Invité
Invité
 | Sujet: Dior Mer 27 Oct - 11:10 | |
| État Civil Nom : Denver Prénom : Doris Aujourd’hui connue sous le nom de : Dior. Race : Métamorphe Âge : 58 ans - Pour les Outres : Âge apparent : la vingtaine environ
Date de Naissance : 5 Janvier 1989 Situation de Famille : Célibataire Profession / Activité : Branleuse. Elle est le Tawakan des métamorphes. Ca veut dire Oreille. Plutôt bien trouvé non ? Morphologie - Pour les Changelings : Apparence Animale :
Le plus sensationnel des mammifères : le grand, le beau, le chilien… le Chinchilla. Elle possède un joli pelage dit « violet » qui est en fait d’un gris plutôt foncé, allant en s’éclaircissant sur le ventre et plus doux encore que le duvet d’un caneton. En fait, ce n’est pas compliqué : il n’y a pas d’équivalent connu à la douceur de la fourrure du chinchilla… comme quoi, la nature est une vilaine menteuse. Des petits doigts ronds et dodus dépourvus de griffe et d’une grande agilité, deux paraboles en guise d’oreilles et des yeux ronds et alertes…
Quelques petits exemples de sa oh combien grande beauté :
 « Ca, c’est moi. Parce que je le vaux bien. » [ source ] |  « Ca c’est moi, avec mon collecteur d’impôts. » [ source ] |
Taille : 1m59 Poids : 56 Kg Corpulence : Petite, ronde, grise et composée à 80% de poils soyeux. Sinon Dior est plutôt une fille longiligne, quoi que pas non plus d’une platitude navrante. Elle a des membres plutôt fins, et il est évident que ce n’est pas par sa force physique qu’elle brille en société. Après, à savoir si elle brille quelque part physiquement… Couleur de cheveux : La brosse à reluire qui lui sert de chevelure est plutôt brune, coupée à l’arrachée et la plupart du temps sa coiffure se limite à de l’ébouriffage sauvage. Couleur des yeux : Noirs et luisants. Certains disent vicieux… mais en général ils ne le disent qu’une fois.
Allure générale : Celle d’un caïd ahaaha… Bon okay hmm… L’allure d’une jeune femme plutôt classique. Elle n’est pas impressionnante, et passe plutôt inapperçu. C’est dans son intérêt, et plutôt en accord avec son rang. Elle a une démarche assurée, assez pour ne pas être suspecte, et une allure assez détendue en même temps pour ne pas qu’on retienne sa rigidité. En fait, c’est un personnage qui, s’il n’est pas vraiment séduisant, plait en général pour ses petits mots et ses attitudes facétieuses… ou acide. On a en tout cas l’impression qu’elle a toujours été là, capable de garder l’immobilité d’un meuble, à observer, écouter, et à ne parler qu’une fois sollicitée. D’ailleurs, c’est plutôt drôle en fait parce que… même lorsqu’elle ne l’est pas, on finit toujours par se dire qu’on lui a expressément demandé d’intervenir, consciemment ou pas.
Allure vestimentaire : Plutôt garçonne, Dior s’habille comme un garçon manqué en pleine crise d’adolescence. C’est sans un peu ce qu’elle est depuis plusieurs décennies. Des pantalons larges, cintrés assez bas sur ses reins, des débardeurs unis et d’une simplicité désarmante, ou à l’effigie de groupes de rock que dans sa grande mélomanie elle adule… des sweatshirt, des shorts, puis des baskets, des tongs ou des bottes à semelles solides… Si elle a un style assez masculin, quoi qu’adapté à sa morphologie, elle ne sort pas non plus de l’ordinaire et n’a rien d’une gothique, d’une gangsta ou de quoi que ce soit de ce type. Elle pense à son confort, au pratique, et au fait que mini-jupe en cuir et débardeur moulant à strass, non seulement c’est de mauvais goût, mais ce n’est pas le mieux pour ce qui est de passer inaperçu et d’écouter ce qui se trame. Particularités éventuelles : Rien de spécial… Une moue sceptique qui n’appartient qu’à elle, à la rigueur. Psychologie Défauts : Un caractère à la con, dans ce que ça a de plus formidable. Dior tient du chinchilla une certaine tendance à un gonflement spontané de l’égo, et supporte très mal que celui-ci soit mis à mal. Elle nourrit notamment un sérieux complexe d’infériorité quant à son statut d’animal domestique, alors même que rien dans son attitude ne laisse