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 Le calme après l'esclandre

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Emilie Préceveaux
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MessageSujet: Le calme après l'esclandre   Mar 24 Mai - 14:33

[ Suite de Promiscuité et antagonisme ]

Je n’allais pas dire que cette altercation avait été bénéfique, mais j’étais tout de même contente de voir que je n’avais pas perdu mon sens de la répartie et ma force de me mêler de choses qui ne me regardaient pas, mais qui n’allait pas dans les sens de mes convictions. Comprenez que je n’étais pas encore prête à me taire et faire profil bas alors que quelque chose d’inacceptable se passait !

Le fait que le Méta ait accepté mon invitation avait conforté ce sentiment de bonne humeur et à présent que le suceur de sang était hors de vu, plus aucune colère ne subsistait.

Je souriais toujours à son allusion au fait que je pourrais lui faire gouter une des drogues Wiccan. En réalité, ça n’existait pas, puisque c’était produit de la Wicca et non pas juste d’un procédé chimique, selon moi, on ne pouvait donner le nom de drogues, ni même d’hallucinogène à ce qu’on vendait.

"Très bien, suivez moi, je connais un petit endroit qui ne paye pas de mine, mais où la cuisine est excellente."

Je me mis en marche vérifiant qu’il marchait bien à mes côtés tout de même, après tout il aurait pu partir en courant… même si je ne voyais aucune raison qui le pousserait à faire une chose pareille !

"Avec toute ses histoires, je ne me suis même pas présentée ! Emilie Préceveaux, Wiccan de son état."

J’espère que je n’avais pas trop passé pour une furie, mais quand bien cela aurait été le cas, ça n’avait que peu d’importance pour moi. En sortant de la bouche de métro, je me demandais à présent pourquoi j’avais jugé utile de prendre un tel moyen de transport. La nuit était claire et chaude… mais le métro allait bien plus vite que la marche à pied ! C’était pour ça que je l'avais choisi, je m’en souvenais maintenant.

Bref, tant pis pour le gain de temps, si j’avais su, je me serais bien passé de cette altercation. Le souvenir des mots prononcés par le Vampire fit réapparaître une once de contrariété. Mais rien de durable et puis le méta avait l'air plutôt sympa, il me faisait l’impression d’un gamin paumé dans un monde de grande personne. Naturellement, il ne fallait certainement pas se fier à cela dans le monde où nous vivions, mais c’était un peu comme une bouffé d’innocence dans ce monde de trahison et de suspicion et cela faisait un bien fou.

Même s’il semblait curieux, il ne m’avait encore posé aucune question, timidité ? Ou juste politesse peut-être.

"Je suis native d’ici si tu as des questions n’hésite pas !"


J’espérais bien qu’il en avait quelques unes, le resto n’était plus très loin, mais j’adorais parler de la Nouvelle-Orléans. J'étais passé du vouvoiement au tutoiement sans vraiment y penser, dans le milieu où j'évoluais, on ne faisait pas dans les manières, donc après un bonjour, on se tutoyait, ce qui était nettement plus conviviale que de rester guinder dans un vouvoiement froid et impersonnel... Maintenant si cela ne lui plaisait pas, je pensais qu'il saurait me le dire !

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[Citation d'origine : Jean Anouilh]


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Etan Brack
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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Mar 24 Mai - 15:45

Etan sentit le calme revenir assez rapidement chez la jeune femme. Quasiment dès qu'elle n'eut plus le vampire dans son champ de vision, en fait. Il admira intérieurement sa maîtrise d'elle-même.
Tout en marchant d'un bon pas, elle arborait un air satisfait qui le fit sourire. Il la suivit sans peine. Il l'observa à la dérobée : il venait de constater que c'était une forte tête et il se demandait un peu pourquoi elle lui avait proposé d'aller dîner. Juste parce qu'il l'avait soutenue ? Ça ne lui serait pas venu à l'idée, mais c'est vrai qu'il était encore un peu sauvage et qu'il n'avait pas suffisamment confiance en l'humain...

La Nouvelle-Orléans a-t-elle une gastronomie spéciale ? Jusqu'ici je me suis surtout nourri de...

Il se tut. Annoncer qu'il mangeait "des mulots et des rats", quand il était transformé, n'était pas le genre d'informations que la plupart des gens désiraient connaître...

... fast food. Echanté, Emilie. Je suis Etan Brack. Métamorphe.

Il lança un rapide regard autour de lui en disant sa race, puis sourit. Il n'était plus nécessaire qu'il rentre les épaules pour éviter les coups, quand il faisait part de sa différence. Il n'était plus dans un bled d'attardés.

Ils prirent un escalator et sortirent à l'air libre. Le métamorphe ferma les yeux et prit une longue inspiration, avant de s'étirer. Il arrêta son manège en voyant que la jeune femme l'observait, et dit d'un ton neutre :

Je crois que je suis claustrophobe. Je suis entré là-dedans pour ne pas mourir idiot, mais c'est bien la dernière fois que je voyage de cette façon ! Voler, c'est bien mieux... A six mètres au-dessus du sol, on ne sent plus la sueur des hommes, alors que là...

Il fronça le nez en indiquant la bouche de métro d'un hochement de tête. Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait été aussi tendu, là-dessous. Il laissa son regard errer quelques instants sur les nuages : il faudrait qu'il aille se dégourdir les ailes à la fin de la soirée.
Emilie reprit la parole, passant au tutoiement. Ça convenait très bien à Etan : déjà, il n'avait certainement pas l'âge d'être vouvoyer, et il avait toujours trouvé cette tradition stupide. Il ne vouvoyait que les gens qu'il méprisait ou désirait garder loin de lui.

Ça se voit donc tant que ça que je ne suis pas d'ici ? Je fais pourtant de mon mieux pour ne pas me faire remarquer... J'avoue, je suis arrivé il y a seulement quelques jours et je ne suis pas habitué aux grandes villes.
Des questions sur la Nouvelle-Orléans, j'en ai ! Quelles sont les relations entre les différentes races d'Outres ? De qui doit-on se méfier ? Vers qui doit-on se tourner quand on a un problème relatif à notre nature d'Outre ? Quels sont les meilleurs quartiers pour rencontrer du monde ? Pour être tranquille ? Les coupe-gorges à éviter ? J'ai entendu des gens parler de BIAS et de LEDO, qu'est-ce que c'est ?
Et d'abord, le vampire qu'on a croisés... Il avait l'air important, est-ce que tu as une idée de son identité ?
Et toi, qu'est-ce que tu fais dans la vie, à part prendre à partie des gens dans le métro ? Et les rumeurs qui disent qu'en tant que Métamoprhe, je devrais me méfier d'une Wiccan comme toi, sont-elles fondées ?


Il s'arrêta d'un coup. C'était seulement la deuxième fois depuis son arrivée qu'il tombait sur quelqu'un qui acceptait d'assouvir sa curiosité et il n'avait pas encore le réflexe de réfréner le flot de ses questions. Il sourit d'un air un peu penaud.

Je... Tu n'es pas obligée de répondre à tout.
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Emilie Préceveaux
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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Mar 24 Mai - 22:23

Enfin, au final on était tous les deux contents d’être sortis de sous terre. Je m’imaginais ce que c’était de voler… mais j’avais un peu de mal. A l’époque où j’étais à l’université, un Wiccan s’était risqué à un filtre de transformation en moineau et avait trouvé brillant de se jeter d’une des tours du campus… on était arrivé juste à temps pour le rattraper avant qu'il ne se fracasse au sol. Bon en même temps cela ne signifiait pas grand chose, peut-être qu’il n’était simplement pas doué.

