Sujet: Du bois, du sang, et de la boue Dim 27 Nov - 17:16
Le voyage à travers les marais se déroulait dans un calme relatif. Mis à part les vrombissements des moustiques et les indications de Raymond pour rejoindre les abords de la cabane, il n'y avait aucun bruit. Il faut dire que l'ambiance morose des marécages n'était guère propice à la discussion. Monsieur Z appréciait bien cette atmosphère, bien plus que le bruit constant de la ville et les bavardages et cris incessants de la foule. Toutefois, il ne se laissa pas aller à la contemplation : la navigation dans les marais requérait une attention de tous les instants, si l'on ne voulait pas se retrouver échoué à cause d'une racine gigantesque qui émergeait à peine de l'eau et qui était passé inaperçue dans l'eau verdâtre. Si le zombie ne craignait guère de se retrouver à devoir marcher durant quelques jours dans les marais pour retourner en ville, il savait très bien que l'humain à ses côtés ne pourrait survivre à un tel périple, ou bien qu'il en sortirait probablement malade et fortement diminué. Aussi se concentrait-il sur sa tâche, gardant une vitesse tranquille aussi bien pour ne pas faire d'erreur malheureuse que pour rester le plus discret possible. Le moteur pétaradait déjà joyeusement, et le mort-vivant n'osait imaginer le bruit infernal qu'il devait faire une fois poussé à son maximum. Niveau discrétion, c'eut été assez moyen.
Finalement, ils finirent par apercevoir une cabane en bois entre les arbres. Aussitôt, le zombie coupa le moteur et sortit une des rames. Lentement, il guida le bateau jusqu'à une rive proche, où il échoua promptement l'embarcation. Il l'attacha solidement à un arbre, alors que le détective privé descendait lui-même de la barque. Lorsque le mort-vivant eut terminé son affaire, ils s'approchèrent tous deux d'un arbre d'où ils purent observer la cahute misérable à une centaine de mètres de là. Le zombie ne décela aucune activité, mais ses dons d'observation n'étaient pas au plus haut point.
Il murmura : "Alors, que fait-on ?"
Raymond Thompson
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Sujet: Re: Du bois, du sang, et de la boue Mar 29 Nov - 18:55
"On va essayer d'être plus discrêt que la dernière fois ?" Répondis-je en avançant.
C'est vrai qu'il ne valait mieux pas se planter. La merdeuse était sûrement à proximité. Le grabuge était donc à éviter autant que possible.
Je me déplaçais d'un pas lent en vérifiant méticuleusement où je mettais les pieds. J'avais beau être natif des environs, les marais ne m'étaient pas habituels. C'était plus un truc de Cajun. D'ailleurs Gus faisait partie de cette communauté. Ca risquait d'être plus dur que prévu.
Mes précautions se révélèrent fructueuses, puisqu'elles me permirent de repérer un fil de nilon tendu autour de la cabane avec quelques clochettes : une sorte de système d'alarme du pauvre.
Je me demandais bien ce qu'il foutait là ? Une telle discrétion était inutile contre les animaux sauvages des alentours. Et même si Vlad avait eu le courage d'avertir Gus de notre venu, je ne pense pas qu'un quelconque réseau passait dans le coin.
Je signalais le piège à Z, et continuais. Lors de mon approche une voix fémine et jeune me parvint de l'intérieur. Je ne saisis pas tous les mots, mais le ton suggérait le mécontentement.
Ce à quoi répliqua une autre voix énervée mais masculine avec un accent Cajun à couper au couteau.
Nous étions sur la bonne piste.
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Sujet: Re: Du bois, du sang, et de la boue Mar 29 Nov - 22:06
Le zombie évita aisément le fil tendu. Une surveillance primitive qui l'inquiéta, mais il n'arriva pas à saisir l'intérêt de l'installation. L'ermite devait être paranoïaque sur les bords. Il s'éloigna bien vite de ses pensées lorsqu'il remarqua la brusque attention de Raymond. A son tour, il écouta : il y avait... une voix féminine ? Et une voix masculine. Il suivit doucement le détective privé jusqu'à la cabane, plié en deux. Ils étaient proches de ce qui devait tenir lieu de fenêtre dans ce trou à rats. Le zombie jeta rapidement un coup d'oeil.
