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 Lorsque l'illusion redonne espoir

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Sébastian Claysow
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MessageSujet: Lorsque l'illusion redonne espoir   Mar 3 Mai - 20:30

Dès que la proposition d'un bon café avait été lancée, Sébastian n'avait eut aucune hésitation. Il avait accompagné Charlie à l'immense vestiaire que détenait l'Illusion Beach Club et lui avait donné rendez vous sur le parking pour l'emmener dans un endroit qu'il s'apprêtait à acheter.
Sachant pertinemment qu'une jeune femme mettrait plus de temps à se préparer qu'un homme comme lui, il s'était rendu au Banana, le bar de la plage et avait commandé deux cafés pour les emmener avec lui. Sur le parking il avait ensuite invité Charlie à s'installer dans son 4*4 et avait roulé jusqu'aux vieux quartier et garé son véhicule devant la devanture calcinée du Minight Bar.
En silence, il était ensuite sorti du véhicule pour s'empresser d'aller ouvrir la portière de Charlie et de lui présenter le lieu qu'il venait d'acquérir quelques jours plus tôt.

"Voilà" lança t-il tout simplement

Il attrapa les deux cafés calés sur les sièges arrières. par chance ils étaient encore chauds avant de continuer les présentations.

"Alors tu en dis quoi ? Oui je sais ce n'est pas terrible, mais j'ai déjà pleins de projets..."

L'excitation du couguar était perceptible, ses yeux pétillaient et son sourire faisait plaisir à voir. Comme un gamin devant son nouveau jouet, Sébastian ne tenait plus en place. A vrai dire, cet établissement acheté une bouchée de pain symbolisait un renouveau dont la signification allait bien au delà d'un simple projet professionnel. Sébastian savait pertinemment qu'il ne passerait pas toutes ses nuits, ni même ses journées au Midnight, son travail de consultant au BIAS étant plus qu'un travail pour lui. Mais ce projet marquait dans l'esprit du Puma un nouveau départ, une page tournée, un véritable bouleversement qui annonçait la fin d'une vie de solitude et de reclus.
Impatient de décrire ce qu'il comptait faire ici, il attrapa la main de la jeune femme pour l'attirer à l'intérieur du bar détruit, marchant sur les décombres de ce qui fut l'un des établissement les plus vivants des vieux quartiers.
Faisant de grands gestes, il commença par la salle principale.

"Alors là, tu vois, il y aura des tables et des fauteuils confortables où l'on pourra boire un coup en écoutant de la musique qu'un groupe jouera en live...Tu vois ici, sur une scène...Là au fond, des billards, 2 ou même trois et..."

Son regard se posa sur la jeune femme et tout d'un coup l'excitation fit place à une gêne.

"J'ai l'air d'un fou non ?"


Les bras ballants, Sébastian s'effondra sur un tas de grava et se passa la main dans les cheveux. A quoi bon jouer cette comédie ? Sébastian savait que cela ne changerait en rien sa façon de vivre, ni même comblerait ce vide qui chaque jour le rongeait un peu plus. Bien sur qu'il avait envie que sa vie change, mais ne chercher t-il pas à se voiler la face en jouant les mecs heureux ?

"je suis désolé Charlie..Je pourrais jouer le mec sans problème, heureux, sûr de lui qui fourmille de projets, en fait je ne suis pas cela...Je ne suis qu'un méta qui s'accroche à la moindre parcelle, au moindre morceau d'espoir pour ne pas sombrer...Tu vois Charlie, il est des gros chats qui ne cherchent qu'à disparaitre ..."

Pourquoi balancer ça , Et pourquoi à une parfaite inconnue ? Peut être parce que c'était plus simple de craquer devant quelqu'un qu'il pourrait ne plus jamais revoir...
Sans rien dire de plus, il avala une gorgée du liquide brûlant et tourna son visage sur un des murs de l'établissement dont les flammes avaient léché la peinture y dessinant d'étranges volutes noires de suie. Le visage de Cleya passa telle une ombre sur le mur ou peut être tout simplement dans son esprit. Ses paupières se fermèrent alors pour le faire disparaître.

"je suis stupide ." déclara t-il
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Charlie Oliveira
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MessageSujet: Re: Lorsque l'illusion redonne espoir   Mer 4 Mai - 20:33

L'idée du café sembla plaire à Sébastian. Ils se donnèrent donc rendez-vous sur le parking de la plage artificielle, le temps de passer par les vestiaires. Il fallut un certain temps à Charlie pour se préparer, trempée comme elle l'était. Heureusement pour elle, le complexe fournissait des serviettes aux clients qui en formulaient la demande. Elle se sécha, et essora ses vêtements de son mieux, ce qui n'était pas brillant. Mais bon, le tissu était léger, ils finiraient de sécher assez rapidement. Au moins, elle n'était plus ruisselante d'eau, c'était déjà un progrès. Il lui fallut encore quelques minutes pour récupérer son petit sac à dos, qui lui faisait office de sac à main, et qu'elle se félicita d'avoir laissé dans un casier. Si elle avait eu la bonne idée d'y laisser son portable, il aurait été épargné par la noyade...

Lorsqu'elle sortit enfin, son compagnon était donc non seulement en train de l'attendre, mais avait en plus eu le temps d'acheter deux cafés. Il était par ailleurs nettement plus présentable qu'elle. Elle lui lança une petite moue réprobatrice, démentie par son regard amusé.

"Il me semblait avoir dit que c'était moi qui t'invitais. Avec tes bêtises tu vas finir par être obligé de me revoir pour que je te le paye, ce café. Peut-être même deux, pour la peine.

Ce qui ne l'empêcha pas de monter dans le 4*4, espérant ne pas trop tremper le siège avec ses vêtements encore humides.

D'après l'itinéraire qu'ils suivirent, la jeune femme déduisit qu'ils n'étaient pas très loin de chez elle, mais elle ne put en être certaine car elle n'avait pas encore visité de ce côté. Elle découvrit donc la façade de ce qui avait manifestement été un bar. Dans une autre vie. Toutefois, sous la suie, Charlie pouvait percevoir le potentiel du lieu. Il fallait voir l'intérieur, mais vu d'ici il n'avait pas l'air de nécessiter un travail trop titanesque pour le retaper. Elle adressa un sourire à Sébastian.

