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| | Shadowcat with Fangs [pv Ailin] | |
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 | Sujet: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Dim 17 Juil - 13:45 | |
| [Yun habite Lakeside, ce n'est pas dans le Centre Ville, mais ça cadre encore moins avec les autres lieux de l'index :/]
La vie à la Nouvelle-Orléans était agréable, et facile, surtout pour une panthère telle que Yun. Le Chinois enseignait l’Histoire de son pays natal à l’Université, fouettait des gens qui le payaient pour ça et dévorait un ou deux jeunes gigolos à l’occasion. Une vie parfaite, bien réglée, sans taches. Néanmoins, cette vie était quand même un peu trop paisible, et surtout, trop vide. Yun n’était pas homme - ou fauve - à se lier durablement avec quelqu’un, mais il devait avouer qu’un esclave ou deux à temps plein ne seraient pas de trop. C’était un souhait bien fou, comme un rêve dont on n’arrive pas tout à fait à s’éveiller le matin. Jamais Yun n’aurait pensé qu’on l’exaucerait pour lui. Encore moins… de cette manière là.
Tristan, le Maître Vampire de la ville, l’avait convoqué. Ce n’était pas dans les habitudes du Chinois d’aller ramper devant les faces de crocs et de lécher leurs délicieuses petites fesses laiteuses, mais il n’avait pas envie de s’attirer les mauvaises grâces du plus gros gang de suceurs assumés de la ville. Il s’était même mis sur son 31, profitant de l’occasion pour sortir des fringues qu’il n’avait plus l’habitude de mettre. Il avait longuement hésité, comme à chaque fois que ça touchait à son style vestimentaire, mais il avait fini par se mettre d’accord avec lui-même. Et son miroir.
Il quitta Onix Street une fois que la soirée fut bien commencée, histoire de ne pas devoir poireauter en attendant que les vampires soient disposés à le recevoir. Il eut donc une bonne quinzaine de minutes de retard, sûrement les mêmes qu’il lui avait fallu pour se coiffer. Etre un fauve ne voulait pas dire avoir la même crinière sale, puante et emmêlée qu’un lion… La mère de Yun l’avait bien élevé : elle lui avait martelé de toujours avoir l’air présentable, et de ne pas se mettre de sang dans les cheveux. D’où la coiffure improbable.
Yun posa un pied ganté de cuir sur le trottoir, bien vite submergé d’un tissu fluide noir impossible à déterminer. Il portait un long pantalon, large et traînant un peu à terre, surmonté d’une chemise traditionnelle chinoise de la même couleur, mais brodée d’argent. Cette fois, le tissu était tout à fait reconnaissable : de la soie, sans l’ombre d’un doute. Néanmoins, tous les motifs n’étaient pas visibles, camouflés sous un long manteau de cuir rouge foncé. Légèrement dantesque, mais là n’était pas la question. Yun entra chez Tristan, comme un invité… Presque comme un prince d’un pays étranger et exotique. Ce qu’il était, d’une certaine manière.
L’entretien avec Tristan fut rapide, et courtois. Yun était toujours courtois. C’était une autre des règles de sa mère, toujours traiter les gens potentiellement dangereux avec respect, et traiter les autres comme si on les respectait. Le mince voile entre sincérité et sarcasme. Yun était pince-sans-rire, ce qui était un avantage non-négligeable. Il pouvait dire des horreurs qui passeraient pour plaisanteries, et des plaisanteries qui passeraient pour disons… des marques de respect ? C’était un des hobbys favoris de Yun que de foutre la merde dans l’esprit des autres, à un tel point qu’ils se demandaient ce qu’il pensait vraiment d’eux. Généralement, la réponse était la même, banale et décevante : il n’en avait strictement rien à faire.
Il jouait avec sa longue tresse, nouée haute sur son crâne, quand on lui amena Ailin Dyce. Joli petit bout de vampirette… Dommage que personne n’ait pensé à l’éventualité que même une panthère puisse être homosexuelle. Remarquez, quand il s’agissait de passer ses nerfs sur quelqu’un, même une chèvre ferait l’affaire. Ailin semblait à peu près aussi vive d’esprit. Elle avait tout d’une cruche : oh, une très belle cruche, mais tout aussi vide. Une bonne décoration en somme. Un objet qui désormais, lui appartenait. Oh, sérieusement Tristan, c’était trop bon de ta part.
L’entrevue ne s’éternisa pas - curieux de penser que les vampires n’ont pas toute la nuit mais qu’ils peuvent avoir l’éternité - et Yun repartit avec Ailin sur ses pas. Elle n’avait pas d’autre choix que de le suivre jusqu’à sa grosse berline noire qui rayonnait à plusieurs kilomètres comme un panneau ‘j’ai mon slip aussi rempli que mon compte en banque’. Gentleman, Yun lui ouvrit la portière arrière, attendant qu’elle pénètre dans l’habitacle, avant de s’installer à l’avant.
« Ailin, c’est donc ton nom… Très féminin. Très chinois aussi, bien que tu sembles plus descendre des Vikings que des Han. »
Yun se mit en route, repartant vers Onix Street, l’antre de la Panthère Noire. Il ne cherchait pas vraiment à faire la conversation, en parlant à Ailin. En vérité, il se fichait de si la jeune femme lui répondait ou non. Assommer quelqu’un de paroles sans qu’il sache si elles sont gentilles ou moqueuses, c’est déjà une forme de torture.
« J’ai des ancêtres Viêts, mais ça ne se voit pas, même pour les Chinois. Je n’ignore pas que pour vous, nous nous ressemblons tous. On m’a même demandé une fois de traduire du Japonais… Ce que les Occidentaux peuvent être obtus parfois ! Surtout les Américains… Savent-ils qu’autour de leur sacro-saint pays béni par le Second Amendement il existe tout un monde, avec différentes cultures, différentes langues… Différents mœurs ? »
Evidemment, Yun aimait les Etats-Unis, assez pour y vivre depuis des années. Il les aimait pour tous ces défauts, qu’on oublie bien vite. Trop vite. Après tout, on ne peut critiquer que ce que l’on connaît.
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 | Sujet: Re: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Lun 18 Juil - 7:29 | |
| Ailín se disait que c'était toujours mieux que la mort. Je veux dire... La vraie mort. Celle dont on ne se relève jamais. Les récents événements lui avaient fait penser qu'elle allait immanquablement finir par la trouver sous peu. Elle aurait dû être reconnaissante qu'on lui permette d'encore exister malgré la disparition de son maître, pour lequel elle avait certes accompli les pires horreurs... Mais franchement, alors qu'elle avait attendu, anxieuse, le jugement du Conseil... Elle n'avait fait que craindre pour sa dignité. A raison.
Le maître de la ville de la Nouvelle-Orléans aurait été moins cruel avec elle si Tletl n'avait pas fourré son nez dans des affaires qui pourtant ne le concernaient pas. Pas vraiment, du moins. Ailín allait se retrouver projetée au bas d'une échelle qu'elle ne pensait même pas exister. Etait-ce déjà arrivé, par le passé? Ou bien essuyait-elle les plâtres d'un tout nouveau type d'humiliation publique..? Elle allait tenir lieu de servante à un métamorphe, qui n'avait même rien à voir avec la communauté... Comme ça, ça avait l'air d'une blague. Et pourtant c'était très sérieux. Oooh oui... Très sérieux. Elle avait eu l'occasion d'appréhender combien quand ses yeux avaient fini par croiser ceux de son nouveau "maître". Ils avaient quelque chose de froid, de calculateur. Dans ce regard, elle avait lu sa perte. La peur l'avait instantanément figée. Alors... Elle avait suivi, malgré qu'elle eut montré les dents à quelques reprises, trop effrayée pour réagir dans le calme. Quelque chose lui disait qu'on n'avait pas choisi son maître par hasard. On avait vraiment voulu la punir de la manière la plus basse qui soit...
