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 Laver son linge sale en famille - Terminé

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Charlie Oliveira
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MessageSujet: Laver son linge sale en famille - Terminé   Ven 4 Nov - 14:07

Charlie avait été assez étonnée de recevoir un coup de fil de Luka, mais pas autant qu'en entendant ce qu'il avait à lui dire. Il était passé la voir chez elle dans la matinée, et ils avaient discuté assez longtemps. Elle lui était reconnaissante d'être venu lui parler, et elle s'était promis de trouver un moyen de le remercier pour son intervention. Elle était persuadée qu'il ne lui avait pas tout dit, mais elle pouvait comprendre qu'il ne veuille pas dévoiler les secrets de son meilleur ami. De toute façon, il lui en avait appris suffisamment; Grâce à lui, elle comprenait enfin pourquoi son frère la fuyait depuis un moment.

Elle s'était demandé si c'était de sa faute, si elle avait commis une erreur, fait ou dit quelque chose qui aurait repoussé Max. Elle y avait souvent repensé, ressassant dans sa tête les derniers évènements pour tenter de savoir ce qu'elle avait pu faire de mal. N'ayant pas réussi à trouver de réponse, elle n'avait pas osé aller vers lui, même si voir son frère s'éloigner d'elle de cette façon lui brisait le coeur chaque jour un peu plus. Surtout en devant affronter sa froideur chaque jour au travail. Maintenant seulement, elle comprenait qu'il avait subit exactement les mêmes tourments qu'elle, que lui aussi se pensait en tort. Comment est-ce qu'il avait pu croire qu'elle avait peur de lui ? C'était son protecteur, celui qui avait toujours veillé sur elle, et la dernière personne qu'elle pourrait craindre. Même après elle-même.

Luka lui avait conseillé de parler avec son frère, et elle était d'accord avec lui sur ce point. Elle venait de le retrouver après toutes ces années d'attente, elle n'aurait pas supporter de le perdre à nouveau, surtout comme ça, aussi stupidement. Elle s'était demandé si elle devait attendre le moment opportun, trouver une occasion. Mais elle se rendit compte qu'elle n'en aurait pas le courage. Si elle avait une chance récupérer ce frère qu'elle aimait tant, elle ne voulait pas la retarder.

Elle arriva donc en avance au Wild et, un peu anxieuse, attendit. Ce n'était peut-être pas très professionnel, de régler ses problèmes familiaux pendant les heures de travail, mais à cet instant, elle s'en fichait royalement. De toute manière, il y avait déjà d'autres aspects de ce projets qui avaient perdu de leur "professionnalisme"... Comme souvent, Max arriva un peu en avance, et la lémurienne saisit cette occasion. D'autres employés étaient également déjà arrivés, donc elle fit de son mieux pour garder son air de "patronne" devant eux. Surtout qu'ils ne savaient rien de la relation qui unissaient les deux métas.

"Aaron, je voudrais te voir dans le bureau un moment, s'il te plaît."

"L'invitation" n'allait probablement pas lui plaire, mais elle ne se sentait pas capable de faire mieux. Et elle comptait sur le fait qu'il éviterait de remettre en cause son autorité professionnel devant les autres. Donc, sans attendre qu'il réponde, elle se mit en route vers l'arrière-salle, où avait effectivement été installé un bureau, que la jeune femme utilisait habituellement pour s'occuper de tout ce qui était administratif. Un certain nombre de feuilles en désordre recouvraient d'ailleurs le meuble, mais c'était sans importance.

Quand le loup entra à son tour, et eut fermé la porte, la jeune femme se défit de son masque neutre et, sans plus de cérémonie, lui annonça d'une voix douce, teintée d'une légère tristesse.

"Luka est venu me voir. Je crois qu'il faut qu'on discute, toi et moi..."

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MessageSujet: Re: Laver son linge sale en famille - Terminé   Ven 4 Nov - 21:00

Depuis l’épisode qui s’était déroulé entre Luka et Aaron, le Stigma avait affiché un autre état d’esprit mais était resté totalement fermé à sa petite sœur. Rien n’avait pu y faire et s’il n’avait pas quitté la Nouvelle-Orléans pour son « frère », il ne savait toujours pas comment réagir avec celle qui le craignait, quoique puisse en penser l’Oméga. Il ne pouvait pas se tromper, il ne la connaissait que trop bien. Elle avait eu peur de lui, de ce qu’il avait fait, de ce qu’il pourrait faire. Comment pouvait-il lui en vouloir ? Il restait un meurtrier, rien de plus, rien de moins. Il avait tué pour la Meute, parfois tué pour survivre ou simplement « dans le feu de l’action » lors de bagarres souvent non désirées. La vie n’avait presque plus de valeur pour lui qui avait passé toute ces années à l’ôter à ceux qui ne la « méritait » plus pour une simple question d’honneur. Il avait surement transgressé plus de lois en un jour qu’elle n’aurait pu le faire en toute une vie. Comment vivre aux côtés d’un « grand-frère » dont la violence et la mort était presque le quotidien ? Comment ne pas comprendre qu’elle puisse avoir peur qu’il s’emporte et lui fasse du mal voire ne la tue ? Les crimes passionnels n’étaient pas ce qui manquait de nos jours et un homme au passé aussi violent qu’Aaron était probablement un fratricide particulièrement potentiel.