"Ça va, j'ai déjà vu pire comme rade."

Elle ponctua sa réplique d'un petit clin d'oeil, afin de dissiper tout éventuel malentendu sur le sens de son propos. Elle se réjouissait de voir l'effet que produisait l'établissement sur son compagnon, et n'aurait pas voulu qu'il pense qu'elle se moquait de lui. En effet, depuis qu'ils étaient arrivés, il semblait plus énergique, plus vivant, plus... heureux ? Difficile à dire en le connaissant si peu, mais il y avait de ça. Aucun doute, c'était quelque chose qui tenait beaucoup à coeur au gros chat. Elle se laissa faire en laissant échapper un petit rire lorsqu'il saisit sa main pour l'entraîner à travers son grand projet. C'était un réel plaisir de l'écouter expliquer ce qu'il comptait en faire avec tant d'ardeur, et elle pouvait presque voir les décombres se transformer en ce qu'il décrivait.

Pourtant, son enthousiasme retomba aussi vite qu'il s'était manifesté, comme une bougie soufflée par le vent. Elle voulu répondre à sa question, mais il ne lui en laissa pas le temps et s'avachit à même le sol, l'air désemparé. La jeune femme continua d'arpenter la pièce, lentement, pendant qu'il parlait, lui jetant régulièrement un regard pour montrer qu'elle l'écoutait malgré tout. Elle comprenait bien ce qu'il disait à demi-mot. Il était assez évident qu'il avait eu plus que son lot de rudes épreuves. Mais après tout, elle non plus n'avait pas eu une vie rose. Peut-être était-ce à cause de cela qu'elle se sentait presque proche de lui, alors qu'elle ne le connaissait que depuis une ou deux heures.

Une fois qu'il eut terminé sa diatribe, elle le rejoignit et se laissa tomber à côté de lui. Elle resta plusieurs secondes comme ça, les yeux dans le vide, avant de prendre la parole à son tour, semblant plus entamer son propre monologue que répondre directement à ce qu'il avait dit.

"J'ai rencontré pas mal de gens qui avaient vécu des trucs moches. J'en ai conclu qu'il n'y a que trois façons de réagir à une épreuve vraiment difficile. On peut rester dans son coin, à pleurer et à se lamenter sur son sort, en accusant le destin, ou Dieu, ou n'importe qui. On peut fuir. Ou on peut aller de l'avant.

Elle marqua une pause et tourna la tête vers lui, le laissant libre de lui rendre son regard ou pas.

"Je te connais pas. Je sais pas ce qui a pu t'arriver dans ta vie. Mais j'ai pas de mal à comprendre que ça, c'est ta façon d'avancer, et de passer à autre chose. Enfin, d'essayer... C'est évident que ça te fera rien oublier. Que ça règlera pas tes problèmes. Et surtout, que ça changera pas ce qu'il s'est passé. Mais c'est quelque chose. Et si c'est ce que t'as envie de faire, ça t'aidera. Forcément. Parce que tu te sentiras mieux en le faisant. Parce que, parfois, ça te fera penser à autre chose qu'à ce qui te hante.

Une nouvelle pause, pendant laquelle elle plonge à nouveau son regard dans le vague.

"On n'oublie jamais ce qui nous a fait du mal. Rien ne l'efface jamais. Ni ce qu'on fait, ni les gens qu'on rencontre, ni le temps. Mais parfois on peut apprendre à vivre avec, au lieu de simplement survivre. On peut se rappeler qu'il y a autre chose dans cette putain de vie. Et on peut faire des projets. Y a que comme ça qu'on gagne. Alors non, t'es pas stupide. Au contraire

Sa tête pivota à nouveau, elle attendit que leurs regards dorés se croisent. Au bout de quelques instants, elle détourna une fois les yeux et regarda le sol, l'air attristée ou gênée. Ou peut-être un peu des deux. Puis elle ajouta dans un souffle, comme si elle se parlait à elle-même et ne voulait pas vraiment être entendue :

"Parce que crois moi, fuir ça marche pas..."

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Sébastian Claysow
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MessageSujet: Re: Lorsque l'illusion redonne espoir   Jeu 5 Mai - 21:43

Sébastian se sentait épuisé..Epuisé et las de se battre contre ses démons du passé qui ne cessaient de le retenir et de l'empêcher d'avancer. Il ne souhaitait rien oublier, mais pas au point d'en souffrir autant, juste garder le souvenir, celui qui lorsqu'il est doux vous berce d'une lente mélancolie au effluves apaisantes. Au lieu de cela, il ne cessait de se battre contre ses envies de vengeance, de fuite et parfois même de mort.
Le dos courbé sous ce poids de plus en plus lourd, il baissa le regard pour fixer le sol tandis que Charlie vint à ses côtés pour le réconforter. Oh, pas en lui tapant doucement sur l'épaule comme l'aurait fait quelqu'un de maladroit mais plus comme quelqu'un qui partage vos souffrances comme si elle n'était pas inconnue.
Il l'écouta en silence, souleva un sourcil à l'évocation de celui qui se lamente sur son sort, resta impassible lorsqu'elle prononça le mot fuite trop souvent utilisée dans son cas, et soupira profondément devant l'action qui lui paraissait insurmontable, celle qu'elle nomma en dernier.
Fixant le sol, il l'entendit lui certifier que si rien ne s'effacerait, cet objectif si futile soit il de reconstruction était nécessaire et que si cela devait passer par ce bar et bien il se devait de continuer...Pour lui...Pour Cleya et surtout pour qu'enfin tous deux trouve un semblant de paix.
Son visage se leva enfin pour tenter de croiser le regard de la jeune femme qui maintenant lui assure que tout cela est loin d'être stupide. Oui, on n'oublie pas celui qui nous fait du mal et ce même si l'on est incapable de lui mettre un visage, rien n'efface la douleur, la peine et la souffrance et pourtant...Pourtant on continue d'y croire, d'essayer car il en va de sa propre survie...Continuer de nager pour éviter de sombrer définitivement. Les regards se croisent, furtifs, douloureux et Sébastian se lève comme pour échapper au reflet de sa propre souffrance dans les yeux de Charlie. Ce n'est que lorsqu'elle prononce la voix presque brisée ses dernières paroles qu'il comprend qu'elle est dans le même cas que lui.
Les poings rageurs, il tente alors de se contrôler, il aimerait tant pouvoir faire quelque chose , pour lui, pour elle. L'envie de la rejoindre et de la prendre dans ses bras, de partager un moment leur douleur pour qu'elle se divise et s'atténue. Mais il en est incapable. Alors, sans bruit il s'accroupit dans le dos de la jeune femme et la prend par les épaules, pour la prendre contre lui avec pudeur et ainsi trouver un réconfort mutuel. L'espace d'une seconde, il se dit qu'elle va peut être le rejeter, refuser cette communion de deux âmes meurtris, mais peut lui importe...Son visage caresse alors avec sa chevelure tandis que sa gorge entame telle une berceuse un faible ronronnement.

