Le trottoir gris était légèrement éclairé par la lune qui trônait seule dans son ciel noir. Enfin, il devait bien y avoir des étoiles mais la luminosité artificielle de la ville ne laissait absolument rien entrevoir. Que du néant à l’infini. C’en était presque déprimant, mais de toute manière, c’était bien la dernière chose qui occupait les pensées de la petite vampire blonde qui marchait d’un pas lourd. Elle était en colère et ça ne faisait qu’empirer plus elle se rapprochait du lieu qui l’attendait. C’était qu’une chance qu’elle n’avait pas croisé une âme perdue à terroriser sur sa route…
Ses poings se serraient contre ses paumes alors qu’elle repensait à ce qui venait de se passer. Elle s’était fait assigner un babysitter! Enfin, c’était tout comme… Bon, pas vraiment, mais c’était le même sentiment! Elle n’avait besoin de personne d’autre pour faire son boulot, elle réussissait très bien elle-même, seule, avec sa propre personne. Puis là on lui collait quelqu’un de plus expérimenté qu’elle, avec une réputation à tout cassé, comme si y’avait rien de plus normal. Elle avait l’impression que quelqu’un était passé en voiture sur son orgueil, puis était revenu pour repasser encore dessus. Il était tout piétiné et elle se sentait presque humiliée, c’était un sentiment affreux qu’elle évitait généralement de ressentir. Ça la faisait sentir comme une norme faible… Puis ça l’indignait et la mettait en colère intense. Elle relâcha un peu sa mâchoire, en poussant un soupir, heureuse que les rues soient désertes et que personne ne la voit dans cet état.
Les quais étaient absolument vides de toute vie, ou non-vie, comme toujours, à cet heure-ci de la nuit. Pourquoi quelqu’un voudrait traîner là, c’était laid, il n’y avait rien d’attirant et il n’y avait aucun divertissement, sinon que l’eau, qui lui donnait le mal de mer seulement à la regarder. Elle savait que le vampire qu’ils traquaient passerait dans la soirée, un peu plus tard, comme il avait fait tous les soirs de la semaine précédente. Il allait dans un bateau - ce qui la gênait un peu, mais elle allait certainement réussir à passer par-dessus - semblait faire quelques petites choses, puis ressortait quelques instants plus tard. En fait, fallait qu’elle évite de penser à un bateau, ça lui donnait trop l’impression de prendre une teinte verte et d’être malade, bien que ça semblait un peu invraisemblable.
La demoiselle était passée à son appartement, pour enfiler des vêtements appropriés pour passer une nuit à traquer, avant de se diriger vers les quais. Ses petits bottillons étaient d’un noir identique à celui de son slim et de son blouson de cuir, qui était particulièrement moulant. La seule chose qui contrastait de manière voyante avec l’ensemble était les deux tresses blondes qui retombaient devant chaque épaule, mais elle n’y pouvait rien. Elle les aimait blonds! C’était naturel et ça fonctionnait avec son personnage de petite innocente…
La vamp cessa finalement de marcher, pour se poster devant le quai qu’elle avait auparavant désigné. Elle croisa les bras sous sa poitrine, en essayant de cesser d’avoir l’air d’une enfant gâtée se faisant enlever ses jouets. Tout ce qu’elle espérait, c’était que l’autre vampire ne soit pas bavard et qu’il évite de la contrarier, afin que son humiliation ne se perpétue pas pendant des heures et qu’elle puisse s’en aller faire ses trucs à elle. C’était bien la première fois qu’elle n’avait pas envie de traquer et de prolonger le tout, de faire durer le plaisir. À ce moment, elle doutait même qu’elle allait avoir du plaisir…
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William Delacroix
Vamps
Identification Emploi: Traqueur Level dangerosité: 22 Age apparent: 24 ans
La traque avait enfin cessée, enfin, cette traque avait cessée. Presque quatre années à poursuivre la même cible, à essayer de la devancer dans sa course folle autour du monde. La tâche avait été ardue, même pour lui. Sa proie savait fuir et faire le moins de traces possibles tout en parcourant de grandes distances en peu de temps. Généralement, la précipitation d'une fuite laissait énormément d'indices pour les Traqueurs, mais cette fois-ci avait été l'exception qui confirmait la règle. La proie se savait suivie et était suffisamment rusée pour filer à l'anglaise et semer son poursuivant. Heureusement pour William, et malheureusement pour sa cible, la ténacité était une qualité qui permettait de tenir bon. De toute façon, les ordres étaient les ordres et il n'était pas question d'y contrevenir. Lorsqu'il avait enfin pu mettre la main sur celui qu'il cherchait depuis belle lurette, William aurait du le ramener à la Nouvelle-Orléans, pourtant, des bouleversements avaient eu lieu sur place et son allégeance, ainsi que sa mission le poussait à aller ailleurs. Mina n'était plus en Louisiane. Pourtant, c'est bien dans cet état qu'il remit les pieds quelques mois plus tard, mais pour un tout autre but que celui de ramener un fuyard particulièrement récalcitrant. Sa cible était désormais dans les mains de Mina qui en avait fait ce qu'elle voulait en faire. Cela ne regardait pas William et, avec le temps, celui-ci avait appris que la curiosité pouvait réellement être un vilain défaut. Bien que, s'il l'avait voulu, il aurait probablement pu savoir mais, en réalité, cela lui importait que trop peu pour importuner la Vampire avec de telles questions inutiles.
Comme tout bon Vampire qui se respecte, la première chose qu'avait fait le Croisé - son surnom dans le milieu, une référence aux croisades, bien entendu, et ces chevaliers qui partaient chasser les « ennemis du Christ » et au parallèle avec la chasse aux Vampires renégats, mais également à son nom Delacroix où la référence est évidente – était de demander une audience auprès de Tristan, le nouveau Maître-Vampire de la ville. Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'était pas pour lui prêter allégeance, non loin de là. William était porteur d'un message pour le Vampire, une missive qui annonçait une visite importante et les devoirs qui lui incomberaient lors de cette visite. Bien entendu, malgré tout, le Traqueur restait à la disposition du Maître Vampire au cas où ce dernier aurait besoin de mettre un peu d'ordre dans sa ville, une allégeance ne signifiait pas pour autant ne pas travailler pour un autre, au moins de manière momentanée. De toute façon, il n'avait rien d'autre à faire en attendant l'arrivée de son Maître et il fallait bien s'occuper. Son souhait fut exaucé, puisqu'on lui confia une traque en duo, ou plutôt, on lui proposa de se joindre à un autre traqueur pour « l'aider ». C'était mieux que rien, même s'il préférait travailler seul, enfin peut-être que cela lui rappellerait ses débuts, lorsqu'il chassait avec son « mentor ». Le rendez-vous était donné aux quais. Soit, il connaissait encore le chemin.
Il passa néanmoins d'abord par chez lui, d'abord pour voir dans quel état était sa demeure. Maison sympathique dans le Quartier Français, elle possédait un grand sous-sol pour des activités diurne à l'abri du soleil au cas où il ne parvenait pas à dormir. La femme de ménage avait bien fait son travail jusqu'à maintenant. La poussière ne s'était pas accumulée et tout était à sa place. Le Vampire l'avait engagée à son départ, il était hors de question que sa maison finisse à l'abandon et qu'il la retrouve avec un mètre de poussière sur chaque meuble. L'accès au sous-sol avait toutefois été verrouillé par ses soins, protection du domaine intime, en quelques sortes. La lourde porte qui en protégeait l'accès fut ouverte grâce à un code numérique à dix chiffres avant qu'il ne pénètre dans son antre. La poussière était déjà un peu plus présente – forcément – mais rien de dramatique et qu'il ne pourrait nettoyer rapidement d'ici le lendemain. Rien n'avait bougé non plus, signe que la maison avait dormi paisiblement, attendant le retour de son propriétaire, se réveillant uniquement lorsque la bonne venait lui donner un petit coup de plumeau. Avisant sa garde-robe, il se dit qu'il serait peut-être bon de se changer avant d'aller bosser. Ce qu'il fit en quelques minutes, non sans un petit brin de toilette, histoire de faire un peu semblant. Il remit son pantalon noir mais préféra un T-shirt aux manches courtes de la même couleur avant de mettre des New Rocks – parfaites pour les combats à mains nues (qui incluaient les pieds, forcément). Le reste était inutile, la nuit était douce, pas la peine de prendre le risque d'abimer le manteau long.
Il sortit ensuite de chez lui et prit la direction des quais. L'heure du rendez-vous était proche mais il serait à l'heure, comme toujours, et puis il faut bien que les taxis se rendent utiles. Le chauffeur le déposa à l'entrée des quais et le Vampire effectua le reste du trajet à pieds, tranquillement. La lueur de la lune donnait un aspect particulièrement étrange aux docks, pouvant presque laisser penser que des fantômes viendraient hanter les lieux après minuit. Il eut un petit sourire pour lui-même à cette idée et haussa les épaules avant de continuer sa route, silencieux. Il se demandait vraiment qui allait être son partenaire. Était-ce un bon Traqueur ? Probablement. De toute façon, généralement, les mauvais ne restaient pas en poste très longtemps. Il avait été éloigné de la Nouvelle-Orléans trop longtemps pour se souvenir réellement des collègues qu'il avait quitté plusieurs années plus tôt. Puis, cela pouvait très bien être un nouveau. Bah qu'importe. Ils n'allaient pas faire connaissance non plus, juste bosser ensemble, probablement même une seule et unique fois. L'essentiel était d'attraper leur proie, rien de plus, rien de moins. La seule chose dont il faudrait qu'ils parlent était leurs compétences respectives, pour se mettre d'accord sur la manière à employer, ce n'était pas non plus la peine de se tirer dans les pattes. Devant lui, une silhouette se dégageait de l'ombre des docks, droite comme un i, sur le quai jouxtant un entrepôt. Voilà probablement son homme. Continuant sa marche lente, il s'arrêta derrière lui. La lueur de la lune lui montra rapidement son erreur, c'était « elle ».