Et puis il y avait aussi ce foutu sentiment de culpabilité qui n’arrêtait pas de l’étreindre, cette sensation de ne pas avoir été à la hauteur quarante ans plus tôt et qu’il ne le serait jamais, que, de toute façon, il ne valait rien comme grand-frère et qu’il aurait été mieux pour tout le monde qu’ils ne se rencontrent plus jamais, que chacun pense que l’autre était mort et l’univers tout entier s’en serait mieux porté. Tout cela n’avait pas contribué à améliorer l’état du Stigma qui, pour autant, affichait un sacré professionnalisme au bar. Certes, il restait distant avec sa sœur – bien que personne ne soit au courant – et se contentait de maigres échanges lors des commandes, inévitables. Il se demandait d’ailleurs si elle déciderait un jour de le renvoyer. L’ambiance était visiblement lourde entre eux deux, il ne fallait pas être idiot pour le voir et tous les autres employés se doutaient qu’il y avait anguille sous roche. Ils ne savaient bien entendu rien sur le « pourquoi » mais on voyait bien qu’il y avait de l’eau dans le gaz entre les deux métamorphes sans pouvoir vraiment comprendre quelle pouvait en être la raison sous-jacente.

Comme d’habitude, il avait passé une courte nuit, agrémenté d’un cauchemar comme il en faisait ces derniers temps, surtout depuis l’incident du Wild Bar. Un programme dument affiché par son subconscient mais il avait décidé de passer outre. Il était habitué à ne pas dormir beaucoup et surtout pas bien. Quelques heures de sommeil en plus ou en moins n’allaient pas l’entamer plus que d’habitude. Il avait bu un café qu’il avait fait lui-même, laissant l’excédent aux deux autres habitants des lieux. Il avait ensuite quitté l’appartement en fin de matinée afin de faire un petit tour à moto, le temps de se changer les idées, avant de reprendre la direction du Wild Bar après plusieurs heures de route et un arrêt pit-stop à la station d’essence du coin. Comme toujours, il arrivait en avance, histoire d’avoir le temps de se changer tranquillement et de prendre possession du bar. Sauf que, cette fois-ci, alors qu’il rentrait dans l’établissement, Charlie s’adressa à lui, lui demandant de la rejoindre dans son bureau. Il s’était arrêté, surpris, mais se dit qu’elle s’était peut-être résignée à le mettre à la porte. Il acquiesça en silence et suivit la Lémurienne sans passer par la case « change » étant donné qu’il quitterait peut-être le Wild Bar dans la foulée de ce « petit moment ».

Il rentra à sa suite dans son bureau et referma la porte derrière lui sans attendre qu’elle lui demande de le faire. Il resta silencieux le temps qu’elle prenne la parole, il n’avait rien à dire, alors si elle voulait lui parler, c’était à elle de le faire. Alors qu’il s’attendait à ce qu’elle lui annonce qu’elle préférait qu’il quitte le bar, la première phrase le sidéra. « Luka » ? N’avait-il pas dit qu’il tenterait quelque chose ? Qu’est-ce qu’il avait bien pu lui dire ? Discuter ? Que pouvait-ils bien se dire ? Il braqua son regard ambré dans celui, jumeau, de sa petite sœur.


« - De quoi veux-tu qu’on discute ? Y’a-t-il seulement matière à parler ? » Son ton était froid, distant, comme il l’avait été depuis l’incident, à chaque fois qu’ils s’étaient parlés. Pour lui, il n’y avait rien à dire, rien à soulever, rien à remuer. Le passé était le passé et, par définition, il était mort et révolu. Ce qu’ils avaient pu être était dorénavant englouti par le flot du temps et, il fallait se rendre à l’évidence, ils n’étaient probablement plus que des étrangers l’un pour l’autre.

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MessageSujet: Re: Laver son linge sale en famille - Terminé   Ven 4 Nov - 21:52

Il l'avait suivie sans broncher, et avait fermé la porte derrière lui, comme elle s'y attendait. Quant à lui, s'il s'attendait à quelque chose, ce n'était apparemment pas à voir ce qu'elle venait de dire, à voir le léger étonnement qu'elle remarqua dans son regard. Luka n'avait donc pas prévenu Aaron qu'il viendrait parler à sa soeur ? C'était possible après tout, le loup était resté plutôt évasif sur le sujet, comme sur quelques autres, d'ailleurs. Mais ça n'avait plus vraiment d'importance, elle avait décidé de se passer d'intermédiaire à partir de là.

C'était le moment où commençait la partie difficile. De manière assez prévisible, son frère lui répondit de manière distante, cherchant à clore une discussion qui n'avait pas même pas encore commencé. Elle avait beau savoir, au moins en partie, pourquoi il réagissait de cette manière, elle n'en avait pas moins l'impression de recevoir une claque à chaque fois qu'il avait ce comportement. D'ailleurs, une note de tristesse passa dans le regard de la lémurienne, qui fixait ses yeux d'or dans ceux de son frère.

"J'aimerais que tu arrêtes de me repousser systématiquement..."

