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 Assemblage de psychopompes

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MessageSujet: Assemblage de psychopompes   Dim 4 Mar - 1:11

Allôôôôôô
Elle a l'air encore moins fraîche que d'habitude. Ses yeux troubles semblent voir par intermittence, tandis que sa main divague, hasardeuse ; ses jambes finissent par la porter jusqu'à un poteau de bois contre lequel elle se laisse tomber.

Ils sont là tous c'est
La Baronne aussi oui Ibrahim est avec Karikoga quelque part oui

Ah, la tête, la tête. La nuit tombe comme une chape de pensées incohérentes
Ça parle beaucoup, ça s'agite autour de la manbo décrépite. Il y en a bien un ou deux pour venir lui parler, mais ils lâchent l'affaire au bout de quelques mots. Mada raconte n'importe quoi. Pire que d'habitude.

Le feu dresse vaillamment vers le ciel ses invectives silencieuses et s'agitent, autour, sorciers et sorcières. Ils causent de la révélation, sûrement. Elle ne les entend pas mais devine au brouhaha inquiet que c'est un sujet sérieux. Les histoires tournent, ils auraient brûlé des zombies la semaine dernière, tu te rends compte, brûlés, tués, morts, assassinés.
Elle est tellement à l'ouest qu'elle n'arrive pas à s'inquiéter pour son fils.

Ah, allez. On va tous faire la fête et ça ira mieux. Boire un coup ha ha

Un petit jeune qui s'approche. Tiens j'le connais celui-là. Je crois.

- Allez tata, concentre-toi, ça va commencer.

Ah oui, en tous cas lui il me connaît. Il reste là assis à côté. Brave petit.
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MessageSujet: Re: Assemblage de psychopompes   Lun 26 Mar - 16:30

[Bon vu que personne ne se lance … :p]

C’était pas prévu, mais bon, de toute façon, je n’ai pas trop l’choix. Et puis c’est pas comme si ça m’intéresse pas, bien au contraire. J’aime bien ce genre de soirée, ça m’rappelle que c’est vachement bien d’être un Vaudoun et qu’on a une communauté bien soudée et qu’on est pas que des p’tits magiciens de pacotilles qui maudissons dans notre coin. Bien sur on s’connaît pas tous par notre prénom et certains ne me connaissent surement que de loin mais on s’en fiche, on s’tape sur l’épaule, on s’parle comme si on était amis depuis toujours et ça, en un sens, ça n’a pas de prix. Ce soir, j’assiste la Baronne, les gens m’connaissent pour ça de toute façon, même si généralement ils parlent pas beaucoup de ce fait. Après tout, d’aussi loin qu’ils se souviennent, on a toujours été fourrés ensembles, de très bons amis – à mon grand dam’ – et la voir en public sans me voir est très rare, alors j’pense qu’ils se sont fait à l’idée. D’t’façon, si ça leur plait pas, c’est du pareil au même. J’me demande combien se pose la question d’savoir si « j’me la fait » ou pas. Les idiots… Enfin j’avoue qu’j’aimerais bien être plus qu’un ami pour elle, même si, apparemment, elle voit pas qu’j’attends plus d’elle. J’pense qu’j’dois mal me démerder. Enfin d’t’façon, c’est pas comme si j’avais le choix, mieux vaut pas y penser, surtout pas c’soir, on a autre chose à faire, surtout moi, qu’de me lamenter sur mon sort. La Princesse va avoir besoin d’tout le monde, surtout d’moi et j’compte pas la lâcher. Ouais j’suis trop gentil, c’comme ça. Mais bon, j’tiens à elle, s’tout, l’amour rend complètement taré et j’crois qu’j’en suis l’exemple parfait…

Le feu brule bien, fort. Il illumine les visages, nous sommes nombreux. C’est bien. J’suis à côté d’la Baronne, j’porte qu’un boxer ce soir mais j’pense que personne n’le remarquerait. D’toute façon c’est pas un Vaudoun qu’ça va choquer mais même un Norme ne s’rendrait pas compte qu’j’suis presque à poil tellement il serait surpris d’me croiser dans la rue. En prévision, j’me suis mis en « tenue » de cérémonie. Peinture corporelle sur tout le corps, ou presque, c’est la Princesse qui a finalisé la peinture dans le dos aussi bien que je suis peinturluré de blanc de partout. Je pourrais presque faire un croquemitaine potable pour des enfants un peu trop crédule. Mais c’est comme ça. Nous sommes comme ça et, d’un certain côté, c’est vachement marrant comme pratique. J’suis pas peu fier d’être Vaudoun rien que pour ça. Je suis pas le seul à être peinturluré, mais j’suis probablement celui qui est allé le plus loin, enfin j’suis comme ça. Pas vraiment absolu mais quand j’fais quel’q’chose, j’le fais à fond. Autour du feu, on pourrait surement ressembler à une troupe de sauvages, comme dans les bons vieux films de l’époque Hollywoodienne. Certains sont silencieux, patients, d’autres sont plus loquaces et discutent entre eux. Ils attendent, comme moi, qu’la Baronne commence à faire son truc. Elle m’a pas tout dit, mais on peut déjà savoir qu’ce sera du gros et si nous sommes tous là, c’est pas pour rien… « C’est quand tu veux, Baronne. » J’murmure mais j’emploie pas le « Princesse », pas d’vant les autres, c’est comme ça, Une petite règle.
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MessageSujet: Re: Assemblage de psychopompes   Dim 22 Avr - 9:22

Ça traîne. Il se passe rien. Ça cause encore dans tous les coins et la Baronne ne se décide pas, elle a l’air préoccupé. Mada se met à rire toute seule en pensant qu’elle est un peu stressée, la jeunette. Tu parles, une garce comme elle ça n’a peur de rien

Bon.

