérick resta tout de même silencieux un petit moment. Le temps pour lui de calmer son totem, qui s'agitait quelque peu. Il était affaiblit, en présence d'un autre prédateur, et cela ne lui plaisait pas. Pour la énième fois, l'humain du calmer sa bête intérieure, lui faire comprendre que Jaana n'était pas son ennemie. C'était le cas, tout du moins autant que cela pouvait l'être sachant qu'elle se nourrissait de lui.


- L'échange n'est pas désagréable, non. Loin de là, et vous le savez très bien. Seulement, vous savez aussi très bien ce que je suis non ? Un métamorphe, et pas du genre qu'on caresse. Je ne suis pas un animal de compagnie, et une part de moi aspire avant tout à la liberté. Notre relation m'enchaîne à vos côtés. Une part de moi ne peut se résoudre à cela.

Les ours étaient assez territoriaux, et le totem de Frédérick appréciait d'une certaine manière la Nouvelle Orléans, la considérant comme son territoire. Et le métamorphe tout entier avait aspiré à trouver des attaches dans la ville. Seulement, la morale de Frédérick, la façon dont il avait été élevé, tout cela commençait à aller à l'encontre de sa situation actuelle. Il n'avait plus besoin de vivre en ours, d'arpenter de grandes étendues, et les deux parts de son être trouvaient leurs comptes dans la ville. Seulement, les deux parts de son être se méfiaient de sa relation avec Jaana. Mais pour différentes raisons.

- L'ours n'aime pas être de la nourriture, il est habitué à être au sommet de la chaîne alimentaire. Quand à l'homme... Ce genre de relation pourrait paraître humiliant. Qu'est-ce que ça fait de moi finalement ? Une sorte de gigolo sanglant que vous venez voir pour vous rassasier ?

La rage commençait à pulser au fur et à mesure que Frédérick mettait des mots sur son malaise entre la vampire et lui. Oui, il n'aimait pas être à la merci de quelqu'un, avoir l'impression d'être le dominé dans cette relation. Et ce qui sourdait sous ses pensées était le plus gênant. Jaana était folle. Il aurait aimé le lui dire, la confronter à la non existence de sa fille. Mais seulement, c'était stupide. Surtout maintenant qu'elle était rassasiée, et que lui était affaibli.

- Et puis, pourquoi avez-vous besoin de mon sang ? Qu'est-ce qui vous motive hein ? Qu'est-ce que vous faites de vos nuits une fois rassasiée ?
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Jaana Svanhilde
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MessageSujet: Re: Quand on passe à table   Sam 25 Aoû - 14:34

Encore portée par le goût enivrant du sang de Frédérick, la jeune femme s’allongea sur le matelas et contempla le plafond, les joues rosies par la vie qu’elle lui avait dérobée. Elle ferma les yeux, un sourire au bord des lèvres, et écouta son explication. Son malaise était dût à son animal, à l’ours qui n’aspirait qu’à la domination et la liberté. De part les créatures qui lui avait été donné de croiser sur son chemin durant sa non-vie, Jaana savait que ces animaux là ne ressemblaient que peu aux tendres peluches que l’on offrait parfois aux enfants, elle avait par ailleurs déjà eu à faire avec la forme animale du métamorphe. Il était puissant, beau et dangereux et c’est ce qui l’avait séduite, ce qui l’avait poussée à se sociabiliser un minimum, ce qui avait encouragé sa volonté de le capturer en quelque sorte.

- Je comprends ta souffrance et ton besoin de liberté, car ce sont ces sentiments qui m’habitent depuis bien longtemps. Mais tu es fort, tu dois accepter cela. Je ne peux pas me séparer de toi pour le moment et te rendre ce qui t’appartenait. Tu es mon Calice.

Elle répétait souvent ce mot, « Calice », comme s’il suffisait à lui seul à justifier tout ce qu’ils faisaient et tout ce qu’elle attendait de lui. Le métamorphe ne semblait pas comprendre le sens de ce mot et ce qu’il impliquait… Elle soupira, non pas qu’elle en eut le besoin mais plutôt par une certaine habitude qui ne quittait jamais vraiment ceux de son espèce.

- Tu n’es pas un …gigolo sanglant. Tu es mon Calice un peu comme un..

Elle allait dire domestique mais cela n’aurait pas convenu au métamorphe et ne reflétait de toute manière pas assez l’aspect affectif que revêtait la chose. Jaana ne trouvait pas de mot correct pour définir cette relation particulière, peut-être parce qu’elle ne maîtrisait pas parfaitement les méandres de cette langue ou peut-être simplement parce qu’il n’en existait aucun.