La remarque lui avait échappée et, bien qu'elle soit vraie, la jeune femme se demanda si elle avait bien fait de commencer par là. En fait, elle se rendit qu'elle ne savait pas par où le prendre, elle craignait de le laisser fuir à nouveau si jamais elle ne disait pas les bonnes choses dans le bon ordre. Il avait beaucoup changé depuis qu'ils s'étaient perdus, et le peu de temps qu'ils avaient passé ensemble ne lui avait clairement pas suffit à le cerner complètement, surtout avec les secrets qu'il tenait à garder encore. Malgré tout, elle reconnaissait toujours en lui son frère, cette part inaltérable de lui qu'elle sentait toujours, mais qu'il avait décidé d'enfouir pour une raison obscure.

D'un geste nonchalant, elle repoussa quelques documents qui dormaient sur le bureau où elle s'assit, avant de poser ses pieds sur la chaise qui attendait devant, et d'enrouler ses bras autour de ses genoux comme une petite fille. Elle n'avait pas quitté son frère des yeux, comme si il risquait de s'évaporer si elle le perdait du regard ne serait-ce qu'une seconde. Elle avait presque l'impression que c'était ce qui risquait d'arriver, d'ailleurs.

"J'ai cru que j'avais fait quelque chose, que tu m'en voulais pour une raison, et que c'est pour ça que tu m'évitais. J'en dormais plus la nuit tellement je me sentais mal de te perdre encore et de même pas savoir pourquoi."

Ca n'avait rien d'un reproche, elle se contentait d'énoncer des faits. Elle ne savait toujours pas comment aborder la question, mais elle avait besoin de mettre de l'ordre dans ses idées, alors elle avait commencé à parler, en disant ce qu'il lui passait par la tête. Elle avait trouvé un bout à la pelote de ses pensées, il ne restait plus qu'à arriver à la dérouler. Mais ce n'était pas si facile, surtout qu'elle était effectivement fatiguée. D'ailleurs, avec toute cette histoire, elle n'avait pas eu le temps de passer par la case maquillage ce jour là, et les cernes qu'elle dissimulait depuis quelques temps se faisaient bien visibles. Sans laisser le temps à son frère de réagir à ce qu'elle venait de dire, elle reprit la parole, avant de perdre le fil de sa pensée.

"Mais d'après ce que Luka m'a dit, je me trompais. Même s'il a pas été vraiment très explicite. Ton ami n'est pas très loquace quand il parle de toi, tu sais ? Enfin bref, il m'a donné des pistes, mais je pense qu'il a oublié certains passages. Alors j'aimerais que tu me dises, toi pourquoi tu me fuies comme ça."

Et puis ce fut comme un déclic. Comme si elle venait de dérouler sa bobine, elle eut l'air de revenir à la réalité. Son regard refit le point sur Max, qu'elle fixait quelques secondes auparavant comme si elle regardait à travers lui. Maintenant, c'était bien lui qu'elle voyait, elle n'était plus dans ses pensées mais bien présente, et sa voix avait un ton moins lointain lorsqu'elle reprit.

"Est-ce que tu crois vraiment que je pourrais avoir peur de toi, Max ?"

Cette fois, elle ne masquait même plus la tristesse qui perçait dans ses paroles. Elle était triste qu'il puisse penser ça d'elle, se tromper à ce point sur son compte, mais surtout triste en pensant à ce qu'il avait dû endurer en croyant ce genre de chose.
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MessageSujet: Re: Laver son linge sale en famille - Terminé   Sam 5 Nov - 10:50

Pour le Stigma, il n’y avait qu’un seul sujet de discussion sur lequel ils pouvaient s’engager : celui d’une échange professionnelle entre une patronne et un employé qu’elle va licencier. Il s’y attendait et, en réalité, il le désirait presque. Il n’avait pas rendu son tablier parce qu’il occupait un poste plutôt clef et qu’il ne savait pas si elle retrouverait un barman rapidement, un facteur limitant qui pouvait mettre quelque peu en péril l’ambiance du bar. Pour lui, cette discussion était synonyme qu’elle avait finalement trouvé quelqu’un pour le remplacer, qu’il était donc inutile et qu’il pouvait aller trainer sa « mauvaise » humeur ailleurs. Voilà ce qu’il s’attendait à entendre, d’autant que c’était plus en professionnelle qu’elle lui avait adressé la parole, du moins dans le bar, ce qui, finalement, semblait logique et n’augurait pas nécessaire la suite logique qu’il s’était bien trop rapidement imaginée. Voilà notamment pourquoi il avait plutôt mal accueilli, comme il le faisait d’habitude depuis l’incident avec Sebastian, les tentatives de discussion de Charlie. En réalité, il avait tout simplement peur de véritablement se retrouver face à l’évidence. Il connaissait déjà la vérité, lire dans ses yeux avait été bien suffisant, mais l’entendre de la bouche de sa petite sœur lui ferait probablement plus de mal encore aussi avait préféré s’emmurer dans le silence. Cela allait probablement mener à une nouvelle séparation, il en était conscient mais, en un sens, c’était surement un moindre mal pour elle qui vivrait bien mieux sans un grand-frère aussi « encombrant ». Rien que le fait que les Vipers puissent lui mettre le grappin dessus pour tenter de l’atteindre lui était insoutenable.