« - Prête pour la chasse de ce soir ? » Une phrase, une question, sur un ton neutre. Une entrée en matière quoi. _________________
Florence Bellefontaine
Vamps
Identification Emploi: Traqueuse Level dangerosité: 19 Age apparent: 20 ans
Il était vraiment mieux de ne pas arriver en retard, sinon elle était convaincue que de la vapeur allait sortir de ses oreilles. Rien ne l’irritait plus que les retardataires et dans son état actuel, c’était pas certain qu’elle pourrait supporter d’être plus irritée. Elle laissa aller un soupir, en sortant son cellulaire qui entrait parfaitement dans la poche droite de son jeans. Bien que la technologie ne fût absolument pas son truc, elle devait avouer adorer cette petite merveille. Il y avait tout sur ce petit machin! Puis ils existaient depuis de nombreuses années, mais maintenant, c’était vraiment la classe. Ses yeux se fixèrent sur l’heure qui y était affiché, essayant d’ignorer le fait qu’elle était arrivée en avance d’une bonne vingtaine de minutes et qu’elle avait encore un moment à attendre. D’accord, d’accord, il n’était pas en retard… Mais une minute de retard et ça suffirait à la faire flipper…
La blonde détestait attendre. Dans n’importe quel contexte, elle détestait. L’idée de rester immobile en ligne, pour quelconque raison, en écoutant les gens se plaindre lui donnait envie de se laisser bruler au soleil. Elle n’était pas faite pour attendre, elle était jolie et douée pour séduire, ou elle réussissait à susciter la peur. C’était tout le nécessaire pour éviter les situations où elle n’avait pas ce qu’elle voulait aussitôt. Évidemment, ça n’allait pas la sauver ce soir. Florence se résigna à jouer à quelques jeux, privilégiant Tetris, qui s’avérait toujours lui remonter un peu le moral. Non mais fallait donner du crédit au jeu, il existait depuis une éternité et il était aussi connu! Il n’y avait pas grand-chose qui pouvait se vanter d’un tel exploit! Tout évoluait à un rythme bien trop rapide, c’était pratiquement impossible de s’adapter à toute chose moderne, puisque le mois d’après, mieux sortait. Enfin, elle avait cessé d’essayer de comprendre la technologie après les vidéocassettes. Le monde ne pouvait se contenter du fonctionnel, il leur fallait toujours avoir plus et ça la saoulait.
Le bruit des petites vagues était le seul qui se faisait entendre, mais c’était suffisant pour la déranger. La dernière fois qu’elle avait prit le bateau, c’était sur le Mississippi et elle l’avait amèrement regretté. En fait, tous les voyages en bateau qu’elle avait fait, elle les avait ensuite regrettés. Décidément, elle devait son existence à l’invention des avions, quoiqu’elle essayait de se passer de cela aussi. C’était quand même moins pire que les bateaux. Puis crever d’un accident d’avion lui semblait particulièrement ridicule.
Après quelques minutes qui avaient semblées être une éternité, la vamp entendit finalement les bruits de pas de l’autre traqueur et regarda rapidement l’heure sur son mobile. Bon, il était pile à l’heure. Elle supposa que c’était un point pour lui et ne ressentit pas le besoin de se mettre en colère. En fait, ses sentiments de plus tôt s’étaient un peu estompés, laissant place à un ennui profond et à une indifférence typique d’elle-même. C’était peut-être pas une mauvaise chose qu’elle ait eu à attendre, même si elle ne se l’avouerait jamais. Son orgueil était déjà tout piétiné, fallait tout de même pas en remettre. La question que le vampire derrière elle lui posa suscita d’elle un autre soupir, alors qu’elle se retourna, son cellulaire toujours dans sa main gauche et sa main droite posée sur hanche.
L’expression qui adornait le visage de la petite vamp ne resta même pas une demi-seconde, pour se transformer en surprise. Enfin, une sorte de surprise. Ses grands yeux verts s’étaient écarquillés, et bien qu’elle avait ouvert la bouche, elle réussit à se rattraper avant que sa mâchoire ne tombe sur le sol. Et puis le tout fut suivit du bruit provoqué par son cellulaire heurtant le sol, en se brisant en milles morceaux, parce qu’il avait glissé d’entre ses doigts. Tout ça qu’en voyant le joli visage de son collègue. Un joli visage qu’elle connaissait très bien et qu’elle n’avait pas vu depuis longtemps. La situation présente lui échappa un peu, alors qu’un gigantesque flot de souvenirs l’envahit, certains très plaisants puis d’autres plutôt à l’inverse. Non, non, non, elle ne voulait pas le revoir, elle était toujours en colère contre lui – ou du moins, elle voulait toujours l’être – et il ne pouvait pas juste apparaître comme ça, sans qu’elle ne soit mise tout d’abord au courant et qu’elle ne puisse d’abord faire sa petite valise pour s’en aller quelque part d’autre! Enfin, elle aimait bien croire que c’était ce qu’elle aurait fait. L’honnêteté envers elle-même n’avait jamais été une de ses forces…
Un court moment passa avant qu’elle ne baisse les yeux vers son cellulaire, qui était décidément bon pour les déchets. C’était… dommage. Elle l’aimait bien. Florence reprit un peu ses esprits, décidant qu’elle n’était pas contente de le voir et releva la tête, les sourcils froncés et la mâchoire serrée, en croisant les bras sous sa poitrine. La demoiselle serait difficile et têtue, même si à l’intérieur, elle ressentait une certaine joie à l’idée de revoir William. Elle ouvra finalement les lèvres, pour dire simplement :
« Absolument… Tu dois avoir hâte aussi, j’ai cru comprendre que tu étais le meilleur traqueur de l’état. T’as dû t’améliorer, depuis quoi… 120 ans, mhm? »
Ses paroles posées sur un ton légèrement accusateur furent dîtes avec rancune et peine, bien qu’elle essayait de garder une voix détachée. Décidément, cette nuit réservait plein de formidables surprises!
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William Delacroix
Vamps
Identification Emploi: Traqueur Level dangerosité: 22 Age apparent: 24 ans
A vrai dire, lui non plus ne s'attendait pas à une telle rencontre. Florence... Elle était partie, une nuit, sans dire un mot, sans laisser une seule trace justifiant son départ. Il fallait l'admettre, il n'avait pas compris ce soir-là, il avait passé la nuit à la chercher, mais, finalement, avait fini par apprendre, par l'un de ses contacts, qu'elle avait quitté la ville, précipitamment. Étonné, il avait cherché à comprendre ce qui avait pu pousser la Vampire à fuir la Nouvelle-Orléans mais il connaissait plus ou moins son passé – après tout elle avait été sa cible de traque – et il était au fait de son présent également, enfin plus ou moins. Il restait bien entendu des zones d'ombre dont le contenu pouvait justifier un tel comportement mais les hypothèses n'étaient pas le fort de William. Il aimait le concret, l'action, la réflexion aussi, bien entendu, mais il fallait qu'elle soit fondée. Ses pensées étaient stratégiques, décidaient généralement de la suite de la traque, un peu comme on réfléchit à une partie d'échecs, sur des réalités pures et vraies, parfois sur des hypothétiques coups à venir, pour anticiper, mais jamais de réflexion futile à posteriori pour justifier un coup ou un autre. Florence était partie, il n'avait aucune idée du pourquoi et, les jours et semaines passant, cela n'eut plus aucune importance. La non-vie continuait pour lui et son travail n'attendait pas le bon vouloir de celui qui devait l'accomplir.
Alors, forcément, la revoir là, comme ça, sans prévenir, ça avait de quoi faire battre un cœur qui ne battait plus depuis trop longtemps. Peut-être même en aurait-il fait une crise cardiaque s'il avait encore été en vie. L'idée le fit presque imperceptiblement sourire, s'imaginant un vampire prit d'une crise cardiaque. Quittant le regard médusé de la jeune femme en face de lui, il observa le portable glisser de sa main pour aller s'écraser au sol. Il aurait peut-être pu le rattraper, mais, il fallait l'admettre, il avait été trop impressionné de la trouver là, comme ça, pour bouger le petit doigt. S'il avait quitté son visage pour fixer le téléphone, c'était uniquement parce que ce dernier avait été en mouvement l'espace de quelques instants. Un réflexe de Traqueur probablement. Alors qu'il reposait son regard sur la Vampire, celle-ci baissa les yeux pour constater à son tour que le portable était désormais inutilisable. La surprise depuis quelques instants passée, William réfléchissait posément à la situation. En réalité, la balle était dans le camp de Florence. C'était à elle de répondre et de décider de ce qui se passerait ensuite. Le Traqueur réagirait probablement en conséquence. Peut-être qu'enfin il aurait une raison sur son départ précipité. Après plus de cent ans... Un délai raisonnable pour obtenir une réponse n'est-ce pas ?
