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 Aimer ou ne pas aimer, telle est la question

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MessageSujet: Aimer ou ne pas aimer, telle est la question   Mer 15 Fév - 22:41

L’amour, ha l’amour. Quel sentiment plus merveilleux que celui qui vous donne des ailes et des papillons multicolores dans le ventre. En ce jour des amoureux, l’Amour, avec un grand A, est partout. Dans les vitrines des magasins, dans les affiches des restaurants, dans les couples qui marchent main dans la main, yeux dans les yeux. Qu’est-ce que cela fait d’être amoureux ? Bonne question. Mais en ce jour, à cette heure, à cette minute même Ezechiel Grimm, ex prêtre de son état, chômeur sans espoir et sans avenir ne s’était jamais interrogé sur le sujet. A vrai dire, il n’en avait cure et jamais une fille ne lui était apparue comme pouvant être une potentielle Madame Grimm. Peut-être parce que, de toute façon, sa condition de prêtre lui interdisait d’espérer un jour passer la bague au doigt d’une douceâtre jeune demoiselle –qui serait devenue une vieille folle aigri avec l’âge, avouons-le- ou peut-être simplement n’avait-il pas croisé la perle rare. Celle qui ferait battre son cœur comme la grosse caisse d’un orchestre symphonique.

Pourtant…

Pourtant aujourd’hui les choses étaient différentes. Il avait le droit –l’autorisation du Grand Absent lui-même- d’effleurer du bout des doigts l’idée de déposer un doux baisé sur les lèvres d’une personne chère à son cœur. La question n’était pas de savoir s’il en avait envi –car quel homme sain d’esprit refuserait l’idée de gouter au plaisir de la chaire ?- la question était plutôt… comment faire ? Non parce que, honnêtement, à 30 ans et des poussières, Ezechiel n’était pas vraiment ce que l’on pouvait dénommer un don juan. Loin d’être un tombeur il avait bien souvent le sentiment de passer pour un pervers psychopathe aux yeux de celles qu’il tentait d’approcher. Parfois même il se demandait si le panneau « puceau » ne clignotait pas en lettres rouges vives au dessus de sa tête pour que les femmes le regarde avec un tel… dédain ? Dieu, que les femmes sont compliquées... Dieu que les hommes sont peu doués.

Autant de questions et si peu de réponses. Et s'il n'était pas fait pour être en couple ? Et s'il n'y avait pas chaussure pour son pied ? Et s'il était aussi piètre homme qu'il avait été piètre frère ? Gosh ! Pourquoi faut-il que la vie soit si compliquée ? Par chance parfois les réponses vous tombent sous le nez comme une merde sous la semelle. On lui avait distribué un tract. Et quel tract ! Comme un néon hurlant dans les ténèbres de ses pensés. Le Grand Absent tentait-il de lui envoyer un signe ? Enfin, l'important, c'était qu'il allait pouvoir parler à quelqu'un de ses doutes, de ses réticences, de tout cet amalgame de choses qu'il n'était pas sur de vouloir. Non parce que hein, 30 années à s'astiquer le poireau -excusez du peu, mais là est la vérité- on fini par s'y habituer. Que de sentiments contradictoires dans la poitrine et le crâne d’un si petit homme. Et puis ce n'était pas comme si, actuellement, si vie était un long fleuve tranquille. Cette femme, là, madame Delamor, elle était surement du genre à pouvoir lui dire quoi, où, quand et comment.

Et en plus c'était gratuit.

Si bien que, hésitant comme le novice qu'il était dans la vie en général, Ezechiel se trouvait devant la roulotte fantasque qui abritait la dite Delamor. De la mort dites-vous ? Il sourit, un sourire contrit, ennuyé, raide... Une grimace de circonstance. Bon dieu, la Nouvelle Orléans jouait avec lui et repoussait ses limites. Ses croyances. Jusqu'où serait-il capable d'aller dans l'absurde ? Bon après tout, cette femme n'était pas une sorcière. Une psychologue, tout au plus. Non ? Un couple le bouscula alors qu'il se dandinait d'un pied sur l'autre, se demandant s'il devait faire le premier pas. Ils entrèrent dans la roulotte, riant, souriant, la fille accrochée au bras de son amant. Bien, c'était surement un signe du destin. Ce n'était pas là la solution qu'il espérait pour l'aider à se débarrasser d'un de ses problèmes -en outre, le plus minime, mais un de moins, c'est toujours ça-. Il irait lire quelques postes sur Doctissimo en rentrant et pourquoi pas tenter de s'inscrire sur "New Amor Direct" le nouveau site de rencontre dont les pubs s'étalaient partout, promettant des méthodes mathématiques et sures pour vous trouver la Femme (dans un rayon proche de chez vous !) ! Et pourquoi pas simplement écarter l'idée d'un revers de la main. Voilà ! Parfait ! Ce n'était pas comme s'il avait besoin de contact et de chaleur humaine hein.