entendre qu’elle en est un, on ne se gène pas en général pour le lui rappeler, et elle le prend en général assez mal. Elle ne l’avouera jamais, bien entendu, puisque d’une mauvaise foi assez grandiose, mais si ce n’est pas demain la veille qu’elle sortira du petit confort qu’offre cette vie-là, elle souffre un peu de ce statut. Ca, plus la susceptibilité, et vous obtenez un cocktail plutôt… musclé. A défaut d’en avoir dans ses petits bras faméliques… Un autre petit défaut qui est assez récurrent chez elle, cette mauvaise-foi, justement, et un goût pour le mensonge éhonté plutôt impressionnant. En général, elle a la décence de faire croire qu’elle dit la vérité, mais elle ne s’en embarrasse pas toujours, et se laisse souvent aller à la facilité avec des mensonges faciles quoi qu’imparables. Cela va de paire avec un goût du complot assez gourmand, et un certain plaisir à tendre des pièges. Facétieuse ou vicieuse, je l’ai déjà dit. Bien qu’elle n’en ai pas l’utilité, se nourrissant la plupart du temps de nourriture spéciale chinchilla, pour un poil plus brillant et des reins en forme, ou de pizza commandées aux frais de sa « maîtresse », Dior aime les jeux d’argents, les entourloupes, et les petites arnaques bien en phase avec l’ingéniosité et le don d’observation de son animal totem. Enfin, physiquement, elle a une certaine tendance à se surestimer, ce qui n’est pourtant pas une question d’égo, mais peut-être un léger manque de prudence.
Qualités : Paradoxalement, Dior est plutôt fidèle. Elle n’est pas domestique, ni une esclave fidèle à son maître, comme le serait un chien baveux et bruyant, mais lorsqu’elle est adoptée (par erreur, la plupart du temps) elle s’applique à rendre un minimum service, et à être assez fidèle. Après ses nuits de vadrouille, elle tente en général, par exemple, de dormir tranquillement dans sa cage à l’aube. Le Chinchilla étant un animal nocturne, elle a souvent entretenu ainsi le mystère sur sa vraie nature. Elle est angoissée à l’idée que ceux qu’elle appelle ses colocs, et qui en fait la nourrissent, la blanchissent, et commentent parfois l’irréparable : la toilettent. Depuis la Révélation elle a l’impression de pouvoir servir, en étant ouvertement métamorphe, et a non seulement beaucoup amélioré sa propre condition et le confort de ses cages en ayant la possibilité de s’en plaindre à voix haute et non plus par de petits cris stridents, mais a surtout décidé d’aider ses compagnons de vie. Parfois par quelques menus services, des courses de temps à autre, un conseil glissé ci et là, un voisin mystérieusement traumatisé à vie qui par conséquent ne réitèrera plus jamais l’exploit des trois orgasmes bruyants juste au-dessus du séjour et à trois heure du matin passées… Finalement, cela fait d’elle quelqu’un de vaguement serviable, et surtout de doté d’une certaine bonne volonté, la plupart du temps. Ensuite, elle est dotée d’un certain sens de l’humour, et d’un goût prononcé pour les petites blagues. Ca ne tourne pas systématiquement bien, mais ça en fait néanmoins un personnage amusant, lorsqu’elle ne les a pas de travers.
Croyances : Les adeptes de la fourrure sont des criminels. Beaucoup devaient être des wiccans, selon elle… il faut avoir un certain goût pour le dépeçage. Religion : L’Animisme, bien évidemment. Goûts : Elle aime les pizza trois fromages et les pipas bien salées. Le foin naturel forme un lit beaucoup plus confortable, il la bière chilienne et la meilleure d’entre toute. Elle aime beaucoup les produits chiliens d’ailleurs. Elle n’y a pas d’origine, mais sont espèce si, et elle l’aime, son espèce. Elle aime aussi particulièrement le sable, et s'y roule consciencieusement quand elle en croise sous sa forme animale. Sous sa forme humaine, elle en jouit en y prenant des bains de soleil lors de ses interminables siestes diurnes. Elle a une réclamation d'ailleurs : plus de plages artificielles à la Nouvelles Orléans, ce serait cool. Talents, savoirs notables : Elle a un certain sens de la répartie… quelle que soit sa forme.
