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 | Sujet: Urgences ! [fini] Sam 3 Sep - 22:39 | |
| Daisy était toujours à la recherche d'informations médicales concrètes sur ce qu'elle appelait, ne connaissant pas le terme consacré, la "médecine de guerre".
Les service des urgences sont bien souvent les plus accessibles... en voiture par l'extérieur... Mais pas toujours en coupant à travers l'hôpital. Cependant après un passage à l'accueil où d'un regard au ciel elle fit comprendre à l'hôtesse que le premier "médecin" ne lui avait pas donné satisfaction. « Trop concentré sur son jeu de scène, le son de sa voix et accessoirement ma paire de seins pour que je puisse en tirer quoi que ce soit. Je vais donc me permettre de déranger un urgentiste. Ça ne doit pas être l'heure de pointe, mais avant de m'indiquer si vous pouvez m'annoncer... Merci ! »
Tournant la page de l'énergumène homo-urbanis rencontré au service des soins intensifs, elle avançait. Son l'attitude exécrable était dans sa conception des choses, assez typique de ces citadins des villes industrielles croyant tout mieux savoir parce qu'ils ont fait des études et sont du nord des USA. Et qui malheureusement étaient de plus en plus nombreux même à la Nouvelle Orléans, rendant par là même anecdotique chacun d'eux. Petite contrariété cependant, car dans un coin de son cerveau, elle présentait qu'en sa qualité de Shérif, et lui de légiste, ils seraient amenés à se revoir. ... oui dans son genre Daisy savait être une grosse conne sudiste ...
Elle trouva assez rapidement, avec les indications de l'hôtesse et sa capacité à se repérer en lisant les panneaux fléchés, et c'est ainsi que Daisy c'était retrouvée aux urgences du Charity's Hospital.
Devant Kelly Dawson. 36 ans. 1m72, 63kg. Chirurgienne urgentiste.
Enfin Daisy n'était sûre que pour le nom et la fonction, c'était écrit sur sa blouse. Taille et poids étaient une approximation. Enfin si, Daisy était sûre d'une autre chose aussi : cette femme était magnifique. En plus elle avait un stéthoscope. Alors malgré sa préférence pour la jeunesse, en cet instant, Daisy n'avait d'yeux que pour elle.
Ses joues se fardèrent de rose, et dans ses petites tongues elle s'avança comme une poule d'eau de dix sept ans vers le beau professeur remplaçant de philo dans une série pour ado. Vous savez, ces professeurs qui sont forcément plus géniaux et repartent à la fin de l'épisode, laissant l'héroïne en pâmoison venant de découvrir ce que c'était qu'un vrai homme, mais acceptant après avoir été délicatement éconduite et écouté le remplaçant expliquer pourquoi ce n'est pas possible etc et patati et patata. Bref, Daisy se serait vu elle se serait mise des claques.
* han, love * cria son cœur.
...Ce qui était assez rare, voire extrêmement rare chez Daisy, puisqu'elle préférait nettement et de loin avoir un ascendant ludique, et détaché, sur un ou une jeunesse...
« Je, * vous aime * allait-elle dire..
« Je,
suis la nouvelle shérif. Shérif Hudson, Mary Ann Hudson mais vous pouvez m'appelez Daisy déballa-t-elle plus vite qu'elle le voulait pour masque son émoi.
Voilà, je souhaite dans le cadre de mon travail me renseigner sur la spécificité des blessures, leurs causes et leurs soins, que sont susceptibles de recevoir les outres. J'ai pensé que vous pourriez autour d'un rafraichissement m'en dire un peu plus comme vous êtes chirurgienne urgentiste. Si vous avez le temps bien sûr ! Vous devez être surchargée de travail, enfin je veux dire... de paperasse... celle qu'il faut faire quand les urgences sont calmes... comme ce matin..