- Je ne trouve pas de mot. Un peu comme un amant mais au sens sanguin plus que charnel surement.

Elle s’était redressée sur un coude, mouvement assez douloureux lorsque l’on porte un corset, lorsqu’il était apparut que le métamorphe s’énervait. Il devait se sentir enfermé ou menotté dans une prison invisible, rien de physique l’empêchait de partir et pourtant… La jeune femme sentait la colère envahir le corps de l’homme, bouillonner sourdement, battre suavement au rythme de son cœur. Elle voulait le toucher, essayer de lui faire comprendre que tout ceci était nécessaire mais ce fut sa fille qui enlaça doucement l’ours, pour le calmer et le réconforter.

Frédérick finit par lui renvoyer l’appareil, l’interrogeant également sur sa vie et ce qui pouvait justifier son comportement. En temps normal, Jaana aurait eut tôt fait de le remettre à sa place et d’ignorer ses interrogations mais ce soir il fallait apporter des réponses car c’étaient tous ces non-dits qui freinaient peut être le métamorphe dans son acceptation. Elle passa rapidement sa langue sur les lèvres qui avaient encore le goût du sang et réfléchit à ce qu’elle pouvait se permettre de lui dire.

- J’ai besoin de ton sang pour survivre, le soir où tu es devenu mon Calice tu t’es engagé à me nourrir chaque nuit. Je n’ai plus à chasser ni à effrayer les innocents auxquels je vole un peu de leur vie. Je sais que les tiens détestent ce que je suis, que toi-même tu me hais peut être, mais sache que je n’y suis pour rien. Je n’ai jamais souhaité mourir pour renaître sous cette forme diabolique.

Elle se laissa emporter par l’émotion parce que ce discours lui tenait à cœur et qu’il concernait une douleur profonde avec laquelle elle avait dû composer pendant des années, elle lui parla et cela lui fit du bien.

- Mais à l’époque je ne pouvais me résoudre à disparaître tout simplement malgré le dégout que m’inspirait cette nouvelle forme de survie. J’avais quelque chose à accomplir et tant que cette mission que je m’étais fixée n’était pas remplie, je ne pouvais pas mourir. Voilà la seule chose qui me motive. Je passe mes nuits à chasser celui qui m’a transformée.

Ces mots, ces vérités. C’était si dur à prononcer et cela faisait si mal de se remémorer une fois encore les scènes de désolation qui avaient marqué la fin de sa vie mais pourtant elle ne s’était pas arrêtée. Son visage affichait à présent un masque de douleur, les traits tirés elle détournait son visage et fixait le sol de la chambre d’hôtel.

- Ma vie était parfaite avant que je ne décède, tu sais ? J’étais vraiment heureuse.

Sa mémoire était toujours intacte, elle se souvenait à la perfection de cette nuit sanglante, au sang si rouge malgré un lieu aux couleurs ternies par l’obscurité, au clapotis d’une goutte rejoignant la flaque qui s’est formée au pied du corps sans vie de son époux… La douleur, un battement de cœur, un corps entre ses mains, un corps si petit et frêle sur lequel elle ne parvient pas à mettre un visage. Les années ont passé, l’ont endurcie mais au fond d’elle Jaana est restée la jeune femme d’autrefois. Elle en aurait pleuré si elle l’avait pu.
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MessageSujet: Re: Quand on passe à table   Sam 15 Déc - 20:36

Frédérick s'était laissé vider de son sang, et cela l'affaiblissait, il le savait. Il y ressentait un certain plaisir dans ces échanges, même plutôt un plaisir certain à vraie dire. Mais il ne pouvait s'empêcher de se poser des questions, alors même qu'il s'était plutôt considéré comme un homme d'action plutôt qu'un penser. Seulement, avec ces échanges sanguins, ou plutôt son don d'hémoglobine, il avait la sinistre impression... D'être un vulgaire animal de laboratoire. Pas que Jaana fasse des expériences sur lui, mais il avait lu un truc dans un journal. A propos de singes, qui lorsqu'ils appuyaient sur un bouton, recevaient des endorphines, un truc qui déclenchait du plaisir pour ce qu'il avait compris. Et ces animaux se laissaient mourir de faim en se contentant d'appuyer sur le bouton.