Allez, l’épouvantail qui lui colle toujours au train, secoue-la un peu ta mégère, y commence à faire soif.
Enfin ! Les conversations s’éteignent, on s’approche, par petits groupes serrés, autour de la sorcière. Mada ne voit plus rien, une dizaine de jeunes zombies a trouvé le moyen de se mettre devant elle. Nom d’un œsophage.

Le discours commence. Elle saisit quelques mots au vol, à propos de communauté soudée, de faire face à la crise, de prier ensemble. Le reste est un amas confus de verbes et d’adjectifs qui se heurtent sans écho.

- Qu’est-ce qu’elle dit ? grogne Mada à l’adresse du gamin à côté d’elle.

- Je te dirai après.

Comme une petite vieille qui comprend plus rien. A défaut d’intégrer ce que la Baronne raconte, elle observe les gens. Ils font tous une tête de dix pieds de long, et semblent se revitaliser de temps à autre après une parole peut-être plus positive de la chef. Est-elle un bon leader ? Ca reste à voir.

Des questions fusent, l’autre y répond comme elle peut, un débat commence. Mal à la tête. Bientôt ce sera fini et on commencera une cérémonie. En attendant, Mada tâche de rester éveillée, et ses yeux se posent sur le houngan tout barbouillé de blanc qui assiste l’oratrice. Elle tente de se rappeler si elle a déjà eu affaire à lui par le passé. Et si elle l’aime bien. Ou pas.
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MessageSujet: Re: Assemblage de psychopompes   Mar 24 Avr - 9:14

C’est l’heure. Pas b’soin d’donner un ordre ou d’mander l’silence, ils comprennent tous quand faut la fermer. La Baronne cause, et quand c’est pour s’genre de choses, on l’écoute. J’suis pas certain d’savoir où elle veut en v’nir mais elle sait trouver les mots justes ou plus exactement ceux qu’il faut. Depuis qu’j’la connais, j’aurais jamais pu vraiment dire qu’elle faisait « Baronne » au premier r’gard, mais j’dois l’admettre, quand elle l’est dev’nue, j’ai eu aucun doute. Elle était faite pour ça, même si, j’devais l’admettre aussi, elle aurait sur’ment b’soin d’un bon coup d’pied au cul d’temps en temps pour la r’mettre sur l’droit ch’min. Alors qu’elle continue à causer et qu’j’me r’trouve dans ses mots, mes pensées vagabondent un peu et j’me dis qu’si j’ai pas encore eu l’courage d’lui dire clair’ment c’que j’pensais d’elle, j’veux dire au niveau des sentiments toussa, c’était p’tête parce qu’elle était Baronne. Après tout, pourquoi pas ? J’aurais certain’ment pas t’nu ma langue aussi longtemps avec une autre fille alors pourquoi avec elle ça sortait pas ? P’tin, si c’est ça, j’suis quand même grave comme mec ! Puis j’décice qu’de toute façon, s’pas vraiment l’moment d’penser à c’genre de choses. J’me r’concentre sur l’assemblée d’Vaudouns et d’Zombies. J’essaie de zieuter plusieurs visages, d’lire des choses sur ceux qui sont pas très expressifs mais c’pas forcément évident. Global’ment les réponses d’la foule sont bonnes et c’est là qu’j’sais qu’la Princesse a su r’souder la communauté et la lier derrière elle. D’se côté là on est tranquilles. Enfin façon d’parler parce qu’avec les évèn’ments récents, j’donne pas cher d’la peau des Outres, quelles qu’elles soient, dans les mois à v’nir. Faut pas s’leurrer. La Nouvelle-Orléans s’donne de nouveaux airs et il semble qu’elle n’ait pas beaucoup prévu d’faire une place à ceux qui n’sont pas comme tout l’monde…