L'émotion de Daisy était visible, impossible pour Kelly Dawson de ne pas le voir. Elle était toute pareille à celle de ces internes masculins devant elle, ou du beau sexe devant certains de ces collègues. Impossible aussi pour les deux internes présents de ne pas le voir, et de suivre comme un feuilleton à la télévision ce qui allait se passer, même si, c'était écrit, le docteur Dawson allait mettre un râteau à la blonde, attendu qu'elle est connue pour en mettre systématiquement au corps masculin de l'établissement. À tel point que certains se demande si elle serait pas
« oh mon Dieu » souffla un des deux jeunes hommes
« Vous pouvez m'appelez Kelly » répondit-elle en souriant et en tendant la main à Daisy pour la lui serrer.
L'un des interne resta con, l'autre se mordit le poing en voyant les deux femmes se diriger aussitôt vers la cafétéria à l'initiative de la charmante médecin urgentiste. Kelly Dawson, 36 ans toujours célibataire, une légende pour sa plastique autant que sa douceur à pratiquer la pose des perfusions ou les piqures. ( sauf sur les lourds qui ont la main baladeuse et parlent pas correct )
Elles disparurent une bonne demie heure. Le personnel était aux abois. Un éclaireur courageux et volontaire fut désigné parmi les dix candidats à cette mission, pour aller aviser de la situation à la cafétéria.
Personne. Elles n'étaient pas là-bas. Une patrouille d'internes et d'infirmières ratissèrent les couloirs. Personne.
Alors qu'une annonce allait être faite au micro pour demander le docteur Dawson, un infirmier les vit ressortir des toilettes du personnel féminin, Kelly passant sa main derrière ses cheveux comme les remettre avant de pousser sa beautifull mèche sur le coté, souriant à Daisy en retournant pour lui tenir la porte, Daisy souriant à Kelly en osant passer son visage assez près pour sentir son parfum...
L'infirmier perdit un œil et partit en courant. Revint sur ses pas comme s'il pouvait le ramasser, puis repartit au plus vite : de toutes façons il n'avait plus besoin de son œil après avoir vu ça.
De son coté la shérif Hudson faillit se prendre la porte vitrée en quittant les urgences alors qu'elle repensait à ce que lui avait dit le docteur Dawson :
« Daisy & Kelly, Dawson & Hudson. À croire que nos noms sont faits pour résonner ensemble... »
* bruit de taule *
...Merde j'ai oublié de lui parler des blessures. réalisa morte de honte Daisy en claquant la portière de son pickup. Ni une ni deux, et la voilà de retour.
Le docteur Dawson, Kelly, la regarda débouler en souriant avec tendresse et la laissa venir à elle, effleurant sa main de la sienne...
« - Auriez-vous oubliez de me dire quelque chose Daisy ? Daisy accepta ce contacte voluptueux de cette main effleurant la sienne en fermant un instant les yeux, acceptant de se sentir ivre et titubante... Les rouvrant elle demanda simplement : - oui, accepteriez-vous un dinez avec moi que nous parlions enfin de ces blessures ? »
Le docteur Dawson prit une de ses cartes de visite, et la posa pour écrire au dos son numéro privé, puis la tendit sans se rendre compte que pour le petit monde de ce service et même de l'hôpital, ce petit geste était simplement énorme. Improbable, et énorme.
Daisy prit la carte, touchant du bout des doigts ceux de la chirurgienne.
Le temps s'arrêta.......
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 | Sujet: Re: Urgences ! [fini] Mar 6 Sep - 20:02 | |
| Perdu, Armand l'était. Dans sa totalité, il était incapable de se remémorer les évènements de cette soirée. Balloté dans l'ambulance, le berçant comme un nouveau-né, il essayait en vain de se souvenir. A l'intérieur de l'habitacle, l'odeur du sang et de la souffrance était si présente, qu'elle accaparait son esprit, l'interdisant de réfléchir. Les ambulanciers s'affairaient autour de lui comme si la puanteur ne les affectait pas. Il était peut-être le seul à la sentir. Betty aurait pu lui dire si elle aussi percevait cette effluve, mais elle était endormie, un masque emprisonnant le bas de son visage et produisant un sifflement régulier. Cette odeur c'était celle de la peur, qui continuait à lui poisser sur le corps comme une épaisse couche de sueur. Mais de celle-ci, il ne pouvait s'en débarrasser sous une tonne d'eau.