Et bien le moins qu’on puisse dire c’était qu’il enthousiaste le petit… ou plutôt le jeune. En moins de deux, j’avais toutes les questions qui me tombaient dessus sans crier garde. Non pas que je refusais de répondre, au contraire, mais je me demandais un moment comment il pouvait ignorer autant de chose. J’avais entendu que certains enfants Outres avaient été séquestrés par des Normes avides d’expériences glauques. Mais ce n’était probablement qu’une légende urbaine, comme il y avait des milliers depuis la révélation.

Avais-je le droit de le questionner, sûrement, mais pas maintenant, quelle opinion aurait-il de moi si je répondais à toute ces questions par une autre question ? Bon, il fallait encore que je me souvienne de tout ce qu’il avait demandé !

"Très bien, enchantée Ethan, autant te prévenir de suite, je vais surement en oublier, mais ce n’ai pas grave on a le temps… enfin du moins, moi j’ai le temps, je ne sais pas après tout tu es peut-être pressé."

J’avais déjà oublié pas de mal de chose parmi celle demandée, la mémoire était ainsi faite pour qu’entre le moment où vous saviez ce que vous deviez dire et l’instant où vous deviez prononcer les paroles étaient trop éloignés pour que les mots restent. Bref, je ne savais plus ce que je devais dire.

"Alors tu as parlé du BIAS, c’est un organisme de justice spécialisé dans les « problèmes » d’Outres. Il faut savoir que ce sont des Normes et que ce qu’ils savent ce sont des consultants Outres qui leur apprennent. Bien souvent, ils sont perçus comme des traitres par leur communauté. Pour ma part, je pense qu’il faut relativiser. Il est probablement vrai que dans un premier temps, le BIAS était fait pour protéger les Normes des Outres, mais de plus en plus il protège aussi les Outres… enfin je trouve, ou plutôt j’espère pour être tout à fait sincère."

Je fis une courte pause, réfléchissant à comment présenté la LEDO, que savait-il sur les droits des Outres ? Probablement pas grand-chose, il ne semblait pas du tout au courant de la situation - mais il était quand même au courant de la différence entre les Outres et les Normes, c'était déjà un bon début.

"En ce qui concerne la LEDO, c’est un organisme qui lutte pour le droit des Outres. Beaucoup de loi sont restrictives face à nos pouvoirs quelle que soit la race d’Outre à laquelle on appartient. Ils se battent notamment pour qu’on puisse avoir de nouveau les droits constitutionnels de base… ne serait-ce que le droit de vote, ce serait déjà pas mal ! Mais bon, il ne faut pas trop rêver, d’un autre coté l’espoir fait vivre."

Ça y était, on était arrivé devant une petite devanture en bois blanc dont la peinture s’écaillait, les grandes baies vitrées laissaient apercevoir ce qui nous attendait à l’intérieur. Une fois franchi le seuil, on nous installa à une table, chaise en bois et nappe à carreau, c’était un restaurant avec de petite touche française. Mais Ethan ne le savait peut-être pas… je m’évertuais à me sortir de la tête qu’il n’ignorait pas tout du monde… mais c’était quelque chose d’assez difficile au vu de ce qu'il venait de me demander.
On nous apporta les menus, mais avant de l’ouvrir, je répondis à une autre de ses questions.

"Pour ce qui est du vampire, il appartient à une secte. La fondatrice lui a donné le nom pompeux d’Eglise Eternalis. Elle est composée de vampire et de leur Calice – ce sont des humains volontaires pour que les vampires se nourrissent de leur sang, souvent en échange de la promesse d’en faire l’un des leur. En fait, cela reste une secte, quoi qu’ils en disent. L’insigne qu’il portait au revers de sa veste est leur emblème. Très bien maintenant que le sujet qui pouvait me couper l’appétit a été abordé on peut regarder ce qu’il y a de bon au menu !"

Je feuilletais donc regardant ce qui me faisait le plus envie, lorsque j’eu un éclair, pas de génie, mais encore une chose qu’il serait mal venue d’abordé pendant qu’on mangeait, je refermais brusquement les pages.

"Ah si, je dois te dire ça aussi avant qu’on commence, tu voulais savoir pourquoi les Méta se méfiaient des Wiccan. C’est parce qu’on prétend que les Wiccan ont chassé les Méta pour leur peau, ils s’en faisaient des manteaux et pouvaient alors prendre la forme animal du Méta. Si tu veux mon avis, ce sont des contes de bonnes femmes, rien de plus qu’un légende urbaine. Mais bon, comme on raconte aux petits Méta que s’ils ne sont pas sage, les méchants Wiccan vont venir lur faire la peau. Il est normal que certains d’entre eux nous prennent encore pour des croquemitaines !"

Je me replongeais dans le menu, je n’avais pas jugé utile de rajouter que je n’en voulais pas à sa peau, vu que j’avais clairement dit ce que je pensais de toutes ces histoires !

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Etan Brack
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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Jeu 26 Mai - 9:48

Elle ne semblait pas avoir mal pris son avalanche de questions et elle semblait sincèrement vouloir lui répondre.
Ils continuaient de marcher d'un bon pas dans la rue. Etan reconnaissait le quartier : c'est là qu'il avait fait connaissance avec Lilith, la "jeune" vampire. Il sourit : cette rue semblait lui porter chance. En ce début de nuit, les trottoirs étaient assez peu animés : la plupart des gens avaient trouvé place dans les restaurants, les bars ou les cinéma. Ces derniers jours, métamorphosé en harfang, il avait eu le temps d'observer le rythme de la Nouvelle-Orléans. Les rues grouillaient de monde à la sortie des bureaux et jusqu'à la tombée de la nuit, puis se vidaient d'un seul coup pour se remettre à vivre vers 23h. Une autre population sortait alors son nez : vampires, amoureux en balade, étudiants en goguette...

Emilie le prévint qu'elle oublierait plusieurs questions.

J'ai tout mon temps aussi. N'hésite pas non plus à me demander ce qui te passe par la tête. Si ce sont des questions trop indiscrètes, je ne répondrai simplement pas.

Elle enchaîna sur une brève présentation du BIAS et de la LEDO. Il hocha la tête d'un air pensif : ça lui permettait de comprendre le ton sur lequel les gens qu'il avait "espionnés" parlaient de ces institutions. Il comprenait mieux aussi que les tensions entre Outres et Normes, même si elles étaient moins violentes que chez lui, existaient malgré tout à la Nouvelle-Orléans.

J'ignorais que nous n'avions pas le droit de vote... J'ai été isolé trop longtemps.

Un voile de colère passa devant ses yeux, mais il le masqua rapidement. C'était du passé.
L'arrivée au restaurant lui fournit une bonne occasion de changer de sujet de préoccupation. Il détailla la devanture et lui trouva un charme certain. Il aimait ces grandes bâtisses un peu décrépies. On sentait que mille histoires, drames ou fêtes, s'y étaient déroulées, qu'elles auraient pu témoigner du passage du temps et de la grandeur, aussi bien que de la petitesse, de l'être humain. Ces bicoques branlantes lui inspiraient le respect, un peu comme lorsqu'il avait volé à travers une forêt de séquoias millénaires, lors de son voyage vers la Nouvelle-Orléans : c'étaient des reliques dont on devait prendre soin.
En emboîtant le pas de la jeune femme, il lui demanda :

Tu viens souvent ici ?