Soutenant son regard, peut-être dorénavant leur seul point commun visible, il ne cilla pas lorsqu’elle lui fit remarquer qu’elle aimerait qu’il ne la repousse pas systématiquement. Il n’aligna pas un mot non plus, préférant une fois encore garder le silence. Il ne voulait pas se justifier, et en un sens, il n’avait pas à le faire. Il faisait son job, mal peut-être, mais il le faisait. Il devait la protéger, et si cela devait signifier s’éloigner d’elle pour qu’elle puisse vivre tranquillement, il avait déjà accepté ce choix par défaut. Il ne fallait pas être idiot pour voir qu’il se passait quelque chose avec Sebastian et elle. En un sens, de ce qu’il avait pu « éprouver » du Sachem, il ferait sans doute un bien meilleur compagnon qu’il ne faisait un bon grand-frère. Malgré l’incident, il savait que le couguar saurait protéger la Lémurienne lorsque ce serait nécessaire. Elle était une femme désormais, son rôle était limité, un grand-frère devenait inutile au fil des années qui s’écoulaient et il avait été absent durant celles où il aurait du être présent. Il n’avait aucune excuse et n’en cherchait même plus. Il avait manqué à ses prérogatives et le regretterait probablement toute sa vie, qu’elle le sache ou non.

Il l’observa s’asseoir sur le bureau, prendre cette posture qui lui rappela instantanément, non sans douleur, leurs années d’enfance où elle s’installait ainsi sur le mur qui bordait la maison et où il lui racontait des histoires fantastiques avec des dragons et des chevaliers qui sauvaient de belles princesses. Un tel souvenir presque perdu à jamais lui déchira littéralement le cœur. Tout cela était révolu, terminé, perdu dans le néant du passé et presque pour toujours oublié. Il fut ramené au présent lorsqu’elle prit la parole. Il eut d’abord un peu de mal pour prendre le train en marche puis fit rapidement le lien. Lorsqu’elle lui fit remarquer qu’elle n’en dormait plus la nuit, il remarqua effectivement que ses traits étaient tirés, mais, en un sens, Aaron n’était pas mieux loti. Enfin, il supportait probablement mieux les nuits blanches car elles étaient son quotidien depuis longtemps. Combien de nuits avait-il cauchemardé d’elle ? Combien de fois s’était-il réveillé en sueur après avoir rêvé à nouveau de cette journée où il pensait l’avoir perdu à jamais ? C’était même pour ça qu’il en avait parlé à Luka… Il n’avait pas eu le choix en même temps. L’Oméga et lui partageaient une chambre une nuit pour des raisons de places dans un motel sur une route quelconque. Malheureusement cette nuit là ne devait pas être tranquille pour le Stigma qui avait eu le sommeil et le réveil agité. Tant de remue-ménage avait réveillé également son ami qui l’avait alors plus ou moins harcelé de questions jusqu’à ce qu’il crache le morceau. Il avait été le premier à apprendre qu’il ne s’appelait pas vraiment Aaron, qu’il avait eu une sœur et un passé plutôt lourd à porter.

Et c’était encore lui qui avait mis son nez dans les affaires du Stigma. Têtu comme une mule l’Oméga lorsqu’il s’agissait de son « frère ». Il ne lui en voulait pas, après tout, il lui avait laissé explicitement le droit de le faire. Cela ne changeait rien de toute façon, il en était convaincu. Il ne fut pas trop surpris d’apprendre qu’il n’en avait pas dit beaucoup toutefois. Luka savait quand même respecter une certaine « intimité » d’Aaron et ne révélait que ce dont il jugeait nécessaire. Et généralement, il le faisait souvent de manière alambiquée en plus… Un truc d’Oméga surement. En particulier, il ne lui avait probablement pas dit qu’il avait failli partir et ne c’était retenu qu’au dernier moment. Elle n’aurait probablement pas été trop surprise mais elle aurait peut-être définitivement changé d’avis. Pourquoi la fuyait-elle ? C’était cela sa question ? N’était-ce pas évident ? Charlie était tout sauf stupide…


« - Pourquoi tu devrais avoir peur de moi ? » Il esquissa un sourire ironique avant de faire un pas en avant. Sa voix était toujours froide mais le volume avait monté d’un cran. « Tu veux le savoir ? Tu en es sûre ? » Il s’était encore un peu approché. Ah elle voulait savoir, et bien, s’ils en étaient là, elle saurait, après tout, s’il fallait forcer les choses, il le ferait. « Je vais te le dire alors. Tu devrais avoir peur de moi parce que ton frère est un criminel. Parce que ton frère est un meurtrier. Parce que ton frère a tué des gens de sang froid sans même éprouver une once de remords. » Son regard s’ancra dans celui de sa petite sœur. Une lueur de révolte s’était allumée dans ses yeux. « Depuis quarante ans je vis dans la violence, je survis dans un monde où il n’y a qu’une loi, celle du plus fort, et le pire dans tout ça, je m’y suis fait. »

Il était probable que le son de sa voix ait traversé la porte mais il n’en avait rien à faire.