A défaut de mieux, elle rentra à l'intérieur de la voiture alors que le métamorphe lui tenait la porte. Bien entendu, elle ne retint pas un soupir exaspérée, alors qu'elle ajustait les pans de sa robe d'or foncé, qui soulignait la pâleur d'une peau rendue diaphane par des origines nordiques certaines, et par la mort. Le chinois vint s'asseoir à la place du conducteur pendant qu'elle glissait les doigts dans sa coiffure, pour remettre en place les mèches platine qui s'étaient échappées. Ce faisant, elle gardait l'air pincé au possible. Elle tiqua malgré tout lorsque son nouveau maître insista sur la féminité d'un prénom qui - pourtant - était en réalité mixte, selon la manière dont on l'épelait. Son malaise n'eut pour manifestation qu'un clignement d'yeux presque imperceptible. Elle sentit le goût de la peur envahir sa bouche... A l'heure actuelle, cet homme ne savait rien d'elle. Rien de ce qu'elle ne voulait pas qu'il sache... Mais qu'allait-il lui demander de faire? Qu'allait-il découvrir qu'elle aurait souhaité ne pas lui confier? En temps normal, elle faisait une bonne actrice. Mais Ailín était réellement déstabilisée par cette situation. Résultat... Elle répondit sans réfléchir, et sans doute avec plus de hargne que ce dont elle aurait dû faire preuve, pour son propre bien.
"... La consonance est celte. Pas ce qu'il y a de plus rare, au Royaume-Uni..."
... Était-ce du mépris, dans sa voix? Un peu. Après tout elle était face à un homme qui prétendait être son nouveau maître, alors même qu'elle avait plus de deux fois son âge. La fierté vampirique à de beaux jours devant elle... En attendant, Ailín soupira encore avant de poser son menton dans sa main, et de tourner la tête en direction de la fenêtre, par laquelle elle décida de regarder défiler le paysage sans se soucier du reste. Enfin. Ça, c'était si ce "Ding Yun" voulait bien se la fermer un jour, plutôt que de la noyer d'informations qu'elle aurait en temps normal pris plaisir à enregistrer, histoire de répondre sur un ton badin relativement similaire à celui pris par son interlocuteur. Cela dit cette nuit, ça aurait vraiment trop été lui en demander... Tout son fiel et son dépit échappèrent en une unique phrase, dont le ton hargneux et sifflant voulait tout dire.
"... Qu'est-ce que ça peut me faire?"
Elle se tut, gardant les yeux désespérément rivés sur la fenêtre. Les larmes montaient encore à ces derniers, alors qu'elle pensait à Sigmund... Le seul homme qui avait ne serait-ce que l'ombre d'un droit sur elle. Pourquoi avait-il fallu qu'il meure..? Elle se sentait tellement perdue, maintenant... A la merci d'une créature qui usurpait sa place... |
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 | Sujet: Re: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Lun 18 Juil - 18:09 | |
| Le ton méprisant d'Ailin n'atteignait pas Yun. Il ne s'arrêtait pas à ce genre de choses... disons que lui coulait sur le pelage comme l'eau d'une pluie d'été. La vampire pouvait bougonner autant qu'elle le voulait, elle ne mettrait pas le Chinois en rogne. Il en fallait bien plus que ça. Yun avait le mérite la qualité d'être patient. C'était essentiel dans son activité professionnelles. Enfin, au pluriel. Que ce soit pour enseigner ou punir, il faut un bon sens du timing et aucune impatience mal placée. Alors, peu importait le mépris qu'Ailin mettait dans sa voix, Yun lui répondait toujours aussi poliment.
« Etonnant... Mais je peux t'affirmer que c'est aussi un prénom très en vogue en Chine. Justement parce qu'il passe les frontières aisément. »
Tout comme d'autres prénoms comme Lina ou Jie (Jay), en fait. Yun soupira doucement, comme s'il était fatigué, et continua à babiller comme si sa vie en dépendait. C'était drôle de scruter Ailin alors que Yun la gavait de ses paroles. Oh, elle n'écoutait pas, il ne fallait pas trop en demander, mais le Chinois s'en foutait. Etre écouté n'était pas sa finalité, loin de là... il ne savait même pas s'il y avait une finalité en fait, il faisait ça juste pour s'amuser. Pour tester la patience d'Ailin. Il constata rapidement qu'elle avait des limites bien restreintes.
« Oh, je vois. Tu n'es pas très bavarde on dirait. Pourtant on m'avait spécifié le contraire alors je pensais que de te laisser baigner dans un flot de paroles continu t'aiderait à ne pas te sentir trop dépaysée. Pardonne-moi. »
Les mots étaient gentils, le ton l'était moins. Tout en Yun transpirait l'ironie et la moquerie. Son regard était toujours aussi froid et dur. Il n'en avait strictement rien à faire, et Ailin le devinerait facilement. Il jouait avec elle, et il se fichait éperdument de ce qu'elle en avait à faire. Elle n'avait pas le choix, c'était la seule chose qu'elle devait savoir. D'ailleurs, après une courte pause suite à cette demande de pardon aussi factice qu'un décor de théâtre, Yun reprit son babillage incessant. Il parlait de tout et de rien, mais jamais de choses vraiment personnelles. Il racontait la vie de la Nouvelle-Orléans, de la région, du pays, de New-York, de Los Angeles, de Paris, de Pékin... Et il faisait exprès de faire des détours qui rendraient son discours véritablement interminable. Il attendait qu'Ailin soit vraiment en rogne, tout en espérant qu'il lui fallait un peu plu que des paroles insensées pour la mettre dans cet état.
Le trajet était censé durer un bon vingt minutes, mais s'éternisa pendant une heure. Yun avait toujours tout son temps, c'est pour ça qu'il stoppa la voiture dans son garage, mais ne fit pas tout de suite de mouvement pour en sortir. A la place, il s'admira dans le rétroviseur, et remit une mèche bien en place. Avec un sourire aussi mielleux que sa voix, il demanda alors à Ailin :
« Je suppose que tu ne t'es pas nourrie cette nuit. Quand bien même, j'ai un cadeau de bienvenue pour toi. »
Qu'allait-il encore sortir de sa poche ? Un autre sourire, un peu plus marqué, alors qu'il descendait de la voiture. Entre temps, il avait fermé la porte du garage, à distance. L'électricité, quelle invention fascinante ! D'un geste courtois, toujours, il ouvrit la portière d'Ailin, l'invitant à le rejoindre.
« J'ignore encore tes petites préférences, si tu veux bien me pardonner... »
Une deuxième fois en moins de dix minutes, on battait tous les records ! Mais que voulez-vous c'était tellement drôle ! Yun se dirigea vers la porte qui reliait le garage au reste de la maison, et l'ouvrit, entrant ainsi dans sa cuisine. Un jeune homme était là, assis, attendant sagement. Il salua Yun avec respect, crainte et aussi une pointe d'admiration... voire d'amour. Il devait avoir la vingtaine à peine, et tout en lui transpirait l'innocence. Ou plutôt, la candeur. Il fallait beaucoup de choses pour côtoyer Yun, mais l'innocence n'en faisait pas partie. C'était même la première chose qu'on perdait à son contact.
Le jeune homme se leva pour saluer Ailin, et lui offrir galamment un siège pendant que Yun était parti chercher une bouteille de vin. Il était vêtu d'un pantalon moulant en cuir rouge foncé, ainsi que d'une chemise noire et fluide, aux reflets rougeâtres, sur laquelle tombait une cascade de cheveux noirs, qui devaient lui arriver jusqu'à la moitié du dos.
« Je m'appelle Aidan. »
Dit-il simplement à Ailin, sans préciser son nom de famille. Sans rien préciser d'autre, en fait. Yun se tourna alors vers la vampire et lui désigna Aidan :
« Sers-toi. »
Le jeune homme repoussa la soie de ses cheveux sur une seule épaule et se pencha pour offrir son cou. Il avait déjà de nombreuses autres marques... Une de plus ou de moins.
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 | Sujet: Re: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Lun 18 Juil - 20:07 | |
| Ailín s'évertuait à éviter de répondre au métamorphe. En réalité, elle était loin d'être la créature la moins patiente au monde - elle avait l'éternité devant elle, en théorie. Seulement cette soirée atypique la mettait sur les nerfs. Se faire humilier publiquement... Et le comportement de son nouveau "maître", trop poli pour être innocent... Trop... Elle ne savait quoi, qui lui faisait froid dans le dos... Non. Décidément, ce soir, Ailín ne saurait pas garder son calme. Elle avait bien trop peur de la vie qui l'attendait dorénavant. Et son interlocuteur semblait tout faire pour lui faire perdre son calme... L'un dans l'autre, c'était un peu difficile pour elle de réagir avec son élégance, ou sa subtilité habituelles.