Lorsque leurs regards se croisèrent à nouveau, il comprit qu'elle n'avait apparemment pas changé d'avis sur lui. Peu importent ses raisons, elles étaient encore tenaces à ne pas en douter. Pour qu'elles tiennent plus d'un siècle, elle devait sacrément lui en vouloir, la question était maintenant : Pourquoi ? Mais pas certain qu'il obtienne une réponse. Il absorba la pique avec une certain humour, même si cela impliquait quelque chose de stupéfiant. Elle savait qu'il était Traqueur, et ce, depuis leur première rencontre. Était-elle partie pour ça ? L'avait-elle apprit plus tard ? Trop peu de réponses pour juger efficacement, bah. Priorité au boulot n'est-ce pas?
« - On ne reste pas longtemps Traqueur si on ne s'améliore pas à chaque traque. Je pense, qu'apparemment, tu devrais le savoir. » Il avait parlé avec détachement sur un ton peut-être plus fataliste que lorsqu'elle l'avait connu, enfin les années n'avaient pas trop épargnée son esprit, sans compter son absence, même s'il ne se l'avouerait jamais. « Tu me fais un topo ? On ne m'a pas fait de briefing très détaillé avant que je vienne te rejoindre. »
Mieux valait se concentrer sur le boulot, cela éviterait de penser ou de dire des choses qu'ils pourraient regretter, tous les deux. Ils n'étaient de toute façon pas là pour discuter et boire un verre mais bel et bien pour arrêter quelqu'un et, ce quelqu'un, il ne le connaissait pas. Aussi, une description physique serait un minimum car il n'allait pas se contenter de la suivre, même si, il préférait qu'elle accepte le travail d'équipe. La compétition ne l'intéressait pas _________________
Florence Bellefontaine
Vamps
Identification Emploi: Traqueuse Level dangerosité: 19 Age apparent: 20 ans
Il y avait au moins une chose de réglé dans la tête de la vampire et c’était qu’il était aussi surpris qu’elle de cette rencontre. Il n’était pas au courant qu’elle serait là et ça la rassurait un peu. La possibilité qu’ils se rencontrent un jour avait très souvent traversé son esprit, surtout depuis qu’elle avait emménagé à la Nouvelle Orléans et les circonstances dans lesquelles cela aurait pu se produire incluaient plus ou moins celle en train de se passer. Comment est-ce qu’elle avait pu penser qu’elle pourrait être traqueuse à la Nouvelle Orléans et ne pas tomber sur lui? C’était bien ce qu’il faisait avant qu’elle ne parte et pourtant, elle semblait avoir pensé qu’il était peut-être parti ailleurs… Quelle idiote! Un peu plus et elle était pratiquement chez lui, dans sa maison… Et puis pourquoi elle avait choisi d’aller à la Nouvelle Orléans, de toute manière? Il y avait pleins de villes lointaines qu’elle adorait et qui étaient probablement plus accueillantes que ce marécage immense qu’était toute la Louisiane. Elle avait envie de se cogner la tête sur un mur, en maudissant sa stupidité.
La réponse qu’elle reçue n’eut pas l’air de la satisfaire particulièrement, mais elle se mordit la langue pour éviter de donner une réplique arrogante. Elle reconnaissait tout de même devoir passer un moment avec lui et ce n’était peut-être pas la peine de foutre déjà la pagaille – si c’était même possible – pour ensuite avoir une soirée déplaisante. En fait, elle n’était même pas certaine que c’était déplaisant. Il y avait ce sentiment étrange qu’elle ressentait, qui lui était un peu étranger. De l’amour? Non, elle était certaine que non… Du bonheur? Certainement pas… C’était de l’affection, elle en était certaine. Elle ressentait de l’affection. C’était absolument horrible, trop humain et clairement plus dans sa sphère de réactions compréhensibles. Elle voulait de la haine ou un truc du genre, mais ça ne lui venait pas. Elle devait être fatiguée de ce genre d’émotions. Peu importe, ça ne changeait rien à comment elle allait agir. De toute façon, ils devaient travailler et non pas socialiser et se rappeler le passé, comme ces vieilles personnes habitant dans des maisons avec seulement d’autres vieilles personnes. Et elle ne voulait pas non plus avoir l’air faible.
Florence jeta un dernier coup d’œil à son cellulaire, espérant plus que tout de se souvenir de toutes les informations qu’elle y avait mise sur la proie de cette nuit. Si elle devait en plus avoir l’air d’une incompétente… Fallait éviter de se diriger vers ces idées négatives, surtout. Ses yeux avaient lu milles fois les informations qu’elle avait collectées pendant les quelques jours qu’elle y avait travaillé. Il n’était pas bien discret, ça avait grandement facilité la tâche. L’itinéraire qu’il empruntait régulièrement apparaissait peu à peu dans sa mémoire, ainsi que les listes qu’elle avait faite sur tout ce qu’il semblait faire de ses nuits. La demoiselle ne comprenait absolument pas son comportement, mais ça ne changeait rien. Elle releva son regard d’émeraudes vers le visage de l’autre traqueur, l’observant un peu. Il était exactement comme dans ses souvenirs, ce qui était bien, parce que ses souvenirs de lui étaient qu’il avait de sérieux charmes. Aller, elle ne devait pas s’éloigner vers ce genre de pensées. La blonde se reprit en main, puis commença à donner les informations à l’autre traqueur.
« D’accord… Donc, le petit chanceux ce soir est un renégat qui erre dans le coin depuis un moment… Je sais vraiment pas si c’est parce qu’il ne sait pas comment ça fonctionne ou quoi, mais il a l’air de s’être pratiquement installé ici, mais bon, ça c’est pas important. Je te montrerais une photo de lui, mais j’ai un léger problème technique avec mon portable… Alors il mesure autour du 1 mètre 80, il a l’air d’avoir la mi-trentaine, les cheveux et les yeux bruns et il a pas l’air particulièrement gros ou maigre. Bref, c’est un peu un passe-partout… Il a l’air de suivre un itinéraire plutôt précis à tous les soirs, du moins, dans les quelques derniers jours et normalement, il vient ici, monte dans un des bateaux, y reste pendant quelques moments, puis ressort ensuite, pour aller ailleurs. Le seul endroit qui me manque c’est où il va pendant le jour. Mais c’est pas important… »
La vamp réfléchit pendant une seconde à ce qu’elle pouvait ajouter, mais le reste lui semblait vraiment superflu. Puis, ils n’auraient qu’à le pincer alors qu’il arrivait ou qu’il repartait d’ici. Et par chance, le pauvre mec les ferait un peu courir, pour rajouter du piquant à toute la soirée. Peut-être que ça ne serait pas aussi pire qu’elle s’imaginait et qu’ils pourraient avoir un peu de plaisir… Du moins, elle savait que dans le moment, juste penser à courir pour attraper un criminel qui allait peut-être finir mort – pour vrai- la faisait sentir plus vivante. Il n’y avait rien comme une bonne chasse pour se réveiller un peu les esprits. Elle rajouta ensuite, ayant déjà l’air moins frustrée que plus tôt :
« Il y a certainement d’autres trucs, mais je te les dirai si c’est nécessaire… Je pense pas que ça sera très compliqué… »
Évidemment, la proie pourrait toujours les surprendre et avoir plus d’un tour dans son sac. Mais ça allait, elle était prête à accepter les surprises, parce qu’elle était convaincue que rien ne pourrait réellement la surprendre à nouveau. Du moins pas pendant cette nuit. Et elle était aussi convaincue que c’était le cas avec Will aussi.
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William Delacroix
Vamps
Identification Emploi: Traqueur Level dangerosité: 22 Age apparent: 24 ans
La surprise passée, William eut bien vite fait la part des choses. D’accord il allait devoir travailler avec elle, c’était surprenant, il pouvait sans aucun problème le reconnaitre, mais, finalement, cela ne changeait pas grand-chose. Tout au plus un partenaire de traque « hors du commun ». L’habitude finirait par avoir le dessus et il ne penserait plus à elle comme c’était le cas environ un siècle auparavant. Il ne songerait plus à leur rencontre, à ce qu’il avait fait pour elle, et, en un sens, à ce qu’elle avait fait pour lui, même si elle ne le savait pas vraiment. Il porta son regard sur l’horizon invisible. Dans la nuit, l’eau et l’air se liaient dans les ténèbres dans une jointure invisible et il était impossible de savoir où s’arrêtait l’un ou l’autre des deux amants d’une nuit. Cette obscurité permit au Vampire de faire le vide dans son esprit et de se recentrer sur l’objectif de la soirée : attraper un renégat. Ensuite, il laisserait la jeune femme s’occuper de le remettre aux autorités compétentes et lui-même retournerait chez lui pour prendre ses quartiers de jour, comme il l’avait toujours fait depuis tant d’années. Une bonne journée de sommeil. Il avait commencé à en reprendre avec la fin de sa précédente Traque mais il n’avait pas encore pu pleinement en profiter plus que nécessaire. William n’était pas paresseux d’origine, mais il admettait volontiers que, pour une fois, se la couler douce pendant quelques heures, lui ferait probablement le plus grand bien.