Avant d'ajouter, dans un sourire :

Et encore une question ! Je suis incorrigible...

Il s'installa en face d'Emilie, laissant son regard analyser le comptoir, la tenue du serveur, les affiches et les tableaux sur les murs, les autres clients... Il décida que l'endroit lui plaisait.
La carte était fournie et il ne savait pas quoi choisir. Les restaurants semblaient avoir le chic pour trouver des noms compliqués à des plats simples...
Emilie lui parla de l'Eglise Eternalis. Encore un nom qu'il avait surpris dans des conversations, parfois sur un ton de dégoût, voire de haine, parfois avec une certaine admiration. Là encore, il comprenait mieux...
Elle plongea un instant son attention sur le menu, avant de relever la tête soudainement pour aborder le sujet des Wiccans. Il éclata de rire quand elle décrivit les pratiques attribuées à sa race.

Un manteau en peau de Métamorphe ? Mais c'est complètement idiot ! Il faudrait combien de métamorphes souris pour s'en couvrir le corps ?

Il imagina un Wiccan à genoux en train de dépecer un de ses congénères pour en récupérer la peau et secoua la tête en reprenant son sérieux.

Je ne comprends pas cette volonté qu'ont certains d'opposer les communautés en permanence... Ça ne vaut pas que pour les Outres, les Normes entre eux sont également assez cruels.


Il haussa les épaules.

On ne changera pas le monde ce soir. Comment les Wiccans pratiquent-ils la magie ? Y a-t-il des spécialités ? Qu'est-ce que tu préfères faire ?

Abandonnant le menu pour le moment, il posa son regard sur la jeune femme, tâchant de ne pas être trop insistant. Il savait que son regard fixe pouvait déstabiliser ses interlocuteurs et ce n'était pas son but, à cet instant.
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Emilie Préceveaux
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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Ven 27 Mai - 14:15

En fin de compte ça devait quand même être ça ! Il devait avoir été prisonnier quelque part et avait pu s’en échapper. Mais les théories du complot n’avaient jamais été mon fort, aussi j’optais plutôt pour une communauté d’un autre temps recluse sur elle-même, type Amish.

"Oui, je viens de temps à autre la cuisine est excellente – j’ai une amie en cuisine."


Cette petite phrase fut agrémentée d’un clin d’œil complice. Mais ensuite, son idée était un peu trop simpliste en ce qui concernait les peaux de méta.

"En fait, je pense que lorsqu’il meurent le Méta reprend sa forme humaine et de cette peau que le Wiccan se revêt pour pouvoir prendre l’apparence de l’animal Totem de sa victime."

Je fut parcouru d’un frisson, rien que de penser que quelqu’un soit assez fou pour revêtir la peau d’un humain, cela me faisait horreur ! Certains clients se tournaient vers nous le regard quelque peu effrayé.

Je baissais d’un ton et me rapprochait un peu pour parler à voix basse, tout en étant entendu de mon interlocuteur.

"Il y a eu un tueur en série il a peu de temps qui imitait ces crimes pour déclencher une guerre entre nos races. En réalité, c’était un Norme et il a été exécuté, j’espère bien qu’il brûle en enfers après des crimes pareils."

Très bien ça c’était fait, j’espérais que le sujet serait évité pour la soirée, des histoires pareilles avaient le don de me couper l’appétit ! Heureusement, Ethan eut l’excellente idée de parler de Wicca.

"Et bien en fait, on se sert de ce qu’on appelle des lignes d’énergie, enfin moi, j’appelle comme ça en tout cas. On peut s’en servir pour jeter sort ou … faire ce qu’on veut. Pour ma part, je travaille dans la mécanique, aussi, je trafique un peut mes outils de temps à autre."


Je souriais et mon enthousiasme transpercer dans la tonalité de ma voix. C’était normal puisque c’était de mon art dont on parlait !

"Après, je ne pourrait pas te dire exactement comment ça marche. Pour moi c’est tellement naturel de le faire, j’imagine que c’est comme toi quand tu te transformes. Peut-être une enfant te répondrait mieux, parce que lui est en train d’apprendre… mais c’est trop loin pour que j’en garde des idées exactes. Désolée."

Je haussais légèrement les épaules en m’excusant. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas excusé sans raison.

Le serveur arriva sur ces entre-faits pour prendre nos commandes. J’hésitais encore un peu sur ce que j’allais choisir… Bon très bien pour moi ce serait un salade du bayou et un coca light, naturellement. Je laissais Ethan choisir tranquillement, tout en me disant que j’aurais peut-être du lui préciser qu’il pouvait prendre ce qu’il voulait, ce n’était pas parce que j’avais décidé de manger un minimum léger aujourd’hui qu’il devait faire de même.

Très bien maintenant c’était à moi de poser les questions, pour connaître un peu mon invité !

"Et toi alors, petit harfang, d’où est-ce que tu viens ? C’est quoi ton histoire ?"

Est-ce qu’il allait me répondre, je ne l’avais pas précisé, mais il n’y était pas obligé. Après ce qui s’était passé dans le métro, je voulais que ce soit un bon moment. J’imaginais que s’il avait du partir, il s’était passé quelque chose chez lui. On ne s’éloignait jamais beaucoup de ceux qu’on aimait, j’en étais convaincue !

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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Lun 30 Mai - 10:46

Etan écouta son explication concernant les peaux de Métamorphe. Il avait envie de demander s'il fallait revêtir toute la peau ou si, par exemple, on pouvait se contenter de gants en peau de méta. Et quid des méta reptiliens, qui muaient ? Mais la jeune femme changea de sujet et ne semblait pas vouloir s'étendre dessus.

Certains Normes sont donc haineux au point de vouloir qu'on s'entretue ? Remarque, ça ne m'étonne pas tant que ça, étant donné... mon passé.

Le métamorphe sourit devant l'enthousiasme de la jeune femme quand elle parlait de ses dons. La Wicca semblait ouvrir un champ de possibilités impressionnant, même si ces histoires de ligne d'énergie le laissaient perplexe.

C'est vrai que j'aurai du mal aussi à t'expliquer comment fonctionne la métamorphose. C'est une question de concentration, mais pas seulement, il y a une espèce... d'instinct qui entre en jeu : tu sais, tu sens, quand il est logique et souhaitable d'être sous telle ou telle forme. Du moins au début. Après, tu contrôles.


Il n'avait pas encore choisi quand le serveur vint prendre la commande. Il se plongea quelques secondes dans le menu avant de déclarer "Gombo au poulet". Ça avait l'air plein de viande, donc forcément bon.
Le serveur parti, Emilie lui posa une question. LA question. Il haussa les épaules et son regard se perdit dans son verre vide, qu'il faisait tourner entre ses doigts.