Se désintéressant brièvement de la fenêtre, Ailín jeta un regard noir de dépit comme d'antipathie à son nouveau "maître", qui venait de lui faire une remarque qui n'était pas loin de ressembler à de la misogynie. Quoi... Il était en train de la traiter de pipelette alors même qu'il ne la connaissait pas? Il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'Ailín soit dégoutée... A ce qu'elle n'ait pas envie de parler à cet homme qui tenait sa vie entre ses griffes et la déshonorait, même si à la base, rien de tout ceci n'était de son fait. Il avait l'air de trouver son compte, voire même d'apprécier tout particulièrement cette situation. Ça n'allait pas la rendre plus positive, ni plus bavarde. Et le chinois s'en fichait sans doute peut-être. Sans aucun doute, même... C'est sur un ton relativement similaire à celui qu'avait pris son interlocuteur- tout en ironie et en acidité implicite - qu'elle répondit donc:
"Oh je vous en prie... Ne vous sentez surtout pas obligé d'essayer de me plaire! C'est vrai, après tout, je suis sans doute bien trop stupide pour suivre votre conversation..."
C'était ce qu'il avait sous-entendu, non..? Mais Ailín était loin d'être stupide, ni même handicapée. Question fiel et langue de vipère, elle avait même pas mal d'expérience. Et aussi aucune envie de jouer au plus fin avec un homme qui - de manière très évidente - n'en avait juste rien à faire d'elle, ou de ce qu'elle pouvait penser de lui. L'accès de colère l'avait poussée à répondre... Mais alors qu'il reprenait son bavardage crispant, elle soupira, puis leva les yeux au ciel, avant de tourner ces derniers sur la vitre latérale, côté passager. Son air bougon - voire blasé - la suivrait tout le reste du chemin jusqu'à la demeure du métamorphe. Elle avait des nerfs plus solide qu'il n'y paraissait... Quoiqu'elle fut à l'affût, quoique le stress manqua de la faire ciller, elle attendit patiemment qu'il daigne bien sortir, une fois garé. Elle n'était pas sûre d'avoir excessivement envie de connaître la suite des événements, en réalité. La question qu'il lui posa lui arracha une grimace de mépris. Elle restait toujours concentrée sur la vitre à l'opposée de lui, notons...
"Vous avez deviné ça tout seul? Bravo..."
Effectivement. La nuit était encore relativement jeune. Avec toutes les formalités qui précédaient... Elle n'avait pas exactement eu le temps ni l'occasion de songer à se nourrir. C'était bien malheureux d'ailleurs. Cette histoire de cadeau l'inquiétait sévèrement. Elle descendit malgré tout de voiture tandis qu'on l'y invitait. Et, malheureusement... Elle eut la malchance de n'être pas capable de cacher la lueur affolée dans son regard, lorsque le chinois en vint à lui parler de ses... "préférences". Préférences pour quoi..? Quand il s'agissait de nourriture, les "préférences" n'avaient pas vraiment d'importance. Pourquoi fallait-il que le stress lui fasse perdre ses moyens..? Son langage corporel en disait déjà trop sur elle...
Elle haussa les épaules, et redevint aussi neutre que la pierre. Puis elle suivit le métamorphe jusqu'à l'intérieur de sa maison... Où les attendait une créature aussi agréable à regarder que... euh... insolite? Comment dire insolite... C'était comme si il était resté assis tout ce temps à les attendre, et le regard adorateur qu'il jetait à leur "hôte" faisait froid dans le dos à Ailín. C'était totalement malsain... Ou du moins, cela lui en donnait-il l'impression. Pourtant, elle avait sans doute dû regarder Sigmund de la même manière, lorsqu'il était encore vivant...
Perplexe, Ailín papillonna brièvement des yeux, puis fit deux pas, bras croisés sur sa poitrine. L'homme donna son nom, alors qu'il l'invitait à s'asseoir. Ca ne plaisait pas exactement à la vampire... Mais elle le fit. Ce n'était pas le moment de commencer à désobéir. Elle était presque sûre qu'elle en aurait très vite payé le prix. Aidan dégagea son cou... Et l'ordre donné simultanément se perdit dans la soif. Les prunelles d'Ailín s'écarquillèrent légèrement alors que ses yeux s'égaraient sur la courbe offerte de ce cou... Devait-elle vraiment..? Un dernier regard noir de suspicion se tourna sur son nouveau "maître". Elle resta muette quelques secondes, avant de se rendre à l'évidence. Elle n'avait pas le choix... Et tant qu'on se contentait de lui demander de se nourrir à la gorge d'un homme, elle ne voyait pas de raison de refuser. C'était justement ça le problème... Ça sentait le coup fourré. Elle ouvrit la bouche cela dit, révélant au passage la pointe acérée de ses crocs, qu'elle approcha lascivement de la gorge du... métamorphe. Elle pouvait le sentir, dorénavant... Le délice de ce sang spécial lui emplissait presque la bouche d'avance. On lui offrait du sang de métamorphe. Bah voyons... Où était l'arnaque? Malheureusement, l'attrait du sang lui fit oublier sa prudence. Elle porta une main contre le cou d'Aidan, comme pour le forcer à rester plaqué à elle alors qu'il était consentant. Les vieilles habitudes ont la vie dure... Ailín avait durant de nombreuses décennies bu le sang sur des victimes tout, sauf consentantes. |
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 | Sujet: Re: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Mar 19 Juil - 12:24 | |
| Ailin était de plus en plus amère et ironique, et ça ne faisait qu'amuser Yun un peu plus. Il allait s'ennuyer si elle ne répondait vraiment à aucune de ses provocations ! Mais la panthère était vraiment patiente, si bien qu'elle ne répondit rien, ou presque, reprenant toujours son discours là où elle l'avait laissé. Le trajet fut bien plus long que la normale, encore une facétie de l'ingénieur, mais ils arrivèrent tout de même au modeste pavillon de Yun. Ce dernier annonça alors à Ailin qu'il avait un cadeau pour elle. Il avait quand même prévu de récupérer un vampire encore exsangue, c'était le minimum de la politesse de lui offrir de quoi se sustenter.
L'homme, un méta-lynx aux cheveux d'ébène, attendait déjà dans la cuisine, comme un bon petit plat préparé avec amour. Il était vêtu de manière à être appétissant, tout comme une assiette bien dressée. Yun enjoignit Ailin de se servir, alors que lui même portait son verre de vin, comme un toast à leur nouvelle vie. Il attendit que la vampire plante ses crocs dans la chair tendre d'Aidan avant de goûter à son breuvage. Son regard posé sur la scène était tout sauf innocent : il ne perdait pas une miette de la respiration d'Aidan qui s'accélérait, cette poitrine qui se gonflait de plaisir et d'appréhension. Il avait presque envie de toucher cette peau qui plongeait ensuite sous des vagues de soie... Non vraiment, le spectacle était délicieux. Hélas, il ne pouvait pas s'éterniser.
« Il suffit, Ailin. »
Yun posa son verre sur la table, et prit la jeune femme par le menton. D'un regard, il s'assura qu'Aidan n'avait pas trop donné, ce qui heureusement n'était pas le cas. Le jeune homme respirait bruyamment, comme après un orgasme, mais il était vivant. Le problème étant qu'il en fallait moitié moins pour émoustiller Yun, qui se prit à avoir des idées un peu folles. Oh, pour Ailin, elles le seraient sûrement, pour Yun et Aidan, déjà beaucoup moins. Ils avaient vu et fait assez de choses dans leur vie pour en être blasés.
D'un geste délicat de la main, à l'aide d'un mouchoir, Yun essuya le peu de sang qui coulait à la commissure des lèvres d'Ailin. Le visage proche du sien, il esquissa un sourire, jouant de cette proximité comme pour lui faire comprendre qu'il avait envie de l'embrasser, alors que ce n'était pas vraiment le cas. A choisir, Yun aurait préféré rouler une pelle à Aidan, même si ça le blasait d'avance. Il n'y avait rien de nouveau pour lui dans le fait d'embrasser Aidan, vous l'aurez deviné.
« Je vais te montrer ta chambre. »
Il lui avait murmuré à l'oreille, comme s'il s'agissait de véritables mots d'amour, puis s'était redressé, et avait pris la main d'Ailin. Sans brutalité, sans violence. La vampire était tout à fait capable de se détacher de lui si elle le souhaitait. Aidan fermait la marche, comme s'il obéissait à un ordre implicite de Yun. Les deux hommes – les deux fauves – semblaient se comprendre sans même avoir à parler. Ca en disait long sur la relation qui les liait...