"Il faudra l'amener en urgence au bloc opératoire", dit un ambulancier à son coéquipier, en désignant Betty.
Armand n'avait répondu à aucune des questions et les membres de l'équipe durent se contenter de le soigner, cachant les nombreuses plaies qui parsemaient son corps. Lorsque la silhouette massive du "charity's hospital" se profila à l'horizon, château de béton aux fenêtres allumées, il se sentit soulagé. "Ça y est, c'est fini".
"On la descend doucement. Vous, vous me suivez, il va falloir recoudre tout ça."
L'homme l'entraîna à sa suite, et Armand vit le brancard de Betty continuer son chemin. Il avait envie de la suivre, mais l'urgentiste était formel, là où elle allait, Armand n'était pas autorisé à s'y rendre. Les pansements provisoires s'étant gorgés de sang, ils devenaient lourds sur son visage et son torse. Il devait être recousu et pansé correctement avant d'être autorisé à la voir. On lui avait dit d'attendre qu'un box se libère, mais il avait préféré errer dans les couloirs des urgences, incapable de se sentir totalement en sécurité. De son seul œil valide et non recouvert, il scrutait les recoins sombres, la boule dans sa gorge se menaçant de se répandre dans un cri de terreur et de douleur.
Il la vit alors, dans toute son insouciance, entrain de parler à un doctoresse.
"Daisy ?" hésita-t-il.
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 | Sujet: Re: Urgences ! [fini] Mer 7 Sep - 16:12 | |
| Daisy reconnu immédiatement la voix d'Armand, qui lui était familière depuis la veille au soir. Une bonne soirée au bar avec lui, un bon souvenir. Peut-être un futur ami.
En le regardant par contre, elle aurait eu du mal à le reconnaître avec tout ses pansements au visage...
Elle ouvrit de grands yeux. Jamais elle n'aurait imaginé que cette soirée se finisse ainsi pour lui en le laissant avec la jolie serveuse.
« Armand ? ... tu as eu un accident de voiture ou quoi ? Betty était avec toi ? elle va bien ? » Merde je l'ai trop fait boire je suis trop conne putain c'que t'es conne Daisy putain merde fait chier ! se répétait-elle en boucle...
« Je vais me renseigner pour votre amie, vérifier si elle est chez nous. » indiqua Kelly avant d'aller faire la dite vérification.
« Armand ? »
On sentait poindre l'inquiétude dans la voix de Daisy, ce n'était pas seulement la shérif qui parlait mais une personne qui se sentait humainement concernée.
« Betty va bien ? »
L'intuition féminine de Daisy en lisant le regard d'Armand lui donnait déjà la réponse, mais elle s'interdisait de l'écouter... et aussi de le secouer pour avoir sa réponse. Daisy jetta un œil à Kelly qui était passée derrière l'accueil pour se renseigner et essayait de voir sur son visage ce qu'il en était, sans même se souvenir que Betty n'était qu'un surnom... |
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 | Sujet: Re: Urgences ! [fini] Mer 7 Sep - 18:03 | |
| Armand la regarda, se balançant dangereusement sur ses jambes épuisées. Cela avait été une rude journée. Une arrivée en ville qui avait failli l'envoyer directement au boulevard des allongés.
"J'ai fait une mauvaise rencontre" dit-il, d'une voix monocorde.
Il ne jeta pas un regard à la doctoresse et il ne remarqua pas un seul instant qu'elle était partie. Il regardait Daisy, son visage à demi-masqué par les pansements. On aurait pu le confondre avec le fantôme de l'opéra, avec en toile de fond ses murs blancs. Des brancards attendaient de s'élancer derrière lui dans une ronde infernale et d'une seconde à l'autre, les perfusions battraient sur leur tuteur de métal, rythmant cette parade drapé de blanc et sentant fort le désinfectant. Pourtant, le calme régnait dans les couloirs. La pièce n'eut lieu que dans l'esprit fatigué d'Armand. Le drame de la vie ne se joue qu'en un seul acte et la sienne avait bien failli se finir prématurément. Il pensa alors que sa vie n'était qu'un spectacle que Dieu regardait, les bras croisés, riant des péripéties dramatiques jalonnant son destin.