Lorsque Florence commença à détailler les informations qu’il avait demandées au sujet de leur cible de ce soir. Apparemment il s’agissait d’un petit malin qui faisait un petit trafic ou du moins quelque chose qui s’apparentait à cela. L’idée des docks était plutôt bonne pour se planquer mais refaire le même itinéraire pendant plusieurs jours était une erreur de débutant. Peut-être ne pensait-il pas pouvoir être la cible de Traqueur. Croyait-il qu’il ne risquait rien ? Peut-être était-il dans le même cas que Florence lorsqu’il l’avait rencontrée. Bah… Peu importait maintenant. Ce n’était pas lui qui avait engrangé les informations, il était juste là pour attraper le gaillard, rien de plus, rien de moins, et c’est ce qu’il ferait ce soir. Enfin, le bateau était un avantage dont il ne tirait pas profit et dont William ne se gênerait pas pour le prendre au sien. S’il s’enfermait sur un frêle esquif pour ses affaires, le duo pourrait globalement profiter de leur avantage numérique pour tenter de le coincer sur cet espace restreint, ce qui faciliterait la capture, même si ce serait moins drôle. Bah, il n’en était pas encore là.
« - Je ne pense pas non plus. » Il posa son regard sur la Vampire. « On y va ? J’aimerais boucler ça rapidement. »
Il laissa ensuite passer Florence devant, après tout, c’était elle qui connaissait le chemin vers le quai effectivement utilisé par le renégat. Elle devait également avoir une idée d’un bon point d’observation d’où il pourrait le voir venir et définir une politique d’approche en combinant leurs forces. Glissant dans l’ombre, il regardait la jeune Vampire qui le devançait. Il l’aurait mal imaginé embrasser la carrière de Traqueur, et pourtant, c’était bel et bien ce qu’elle était devenue.
« - Force brute ou finesse ? Je connais pas ta spécialité et mieux vaut accorder nos violons si on ne veut pas se marcher sur les pieds et l’attraper convenablement. »
Ce n’était pas vraiment une envie soudaine de socialiser mais simplement histoire de commencer à se mettre au diapason. La traque à plusieurs demandait une coordination si on voulait éviter que, malgré l’avantage numérique, la proie ne s’échappe par concours de circonstances…
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Florence Bellefontaine
Vamps
Identification Emploi: Traqueuse Level dangerosité: 19 Age apparent: 20 ans
La blonde ne se fit pas attendre pour se mettre en marche vers le quai spécifique, après avoir hoché un peu la tête, même si elle n’avait pas envie de boucler le tout rapidement. Elle voulait une vraie chasse, mais elle savait que le bateau compliquait tout et qu’ils allaient probablement pouvoir le coincer directement là. La chasse serait pour un autre soir et un autre malchanceux. Ses pas étaient aussi rapides que ses courtes jambes lui permettaient, afin de ne pas trop le faire attendre et d’y arriver au plus vite. Ça n’était pas bien loin, juste assez pour ne pas être visible à l’entrée des quais et ainsi être discret. La question qu’il posa lui arracha un petit sourire, alors qu’elle réfléchissait un peu à sa réponse. De la violence ou de la diplomatie? Elle se demanda brièvement ce que lui voudrait, se demandant s’il essaierait les paroles avant les poings et cette question lui resta sans réponse. Peu importe, elle savait qu’est-ce qu’elle voulait.
« On peut commencer par la finesse, puis si ça ne fonctionne pas, on peut essayer la force brute. Je m’adapte bien à tout… Tu préfères quoi, toi? » demanda-t-elle en tournant la tête pour le regarder.
Ils approchaient du quai où le bateau en question était amarré. Ses yeux verts observèrent un peu les alentours du bateau, alors qu’elle se demandait comment elle allait procéder. Il n’était absolument pas question qu’elle monte sur ce bateau. En fait, il n’était même pas question qu’elle s’approche du bord du quai, d’où elle pourrait voir l’eau toute près, bougeant de gauche à droite, comme les vagues de nausée qui la prendrait. Elle s’arrêta à l’endroit qu’elle avait occupé toutes les fois qu’elle était venue l’observer, derrière plusieurs piles de boîtes de bois, qui sentait affreusement le poisson et le sel.
« Alors, je ne sais pas si tu comptes aller sur le bateau, mais il est hors de question que moi j’y pose mes pieds. On peut juste l’attendre patiemment ici, mais si tu tiens absolument à monter sur l’embarcation, j’attendrai sur le quai. Je serai prête s’il te file entre les doigts… » dit-elle en essayant de ne pas avoir l’air d’une mauviette apeurée d’une simple embarcation flottante.
Elle lui jeta un regard de côté, puis se remit à l’observation, en se disant que le pauvre mec était très bête de penser qu’il était en sécurité ici, dans un coin reclus de tout œil observateur. Non mais ils allaient en devenant de plus en plus idiots, c’en était même plus drôle. Au moins ça lui faisait son gagne-pain, elle n’allait quand même pas trop se plaindre.
Puis c’était repartis, ils étaient pris là pendant quelques minutes, à attendre encore. Ça allait la rendre folle de rester comme ça, en silence à côté de lui, en attendant que quelqu’un se pointe. Puis ça la faisait réfléchir et repenser à William et à la situation et à combien tout cela était un désastre. Ses émotions étaient complètement ambivalentes, la laissant avec des questionnements sur sa réaction de plus tôt et sur sa façon d’agir. Elle avait agit en enfant têtu, comme toujours. Tout ça commençait à vraiment lui peser sur les épaules et puis même si elle allait paraître faible, elle allait faire ses « excuses » ou du moins, un semblant d’excuse. Ce serait pénible, difficile à faire et à avouer, mais elle allait le faire. Son cœur – si elle en avait un – était tellement noir et plein de haine, ça ne pouvait que lui faire du bien. Puis il la connaissait déjà, il savait qu’elle était orgueilleuse et rancunière, alors il allait être compréhensif. Il devait être compréhensif. Son niveau d’humiliation avait déjà atteint de dangereuses limites pour la soirée, pour le mois et aussi pour l’année.
La vamp vint toucher brièvement le bras de du traqueur, pour attirer son attention, bien que son regard restait un peu fuyant. Elle se mordait la lèvre, en essayant de formuler les mots qui s’entassaient dans sa tête, sans trop de sens et d’apparence un futile.
«William… Tout à l’heure, j’étais pas… euh… » elle murmurait, trouvant le moment pénible « J’étais pas si en colère de te voir, juste un peu… J’étais vraiment surprise et je ne savais pas trop comment réagir… »
Maintenant que c’était fait, elle se sentait idiote et complètement ridicule. Parfois, elle avait de ces idées qui lui semblaient bonnes, puis lorsqu’elle les mettait en action, ça lui donnait l’impression d’être stupide d’avoir même pensé à le faire. Il allait rire d’elle et de ses aveux à la con et elle allait se mettre vraiment en colère et tout faire foirer la chasse. Une nervosité extrême s’empara d’elle pendant un moment, mais elle réussi vite à se reprendre en main, en essayant de penser à autre chose, comme le fait qu’elle devait être professionnelle et ne pas laisser ses sentiments se mettre dans le chemin. Mais c’était si difficile, elle n’était même certaine de réussir. La jeune femme poussa un soupire presque inaudible, en se demandant si c’était même normal qu’elle puisse ressentir un peu de rancune après autant de temps. Ce n’était pas seulement quelques années, c’était plus qu’un foutu siècle! Elle devait être anormale, trop amère et peut-être un peu trop désabusée de la vie…
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William Delacroix
Vamps
Identification Emploi: Traqueur Level dangerosité: 22 Age apparent: 24 ans
William était un Traqueur à l'ancienne. Son mentor, un vieux de la vieille, s'était acharné à lui apprendre à se battre de manière non-létale et, mieux encore, le plus souvent sans laisser de véritables traces. Pour le Vampire, jouer dans la finesse n'était pas forcément synonyme d'absence de violence, loin de là, d'ailleurs il ne discutait que très rarement avec ses proies pour les raisonner ou les arraisonner car de toutes façons peu étaient celles qui fuyaient et acceptaient de se faire arrêter juste parce qu'elles étaient rattrapées. Fondamentalement, toutes essayaient, par désespoir probablement, de battre leur Traqueur ou de lui échapper une nouvelle fois par un miracle quelconque qui n'arrivait souvent jamais. En réalité, il n'avait « arrêté » qu'une personne comme ça et c'était celle qui se trouvait à côté de lui en cet instant. Les circonstances étaient bien évidemment différentes, puisqu'à l'époque, elle ne se savait pas chassée et donc n'avait jamais eu dans l'idée de fuir quoique ce soit. D'ailleurs, à bien y réfléchir, elle n'avait jamais su pourquoi il avait été là dans ce bar ce soir-là, ni ce qu'il avait fait pour elle dans l'ombre pour lui éviter probablement la mort. Il n'avait trouvé aucun intérêt à le lui dire, d'abord parce que cela revenait à d'abord lui annoncer qu'il l'avait en premier lieu traquée pour la livrer à la Justice Vampirique. Enfin, maintenant qu'elle était traqueuse elle-même, peut-être pourrait-elle comprendre tout ce qu'il avait fait. Quoiqu'il en soit, ce n'était pas à l'ordre du soir.