"Merci..." chuchota t-il

"Nous avons apparemment décidé d'arrêter notre fuite à la Nouvelle Orléans...Elle s'appelait Cleya, elle était ma compagne..." Lança t-il comme incapable de lui en dire d'avantage mais ressentant le besoin de lui donner un semblant d'explication.

"J'ai fuis trop longtemps, je réapprends seuleument à vivre sans elle...Tu y arriveras aussi, il te faut juste en trouver la force... Merci, tu viens de me démontrer que je n'étais pas seul dans ce cas ..."




HRJ : C'est court et ne fait pas beaucoup avancer les choses
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Charlie Oliveira
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MessageSujet: Re: Lorsque l'illusion redonne espoir   Sam 7 Mai - 19:26

Après sa diatribe, Charlie sembla se mit à fixer le sol devant ses pieds. Toujours assise, les bras autour de ses genoux repliés, tandis que Sébastian s'était relevé. Elle était belle, à donner des leçons de vie comme un prêcheur en mal de brebis à sauver. Qui était-elle pour donner ce genre de conseils, elle qui n'avait fait que fuir depuis qu'elle était revenue ? Depuis bien avant, même...
Elle a toujours 12 ans, et elle est en train de fuir la foule furieuse. Elle a toujours 16 ans, et elle est en train de fuir la famille qui l'a recueillie. Ne pas rester en place, ne jamais s'attacher, ne laisser personne s'approcher. Ne jamais s'arrêter, pour ne pas se faire rattraper par le passé. Elle n'est qu'une ombre, un courant d'air. Une absence.

Pourtant ici, dans ce bar à moitié cramé, à cet instant précis, elle est quelqu'un, elle fait quelque chose. Parce qu'elle a dit à un homme brisé quelque chose que sans doute il savait au fond de lui, mais qu'il avait besoin d'entendre. Comme elle. Parce qu'elle l'a compris. Parce que, même si elle-même n'a jamais pu les mettre en applications, elle sait que les mots qu'elle a prononcé ne sont pas des chimères jetées au vent. Alors, pour la première fois depuis longtemps, elle laisse apparaître dans son esprit les visages de ses parents. Le visage de Max. Celui de Travis et Mary.

Lorsque Sébastian s'installa près d'elle et la prit dans ses bras, elle eut un mouvement de recul très bref, à peine perceptible. Réaction de réflexe de celle qui a trop l'habitude d'éviter les contacts trop intimes. Mais elle ne voulait pas se défiler, pas cette fois. Elle se laissa faire, décrispa ses muscles contractés et ferma les yeux. Elle laissa planer un demi sourire triste lorsqu'il annonça qu'Ils semblaient avoir décidé d'arrêter leur fuite. Elle n'était pas certaine d'en être capable, pour sa part. Elle ne fit pas de commentaire à ce sujet, mais elle n'en eut pas besoin : les paroles suivantes du félins montrèrent clairement qu'il avait compris ce qu'il en était. Cela apaisa Charlie, d'une certaine façon. Au moins il n'y avait pas d'imposture. Avec lui, elle n'avait pas besoin de faire semblant d'être forte.

"Je ne suis pas aussi sure d'en être capable...

Elle ne fit pas de remarque à propos de la compagne dont il avait parlé. S'il voulait approfondir le sujet, il le ferait à son rythme, ce n'était pas à elle de poser les questions. Toutefois, elle fut touchée qu'il accepte de partager un peu de sa peine avec elle, ne fut-ce qu'à travers un nom. Et, peut-être pour la première fois de sa vie, elle eut envie d'en faire autant.

"Pendant les émeutes après la Révélation, mes parents et mon frère..."

Sa voix se brisa et elle fut incapable d'aller plus loin, mais elle savait que ce n'était pas nécessaire. Elle se contenta de s'appuyer un peu plus sur Sébastian, et de fermer les paupières, se laissant bercer par le ronronnement grave qu'il émettait. Elle se mit alors à fredonner un air oublié et sans parole, mélancolique. Il lui fallut un moment pour y reconnaître une comptine que sa mère lui chantait parfois, lorsqu'elle était triste. Elle continua néanmoins, savourant simplement la musique et le contact d'un autre être humain contre elle.

Lorsque l'émotion se fut suffisamment apaisée, au bout de plusieurs minutes, elle rouvrit les yeux et contempla à nouveau le bar incinéré, ayant toujours en tête les images que le félin lui avait transmises à leur arrivée, lorsque la bonne humeur régnait encore. Elle interrompit sa comptine pour lancer d'un air nonchalant, comme si rien n'était arrivé depuis ce moment :

"Tu devrais mettre un juke-box aussi. Là-bas. Parce que t'auras pas tout le temps un groupe en train de jouer. Et c'est chouette les juke-box, je trouve. Dommage qu'on en voit presque pu.