La voix de Daisy, semblait comme lointaine, et il sursauta, comme s'il se réveillait d'un mauvais rêve. Elle l'appelait, faisant disparaître le lyrisme de la situation. L'ambiance devint soudainement lourde, et la boule lovée dans sa gorge ne laissa passer que quelques mots, frêles et fêlés.
"Betty est vivante, ils l'ont emmenés au bloc opératoire."
Il se reprit, refoulant violemment cette envie de pleurer et s'éclaircit la gorge:
"J'ai vu le Diable ce soir et il était jolie comme un ange."
Il ne l'avait pas senti, pourtant le plancher de la raison c'était dérobé sous ses pieds et la folie l'attendait, ouvrant sa gueule béante, pour le gober dans son entier.
"Est-ce que je suis fou ?" Demanda-t-il, d'un ton suppliant.
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 | Sujet: Re: Urgences ! [fini] Jeu 8 Sep - 1:17 | |
| « Viens t'assoir Armand, qu'est-ce qu'il c'est passé ? qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? » Demanda-t-elle en le conduisant vers une des chaises à proximité, le soupesant, sentant qu'il était près à défaillir.
Très vite Kelly en qualité de médecin urgentiste de ce service, revint avec le dossier d'Armand. D'après ce qui était indiqué, il a été amené ici après avoir été trouvée avec une jeune femme sur une route de campagne, en périphérie de la ville, donc dans le secteur de la shérif Hudson. Et pas besoin de demander à Daisy s'ils se connaissaient. Kelly lui fit un rapide résumé des éléments cliniques constatés :
« Quelques contusions, plus de multiples blessures infligées par un instrument type cutter, lame de rasoir ou scalpel au torse et au visage, pour un nombre de points de sutures impressionnants. Mon diagnostique de médecin est qu'il a été torturé contraint mentalement selon les premières apparences de se laisser faire puisqu'il ne porte pas de trace de liens. La jeune femme avec qui il est arrivé et que vous surnommez Betty s'appelle Aaliyah Johnson d'après les cartes sur elle. Votre amie est encore sur le bloc opératoire entre la vie et la mort. Elle a elle aussi de multiples blessures, contusions, os brisés, lacérations comme monsieur Ravenwood. D'après la nature des blessures, cela ne peut pas être un simple accident de voiture et la violence infligée et mon expérience me laisse à penser avec ces premiers éléments qu'il s'agit d'une agression perpétrée par un ou plusieurs agresseurs dont un outre. À vérifier avec d'autres éléments matériels, mais les blessures de l'un et de l'autre sont révélatrices : On ne se blesse pas comme ça dans un accident, et il faut une force surhumaine pour faire cela à Mlle Johnson. D'après nos analyses et leur métabolisme ils sont tous les deux humains, ils ont beaucoup de chance d'être en vie après cela... »
Daisy regardait Armand effarée en écoutant, oubliant de prendre des notes. À mesure qu'elle regardait son ami et entendait le docteur Dawson, sa colère montait. Genoux pliés et ainsi baissée à hauteur de son ami en lui tenant la main, elle referma les doigts de l'autre en un poing. Ses articulations blanchies, serrant de toutes sa force...
« Merci Kelly. Armand, tu restes ici tu as besoin de repos et il est hors de question que tu sortes sans que je sache si tu es en danger dehors. »
Elle espérait qu'Armand allait pouvoir lui expliquer. Lui donnant le temps de répondre, de rassembler ses souvenirs, elle prit rapidement son téléphone pensant subitement à quelque chose, mais restant toujours à le regarder, prête à l'écouter, tout en le manipulant un instant. Puis passa un appel.