Yun se dirigeait vers le sous-sol. Il y avait descendu à la fois un lit et un cercueil, ainsi que le mobilier typique d'une chambre prototypique. Une coiffeuse, un miroir, une table et une chaise... Ainsi que deux armoires. L'une était ouverte, vide, attendant d'être remplie. L'autre était fermée. Si Ailin essayait de l'ouvrir, elle s'apercevrait qu'elle était même fermée à clé. La pièce était éclairée par un lustre et deux lampes de chevet, qui rendaient la pièce aussi claire qu'en plein jour. Aidan ferma la cave derrière eux, et alla se placer juste à côté de Yun.
« Cette pièce est sécurisée, tu n'auras rien à craindre pendant ton sommeil diurne. Si tu le souhaites, Aidan sera présent à ton réveil, pour disons... ton petit-déjeuner. Comme dit tout à l'heure, j'ignore encore tes préférences - j'ignore même si tu en as – mais sache que j'ai un faible pour les jeunes hommes. Je te demanderais simplement de ne pas les tuer. »
Yun se tourna vers Aidan, qui sembla comprendre ce nouvel ordre muet. Ce dernier s'avança vers Ailin, assez proches pour qu'ils puissent se toucher s'ils tendaient la main. Puis, il entreprit de déboutonner sa chemise. Yun quant à lui, s'assit dans les escaliers, les yeux avides. Il avait bien fait de prendre une soirée de repos...
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 | Sujet: Re: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Mer 20 Juil - 18:03 | |
| Le goût du sang était exquis. Il lui en faisait perdre toute notion... Cela faisait des nuits qu'elle devait se contenter de raclures de la société qui donnaient de leur sang pourri par les drogues et l'alcool contre un peu de monnaie facile... Elle était restée cachée une éternité, lui semblait-il. Sigmund n'était pas mort depuis longtemps, et pourtant, elle avait l'impression de n'avoir pas bu au cou de son calice depuis des siècles... Le calice était mort, mais le métamorphe sous elle faisait plus qu'un excellent remplaçant. Elle allait jusqu'à goûter l'odeur de sa peur et de son excitation, laissant sans même s'en rendre compte couler ses doigts contre la gorge tendre, si généreusement offerte. Chaque geste devenait lascif. Chaque mouvement, empli d'un érotisme mortel. Elle savait qu'elle ne devait pas trop en boire... Mais elle avait tellement envie de le vider entièrement... De lui voler jusqu'au dernier souffle de vie...
Le grondement du sang cessa, alors qu'une main autoritaire l'invitait à laisser filer sa proie. Ses dents laissèrent échapper la peau meurtrie. Elle ouvrit ses yeux encore embrumés par le délice qui venait de lui être offert... Elle ne tenta pas d'échapper à la main du "maître", qu'elle observait en silence. Elle attendait. La servitude... Ce n'était pas un concept nouveau pour Ailín. Elle n'avait que très peu de temps volé de ses propres ailes. Son existence avait toujours été guidée par un autre, et jusqu'à présent, ça lui avait convenu. Elle n'était pas contente que son nouveau "maître" soit un métamorphe. Et elle n'aimait pas non plus ce regard qu'il avait quand il l'observait. Mais tant que leur rapport ne dépassait pas les bornes de ce qu'elle était capable d'accepter - et il n'y avait pas beaucoup de bornes à part celles qui faisaient que son corps était toujours constamment couvert de tissu - alors cela lui conviendrait... De toute façon. Un jour, cet homme allait mourir. Elle lui survivrait, et elle retrouverait sa liberté. Il fallait juste qu'elle prenne son mal en patience. Elle cilla à peine lorsqu'il essuya le coin de sa lèvre. Elle n'eut aucun mouvement tandis qu'il approchait, comme pour l'embrasser... Elle savait pertinemment que certaines personnes étaient attirées lorsqu'un défi se présentait: si elle faisait un geste pour prouver que cette situation ne lui plaisait pas... Non. Elle ne voulait pas prendre le risque de découvrir si Ding possédait ce genre d'esprit de contradiction. Non pas qu'elle soit du genre à s'offusquer d'un baiser - elle y serait restée indifférente - mais elle avait trop peur qu'il ait ensuite envie de continuer. Son corps était bien l'unique chose qu'elle n'accepterait jamais d'offrir.
Il allait... Lui montrer sa chambre. Jusque là, contrairement à ce que sa première impression lui avait laissé croire, tout se passait plutôt bien. Tellement qu'elle en restait... Perplexe. Ses sens lui indiquaient que le danger que cachait cette mascarade n'était que plus grand... Mais à l'heure actuelle à part des discours incessants de Yun dans la voiture, Ailín n'avait vraiment à se plaindre de rien... Elle suivit la marche, non sans remarquer - avec un désagrément certain - l'électricité qui passait entre ses deux hôtes. C'était relativement parlant... Pas besoin d'être très intelligent pour comprendre qu'ils étaient sans doute plus qu'amis. Ça aurait dû la rassurer de penser que son maître n'aimait peut-être pas spécialement les femmes... Car peut-être ne penserait-il jamais à la toucher. Sauf qu'il y avait un hic. Un sérieux hic que Ailín n'aimait pas avoir à prendre en compte. Ce qui la protégeait en théorie... La rendait en un sens bien plus vulnérable. Ailín avait l'impression que l'énorme secret qu'elle cachait aurait tendance à plaire un peu trop au métamorphe, si il venait à le découvrir.
Ils arrivèrent dans la chambre. Tout à fait convenable, après ce que Ailín avait dû supporter ces derniers jours... Évidemment ça n'avait rien à voir avec le luxe dans lequel elle s'était vautrée pendant près de deux siècles. Mais c'était presque miraculeux qu'elle retrouve ce genre de confort, malgré la déchéance dans laquelle elle avait sombré. En plus, on lui proposait un calice. Métamorphe. C'était vraiment trop beau pour être vrai. Il y avait forcément un hic quelque part. Le chinois... Il n'était pas ce genre de personne. Elle pouvait le sentir... Elle vivait depuis trop longtemps, maintenant, et avait passé son temps à berner les gens, et à calculer leur profil psychologique. Cet homme allait la poignarder dans le dos, d'une manière ou d'une autre. Elle en était sûre. Ce pourquoi, sans doute, elle reste silencieuse un peu trop longtemps. Elle l'observait, méfiante. Ses prunelles grises métalliques semblaient avoir été prises dans un bloc de glace.
"Ne vous inquiétez pas, avec le système actuel, j'ai vraiment autre chose à faire que de passer ma vie à masquer des morts proprement."
Première partie de réponse. Cynique, oui... Pourtant c'était la vérité. Elle n'avait même pas cherché le sarcasme... Même si sa mauvaise humeur la rendait naturellement sarcastique, en fait.
"Vous devez bien vous douter de mes préférences. Le sang des métamorphes est le meilleur qui soit. Pour le reste, c'est sans importance..."
... Elle avait un peu peur que son hôte mélange - volontairement ou pas - les types de préférences qu'il citait et... hm. Elle n'avait pas vraiment envie de discuter à ce sujet. Et c'était l'occasion rêvée de lui rappeler qu'en théorie, lui et les siens étaient sur son menu... Difficile de passer outre sa fierté de vampire, c'était vrai. Tout se serait sans doute mieux passé si...
... Ailín fit un pas sur le côté. Une lueur de panique passa dans ses yeux, tandis que Aidan s'approchait, et commençait à détacher sa chemise. Ça sentait mauvais. Ça sentait le piège qu'elle avait vu arriver sans savoir dire quand ni où ni comment... Et sans pouvoir non plus y échapper. C'était ça, le pire: elle n'allait pas pouvoir y réchapper. Quoiqu'il advienne.
"... Qu'est-ce que vous faites?"
Elle essayait de n'avoir pas l'air trop tendu, mais c'était un peu raté. |
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 | Sujet: Re: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Ven 22 Juil - 12:56 | |
| Yun avait été généreux en donnant Aidan à boire à Ailin. Un métalynx, c’était plus que ce qu’une vampire captive pouvait espérer en guise de calice, mais hé, le Chinois voulait la mettre en confiance. Ca n’avait pas vraiment fonctionné, mais au moins ne pourrait-elle pas le lui reprocher. Néanmoins, le but n’était pas de vider totalement le pauvre lynx, qui commençait à peiner. Yun écarta Ailin, qui se dégagea à contrecœur. Le temps était venu de lui montrer sa chambre, en réalité une cave, dépourvue de fenêtres forcément, et bien meublée. Aidan les avait suivi, silencieusement, comme si toute la scène avait été répétée bien avant l’arrivée d’Ailin. Yun profita de ce moment pour instaurer quelques règles, et discuter avec son nouveau familier vampire. Evidemment, les réponses puaient le sarcasme et l’amertume.