HRP : Pas terrible et ça ne fait pas avancer grand chose non plus, désolée. :c
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Sébastian Claysow
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MessageSujet: Re: Lorsque l'illusion redonne espoir   Dim 8 Mai - 10:42

Il resta assis contre elle et ferma lentement les paupières, laissant l'instant présent les envelopper d'une douceur qui leur faisait certainement du bien à tous les deux. Le ronron constant, il sentit Charlie se détendre contre lui, ce qu'il apprécia bien malgré lui. Curieux comme il avait eu des gestes naturels la concernant, de ceux qu'il s'était longtemps refusé d'avoir avec quiconque. Sébastian ne chercha pas à en savoir d'avantage, sa bête avait depuis bien longtemps accepté celle de la jeune femme, protégeant et accueillant le lémurien contre lui. La voix de Charlie le tira de sa réflexion pour exprimer ses doutes concernant l'avenir.
Il failli lui répondre que s'il avait réussi à trouver une voie pour sortir de la souffrance qui avait été la sienne durant toutes ces années , elle finirait bien par la trouver elle aussi. Il pensa à se lever pour se mettre en face d'elle mais étrangement il ne pouvait se résoudre à rompre le contact qu'il avait établi. Il se contenta de la serrer un peu plus contre elle quand elle parla de sa famille.
La bête se réveilla alors en lui pour attirer un peu plus celle de Charlie, et tandis qu'il cherchait les mots qui pourraient réconforter la jeune femme, il sentit sa bête se fondre en Charlie et se lover un peu plus contre la sienne. Ce contact surnaturel, fit l'effet d'un électrochoc à Sébastian qui eut envie de se lever d'un bond et peut être de fuir une nouvelle fois. La bête n'avait jamais chercher un contact aussi rapproché avec un autre depuis longtemps, et Sébastian se rappela la dernière fois qu'elle l'avait fait en refermant ses paupières.

...C'était la première fois qu'il entrait dans ce village, étape d'un voyage qui s'annonçait aussi long que dangereux. Il descendit du véhicule et s'approcha de la pompe à essence pour faire le plein. Encore plus de 900 kilomètres avant d'arriver à son point de chute, il ferait bien de se reposer un peu avant de reprendre la route. Son regard balaya la rue une première fois et trouva un snack à la devanture peu accueillante mais qui ferait l'affaire. Son visage se retourna sur la pompe et sur les chiffres qui défilaient sous ses yeux, avant qu'il se rende compte de ce qu'il était en train de se produire. Sa bête venait de faire un bon, elle tournait et retournait en lui, impatiente et énervée. Le regard de Sébastian chercha alors la source de cette anxiété, et c'est alors qu'il l'aperçu de l'autre côté de la route, les yeux fixés sur lui. Elle se hâta en sa direction tandis qu'il refermait le bouchon de son réservoir. La bête se figea lorsqu'elle fut face à lui avant de bondir retrouver celle de la jeune femme qui sursauta devant la magie qui s'opérait devant eux. Leurs bêtes se jaugèrent quelques secondes avant de se fondre l'une avec l'autre sans que Sébastian et celle, qui quelques minutes plus tard se présenta sous le nom de Cleya, ne comprennent ce qui venaient d'arriver...

Les Paupières de Sébastian se réouvrirent lentement, la situation était différente pour Charlie. La bête n'avait pas bondit sous une impulsion passionnée et vive, elle avait seulement observé, compris et enfin accepté celle de Charlie. Sébastian ne sut expliquer la signification de tout cela, peut être n'avait elle rien sentie de son côté, après tout un puma et un lémurien avaient peut être un peu plus de mal à faire connaissance.
L'émotion passa sans qu'il ne put deviner ce que Charlie pensait, peut être n'était elle pas aussi réceptive à la magie des métamorphes ? Sébastian avait passé plusieurs mois près d'un vieux Shaman qui lui avait appris à contrôler, mais surtout écouter sa bête, il était donc naturel pour lui d'y être attentif. Aussi, lorsqu'elle changea de sujet pour parler d'un juge box dans la salle, se contenta t-il de sourire, sans poser de question, de se lever avec précaution et de lui faire face pour lui tendre la main, histoire de l'aider à se mettre debout.

"Ouais c'est une bonne idée !" dit il avec un enthousiasme réel.
Puis il désigna le fond de la pièce et continua sur la lancée.

"Là bas un bar en zinc, tu sais de ceux que l'on voit dans les vieux bistrots parisiens, j'engagerai peut être un ou deux barman pour faire de savoureux et recherchés cocktails...Peut être engagerai- je aussi quelqu'un pour manager tout ce petit monde...Je sais pas, une femme peut être..."

Le sourire de Sébastian et la malice dans son regard ne faisaient pas grand mystère de ce qu'il avait en tête , et lorsqu'il inclina sa tête d'un air entendu, il n'avait plus besoin de poser de question.
Il attendit alors quelques secondes avant de poursuivre.

"Juste au début du moins, histoire de mettre en route les choses, et puis il me faudra peut être un avis féminin si je ne veux pas faire de cet endroit un repère de vieux méta machos et bourrus..."
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Charlie Oliveira
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MessageSujet: Re: Lorsque l'illusion redonne espoir   Dim 8 Mai - 14:54

Quelque chose s'était passé durant ces instants où les deux métas partageaient leur douleur, s'apaisant réciproquement. Charlie n'aurait sur dire quoi exactement, mais elle l'avait senti, sans l'ombre d'un doute. Quelque chose qui, bien qu'intangible et incompréhensible, lui fit du bien. C'était en rapport avec sa part animale, de cela elle avait conscience. Ses parents avaient toujours veillé à apprendre à leurs enfants à prêter attention à l'animal en eux. Mais ils n'avaient pas pu aller au bout de leurs leçons, évidemment... Mais ça n'avait pas tellement d'importance. Elle n'avait pas besoin de comprendre pour accepter ce qui lui arrivait. Elle se sentait plus forte, moins seule. Impression étrange, pour une fillette qui a tant veillé à toujours conserver ses distances avec les autres... Mais agréable pourtant. Il lui faudrait du temps pour analyser toutes ces impressions, démêler ses sentiments. Mais pas maintenant. Pour l'heure, elle préférait se concentrer sur l'instant présent, et le lieu où elle se trouvait. Autant penser à donner une deuxième vie à cet endroit, avant d'envisager de s'en offrir une à elle-même... C'était plus facile.