« Oui bonjour, c'est la shérif Hudson, je voudrais vérifier si un véhicule abandonné et peut-être accidenté a été trouvé sur le bord de la route dans mon secteur. Oui... axes principaux ou routes de campagnes. (pause) Ok ça pourrait être ça. Le véhicule est à quel nom ?... ok c'est ça. Vous la gardez au chaud, vous faites les relevés d'empreintes et le reste si c'est pas déjà fait, la totale : leurs occupants on été agressés cette nuit et l'un d'eux n'est pas sûr d'y survivre. Donc merci de me faire ça, et bien. (pause) Bon c'est déjà ça que vous pouvez m'envoyez, pour le reste je compte sur vous. Ah, vous pouvez me donner le lieu où il a été trouvé ? (pause pendant laquelle elle attrape de quoi écrire) Ok, je me rends sur place. Si la police urbaine ou autre se renseigne, vous me les renvoyez vers moi et vous me prévenez...merci encore, je passe tout à l'heure avec des chocolats. »
Elle en profita pour noter les informations utiles à la suite de celle concernant le véhicule, concernant Armand et Betty : noms complets, numéros cartes licences de conduites, santé, coordonnées connues de l'hôpital.
« ... Armand ? ... » Son regard était décidé et tendre à la fois quand elle le regardait. Peut-être voyait-elle en lui inconsciemment un petit frère qu'elle pouvait sauver, toujours était-il que c'était sa première vraie affaire, et que c'était un ami. Elle retrouverait coûte que coûte ce "diable" aux allures d'ange.
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 | Sujet: Re: Urgences ! [fini] Jeu 8 Sep - 13:04 | |
| Daisy le conduit vers une chaise, lui demandant ce qui c'était passé. Armand ne savait pas quoi lui répondre, alors il la regarda, en basculant sa tête sur le côté, incapable de lui parler. "Lis dans mes yeux l'horreur dont ils ont été témoins".
Le docteur parlait, pourtant aucun son ne parvenait à Armand. Il était comme victime de catatonie. Des doigts se mêlèrent aux siens. Il voulait tout leur raconter, dans les moindres détails, comme cette lune brillant dans le ciel étoilé. Cette pluie fine qui lui rafraichissait le visage comme lavant ce sang poisseux, lui paraissait plus important que le visage de la créature. Il se savait incapable de la décrire ni de la reconnaître, comme si son cerveau avait effacé ses traits de son visage, les polissant d'un blanc éclatant.
La doctoresse parla des points du suture, ce fut le seul ilot de mot qui parvint à ses oreilles dans tout ce flot de bruit. Armand tiqua, sortant de son mutisme, on ne lui avait rien recousu. Pourtant lorsqu'il vit sous les bandages des fils resserrer ses chairs, il sentit son cœur se flétrir. Son esprit c'était définitivement fait happer par la folie. Quelques bribes de souvenirs lui revint en mémoire. Il revit un infirmier sans visage agiter une grande aiguille, lui plantant dans la peau alors qu'il était attaché. Les liens s'agitaient comme des serpents autour de ses membres tandis que Lilith lui coupait les doigts, un sourire angéliques collé aux lèvres. Il bondit de sa chaise, comme pour laisser derrière lui ses souvenirs, mais ils lui collaient à la peau, le suivant comme son ombre.
Daisy était toujours là, à s'agitant en accéléré. Pourtant, elle était en réalité simplement nerveuse de voir Armand aussi blessé. Mais pour lui, ses mouvements étaient terriblement violent, comme cet éclairage trop blanc. Il devait s'enfuir. Il était en proie à une crise de panique. Il se mit alors à courir au travers des couloirs, sentant les murs dangereusement s'approcher de lui pour l'engloutir. |
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 | Sujet: Re: Urgences ! [fini] Ven 9 Sep - 0:28 | |
| Surprise par la brutale crise d'Armand, Daisy n'eut d'autre choix que de lui courir après dans le couloir avec deux infirmiers un peu plus réactifs que les autres. Victime d'un accès de démence, il se heurtait contre les murs comme un aveugle en se débattant dans le vide. Et ils ne furent pas trop de trois pour le maîtriser afin qu'il ne blesse quelqu'un ou lui-même, sa force était décuplée par la peur et la folie.