Quelle était la différence entre lui et ces animaux ? Après tout, il laissait une vampire lui aspirer sa force vitale juste pour quelques minutes de pur plaisir. Mais il en payait le coût. Il était fatigué, et dans son boulot, cela pouvait se révéler... Dangereux. Un videur qui tenait pas debout risquait de se faire démonter facilement, trop facilement. Frédérick se leva, laissant Jaana sur le lit. Il s'approcha du frigo et l'ouvrir, observant le contenue de la machine. Il avait besoin de refaire ses forces, et son ours ne connaissait qu'une seule bonne façon de le faire : boire et manger. Il sortit des saucisses de la machin, et attrapa une bière au passage. Il se sentait un peu plus décontracté, sûrement du fait de la charge de plaisir qu'il venait de recevoir en nourrissant Jaana.

Feu allumé, viande sur la poêle. Il ouvrit sa bière, et s'appuya contre le mur opposé au lit, observant la vampire. Il la dévorait du regard plutôt, tout en se disant que c'était mal. Jaana avait due être transformée avant même d'être majeure. Elle devait avoir quoi, dix-huit, dix-sept ans ? Physiquement, Frédérick était beaucoup plus vieux, et pourtant, il ne pouvait s'empêcher de désirer la jeune femme.

- Un amant sanglant... Seulement, je ne suis pas sûr de pouvoir me contenter de ça. En fait, je crois que je préférerais clairement l'autre situation, celle d'un amant charnel.

Oui, il désirait la jeune femme qui se trouvait dans on lit en ce moment même, et qui regardait le plafond. C'était purement instinctif. Après tout, il était un animal, tout du moins plus que la majorité des hommes. Il avait des besoins à assouvir, aussi bas que cela puisse paraître. Et ces besoins, ils ne les avaient pas assouvis depuis un moment déjà. La saison des amours précédentes avaient été encore pire que celle d'avant. Et il y avait cette femme, belle, qui venait se coller contre lui chaque soir. Il trouvait du plaisir dans ses baisers ensanglantés, mais cela ne remplaçait pas la chaleur d'un corps, c'était une sorte d'ersatz de relation qu'ils avaient tous les deux. Les animaux n'étaient pas vraiment connus pour savoir se satisfaire de substituts. Tout du moins, pas ceux avec son caractère.

- Je me suis engagé à vous nourrir. J'en suis bien conscient. Je m'en rappelle parfaitement. Mais le fait que vous m'ayez hypnotisé à ce moment là ne dois pas vous être étranger non plus. J'ignore comment marche vos yeux magiques, mais je sais que je ne devais pas être dans mon état normal.

En effet, cette soirée avait été mémorable. Pas forcément la plus étrange de son existence, mais elle était dans le haut du classement. Se faire charmer par une vampiresse après s'être retrouvé habillé en rose, c'était bizarre. Mais la véritable question qui taraudait Frédérick, c'était de savoir s'il ne le referait pas encore. Il était indécis, frustré et grognon, mais peut être que finalement, il devait apprendre à se contenter de ce qu'il avait. Sa relation avec Jaana pouvait l'empêcher d'en avoir avec d'autres femmes métamorphes, mais pouvait il seulement trouver une compagne ? Ses précédentes aventures ne s'étaient pas bien finies, surtout pour les autres hommes qui s'étaient approchés de sa copine. Un problème qu'il n'avait pas vraiment avec Jaana.

La conversation passa à un sujet beaucoup plus intéressant, et surprenant. Pour la première fois, Jaana évoquait son passé. Et ce n'était pas pour parler de sa fille invisible, symptôme le plus effrayant de sa folie. Oui, le petit grain de sable qui empêchait les rouages du cerveau de la vampire de tourner correctement était à prendre en compte. Frédérick devait se méfier d'elle, malgré le tourbillon d'émotions contradictoires qu'il ressentait. Peut être finalement, que ce n'était pas l'ours qui le gênait d'ailleurs. Et si sa part humaine était tout simplement pommée ?

- Parfaite... Si vous le dites. Mais qu'est-ce que vous cherchez désormais ? Vous êtes immortelle, mais vous n'aimez pas ce fait. Vous voulez quoi ? Tuer celui qui vous a transformée ? Car bon, je sais pas depuis combien de temps vous êtes morte, mais depuis le temps vous auriez pu vous bouger un peu non ?