(+) Espoirs, buts, rêves : Elle ne se projette pas, sans quoi sa vie lui paraîtrait beaucoup trop minable, sans doute. Sans doute qu’un jour, elle pourrait avoir le cran de vivre à nouveau sa vie comme elle l’entend, et que ce serait drôlement cool. (-) Angoisses, regrets, phobies : Ne plus pouvoir passer ses journées à pioncer tranquillement. Elle a aussi peur des fourreurs. Elle a en outre la phobie de l'eau. Ses poils mettent une éternité à sécher...
Si on vous parle des Outres, vous réagissez comment ? Les Outres en général, elle s’en moque. Elle a une certaine affection pour les Métamorphes. Et votre sentiment vis à vis des Normes ? Tant qu’ils ne portent pas de fourrure, ça va. Êtes-vous satisfait de votre existence ? Difficile à dire, en fait… elle évite de trop regarder en arrière. Ses nuits sont animées, mais elle a néanmoins choisi la facilité et se dit qu’elle le regrettera peut-être un jour. Possibles évolutions ou objectifs futurs : Aucune idée. Conquérir le monde ? J'ai hâte qu'il arrive des ennuis aux métamorphes, histoire que je puisse la lancer dans une enquête \o/
Particularités éventuelles : Elle a un tic, quand elle est énervée : la paupière inférieure de son œil droit remonte d’un air mauvais. Relations Sociales - Pour les Changelings : un Compagnon de Meute ? Non, mais elle vit avec Erin, la fille de Lilian Rosenbach. Elle est son… son… animal de compagnie.
Relations particulières notables : Erin, donc, bien sur, avec qui elle a une sorte d’amitié bizarre, et qu’elle prend un certain plaisir à conseiller (de travers, si possible). Antufa, qu’elle apprécie beaucoup bien que le côté sauvage de celle-ci la mette parfois mal à l’aise compte tenu de sa propre situation. Arn, qu’elle fréquente peu mais avec qui elle entretien une relation jusque là courtoise… Brenna, qui lui fait un peu concurrence dans le domaine « pestes et autres langues bien pendues » Antécédents : Quelque chose à dire sur votre Famille ? Rien de spécial. Elle n’a pas fréquenté ses parents très longtemps, et est rapidement partie à l’aventure seule. Ils étaient tous deux métamorphes, et n’avaient pas, au moment de son départ, d’autre enfant.
Événements de votre passé qu'il convient de connaître :
Doris est née dans l’Oklahoma, dans la charmante ville de Muskogee… Ville connue pour ses politiciens Républicains arriérés, ses jazzmen, et ses clubs de vétérans confédérés. C’est cool, n’est-ce pas ?
Sans doute tient-on là l’une des raisons qui ont jetée, très tôt, sur les routes. Le lycée ? Boah. Le cours élémentaire était déjà assez pénible comme cela. Ses parents, convaincus que l’intégration à la société passait par un suivi assidu des cours, l’y avaient inscrite, et la poussaient à étudier. En vain, de toute évidence. Très tôt, elle découvrit et maîtrisa son don pour la métamorphose, et dès lors leurs efforts furent joyeusement sapés. Jouer à la bonne petite étudiante bien sage quand on couve à la manière d’un rhume le rongeur au caractère le plus exécrable qui soit, ce n’était pas une chose aisée. A vrai dire, c’était même carrément barbant. Doris n’était pas bête, loin s’en fallait, mais elle n’avait pas le moindre goût pour les études, et s’en sortait de tout façon grâce à une ingéniosité naturelle assez désarmante. Le fait était qu’elle apprenait vite, lorsqu’elle était intéressée ou que le besoin s’en faisait sentir, mais, crise d’adolescence particulièrement aigue exige, elle n’en faisait rien. Alors oui, de suite les grands mots : Doris était une chieuse, Doris était une sale adolescente teigneuse…
Ben… au fond, c’est pas si faux que ça.
Doris s’en est donc joyeusement allée sur les routes dans le courant de l’année 2007. Un voyage sans ombre, qu’elle passa en grande partie de nuit et sous sa forme animale. A noter quelques petits épisodes de cleptomanie dans les moments où elle manquait de sa forme humaine. Elle avait gagné sa féminité sans réellement s’en apercevoir, ni lui trouver le moindre intérêt. Lorsque les circonstances voulaient qu’elle se déplace en bipède, elle s’introduisait en générale dans des vestiaires de sportifs ou de fast-food, piquait un short, une paire de basket vaguement à sa taille et un t-shirt informe, puis s’en allait se payer un bon burger.