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MessageSujet: Re: Laver son linge sale en famille - Terminé   Sam 5 Nov - 11:39

Charlie ne broncha pas quand son frère lui répondit d'un ton mordant. Elle ne cilla pas, n'eut pas de mouvement de recul ni aucun signe qu'elle était impressionnée par son ton ou ses paroles. Au contraire, elle resta stoïque, mais la tristesse se dissipa de son visage, et ses sourcils de haussèrent, ce qui n'était jamais bon signe chez elle. Enfant, c'était le signe avant-coureur d'une remise en cause de ce que disait ses parents ou, plus souvent, d'une admonestation envers son frère quand il se montrait trop protecteur à son égard. Dans tous les cas, ça montrait qu'elle n'était pas contente. Et c'était bien le cas à cet instant.

Parce qu'elle venait de comprendre ce qu'il essayait de faire, pourquoi il l'évitait si soigneusement, et elle n'aimait pas du tout ça. Qu'il soit protecteur à son égard, bien, c'était compréhensible, elle pouvait l'accepter et, même, l'apprécier. Mais qu'il décide, de lui-même, sans lui demander son avis, lui en parler ou même daigner la prévenir, de la protéger de lui, ça, c'était insupportable. Elle était assez grande pour savoir ce qui était bon pour elle, et elle n'avait aucune intention de le laisser filer pour une raison aussi stupide. S'il n'assumait pas ce qu'il était devenu, c'était dommage pour lui, mais elle refusait d'en faire les frais. Son regard s'était fait dur, et ce fut d'un ton presque glacial qu'elle répliqua.

"Alors quoi, c'est là que je suis censée me mettre à trembler et me sauver en hurlant ? T'as peut-être l'impression que moi j'ai grandi chez les Bisounours ? Tu crois que j'en ai pas connu des criminels, et des pire que toi ? T'as bien eu un aperçu de mes fréquentations pourtant, ça aurait dû te parler non ?"

Elle faisait allusion à Jana, évidemment, et elle s'en voulut un peu d'avoir abordé ce sujet. La Viper avait quitté la ville brutalement, et Charlie ne savait pas trop comment son frère l'avait pris, après ce qu'il s'était passé entre eux... Au moins, cette légère touche de culpabilité calma un peu sa colère, et interrompit sa diatribe enflammée. Le but était d'arriver à le faire revenir, pas de le pousser à partir en claquant la porte, et ce n'était probablement pas de cette manière qu'elle allait y arriver. Elle laissa échapper un soupir, se passa machinalement la main dans les cheveux pour tenter de reprendre ses esprits, et reprit d'un ton un peu plus calme.

"Écoute, je me contrefous de ce que t'as pu faire, ou même de ce que tu continueras à faire. C'est ta vie, et crois-moi je suis très mal placée pour la juger. Mais quoi que tu puisses être d'autre, t'es avant tout mon frère. Tu fais partie de moi, que tu le veuilles ou non. Et j'aimerais... Non, je veux que tu fasses partie de ma vie aussi. Est-ce que c'est vraiment trop demander ?"

La tristesse était revenue dans son regard et dans sa voix à la fin de sa tirade. Elle sentait bien que la protéger devait être une des choses les plus importantes pour lui, et elle ne savait pas comment lui faire comprendre que c'était de sa présence dont elle avait besoin, pas de son absence.
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MessageSujet: Re: Laver son linge sale en famille - Terminé   Sam 5 Nov - 14:18

S’il s’attendait à une réaction, il n’en eut aucune. Du moins pas de flagrante. Pas celle qu’il attendait. Quel être sensé aurait ainsi appris une telle nouvelle ? Oui, Aaron était un meurtrier. Ce n’était pas une grande nouvelle pour Luka qui était au cœur de la Meute et comprenait son fonctionnement mais n’importe qui à l’extérieur de celle-ci, sans même savoir que le Méta appartenait à une « organisation » de ce genre, aurait normalement du avoir un mouvement de recul, une appréhension quelconque. Au lieu de cela, elle avait haussé les sourcils. Une réaction qu’il connaissait bien malgré le temps qui s’était écoulé et qui les avait séparé. Il se souvenait très bien cet air qu’elle prenait avant de se « rebeller » que ce soit face à leurs parents ou face à lui. Il y avait eu le droit à de nombreuses reprises, surtout lorsque certains garçons s’intéressaient de trop près à sa sœur et qu’il ne les jugeait pas dignes d’elle. Il s’était souvent bagarré pour elle à l’école et même s’il ne le disait pas, elle savait bien vite pourquoi il revenait avec quelques bleus. C’était toujours elle qui le soignait, mais lorsqu’elle le faisait, elle ne se privait pas pour lui administrer au passage un petit sermon dont elle avait le secret. Ils étaient alors encore enfants, tout était encore innocent dans une certaine mesure, mais là, ils étaient des adultes, matures et conscients de leurs propres histoires, de leurs propres actes. Aaron tuait pour une simple valeur qu’était l’Honneur, quelque chose qui avait presque disparu de la surface de la Terre et qui suffisait à alléger sa conscience mais cela restait des meurtres, et s’il parvenait à vivre avec – heureusement pour lui – il refusait de représenter une menace pour elle. Il n’avait pas vécu avec elle depuis longtemps, ils ne s’étaient retrouvés que depuis quelques mois, qui pourrait dire qu’il agirait toujours dans son intérêt, pour la protéger et ne s’emporterait jamais contre elle maintenant qu’il avait goûté à la saveur amère de la mort et s’y était habitué ? Il ne voulait pas prendre se risque, pas pour elle, ce n’était pas imaginable, quoiqu’elle puisse en dire.