L'idée du juke-box parut enthousiasmer Sébastian, ce qui ravit la jeune femme. Après l'avoir aidée à se relever, il repartit dans sa description détaillée, à nouveau plein d'entrain. Sans oublier de glisser quelques sous-entendus, sur lesquelles son sourire et son regard ne laissèrent guère de doute à Charlie, qui décida de les saisir au vol avec un sourire.

"C't'évident qu'il te faut un avis féminin. D'ailleurs, les hommes devraient toujours pouvoir compter sur un avis féminin quand ils entreprennent quelque chose. Incapables de se débrouiller tout seuls sans faire de bêtise, c'est bien connu. Pour ce qui est des machos bourrus, il se trouve que j'ai une certaine expérience à ce propos, ça tombe bien. En revanche, je doute que me confier le management soit une brillante idée, du moins si tu tiens à pouvoir conserver des employés au lieu de tout faire toi-même. Je me verrais plutôt... Mh... C'est quoi le terme technique ? "Consultante en gestion et aménagement" ? Mouais, ça sonne pas mal. Aussi, je suis une serveuse du tonnerre. Enfin, tant que les clients savent se tenir.

Est-ce qu'il venait vraiment de lui proposer du boulot ? Et surtout, est-ce qu'elle venait vraiment d'accepter ? Tout ça lui semblait assez irréel, surtout qu'ils ne se connaissaient que d'un après-midi. Pourtant, ça ne lui semblait pas aussi incongru que ça l'aurait dû. Elle avait effectivement déjà été serveuse, de très nombreuses fois. Largement assez pour connaître les ficelles du métier, même si ce n'était jamais pour très longtemps. Son caractère faisait qu'elle finissait toujours par gifler ou crier sur un client, mettant par la même occasion fin à son contrat. Elle s'en fichait, ces boulots ne servaient qu'à gagner un peu de monnaie et surtout ne pas avoir l'air trop suspecte à quelqu'un qui s'intéresserait à ce qu'elle faisait pour gagner sa vie. Cette fois, ça s'annonçait différemment. Si elle décidait vraiment de travailler avec Sébastian, et s'il décidait vraiment de l'engager, ça pourrait vraiment donner quelque chose.

Mais ça ne servait à rien de faire des plans sur la comète pour le moment. Elle verrait bien comment les choses tourneraient. Mieux valait ne pas trop se faire d'idée, ça évitait les déceptions. C'était sa philosophie depuis bien longtemps, et ça lui avait plutôt réussi. Elle en revint donc au sujet principal de la discussion.

"Puisqu'on est dans la touche féminine, il te faut des plantes. Ça fera fuir les machos bourrus. Et puis surtout ça donne une ambiance plus accueillante. On se sent plus "à la maison" que "dans un rade minable". Et puis c'est bon pour l'air. Je te parle pas de bouquets de petites fleurs roses niaises, évidemment. Plutôt quelque chose d'assez grand, à feuilles larges. Ici, ici, là et là-bas. Tu pourrais aussi mettre quelques tables en plus par ici. À l'ancienne, qui vont avec le bar. Mais pas trop, pour garder cet espace, jusqu'à la-bas, pour ceux qui veulent danser.

Une idée était en train de lui venir, pendant qu'elle réfléchissait à ce que cet endroit pourrait devenir. Mais elle n'était pas vraiment sure d'elle. Pour commencer, elle n'en savait pas encore assez sur la ville. Et surtout, elle ne savait pas si cette idée plairait à Sébastian. Car, si l'envie de l'idée grandissait de plus en plus tandis qu'elle parlait, elle n'en oubliait pas pour autant que c'était son projet à lui. Elle n'avait aucune intention de se l'approprier. D'ailleurs, ses paroles n'étaient pas énoncées sur le ton de la directive, mais simplement du conseil de quelqu'un qui s'intéresse et veut faire partager son avis.

"Après, il faut prendre en compte la concurrence, et le public visé évidemment. Alors je vous écoute, monsieur le gérant. Qu'est-ce que tu veux vraiment faire de cet endroit ? Quelle âme tu vas lui donner ?

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MessageSujet: Re: Lorsque l'illusion redonne espoir   Lun 16 Mai - 20:59

On aurait pu croire que le temps reprenait son court après une pause "hors contexte". En effet, dès lors qu'il évoqua le Jude box, Charlie se remit à parler avec plaisir et surtout sans une once de tristesse dans la voix ou dans le regard. Il l'écouta lui expliquer qu'il aurait besoin d'un avis féminin comme la plupart des hommes, non sans esquisser un sourire devant ce petit morceau de féminisme évident. Charlie sous son maquillage original et ses manières désinvoltes était une femme, une vraie. Il avait d'abord lancé cette allusion sans trop y penser, et plus elle lui répondait en argumentant sur son rôle possible au sein de l'établissement, plus cela devenait presque une évidence.
Étrange chemin de la vie, qui réunissait par le plus grand des hasards deux êtres que rien ne semblait amener à cohabiter et qui pourtant possédaient tant de choses en commun. Il s'apprêtait à lui répondre que sa dernière idée lui plaisait bien lorsqu'elle partit dans une description détaillée du décor qu'elle imaginait, laissant Sébastian tour à tour, interdit, étonné, et amusé. Son sourire se fendit un peu plus et l'envie de rire succéda très vite à une fascination et une envie plus étonnante encore.
Ce n'est que lorsqu'elle s'arrêta pour poser ses mains sur ses hanches et pour s'adresser à lui en temps que gérant que son sourire se figea et que son regard s'ancra dans celui de la jeune femme.
L'air grave, il laissa quelques secondes de silence s'installer et fit les deux pas qui les séparaient pour l'attraper par la taille, l'attirer à lui et l'embrasser. Très rapidement il s'éloigna, confus et gêné. Impossible de comprendre ce qui s'était passé, franchir un tel cap n'était pas dans ses habitudes et il resta là les bras ballants attendant la gifle qui à coup sûr ferait éclat.
Mais quel imbécile ! Comment avait il pu perdre le contrôle à ce point ? Comment lui expliquer, qu'après tant d'années de souffrance, elle avait l'espace d'un instant, l'espace d'une rencontre, redonné vie à un espoir. Comment lui dire, que son envie de l'étreindre était comme quelque chose qui lui était apparu naturel et surtout comme salutaire, juste parce qu'il avait oublié combien il était cruel d'avoir été seul pendant toutes ces années. Juste lui dire que grâce à elle, il s'était senti de nouveau...Vivant...
Détournant le regard , il fixa le vide, cherchant ce qu'il pouvait lui dire afin d'expliquer sa réaction et surtout éviter qu'elle ne s'enfuie et ne rejette toute idée de collaboration... Sa voix grave essaya de trouver les mots mais les seuls qu'il prononça furent d'une banalité déconcertante.