Ainsi gagna-t-elle la Louisiane. De temps à autre, elle faisait une escale, volait de quoi se payer une nuit ou deux pour dormir dans les draps pleins de punaises de lit d’une chambre de motel dégueulasse, puis retrouvait son doux pelage, un peu de sable pour le soigner et en démêler les nœuds, puis repartait à l’aventure sans tarder. Voyager sous sa forme animale était très long, et assez imprécis puisque du coup elle se déplaçait essentiellement de nuit. Après avoir visité Jonesboro pour la quatrième fois consécutive en une saison, elle finit par se lasser de son paysage… bucolique et de sa population pleine d’entrain (trois mille résidents, ce n’est pas rien !) Aussi finit-elle par passer quelques jours d’affilée sur ses deux jambes (dépourvues de poils celles-là, ou alors des tous petits et pas trop visibles) et prit un car vers Shreveport, ou l’horreur arriva. Non, elle ne croisa pas de blonde dotée de neurones sous analgésiques et fan de suceurs de sang, ni même de boîte vamp à l’ambiance délurée, mais sa vie prit néanmoins un tournant, et pour un moment. Un matin qu’elle s’enfuyait après avoir subtilisé à un boulanger un peu de pain aux noix, ses petites pattes agiles campées dans le béton et sa queue touffue courbée dans son sillage, elle heurta de plein fouet une chose immense et mollasse qui de toute évidence devait appartenir à un être humain.
Cela se trouvait être un mollet, en fait. Un mollet qui loin de se nourrir comme elle de choses saines et des fruits secs, était de toute évidence plutôt porté sur un fastfood quotidien. Un peu sonnée, elle ne réagit pas à temps, et bien vite d’énormes saucisses implacables (des doigts, sans doute) la ligotèrent étroitement. Quelques minutes plus tard, elle était dans un carton solidement fermé, percé de petits trous (qu’elle élargit consciencieusement et à une vitesse record) puis, avant d’avoir pu se faire la malle à travers l’ouverture de fortune, dans une cage spéciale chinchilla. Elle avait ainsi gagné un peu d’espace et un coin confortable et propre de foin et de bois, mais n’en demeurait pas moins dans l’angoisse de la suite. Elle fuyait devant les gros doigts, y plantait à l’occasion ses dents aiguisées, sans pourtant parvenir à s’en sortir. En effet, sa nature était encore un secret, et il se trouvait que cette grosse bonne femme était une adepte des livraisons à domicile vivant dans un petit studio et dont le meilleur ami (son ordinateur portable) était positionné de telle manière qu’au cours des interminables heures durant lesquelles elle surfait, elle avait sur Doris une vue particulièrement claire.
La bonne femme lui parlait beaucoup, comme si c’était la première fois depuis une éternité qu’un autre être vivant pénétrait dans son appartement et… à en croire le désordre ambiant, c’était très probable. A priori, si elle l’avait récupérée, c’était que les chinchillas avaient disparu à l’état sauvage, et qu’elle avait appris qu’ils étaient fragiles et menacés par les chasseurs de fourrure. Elle avait donc cherché à la protéger. Elle s’appelait Paulette, avait un cœur à peu près aussi gros que son derrière, et était en fait portée par de très bonnes intentions. Si bien qu’avant de se transformer et de mettre à sac sa demeure, Doris se retint. L’autre avait finalement décidé de la garder durablement avec elle, après avoir fait venir un vétérinaire à domicile pour s’assurer de sa bonne santé. Après quelques bons conseils donnés par le praticien, Paulette lui offrit une grande cage où elle avait de quoi jouer (et surtout qui s’ouvrait très facilement une fois sa « propriétaire » endormie) Un nid confortable, un chauffage tout près pour l’hiver, de la nourriture BIO et parfaitement adaptées aux papilles d’un chinchilla, de l’eau fraîche et à volonté, bref, le panard. Rapidement, elle prit goût à cette vie confortable, et qui ne la privait pas pour autant de sa liberté puisque sitôt sa maîtresse endormie, elle se faisait la malle pour explorer un peu le monde…
Au fil des jours, puis des semaines, Doris (devenue Softball, comique, hen ?) se prit même d’une certaine affection pour Paulette. Au fond, la vie de cette bonne femme était d’une tristesse confondante, et les confessions que Doris, entre ses paupières lourdes en journées, recevait avaient tendance à susciter chez elle une sorte de compassion.