Mon passé...
Je viens d'un village du Dakota du Nord, d'où mon animal totem, je pense. Ma nature me vient de mon père, je pense. Je n'ai jamais entendu parler de lui, ni par ma mère, ni par personne. J'ignore même s'il est en vie.
Nous étions tout juste 300, au village. Autant dire que tout le monde se connaissait. La neige nous isolait du monde six mois par an : le téléphone ne passait pas, le facteur et les livreurs non plus et s'il y avait un problème majeur, il fallait appeler un hélicoptère avec le téléphone satellite. Bref, c'était un bled pourri, avec la mentalité qui va avec... Les Outres, c'étaient pour nous des contes pour enfants, de telles horreurs ne pouvaient pas exister.
Je me suis métamorphosé pour la première fois à dix ans. Ma mère ne m'a pas cru, jusqu'au jour où elle l'a vu de ses propres yeux. Après ça, elle a tenté de me surveiller nuit et jour. J'étais enfermé la nuit, battu si je ne revenais pas de l'épicerie vingt minutes après être sorti de la maison...

Un jour, grâce à un magazine
, continua-t-il en touchant machinalement la poche où il conservait la une de ce précieux document, j'ai appris que je n'étais pas le seul métamorphe. D'ailleurs, c'était la première fois que je pouvais mettre un nom sur ma nature : métamorphe.

Il eut un sourire.

J'ai décidé de partir. Dès que ma mère relâchait sa pression, je m'exerçais à la métamorphose et au vol. J'étais encore trop jeune pour me débrouiller seul, mais je me perfectionnais.
L'hiver dernier, ma mère a attrapé une pneumonie fulgurante. Il y avait du blizzard et l'hélicoptère ne pouvait pas venir. Je l'ai laissée mourir et je suis parti.


Sa voix était glaciale. Il était conscient que son comportement était inexcusable, mais il n'avait aucun remords.

La Nouvelle-Orléans semblait être un bon endroit pour rencontrer d'autres Outres. J'espère aussi trouver, peut-être, des informations sur mon père. S'il n'a pas été tué par les habitants de Sherwood avant ma naissance, ce qui est une possibilité que je n'exclus pas.

Il avait la très nette impression d'avoir plombé l'ambiance. Il grimaça, sans rien ajouter, attendant avec une légère appréhension la réaction de la Wiccan.
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Emilie Préceveaux
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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Dim 5 Juin - 16:07

Et bien la vie du jeune méta n’avait pas été de tout repos, enfin je m’attendais un peu à truc dans ce style mais entendre les mots qui confirmaient ce qui était dans mon esprit me laissa un gout amer. Quelqu’un d’aussi jeune n’aurait pas du devoir traversé tout ça, seul qui plus est. Je me demandais un peu ce qu’il avait pu ressentir lorsqu’il avait été affranchi du joug de sa mère… surtout au vu de la façon dont cela s’était produit.

"Les gens protègent parfois ce qu’ils ont de plus chèr au monde de bien étrange façon. Ça ne veut pas dire qu’ils n’aiment pas, juste qu’ils sont désemparés. Et lorsque l’homme a peur, il réagit souvent de bien mauvaise manière. Je suis certaine que ta mère a été contente que tu veilles sur elle jusqu’au bout !"

Il n’y avait pas de pitié dans mes paroles, peut-être une légère compassion, mais surtout une dose de jovialité de bonne humeur, comme le montrait l’intonation de ma dernière phrase – j’avais probablement hérité cela de ma mère. Non que je prenne la chose à la légère, mais puisqu’on ne pouvait changer le passé. Je sortis un morceau de chocolat de mon sac et le tendis à Ethan.

"Tiens, mange donc, c’est ma mère qui le fait, ça chasse les idées noires !"


Enfin, en principe… qu’elle effet cela pouvait-il avoir sur un méta ? Je haussais imperceptiblement les épaules, de toute façon, il ne courait aucun danger, Ma’ veillait toujours à ce que ses pâtisseries soient sans danger qu’importe la personne qui les mangeait !

C’était toujours dans ces occasions que quelque chose ventnait pour faire en sorte qu’on puisse assez vite changer de sujet. Là en l’occurrence ce fut mon estomac qui émit son impatience de pouvoir fonctionner. Je fis une grimace, naturellement, en m’excusant, ce qui ne m’empêcha pas d’arborer un magnifique sourire amusé.

"Désolée, je ne suis pourtant pas affamée ! Enfin pas tant que ça."

Très bien, j’avais presque envie de lui parler de ce détective que j’avais rencontré l’autre soir sur les Docks, mais ce n’était surement pas le genre de type à introduire dans la vie d’Ethan en ce moment. Il avait le temps de retrouver son père, si celui était toujours en vie et cela me renvoyait un peu à ma propre situation, sauf que ma mère était Wiccan également, qu’elle ne m’avait jamais maltraitée et que voilà des années que j’avais renoncé à chercher mon père. En réalité, cela n’avait rien à voir du tout ! Les situations étaient très différentes, pour ma part, je considérais que si ma mère faisait ce qu’elle pouvait pour me cacher son identité, c’était pour me protéger, aussi mon père ne devait pas être quelqu’un de bien. Alors que pour Ethan, le sien avait peut-être péri du fait de l’ignorance et de la peur de Normes. Je sentis la colère monter en moi, comme à chaque fois que je pensais à l’agression d’Outres perpétrée par des Normes, mais je respirais calmement et cela passa.

"Très bien, puisque tu m’as parlé de toi, j’imagine que c’est à mon tour de parler de moi… quoique, ça fais un peu égocentrique, non ?"

Je n’attendais pas vraiment de réponse, aussi j’enchainais assez rapidement.

"Qu’importe, alors, je suis issue d’une famille monoparentale, à comprendre que c’est ma mère qui m’a élevé et qui m’a tout appris, au sens propre, puisque je n’ai pas suivi une scolarité normale. En fait elle a surement eu peur de la réaction des Normes surtout qu’on n’a jamais caché qu’on était Wiccan et que de ce côté, elle m’a appris à être fière de ce que je suis et c’est pour ça que je ne le cache pas… jamais !"


Je repris mon souffle, mine de rien, j’avais sans doute parlé un peu vite, mais dans l’ensemble je jugeais que c’était compréhensible, alors je continuais.

"J’ai grandi ici à la Nouvelle-Orléans et n’en suis partie que pour aller à la Fac, à San Francisco, c’est assez joli comme ville, mais bon, ça n’a rien de comparable à ici. Et puis je suis revenue ici. Et maintenant, je travaille sur les Docks, je répare toute sorte de choses, des bateaux, des machines pour les décharger, etc."

Les plats arrivèrent, ils avaient fait vite, peut-être espéraient-ils qu’on libère la place rapidement pour pouvoir effectuer un deuxième service… mais je n’étais pas pressée !

"Voilà, des questions ?"


Là ce n’était plus du tout rhétorique et je pensais au vu de la curiosité dont faisait preuve l’oiseau de proie qui se trouvait en face de moi, qu’il y en aurait quelques-unes.

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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Ven 10 Juin - 15:46

Etan eut un sourire sans joie quand Emilie dit que sa mère avait dû apprécier qu'il veille sur elle. Il ne rétablit pas la vérité. Ce n'était pas nécessaire qu'elle sache qu'il était venu près de son lit pour se métamorphoser sous ses yeux impuissants, par pure provocation, avant de partir, la laissant agoniser seule.
Repenser à cette scène allumait dans ses yeux une lueur sauvage qui n'avait rien de rassurant. La fureur le consumait encore. Ses pupilles virèrent au jaune, premier signe d'une métamorphose chez lui.