Alors qu’le discours commence à s’terminer, et tandis qu’je continue mon p’tit tour des visages, j’m’arrête sur un qui semble m’regarder. D’loin, dans la nuit, s’pas facile d’pouvoir l’dire vraiment mais, à la lueur des braséros et du grand brasier qui brûlent au centre et tout autour, j’ai l’impression d’pouvoir sentir son r’gard sur moi. J’la fixe, presque ouvertement, d’t’façon, c’est pas comme si on m’regardait pas. La Baronne cause avec un autre. Ca discute et ça discute. Sans quitter ce visage des yeux j’essaie d’le distinguer, d’deviner si j’le connais, s’il me dit quelqu’chose et ça, s’pas évident. A la lueur des flammes, j’distingue une crinière d’lionne. Elle m’dit vraiment rien et pourtant j’ai l’impression qu’j’devrais la connaître. J’peux pas vraiment décoller mes pieds d’là, pas tout d’suite, p’tête plus tard quand on aura fini, mais j’ai presque envie d’m’approcher pour voir qui elle est, juste être sûr qu’j’la connais pas, au cas où. Après plusieurs minutes qui m’paraissent même interminables, j’finis par décrocher et m’reporter sur la « réalité ». J’me rends compte qu’la discussion en est loin d’là où j’l’ai quittée. Apparemment l’débat est presque clos. A croire qu’on va p’tête enfin pouvoir faire quelqu’chose d’autre que d’causer ce soir. J’en veux pas à la Baronne, elle fait son taff’, mais parler, s’pas vraiment mon truc. J’préfère l’action, les rituels, les malédictions. J’suis pas dev’nu Vaudoun pour parler et faire du vent, même utile. D’t’façon ça n’a plus d’importance maintenant. Tout va commencer et c’est bien la seule chose qui compte. Mieux vaut être concentré parce que c’qui va suivre ça d’mande d’être pas à côté d’sa plaque sans quoi ça peut mal finir. Parler avec les Loas, s’pas sans risque. Même pour une malédiction on n’sait jamais comment on va être servi. Alors qu’tout commence, j’finis petit à petit par oublier un peu l’visage que j’ai fixé un peu avant. P’tête avec la promesse d’l’approcher lorsque tout s’ra fini.
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MessageSujet: Re: Assemblage de psychopompes   Dim 6 Mai - 16:27

Tous derrière la jeunette kshhh
Comment une morveuse comme elle a pu se retrouver Baronne ? Et pourquoi se raccrochent-ils tous à ses paroles comme si elle distribuait du whisky ? Mada secoue la tête, irritée. A chaque fois qu'elle la croise un peu trop longtemps, l'antipathie revient, mais elle n'a encore jamais eu l'occasion de s'y confronter. Ce n'est peut-être pas le meilleur moment. Aussi, elle se contente de la trucider de son regard noir légendaire, lorsqu'elle arrive à l'apercevoir si par hasard un zombie se décale un peu sur le côté. Ca n'a pas beaucoup d'effet.

En attendant, l'autre la regarde toujours. Et toi, qu'est-ce que tu fous là gamin. C'est elle qui t'a embobiné, hm ? Mada plisse un peu les yeux pour tenter de discerner s'il a vraiment l'air intéressé, ou si c'est encore un effet de sa « tisane » aux herbes.

- Hé, y m'regarde, lui, non ?
- Ouais on dirait.

Ho ho. Une nouvelle victime de son charme dévastateur. Mais tiens, ça remue un peu, on fait de la place, on amène deux moutons pour les sacrifices. Cérémonie, enfin. Quelqu'un apporte la poudre pour tracer le vèvè. Qui allons nous appeler ce soir ?

Mada se lève en s'accrochant maladroitement au poteau derrière elle, lorsque les gens se mettent à chanter. Elle produit quelques tirades mal accordées, mais on s'en fout, ça participe. Boum, boum, boum.
Ibrahim, Ibrahim t'es où mon fils.

Du riz, du riz, Papa Legba montre toi ! Boum boum boum.

Les offrandes se mettent en place. Le mouton va bientôt y passer, ha ha. Brave bête ! Mada crie comme elle peut, éraillée, et sa voix se distingue de celle des autres car elle n'arrive pas à suivre la mélodie.

Boum, boum, boum. Allez !
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MessageSujet: Re: Assemblage de psychopompes   Mer 9 Mai - 14:35

L’rituel commence. Ca chante, ça danse. On apporte même les moutons qu’on va sacrifier pour les festivités. Y’en a un pour Papa Legba et un autre pour l’aut’ Loa. Je n’sais pas c’qu’à la Baronne en tête, elle a rien voulu m’dire, elle aime les surprises et, dans un sens, j’peux pas l’lui r’procher. J’espère simplement qu’ce foutu Legba saura garder sa gaule pour lui et éviter d’faire des mirettes à la Princesse. J’suis pas d’taille à lutter contre un Loa mais j’le connais bien c’lui là. Faut dire qu’on s’voit souvent et qu’on s’est pas mal « affronté » par l’passé. J’suis sur qu’il doit s’rapp’ler d’ma trombine, quoique, mais d’t’façon, s’pas moi ce soir qui l’appelle et la Princesse saura gérer les p’tits caprices du Loa, à n’pas en douter. J’me laisse glisser dans la transe, j’écoute les voix, les gens, les chants, ma voix. J’me rends compte que y’en a une qu’j’pourrais r’connaître entre mille. Elle est pas dans l’tempo comme dirait un musicien. Un r’gard pour m’rendre compte que c’est elle, celle qu’j’ai r’gardé pendant quelqu’minutes et que j’connais pas. J’me dis qu’de tout’façon c’est pas grave et qu’c’est pas ça qui va changer grand chose dans l’résultat d’ce soir. D’ailleurs faudrait d’jà qu’Papa Legba bouge ses fesses et y s’rait bien capable d’nous poser un lapin. Ce s’rait la meilleure, il rat’rait pas un tel public, mais il m’a d’jà fait l’coup une fois alors j’me dis qu’il faut s’attendre à tout. Enfin avec un mouton… D’ailleurs la pauvr’bête est entrain d’se vider d’son sang. Belle flaque rouge brillante à la lueur vivace des brasiers. Pour un peu on nous prendrait vraiment pour des dingues. Enfin c’est p’tête d’jà l’cas. S’pour ça qu’la miss Vampirette était pas trop porté sur les Vaudouisants sur’ment. J’souris pour moi, elle était pas si mal la p’tiote, m’enfin c’est plus vraiment l’moment d’penser à ça…