Trois ans passèrent ainsi, durant lesquels Paulette était persuadée de posséder un réel Chinchilla, et ce jusqu’à la Révélation. Scotchée à son petit écran d’ordinateur, Paulette regarda comme tout le monde les informations et découvrit avec le reste de la population l’existence des Outres. Cette geek découvrit avec effroi que les vampires qu’elle adorait dans la mauvaise littérature qui inondait ses étagères existaient pour de bon, mais aussi les mages, les métamorphes, les vodouns, et même les zombies. Apprenant par là même que les siens se dévoilaient sans ménagement, mais aussi qu’ils étaient les cibles de violences en tout genre, Doris préféra demeurer cachée encore quelque temps. Paulette quant à elle prit la décision de déménager pour la Nouvelle Orléans, que l’on qualifiait à présent de haut-lieu Outre. Ce qu’elle espérait, le chinchilla n’en avait pas la moindre idée, mais elle n’en fut pas moins embarquée dans une inconfortable caisse de voyage pour trouver à l’arrivée un studio à peu près aussi miteux que le précédent, sa cage et… toute une communauté. Shevreport, n’en déplaise à Charlaine Harris, était finalement assez pauvre en métamorphes. La Nouvelle Orléans, c’était comme Disney Land Paris passé sous acides, pour elle. Autant dire : le Paradis.
Très vite, elle se trouva des congénères, et jugea instinctivement préférable de cacher sa domesticité pourtant bien ancrée depuis trois ans. Inutile d’expliquer le confort que cela apportait à une vagabonde quand ses congénères étaient, à la façon de ses parents, tout à fait intégrés à la société humaine depuis longtemps : avocats, politiques destitués, ou chats des rues… elle n’en rencontra aucun qui se satisfit d’une vie de boule de poils bichonnée et nourrie au frais de normes naïfs… Pire, la plupart avaient pour les créatures de son genre un mépris souverain et nourrissaient même souvent une certaine agressivité pour les domestiques.
C’est alors qu’elle rencontra le Sachem. Ne craignant guère que les oiseaux et les reptiles, comme le voulait sa race, elle se prit sans tarder d’une certaine affection pour le chef de la communauté, à qui elle parla longuement de sa situation et de la vision qu’elle en avait. A son sens, elle n’était pas un animal domestique, mais tenait juste compagnie à une norme qui en avait besoin la journée, pour vivre la nuit sa propre vie, en toute liberté… Mais le Sachem n’était que peu réceptif à ce mode de vie et la convainquit rapidement de se découvrir auprès de Paulette.
Ce qu’elle fit en 2012.
Un soir qu’elle commençait à s’éveiller dans sa cage tandis que Paulette se préparait à passer une partie de la nuit devant son ordinateur, Doris ouvrit sa cage sous son nez. Le loquet était léger et aisément manipulable par les antérieures précises et agiles d’un chinchilla adulte. Surprise mais amusée par le comportement du rongeur, Paulette la regarda trottiner dans son salon, puis pousser la porte de la salle de bain d’un air médusé. Air qui s’aggrava lorsque sortit de la salle de bain une Doris ébouriffée (comme tout un chacun au réveil) assortie d’un Bonjour.
Il s’avéra que Paulette était plus friande de compagnon à quatre pattes que de grands bipèdes à l’allure sportive, aussi Doris ne fit-elle pas long feu. A l’aube, tandis que sa cage (fermée d’un cadenas cette fois) contenant absolument toutes ses affaires et elle également au passage, fut descendue sur le trottoir, la métamorphe se trouva dans le plus grand désarroi. C’est une vieille dame qui croisa sa route et s’enthousiasma pour la petite boule de poils duveteuse, honteusement abandonnée ainsi. De son côté, si elle aurait probablement pu tenir sous sa forme humaine dans la cage massive (à condition d’envoyer en l’air tout le mobilier), Doris jugea plus utile pour le moment de se cantonner à sa forme animale. Ce qui n’empêchait pas ladite forme animale de pester, grogner, jurer de tout le chapelet de cris désarticulés dont elle disposait.