Il s'empressa de fermer les yeux et resta parfaitement immobile un instant. Ayant repris le contrôle de lui-même, il regarda à nouveau la jeune femme et haussa les épaules en disant d'un ton détaché :

Ma mère n'aimait que la partie de moi qu'elle acceptait de voir. Elle haïssait l'autre et a tenté de la faire disparaître sans comprendre qu'elle faisait partie d'un tout. Elle a échoué et je suis toujours là.

La bonne humeur de la jeune femme le fit un peu réfléchir.

Peut-être que je devrais prendre du recul et me détacher de tout ça. Mes ailes ne sont plus retenues. Désolé de t'avoir soûlé avec ça, il est très rare qu'on me demande de parler de moi et je ne sais pas encore quand m'arrêter...

La Wiccan lui tendit un morceau de chocolat censé le tranquilliser. Il l'accepta et le laissa fondre sur sa langue. La saveur du chocolat enveloppa son palais comme une vague de plaisir. Au bout de quelques secondes il eut l'impression d'être calé dans un fauteuil confortable devant un grand feu de bois. Un sourire presque béat éclaira son visage et il se laissa aller contre le dossier de sa chaise.

C'est fou !

Ce fut tout ce qu'il trouva à dire. Le goût du chocolat reflua et il se rendit compte qu'il devait passer pour un illuminé. Il se mit à rire et se redressa.

Eh bien ! Tu remercieras ta mère de ma part. Je veux bien aussi son adresse pour aller m'approvisionner. Je savais déjà que le chocolat est addictif, mais celui-là...

Si le but était de lui faire oublier ses idées noires, c'était une réussite.
Le gargouillement du ventre de la jeune femme le fit rire à nouveau. Elle sembla sur le point de lui dire quelque chose mais se ravisa. Sans doute une question qu'elle avait jugé indiscrète. Il préféra ne pas relever pour le moment.
Elle reprit la parole pour lui proposer de lui raconter son histoire. La curiosité reprit le dessus et Etan s'approcha imperceptiblement pour ne pas en perdre une miette.

Vivre sans jamais vous cacher...

Il y avait une pointe d'admiration et d'envie dans la voie du métamorphe.

N'est-ce pas difficile, parfois ? Je veux dire, je me suis un peu documenté sur les années qui ont suivi la Révélation, et la vie n'a pas toujours été facile pour les Outres des grandes villes, n'est-ce pas ?

Elle lui parla ensuite de ses études et de son retour.

Qu'est-ce que tu étudiais à San Francisco ? Tu y es restée longtemps ? Pourquoi avoir choisi de devenir mécani...

Le serveur le coupa dans son élan en posant une assiette devant lui. Il reprit dès qu'il eut disparu.

On m'a dit que les Docks était un quartier assez peu recommandable, qu'est-ce qui justifie cette réputation ? Et si c'est vrai, quelles sont tes armes pour éviter les mauvaises rencontres ?

Il plaisanta :

Le chocolat ne met personne d'autre que moi hors d'état de nuire.

Il redevint sérieux.

Qu'est-ce qui t'a fait revenir à la Nouvelle Orléans ? Et qu'est-ce qui rend cette ville si attractive aux yeux des Outres ? Comment étais-tu acceptée à San Francisco ?

Le fumet qui s'élevait de son assiette le fit enfin taire. Son propre ventre se mit a gargouiller et il but une gorgée d'eau pour faire disparaître les dernières traces de chocolat.
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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Mar 21 Juin - 22:10

Ethan sembla touché par ce que je disais et cela me fit plaisir.

"Ne t’inquiète pas, tu ne me « saoules » pas du tout. C’est moi qui t’ai amené à parler de ça alors tu peux répondre comme il te convient."


Ma mère apprécierait le compliment, savoir qu’elle avait contribué à apaiser quelqu’un et puis je me dis qu’Ethan était le genre de personne qu’elle apprécierait probablement. J’avais peut-être hérité d'elle le fait de vouloir prendre soin des ceux qui semblaient un peu perdus dans ce monde. J’avais l’impression que c’était le cas pour le jeune homme qui se trouvait en face de moi, mais l’habit ne faisait le moine et le vieil adage était encore plus vrai en cette époque où l’on ne pouvait jamais réellement savoir qui se trouvait en face de nous.

En même temps, mon instinct n’était pas en alerte et Gigi dormait paisiblement dans mon sac. D’ailleurs, il ne fallait pas qu’Ethan se transforme en sa présence, enfin, je pensais, il me semblait que les furets pouvaient chasser les oiseaux non ? Quoique les Harfangs étaient des oiseaux de proie et savaient se défendre… une raison de plus pour garder Gigi dans le sac, pour la sécurité de tout le monde !

Et puis les questions fusèrent de nouveaux, cette fois j’essayais de faire des réponses concises entre chaque rafale.

"Même si la vie n’a peut-être pas toujours été facile, j’imagine que cela allait tout de même mieux n ville qu’en campagne, parce que nous avons pu nous organisez et faire « front » ensemble. Et puis ce qui est facile correspond au mauvais chemin en général : par exemple c’est facile de dire que les Outres ne sont pas comme les Normes et qu’il faut les anéantir, c’est nettement plus difficile de se dire que les Outres sont différentes mais qu’on doit faire face et surmonter sa peur primale pour vivre avec eux. Et puis franchement, je pense que ça vaut le coup de se battre pour ses idées… enfin du moment qu’on prône l’intégration !"

J’eu un nouveau sourire sur le visage, naturellement, je n’étais vraiment pas du genre à souhaiter la suprématie d’une race sur les autres !

Ethan fut quelque peu coupé dans son élan par l’apport des plats commandés, mais pour ma part, j’étais soulagée de passer l’épisode San Francisco.

"Bon appétit !"

J’enfournais ma première bouchée lorsqu’il reprenait ses questions, je le laissais finir, le temps pour moi d’avaler ce que j’avais dans la bouche. Il plaisanta, ce qui en soit était bon signe, c’était qu’il se sentait à l’aise avec moi.

Quelque part cela me faisait plaisir de savoir qu’un méta me faisait confiance, après tout, les animaux décelaient les gens mauvais, non ? Alors si son totem était un Harfang et qu’il me faisait confiance, c’était que j’étais quelqu’un de bien… ce dont je doutais un peu ces dernier temps.

"Et bien, je ne sais pas trop pourquoi la Nouvelle-Orléans est attractive pour les Outres. J’imagine que c’est parce que les gens étaient Vodouisants bien avant la Révélation et que les gens se sont dits qu’ils seraient peut-être plus compréhensifs ici qu’ailleurs. Pour ma part, je suis revenue parce que j’ai ressenti le besoin de revenir aux sources à un moment de ma vie et puis finalement, je ne suis plus repartie !"

J’éludais volontairement la dernière de ses questions en avalant une nouvelle bouchée, faisant mine de l’avoir perdue dans le flot de ma mémoire qui ne l’avait pas retenue parmi les autres questions. J'avais aussi zappé sa question sur les dock mais c'était réellement un oubli cette fois, tant je me concentrais pour trouver comment éluder ses questions sur San Francisco.

"Et toi, tu comptes faire des études ?"