"Je suis désolé, je ne sais pas ce qu'il m'a pris..."


Oh si il savait, bien sur qu'il avait compris, mais elle le comprendrait elle ?
Lentement son corps suivi son visage pour tourner le dos à la jeune femme, et son dos se courba sous le poids de la culpabilité, du remord, et surtout de l'inquiétude.



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Charlie Oliveira
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MessageSujet: Re: Lorsque l'illusion redonne espoir   Mar 17 Mai - 10:38

Prise dans ses explications, Charlie n'avait pas prêté attention aux réaction de Sébastian, jusqu'au moment où elle s'était tournée vers lui pour l'interroger directement. Elle n'eut que le temps d'apercevoir son sourire figé, qui disparut pour laisser place à un air grave tandis que leurs regards s'accrochaient. Avant qu'elle n'ait eu le temps de se demander ce qu'il se passait, le jeune homme s'était approché et l'avait embrassée, puis s'était éloigné tout aussi brusquement.

Charlie resta un moment sans pouvoir réagir, ne sachant même pas quoi penser. C'est à peine si elle entendit les excuses piteuses de son compagnon, trop occupée qu'elle était à tenter de démêler ses sentiments. Elle ne pouvait pas l'encourager dans la direction qu'il semblait vouloir prendre, mais elle ne voulait pas le repousser non plus. Elle comprenait l'importance que ce geste avait eu pour lui, et elle ne voulait pas le blesser alors qu'il essayait d'aller de l'avant, comme elle le lui avait conseillé, peut-être bien pour la première fois depuis qu'il avait perdu Cleya. Mais ce n'était pas la seule raison. Elle avait senti aussi qu'il se passait quelque chose. Même si elle ne le connaissait que depuis un après-midi, il y avait quelque chose chez Sébastian qui lui laissait croire que, peut-être, avec lui, elle aussi pourrait arriver à avancer, au lieu de continuer à fuir comme elle l'avait toujours fait. Mais pas encore. Pas comme ça.

Elle n'était pas prête. Encore ce matin, elle était persuadée que la Nouvelle-Orléans ne serait qu'une ville de plus où elle resterait quelques mois, comme toujours, parce qu'il fallait bien habiter quelque part, avant de repartir vers un nouvel endroit. Elle commençait à peine à envisager que les choses puissent se passer différemment. Cette histoire allait trop vite pour elle.

Écoute, c'est pas... Je... Enfin...

Elle s'interrompit, se rendant compte qu'elle n'arriverait pas à expliquer ce qu'elle voulait de cette façon. Peut-être, après tout, qu'elle se faisait des idées, que le geste de Sébastian n'avait aucune signification particulière et n'était que le résultat d'une surcharge d'émotions et d'un désir passager. Mais peut-être pas...

Pour une fois, peut-être même pour la première fois, elle se dit qu'il valait le coup qu'elle prenne un risque. Alors elle fit ce qu'elle n'avait plus fait depuis des années : elle parla d'elle, elle s'ouvrit et elle laissa apercevoir son histoire, et ses sentiments. Elle s'approcha du bar carbonisé, se hissa dessus et s'y assit, laissant pendre ses jambes dans le vide.

Je sais pas exactement ce que tu cherches, ce que t'attends de moi. Mais il faut que tu comprennes que j'ai pu l'habitude de tout ça. Ça doit bien faire depuis mes 16 ans que j'ai pas laissé quelqu'un s'attacher à moi. Et que je me suis pas laissée m'attacher à quelqu'un. J'ai eu des relations évidemment, j'ai croisé des gens, mais c'était juste... comme ça. Rien de sérieux. Rien de vrai. Je savais rien d'eux, en tout cas rien de ce qui compte vraiment, et eux savaient rien de moi. Surtout pas. Mais là tu vois, avec toi... J'ai pas envie de ça. Je sais pas. En fait je crois que je sais même pu comment on fait pour avoir une vraie relation. Mais j'ai envie d'essayer. J'ai envie d'apprendre à te connaître, te connaître vraiment. Et que tu me connaisses. J'aimerais arriver à m'arrêter de fuir. Mais tu comprends, il me faut du temps. Pour réapprendre tout ça. Je sais pas ce que ça peut donner. Je sais même pas si ça va marcher. Mais peut-être...

Tout le temps qu'elle avait parlé, elle n'avait pas levé les yeux, se contentant de fixer ses pieds qui se balançaient doucement. Elle n'osait pas affronter Sébastian et ses réactions. Parce que peut-être qu'il ne comprendrait pas ses réactions. Peut-être qu'il n'aurait pas envie d'attendre la gamine perdue qu'elle était. Peut-être, plus simplement, qu'elle s'était complètement illusionée sur ses sentiments et qu'il n'y avait rien derrière ce baiser. Peut-être qu'elle était juste parfaitement ridicule.

Pourtant, elle finit par relever la tête, et planter son regard doré dans celui de Sébastian. Il y avait dans ses yeux toute la peur qu'elle ressentait de s'être livrée ainsi, peut-être inutilement. Et aussi, derrière, l'interrogation qu'elle n'avait pas osé formuler tout haut. Est-ce que tu veux bien m'attendre ? Est-ce que tu resteras avec moi jusque là ?