Il en avait, de ces conseils, le chien africain…
C’est presque avec reconnaissance qu’elle accueillit le geste de la vieille dame. Fan de la PETA et bénévoles pour diverses associations pour la protection animale, l’humaine aux mains parcheminées fit rouler la cage jusqu’ à la porte de son appartement qui quoi que se trouvant au quatrième étage était accessible grâce à un ascenseur.
Elle monta la cage, l’installa dans un coin au chaud et assez abrité du salon, puis la laissa s’acclimater avant d’ouvrir la cage pour tenter une première approche. Pas farouche, puisque tout à fait au fait des coutumes, Doris sortit de sa cage, outrée, et grimpa sur son épaule pour lui faire savoir à quel point toute cette histoire était honteuse. La vieille décrypta le flots de cris et l’accueillit d’un léger rire, vite suivit d’une quinte de toux. Dors s’aperçut alors de la faiblesse de la vieille et de sa grande maigreur. L’épaule sur laquelle elle était (et qu’elle palpa, du coup, de ses petits doigts ronds) laissait saillir les os et même les diverses couches de laine, les tabliers et blouses amoncelés sur ce petit corps frêle et allégé par l’âge ne pouvaient la tromper.
C’était une très vieille dame, seule, de toute évidence.
L’animal, tandis que la petite vieille se déplaça avec difficultés dans son petit appartement vieillot, alluma le poste TV et se fit chauffer un peu de café sans paraître gênée par son petit hôte, laissa un soupir de dépit lui échapper. Sa bonne conscience était un handicap terrible. A la rigueur, si elle avait été recueillie par une famille dotée de plusieurs enfants bruyants et remuants, par un couple de jeunes ou un absentéiste récidiviste forcené, elle aurait sans mal jonché l’appartement de centaines de petites crottes puis se serait simplement fait la malle après avoir volé de quoi se vêtir.
Mais non, après l’obèse geek mal aimée, il avait fallut qu’elle tombe sur la mamie oubliée de tous. Résignée à tenir compagnie à celle qui de toute évidence en manquait grandement, elle se fit à l’idée et explora l’appartement qui devait devenir le sien, une fois de plus. Sauf que cette fois, les choses seraient claires : elle avait bien l’intention de lui faire savoir ce qu’elle était. Le soir même, après une après-midi passée pelotonnée dans sa cage, Doris fit savoir à la vieille qu’elle voulait sortir. Une fois faufilée dehors, elle réitéra l’exploit de la veille, et après avoir gagné la salle de bain, trouvé une robe de chambre élimée et s’être assurée d’être assez présentable pour que la vieille ne lui claque pas dans les mains, elle sortit. Après un long temps d’arrêt, la vieille dame soupira et lui tourna le dos pour se remettre à sa cuisine. Elle préparait une sorte de viande en sauce à l’odeur appétissante, même pour la végétarienne qu’elle était. Pantoise, Doris avait fini par suivre la vieille dans la cuisine en quête d’une réaction, mais celle-ci parût plutôt prendre les choses avec un calme souverain. Bizarrement, elle avait même l’air plutôt triste que terrifiée. Tandis qu’elle cherchait des réponses, Doris s’installa à la table de la vieille dame qui servit le couvert et finit par la rejoindre. Elle lui demanda quelques explications, se fit confirmer qu’elle était bien l’un de ces métamorphes dont ils parlaient à la télévision… Puis poussa un profond soupir. Apparemment, elle s’attendait à ce que Doris s’en aille sans le moindre scrupule et la laisse seule avec une cage vide. Sans plus personne à qui parler. Touchée, le changelin lui proposa de passer au moins la soirée avec elle, ce qui sembla réjouir la vieille dame qui en profita pour lui raconter un certain nombre d’histoires de jeunesse, lorsqu’elle n’écoutait pas Doris raconter ses propres anecdotes de voyage.
Finalement, la jeune métamorphe laissa entendre à la vieille dame qu’elle appréciait le confort d’une cage, si celle-ci était ouverte, et qu’elle pourrait lui tenir compagnie, de temps à autre, quelle que soit sa forme…
Ce que la vieille dame accepta.