Il aperçut le vieillard, en partie de dos, qui parlait à quelqu'un qu'il n'apercevait pas. Il ressemblait à un vieil épouvantail mal habillé avec des mélanges de tissu brunâtres assortis de morceaux de cuir mal cousus. La cabane semblait joncher de pas mal de détritus et il pouvait voir quelques bouteilles d'alcool traînant ça et là, notamment dans la main de Gus. Un point qui l'inquiétait, mais il semblait ne pas être ivre. Enfin, pas encore.
Le zombie tenta de communiquer en quelques signes ce qu'il avait vu, la disposition du vieux et le fait qu'on ne pouvait pas voir son interlocutrice. Il fit comprendre que le Gus ne pouvait pas voir le détective s'il jetait un coup d'oeil vite fait, et qu'il vaudrait mieux qu'il regarde à son tour.
Il n'avait pas vu d'arme à feu ou même d'armes tout court. Il espérait qu'il n'y en avait pas à l'intérieur. Si le vieil homme s'énervait, il le mettrait aisément au tapis. Mais avec une arme... C'était différent.
Raymond Thompson
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Sujet: Re: Du bois, du sang, et de la boue Mer 30 Nov - 21:25
Sous l'invitation de mon partenaire, je risquais un coup d'oeil. On savait à présent où se situait l'occupant des lieux.
Normalement après avoir surgit par la fenêtre, je lui aurais collé mon arme sur la tronche, et plié l'affaire.
Seulement l'expérience précédente m'incitait à la prudence. J'indiquais à Z de continuer à surveiller, pendant que je faisais le tour de la maison.
Pendant ce temps-là la discussion à l'intérieur continuait.
"Je veux voir Vlad." Beuglais la jeune interlocutrice.
"C'est pas le moment de faire chier. Ils sont peut-être là pour nous. Alors tu la fermes."
Je passe sur le concours d'insultes, qui suivit. En tous cas il me permit de faire un tour du propriétaire. Il n'y avait personne d'autre.
J'avais également localisé la porte, qui ne pouvait donner que sur la pièce dans laquelle s'engueulaient les deux autres, puisqu'elle était unique.
J'enfonçais la porte en question, ce qui était loin d'être un exploit. Gongs, planches, serrures, tout tomba en ruine.
Au milieu de ce fatras poussièreux, je pris tout de même la pause le revolver pointé, et accompagné d'un : "Bouges pas."
Gus (je suppose) portait aussi bien sur le visage que sur sa tenue les traces de l'usure : une salopette terne, des bottes trouées, un crâne dégarnit, des épaules tombantes, des joues creuses...
Il agit en professionnel ou plutôt n'agit pas. Bien qu'il tenait de la main droit un vieux fusil à double canon, il ne tenta rien. Comprenant l'aspect défavorable de la situation Gus se contenta de rester immobile en arborant un air blasé.
Ce vieux vétéran vivant presque à la clochard ne me rassura pas. Je craignais d'y voir mon reflet futur. Paradoxalement cela me le rendit sympathique. Au moins je savais à quoi m'en tenir.
A ses cotés se trouvait la fameuse Jennifer avec son jean serré, son body, ses godasses à semelle compensées, son beau visage frais et maquillé.
Non contente de faire tâche visuellement dans le décort elle en rajouta au niveau du sonore. Elle poussa un cri de ? peur, hystérie... Il ne dura pas assez longtemps pour que j'en évalues la teneur.
Gus avec sa main libre lui administra une baffe magistrale, qui la stoppa dans son élan.
"Merci." Lui dis-je.
"De rien. Alors vous nous avez enfin trouver."
A la façon dont Gus s'adressait à moi comme une sorte de camarade de corvée, je me serais cru revenu chez les dockers.
Je me surpris même de baisser le canon de mon arme. Il était de se ressaisir.
"Z amènes-toi." Criais-je en remontant mon magnum et concentrant mon regard.
"T'as rien à craindre Jennifer."
"Je veux voir Vlad."
"Ta gueule." "Ta gueule."
Avons-nous dis quasiment en même temps. Sans la présence des armes je crois bien que nous aurions explosé de rire.
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Sujet: Re: Du bois, du sang, et de la boue Sam 3 Déc - 19:16
Monsieur Z pénétra à son tour par l'ouverture si gentiment ouverte par son collègue. Il jeta un petit coup d'oeil aux restes de la porte en bois. Tenter de la réparer consisterait dans les faits à faire une nouvelle porte, vu son état. Quand le détective décidait d'entrer, il n'y allait pas de main morte.