[…]

C’est fini. J’crois qu’j’tiens encore sur mes deux pattes mais j’me sens vidé d’mon énergie. Faut croire qu’on n’était pas d’trop tous réunis. Faut dire qu’la p’tite elle a pas d’mander une p’tite chose. Enfin c’est fait et elle est fière d’elle, alors j’imagine qu’on n’peut pas dire qu’ça servait à rien tout ça. J’lui décoche un sourire, un peu pour m’assurer qu’elle va bien et puis j’regarde les autres. Y’en a qui en mènent pas large du tout et j’crois qu’j’m’en sors plutôt bien comparé à tous les autres. Instinctivement mon r’gard s’pose sur elle. L’effet mémoire j’suppose. Mais là, là cérémonie est finie, la Princesse va sur’ment rester encore un peu, parler avec certains, discutailler et tailler l’bout d’gras surtout. Ca n’m’intéresse pas. Par contre, ma curiosité m’intéresse. Et celle qui l’a éveillée surtout. Alors j’bouge mon tas d’os et d’chair juste recouvert par un pantalon peinturluré, pieds nus, et j’vais à la rencontre d’la lionne, du moins d’ce que j’avais identifié comme tel. J’fends la foule, quelques badauds r’commencent déjà à discuter entre eux et s’pas évident d’croiser autant d’Vaudouns et d’Mambos. Certains essayent d’m’alpaguer mais j’décline, j’ai mieux à faire pour l’moment. Enfin j’sais pas si c’est mieux mais ma curiosité quand j’l’ai attisé, s’comme un grand feu, faut qu’elle ait consumé c’qui l’alimentait, s’non elle peut pas s’calmer et s’éteindre. C’est comme ça. J’finis par arriver d’vant elle. Instinctivement j’me dis qu’elle fait plus Zombie qu’Mambo, enfin c’est p’t’être une Zombie en fait, rien m’dit qu’elle est Vaudouisante. Si ça s’trouve elle chantait juste parce qu’tout l’monde l’faisait. Difficile d’savoir en fait. J’pose mon r’gard sur elle, sans l’vouloir vraiment mes yeux jaunes l’étudient un peu d’pieds en cape. « J’crois pas qu’on s’soit d’jà vu. Si ? » J’crois qu’j’glisse un sourire dans l’histoire, j’suis pas sur, mais ça d’vient tell’ment naturel…
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MessageSujet: Re: Assemblage de psychopompes   Mar 15 Mai - 13:21

C’était avec plaisir qu’elle avait accepté d’être la main qui ouvrirait l’un des deux moutons à sacrifier, de belles bêtes…mais à ses yeux bien plus belles de l’intérieur.
Tandis que le sang coulait à flot elle avait trempé ses mains et aidait les plus jeunes à se dessiner des symboles sur le corps, les plus aguerris se débrouillaient seuls, d’ailleurs, ils ne lui prêtait pas attention, il n'y avait plus que le sang...
Elle s’était recouverte de sang chaud, s’en était mouillé sauvagement le visage puis le corps, comme si c’était de l’air et qu’elle était à bout de souffle, puis elle avait tracé les dessins d'ouverture pour laisser entrer les Loas, le son des tambours, les cris, les corps dansant autour du feu puis elle est « partie » avec le Loa…

- Tu fais quoi ce soir ? Lui avait demandé un de ses collègues.
- Réunion de famille. Lui avait-elle répondu…

Quand elle fut « de retour » elle avait des courbatures partout dans le corps, une sensation qu'elle trouvait agréable. Elle se releva, fit craquer son cou, ses doigts, puis retourna chercher ses lunettes qu’elle avait laissé près d’un arbre avec ses affaires, aujourd’hui elles était d’un noir sobre.
Ma’ était en train d’aider un jeune à se relever, la chevauchée avait dû être rude pour lui. Elle vit un peu plus loin son chat, perché à un arbre qui regardait la scène d’un air endormi.
Elle retourna inspecter un peu les moutons, ils avaient été bien secoué, sauvagement découpé par entrain, déchiré par d’autres…elle crut même apercevoir des morsures par endroit, elle aurait bien aimé savoir qui avait pu faire ça…oh ? Peut-être était-ce elle ? Que de questions inutiles !
Elle regrettait de ne pas avoir emmené son portable ou un appareil photo, mais étant elle-même à moitié nue, seins à l’air (pour le peu qu’il y en ait…) recouverte de peintures blanches et de sang, ce n’était pas prudent d’emmener un appareil électronique.
Après être allé chercher un couteau et s’être allumé un joint, elle commença à tailler dans la chair, elle vida les bêtes de leurs entrailles puis tenta de découper proprement le reste, une patte par ci, la cage thoracique par là…

- Méchoui ce soir ? Lui demanda familièrement un Vodoun qu’elle ne connaissait pas.
- Pour ce qu’il en reste…vas-y sers toi, on gaspille pas. Ce que t’en fais après, c’est pas mon problème.
- Merci à toi chère sœur. Pour les boyaux y’a Mada Yoli dans le coin là-bas, tu devrais lui demander si y’a pas des morceaux qui l’intéresse.