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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Mar 28 Juin - 19:09

Pendant qu'elle lui répondait, il se mit à manger. A bien y réfléchir, c'était son premier vrai repas depuis qu'il avait quitté sa mère. Jusque là, il s'était toujours métamorphosé pour chasser. La raison biologique pour laquelle rassasier le harfang suffisait à rassasier l'homme lui échappait, mais il la trouvait économiquement très pratique.
Bref, le contact de la viande cuite lui fit un bien fou. Et cette sauce ! Il émit un soupir d'aise. Ça avait quand même bien plus de goût qu'un lapin entier. Il perdit un court instant le fil de la conversation et ne se rendit pas compte que la jeune femme oubliait une partie de ses questions.

Ça ne doit pourtant pas être simple de faire front ensemble. Il me semble que les outres eux-mêmes ont des dissensions entre les communautés... Et au sein-même de chaque communauté, tout le monde n'a pas la même notion de l'intégration, j'imagine, entre ceux qui veulent l'égalité, ceux qui veulent pouvoir faire tout ce que leur nature leur permet et ceux qui veulent simplement être tranquilles...
Est-ce qu'il y a des structures ou des endroits où, entre Outres, on peut se rencontrer pour mieux se connaître et appréhender nos différences, justement pour envisager ensuite de s'allier ? Je veux dire, évidemment, on peut trouver des gens dans des bars ou par hasard dans la rue, comme toi et moi, mais ça pourrait être intéressant d'organiser des trucs culturels, sportifs ou autres, dans un cadre associatif...


Il sourit et reprit une bouchée.

Je réfléchis tout haut.

Il se tut un moment. C’était un plaisir de faire face à quelqu’un qui acceptait ses questions. Pour le moment, il n’avait pas trop à se plaindre des rencontres qu’il avait faites ici, mais la jeune femme assise devant lui semblait mieux informée que la moyenne. En tout cas, que lui, mais ce n’était pas difficile. Elle semblait contente d’être là. Est-ce que tous les gens étaient aussi faciles d’accès qu’elle, dans le coin, ou était-elle spécialement accueillante ? Peu importait, au fond.
Reprenant une bouchée, il remarqua enfin qu’elle n’avait rien dit sur San Francisco. Il doutait qu’elle avait oublié la question : évoquer la ville avait dû lui rappeler des souvenirs et si elle n’en parlait pas, c’est qu’ils n’étaient pas agréables. Sa curiosité fut piquée, mais il se dit qu’il valait peut-être mieux garder le sujet pour plus tard... ou pour jamais.

Donc tu es revenue parce que tu avais le mal du pays ? Je crois que je peux comprendre ça. Tu n’imagines même pas à quel point j’aimerais être pris dans une tempête de neige, là, alors même que je détestais ça quand j’étais là-bas. Je crois que c’est à ça qu’on reconnaît son attachement à un lieu : quand même ses pires défauts finissent par nous manquer.
J’espère que ça passera avec le temps, je ne me vois pas retourner là-bas...


Il secoua la tête : personne au monde ne le ramènerait dans le Dakota. Si un jour il avait vraiment besoin d’un blizzard, il irait au Canada ou en Russie, n’importe où ailleurs que chez lui.
Il en était là de ses réflexions quand elle le prit totalement au dépourvu avec sa question. Il ouvrit de grands yeux et resta muet de stupéfaction pendant quelques secondes.

Des études ? Je... Je n’y ai jamais pensé.

Il regarda la jeune femme comme s’il venait de la découvrir, puis il piqua du nez et regarda ses mains, franchement gêné.

Je n’ai pas la moindre idée de ce que je voudrais faire de ma vie. Je... Aucune.

Il ressentit une subite envie de fuir pour ne pas montrer son désarroi à cette jeune femme qui, bien que sympathique, restait une inconnue. Il résista de toutes ses forces et fit refluer la vague d’impuissance qui menaçait de le submerger. La première fois qu’il avait ressenti ça, c’était quand il avait compris que sa mère ne l’accepterait jamais. Au prix d’un gros effort, il fixa Emilie dans les yeux.

Je... C’est... Enfin, merci d’en parler. Ça paraît sûrement évident, mais ça ne m’a jamais traversé l’esprit. Si j’étais resté au village, je serai devenu fermier ou j’aurais bossé chez l’épicier. A part lire, écrire et compter, on n’a pas vraiment besoin de formation, là-bas...


Il tenta de détourner plus ou moins la conversation, le temps de digérer son embarras, mais il avait perdu une bonne partie de son assurance.

Comment est-ce que tu as décidé de devenir mécanicienne ? Et où est-ce que tu as appris ?
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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Sam 2 Juil - 20:51

Il était un peu utopiste, mais ça ne faisait pas de mal. Ça me rappelait que j’avais eu les mêmes espoirs à un moment et je faisais la liste de ce qui avait fait que je n’en étais plus là depuis longtemps. Au fil des années et des expériences que j’avais eues face aux Normes que j’avais rencontré, j’avais doucement mais sûrement abandonné toutes idées de monde en paix. En même temps, je me surprenais à penser qu’il n’avait pas tort et que son discours était tentant. Pourtant, je m’étais déjà laissée prendre au piège de l’espoir et cela était bien douloureux lorsque la vie se chargeait de vous remettre les pieds sur terre.

Entre deux bouchées, je lui dis où il pourrait trouver son bonheur pour faire valoir ce type d’idée.

"La LEDO, eux, ils sont proches de ces idées là. Si ça t’intéresse tu pourras aller les voir pour en savoir plus sur eux. En général, ils sont ravis de parler de leur « combat » avec beaucoup d’enthousiasme. Et puis, ce n’ai rien que de réfléchir tout haut. Je t’ai dit que tu pouvais poser des questions, mais tu peux aussi émettre des idées et des points de vue ! Bon, je ne te dis pas que tu pourras le faire avec n’importe qui, mais avec moi oui."

Je souris pour ponctuer mon discours et l’encourager à continuer. Après tout cela devait le rassurer de pouvoir parlé de toutes ces choses avec quelqu’un et je devais avouer que cette conversation me faisait du bien à moi aussi.

En l’écoutant, je pensais que comme nous avions créé un soleil en plein jour, je pouvais peut être lui créer un tempête de neige… je doutais de de pouvoir faire la tempête du siècle, mais ça valait le coup d’essayer – enfin je pensais. Je lui proposerais peut-être pour son anniversaire si j’arrivais à savoir quand est-ce que c’était.

Je me doutais bien qu’il n’avait sans doute pas du réfléchir à son plan de carrière puisque jusqu’ici il avait juste fui en avant si j’avais bien compris. Sa question me pris un peu au dépourvu… comment j’en étais arrivée là ? Je pris quelques minutes de réflexion pour ne pas dire de bêtises.

"Et bien, j’ai toujours été hyper curieuse, toujours à vouloir savoir pourquoi et comment ce qui m’entourait fonctionnait. Et puis, je me suis mise à démonter des trucs et à les remonter… Comme ça m’a plu, j’ai décidé de continuer dans ce domaine et après avoir étudié quelles options s’offraient à moi, j’ai choisi."


Ok, je ne m’en étais pas si mal sortie que ça, du moins je pensais. Aussi, je décidais de continuer un peu, m’improvisant conseillère d’orientation, dans une certaine mesure.

"Après, c’est en fonction de ce que tu aimes et je crois que j’ai lu quelque part qu’il fallait mieux que les métas restent en accord avec leur animal tutélaire dans le métier qu’ils choisissent. Je pense que quelqu’un de ta communauté saurait mieux te renseigner."