« - J'ai une préférence pour faire ça en douceur. Si on pouvait éviter de raser la moitié des docks, je pense que ce serait mieux. » Il posa son regard sur la Vampire, un léger sourire s'ourlant au coin de ses lèvres. « On remettra la grande poursuite à une autre fois. »
Ils s'arrêtèrent derrière une pile de caisses en bois, un bon poste d'observation, même si William aurait préféré quelque chose du genre en hauteur, histoire d'avoir une meilleure vue, mais, si le bateau qu'il voyait d'ici était bien celui de leur cible, ils ne pouvaient manquer aucune allée et venue sur celui-ci et c'était déjà pas mal. Tandis qu'il observait ce qu'il y avait à voir pour mémoriser certains éléments qui pourraient devenir importants dans les minutes à venir, il se tourna vers Florence lorsqu'elle admit, à demi-mot, qu'elle ne monterait sous aucun prétexte sur le bateau. Enfin, de toute façon c'était l'idée qu'il s'était faite lui-même. Un dans le bateau, un dehors, au cas où. Reposant le regard sur le bateau, il étudia la situation pendant quelques secondes avant de répondre:
« - Je comptais effectivement que l'un de nous grimpe en silence sur le bateau une fois que notre proie serait à l'intérieur. L'espace réduit de l'embarcation est un avantage. Du coup, j'irai. »
Il ne jugea pas nécessaire de faire une remarque sur le pourquoi du fait qu'elle ne voulait pas monter sur le bateau. Il doutait qu'elle puisse avoir le mal de mer, surtout à quai. Enfin ce n'était pas important. Encore une fois, la proie avant tout. Le Vampire s'adossa au mur d'un entrepôt qui jouxtait les caisses et jeta un regard par le côté, pour avoir de nouveau une vue plus « pénarde » sur la cible. En tout cas, avec la lumière de la lune, ils ne manqueraient pas de le voir arriver, ce qui n'était pas plus mal. En tout cas, si William avait été dans sa position, il aurait sans doute utilisé le bateau pour changer de coin tous les soirs et ainsi éviter d'être rapidement repéré. Enfin, ils n'allaient pas non plus donner des cours aux renégats pour que les Traques soient plus passionnantes... Ses pensées s'interrompirent au même moment où Florence vint effleurer son bras. Portant son regard sur elle, il fronça les sourcils en observant un changement évident de comportement, un changement qui se traduisit rapidement dans ses paroles. Elle s'excusait ? Il eut un petit sourire avant de poser une main sur son épaule et de chercher son regard.
« - T'en fais pas Florence, c'est pas grave. Même si ça fait plus de cent ans qu'on s'est pas vu, je crois que je te connais encore assez bien pour savoir que c'était ta façon de me faire comprendre que tu te souvenais de moi. »
Des bruits de pas se firent entendre. Le visage de William se ferma complètement et il posa rapidement un doigt sur les lèvres de la Vampire pour lui intimer le silence dans un regard. Ils allaient appliquer le plan, voilà ce que disaient ses yeux et c'était amplement suffisant. Observant en silence, il attendit que leur visiteur nocturne rentre dans le bateau. William contourna alors Florence avant de sortir de leur cachette, glissant dans l'ombre, pour se rapprocher de l'embarcation et d'y grimper à son tour laissant seule la Vampire pour quelques temps.
Parvenir en silence au bateau ne fut pas difficile. Y grimper sans éveiller les soupçons le fut un peu plus mais William sut gérer cela sans trop de difficultés. Prenant garde à ce qui pourrait trahir sa présence, il chercha du regard où avait pu se dissimuler leur proie. L'entrée de la « soute » lui parut une bonne option. S'approchant à pas de loup, il s'approcha de l'entrée et distingua une lueur dans la petite « pièce » navale. Apparemment notre homme traficotait quelque chose là dedans, mais le Traqueur ne savait pas quoi. Qu'importe, il essaya de se glisser dans la pièce mais un objet invisible contre lequel vint se cogner son pied fit de la tentative un échec. Le renégat, interpellé par se bruit suspect repéra, dans l'exiguïté de l'endroit, rapidement le fauteur de trouble et se rua vers lui pour libérer l'unique sortie. Le Croisé l'accueillit à bras le corps mais l'instabilité de la structure l'empêcha de tenir bon et il s'écroula au sol n'arrivant pas à retenir son assaillant qui déjà sautait à quai. En un éclair, il se releva et bondit à sa poursuite. Il n'avait pas besoin d'interpeler Florence, elle ferait déjà sa part du travail, il le savait. Qui plus est, il n'était pas nécessaire d'avertir leur cible qu'ils étaient deux. _________________
Florence Bellefontaine
Vamps
Identification Emploi: Traqueuse Level dangerosité: 19 Age apparent: 20 ans
Il ne riait même pas. C’était presque… touchant. Puis il n’avait même pas l’air en colère contre elle, ce qui lui plut grandement. Une seconde avant qu’elle n’ouvre la bouche à nouveau, il avait posé son doigt sur ses lèvres et elle n’eut pas besoin de plus d’indications pour savoir que la proie était arrivée. Elle le suivit du regard, puis une fois que celui-ci disparu dans le bateau, elle se redressa un peu, laissant passer William pour qu’il le suive à l’intérieur. Bon, la chasse commençait finalement, pour vrai.
Florence sortit à son tour de derrière les boîtes, sans s’avancer trop près de l’embarcation, pour pouvoir faire une jolie surprise au renégat s’il réussissait à filer entre les mains de Will. Ses yeux, à la lueur de la lune, avait l’air primitifs, brillant avec une joie malsaine de psychopathe. C’était tellement amusant! Tout ce qui risquait de se produire, bonne ou mauvaise chose, lui donnait l’impression d’avoir d’euphoriques montées d’adrénaline, même si le tout pouvait s’avérer dangereux. Elle ne désirait tout de même pas perdre le criminel et devoir tout recommencer, mais s’il pouvait se montré très réticent, elle ne s’en plaindrait pas et accepterait de jouer un peu avec lui. Évidemment, les chances que cela se produise alors qu’ils étaient deux traqueurs étaient plutôt minces.
Un bruit de fracas coupa sa suite d’idées, la laissant alerte à ce qui allait ensuite se produire. Ensuite, après à peine quelques secondes, le mec émergea de l’entrée/sortie de la cabine lui confirmant ainsi que ce qui aurait du se produire à l’intérieur n’était pas allé selon les plans. C’était pas si grave, elle était juste là à l’attendre. Et quel malheur pour le fugitif, il ne l’avait même pas vu tant il était pressé de se pousser. C’est donc avec très grande facilité qu’elle ne fit que sortir un peu le pied pour faire trébucher le pauvre mec, qui se mangea le béton en pleines dents. Ouille… À la vitesse qu’il avait plané… Si ça avait était quelqu’un d’autre, elle aurait probablement eu pitié. La demoiselle lança un joli sourire à William, qui était sorti pratiquement sur les talons de l’autre, avant de se retourner vers le vampire qui commençait à cesser de voir des étoiles et qui essayait de se remettre sur pieds. Il n’en était pas question, il allait rester juste là, sur le sol ou sinon, contre une des caisses de bois. La petite blonde se rapprocha de lui et vint simplement poser son pied sur sa nuque, pour bien qu’il embrasse bien le sol à nouveau.
« Tu sais que t’es pas bien malin toi? Tu crois que tu pourrais vraiment réussir à te sauver de nous? » lui demanda-t-elle, ne s’attendant pas particulièrement à ce qu’il réponde autre chose que les quelques injures qu’il marmonnait.
La demoiselle l’observa pendant un cours moment, puis tourna la tête vers l’autre traqueur, ses yeux animés de la même lueur que plus tôt le regardant de haut en bas.
« Est-ce que ça va? » demanda-t-elle, appuyant plus fort sur la nuque du renégat lorsque celui se montrait particulièrement vulgaire.
Évidemment que ça allait, il s’était juste fait bousculé par l’ingrat. Non mais c’était le festival des questions stupides ou quoi? C’était presque incontrôlable, elle avait ressenti le besoin de poser la question, comme s’il y avait un risque qu’il avait été grièvement blessé et qu’il avait mal. Mais pourquoi elle s’en faisait… Elle avait avoué ne pas vraiment être en colère, mais il lui restait quand un peu de peine inavouée. Il avait gardé secret sa véritable raison de se tenir avec elle pendant une dizaine d’année, comme si ce n’était pas important… Enfin, fallait pas qu’elle s’y attarde, elle devait rester concentrée sur le vampire qui bougeait sous son pied, en la traitant de noms peu créatifs. Ils n’allaient certainement pas faire le trajet de retour avec un personnage qui ne cessait pas de parler comme ça. Elle préférait traîner un poids mort sur des kilomètres que de l’écouter dire des conneries.