Pas bête.
Elle était déjà allée lui acheter quelques boyaux par le passé, parfois elle y allait juste pour admirer son étalage. Quant à Mada, à ses yeux, c'était la plus belle femme que la terre ait pu porter.
Après avoir fini de les découper grossièrement elle coinça son spliff dans sa bouche, attrapa les tripes à pleine main et les porta délicatement contre son torse comme s’il s’agissait d’un nourrisson à peine né, puis chercha Mada Yoli du regard.
Elle semblait discuter avec un Vodoun qu’elle n’identifia pas tout de suite. Peu soucieuse de les interrompre, et vu qu’elle avait les bras plein elle alla poser les tripes près de Mada tout en lui disant.

- On m’a dit que ça pourrait t’intéresser, tu veux en récupérer un ou deux en souvenir ?

Une fois les mains libres elle en profita pour faire tomber la cendre de son joint d’un coup de doigt tout en expirant une longue traînée de fumée blanche et odorante.
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MessageSujet: Re: Assemblage de psychopompes   Lun 25 Juin - 17:33

Neve en avait à peine dormi les jours précédents. Une des plus grandes cérémonies qui avaient jamais été organisées de son vivant. Bien sûr, les esprits s'étaient bousculés pour lui raconter tel rituel et telle occasion qui avaient été bien mieux, beaucoup mieux que ce qui était prévu. Certes, mais là, elle y serait, rien à voir donc. Imaginez la frustration d'entendre parler en détail de lieux et d'époques où jamais vous ne mettrez les pieds malgré la curiosité qui vous démange.
Lueur de lucidité, elle avait passé la journée d'avant dans son ancienne maison, au bord du bayou. Cela lui avait évité de traverser la ville le soir même.

Elle était arrivée à poil, inutile d'amener des affaires qu'elle ne retrouverait pas quelques heures plus tard, inutile de s'encombrer. Une ceinture de crânes sur les hanches, des vrais, rien que des vrais, un des rares cadeaux de Papa Dio qu'elle gardait précieusement dans l'ancienne maison, assorti d'un collier d'os dont certains étaient encore couverts d'une croûte de sang séché et de sel, il y en avait même un, et il pendait entre ses seins, un qui avait appartenu à un vampire. Une grande fierté pour elle d'arborer cette parure.

Arrivée en avance et installée dans un coin où elle verrait tout mais qui la garderait un peu à l'écart. Comme toujours. Présente, mais jamais au milieu. A vrai dire, en dehors de ceux qui l'avaient déjà consultée, personne n'était bien sûr de la tête qu'elle avait. Tout le monde connaissait le San Pier, oui, enfin tout le monde savait qu'il s'agissait de la fille de Papa Dio. En dehors de ça... Ceux qui la connaissaient de vue ne voyaient en elle qu'une vodoun borderline, certainement trop souvent sous l'emprise de substances illicites.

Les cérémonies généraient toujours chez elle un puissant mélange de plaisir et de malaise. Elle ne se sentait pas bien au sein de cette foule mais était heureuse d'avoir une excuse pour s'y trouver. Contradictoire n'est-ce pas? Mais ce soir, tout était balayé par une belle frénésie. Elle frétillait littéralement d'excitation, secouée par des frissons d'impatience. Ce soir, ça allait être grand, ça allait être beau. Ce soir, ça allait être quelque chose. Ce soir, elle serait là. Ces mots-là se répétaient en boucle dans sa tête, couvrant le brouhaha spectral de tous ceux qui avaient décidé de s'inviter à la petite fête à travers ses yeux. Une bande de spectateurs au théâtre, il ne leur manquait plus que le pop-corn.

Déjà refroidie par le discours, du blabla, du blabla. Trop de blabla tue le blabla. Et elle en entendait à longueur de temps, elle n'était pas là pour ça, mais soit, elle était prête à faire preuve d'un peu de patience si ce genre de parlotte pouvait faire plaisir aux autres.
Non, son enthousiasme fut irrémédiablement douché au moment du sacrifice. Des moutons. Des PUTAINS de moutons. Des foutus moutons... Deux machins bêlants. Elle en sacrifiait quand elle voulait des moutons. Tout le monde ici pouvait en égorger un dans sa cuisine. Même pas un coq noir, pour le principe. Même pas... Ah ! Elle était profondément déçue. Elle avait espéré qu'avec les derniers évènements, ils auraient peut-être un vamp. Rien qu'un tout petit. Un malade. Un vieux. Cramé, allez, à moitié cramé par le soleil. Ou cul de jatte. Peu importait, pour le principe. Un vrai sacrifice comme on en faisait plus. Et manifestement, on en faisait plus. A peine si elle trempa un doigt dans le sang de mouton. Et les chansons, peuh, tout juste si elle marmonna. Difficile de ne pas se laisser entraîner dans le délire ambiant, mais si elle l'avait pu, elle se serait retenue, ah ça oui, ça n'en valait pas la peine tiens !

(...)

La chevauchée fut douloureuse, papa Legba, les Ghedes en général, n'aimait pas ceux qui faisaient la gueule et comme à chaque fois que ça lui arrivait, Neve paya le prix de son caractère volatile. Elle aurait sûrement des bleus le lendemain, au moins des courbatures à en chiaer.