Le mort-vivant embrassa la scène du regard. Les deux hommes se faisaient face, l'un avec un fusil, l'autre avec son revolver. Raymond dominait clairement la scène par sa taille gigantesque. Quant à Gus, il semblait se rapetisser volontairement. Il était loin d'être petit, mais on le sentait usé et las. Apparemment, ce n'était pas de gaieté de coeur qu'il avait accepté ce boulot.
La jeune Jennifer se tenait un peu à l'écart, se frottant le visage avec les larmes aux yeux. Le zombie avait entendu le cri suivi du bruit d'une claque violente ; il comprenait maintenant ce qu'il venait de se passer. A la voir, il ne la prenait pas vraiment en pitié : c'était vraiment l'archétype de la gamine gâtée. La moue boudeuse, l'air puérile, le regard manquant clairement d'intelligence, elle était maquillée et avait un effort sur sa tenue, comme si cela avait une quelconque importance.
Toutefois... Il était facile de se tromper sur les apparences. Et puis, c'était elle la cible de leur contrat : il fallait réussir à la convaincre que tout allait bien se passer. Autant essayer d'être aimable.
"Mademoiselle Himes," déclara-t-il en s'approchant d'elle, contournant les deux hommes, "nous sommes ici pour vous aider. Nous avons été envoyés afin de vous retrouver et de vous ramener. Je..."
Il se prit une claque monumentale dès qu'il fut à portée.
"JE NE VOUS PERMETS PAS DE VOUS APPROCHER DE MOI, ESPECE DE MONSTRE DETERRE !"
Monsieur Z garda le sourire. Après tout, ce n'est pas comme s'il avait eu mal. Mais une folle envie d'étrangler cette gamine insolente le prit. "Mademoiselle Himes, dois-je rappeler que votre ami Vlad, aussi connu sous le nom de Clark Kent, est un mort-vivant lui aussi ? Je vous prierai de ne plus recommencer ce genre de choses."
Jennifer tenta de lui remettre une claque, mais il bloqua simplement le coup en interposant son bras. Elle réussit à se faire mal et gémit en reculant un peu, puis commença une longue tirade geignarde qu'il ne prit pas la peine d'écouter. "Monsieur Ray, vous voulez que je l'emmène au bateau délicatement ou non délicatement ?"
Raymond Thompson
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Sujet: Re: Du bois, du sang, et de la boue Dim 4 Déc - 8:21
Cette scène démontrait si c'était encore nécessaire que la classe n'était pas une question de fric. Z restait digne malgré le terrible coup que la petite pétasse venait de lui infliger. Et je ne parle pas de la baffe. Tandis qu'elle cette merdeuse pleurnichait à cause de son bobo au poignet.
Inutile de préciser vers qui allait ma sympathie. Hélas il y avait des priorité à respecter et un compte en banque à remplir.
"La délicate. Ses parents sont nos employeurs."
Instinctivement mon regard s'était tourné vers Z en m'adressant à lui. Heureusement pas assez. Je pus voir l'amorce du mouvement de Gus.
"Un dernier détail." Dis-je cette fois à son attention en tendant une main.
L'autre comprenant l'échec de sa tentative continua à relever son fusil, mais en me présentant la crosse. Je lui pris son arme sans un signe de rancune, bien qu'il ait tenté de me tuer. C'était les affaires, qui voulait cela.
"Tu sais petit gars, cette fille représente peut-être plus de pognon que tu le crois si..." Commença-t-il à dire avant que je le coupe.
"J'ai déjà un contrat et t'es mal placé pour m'appeler petit."
"T'irais pas loin comme çà."
"Parce que t'es arrivée quelque part, toi."
Notre charmant tête à tête fut interrompu par les clochettes d'alarme.
Je me demande si ce retour de baton m'était pas nécessaire au final. Tout avait été si facile juste un vamp à la stupidité effarante, et un vieux pénant à soulever son flingue.
J'amenais Gus à la fenêtre afin de ne pas le perdre de vu tout en regardant l'origine du bruit.
Il s'agissait de cinq zombies. Quatre étaient des zombies cadavres et le restant un zombie original. Je reconnais qu'ils étaient bien conservés surtout l'original. Il était même dur de ne pas le confondre avec un norme.
Ils étaient tous des hommes noirs en costumes sombres styles pompes funèbres. Les traces de boues dessus indiquaient, qu'ils crapahutaient depuis un certain temps dans le coin.