« Tant mieux, d’autant plus que je connais beaucoup d’humains qui paieraient pour que tu te nourrisses d’eux. Ce serait du gâchis que de recourir à des méthodes d’un autre temps. »
Pourquoi se donner du mal pour tuer et se retrouver avec un chasseur de vampires aux trousses quand il suffisait de tendre la main pour cueillir un frais adolescent prêt à payer pour se donner à vous ? Oui, un adolescent, c’était meilleur. Le problème avec Yun, c’est qu’il avait beau aimer le sang, il voulait goûter de la chair. Lui était obligé de tuer. Heureusement pour ça, il y a les bois… même si depuis quelques années, bouffer des humains était devenu exagérément risqué. Mais nous parlions d’adolescent, car Yun a ses petites préférences, que ce soit au niveau érotique ou gastronomique. Il en allait sûrement de même avec Ailin, non ? La réponse de cette dernière lui fit hausser un sourcil.
« Homme ou femme, jeune ou vieux, peu importe donc… Je vous pensais plus difficile, Ailin. Plus capricieuse. »
Peut-être s’était-il trompé. Ou peut-être pas. Il se recula, sentant que la discussion touchait désormais à sa fin. Il avait demandé tout ce qu’il avait à demander, et aspirait à une autre forme d’échange. La plupart des vampires sont libidineux, c’est dans leur nature. Le cadeau que Yun avait fait à Ailin ne se limitait pas au sang, en vérité. Aidan n’était pas là que pour servir de calice à la blonde… Seulement, les deux félins n’avaient pas pensé à la possibilité qu’Ailin refuse. L’expression de son visage alors qu’elle comprenait ce qui venait ensuite surpris Aidan, et amusa Yun. Ce dernier, assis sur les escaliers, leva la main. Le lynx s’immobilisa. Avec un sourire à peine esquissé sur son visage à la peau opaline, Yun fit cette remarque :
« Ainsi, il existe encore des vampires qui ne mélangent pas sexe et nourriture… Ou alors Aidan ne te plaît-il pas ? »
Yun se leva, et passa devant Aidan, non sans palper une de ses fesses au passage. Le Chinois n’était pas de l’avis d’Ailin, oh que non. Si ça ne tenait qu’à lui, Aidan serait déjà nu, les vêtements arrachés par les crocs d’une panthère affamée. Mais c’était bien d’Ailin dont on parlait. Il s’était avancé jusqu’à elle, et tournait autour, posant un regard prédateur sur son corps, l’observant dans les moindres détails.
« Aurais-je du te proposer une femme ? Un enfant ? Un cadavre ? Une chèvre ? Car je ne peux croire à l’existence d’un vampire qui ne soit pas, un tant soit peu, porté sur la chose. »
Il sourit un peu plus, découvrant une rangée de dents blanches, brillantes et acérées comme des couteaux, bien que de taille et de forme normales. Se penchant sur Ailin, il lui chuchota à l’oreille :
« Quand on aime sucer du sang, on aime sucer autre chose, en général. »
Une menace ? Une invitation ? Les deux ? Rien de tout cela ? Impossible à le dire. L’expression et la voix amusées de Yun ne laissaient aucun indice quant à ce qu’Ailin pouvait espérer pour la suite. Elle était d’ailleurs loin de l’imaginer, en réalité.
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 | Sujet: Re: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Ven 22 Juil - 14:11 | |
| Les préférences d'Ailin ne concernaient pas le métamorphe. Il était peut-être son nouveau maître... Mais elle ne le connaissait pas. Elle n'avait pas confiance. Elle avait noté ses sarcasmes... Lui avoir offert le sang de l'un des siens n'était largement pas suffisant pour la convaincre de sa bienveillance. Moins il en saurait... Mieux ce serait. Clairement. Alors, elle lui répondit par un léger sourire, qui ne monta pas jusqu'à ses yeux. La courbe même de ses lèvres respirait une froideur polaire qui n'était pas censée aller avec ce genre d'expression. L'espace d'un instant, Yun eut l'occasion de voir Ailín telle qu'elle avait toujours été, jusqu'à la mort de son maître: séductrice, mais aussi sournoise, hypocrite et vicieuse. Évidemment son actuelle position de faiblesse risquait de lui faire perdre le reste de sa fierté d'antan.
"Vous n'êtes pas le premier à me juger sans me connaître..."
Bon. Elle allait très vite perdre contenance, en fait. Pour cela, il suffisait qu'elle se sente de nouveau en danger. Et Aidan qui s'approchait d'elle en retirant sa chemise... Pour elle, c'était ce qui se rapprochait le plus du mot "danger", à l'heure actuelle. Elle savait que certaines personnes aimaient abuser de leur statut de maître... soit considéraient qu'il s'étendait au corps entier de leurs serviteurs et... en vue de ce qu'il se passait dorénavant... Ailín commençait à avoir très peur, en fait. Yun donnait l'impression de vouloir rester regarder pendant que Aidan et elle-même... .
Une expression surprise apparut sur le visage de son nouveau "calice". Quant à elle... Elle fut instantanément soulagée et... extrêmement gênée. En effet, sa réaction avait été un peu violente. Un peu comme si elle avait été aussi ouverte d'esprit qu'une nonne. Ou comme si elle avait quelque chose à cacher. Et comme elle avait effectivement quelque chose à cacher... Il allait maintenant falloir qu'elle assume le rôle de la "coincée" afin de s'en sortir sans éveiller les soupçons de quiconque. Et autant dire que c'était un rôle qui lui allait très mal... Ailín flirtait naturellement avec tout ce qui bougeait et venait lui parler, du moment qu'elle n'était pas effrayée - ce qu'elle était à l'heure actuelle, on l'aura compris. La vampire croisa les bras et entreprit de laisser son malaise refléter dans son expression corporelle, et dans ses traits. Ça lui donnerait l'air plus sincère. Qu'Aidan lui plaise ou pas...
"Ce n'est pas le problème! Ravie de compléter votre culture vampirique, mais effectivement, ça ne m'intéresse pas."
Le métamorphe se releva et vint toucher le postérieur de son esclave. Tant et si bien que Ailín posa une main sur l'arête de son nez, avant de se retourner, en soupirant, et en prenant un air affecté. Évidemment, tout était simulé. Mais il était difficile de le détecter. Ailín était bonne actrice. Par contre, elle était véritablement terrorisée, à l'heure actuelle... Et elle espérait que cela ne paraîtrait pas trop étrange. Mais d'un côté, elle aurait pu être une ancienne victime de viol, ce genre de choses... Non. Son personnage était cohérent... N'est-ce pas?
Pourquoi le chinois n'avait-il pas l'air dupe? Une boule d'angoisse se forma dans la gorge de la blonde, qui cessa instantanément de bouger, voire même de respirer. Il insistait. Lourdement. Ces histoires de chèvres allaient finir par lui taper sur le système. Peut-être essayait-il juste de la troubler? Il ne fallait pas qu'elle cède à la pression. Cela dit... Elle mit peut-être un peu trop de temps à répondre, voire même à recommencer à donner signe de vie.
Elle laissa retomber sa main, et fit un pas en arrière, pour plonger son regard de glace dans celui du métamorphe.
"On ne vous a jamais dit qu'il n'y a rien de plus stupide que de se référer aux généralités?"
Elle le défiait du regard, maintenant. Mais voilà où l'avait conduit son jeu d'actrice... Jouer la sainte ni-touche était une solution pour rester cohérente. Par contre, elle s'attirerait très probablement des ennuis sévères. Échec et mat. Elle espérait juste être la seule à s'être rendue compte qu'elle était totalement piégée. |
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 | Sujet: Re: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Ven 22 Juil - 20:49 | |
| Juger sans connaître ? Peut-être… Yun était un Chinois, il avait pas mal de préjugés, d’autant plus à cause de sa nature métamorphique, et de la manière dont il avait vécu jusque là. Qu’un vampire soit un obsédé sexuel, pour lui, ce n’était pas un préjugé, juste… une certitude statistique. D’une manière ou d’une autre, il prouverait à Ailin qu’il avait raison, et qu’elle ne faisait pas exception à la règle. En attendant, il se prit à esquisser un sourire, qui resta ensuite en permanence sur son visage. Une sale habitude, c’est vrai.