- C'est qu'du mouton t'façon ! Brailla-t-elle, les yeux pleins de larmes de colère, en passant près d'une femme à lunettes qui déposait des boyaux sur le sol, à côté de deux autres vodouns. Difficile de dire si c'était encore Neve qui parlait. Elle était toujours pour le moins confuse après les rituels, qu'elle y ai participé avec plaisir ou non.

Le cul dans une marre de sang, et sans s'en soucier, elle s'assit le dos contre le poteau mitan, du côté mal éclairé, boudeuse. Dans son crâne rugissaient les commentaires, globalement scindés en deux camps, ceux qui avaient trouvé la cérémonie "tout à fait délicieuse, j'ai toujours apprécié ce genre de rassemblements. Et dites moi, cette petite danse barbare que vous faites, vous avez eu un professeur ou bien cela vient naturellement aux gens comme vous?" et ceux qui quoi qu'il arrive hurlaient leur soif de sang et de retour au "bon vieux temps où ces enfoirés de sales blancs étaient plus faciles à égorger que des moutons".

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MessageSujet: Re: Assemblage de psychopompes   Sam 7 Juil - 14:21

Mrhh
Elle git sur le sol à nouveau, sonnée. On n'a pas idée de sauter partout comme ça, ça remue la tête et les entrailles, peut-être bien que le cerveau est descendu dans l'estomac, et que bientôt les tripes vont lui sortir par les oreilles, ça ferait un joli spectacle tiens, ça ferait...

Qu'est-ce qu'il veut lui.
Bien sûr elle l'a oublié, incapable de se concentrer sur quoi que ce soit plus de cinq minutes, avec toute cette musique, boum boum boum. On se soit déjà vu. Elle reste là à le fixer sans ciller pendant trente secondes, tentant vaguement de remettre ses idées en place, et de comprendre la question.

- T'es le gusse qui colle toujours aux basques de l'autre garce.

Ca y est, elle l'a situé. Le ton se voulait plus de l'affirmation que de l'agressivité. Garce, elle, c'était admis. Lui, ça reste à voir.

- J'suis Mada, si t'as besoin d'organes bien chauds, tu peux venir me voir, on s'arrangera.

Sa tête retombe mollement contre sa poitrine, mais le gamin à côté d'elle la secoue. Mada enfin, on ne s'endort pas en pleine conversation avec des inconnus.

- Rha, merde, elle bougonne en frottant ses yeux cernés. Oh, tiens, regarde ! Son visage s'éclaire lorsqu'elle voit arriver une jeune femme sanguinolente avec des tas de cadeaux dans les bras.

- Oooh ça me fait très plaisir, c'est quoi ton prénom déjà ? Julia ? Marta ? Elle plonge ses mains dans les boyaux avec un grand sourire, pour les tâter, les renifler et les examiner de plus près.
Faudrait les mettre au frais rapidement si je veux pouvoir les vendre, mais sinon, on les garde pour nous, hé hé.

Elle regarde les entrailles comme s'il s'agissait de petits gâteaux à la crème. Avec tendresse, presque.
Que du mouton ou pas que du mouton, toute tripe est une merveilleuse création divine.
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MessageSujet: Re: Assemblage de psychopompes   Mar 10 Juil - 8:52

Difficile d’dire si l’accueil m’déplait ou non. En même temps, pas facile d’savoir si c’est l’fait d’s’faire app’ler « gusse » ou d’savoir qu’elle appelle la Baronne « garce » qui m’surprend l’plus. C’est pas courant d’voir quelqu’un manquer d’respect aussi ouvertement au patron, ou, plus précisément, à la patronne. J’dis pas que tout l’monde l’apprécie, mais d’là à l’balancer au premier mec qui s’pointe, surtout qu’elle l’dit elle-même, j’suis pas vraiment n’importe qui. Même si c’est pas une question d’hiérarchie, s’plus parce que j’côtoie la fameuse « garce » et qu’j’pourrais p’t-être lui balancer c’que j’venais d’entendre. Enfin, connaissant la Princesse, elle s’en ficherait surement comme d’sa première malédiction et quand à celle qu’j’avais face à moi, elle semblait pas concernée plus que ça. « Ca a l’air d’coller à ma description j’dirais. J’m’appelle Zack. C’pas qu’j’aime pas « gusse » mais bon… » J’préfère pas trop noter, m’dire qu’final’ment ça n’a rien d’méchant et qu’j’suis pas v’nu m’prendre la tête de toute façon. Elle dit s’appeler Mada, j’crois m’souv’nir qu’j’en ai entendu parlé mais j’suis pas sur. En tout cas, elle s’occupe apparemment de trucs assez glauques, m’enfin ça, c’est l’cas de presque tous les Vaudouns, c’est un peu notre marque d’fabrique, c’est pas plus mal. Enfin j’ai pas trop b’soin d’organes chauds en c’moment mais j’note la proposition : on sait jamais de quoi demain s’ra fait. Avec une certaine stupeur, j’la vois baisser la tête, comme si elle s’endormait et le gamin à côté d’elle la s’coue comme un prunier jusqu’à c’qu’elle se réveille dans un juron. Elle s’était vraiment endormie ! J’retiens un sourire et un commentaire avant d’être distrait, comme Mada, par l’arrivée d’une autre Vaudoun qui portait dans ses bras un chargement dégoulinant d’boyaux et d’tripes. Charmant tableau. Heureusement qu’on est du genre à avoir l’estomac bien accroché… Enfin, j’crois qu’ça fait partie d’l’entrainement d’base du Vaudoun. D’toutes façon, quelqu’un qui gerbe devant un peu d’sang ou quelques organes fraichement sortis de leur réceptacle d’origine n’a rien à faire parmi nous…