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MessageSujet: Re: Lorsque l'illusion redonne espoir   Mar 17 Mai - 17:33

Il s'installa une tension palpable l'espace d'un court instant, celui de l'attente pour Sébastian et celui de la gêne pour Charlie. Sébastian n'osait pas bouger, ni même accorder un regard à la jeune femme. Toutes explications supplémentaires lui semblaient vaines. Elle balbutia quelques mots qui ne firent que rajouter à la tension qui émanait de Sébastian. Lorsqu'enfin elle exprima ses sentiments sur ce qui venait de se passer, Sébastian ressentit un énorme soulagement. Il semblait que Charlie ne lui en voulait pas, et mieux encore, qu'elle partageait avec lui quelques confidences qui ressemblaient à ce qu'il aurait voulu lui dire.
Son corps pivota vers le vieux bar léché par les flammes et l'écouta avec toute l'attention que méritait son histoire tout en approchant d'elle. Le regard sur le visage baissé de la jeune femme, il attendit qu'elle eut finit pour lui aussi lancer quelques brides d'informations qui sans nul doute feraient écho aux siennes.

"Je ne sais pas ce qui m'a pris Charlie. Mon cœur est meurtri depuis tant d'années que je cherche encore une explication à ce qu'il vient de se passer..."

Il s'interrompit quelques secondes comprenant tout d'un coup que la phrase qu'il venait de prononcer pouvait être mal prise. Charlie était une jeune femme charmante, aux attraits indéniables, n'importe qui tomberait sous son charme discret et n'importe quel homme digne de ce nom aurait tenté sa chance. Mais pas Sébastian...Trop d'années de solitude à repousser le moindre contact, le moindre lien par peur qu'un jour celui ci ne se rompe avaient fait de lui un être incapable de se comporter de la sorte. Il était devenu incapable de laisser quelles que pulsions que ce soient l'envahir, surtout pas celle là. Ses yeux ne lâchèrent pas ceux de la jeune femme qui maintenant le fixaient avec attention.

" Je suis incapable de te dire ce qui arrive. Je crois que c'est la première fois depuis longtemps que je passe plus de quelques minutes avec quelqu'un et que surtout je partage quelque chose avec cette personne. Depuis le début de l'après midi, se succèdent en moi un certains nombres d'émotions longtemps refoulées et je ne sais pas comment l'expliquer. Je pense que tout cela est arrivé trop vite...Je me suis simplement sentie vivant, ne serait ce que pour te remercier d'avoir fait renaître en moi ce feu que je croyais éteint depuis tout ce temps."

Sébastian fit un pas de plus et tandis sa main vers la jeune femme, un sourire sincère au lèvres.

"Est ce que "Ma consultante en gestion et aménagement", veut bien oublier ce qu'il vient de se passer et pourquoi pas, par une poignée de main, sceller le début d'une nouvelle amitié synonyme de nouveau départ ?"

Oui, il leur faudrait du temps à tous les deux, peut être que cela ne déboucherait que sur une amitié fraternelle, mais pour le moment Sébastian n'en espérant pas tant, il était déjà si difficile pour lui d'imaginer ce que cela pouvait impliquer.

"Midnite Bar ...J'ai un peu de mal avec ce nom...Peut être que ma collaboratrice a déjà une meilleure idée ?"

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Charlie Oliveira
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MessageSujet: Re: Lorsque l'illusion redonne espoir   Mer 18 Mai - 10:33

Confidence pour confidence, Sébastian se livra à son tour, et ses paroles apaisèrent Charlie. Comme elle l'avait dit, elle n'avait pas l'habitude de parler d'elle, de s'exposer de cette façon, et elle n'aimait pas la sensation de vulnérabilité que cela lui causait. Le fait que le félin en ait fait autant rétablissait une sorte d'équilibre entre eux, qui lui permettait de se sentir plus à l'aise.

Par ailleurs, ces aveux montraient qu'il était aussi perdu qu'elle, ce que la jeune femme trouvait étrangement réconfortant. D'une part, il était rassurant de voir qu'elle n'était pas la seule à ne pas savoir ce qu'elle voulait ni vers où elle allait. Mais, surtout, ça voulait dire qu'elle n'aurait pas à démêler ses sentiments dans l'immédiat. Ce qui était une bonne chose, puisqu'elle n'en aurait sans doute pas été capable de toutes façons.

Ils allaient simplement avancer à leur rythme, en prenant leur temps, et ils verraient bien où cette histoire pourrait les mener. Alors, avec un sourire, Charlie serra la main tendue de Sébastian.

"Ça me semble parfait."

Pour la première fois, elle avait une raison de rester quelque part. Deux même, puisqu'il semblait qu'elle devait effectivement y compter le bar. Il y avait un certain temps qu'elle n'avait pas eu un vrai boulot. Ça pouvait être intéressant...

Elle contempla à nouveau l'établissement. Encore une fois, la conversation en était revenue à son sujet de départ, après s'être perdue un certain nombre de fois. Un air concentré s'affichait sur sa jolie frimousse pendant qu'elle réfléchissait à la question de Sébastian.

"C'est vrai que ça fait un peu trop bar à Crocs, il me semble pas que ce soit vraiment ce qu'il te faut. Mais pour trouver un bon nom, il faut déjà avoir une idée du genre d'ambiance qu'on veut. Donc on en revient à ma question : qu'est-ce que tu veux faire de cet endroit ? On a déjà éliminé le repaire à machos bourrus, et j'ai présumé pas de bar à vamps. Ça laisse quand même pas mal de possibilités. Un endroit convivial et chaleureux, qui accueillerait les gentilles familles de toutes les races ? Un hâvre de paix pour pauvres métas paumés ? Ou bien tout à fait autre chose"

Sur ces derniers mots, elle abandonna sa contemplation des lieux pour adresser un petit sourire malicieux à Sébastian. Ce n'était peut-être peut-être pas le concept le plus porteur qu'on puisse imaginer, mais il était certain qu'ils connaissaient parfaitement le sujet. Restait à savoir si c'était une bonne idée.

"Alors, patron ?"