Ils n'étaient pas là par hasard. Personne ne se rendait dans ces putains de marais par hasard.
"C'était avec eux que tu m'as confondu tout à l'heure ?" Demandais-je à Gus.
"Ouais." Se contenta-t-il de répondre en ajoutant un rire sombre signifiant : je suis dans la merde, mais vous aussi.
Je me tournais cette fois vers Z. Car même si ce n'était pas mon style, un plan de bataille allait peut-être devoir être nécessaire.
"Bon ils n'ont pas l'air armé, ni de nous avoir encore vue. Mais ils nous bloquent l'accès du bateau et se savent repéré. Avec mon magnum je peux ralentir un zombie, et si je vise bien la tête le tuer. Seulement ils sont cinq. Avec mes six balles la marge d'erreur est limitée. Et j'ai pas l'habitude de ces vieilles pétoires."
"Moi je l'ai." Glissa Gus comprenant que je parlais de son arme.
"Si t'as une idée, c'est le moment." Poursuivis-je en feignant de ne pas avoir entendu la remarque.
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Sujet: Re: Du bois, du sang, et de la boue Mar 6 Déc - 22:25
Monsieur Z laissa la jeune Jennifer prostrée dans son coin et alla jeter un coup d'oeil à la fenêtre. Il y avait effectivement cinq zombies aux allures peu amènes. Au moins, eux étaient bien habillés, bien qu'un peu sales. Le mort-vivant regarda son propre costume : il n'était pas vraiment dans un meilleur état. Il eut une petite pensée à la note que son teinturier allait lui refiler, mais il y avait plus urgent : les zombies s'approchaient lentement, faisant comprendre qu'ils se savaient repérés et qu'ils ne craignaient absolument rien d'eux.
Peut-être pensaient-ils qu'il n'y avait que Gus et Jennifer ? Tout dépendait de s'ils avaient vu la barque ou non. S'ils pouvaient les prendre par surpr...
"GUS !", cria le zombie le mieux conservé d'une solide voix grave et autoritaire, "Nous ne vous voulons aucun mal ! Donnez-nous la fille, et nous repartirons aussi vite. Cela vaut aussi pour vos deux amis qui ont laissé de bien jolies traces dans la boue. Nous n'avons que faire de vous. Je vous laisse quatre minutes pour vous décider."
"'fait chier.", murmura Monsieur Z. Ca avait été plus fort que lui. Il n'aimait pas être grossier, mais là, être poli passait au second plan. Il commença à réfléchir à toute vitesse. La situation semblait désastreuse, mais quelque chose le chiffonnait. Pourquoi attendre ? Un délai de grâce pour les faire mariner et paniquer ? Ils auraient pu foncer dans le tas directement. Ou bien... Ou bien ils ne savaient pas s'ils étaient armés ou non. Et ils ne savaient pas ce qu'ils étaient capables de faire.
"Monsieur Ray, je pense que la meilleur solution va être de jouer au bluff. Et d'improviser sévèrement."
Son plan était simple. Le zombie passait devant, armé du fusil, Raymond derrière en tenant en otage la fille avec son magnum. Quant à Gus... Ils pouvaient le laisser là, ou bien le prendre avec eux.
"Il pourrait me servir si nécessaire."
"Je jouerai pas les boucliers humains pour un type déjà clamsé", grogna le vieux mercenaire.
"Ce n'était pas mon but. Mais si vous préférez, vous pouvez rester dans votre cabane. Comme ça, si on arrive à passer, ils vous casseront les doigts jusqu'à ce que vous parliez."
Il grommela un moment. Apparemment, cette perspective ne le réjouissait pas plus que l'autre. Dehors, le zombie cria :
"Une minute messieurs-dames ! Une minute !"
"Notre plus grand souci, ce sera lui", déclara Monsieur Z. "Les autres ne vous causeront pas de soucis vu votre carrure. Essayez seulement de les faire tomber, pas la peine de les tabasser. De une, ça ne servirait à rien, ils ne le sentiraient pas et ça ne les arrêteraient pas. De deux, un zombie peu agile comme ceux-là à énormément de mal à se relever dans la boue marécageuse. Si nous passons en force et qu'ils sont désarmés, on s'en sortira. S'ils sont armés, je prendrai les balles et vous couvrirai."