Daisy le tenait fermement plaqué au sol, sa tête blonde et bouclée par dessus son visage pendant qu'un urgentiste demandait un produit au nom imprononçable pour le calmer. Levant les yeux, elle chercha du regard Kelly, comme si elle avait sentit quelque chose...
Le docteur Dawson était au téléphone, et raccrocha le visage grave en la regardant.
... Daisy devina. C'était Betty.
Serait-ce la source de la crise d'Armand ? Si seulement... Mais elle craignait que cela ne soit en rien passager.
Le personnel médical mettait Armand sur un brancard, et le docteur Kelly Dawson s'approcha pour parler avant qu'elle ne risque de le suivre.
« - Shérif Hudson, .. Daisy, le bloc a appelé en espérant que vous n'étiez pas encore partie. Votre amie n'a pas survécu... Je suis désolée. - Ce.. ce n'était pas tout à fait une amie, une connaissance. Mais c'était une fille bien qui ne méritait pas cette mort... » et la chérif ajouta pour elle-même Et c'est le BIAS qui va prendre le relais maintenant qu'il y a meurtre. Un Diable jolie comme un ange. Ça ne m'étonnerait pas qu'une vamp incontrôlable soient à l'origine de tout ça : Peu probable qu'un métamorphe cède à de telles pulsions animales en gardant un visage d'ange, et tout ce sang... ça ressemble tellement à l'agression d'un prédateur jouant avec sa proie. Ouai... je mise sur une vampirella aux allures innocentes. Intuition féminine. Paria-t-elle intérieurement, forte de ses convictions et de ses préjugés - pas toujours infondés - concernant les outres.
« Je vous appelle sans faute, je crois que j'aurai besoin de me changer les idées ce soir Kelly... »
Dernière édition par Daisy le Ven 9 Sep - 10:32, édité 1 fois |
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 | Sujet: Re: Urgences ! [fini] Ven 9 Sep - 10:10 | |
| Le parfum d'une femme envahit la pièce. Nuage de petites particules, virevoltant jusqu'au nez retroussé d'Armand. Il avait dix ans et il allait voir son père pour la première fois. Il avait douté, hésité, mais c'était déterminé qu'il entra dans la chambre de sa mère. Aujourd'hui était une belle journée et il l'avait décrété, il verrait son père. Il ouvrit la boite à chaussure dans lequel sa mère conservait toute ces bribes de souvenirs immortalisés. Le temps avait jauni ces moment d'une autre vie, mais il savait que c'était lui figé à jamais sur cette photographie. Habillé de peau, son père le fixait d'un air sévère. Il le réprimandait de sa volonté à savoir qui il était. L'effluve de jasmin devint si forte qu'Armand se boucha le nez. "A quoi bon savoir à quoi il ressemble, il est parti" lui dit sa mère en refermant son père dans la boite à chaussure. Elle l'enfouit sous le lit, dans l'obscurité de sa maison et de son esprit. Dinah Lopez pensait l'avoir oublié, mais son fils le lui rappelait à chaque fois que son regard se posait sur elle. Elle revoyait son mari dans les traits de son fils, qui avait hérité de même regard inquisiteur. Alors elle le gifla, non pas pour le punir mais pour qu'il détourne son regard dardé sur elle, la transperçant de part en part.
Peut-être qu'après tout ça il y aurait de nouveau le jour. Peut-être qu'après cette nuit, le soleil se lèverait pour toujours. Il était sur d'une seule chose, c'est que plus jamais il n'y aurait de bien pour lui. Il était lié désormais par cette funeste promesse. Ces entrailles se contractèrent et il eut soudain envie de vomir, pour évacuer toute cette peur et cette souffrance accumulée. Il n'y avait pas seulement durant cette nuit que cet amas compact de peine s'était conglomérer dans son estomac. Il y avait aussi toutes ces années passées comme absent de lui-même. Cette souffrance, Armand la trouvait belle. Il voulait s'en draper comme d'une cape d'un noir de jais.