Le ton glacial que prit Charlie en le remballant – littéralement – le surprit. Il voyait presque sa petite sœur sous un nouveau jour qu’il ne soupçonnait pas. Elle n’était pas non plus sensée se sauver en hurlant, bien que l’idée lui arracha un très fugace sourire. Elle n’avait visiblement, comme elle le disait, grandie dans le monde des Bisounours, et ne s’y attendait pas non plus, mais même dans la réalité de la vie actuelle, les criminels restaient des criminels et il était de ceux là. Il pouvait très bien se retrouver en prison le lendemain, même s’il faisait attention pour maquiller les crimes, les bagarres de bars restaient souvent le principal moyen de le reconnaître et il avait surement une sévère ardoise dans le fichier de certains états. Probablement pas recherché activement, il n’en restait pas moins quelqu’un de dangereux que certains apprécieraient peut-être de mettre sous les verrous, y compris ici à la Nouvelle-Orléans, après ses mésaventures avec Jana, notamment, qui ne donnait plus de signes de vie depuis longtemps, ce qui avait profondément marqué le Werewolf, du moins, plus qu’il ne l’aurait pensé. Car c’était bien à elle qu’il avait pensé lorsque la Lémurienne avait évoqué ses « fréquentations ». Oui, elle était loin d’être étrangère au milieu qu’il fréquentait mais il y avait un monde entre eux, un monde qu’il n’avait pas l’envie de franchir car s’il la rejoignait, il l’exposait à tout ce à quoi il était exposé, et cela, il ne le pouvait pas, même s’il crevait d’envie de rester avec elle, même s’il ne voulait plus la quitter, pour elle, pour sa sécurité, pour sa vie qu’il n’avait pas le droit de gâcher par ses conneries, il le devait.

Il devait lui dire, lui faire comprendre qu’il ne pouvait pas rester. Il l’observa se passer une main dans les cheveux et découvrit pour, presque, la première fois, la femme qu’elle était réellement devenue. Sans lui. C’était encore un aveu criant de vérité pour lui. A quoi bon avoir besoin d’un frère qui n’a pas joué son rôle ? Aaron s’obstinait mais tout cela était d’une évidence douloureuse pour lui. Cela devait cesser et mieux valait maintenant que plus tard. Pourtant Charlie s’obstinait aussi. Pour elle, peu importait ce qu’il avait bien pu faire par le passé, ce qu’il pourrait bien faire dans le futur. Il était son frère et c’était la seule chose qui comptait pour elle, que le Stigma l’admette ou non. Sa dernière phrase lui fit manquer un battement de cœur avant de regagner la réalité avec sa question. « Trop lui demander » ? Tenaillé par la volonté de la quitter pour la protéger de lui et le sentiment naissant de lui devoir cette présence après tant d’années d’absence, il baissa la tête quelques instants avant de se retourner vivement vers la porte et d’abattre son poing sur le mur. Il retourna son regard vers elle.


« - C’est ce que tu veux ? Ton frangin arrêté sous tes yeux demain, après-demain, ou n’importe quel autre jour ? C’est ça que tu veux ? Un frangin avec du sang sur les mains, dont le principal « métier » est de tuer ? Tu es sûre de vouloir ça ? Un frangin que tu retrouveras peut-être mort dans la nécrologie de la feuille de chou du coin ? C’est vraiment ça que tu veux ? » Il décolla le poing du mur et se retourna complètement vers elle. « Tu as peut-être entendu parlé des Werewolves. Je suis l’un d’eux et je le resterai probablement toute ma vie. Comment tu vivras le fait d’être la sœur d’un criminel, soeurette ? Sans compter que ceux qui voudront ma peau essaieront surement de s’en prendre à toi. Je ne peux pas accepter que tu paies les pots cassés à ma place, Charlaine. »

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MessageSujet: Re: Laver son linge sale en famille - Terminé   Sam 5 Nov - 15:40

Charlie ne vit pas le sourire succinct de son frère, qu'elle n'aurait de toute manière pas su interpréter. Elle eut le temps, en revanche, d'apercevoir quelque chose dans le regard de Max avant qu'il ne baisse la tête. Elle savait que ce qu'elle avait dit n'avait pas réussi à le convaincre, bien sûr. Elle ne s'était pas fait d'illusion à ce sujet d'ailleurs, elle le savait bien trop obstiné pour ça. Mais elle aussi était têtue, et ce qu'elle avait vu renforça encore sa détermination. Ce n'était qu'une petite étincelle, mais elle sentait que malgré tout, elle avait réussi à le toucher, qu'il n'était pas aussi indifférent à ce qu'elle avait dit que ce qu'il aurait voulu.