Monsieur Z jeta un nouveau coup d'oeil par la fenêtre. Il n'aimait pas tout cela. Il n'aimait pas cette histoire. Il n'aimait pas avoir à peut-être tuer pour de bon un de ses semblables. Il n'aimait pas avoir à risquer la vie d'être humains à part entière. Il n'aimait pas ne pas savoir comment tout ceci allait terminer.
Alors pourquoi se sentait-il aussi ... vivant ?
Il jeta un regard brillant vers le détective. "Alors Ray, ça vous tente ?"
Raymond Thompson
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Sujet: Re: Du bois, du sang, et de la boue Mer 7 Déc - 7:56
Enfin Z se décidait à m'appeler Ray. Et je ne le relevais même pas à cause de la situation.
"Putain, oui." Répondis-je avant de balancer Jennifer sur mon épaule, qui en était encore à essayer de comprendre la situation.
J'étais en état d'excitation, près au combat. Il valait mieux agir avant que cela retombe.
Je me permis juste une remarque avant le début des hostillités.
"Z attend qu'ils soient près avant de tirer."
Foncer dans le tas , nous procurait un effet de surprise indéniable surtout que nous étions pas les assaillants. Cela compensait du moins temporairement notre désavantage numérique. Bref çà passait ou çà cassait.
En ce qui me concerne l'affrontement fut assez confue. Et plusieurs éléments me manquent notamment les actions de Z et de Gus. Je ne suis même pas capable de dire si mon complice a fait usage de son arme à cause de mes propres détonations. En tout cas je peux remercier le destin de m'en être tirer à si bon compte.
Nos adversaires étaient sagement alignés avec le zombi original au centre, un vrai régiment.
Une fois les deux autres passés, je franchissais la porte et tirais sur le machabé en chef. Le magnum 44 est un super flingue, qui surpasse un bon nombre d'armes d'épaule. Seulement il est pleinement efficace avec deux mains. Et j'avais besoin d'un de mes bras pour maintenir la merdeuse sur mon épaule. Mine de rien cette erreur manqua de tout foutre par terre.
Mon tir au lieu d'atteindre le front finissa dans la partie gauche du visage dont il emporta une bonne partie l'oeil comprit. L'original à terre, je dus faire face aux deux autres sur la droite. Pour des zombies ils étaient plutôt vifs presque humains.
Je persistais à ne tirer que d'une main. Résultat quatre balles furent nécessaire pour stopper la charge d'un des zombies. Même pas foutu de faire un headshot !
L'autre étant trop près, je balançais mon fardeau et rangeais mon arme avant de passer au corps à corps.
Je placais un bon direct en pleine tête assez facilement compte tenu de la lenteur de mon adversaire.
Hélas cela ne suffit pas, et j'étais à portée à présent. J'aurais du plus faire dans le out-fighter, garder mes distances.
L'autre se la jouait à la George Foreman puissant mais prévisible. Je pus lever ma garde et reculer suffisamment pour encaisser sa frappe.
Il tenta un nouveau coup. Mais il était si lent, que je tentais un contre toujours en visant le visage.
Nos forces combinées eurent un effet disons surprenant. Je décapitais littéralement le zombie.
Moi-même j'étais surpris et en oubliais ma douleur à la main au passage. Puis ce fut le silence. Les autres protagonistes avaient visiblement finis eux aussi.
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Sujet: Re: Du bois, du sang, et de la boue Jeu 8 Déc - 22:24
Monsieur Z fonça dès qu'il sortit de la cahute, accompagné d'un Gus réticent deux pas derrière lui. Raymond avait déjà sorti son magnum et tenta de mettre à terre le chef des zombies, mais l'attaque ne le terrassa pas, hélas. En revanche, il fut défiguré pour le compte, et fut désorienté pendant quelques instants. Monsieur Z en profita et lui fonça dessus, le jetant à terre d'un vilain coup de crosse dans la figure. Puis il alla prêter un coup de main au vieil homme, qui avait tenté vainement de s'enfuir discrètement et se retrouver avec deux zombies sur le dos.
Il n'hésita qu'une seconde et frappa bien sévèrement dans le dos d'un de ses congénères à l'aide du fusil, puis retourna l'arme rapidement et la braqua sur la tête du mort-vivant qui se retournait. Il n'eut que le temps de comprendre lorsque le coup partir, lui arrachant proprement la mâchoire et une bonne partie du cou. Monsieur Z lui fit un croche-pattes, puis s'attaqua à l'autre zombie miteux. Il ne le tua pas non plus, se contentant de le mettre à terre, comme il l'avait indiqué avant l'assaut. Pas la peine de se casser les pieds avec ce genre de zombies : ils auraient un mal fou à se relever dans la boue, surtout si on s'amusait à leur briser les membres au passage. Ca ne leur faisait pas mal, mais allez vous relever correctement quand on a une articulation qui part dans le mauvais sens.