Il entreprit alors de lui donner Aidan, autrement que comme simple calice : les vampires associent souvent nourriture et amant, alors pourquoi pas elle ? Mais là, même constat. Quelque chose bloquait, un grain de sable dans le rouage sur lequel Yun n’arrivait pas à poser le doigt. Hmm, dans la perplexité, il était de rigueur d’attendre et de voir ce qui allait se passer ensuite. Aidan resta donc la chemise ouverte, debout et immobile au centre de la pièce, alors que Yun se levait, amusé, pour faire quelques remarques acerbes à Ailin. Elle avait un bon sens de la répartie, même si c’était quand même insuffisant.
« Ca ne t’intéresses pas… Je ne crois pas. Ce genre de choses intéresse tout le monde, surtout les vampires. Vous avez ça dans le sang, dans le corps… »
Sérieusement, elle pensait s’en sortir en disant simplement ‘je suis chaste’ ? A d’autres ! Yun n’était pas si naïf. Aidan, peut-être, mais ce dernier servait simplement de décor, s’étant assis dans les escaliers, sans chercher à reboutonner sa chemise. Comme s’il pressentait que ça ne servirait pas à grand-chose. Le Chinois quant à lui, continuait de tourner autour d’Ailin, tellement prêt que la soie de ses vêtements touchait la robe de la vampire. Il lui susurra quelque chose de moins poli et courtois que tout ce qu’il avait dit jusque là, et fut bluffé par les talents d’actrice d’Ailin.
« Aux généralités oui… Dans le cas des vampires et du sexe, c’est statistique. Je ne te pense pas assez intéressante pour être une exception. »
Il se pencha alors à son oreille, et lui murmura de nouveau :
« Qu’as-tu à cacher ? Quel est le problème… ? Crois-tu en l’amour, peut-être ? »
Le Chinois émit un rire sans joie, et s’éloigna pour rejoindre Aidan. Il posa une main sur son épaule, caressant presque sa peau sous le tissu. Puis il se retourna vers Ailin, dans un geste théâtral et calculé, planta ses yeux en amande, noirs comme la nuit sur elle :
« L’amour… Quelle drôle d’idée. »
Il rit de nouveau, et remonta l’escalier, suivit par un Aidan qui ne trouvait pas forcément la blague amusante. Pourquoi ? Ca, c’était une autre histoire. Il y avait beaucoup de choses qui liaient les deux félins, plus qu’Ailin ne pourrait jamais l’imaginer. L’amour, c’était un concept trop surfait et fragile pour définir ces liens. De toute façon, celui qui ne les a pas expérimentés ne peut pas les comprendre. En haut des escaliers, après avoir ouvert la porte, Yun s’arrêta et dit simplement :
« Je vais te laisser seule un moment. Si tu souhaites te lancer dans la décoration intérieure ou te refaire une garde-robe, il n’y a pas de problèmes. Je m’occuperais de tout. »
Il referma la porte sur lui, continuant à monter des escaliers, cette fois pour atteindre sa propre chambre. Alors, qu’est-ce que ça fait, Ailin, d’avoir sa garde-robe sous contrôle… ?
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 | Sujet: Re: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Sam 23 Juil - 13:48 | |
| Pas assez intéressante pour être une exception..? Oh eh bien... A défaut de blesser Ailin - à qui il en fallait plus que ça - cette déclaration lui prouva que le métamorphe était en effet plein de préjugés. Des préjugés qui l'induisaient en erreur. Car effectivement... En un sens, Ailin ÉTAIT une exception dans la conception habituelle qu'avaient les gens de ce monde. Mais ça, elle n'allait pas s'amuser à le lui dire. En fait, elle faisait tout son possible pour NE PAS avoir à le dire. Il l'aidait en la pensant banale et peu digne d'intérêt, à la rigueur... Comment pouvait-elle faire pour conforter ses convictions?
La réponse vint d'elle-même, ou presque. En plus, elle n'avait même pas besoin de mentir. Elle resta immobile tandis que le poison se répandait lentement, depuis la bouche du chinois jusqu'à son oreille, puis dans ses veines soudain douloureuses... Croyait-elle en l'amour? La vérité, c'est qu'elle n'y avait jamais cru, avant Sigmund. Sigmund avait été une sorte de miracle pour elle. Il s'agissait de son créateur... Une personne irremplaçable. La seule pour laquelle elle ait pu éprouver quoique ce soit... Alors, oui, en ce sens peut-être, elle y croyait. Mais elle croyait aussi que ce qu'elle avait ressenti durant toutes ces années était unique, et qu'il serait impossible de jamais le retrouver. Pouvait-on vraiment parler d'amour..? Non. Cela transcendait ce concept.
En attendant, le souvenir de la perte de Sigmund était suffisamment douloureux pour que ses traits se défassent naturellement, et que ses yeux prennent la teinte d'une souffrance réelle. Elle n'avait plus qu'à... Jouer de sa propre douleur pour sortir des choses totalement stupides, auxquelles elle ne croyait pas elle-même:
"C'est votre problème si vous n'y croyez pas! Je suis née à une époque où les normes étaient bien différentes des vôtres."
... En réalité l'amour était un peu superflu à cette époque où les mariages arrangés faisaient loi... Mais disons qu'au minimum, les gens ne couchaient pas à tout va et avec le premier venu - voire les plusieurs premiers venus. Évidemment c'était sans compter qu'elle avait vécu longtemps dans le milieu moins fréquentable des bordels... bref. Autant de choses que Yun n'avait pas à savoir.
Il s'éloignait, en riant. Il quitta la chambre... Et d'un coup, une tension certaine quitta les épaules d'Ailin... Laquelle plaqua une main contre son front avant de se diriger vers le lit qui meublait la pièce. Elle se laissa lourdement tomber assise dessus, avant de prendre son visage dans ses mains. Elle était... Dans de sales draps. Il n'y avait pas à douter. Là... Elle s'en était sortie, à peu près. Mais son jeu ne tiendrait pas la distance. D'autant plus qu'avant de partir, son nouveau maître l'avait prévenue: il comptait tout superviser. Autant elle s'en fichait pour la décoration, autant la garde-robe...
... Ce que ça faisait, d'avoir sa garde-robe sous contrôle? Tout d'abord pas grand-chose... Jusqu'à progressivement se rendre compte à quel point cela pouvait être problématique.
"... Oh non."
Blasée, elle se laissa retomber sur le flanc, la main pendant lamentablement hors du lit pendant qu'elle se renfrognait visiblement, l'air de réfléchir. Elle n'osait même pas aller tenter d'ouvrir les deux armoires de la chambre, effrayée à l'idée de ce qu'elle pourrait y trouver - ou ne pas y trouver. En fait, elle préférait encore que les armoires soient vides. Au moins n'essaierait-on pas de lui faire porter des choses... Qu'elle ne pouvait pas se permettre de porter.
Une inspiration, et... rien. Elle ne bougeait pas, et parlait encore moins. C'était trop facile pour Yun d'avoir planqué des caméras, ou des microphones dans la pièce... Ça ne l'aurait étonnée qu'à moitié qu'il soit ce genre de voyeur. Cela dit si elle avait raison à ce sujet... Elle était sévèrement coincée. Comment allait-elle s'habiller..? Et même avant de se soucier de la manière dont elle allait enfiler des bouts de tissu qu'elle ne possédait pas encore, comment allait-elle le convaincre qu'elle n'était d'accord pour porter qu'un certain type de robes très particulier, conçues sur mesure par un tailleur qu'elle connaissait..? Bon... Il semblait la croire capricieuse. Un point pour elle. Mais ça risquait tout de même de lui paraître étrange... Elle avait tout intérêt à réfléchir à la manière dont elle allait lui annoncer la chose. Cela dit plus le temps passait... Plus elle... désespérait de trouver une excuse cohérente. Elle allait quoiqu'il en soit passer pour une illuminée. Et encore... ça, c'était si elle avait de la chance.
Il fallait bien dire que tout semblait vouloir faire en sorte de la déconcentrer. Quand elle commença à entendre des cris, accompagnés de rires venant de plus haut... Elle cessa tout simplement de penser. Mieux valait, sans doute. Elle se figea, et écarquilla les yeux. N'aurait-elle pas déjà été morte qu'elle aurait sans doute pâli plus qu'elle n'était déjà pâle. Qu'est-ce que c'était que ça..? Elle ne préférait même pas imaginer la scène. C'était encore pire que ce qu'elle avait imaginé... Les cris finirent par cesser. Peu de temps plus tard... Quelqu'un frappa. Aidan, à en juger par la voix qui passa au travers de la porte.
"Ailin?"
La concernée sursauta un grand coup, avant de se redresser à peu près aussi vivement qu'un diable sortant de sa boîte. Elle ne parvint à rien répondre, les yeux écarquillés, tournés sur l'entrée.