Elle aurait voulu lui hurler que oui, elle était sure de vouloir de ce frère là, simplement parce que c'était lui, que ça lui suffisait, qu'elle l'aimait peu importe ce qu'il faisait, mais elle était trop consciente que ce n'était pas de cette manière qu'elle pourrait le convaincre. Elle retint également une remarque ironique quand il mentionna son appartenance aux Werewolves. Comme si ça, elle n'avait pas été capable de le deviner toute seule... D'ailleurs, elle ne réussit pas complètement à empêcher le sarcasme de s'installer sur son visage, même si ce ne fut que pour instant.

Il demeurait de la tristesse dans son regard, mais en dehors de ça, elle avait retrouvé une grande partie de son calme. Quand elle reprit la parole, sa voix était posée, un peu grave, et surtout convaincue. Elle était très sérieuse, et elle tenait à ce que son frère en prenne conscience.

"Mais qu'est-ce que tu crois Max ? Que parce que tu seras parti, j'entendrai pu parler de toi ? Que maintenant que je sais comment te trouver, je vais pas chercher à savoir ce qu'il t'arrive ? Tu me connais mieux que ça. Je peux pas t'empêcher de me fuir si c'est ce que tu décides, mais tu pourras pas non plus m'empêcher de te chercher. Et si tu finis en taule, ou pire, ça me fera pas moins de mal juste parce tu seras pas près de moi. Au contraire, ce sera pire, parce que je pourrai pas m'empêcher de penser qu'au moins on aurait pu avoir du temps ensemble avant que..."

Elle ne termina pas sa phrase. Elle avait déjà eu du mal à dire tout ça, tant il lui était pénible d'imaginer qu'il arrive quelque chose à son frère. Pourtant, elle avait réussi à empêcher sa voix de faiblir pendant tout le temps qu'elle avait parlé, il n'y avait que ces derniers mots qui lui avaient résisté. Ça suffisait de toute manière, elle avait dit ce qu'elle avait à dire, et Max comprendrait sans problème ce qu'elle n'avait pas prononcé. Elle se reprit en prenant une grande inspiration, et reprit la parole, sans tremblement dans la voix.

"Je supporterai sans doute mieux que tu ne pourrais l'imaginer d'être la soeur d'un criminel, ce que je serai de toute manière que tu partes ou pas, d'ailleurs. Pour le reste, c'est à moi de décider. Je sais que tu veux me protéger, et tu ne sais pas à quel point je t'en remercie, mais j'ai aussi mon mot à dire. Je te demande pas de crier sur les les toits que je suis ta soeur. Si tout le monde croit que je suis ta patronne, personne n'aura de raison de s'en prendre à moi pour t'atteindre. Et si c'est le risque que je dois courir pour te garder, je le prends sans hésiter."


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MessageSujet: Re: Laver son linge sale en famille - Terminé   Sam 5 Nov - 18:41

Elle aurait du lâcher le morceau, comprendre, admettre, accepter. Une personne sensée aurait fait cela depuis longtemps, une personne sensée n’aurait pas accepté de se retrouver dans la même pièce que lui, mais Charlie n’était pas une personne sensée, elle était sa sœur et cela faisait toute la différence en cet instant, une différence qu’il n’avait pu mesurer pendant quarante ans malgré tout ce qu’ils avaient vécu lorsqu’ils avaient été enfants, et dont il prenait, en ce moment même, la pleine mesure comme il aurait très bien pu prendre une gifle monumentale en pleine figure. La petite Lémurienne donnait une leçon au grand méchant Loup et quelle leçon ! Lui qui avait les meilleurs arguments du monde dans son esprit, lui qui pensait agir selon une logique implacable et inégalable, voilà qu’elle démontait ses arguments les uns après les autres, qu’elle lui démontrait par « a+b » qu’il n’était qu’un idiot incroyablement stupide s’il pensait pouvoir réussi à la protéger de tout cela en s’éloignant d’elle et au fur et à mesure qu’elle déroulait son raisonnement, qu’elle montrait, point par point, qu’il avait tort, il se sentait véritablement idiot. Sa tête, vide de toute pensée, ne parvenait plus à réfléchir convenablement, il n’arrivait plus à aligner la logique qui était maitresse quelques instants plus tôt dans son esprit. Avait-elle gagné ? Il n’en savait rien, il ne pensait plus rien. Le doute qui était né quelques instants plus tôt sur la nécessité de rester à ses côtés quoiqu’il puisse arriver était désormais une quasi-certitude. Il en venait même à se demander comment il avait pu songer à l’idée de devoir la quitter pour les raisons qui paraissaient maintenant complètement infantile.

