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 | Sujet: Re: Audace et courtoisie [Terminé] Sam 28 Mai - 15:31 | |
| Beaucoup de choses s’étaient produites en cent-quarante-sept ans de vie. Et de dire qu’elle avait attendu l’homme de sa vie jusqu’à maintenant avant d’embrasser ou de partager le lit de quelqu’un serait un mensonge absurde. Oui, Ophelia avait déjà été amoureuse, elle avait déjà connu plusieurs amants. Mais quelque chose en elle lui disait que cette fois, ça serait différent. La tutrice ne pouvait pas identifier avec certitude ce qui lui donnait ce sentiment de bien-être alors que sa relation avec Camille prenait un nouvel envol, mais elle savait que cet homme serait différent de tous ceux qu’elle avait connus avant. C’était vrai qu’il était un peu plus vieux – et c’était bien à son avantage. Les vampires plus jeunes avaient cette tendance à traiter les femmes comme des objets. La fidélité et le respect n’avaient plus leur place au sein des relations entre les vampires, au moins depuis les trente dernières années. Mais les vampires des temps plus anciens ne laissaient pas de côté ses notions importantes sous prétexte que l’éternité est trop longue; bien qu’il soit peu probable de trouver une seule personne avec qui partager des siècles de vie commune, ce n’était pas une raison pour prendre des amants ici et là et n’accorder aucune valeur à la relation en cours. Un cœur se brise même s’il ne bat plus, Ophelia l’avait appris. La brune savait que Camille respectait ces valeurs et qu’il la chérirait pour tout le temps qu’ils passeraient ensemble, même si cette durée de temps était des plus variables et totalement indéterminées. D’ailleurs, ils n’étaient pas encore « ensemble ». Cependant, cela ne sert à rien, de se mentir à soi-même; la tutrice avait bien envie que ces sentiments se concrétisent éventuellement. Elle devait avoir confiance, le temps fait bien des choses. Et des baisers aussi… Celui-là était particulièrement doux et agréable.
Le goût du sang de Camille noyait toujours les papilles gustatives de la vampire alors qu’il lui disait qu’elle n’avait rien fait de mal. En fait elle ne l’écoutait qu’à moitié, prenant tout le temps du monde pour bien cerner la saveur du liquide épais et velouté qui naviguait contre sa langue. C’était fort dommage qu’elle ne puisse pas se nourrir de lui, quel luxe. Il y avait une profondeur à son sang, comme on en voit avec un vin âgé. Et cela n’était qu’une maigre dégustation, quelques gouttes seulement. Mais c’était bien suffisant pour donner un avant-goût fort appétissant à la tutrice.
Ophelia n’eut pas le temps de réagir que Camille l’emportait dans un autre baiser, un peu plus bref mais tout aussi significatif. Oui, il la voulait pour sienne. Jusqu’à quel point encore, nul ne le savait, mais lui aussi avait envie de partager de bons moments en sa compagnie sans qu’il ne s’agisse seulement que d’une histoire de sexe. Cela la rassurait. On s’était suffisamment joué d’elle, c’était assez. La vampire laissa sa main libre glisser de la nuque de Camille jusqu’à sa chevelure avant de redescendre contre sa joue alors que l’étreinte de leurs lèvres se brisait. Elle n’avait jamais autant regretté devoir aller voir Mina. Et ce n’était pas parce qu’elle n’aimait pas la compagnie de celle-ci ou qu’elle ne prenait pas son devoir à cœur, loin de là. Mais Camille était si captivant… et beau… et charmant… et tout ça.
Ophelia sourit doucement alors que son prétendant déposait un baiser sur sa main, touchée par cette attention toute particulière, puis hocha la tête à ses paroles.
« Je l’espère bien. Vous me manquez déjà. »
La vampire sourit une dernière fois à Camille, lui adressa un clin d’œil, puis se tourna, commençant sa marche en direction de la résidence Lalaurie. Même si elle quittait cet homme qui la captivait, elle savait qu’elle aurait bien vite la chance de se retrouver à nouveau dans ses bras. Peut-être qu’elle devrait garder cette robe pour cette prochaine occasion… Histoire de ne pas en tacher une autre.
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