Décidant qu’il était finalement temps de mettre fin à ce blabla incessant, la vamp retira sa botte de la nuque du mec, pour venir plutôt l’agripper d’une main et le redresser. Elle se retourna vers William, lui présentant le renégat comme s’il était un cadeau, afin qu’il le fasse taire au plus vite. Puis il allait se mettre à bouger un peu trop de toute manière, alors il fallait que ce soit rapide. Bien qu’elle possédait une force surhumaine et une vitesse impressionnante, ses poings n’étaient généralement pas suffisants pour mettre K.O un autre vampire. Elle réussissait, bien sûr, mais souvent, ça faisait un dégât et elle ne voulait pas risquer de mettre du sang sur ses jolies bottes. Fallait tout de même avoir certaines priorités…
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Dernière édition par Florence Bellefontaine le Ven 30 Sep - 1:01, édité 1 fois
William Delacroix
Vamps
Identification Emploi: Traqueur Level dangerosité: 22 Age apparent: 24 ans
C’était les aléas des situations diverses et variées que constituaient les traques. Ce n’était pas la première ni probablement la dernière fois qu’un évènement imprévu mettait du « piment » dans une poursuite, et, en quelque sorte, cela permettait de rester en forme et de ne jamais pour tenir acquis des évidences comme une potentielle supériorité sur sa proie. C’était une règle qu’avait bien veillé à lui enseigner son mentor. Sous-estimer quelqu’un était le meilleur moyen de se faire surprendre et d’en pâtir que ce soit sur la poursuite ou lors de la capture. Le fait de ne pas avoir été suffisamment discret était un tort, il aurait du faire davantage attention à son environnement. L’obscurité n’arrangeait rien mais elle n’était en rien une excuse pour justifier cette erreur qui s’apparentait presque à une erreur de débutant. Beaucoup de Traqueurs se seraient probablement fait avoir de même mais William n’était pas n’importe lequel d’entre eux et ce genre d’erreur devait être évitée. Son mentor le lui aurait fait douloureusement sentir. Enfin, en un sens, le renégat s’en était un peu chargé, même si la chute n’avait rien de vraiment douloureux. En tout cas, il fallait se relever et poursuivre, même s’il était certain que Florence ferait son travail.
Un travail qu’elle fit d’ailleurs avec une désinvolture qui fit sourire le Vampire alors qu’il cessait sa course voyant leur proie s’envoler pour se fracasser sur le bitume du quai. Ce dernier n’avait pas pensé à la possible présence d’un autre prédateur et la jeune femme ne s’était pas foulée pour maîtriser son adversaire. Un petit croche-pied en règle, finalement le plus simple restait parfois le meilleur. Alors qu’il avait stoppé sa course – dorénavant inutile – William rejoignait sa partenaire de traque d’un soir tranquillement. Finalement cela n’avait pas duré longtemps, en un sens c’était dommage, très dommage même, mais cela augurait également de pouvoir se reposer du voyage plus rapidement. Le Croisé n’avait pas oublié son envie de se coucher et de s’endormir pour quelques heures et, surtout, se retirer dans son « antre » paisiblement et faire un break avant de reprendre sa non-vie comme elle avait commencée. Il esquissa un sourire alors qu’elle s’approchait de leur cible pour le maitriser en posant un pied sur sa nuque tout en le chambrant un petit peu. C’est vrai, il fallait l’admettre, il avait été un peu trop imprudent pour le coup car il aurait pu anticiper la « sortie » de Florence et peut-être un peu compliquer la tâche aux deux traqueurs avec une petite course. Tant pis.
Alors qu’il s’approchait, la jeune femme se tourna vers lui et il croisa son regard qui n’avait pas perdu son excitation, cette trace presque malsaine du prédateur qui tient sa proie entre ses griffes avec le droit de vie ou de mort sur lui. En un sens, cela lui allait à la perfection. Elle n’était pas femme à être « douce ». La violence et l’action étaient son élément. Toutefois sa question le surprit. Il haussa un sourcil et se regarda lui-même, en profitant pour épousseter son haut noir qui avait prit un peu la poussière.
« - Je ne suis pas en porcelaine tu sais. » Il esquissa un bref sourire avant de poser son regard sur le renégat. « Dis-donc, il en connait un joli langage fleuri lui. Il a l’air de bien t’aimer. »
Elle finit d’ailleurs par l’agripper par le col pour le redresser au dessus du sol, le présentant à William pour, probablement qu’il le fasse taire lui-même. Alors qu’il croisait le regard de celui qui avait réussi à lui glisser entre les doigts, le Traqueur ne lui laissa pas le loisir de sortir une insulte de plus. Frappant rapidement, il veilla à le plonger dans l’inconscience pour un petit moment sans trop l’abimer. Tout au plus aurait-il un bleu à son réveil.
« - Bien… Je crois qu’on en a fini ici, tu ne crois pas ? »
La suite, il ne la connaissait pas, mais elle pourrait probablement l’aiguiller sur ce qu’elle comptait faire avec ce boulet sur les bras.
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Florence Bellefontaine
Vamps
Identification Emploi: Traqueuse Level dangerosité: 19 Age apparent: 20 ans
Évidemment qu’il n’était pas blessé ou dans un sale état. Quelle question… Heureusement, il ne s’y attarda pas et fit même une blague, en parlant du renégat. La vamp le repoussa d’une main sur le torse, de manière amicale, lorsqu’il avait dit qu’il devait l’aimer. Tout en marmonnant un « ouais ouais, c’est ça… » et en souriant un peu, le trouvant bien amusant. Ça n’avait toutefois pas été le cas de celui sur le sol, qui semblait insulté par cette idée ridicule. Peu importe, il finirait quand même dans les pommes.
Après que William eut porté le coup de grâce au fugitif, Florence le laissa tomber sur le sol, en le tâtant un peu du bout du pied, comme pour s’assurer qu’il n’allait pas se relever et se sauver. Il était bien K.O et c’était pour le mieux. Il se réveillerait probablement en devant faire face à une sentence qui pouvait être n’importe quoi, mais qui risquait surtout d’être la mort. Enfin, la vraie mort. Toutefois, la blonde s’en fichait, son boulot était de les ramasser et de les ramener et le reste était pour quelqu’un d’autre. Et c’était vraiment pour le mieux. Elle hocha la tête à ce que Will dit, bien d’accord qu’il était temps de tout boucler. De préférence sans anicroches, évidemment.
Florence vint instinctivement fouiller dans la poche de son jeans, dans le but d’y trouver son cellulaire, puis se rappela du pauvre sort que celui-ci avait subit. Il s’était cassé… Pauvre petit téléphone si utile et nécessaire au bon fonctionnement du plan. Enfin, ce n’était pas la fin du monde, tout le monde avait un téléphone portable maintenant et ce tout le monde devait forcément inclure William. Ça n’était juste pas normal de ne pas posséder un de ces bidules indispensables. La demoiselle leva ses jolis yeux vers lui, battant un peu des cils, en tendant la main.
« Tu me prêtes ton téléphone? Le mien a eu un accident et j’ai pas particulièrement l’intention de le traîner sur mes épaules… » dit-elle, se balançant un peu de gauche à droite.
Il fallait qu’elle appelle celle qui viendrait chercher le paquet. Florence lui avait déjà demandé, plus tôt dans la soirée, si elle pouvait s’en occuper. Certes, ils auraient pu transporter le corps sans voiture, mais l’idée de marcher plusieurs longs kilomètres, avec un fardeau comme celui-ci ne l’enchantait pas particulièrement. Puis il y avait certainement plus intéressant à faire. Et Ophélia lui avait dit que ça ne la dérangerait pas. N’importe quelle raison pour sortir sa superbe voiture était bonne… Enfin, Florence avait cru comprendre que c’était une superbe voiture. Elle n’y connaissait absolument et ne désirait pas particulièrement apprendre quelque chose à ce sujet. Elle cligna des yeux lorsqu’il déposa le cellulaire dans sa main et ne se fit pas prit pour composer le numéro de celle qui serait la livreuse de ce soir. Elle échangea quelques mots avec celle-ci, quelques précisions sur le lieu, puis raccrocha et redonna le téléphone à William.
« Quelqu’un se chargera de le ramener. Elle devrait arriver dans pas trop longtemps… » dit-elle, en regardant autour, pour chercher un endroit où s’asseoir.
Son regard s’arrêta finalement sur une quelconque boîte qui traînait à quelques mètres de là. Elle s’y installa rapidement, relevant ensuite le visage vers le traqueur. De quoi ils étaient supposés discuter? Elle se sentait mal à l’aise, comme obligée de lui jaser, en sachant toutefois qu’elle pouvait aussi garder le silence. Ils pourraient faire de la petite conversation, pas nécessairement anodine, mais pas non plus super importante et révélatrice. Putain, c’était difficile de socialiser… Dans la vie de tous les jours – ou nuit? - elle se contentait que de « socialiser » avec ses repas et même là, la majorité du temps, les conversations avait que rapport au sexe ou aux joies d’être une vampire. Évidemment, ce n’était pas elle qui amenait ce sujet particulier sur la table, mais les normes semblaient vraiment passionnés par les vampires. Vraiment, rien de plus passionnant qu’un prédateur mort, se nourrissant de sang humain et ne vivant que la nuit, avec interdiction de voir la lumière du jour. Non mais vraiment, rien de plus passionnant…
« Est-ce qu’on est supposé discuter? Faire la conversation? » demanda-t-elle.