J’regarde la p’tite scénette qui s’déroule sous mes yeux. S’en serait presque trop cliché. On parle boyaux comme on pourrait parler chiffons et j’me demande vraiment si j’ai pas mieux à faire qu’rester dans l’coin. Puis tandis que j’regarde d’un œil la manière dont Mada r’nifle ses « cadeaux », une autre Vaudoun passe à côté d’nous en gueulant qu’c’était qu’du mouton d’un ton clairement d’la déception. Vu qu’j’suis moyennement convaincu par les tripes, j’me r’tourne et zieute la donzelle chaudement habillée de quelques crânes et d’os s’mettre dans un coin, comme si elle boudait. Haussant les épaules et j’tant un regard à mes deux compagnes apparemment bien occupées toutes les deux, j’prends congé des deux « organ-o-philes » et j’m’approche de la Mistinguett pas contente. J’suis tenté d’m’asseoir contre l’poteau aussi mais la flaque de sang m’en dissuade. S’pas qu’j’ai pas envie d’salir mes fringues mais barboter l’cul dans m’attire pas plus qu’ça. « Un p’tit soucis avec nos amis les bovidés ? » J’m’essaye à un sourire, j’suis pas sur qu’ça marche mais bon, ça vaut la peine d’essayer, ça coûte que dalle.
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MessageSujet: Re: Assemblage de psychopompes   Dim 22 Juil - 19:17

Neve agita violemment les bras, n'évitant son interlocuteur que par un coup de chance.

- S'pas du boeuf, s'pas d'la vache, même pas, juste un p'tain d'mouton, un mouton tout pourri...

Elle commençait à avoir de plus en plus mal au crâne, avec cette impression d'avoir un cocktail mondain qui se tenait sous son crâne et que tous les invités commençaient à être franchement éméchés.

- Un p'tain d'mouton... P'tain, dire que j'avais sorti le grand jeu. C'te honte... P'tain...

Elle fut interrompue dans sa litanie par un haut le coeur, qui fort heureusement ne se concrétisa pas. Une main accrochée à ce qu'elle avait trouvé - la jambe du jeune homme - pour éviter de tomber alors qu'elle était assise, elle détourna la tête et se détendit brusquement, subitement flasque en dehors de sa poigne sur le mollet.

...

Ok, fini la teuf, vous devriez déjà être reconnaissants que je vous laisse voir ce qu'il se passe, alors maintenant, tout le monde dégage. Foutez l'camp !

La petite assemblée spectrale se figea, certains, si ce n'est la plupart, protestèrent - c'est qu'on se sent beaucoup moins tenu d'être poli et obéissant quand bien peu de choses peuvent nous atteindre.

DEHORS LES EMMERDEURS ! Dehors où j'vous envoie tous hanter les endroits les plus chiants du monde. SUR LE CHAMP !

Elle faisait bien peu souvent montre d'autorité, de quoi surprendre et égailler la petite bande qui ficha le camp comme une bande de poules caquetantes. D'autant qu'ils savaient qu'elle lançait rarement ce genre de menaces à la légère.


...

Vu de l'extérieur, il n'y avait eu qu'une Neve toute molle. Son coup de gueule se traduisit par une très légère onde de choc qui secoua les brins d'herbes sur quelques mètres autour d'elle, lui entrechoqua les dents et dut remonter dans les jambes du vodoun qui se tenait là. Certainement pas plus haut que les genoux, elle savait contenir ce genre d'effets secondaires, Papa Dio lui avait inculqué cet automatisme sous la contrainte.

- Owww... 'Foirés... 'tain d'emmerdeurs... marmonna-t-elle en se rappuyant contre le poteau, sa main passant du mollet à son front qu'elle massa du bout du doigts. Elle allait se payer une putain de migraine avec ça...

Elle entrouvrit un oeil, comme si la pénombre ambiante était déjà un niveau de luminosité beaucoup trop élevé pour elle et examina celui qui se tenait là. Hum. Ah. Oui. Elle l'avait déjà vu lui. Jamais parlé, mais déjà vu.

- J'pensais qu'on allait s'égorger un vampire moi... Enfin j'espérais... Au moins un truc mieux qu'un pauv' mouton que j'te l'égorge trois fois par jour si j'veux... Comme si tout ce qui venait de se passer dans les minutes précédentes n'avaient pas eu lieu. Trop irritée pour s'excuser et trop mal au crâne pour des explications qu'on ne lui avait pas demandées.

- T'es qui, toi?

Elle l'avait déjà vu, ok, mais ne se souvenait ni d'où, ni de comment, fallait pas pousser non plus.
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MessageSujet: Re: Assemblage de psychopompes   Jeu 26 Juil - 11:21

C'était bien la première fois qu'elle assistait à ce genre de cérémonie. Elle avait déjà suivi deux-trois discours pro-vodouns proférés à la volée, comme ça, dans la rue, mais des célébrations complètes de ce genre là, avec sacrifices et danses rituelles, jamais. En plus, elle y serait pas allé de sa propre volonté, pas qu'elle y aurait pas fait un p'tit tour histoire de dire, mais y assister du début à la fin et être attentive aux paroles de la patronne, ça lui aurait pas semblé naturel. Bien sûr, c'est Mama Mati qui l'a traînée avec elle, pour qu'elle reste "bien imprégnée de sa nouvelle culture".