Monsieur Z entendit plus qu'il ne sentit le coup de feu. Puis un autre. Faisant fi de l'aversion qu'il avait envers Gus, il le jeta à terre pour lui éviter une balle perdue et se retourna prestement, alors qu'une autre balle lui traversait à nouveau le corps.
C'était le zombie le mieux conservé, qui essayait tant bien que mal de viser correctement avec un merveilleux Glock de dernière génération. Dommage qu'il soit difficile de viser avec un seul oeil.
Lorsque le défiguré comprit que celui sur qui il tirait était aussi un zombie, il était déjà trop tard pour réajuster le coup. Monsieur Z se jeta sur lui et visa aussitôt l'autre oeil, qu'il tenta de frapper de toutes ses forces. L'autre se protégeait tant bien que mal, mais il était vraiment en mauvaise posture et Monsieur Z n'eut aucun mal à le rendre aveugle. Après quoi, ce ne fut plus qu'une rigolade pour le calmer suffisamment.
A ce moment-là, Monsieur Z lui murmura : "La prochaine fois, tu diras à ta maîtresse qu'on ne se mêle pas des affaires où je suis employé. Et surtout pas en tirant sur des mortels, compris ?"
Plutôt que d'attendre une réponse ou une faible contre-attaque, Monsieur Z se releva et le laissa là, les membres suffisamment amochés pour qu'il lui faille trop de temps pour se relever.
C'est alors que Gus se ramena avec la pétoire.
Monsieur Z avait oublié qu'il l'avait jetée au sol en même temps que le vieil homme. Il craignit un instant que sa courte mort-vivance cesse là, mais l'ermite avait l'attention fixée sur le zombie défiguré au sol. Dès qu'il fut à portée suffisante, il pointa le fusil sur la tête du zombie : ce ne fut qu'un réflexe rapide qui empêcha le zombie aveugle de rejoindre définitivement l'au-delà. Monsieur Z récupéra le fusil qu'il venait de récupérer.
"Il m'aurait tué si j'avais été à votre place, bordel ! Il a pas hésité à tirer sur nous ! - Le meurtre d'un zombie comme lui n'en reste pas moins un crime, Gus. Et ici, c'est moi qui décide, c'est clair ? "
Gus essaya de faire baisser le regard à Monsieur Z. Autant tenter de gagner un concours de patience avec un rocher. Il grommela un peu puis se détourna de la scène.
"Barrez-vous de chez moi, tous autant que vous êtes."
Il retourna à sa cabane.
Monsieur Z jeta la vieille pétoire au sol, puis un coup d'oeil à son veston. Du sang, et trois trous dans le torse. Il se retint de jurer une nouvelle fois. Ca allait encore être déduit de son "salaire", ça. Il jeta un coup d'oeil à Raymond Thompson : celui-ci n'avait eu aucun problème avec ses zombies. Jennifer continuait de hurler, sur l'épaule du détective.
"Vous pouvez lui mettre une fessée pour la faire taire, Monsieur Ray. Je pense que ça la calmera."
Raymond Thompson
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Sujet: Re: Du bois, du sang, et de la boue Dim 11 Déc - 11:21
Je jetais un coup d'oeil circulaire afin de voir où en était le reste de l'équipe.
La merdeuse passa en premier au vue de son importance finançière (je sais c'est injuste). J'ignore ce qu'elle avait tenté de faire : fuir, se cacher.... en tous cas elle pataugeait pitoyablement dans la boue à la limite de la noyade. On ne pouvait pas lui reprocher d'avoir paniquer.
Z malgré quelques balles encaissées était victorieux et s'occupait de calmer les envies de vengeance de Gus, qui lui aussi s'était prit quelques coups.
Je ramassais la jeune Himes tout en observant la scène. Les ardeurs du vieux cajun furent au fond facile à calmer.
Il était assez flippant de voir comme tous les trois retrouvions notre calme tout juste après avoir risqué nos vies. La lassitude des vétérans, je supppose. Evidemment mon fardeau se crut obligé de briser ce court retour au calme. Tous ces évèments faisaient trop pour son jeune cerveau. Elle nous fit une crise nerf : entre pleurs et cris, elle beugleait quels mots sans cohérence.