Frédérick but une gorgée de bière. Son regard toujours fixé sur Jaana. Il parlait avec plus d'aisance que d'habitude, difficile de savoir comment la vampire allait réagir. Avec de la chance, tant qu'il ne mettrait pas en question l'existence de sa gosse, il pourrait avoir une conversation classique avec elle.

- Vous avez peut être besoin d'aide pour le tuer sinon ? Pourtant vous m'avez pas vraiment l'air faiblarde. Enfin, pour une morte quoi.
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Jaana Svanhilde
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Age apparent: 16 ans
Dangerosité:
25/30  (25/30)

MessageSujet: Re: Quand on passe à table   Ven 18 Jan - 18:21

Jaana se laissa partir dans le méandre de ses souvenirs, les derniers de sa vie et les premiers de sa mort factice. Mais une odeur de nourriture humaine emplit rapidement la chambre d’hôtel d’un fumet puissant. Cette alimentation n’apportait plus rien de bon à la jeune femme, cependant certains mets parvenaient malgré tout à l’écœurer, surtout après qu’elle se soit nourrie. Un peu comme si l’on vous obligeait à engloutir un copieux repas quelques minutes seulement après que vous vous soyez éclaté la panse. Observant toujours le plafond de la chambre, Jaana écoutait son calice se servir à boire et à manger tout en lui exprimant le fond de sa pensée. Les propos qu’il tint la surprirent et firent monter à ses joues le sang dont elle venait de se remplir. Elle se redressa, un air plus que surprit sur le visage. Les mots que Frédérick venait de prononcer la bouleversaient réellement bien qu’ils soient inconvenants.

-Frédérick… Ce n’est pas… C’est impossible.

Elle n’aurait pas dû se montrer si choquée, ce n’était pas la première fois qu’on lui faisait des avances. Mais pour une raison inconnue, elle n’avait jusqu’à présent pas imaginé son calice lui en faire. Il était un homme certes mais il semblait haïr à ce point la captivité relative dans laquelle elle l’avait mis que s’en était presque impensable. Essayait-il simplement de la faire culpabiliser, de la mettre suffisamment mal à l’aise pour qu’elle veuille le libérer ?

Elle n’ignorait pas qu’elle lui avait un peu forcé la main en usant de son charme vampirique, mais elle préférait le nier devant Frédérick par simple commodité, pour éviter les ennuis et aussi parce que ça l’amusait un peu de le voir enrager sur ce sujet. Jaana savait bien que dans tous les cas elle ne pourrait pas se permettre de le laisser partir, il était son calice à présent et il lui appartenait pour le restant de ses jours. La chasse n’avait jamais été son fort, pas plus que la maîtrise de soi qu’on ne lui avait jamais enseignait. Bon nombre des vampires qu’elle avait croisé depuis sa mort avaient reçu un enseignement de leur créateur, une infime aide, un indice sur la conduite à suivre. Le sien l’avait simplement abandonnée après s’être gaussé d’ avoir exterminé toute sa maisonnée.

- Je cherche simplement à me venger, à lui faire payer au centuple tout ce qu’il a osé m’infliger par le passé. Le tuer simplement ne suffira jamais à le punir. Après… je ne sais pas encore.

En réalité elle avait bien une idée, elle aurait souhaité rentrer au pays et rejoindre les siens…

- Et puis qu’est-ce que tu crois ?! Ca fait plus de deux cents ans que je le traque et qu’il se joue de nous… Tu n’imagines pas le nombre de fois qu’il m’a fait parcourir la planète dans un sens ou dans l’autre, ni le nombre de fausses joies qu’il m’a laissé avoir. Sais-tu seulement ce que cela fait d’avoir tout perdu à cause d’un monstre en manque d’amusement ?

Frédérick venait de toucher une corde sensible en sous estimant les efforts de Jaana. Après avoir essuyé tant d’échecs, c’était un sujet douloureux pour elle. Dans son élan, la vampire s’était relevée et foudroyait le métamorphe du regard bien qu’il la dominait toujours de plusieurs têtes.

-Il n’est pas le genre de personne que l’on peut tuer si facilement. J’ai beau ne pas être faiblarde comme tu dis, lui-même est loin d’être chétif. Et le plus difficile est de le localiser, de l’approcher et de passer ses gardes… Nous sommes passées à un cheveux d’y parvenir il y a quelques dizaines d’années et je sens que notre prochaine entrevue sera la bonne.

Elle croisa les bras et fixa Frédérick en souriant.

- Cette fois, nous avons un calice qui est loin d’être faible pour couronner le tout.
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Quand on passe à table

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