"J'entre."
Aidan ouvrit doucement la porte. Il était torse nu, et ne portait qu'un large pantalon en satin. Il avait aussi l'air relativement mal à l'aise.
"Yun demande si vous souhaitez vous nourrir de nouveau."
... Pas d'Aidan, en toute logique. Il avait déjà donné suffisamment de sang aujourd'hui. Ailin ne voulait même pas savoir qui lui servirait de calice cette fois, si elle acceptait... Elle voulait juste qu'on la laisse tranquille. La panique la fit répondre sèchement, sans réfléchir. Elle avait l'air choquée.
"Non. Merci."
Aidan lui avait l'air euh... triste? Un peu comme un chiot sur lequel on aurait à l'instant hurlé dessus sans raison. C'était presque surréaliste...
"Désolé de vous avoir dérangée alors..."
Ailin s'éclaircit la gorge. Non pas qu'elle se soucia des états d'âme d'Aidan... Mais le métamorphe était poli avec elle, si bien qu'elle essayait de le lui rendre. A peu près. Elle répondit encore, d'une voix devenue blanche.
"Pas... de souci."
Son interlocuteur avait lui aussi une voix atone, dorénavant.
"Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis à vous. Je peux vous trouver des distractions..."
Dis... tractions? Ailin ne voulait même pas savoir ce qu'il entendait par "distractions". Elle secoua vivement la tête, en signe de négation.
"Merci, mais ça va aller."
"... Comme vous le souhaitez."
Il prit alors congé, à contrecoeur, comme si sa venue avait été un échec... Quant à Ailin, elle se laissa retomber sur le lit, en proie à une panique grandissante... Mais dans quelle maison de fous était-elle tombée? |
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 | Sujet: Re: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Lun 1 Aoû - 9:42 | |
| Ah le vieil argument du vampire frustré : nanani à l’époque où je suis née nanana tu connais rien de la vie… Evidemment, pour un métamorphe, bien plus jeune mais pas moins puissant, c’était extrêmement agaçant de lui rappeler à quel point un vampire peut lui être intellectuellement supérieur. Du moins, en terme de culture générale : le QI n’augmente pas avec le temps. Un point pour les métamorphes. Mais voilà, les hostilités étaient terminées, du moins pour l’instant. Yun s’était un peu ennuyé avec Ailin, et l’avait laissée, livrée à elle-même, dans cette chambre austère et fermée de l’extérieur.
Oh, elle pouvait vérifier, l’armoire était vide. Quant à l’autre, elle ne voulait franchement pas savoir. A vrai dire, elle aurait bientôt le loisir de contempler le contenu de ce meuble. Si le Chinois lui avait ouvert cette armoire aujourd’hui, il n’aurait réussi qu’à la braquer. Oh, elle se braquerait de toute façon, mais autant attendre qu’elle soit attachée. Yun était donc grimpé dans sa propre chambre pour passer ses nerfs sur Aidan : l’avantage avec les soumis, c’est que même si ce n’est pas de leur faute, ils aiment ça. Et évidemment, de là où elle était, Ailin devait sûrement entendre quelques rires et cris. Pas de quoi la rassurer, je vous l’accorde. Cela dit, ça ne dura pas des heures. Quelques minutes plus tard, Aidan descendit jusqu’à la cave, sur ordre de Yun. En réalité, il s’agissait de la surveiller, de la jauger, et non pas comme dit, de la nourrir. Le sang de métamorphe était suffisant pour toute une nuit, à partir du moment où on ne les passe pas à des orgies de sang. Ca n’avait pas l’air d’être le cas d’Ailin, qui devait jeûner assez souvent ces derniers temps.
Aidan était reparti, penaud. Il avait rejoint son maître, qui était parti se doucher et revêtait un peignoir de soie… Oui, il avait des goûts de luxe. Il en avait toujours eu, même si désormais c’était plus difficile de mener la belle vie. Heureusement qu’il avait son deuxième travail, celui qu’il exerçait la nuit… Oh, mais qu’Ailin soit rassurée, il avait pris un jour de repos rien que pour elle. Il ne tarda pas à redescendre à la cave, toujours nu sous sa caresse de soie, les cheveux négligemment détachés. Se plantant devant la vampire, il la détailla avant de lui dire avec un sourire :
« Il faudrait penser aux détails maintenant. Veux-tu m’accompagner pour une séance de shopping nocturne ? Il te faut des vêtements. Je doute que les miens te conviennent. On pourra aussi reparler de l’ameublement de ta chambre : tu peux le décorer à ta guise. »
Evidemment, Yun avait ses limites. Il ne laisserait pas Ailin le ruiner - il doutait qu’elle était de ce genre là de toute façon - mais il fallait avouer qu’il avait pas mal de marge pour ça en fait. Il n’était pas riche comme Crésus et oui, ses finances avaient leurs limites, mais il pouvait très bien entretenir un vampire ou deux. Ou plutôt, un vampire et un lynx de compagnie. Ca ne le dérangeait pas, bien au contraire. L’idée d’avoir sous son aile deux obligés, qui penseront - ou pas - lui devoir quelque chose le rendait tout chose. S’ils commençaient à rendre ses faveurs, alors Yun avait gagné, et les liens qui se tisseraient seraient bien trop forts pour être brisés ensuite. S’ils ne lui rendaient rien, il pourrait toujours se servir de ça comme excuse pour les maltraiter très fort. Pile je gagne, face tu perds.
La fourberie, en fait, était plus dangereuse encore quand elle prenait les traits de la gentillesse et de l’attention. Yun ne se faisait pas vraiment d’illusions : vu tout ce qu’avait vécu Ailin, il lui en faudrait plus pour y croire vraiment, mais il ne désespérait. A force de répéter un mensonge, il devient la vérité. C’était aussi simple que ça.
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 | Sujet: Re: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Lun 1 Aoû - 17:17 | |
| Alors qu'elle entendait des pas dans le couloir, puis la porte s'ouvrir, Ailin se figea telle une statue... Puis se redressa en vitesse, sur le lit, et se recoiffa d'un geste machinal, engendré par l'habitude. Autant dire qu'elle ne le faisait pas pour Yun. Le stress la forçait à rester active... Ainsi continua t-elle de lisser distraitement sa jupe tandis que le métamorphe - en peignoir - entrait puis s'arrêtait face à elle. La tête légèrement baissée, comme en signe de soumission, mais en réalité en signe de méfiance - il suffisait d'observer la teinte glaciale de son regard pour comprendre qu'elle était dans l'expectative et l'appréhension - elle fixait son nouveau maître et attendait qu'il daigne s'exprimer... Que voudrait-il d'elle?
La réponse aurait pu la rassurer, si elle n'avait pas à ce point tenu à garder le secret de sa véritable apparence physique. A défaut, elle sentit son visage se décomposer légèrement... Elle se reprit tout aussi vite, pour feindre l'indifférence. Il ne fallait pas que le chinois se rende compte qu'une virée dans les magasins de vêtements en sa compagnie l'effrayait plus qu'autre chose. Elle devait faire très attention au choix de ses habits, et certaines pièces n'étaient... juste pas trouvables dans les magasins normaux. Prenons l'exemple des chaussures. Une véritable horreur, de trouver des tailles adéquates...
Quelques secondes, elle resta muette. Elle cherchait comment réussir à convaincre un homme de son acabit - fourbe, malsain, et vraisemblablement sadique de ce qu'elle avait pu constater jusqu'à présent, sachant qu'elle était relativement douée pour cerner les gens - de la laisser commander ses vêtements chez son tailleur habituel. Il fallait qu'elle fasse très attention à la manière de tourner ses phrases, afin qu'il ne refuse pas l'éventualité en se moquant d'elle, et afin que cela ne lui paraisse pas trop suspect. Finalement, elle se lança.
"... Il est inutile de perdre du temps dehors, en réalité. Mon ancien maître achetait tout chez un tailleur, nous sommes clients depuis très longtemps maintenant. Autant dire qu'un simple appel suffit, il connait tout le reste."
... Elle n'aimait pas ça. Sa répartie était médiocre. Il y avait trop de non-dits... Trop de choses qu'elle ne pouvait se permettre d'énoncer, trop de vide qu'elle n'avait pas réussi à combler. Elle se retint de justesse de se racler la gorge, et rajouta finalement:
"Il habite dans une ville proche. Je connais ses coordonnées, si vous souhaitez, je peux vous les donner."