Sous la proposition de Z je portais le regard sur la jeune paire de fesse rebondie. Ca me changeait de tous ces choses avachies et usées je croisais si souvent y compris mon reflet dans la glace.
"C'est une idée." Répondis-je en souriant.
"Ah et bravo pour... le combat." Ajoutais-je maladroitement.
Z avait bien droit à quelques compliments, seulement cela n'était pas dans mes habitudes.
Je sortais également un gros "ta gueule" à l'intention de Jennifer suivi de la promesse de retour au bercail. Cela suffit à la rassurer.
J'aurais aimé être dans son cas. Hélas je venais d'apprendre que Mama Blake n'était pas seulement en affaire avec Vlad, mais d'une certaine manière avec nous.
Changer de camp constituait sans doute une sage décision, mais il fallait bien conserver certains principes.
L'élément qui m'intriguait le plus, restait le fait que les sbires de Blake s'intéressent à la jeune Himes en même temps que nous.
Pour les précisions il valait mieux attendre. Le retour à la civilisation demeurait prioritaire, car il nous protégerait du moins en partie.
Hélas une surprise nous attendait. Les zombies de Blake étaient meilleurs que je ne le pensais. Ces enfoirés avaient pris leurs précautions en bousilllant notre esquif. Même le moteur baignant dans la boue ne devait pas être récupérable.
Putain nous étions à deux pas de la fin du contrat. J'essayais de conserver mon calme et de rélféchir. Je posais Jennifer sur le sol. Elle était à peu près sereine. Je tentais ma chance : "Comment t'es venu jusqu'ici ?" "Vlad avait loué un bateau." "Et il est repartit avec ?" "Oui." "Et merde." "Vous inquiètez pas. Il va revenir me chercher." "Tu crois qu'on peut attendre !" Balançais-je afin de ne pas trop massacrer ses illusions.
Hé oui il m'arrivait d'être humain parfois.
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Sujet: Re: Du bois, du sang, et de la boue Mar 13 Déc - 21:38
Monsieur Z regarda d'un oeil terne la carcasse du bateau. Difficile de dire si c'était son état de zombie ou bien une certaine déprime qui s'abattait sur lui. Toujours est-il qu'il n'eut qu'un petit haussement d'épaules, tout en informant la jeune fille de leur situation :
"Vlad, de son vrai nom Clark Kent, était dans un bien sale état lorsque nous l'avons vu pour la dernière fois. Je pense qu'il est occupé avec la police, à l'heure qu'il est, et s'il ne l'est pas, je pense que sa dernière envie est de recroiser notre route. Pour le moment, il va se terrer. Enfin, les zombies que nous avons mis à terre et qui grognent encore sont liés à leur maître. Inutile de dire que s'il a des forces en supplément pour vous cueillir, il ne se gênera pas pour les envoyer le plus vite possible."
Le tout dit d'une voix morne et monotone. Il faut dire qu'il pensait à autre chose. Précisément, à un moyen de s'en sortir. Il se retourna vers Gus, occupé à fouiller les poches des zombies. Il avait trouvé trois fois rien, mais il ne désespérait pas : il était en train d'enlever les chaussures en marmottant quelque chose, probablement le prix qu'il pourrait en tirer une fois en ville.
Monsieur Z vint vers lui, tout sourire.
"Dites-moi, Gus. Vous avez une embarcation je suppose ? - Oui pour..."
Tout à sa tâche, il n'avait pu se retenir de répondre. Mais il comprit assez vite.
"Je vous interdis de partir avec ! C'est mon bateau ! Je ne vous permets pas de monter dedans, et de toute façon... - Du calme. Vous venez avec nous. - Plutôt crever. - Ca peut s'arranger."
Gus jeta un regard noir au zombie. Prenait-il sa menace au sérieux ? Probablement pas. Mais il se doutait que le zombie n'hésiterait pas à le tabasser ou bien à le refiler au détective, qui était un peu moins "gentil" que Monsieur Z lorsque c'était nécessaire.
"Bon, d'accord. Je l'ai planqué un peu plus loin."
Il cracha au sol, plus par habitude qu'autre chose, et s'éloigna d'un pas traînant. Il fila un coup de botte bien placé au zombie encore en état de bouger, mécontent. Le vieil homme marmottait dans sa barbe, mais Monsieur Z n'en avait cure.