Nouvelle culture, tu parles... en huit ans j'ai bien eu l'occasion de m'habituer à la tradition, au sang, aux esprits et à tout l'tintouin. J'sens même pas la puanteur morbide que doivent dégager les entrailles de moutons qu'ils ont étalé partout, alors...

En fait, sa vodoun voulait surtout que Margareth s'implique un peu plus dans la communauté. C'est vrai qu'elle était pas du genre sociale et que des amis, elle s'en était jamais vraiment fait. Elle lui demandait pas d'connaître toute la ville mais une ou deux relations basées sur l'honnêteté et la gentille camaraderie lui aurait pas fait de mal. Alors la zombi s'était retrouvée là, au milieu de ce bazar tribal et de tout ces visages dont un bon nombre lui disait très vaguement quelque chose, peut être des clients, des connaissances de sa vodoun ou encore tout simplement des gens qu'elle croisait régulièrement sur un certain parcours dans la ville mais à qui elle n'avait jamais adressé la parole. Peu importe.

Le discours de la Baronne lui avait semblé long, mais d'une pertinence certaine, on pouvait pas lui enlever. A certains moment elle avait décroché des paroles de la dame pour laisser son regard vagabonder sur elle nonchalamment, parfois sans réfléchir, parfois de manière admirative. Elle la trouvait charismatique, plutôt jolie, mais la petite étincelle d'assurance qui brillait dans ses yeux l'agaçait un peu. De la jalousie sans doute. Pour ce qui est du rituel, des sacrifices et des danses, Margareth avait trouvé ça impressionnant, elle gardait un sentiment de respect pour le culte bien qu'elle ne se sentait pas réellement impliquée par toute ce remue ménage assourdissant. Elle avait préféré rester un peu à l’écart, observant de loin les processions et gardant toujours un œil sur sa vodoun qui elle, déambulait sans cesse au milieu des autres vodouns aguerris de sa génération, trimbalant os, lames, pierres, bocaux et autres objets mystiques avec une tranquillité et une aisance telles qu'on aurait pu croire que les sacrifices étaient son quotidien.

Elle a pas l'air de s'ennuyer la vieille, on dirait que l'découpage de mouton c'est son crédo... ça doit être son p'tit côté cordon bleu ça...

Margareth se demandait si la soirée allait encore traîner en longueur. Elle aurait aimé partir, mais elle aurait déçu sa vodoun et c'était bien la dernière chose dont elle avait envie. Alors elle fit quelques pas hésitant, cherchant Mama du regard. Elle se sentait un peu perdue dans cette foule qui respirait à le fois l'épuisement et l'excitation propres à une cérémonie menée à son bon terme. Ne trouvant pas celle qu'elle cherchait sans grande conviction, elle tenta l'initiative de rendre sa soirée moins longue et lança son regard sur une nouvelle quête : trouver un interlocuteur de passage, quelqu'un qui pourrait l'occuper un peu le temps qu'on vienne la chercher pour enfin partir. Mais qui ? Aller vers quelqu'un, prendre la parole et lancer une conversation... elle n'était pas prédisposée à ce genre d'interaction, ç'allait être une sacrée mission. Alors elle resta plantée là, seule et l'air béat, entre plusieurs petits groupes qui s'était formés depuis la fin du rituel.


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MessageSujet: Re: Assemblage de psychopompes   Sam 18 Aoû - 23:38

Julia-Marta n'répond pas, Julia-Marta semble être ailleurs. Tant pis, Mada enroule les tripes autour de son cou pour s'en faire un sanguinolent collier, ce qui ne manque pas de rajouter des traces sur sa robe. Le Zack est parti plus loin taper la causette à quelqu'un d'autre. Dommage, pas eu le temps de lui demander pourquoi il trainait toujours avec la baronne. Pas douze explications possibles : elle le mène par le bout de la...

Gnn, Mada pose ses deux mains à plat sur le sol pour se relever dans un effort surhumain, allez, on va voir du p'tit jeune, en tant que bonne petite vieille de la communauté. Tiens celle-là, on l'a jamais vue, ou pas souvent, c'est certainement une zombie toute fraiche.
Mada repérait les zombies assez rapidement, avec l'habitude.

- Hééééé, dit-elle en s'approchant de Margareth d'un pas vacillant, surveillée par le gamin. Tu viens de mourir, dis-moi, ma côtelette ?

Un grand sourire dévoile ses dents jaunes et noires, façon mamie accueillante. Nul doute qu'elle doit l'être avec ses nouveaux bijoux, que lui envient toutes les filles de la soirée. Sans trop lui laisser le temps de répondre, elle enchaîne :

- Je suis Mada, spécialiste en organes, sacrifices et compagnie, si t'as besoin de quelques leçons d'anatomie ou juste d'un peu de matière première, demande à n'importe quel vaudoun, il saura me trouver ! Enfin je suppose que t'as déjà ouvert un poulet ou deux, hein mon petit œsophage.

Hou là là, ça y va les surnoms ce soir, c'est jour de fête.
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Assemblage de psychopompes

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