Ca sentait très mauvais pour elle. Peut-être en changeant de sujet..? Non. Le métamorphe n'était sans doute pas homme à se laisser distraire. Mais au moins pouvait-elle essayer. Elle tourna la tête, pour observer vaguement le mobilier restreint de sa chambre, et la nudité des murs.
"Quant à l'ameublement... Il n'est actuellement pas ma priorité, je dois l'avouer..."
Et qu'était donc sa priorité alors? Garder sa dignité sauve? Retrouver sa liberté perdue? Autant d'objectifs qui semblaient bel et bien hors de sa portée... Incapable de rester plus longtemps en place, elle se releva puis fit quelques pas en direction du bout du lit. Sans doute aurait-elle mieux fait d'observer Yun plutôt que de fuir son regard, mais elle avait trop peur qu'il sache lire l'anxiété sur son visage.
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 | Sujet: Re: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Sam 6 Aoû - 10:10 | |
| En tant que nouvelle recrue, Ailin était arrivée sans aucun bagage. Plus personne ne voulait d’elle, nulle part, et bien sûr, ses affaires avaient été abandonnées au passage. Ca voulait dire que notre travesti de service n’avait qu’une robe à se mettre sur le dos. D’où la proposition naturelle et tout à fait normale de Yun : faire un brin de shopping pour remédier à cela. La réponse d’Ailin le surprit énormément, cela dit. Il n’en montra rien, comme à son habitude, mais notait les faits avec circonspection. Un tailleur, mais qu’est-ce que c’était classe ! Il n’y avait pas de doutes là-dessus, Ailin ne venait pas de n’importe où. Mais étrangement, Yun avait l’impression de voir les contours d’une ombre se dessiner lentement autour des paroles d’Ailin. Comme si elle cachait quelque chose, un truc qui aurait pu expliquer plus rapidement tous ses choix. Il y avait anguille sous roche, mais ça ne servait à rien de l’asticoter, elle ne parlerait pas. Et la torturer pour qu’elle le fasse, ce n’était franchement pas drôle. Yun allait attendre, et tenter de deviner lui-même ce qu’il se passait réellement.
« Un tailleur ? Bien. J’espère seulement que j’aurais le loisir de pouvoir me payer ses services. »
Comme dit plus haut, Yun n’était pas pauvre, mais ne roulait pas exactement sur l’or non plus. Il n’avait pas envie de se ruiner sur un caprice d’une vampirette qui avait des goûts de luxe. Le prêt-à-porter, c’était bien aussi, non ? Bon, dixit celui qui aimait se coudre des fringues pour le plaisir, c’était un peu moins crédible oui. Tout ça pour dire que Yun hocha doucement la tête en écoutant la réponse d’Ailin.
« J’aurais besoin de ses coordonnées, en effet. »
Ca sonnait comme un accord, non ? Sauf que Yun, toujours aussi emmerdant, allait demander des délais bien trop longs. Ce serait drôle de voir Ailin pendant plusieurs mois, sans aucune rechange. Elle serait bien obligée de se tourner vers autre chose, ou de dire pourquoi elle ne voulait pas se tourner vers autre chose. Sadique, Yun ? Bien sûr.
Et en ce qui concernait les meubles, Ailin s’en foutait apparemment. Tant mieux ! M’enfin au moins elle savait que si elle voulait changer la déco, elle pouvait. Yun n’était pas du genre à empêcher ses esclaves d’exprimer leur créativité. A vrai dire, c’était même très drôle de les voir partir dans des délires… Et parfois, ils avaient vraiment du talent. Dommage qu’Aidan ne soit pas un bon dessinateur ou qu’il n’ait pas d’idées vraiment originales. En le regardant bien, on ne voyait qu’une belle apparence, une gentillesse certaine, mais rien d’autre. A côté d’Ailin, Aidan était un vase vide.
Yun s’assit sur le lit, comme s’il discutait avec un proche dont il ne voulait que le bien. D’un certain point de vue, c’était effectivement le cas. C’est seulement que les gens avaient tous une définition bien différente de ce que le ‘bien’ pouvait être. Le Chinois passa une main dans ses cheveux, qu’il écarta avec langueur. Puis, reportant son attention sur Ailin, il la détailla sans vergogne avant de déclarer :
« Il n’est pas bien tard. Que dirais-tu d’une virée en ville ? Aidan pourra venir, si sa présence peut te rassurer. »
Etrange comme on peut dire des choses apparemment gentilles avec un sourire si carnassier et des yeux si pervers que tout prenait soudain un autre sens… Yun donnait l’impression qu’il jouait avec Ailin, sans état d’âme. Et c’était d’ailleurs le cas ! Ceci expliquait peut-être cela…
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 | Sujet: Re: Shadowcat with Fangs [pv Ailin] Sam 6 Aoû - 15:22 | |
| Ailin s'attendait à un refus. Mais alors, vraiment. Autant dire qu'elle fut extrêmement surprise - et involontairement soulagée - d'entendre Yun accéder à sa requête sans poser de véritable difficulté, à l'exception d'une brève réserve sur le prix des vêtements, réserve tout à fait légitime d'ailleurs. Sigmund avait été un homme très riche. Commander des vêtements sur mesure chez le tailleur ne lui avait jamais posé problème... Mais il aurait été idiot de la part d'Ailin de penser que son nouveau maître était forcément aussi fortuné que le précédent. Elle cligna involontairement des yeux, sans pour autant dévoiler plus son étonnement. Heureusement pour elle, elle était relativement habituée à cacher ses véritables sentiments, et à ne montrer qu'une face dénuée d'expression, ou bien dotée d'une expression aussi crédible que factice.
"Il... Euh... eh bien il n'est pas exactement donné, mais pour un tissu de qualité standard je pense qu'il reste abordable... ."
Du moins elle espérait. La robe qu'elle portait à l'heure actuelle avait coûté cher, mais il fallait dire qu'il suffisait d'un coup d'œil sur le tissu brodé qu'elle portait pour comprendre que chaque centimètre de l'étoffe devait virtuellement regorger de monnaie. Sigmund avait des goûts de luxe, et avait toujours choisi le meilleur pour sa dulcinée... Mais maintenant qu'il était mort et qu'elle avait passé X journées à dormir dans des caveaux puants la mort et le rat crevé, autant dire qu'elle savait pertinemment que le temps du luxe était passé pour elle. Elle se contenterait des tissus les plus merdiques qui soient si il le fallait, et tant qu'elle pouvait porter ces robes qui lui permettaient de masquer avec perfection les imperfections d'un corps inadapté. Soudain étrangement conciliante, elle continua.
"... Je vous les fournirai aussitôt aurai-je de quoi noter."
Oui, la façon de parler d'Ailin pouvait sembler passée de date, mais c'était chose courante avec les vampires un tant soi peu âgés. Ça faisait partie de leur charme, après tout... . Circonspecte, elle se tourna vers Yun, pour l'observer tandis que depuis le lit sur lequel il était assis, il semblait la détailler. Plutôt confiante quant à son "déguisement" qui pour elle n'en n'était pas un, mais plutôt un "rafistolage de fortune", elle n'éprouva aucune gêne spécifique, et préféra se concentrer sur sa proposition. Une virée en ville..? Eh bien... Pouvait-elle vraiment refuser? Ça semblait difficile, d'autant que mieux valait peut-être aller dehors plutôt que de rester enfermée avec les fous... Au moins, en public, ils ne pourraient pas se permettre de... Bref. Après, elle ne savait pas non plus où Yun voudrait l'emmener. Et qu'il souhaite qu'Aidan se joigne à la partie ne la rassurait pas non plus vraiment. Pas depuis qu'elle l'avait entendu hurler pour deux minutes plus tard lui demander si elle voulait à nouveau boire, comme si de rien n'était. Il n'y avait pas grand monde dans cette maison à qui elle pouvait faire confiance... Elle inspira, expira, et demanda tout de même, non sans continuer d'enrouler une mèche de cheveux presque blancs autour de son index:
"...Et où irions-nous?"
Yun pouvait tout aussi bien lui mentir que refuser de lui répondre, ou bien lui répondre par énigme... Ce qui signifierait (potentiellement) qu'elle avait du souci à se faire. Mais au moins, elle aurait essayé. Les yeux clairs de la jeune "femme" se posèrent telles deux billes d'acier gelé dans le regard mystérieux du métamorphe, dont elle ignorait encore qu'il était un félin - quoique franchement, il n'aurait pas été dur de le deviner, quand bien même elle aurait pu hésiter avec un reptile. Même si elle avait toujours peur... Elle n'était pas prête à le montrer. |
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