Il venait de voir son père, debout devant lui, le regardant toujours de cet air sévère. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas croisé le regard de l'homme vêtu de fourrure, il sut pourtant que c'était lui. Ce mirage mouvant devant ses yeux semblait si réel. Il était là, lui montrant du doigt son œil blessé. Puis l'instant d'après, il avait disparu. Un clignement de paupière et l'homme avait été effacé, comme un dessin sur le sable que la mer venait recouvrir. Un souvenir s'était imprimé dans la réalité. Des milliers de fois, il avait rêvé que cette sensation se matérialise, que son père l'encercle de ses bras pour lui dire à quel point il était fier de son fils. Mais ce n'était qu'un rêve. En revanche Daisy était bien réelle, ses cheveux blond lui caressant le visage comme une ondée fine et soyeuse. Sa chevelure couronnait son faciès comme une auréole d'un blond pur et chatoyant, lui donnant des airs d'archange. Armand attrapa une des mèche et il comprit que cette fois, il avait basculé dans le monde réel. Ces hallucinations n'était qu'un lointain souvenir.
La dernière image qu'il vit, ce fut Betty agenouillée près de lui, lui caressant le front. Les paupières d'Armand papillonnèrent, avant que le rideau de ses cils ne s'abattent sur ses pupilles dilatés. Il s'évanouit, plongeant dans des abysses ténébreuses et sans fond.
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 | Sujet: Re: Urgences ! [fini] Ven 9 Sep - 10:35 | |
| Un message ne tarda pas à arriver sur son téléphone portable, lui indiquant avec un petit explicatif :
Premières photos et empreintes prélevées sur le volant, le toit et dans le sang envoyées sur votre boîte email, dont trois très intéressantes.
Déjà enregistrées, - Aaliyah Johnson, racolage sur la voie publique, - Armand Ravenwood, braquage, vient de sortir de prison.
Une série absente de notre base. Elle correspond d'après les emplacements sur le toit et le capot ainsi que les coups sur la carrosserie à l'agresseur. Empreintes de forme humaine. L'absence de trace de résidus typiquement présents dans les empreintes des vivants tels que ceux issus de la sueur, oriente indubitablement vers un norme vampire (ou zombi récent car pas de trace de putréfaction). Ces empruntes sont invisibles aux UV pour info. La puissance de certains impactes orientent vers un "vieux" vampire, mais je suis sûr que vous aviez déjà votre petite idée shérif.
Pas d'autres empreintes récentes.
Le véhicule était suffisamment poussiéreux après avoir roulé sur cette route de campagne, ça a été du gâteau mais les deux techniciens continuent pour rien manquer en vous attendant, une équipe est retournée sur place.
John Randall
« Je vais prévenir le BIAS. J'espère qu'ils trouveront cette chose avant que je la croise sur mon chemin. » précisa-t-elle en s'adressant à Kelly interrogative.
...et "The hunt", vieux titre inconnu de New Model Army résonnait dans la tête de Daisy alors qu'un regard de lionne illuminait son visage...
We went into town on the tuesday night Searching all the places that you hang about We're looking for you In the back street cellar dive drinking clubs In the discotheques and the gaming pubs We're looking for you You will pay the price for my own sweet brother And what he has become And a hundred other boys and girls And all that you have done
...
... oui, Daisy se voyait déjà chercher du coté des bars, et interroger les anciennes collègues de Betty, aux Plaisirs Coupables bien sûr, et pourquoi pas dans le quartier sanglant, ne serait-ce que pour savoir si elle y était connue pour ses services à la Danse macabre. Possible que le mobile fut la jalousie envers cette serveuse de charme d'ailleurs. Une piste pas plus mauvaise qu'une autre à creuser pour commencer : Si le BIAS trainait la patte, elle saurait quoi faire.
Elle sortit après un dernier regard à Armand et un sourire à Kelly, et respira une grande bouffée d'air le visage vers le soleil... |
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