Je fis un petit moue qui signifiait que j'étais désolée de ne pouvoir le renseigner plus que cela. Dans mon esprit, je pensais à un métier tel que messager ou peut-être un travail de nuit… mais je me trompais peut-être. Je ne pouvais pas être d’un grande utilité dans ce domaine, parce que je n’étais pas en mesure de comprendre entièrement le jeune qui se trouvait en face de moi et ce quoi que je fasse.

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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Mar 12 Juil - 15:00

Etan, perturbé par la question de son orientation, perdit un peu le fil de la conversation. Que pouvait-il faire ?

Rester en accord avec mon harfang...


Son regard se perdit dans le vague.

Un job qui satisferait ma curiosité, qui m'éviterait d'être en contact avec trop de monde d'un seul coup, pas trop physique...

Il secoua la tête et se concentra à nouveau sur Emilie.

En effet, demander conseil à un autre métamorphe ne me fera pas de mal. Je n'en ai toujours pas rencontré, depuis que je suis ici... Merci du tuyau.

Il sourit plus largement et reprit le sujet là où il avait été laissé.

Et donc te voilà mécanicienne, avec une mère pâtissière ! C'est original. Est-ce que tu as des frères et sœurs ? Ont-ils aussi pris des voies aussi divergentes que toi ?

Il hésita à lui demander ce que faisait son père, mais si elle ne l'avait pas mentionné, il devait y avoir une bonne raison. Il était bien placé pour savoir que le sujet pouvait être sensible.
Il repoussa son assiette et ne s'appesantit pas sur la question.

Je me suis régalé ! Comment as-tu découvert ce restaurant ? Est-ce que tu en connais d'autres, aussi bon ? Ah, et je cherche éventuellement un logement, peut-être en colocation pour avoir quelqu'un avec qui échanger sur mes premières expériences citadines, est-ce que tu sais s'il y a des endroits spéciaux où chercher ?

A nouveau, il laissait le flot de questions l'emporter. Elle l'avait tellement mis en confiance qu'il avait du mal à s'arrêter, même s'il craignait de finir par la soûler en passant sans cesse du coq à l'âne. Il eut un sourire d'excuse et se tut. Elle l'intriguait, par son parcours, sa maîtrise d'elle-même, le silence qu'elle laissait planer, probablement à dessein, sur certaines parties de sa vie, sa gentillesse... Elle l'impressionnait aussi un peu, si bien que sa volubilité avait peut-être aussi pour but de masquer un peu une timidité qu'il n'avait pas l'habitude de ressentir. En même temps, il n'avait pas l'habitude de dire autre chose que des banalités aux gens qu'il rencontrait...
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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Lun 18 Juil - 12:41

Je lui avais dit ce qu’il me semblait me rappeler, espérant ne pas avoir fait d’impairs. Je n’avais jamais eu de contacts avec la communauté Méta de la Nouvelle-Orléans et je ne savais pas vers qui orienter le jeune homme, peut-être un foyer ? Non, je le voyais mal dans ce genre d’endroit.

Finalement, selon ses dires, il pourrait peut-être devenir chercheur, c’était un métier qui correspondait à ce qu’il venait de me dire et il était encore jeune et avait le temps pour faire des études !

Il me remercia "du tuyau", mais ce n’était vraiment rien, il ne fallait pas être un génie pour dire un truc banal comme ça et au final, il n’était guère plus avancé puisqu’il n’avait ni nom, ni endroit où il devait se rendre.

Et ce fut repartie pour une batterie de question, je souris, toujours amusé par sa curiosité, il n’y avait pas de mal du moment que cela ne tournait pas au truc glauque du style s’il se mettait à me poser des questions sur comment j’aurais envie de mourir ou mes fantasmes… Bien il était trop innocent pour cela du moins, j’en avais l’impression.

"Non, je suis fille unique."

La réponse était un peu courte, mais elle suffisait. Je me demandais souvent pourquoi ma mère ne s’était pas retrouvée quelqu’un après ma naissance. Mais c’était une question qui n’aurait sans doute jamais de réponse, Ma’ l'éludait lorsque je la posais à haute voix et je n’avais pas accès à son esprit. Un sort était inutile, cette question n’était en rien existentielle pour moi, aussi je revenais à mon interlocuteur.

"Oui moi aussi j’ai bien mangé."

Je rigolais doucement, non en moquant de lui, c’était de l’amusement.

"Et bien, mon premier petit ami m’a emmené dans ce restaurant la première fois qu’il m’a invité à diner. C’est comme ça que j’ai connu, ou plutôt que j’ai mis les pieds pour la première fois dans ce restaurant. Pour ce qui est des lieux sympas, la Nouvelle-Orléans en est rempli, il faut juste ouvrir les yeux et être un peu curieux. Parfois la surprise est bonne et d’autre non, mais c’est l’esprit de découverte et d’aventure qui compte !"

Me vint alors à l’esprit que le jeune homme qui se tenait en face de moi venait de parcourir la moitié du pays tout seul, alors ce ne devait pas être l’esprit d’aventure et de découverte qui lui manquait ! J’avais sans doute été un peu maladroite et j’espérais qu’il ne m’en tiendrait pas rigueur.

C’est alors que l’éclair de génie survint, pour une fois mon esprit avait eut une idée qui me paraissait être excellente, mais en plus il l’avait eu au moment approprié –et pas une heure trop tard, voir le lendemain comme cela m’arrivait souvent.

"Et si on faisait une recherche internet pour savoir qui tu pourrais contacter comme méta dans cette ville ?"

La question était rhétorique en quelque sorte, mais j’envisageais une réponse comme « Mais c’est une idée de génie » ou « Mais c’est super comme idée, t’es vraiment trop génial »… enfin un simple « oui » me conviendrait tout autant.

Je dégainais mon téléphone portable, me connectais au réseau et tapait « Communauté métamorphes nouvelle-orélans ». Différents choix s’offrirent alors à moi… Restons dans les classiques, je cliquais sur le lien d'une encyclopédie en ligne dont les membres renseignaient le contenu.

Je tournais le téléphone vers Ethan pour qu’il puisse voir lui aussi les informations.

"Très bien, alors, il semblerait que les Méta aient pour chef un Sachem… Heu M. Claysow, si j’en crois ce document et ensuite, il est aidé par un Salinan’Sachem : Mme O’Gallagan. Je pense qu’on ne va peut-être pas déranger ces deux personnes là. Par contre, il y aussi une Namir’ra, Mme Bullet.... C'est une soigneuse, peut-être que c’est elle qu’ont devrait essayer contacter."

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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Jeu 11 Aoû - 10:11

Etan regarda autour de lui pour s'imprégner une fois de plus du cadre dans lequel il se trouvait. Ce n'était pas vraiment nécessaire : il lui suffisait d'un coup d'oeil quand il entrait dans une pièce pour en enregistrer chaque particularité, faculté qu'il tenait de sa partie animale. Néanmoins, il constata que certaines tables avaient changé d'occupant, ce qui lui fit s'apercevoir que ça faisait déjà un moment qu'ils étaient là.

Il trouvait amusant qu'Emilie l'ait emmené dans un endroit qu'elle fréquentait avec son ex. Mais ça ne voulait sans doute rien dire. Vu qu'il ne connaissait rien des femmes, il n'en avait pas la moindre idée. De toute façon, les jeux de séduction ne l'intéressaient pas vraiment (il faudrait pour cela qu'il ait réussi à prendre ses marques dans cette ville) et il doutait que la jeune femme s'intéresse à quelqu'un dans son genre. Il se sentait totalement ignorant, malgré ce qu'il avait déjà compris de cette ville, et même si elle ne lui en tenait pas rigueur, il n'aimait pas le sentiment d'infériorité qu'il sentait poindre en lui.