"Monsieur Ray ? Je nous ai trouvé notre moyen de rentrer à la civilisation."
Raymond Thompson
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Sujet: Re: Du bois, du sang, et de la boue Sam 17 Déc - 12:35
Lorsque Z asséna ses quatre vérités à Jennifer, je me mis à souhaiter sa mort.... enfin une mort encore plus... mort.
Car la gamine en resta d'abord bouche bée, mais on sentait l'explosion venir. Je ne voulais pas d'une hystérique bruyante et imprévisible à mes cotés.
"Tes parents lui ont du lui glisser quelques billets, pour qu'il te dise çà." Improvisais-je. "Mais moi j'accepte pas ce genre de deal. On a bien croisé Vlad. Mais le bousculer n'a pas été nécessaire. Ca ne lui plait pas de te savoir ici. Le mieux pour le moment est de te ramener chez tes parents. Après tu verras, d'accord ?"
Mon histoirie était un peu bacléé, et je ne fus pas particulièrement convaincant en la récitant. Mais l'essentiel pour un mesonge est son attraction pas sa crédibilité. Et la petite Himes avait envie d'y croire, donc cela suffit.
Elle hocha un timide hochement de tête et m'adressa un sourire réjouit. Putain si j'avais eu 20 ans de moins et des crocs !
Puis nous rejoignimes les autres. Z m'annonça enfin une bonne nouvelle.
"Bien jouer." Dis-je à haute avant de murmurer "Pas comme tout à l'heure."
L'embarcation derrière les feuillages, était l'un de ses hovercrafts locaux dans une version husée très husée. Toutefois elle avait été rapiécé çà et là. Je crois q'au final nous y gagnions. Au moins l'engin était mieux adapté. C'est comme si nous passions d'une poubelle standard à un poubelle à poignée. Jamais une comparaison ne me sembla plus judicieuse.
Avant le départ il fallait régler d'autres problèmes. Comme d'habitude je commençais par le plus simple.
"Tiens." Dis-je à Z en lui tendant mon manteau. "Ca cachera tes blessures par balle et évitera les questions embarassantes."
Je passais à Jennifer qui me collait à présent, puisque j'étais le seul défenseur (officiel) de Vlad. J'eus dû mal à la persuader de se placer à l'avant pour sa soi-disante sécurité afin de m'entretenir seul à seul avec Gus.
"Tu sais Gus. Je suis pas un gros bras mais un détective." "Et alors ?" Répliqua-t-il sans chercher à comprendre. "Ca veut dire que je suis pas juste bon à flinguer et cogner. Je sais aussi repérer des détails et en tirer des conclusions." Mon interlocuteur demeura cette fois muet. Il comprenait que je faisais passer un message. "Comme par exemple les impacts sur Z. Ils proviennent d'une arme feu vraisemblablement tenue par un des zombies de tout à l'heure. Tu sais ceux que tu viens de fouiller."
Suivi le moment de tension durant lequel Gus dû choisir entre le bluff ou l'action. Il opta pour la seconde. Heureusement j'avais prévu le coup et saisit son poignet lorsqu'il sortit son arme.
L'arthrite ça ne pardonne pas. Serrer un peu suffit à le faire lâcher. Curieusement Gus n'eut pas tellement peur, il garda même un certain sang-froid.
"C'était pour ma sécurité, si d'autres connards arrivaient. Votre pote ne m'aurait jamais laisser le prendre."
"C'est possible. Mais je ne prend pas le risque. Tu dégages. On rentre sans toi."
"Putain vous allez pas me laisser dans un endroit pareil sans de quoi me défendre."
Ce vieux fou projetait peut-être de nous descendre, pourtant je le trouvais touchant à sa façon. Il ne pleurnichait pas, se contentait d'énumérer les faits. Bref il conservait une certaine dignité.
Je balançais le flingue dans un lieu dégagé et assez loin pour que nous soyons partit avant sa récupération. De toute façon c'était un glock. J'étais toujours détesté cette gamme de pistolets hypersécurisés avec assez de balles dans le chargeur pour tenir un siège. C'était l'arme des amateurs, pour qu'ils soient dangereux tout de même. En résumé un truc de tricheur.
Gus ne me remercia pas oralement. Il se contenta d'un geste. Je ne m'attendais pas à plus. Il était temps de rejoindre le port.
Du bois, du sang, et de la boue
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