Mieux valait lui demander directement, il allait connaître la réponse. Il connaissait toujours les réponses à ses questions. Du moins, plusieurs dizaines d’années auparavant, c’était le cas. Mais elle avait changée ou elle pensait avoir changée et lui aussi devait avoir changé, peut-être que ça ne fonctionnerait plus de la même façon. Elle était devenue amère, indifférente et plutôt recluse et c’en était possiblement pareil pour lui. Enfin, elle n’allait pas émettre d’opinion à son sujet, elle avait plus de classe que ça. Et elle osait espérer que ce n’était pas le cas pour lui…
(HJ: Vu avec Ophélia)
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William Delacroix
Vamps
Identification Emploi: Traqueur Level dangerosité: 22 Age apparent: 24 ans
Florence avait changé, c'était un fait indéniable que n'importe qui la connaissant avait probablement remarqué avec le temps. Pour William, c'était encore plus flagrant. Les modifications du comportement de la Vampire marquaient davantage l'écart temporel qui les avait séparé pendant près d'un siècle. En un sens, elle avait probablement mûri, du moins dans son comportement vampirique. Était-elle devenue meilleure ? Il n'en savait rien et ce n'était pas forcément à lui de juger une telle chose. Et puis il ne savait pas ce qu'elle avait pu faire pendant ce siècle, néanmoins, pour finir Traqueuse, elle n'avait probablement pas si mal tournée. C'était un boulot comme un autre, il fallait l'admettre, mais ne devenait pas Traqueur qui le voulait bien. Des aptitudes étaient nécessaires et, pire encore, il fallait montrer tout de même une patte relativement blanche. Un peu comme dans la Police, où l'on n'engagerait pas un criminel, les Traqueurs ne comptaient généralement pas dans leurs rangs d'anciens renégats. Cela aurait pu faire tâche. Peut-être qu'ils servaient d'indics, après tout, il n'y avait vraiment qu'un renégat pour connaître un autre renégat, mais il n'était surement pas mandaté officiellement pour chasser leurs ex-compagnons hors la loi. Enfin bref, ce n'était pas vraiment le lieu, ni le moment pour une telle réflexion poussée sur les pourquoi et les comment de la Justice Vampirique. Elle était presque aussi vieille que le monde et peut-être même plus ancienne que la justice des Hommes.
William n'avait pas spécialement réagit lorsque la jeune femme avait « répondu » à sa petite remarque concernant son amant qui reposait par terre. Le geste qu'elle avait fait à son encontre avait surpris le Traqueur mais il ne s'en était pas formalisé. Il avait l'impression que la jeune femme était un peu duale, ou alors qu'elle était en proie à un grand cas de conscience concernant le Croisé. Tour à tour distante puis plus proche, elle donnait l'impression de ne pas savoir quoi penser ou quoi faire. Enfin, il se concentra à nouveau sur leur invité d'honneur pour éviter de trop réfléchir. Il regarda Florence lâcher son « paquet » au sol avant de vérifier qu'il dormait bien comme un petit bébé. Qu'allaient-ils faire maintenant ? Ça, lui, il ne le savait pas et c'était bien à elle de lui annoncer la suite des évènements. Apparemment, elle nécessitait l'utilité d'un téléphone portable car elle lui demanda le sien, rappelant avec humour que le sien avait fini en pièces détachées de l'autre côté du dock. Elle ne voulait pas le porter ? Logique. Il était vrai que porter un corps n'avait rien de très intéressant. Will les trimballait généralement comme des sacs de patates, lorsque ce n'était pas loin, ou alors utilisait un moyen de transport quelconque. De toute façon, il avait les autorisations pour arrêter des Vampires, aussi personne ne viendrait l'ennuyer. Un léger sourire sur les lèvres, amusé par la mimique de Florence qui tentait, apparemment, de lui faire les yeux doux pour qu'il accepte, il glissa sa main dans la poche arrière de son pantalon et en sortit un cellulaire qu'il tendit à la jeune femme.
« - Évite de le laisser tomber. » Une petite taquinerie, rien de plus. Puis, à bien y réfléchir, cela faisait longtemps qu'il n'avait plus fait ça... Décidément...
Il jeta un regard à l'inconscient qui dormait sur le bitume tandis que la Vampire appelait quelqu'un qui, visiblement allait se charger de récupérer le corps pour le trimballer là où il devait aller. Florence lui confirma cela en lui rendant son téléphone qu'il rangea alors qu'elle prenait déjà la direction d'une caisse où elle s'installa. En silence, William attrapa le renégat inconscient et le jeta sur son épaule avant de s'approcher de la jeune femme et de déposer le bonhomme pas loin d'elle, d'où ils pourraient éventuellement intervenir rapidement s'il devait se réveiller, ce dont il doutait tout de même. Le petit était partit pour une « bonne » nuit de sommeil, et, accessoirement, une sacrée gueule de bois au réveil, ce qui serait, alors, probablement le cadet de ses soucis. Il s'adossait au mur d'un entrepôt proche quand Florence lui demanda s'ils étaient sensés faire la conversation.
« - C'est comme tu veux. Le silence, c'est bien aussi. En tout cas, ça me gêne pas. » Avait-il répondu, posant son regard sur elle. La question l'amusait un peu, apparemment elle n'était pas douée pour échanger des banalités. Bah... Peu importait réellement. Avaient-ils besoin de parler ? Aucunement. Après tout, elle était partie sans rien dire, alors ils n'avaient peut-être rien à échanger finalement. Alors que le silence regagnait un peu ses droits, son regard ne quittait pas la jeune femme, guettant sa réaction. _________________
Florence Bellefontaine
Vamps
Identification Emploi: Traqueuse Level dangerosité: 19 Age apparent: 20 ans
Toujours assise sur sa caisse, ses yeux ne quittèrent pas le boulet qui traînait sur le sol après la réponse de William. Ils pouvaient garder le silence, il avait bien raison. Mais en même temps, s’ils gardaient le silence, elle se mettrait à réfléchir à la situation puis lorsqu’elle déciderait de finalement parler, elle dirait d’autres stupidités, comme si la soirée n’en avait pas suffisamment entendues. Puis si elle décidait de ne pas garder le silence, elle raconterait n’importe quoi de futile et de totalement accessoire. Les décisions, les décisions…
La blonde garda le silence pour le moment, en se disant qu’elle pourrait réfléchir à comment elle allait formuler les paroles qu’elle voulait dire pour que ça ait au moins l’air intelligible. Elle voulait qu’ils discutent, mais pas sans avoir réfléchi à ce qui allait sortir de sa bouche d’abord. Il s’en foutait peut-être, elle ne voulait pas aller raconter plein de trucs, s’il n’en avait rien à faire… Mais il y avait aussi la possibilité qu’il ne s’en fiche pas et qu’il veule bien avoir des explications sur ce qui s’était passé plus d’une centaine d’années auparavant.
Quelques minutes passèrent, tandis qu’elle promenait son regard entre le renégat, le sol et les souliers de Will, en réfléchissant intensément. Elle se trouvait dans sa petite bulle, où le monde extérieur cessait d’exister et qu’elle était seule. Ça lui arrivait, lorsqu’elle se débranchait de son environnement, dans des moments de joie immense ou de réflexion. Enfin, elle en ressortit bien vite et tourna le visage vers l’autre traqueur, l’observant pendant quelques instants, comme si elle essayait de voir quelque chose en particulier sur son visage. Son regard revint ensuite se poser sur le corps devant elle.
« Est-ce que tu te demandes pourquoi je suis partie? » demanda-t-elle, gardant ses yeux bien fixés devant elle.
Elle allait lui dire, lui avouer pourquoi elle avait fait ses valises et avait prit le train pour se rendre en dehors de l’état le plus rapidement possible. Il méritait bien de savoir pourquoi elle s’en était allée sans même laisser une note disant au revoir ou même un indice de pourquoi elle avait quitté. Comment elle avait eu la frousse en se rendant compte de combien compliquée la situation était rendue. Comment elle avait été blessée de savoir qu’il lui avait caché un secret si important. Ces raisons, elle les avait gardées secrètes et n’avait jamais même partagé la décennie qu’ils avaient passés « ensemble » avec personne, simplement parce qu’elle n’aimait pas les sentiments qui remontaient à la surfaces lorsqu’elle y pensait. Évidemment, c’était différent à ce moment, avec lui à côté d’elle, dans une situation si banale.
« C’était rendu trop compliqué et j’étais offusquée de découvrir que c’était pas par hasard qu’on s’était rencontrés, comme je le pensais… » dit-elle, à voix basse en ne changeant toujours pas son regard d’endroit.
Elle fronça les sourcils en y pensant, se rappelant du moment précis où elle avait décidé de prendre ses cliques et ses claques. Elle était encore jeune, tellement différente et ce qu’elle avait découvert l’avait fait ressentir une haine qu’elle n’avait jamais connu. Évidemment, au fil des années, l’émotion s’était apaisée, pour laisser plutôt place à un détachement lui donnant l’impression de regarder l’évènement des yeux d’une autre personne. Cette phase avait été plutôt sombre, la laissant dans un état constant de méfiance et de solitude extrême, car elle était convaincue que le monde entier la suivait. Heureusement, le tout avait passé pour qu’elle retrouve un état plus normal. Parfois, elle faisait des rechutes, mais elle s’en sortait toujours, contre toute attente. Elle lui demanda finalement ce qui occupait son esprit depuis qu’elle s’était remise à penser à l’évènement :
« Est-ce que tu m’en veux? »
La réponse qu’il allait lui donné n’était pas particulièrement importante. Elle comprendrait ce qu’il dirait, peu importe ce que c’était. Florence savait qu’elle ne lui en voulait plus de lui avoir caché le détail important qu’il était traqueur, mais elle n’avait aucune idée de si lui, lui en voulait d’être partie comme une fugitive, sans signe de vie. Ça ne changerait pas grand chose, mais elle ressentait quand même le besoin de lui demander. Puis peut-être qu’il avait envie de répondre. La vamp tourna rapidement la tête vers lui, pour le regarder furtivement de ses yeux d’émeraude.