Il faudra que je reprenne mon exploration de la ville pour trouver ces endroits sympathiques, dans ce cas. J'avoue que pour le moment j'ai poussé assez peu de portes et que je me suis contenté d'observer. Je me méfie encore de l'accueil que je peux recevoir et... Il sourit. Et j'avoue que j'ai horreur de demander de l'aide.

Emilie dégaina ensuite un smartphone. Etan n'en avait pas (Sherwood était trop enclavé pour que la technologie même des années 2000 y soit totalement parvenue, et il n'avait pas pris la peine d'en acheter un en chemin, vu que de toute façon il ne connaissait personne à contacter) et sa curiosité refit surface. Il se pencha en avant pour observer les doigts qui pianotaient à toute allure. Il s'étonna en silence de la rapidité avec laquelle la jeune femme trouvait des réponses. Cet appareil avait peut-être une utilité, finalement.

Arn Bullet... J'ai déjà lu ce nom. Ah oui, dans le journal. Elle tient un... centre d'accueil pour métamorphe, il me semble, quelque chose comme ça. J'ai survolé une bâtisse qui pourrait être ça pendant ma première exploration aérienne de la ville.

Il se renfonça dans son siège et sourit largement.

Bon, ça va me faire pas mal de pistes à explorer : l'université pour trouver quoi faire de ma vie, les endroits qui proposent des jobs pour gagner un peu d'argent, ce foyer de métamorphe pour en apprendre un peu plus sur moi...

Ses yeux brillèrent. Il aimait avoir des buts et des défis à relever. Le doute le laissait abattu et sans énergie jusqu'à ce qu'il trouve une mission à accomplir. Là, il avait de quoi faire et il se sentait regonflé à bloc. Sa vie ne ressemblait toujours à rien, mais ça allait rapidement changer.

Il faudra aussi que je trouve un fouineur pour creuser un peu dans mon passé et trouver la trace de mon père. Est-ce que tu connaîtrais quelqu'un qui pourrait s'intéresser à ce genre de boulot ? Autrement, je chercherai sur Internet.

Par association d'idée, une nouvelle question lui vint :

Est-ce que certains Wiccans ont des dons de voyance ? Je ne pense pas que ce soit ça dont j'ai besoin, mais c'est de la simple curiosité : il y avait une voyante à Sherwood, ça m'amuserait d'apprendre qu'elle était des nôtres.


Avant qu'elle ne réponde, il la regarda droit dans les yeux et lui dit, d'un ton beaucoup plus calme et sérieux :

Merci pour ton aide. J'imagine que tu ne penses pas avoir fait grand-chose, mais je suis bien plus avancé maintenant qu'en entrant dans le métro, tout à l'heure. Je n'ai pas l'habitude de faire preuve de gratitude et généralement le mot "merci" a tendance à m'arracher la gorge, mais discuter avec toi m'est très utile. Je ne regrette pas d'avoir baissé un peu ma garde.

Il lui sourit d'un air un peu penaud, comme gêné par la confession qu'il venait de faire.
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MessageSujet: Re: Le calme après l'esclandre   Mer 14 Sep - 16:38

La confession qu'il me fit était sans doute peu banale - en tout cas pour moi. Il avait baissé sa garde et me remerciait… Pour ma part, je ne voyais pas de quoi, c'était tellement dans ma nature d'aider les gens et puis je devais bien avouer que sa nature de métamorphe m'intriquait également. Pour aujourd'hui je me gardais de poser des question, mais lors de notre prochaine rencontre pourquoi pas, après tout, la Nouvelle-Orléans n'était pas si grande que ça et on avait des chance de se recroiser par hasard… même si je comptais bien lui laisser mes coordonnées pour garder le contact, s'il le désirait.

J'avais bien perçu dans ses paroles toute l'importance que cela avait pour lui, aussi je répondis à cela en premier.

"De rien !" répondis-je avec un grand sourire, tout de même un peu génée.

Et puis j'essayais ensuite de me remettre en mémoire ce qu'il avait dit avant et de reprendre le cour de la conversation.

Le fait qu'il puisse voler me faisais un peu rêver, même s'il peu probable qu'un Harfang puisse m'emmener dans les airs pour me montrer ce que cela faisait.

"Je ne peux pas te dire, je n'ai pas plus d'information sur la Namir'ra."

Je continuais pourtant de pianoter sur mon téléphone pour essayer - toujours en vain - de trouver géographiquement la soigneuse.

Et puis sa demande pour les recherches qu'il comptait effectuer me revint en mémoire, je cherchais un cour instant, les personnes que je "connaissais". Je me rendit cependant vite à l'évidence : on ne faisait pas appel à elles pour juste retrouver quelqu'un, cela induisait toujours une notion de punition - voir plus - pour ces types. Il ne fallait mieux pas qu'Ethan fasse appel à e genre de gars.

"Je suis désolée par contre, pour ta recherche je ne connais personne qui puisse faire l'affaire. Peut-être que tu pourrais commencer par toi même, sur les ordinateur à la Bibliothèque ou… autre part. On trouve pas mal de chose sur le réseau."

Et puis la dernière chose… je n'étais plus tout à fait certaine de ce que c'était, ça parlait de voyance et de Wiccan, non ? Mais en quels termes ? Je fis un effort de mémoire, malheureusement, ce ne fut pas suffisent. J'émettais tout de même une réponse, espérant ne pas être trop hors sujet.

"Pour ce qui est du don de voyance, certains Wiccans le possèdent. Enfin de vieux et très puissants Wiccans ! Pas facile de mettre la main dessus, déjà d'une et ensuite très peu accepte de révéler ce qu'ils savent. Certains pensent qu'ils ne veulent pas risquer de changer le future, d'autres que c'est juste parce qu'ils sont vieux et aigris ou farceurs et qu'ils veulent embêter le monde !" J'émis un léger rire, la deuxième partie de la description correspondait bien à FInk !

Le garçon vint nous proposer des cafés, j'en prenais un et laisser Ethan répondre tout seul. Je regrettais un peu mon choix après coup… peut-être que j'aurais seulement du prendre un thé avec l'après midi qui m'attendait ! Peu importait en réalité.

"Moi aussi, je suis contente que tu es baissé ta garde, tu es quelqu'un de très agréable et c'est facile de discuter avec toi."

Je me demandais si il en aurait été de même s'il n'y avait pas eu cette altercation dans le métro, surement que non, on ne se serait probablement jamais adresser la parole sans cela. Après tout, il est préférable de ne pas faire confiance au premier venu, surtout dans le métro. D'ailleurs, toute demande de renseignements parait alors suspecte aux yeux des habitués de la ligne ! Franchement, je regrettais un peu de ne pas être dans un plus petit village, où tout le monde se disait bonjour si facilement… mais l'anonymat des grandes villes vous protégeait lorsque vous étiez Outre, alors qu'il était tellement facile disparaître au milieu de nulle part !

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Existence - Autopsie - Inventaire
Les Normes, c'est comme les chiens, ça mord parce que ça a peur.
[Citation d'origine : Jean Anouilh]
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Le calme après l'esclandre

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