D'ailleurs voilà, il fait demi-tour, s'engage sur le chemin du retour. Aucune intention de remédier à sa condition et puis parler avec cette femme, quelle idée ! Qu'aurait-elle pu lui dire de plus qu'il ne savait déjà ? Et puis parler, en était-il seulement encore capable ? Il ne se sentait pas assez seul pour... Bon dieu ! Voilà que le couple ressort déjà ! Ils portent chacun un livre dans la petite main qu'ils ne tiennent pas entrelacée. Ezechiel virevolte sur lui même, si vite qu'il en presque le tournis, il court presque, vole même, vers la roulotte. Zut ! C'est le 14 Février, il peut bien parler à quelqu'un. Même à un bonimenteur. Pour peu qu'il soit en chair, en os et avec des facultés cognitives intactes ! Et s'il peut, en plus de tout cela, lui ouvrir les portes de l'Amour, alors merde ! Au diable la varice !
L'ancien prêtre monte les marches de la roulotte, six en tout, deux par deux, risquant la chute. Il pousse les étendards du bras, d'un geste volontaire ! Oui ! Ezechiel Grimm prend sa vie en main ! Là, maintenant tout de suite !

Une forte odeur de parfum vint aussitôt l'agresser. Son enthousiasme retomba comme un soufflet et l'air hagard Ezechiel se demanda ce qu'il faisait là. Quel démon, quelle folie l'avait-il prit pour qu'il entre ainsi dans ce lieu ? Pour l'heure, la question ne se posait plus. Du violet et du rose lui chatouillaient les rétines, couleurs dominantes de l'endroit, décoré ça et là de bibelot en forme d'angelot et de Cupidon. Et au milieu Madame Delamor, assise à sa table, l'air accueillante et professionnelle à souhait. Des coussins, des froufrous, des médaillons accrochés sur un portoir et des livres, des tas de livres, partout. Pour écrire sur l'Amour, c'est qu'elle devait en savoir un rayon non ? Allons bon, Ezechiel, il est temps de conclure.

"Hum... Bonjour..."

Bégaya le trentenaire. Car c'était déjà un bon début.
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MessageSujet: Re: Aimer ou ne pas aimer, telle est la question   Jeu 16 Fév - 21:17

« Bonjour Jeune Homme. » Répond alors une belle voix clair, qui semble chanter tant elle est guillerette et accueillante. Alegria Delamor ouvre les bras, avec la grâce d’une danseuse étoile, et invite bientôt ce jeune homme qui semble timide, et apeuré, à s’asseoir en face d’elle.

« N’ayez aucune crainte, mon Chéri, tout ce qui pourra vous arriver ici restera très agréable. » Elle eut un grand sourire élégant, et sur l’une de ses dents, brilla un petit diamant. Alegria avait l’air tout droit sortie d’un cartoon de l’époque de Marie Antoinette. Si elle paraissait grande et fine, elle ne semblait pas rachitique et en réalité, elle affichait des atouts indiscutables de féminité.

Les anglaises et les fanfreluches de sa coiffure, d’un rose pâle assurément peu naturel, encadraient un visage fin et gracieux, maquillé avec soin mais sans excès, et aux tâches de rousseur qui n’eut cru véritables. Des lèvres rosées de jeune fille innocente, mais un regard expérimenté mais enthousiaste, jovial et pétillant. Alegria avait dans la voix quelque chose de dansant, comme un faux accent italien qui collait parfaitement au personnage.

« Vous devriez vous asseoir. » A ces mots, la porte s’ouvrir, une porte cachée derrière un épais rideau de velours prune. Un singe, petit, habillé et coiffé d’un chapeau de mousquetaire, tenait entre ses petites pattes avant un plateau, avec du thé fumant et parfumé -du gingembre?- et des biscuits en forme de jolis cœurs bien ronds. Ils sentaient la cannelle.

L’animal pose le plateau, salut comme au cirque et fait une roue maladroite. Il repart sous le rire espiègle d’Alegria, qui plisse ses petits yeux aux longs cils.

« Allons, ne vous inquiétez pas. Si vous êtes ici, c’est que vous vous posez des questions. L’important est que vous restiez vous-même, et que vous m’expliquiez ce qui vous hante. » Elle eut un clin d’oeil malicieux et l’encouragea à s’intéresser au thé et aux sablés. « J’ai les solutions à vos problèmes, vous pouvez me parler sans détour. » Elle eut un autre sourire brillant de diamant. « Je vous écoute. »
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