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William Delacroix
Vamps
Identification Emploi: Traqueur Level dangerosité: 22 Age apparent: 24 ans
Le silence. Tellement fragile et pourtant si intense dès ses premières secondes d’existence. Parfois, les gens ne pouvaient s’empêcher de le meubler, de le faire reculer comme s’il s’agissait d’un mal à éviter, alors ils parlaient, encore, et encore, et encore… Ils ne s’arrêtaient jamais, comme si au moindre instant de silence, ils finiraient happés par ce vide de mots pour toujours. Ne se rendaient-ils jamais compte de la beauté du silence ? De ce qu’il permettait lorsqu’on cessait enfin d’utiliser vainement les mots et qu’on se contentait de se laisser porter par les pensées ou les bruits alentours. Puis le silence était plus ressourçant que le bruit continuel, qui plus est, la proximité de quelqu’un ne dépendait pas toujours de relations vocales. Le contact physique ou de simples regards pouvaient faire bien davantage pour peu qu’on leur accordait l’importance suffisante. Et puis… William était habitué à la solitude. Même les étreintes d’une nuit avec des Normes ne changeaient rien à la donne. Certes le contact charnel et le plaisir de la morsure repoussait un peu la solitude pour quelques heures mais, au final, le lendemain n’en était que plus difficile. Mais avec le temps, le Vampire avait mit de côté une bonne partie de ses états d’âme et tout cela n’avait plus réellement d’importance.
Alors qu’il avait quitté des yeux la Traqueuse pour observer le corps inerte de leur cible, commençant petit à petit à se perdre dans ses pensées, la jeune femme finit néanmoins par parler, le tirant des méandres de sa réflexion naissante. Alors qu’il reposait son regard sur elle, la surprise issue des mots vint le frapper. Elle lui demandait s’il voulait savoir pourquoi elle était partie ? Non, elle lui demandait plutôt s’il se posait la question du pourquoi. La question qui lui venait à l’esprit pourtant, en cet instant, c’était pourquoi elle mettait tout ceci sur la table maintenant. Rien dans son comportement ne pouvait justifier cela, mais pourtant elle le lui avait demandé. Son regard posé sur elle, William ne dit rien mais il ne l’invitait pas non plus à se taire. Oui, il s’était toujours demandé pourquoi elle était partie et même après plus de cent ans, la question le taraudait encore. La preuve en était que lorsqu’il l’avait revue, c’était cette séparation subite et incompréhensible qui lui était surtout revenue à l’esprit.
« - J’avoue que je me suis souvent posé la question. » Avait-il répondu calmement.
Son aveu était fait, il attendait maintenant le sien, avec, il fallait l’admettre, une certaine curiosité, ou était-ce peut-être une appréhension. Mais pourquoi ? Difficile à dire. En tout cas, la révélation le surprit. Ainsi donc elle avait apprit qu’il était Traqueur et qu’ils ne s’étaient pas rencontrés par hasard ? Comment avait-elle pu l’apprendre ? Il avait toujours veillé à ne pas laisser d’indices à ce sujet. Au-delà de cela, il y avait aussi le fait qu’elle sache qu’il la traquait lors de leur première rencontre. Comment pouvait-elle avoir appris cela ? William commençait doucement à réfléchir à tout ce qui aurait pu se passer plusieurs dizaines d’années plus tôt, oubliant par là-même un peu le présent jusqu’à ce que Florence lui demande s’il lui en voulait. Lui en vouloir ? La question ne se posait même pas.
« - J’ai aussi mes torts dans cette histoire. J’ai été surpris de te voir partir subitement mais je ne t’en veux pas. »
Ses yeux croisèrent enfin le regard émeraude de la Vampire. Il esquissa un bref sourire avant de soupirer et de jeter un regard vers la belle au bois dormant. Le transporteur mettrait probablement quelques temps encore avant d’arriver. Regardant à nouveau la jeune femme, il lui demanda à son tour.
« - Comment as-tu su ? » C’était une question qui lui taraudait l’esprit et, quitte à s’avouer ou se poser des questions, autant y aller franchement, ils avaient le temps.
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Florence Bellefontaine
Vamps
Identification Emploi: Traqueuse Level dangerosité: 19 Age apparent: 20 ans
Sujet: Re: Retrouvailles improbables - Terminé Sam 1 Oct - 18:07
La réponse qu’elle reçut lorsqu’elle lui demanda s’il lui en voulait sembla la satisfaire. Elle sourit légèrement, puis reposa ses yeux devant elle, en réfléchissant à comment les choses auraient pu être différentes si elle était restée avec lui. Tout aurait été différent, peut-être plus plaisant. Mais les regrets n’étaient pas une chose qu’elle aimait particulièrement et elle préférait penser qu’elle avait bien fait de s’en aller de son côté. Puis ça n’était jamais bon de trop réfléchir aux possibilités ayant pu se produire, si l’on avait fait une chose différemment. Quand même, le sentiment qu’elle serait généralement mieux si elle avait affronté le problème comme une adulte, restait un peu présent dans sa tête.
Alors qu’elle levait les yeux vers la lune, observant son ciel noir avec envie, le traqueur lui posait la question qu’elle attendait et redoutait. Évidemment qu’il voudrait savoir comment elle avait découvert sa véritable occupation et sa véritable raison d’avoir répondu à ses avances, ce soir là, dans ce petit bar perdu dans un coin de la ville. Le souvenir vivide de sa découverte lui revint, le moment où elle était sortie et avait croisé un autre vampire qui aimait trop jaser et qui lui avait fait l’annonce qu’elle n’aurait pas du être là, qu’elle aurait probablement du être vraiment morte, depuis un certain moment. Elle avait eu les détails en le faisant plus jaser, peut-être qu’elle lui avait fait un peu peur avec ses petites menaces et son air de psychopathe en crise. Il avait eu le culot de dire qu'elle était comme une proie secourue finalement par son prédateur, une bête de foire. Puis il avait rajouté quelques trucs qui n'était pas digne d'être mentionnés, pour cause de leur vulgarité, mais ça n'était pas ça qui l'avait dérangé. Florence s’était sentie humiliée de ne pas savoir, d’être la dernière à être mise au courant d’un truc si important. Les prédateurs ne s'occupe pas de leur proie ainsi, ils les tuent et se débarrassent d'eux. Enfin, ça n’était pas important. Ce qui était important, c’était ce qu’il lui avait dit et ce que tout impliquait. Bien qu’elle n’avait pas besoin de respirer, elle s’était sentie suffoquer, alors qu’elle était retourné vers la maison, pour y ramasser tout. Will n’était pas là ce soir, probablement occupé à faire son travail et elle en avait profité.
« J’ai croisé un type très loquace, qui était surpris de me voir toujours vivante… Enfin, pas vraiment vivante, mais tu vois… Il n’était pas bien difficile à convaincre, pour avoir les détails… » répondit-elle, en levant les yeux vers lui.
Un seul type rencontré en une dizaine d’année, qui jasait trop fort était quand même pas mal. Elle aurait pu croiser quelqu’un du genre la semaine après leur rencontre, toutefois, elle n’était pas énormément sortie dans les quelques semaines suivant leur rencontre. Il lui apprenait tout le nécessaire pour bien survivre et pour ne pas terminer comme elle aurait du en premier lieu. Il lui montrait ce que c’était d’être vampire. Elle lui devait son existence et elle s’était montrée reconnaissante tout le temps qu’ils se tenaient ensemble. Et elle se montrerait encore reconnaissante si cela était nécessaire, mais bon, elle osait penser qu’il savait qu’elle lui en vaudrait probablement toujours une. Ou qu’elle penserait toujours lui en valoir une. Florence détourna le visage, regardant ses jolies bottes qu’elle n’avait pas eu à salir de la soirée. Une question l’avait tracassé lorsqu’elle avait remit les pieds à la Nouvelle Orléans. Elle s’était demandé si elle allait le croiser, mais lorsque cela ne s’était pas produit, elle avait pensé qu’il était peut-être partit vivre dans une autre ville. Cependant, elle savait qu’un des très bons traqueurs était seulement à l’extérieur, partit traquer un individu qui le faisait courir.
« T’étais parti courir autour du monde pour traquer un type, ces derniers temps, mhm? » demanda-t-elle, espérant secrètement qu’il dise que oui.
La demoiselle restait maintenant à la Nouvelle Orléans et malgré son ancienne habitude de ne rester qu’à un endroit que pour quelques années, elle n’allait pas déménager. C’était bien ici, elle avait assez de travail pour se garder occupée, il y avait du divertissement lorsqu’elle s’ennuyait et les gens étaient assez froids pour se ficher d’elle. Puis s’il disait qu’il n’avait pas déménagé, elle allait probablement en être contente, en secret. Le malaise initial de le voir était passé depuis un moment pour laisser place à une certaine nostalgie.