Lorsqu’elle ne termina pas sa phrase, visiblement dépassée par ses propres émotions, il n’eut pas de mal à compléter mentalement ses mots. Le regard rivé dans celui de sa petite sœur, il comprenait maintenant ce qu’elle ressentait pleinement et cette douleur termina de l’achever. Voilà quarante années qu’ils étaient séparés, qu’ils avaient vécu l’un loin, très loin de l’autre et alors qu’ils s’étaient retrouvés, qu’il y avait la possibilité de « vivre » à nouveau « ensemble », de construire ce qu’ils n’avaient pas pu construire durant toutes ces années, lui il voulait partir, la laisser à nouveau, alors que, peut-être, il ne leur restait pas beaucoup de temps. Cette dure réalité l’avait frappé comme un coup de poing en pleine poitrine, peut-être même plus violemment qu’un vrai. Il se sentait incroyablement stupide, idiot d’avoir pu la faire souffrir à ce point. Presque inutilement, il s’était infligé une douleur inutile et, pire que tout, il avait blessé sa sœur, pas physiquement certes, mais moralement, mentalement. Lui qui voulait la protéger devenait son souci numéro un, ce qui était l’inverse de l’effet escompté. En un sens elle avait parfaitement raison, il ne pouvait pas décider de tout pour elle, et, dans le cas, présent, c’était une décision qu’ils auraient du prendre à deux, un choix qu’il n’aurait pas du faire dans son coin, loin d’elle, alors qu’elle était la première concernée. Il s’adossa contre le mur du bureau, à côté de la porte, et son regard ne quitta pas celui de sa petite sœur, éclairé par une nouvelle lueur, celle de la compréhension, celle du désarroi, celle qui lui montrait qu’elle avait touché son but, qu’elle avait réussi. Envers et contre tout, envers et contre lui, surtout.


« - Je… » Sa voix avait retrouvé la chaleur de son timbre habituel, peut-être même davantage mais elle semblait hésitante. « Je… » Il la fixait intensément, comme s’il cherchait la réponse en elle, mais il avait simplement honte d’avouer ce qu’il avait fait durant toutes ces journées où il l’avait fui, repoussée… « Je suis désolée, soeurette… » C’était dit, enfin dit, c’était sincère, réellement sincère mais son regard, avec cet aveu, s’était tourné vers le sol. Il se rendait compte de son extrême stupidité et avec ça, au lieu de faire un pas vers le grand frère qu’il aurait du être, il s’en était éloigné davantage, allant même jusqu’à la faire souffrir, il fallait le dire, inutilement. Il n’osa pas relever les yeux, pas tout de suite, il ne le pouvait pas, c’était impensable… Le silence commençait à s’installer mais il ne voyait pas quoi dire, quoi faire. Il avait fait montre d’une maladresse incroyable et il n’y avait rien à dire, rien à faire qui pourrait probablement rattraper cette énorme bourde. « Ton grand-frère n’a jamais été doué pour les relations sociales, tu le sais maintenant. » Il avait voulu rajouter cela sur une note d’humour mais n’y était pas pleinement parvenu, ni dans la voix, ni dans les mots, et n’avait pas pu relever les yeux vers elle. Il avait peur de croiser son regard d’ambre, si jumeau au sien. C’était probablement la première fois, mais il y en a toujours une, n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Laver son linge sale en famille - Terminé   Sam 5 Nov - 19:12

Quand Max recula pour s'adosser au mur, Charlie sut lire d'instinct dans son regard ce qu'il se passait en lui. Pourtant, elle n'osait pas encore y croire. Son cerveau refusait ce que son cœur avait déjà compris, de peur de tomber de haut au cas où elle se serait trompée. Elle restait immobile, anxieuse, retenant son souffle en attendant qu'il parle, qu'il confirme l'impression qu'elle avait eu. Elle se rendit compte que ce qu'elle éprouvait n'était pas très loin de ce qu'elle avait ressenti la première fois, quand ils s'étaient retrouvés, au moment où elle avait compris que c'était lui.

Quand il réussit finalement à aligner une phrase entière, un sourire lumineux éclaira le visage de la lémurienne, que son frère ne put pas voir puisqu'il venait de baisser les yeux. Elle avait gagné, il allait rester. Il lui fallut plusieurs secondes pour se remettre de l'information. Elle avait eu tellement peur de le perdre encore, que c'était presque comme si elle le retrouvait une seconde fois. Elle se sentait heureuse et même temps, son cœur se serrait de voir son frère si ébranlé, dérouté. C'était lui, habituellement, qui se montrait fort et qui la consolait, la rassurait. Mais peut-être n'était-ce qu'un juste retour des choses.

Sans un mot elle se releva et s'approcha de son grand frère à pas feutrés. Quand elle fut presque à le frôler, elle s'arrêta et pressa sa main sous son menton pour le forcer, tout doucement, à relever la tête pour pouvoir le regarder dans les yeux. Ce regard qui lui avait tant manqué, dénué de la froideur de ces derniers jours, la réchauffa comme le soleil dont il avait la couleur. Souriant toujours, elle répliqua d'une voix douce à la tentative d'humour un peu ratée qu'il venait de faire.

"C'est de famille je crois."

Elle aurait pu ajouter qu'il n'avait pas besoin d'être désolé, que tout ça n'avait pas d'importance puisque c'était terminé, qu'elle le pardonnait sans réserve, mais il y avait une chose qui lui importait encore plus, un geste qui, peut-être, lui transmettrait ce qu'elle ressentait bien mieux que ses mots ne pourraient le faire. Elle franchit le peu de distance qui les séparait encore et se serra contre lui, le prit dans ses bras.
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Laver son linge sale en famille - Terminé

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