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MessageSujet: Re: Lorsque l'illusion redonne espoir   Dim 22 Mai - 9:22

La main se tendit et serra la sienne déclenchant un sourire de soulagement sur le visage de Sébastian qui s'était immédiatement détendu. Il semblait satisfait de cet échange et de cette collaboration, à vrai dire c'était un mensonge, il en était plus que satisfait, il en était presque heureux.
L'écoutant attentivement sur la direction que prendrait l'établissement, énonçant toutes les possibilités qu'un tel endroit pouvait offrir, retirant d'une phrase celles qu'elle devinait Sébastian vouloir ne pas prendre, il fit le point sur ce que leur rencontre signifiait.
Parce qu'il ne pouvait en être autrement. La vie joue souvent avec les gens, comme un marionnettiste, elle les fait évoluer, organise des rencontres, souvent fruit du hasard, mais jamais au grand jamais, elle ne laisse ces rencontres sans but. Le silence s'installa quelques instant entre les deux métamorphes, le temps pour Sébastian de réfléchir aux indices que la vie avait semer.
Il échangea un regard avec Charlie et il ne fallut pas plus d'une seconde pour comprendre. Ils étaient tous deux identiques, la vie celle qui aujourd'hui les réunissait ne les avait pas épargné, à tous les deux elle leur avait retiré ce qui constituait la chaleur d'un foyer. Il repensa, au Sachem dont la silhouette déambulait souvent dans les ruelles de la Nouvelle Orléans, à Arn qui avait monté ce foyer où il séjournait depuis quelques temps, et enfin à tous ces métamorphes esseulés...

"Un bar méta !"
Lança t-il soudain, en avançant vers Charlie

"Les vamps ont les leurs, les vodouns et même les cadavres ambulants ont un endroit pour se réunir autour d'un verre, les wiccans également...Il nous faut un endroit à nous ...Nous...Nous les métamorphes, ces êtres dont la magie reste un mystère. Nous, dont la peau émerveille les apprentis sorciers, nous, dont le sang existe les papilles des suceurs de sang, nous , qui sommes à l'origine de tant de légendes..."

Les yeux de Sébastian brillaient d'un espoir jusque là inconnu. Voilà ce que signifiait cette rencontre, du moins pour le moment. sa bête avait reconnu en Charlie un alter égo, une âme en souffrance qui avait besoin de repos, elle avait su avant lui combien il était important de reconstituer ce qui représentait une famille, la plus grande, celle de tous les métamorphes.
Mais alors, qu'il devenait de plus en plus impatient de mettre en place toutes ces grandes idées et surtout de signer les documents avec le notaire, son téléphone se mit à sonner.
Un coup d'œil lui suffit pour reconnaitre le numéro du BIAS et aussitôt son visage s'assombrit avant de décrocher.

" Claysow !...Oui....Non...Dans 15 minutes, au point de rencontre habituel...A tout de suite..."

Il coupa la ligne et remis d'un geste assuré le téléphone dans la poche arrière de son jeans avant de se tourner vers Charlie.

"Je dois y aller, une affaire urgente..." annonça t-il d'une voix grave, synonyme de mauvaise nouvelle.

Conscient qu'il ne lui avait pas encore parlé de ses activités il rajouta précipitamment quelques mots pour la rassurer et lui donner une carte où son sa fonction de consultant y étais clairement notifié.

"Je dois passer ce soir chez le notaire pour signer les derniers papiers, si tu as une idée de génie pour le nom de l'établissement, voilà mon numéro...Cette ligne est joignable à toute heure..."
Sa main avança vers la jeune femme et lui pressa doucement l'épaule.

"A plus tard Charlie...Merci encore pour ces quelques heures... Je te ramène quelque part, où tu restes dans le coin ?"
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Charlie Oliveira
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MessageSujet: Re: Lorsque l'illusion redonne espoir   Dim 22 Mai - 10:17

Maintenant que les choses s'étaient clarifiées entre eux, l'atmosphère s'était considérablement détendue. Ils paraissaient tous les deux se sentir mieux, et Charlie avait le pressentiment que tout allait bien se passer. Peut-être que ce n'était dû qu'à l'euphorie du moment, l'apaisement après tout ce chaos d'émotions, le plaisir d'avoir trouvé un ami, et les perspectives qui s'ouvraient devant elle. Toujours est-il qu'elle avait cette impression, et qu'elle s'y accrochait tant qu'elle pouvait.

Comme elle s'y attendait, sa dernière proposition séduisit Sébastian. Elle avait eu des doutes sur la pertinence de son idée, ne connaissant pas la ville et ignorant donc si le concept était déjà exploité, mais de toute évidence ce n'était pas le cas. D'ailleurs, en y repensant, elle ne se rappelait pas en avoir déjà vu, malgré ses nombreux déménagement. Elle avait pu passer à côté, bien entendu, mais tout de même...

Elle se sentit touchée par la manière dont le félin parla des métamorphes. Elle n'avait jamais envisagé les choses de cette façon. Bien sûr, elle savait déjà vaguement tout ce qu'il disait, mais elle n'y avait jamais vraiment réfléchi. Elle ne s'était jamais vraiment tenté de se rapprocher de ses origines, de ceux de sa race. En fait, elle les avaient même plutôt évité depuis qu'elle avait perdu sa famille. C'était l'occasion de rattraper le retard. Il était sans doute temps.

"Je crois qu'on tient notre concept"

Elle avait répondu avec un sourire, sur un ton joyeux. Elle s'était remise en quête d'un nom, mais fut interrompue par le portable de Sébastian qui sonna. L'heure était venue de se séparer. Pour le moment. Mais il lui avait donné sa carte, et elle pourrait le rappeler dès qu'elle aurait fait changer son téléphone. D'ailleurs, elle se dit qu'elle ferait bien de s'y prendre rapidement, se rappelant qu'elle n'avait pas de ligne fixe dans sa nouvelle maison. Son sourire s'était un peu atténué mais était toujours présent, lorsqu'elle répondit.

"Ça va aller, je suis pas très loin de chez moi. Et il faut bien que je commence à apprendre le chemin pour venir ici ! Je t'appelle dès que j'aurai trouvé une idée brillante."

Elle se permit, à sa propre surprise, de le prendre dans ses bras brièvement pour lui dire au revoir. Après quoi, l'air de rien, elle ramassa son sac et se dirigea vers la sortie, ne se retournant que lorsqu'elle fut sur le pas de la porte.

"Alors à très bientôt, patron."

Elle lui adressa un clin d'oeil avant de se retourner pour de bon et de se mettre en route. Bon, c'était le moment de réfléchir. Est-ce qu'elle avait vu un magasin de téléphones dans le coin ?



HRP : Eh bien voilà qui me semble terminé pour le moment Razz
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