Miss Piwee était une vieille fille qui n’avait jamais eu d’enfant, et qui n’avait pas non plus de quoi se payer des soins et l’assistance d’infirmières. Doris accepta donc de s’occuper d’elle de temps à autre, et lui tint compagnie à travers la vieillesse et la maladie, jusqu’à ce que finalement, en 2021, Miss Piwee décède. Un soir que Doris s’éveillait d’une journée passée dans le petit confort de sa cage, elle trouva la vieille dame endormie… à durée indéterminée. Attristée, mais encore dotée de bon sens, elle passa un coup de fil anonyme pour signaler le silence de la vieille dame, et recouvrit sa forme animale pour attendre bien sagement que les secours ne viennent.
On enterra Miss Piwee modestement, et Doris fut en fait la seule témoin de son inhumation. Une prière pour la vieille dame qui était restée très croyante, puis l’animal fut confié à l’une des personnes qui s’était occupée de débarrasser l’appartement après deux jours passés dans une fourrière du quartier. Dior s’en accomoda plutôt bien. Elle aurait pu retrouver sa « liberté », mais elle avait peu à peu pris goût au fait de ne pas avoir à batailler pour la nourriture, et les friandises vendues pour ceux de son espèce dans le commerce n’avaient pas d’égal. Pour ce qui était de la part de liberté dont elle avait besoin, elle prenait soin de sortir chaque nuit, heureuse de pouvoir consacrer ses nuits animées à autre chose qu’à fouiner. Elle n’en perdit pas pour autant certaines de ses habitudes, et ne tarda guère à devenir l’une des personnes les mieux informées des potins de la Nouvelle Orléans. Du moins, de celles qui agissaient en propre. Il ne s’agissait pas de réseau, pas de toile et moins encore de technologie de pointe : elle n’était qu’une petite fouine, un petit rongeur qui passait inaperçu, écoutait, retenait. Grâce à l’intelligence dont bénéficiait, de base, son animal totem, Doris ne perdait pas grand-chose du raisonnement humain, une fois réduite à une petite boule de poils soyeux.
Ainsi accéda-t-elle finalement, en 2031, au rang de Tawakan. Ses méthodes traditionnelles, et la liberté qu’offrait le fait de ne pas s’aliéner à une quelconque technologie, plurent à la sauvage Sachem, Antufa. Ainsi Doris en vint elle à espionner certaines personnes pour le Sachem, et à lui rapporter les informations susceptibles de l’intéresser.
Dans le même temps, elle se fit à sa nouvelle « maîtresse ». Sans que ce ne soit le grand amour, elle s’habitua à la vie chez elle, bien que cela se passa beaucoup moins bien qu’avec Miss Piwee. Il avait fallut plusieurs mois à Doris pour oser se découvrir, cette fois, et la cohabitation après cela ne se fit pas vraiment dans la facilité : la bonne femme qui l’avait récupérée était une quincagénère plutôt défraîchie, en mal d’amour et qui de surcroît était aigrie. Elle faisait plus que son âge, et jugeait utile de demander à sa compagne des conseils. N’ayant pas exactement l’étoffe d’un coach personnel, le résultat fut désastreux, la plupart du temps. Finalement, la bonne femme la refila à sa vieille mère en lui expliquant la situation, ce qui convint bien mieux à Doris qui estimait qu’une vieille dame l’ennuierait moins, au quotidien, qu’une pseudo tombeuse pénible.
Elle mena une vie confortable quelques années, sans vraiment se rendre compte de l’exaspération de la mère de sa précédente propriétaire. Les virées nocturnes de Doris n’étaient pas faites pour plaire à la vieille bique qui, quoi que contente d’avoir une aide à domicile contre des graines bio et le sacrifice d’une bonne partie de son salon à l’imposante cage à roulette, finit, un matin, par craquer.
Le salon était jonché de boîtes de pizza, canettes de bières et autres mégots. Un capharnaüm assez formidable pour une si petite créature, qui d’ailleurs ronflait paisiblement alors, pelotonnée dans sa petite maison en bois.
Le soir suivant, elle avait mis dans l’eau un somnifère qui aurait pu assommer un éléphant. Les métamorphes étaient solides, disait-on. Il y avait là de quoi en assommer deux pour plusieurs heures. Cette nuit-là, Doris se sentit vaseuse et rentra tôt pour dormir.
Le lendemain, tard dans la journée, elle s’éveilla dans un tout autre contexte…
Abandonnée comme une malpropre, encore.
L’intérieur coquet d’une fille à maman, et comme maîtresse, une petite jeunette jolie comme un cœur, aussi stupide qu’une vamp’fan (de prime abord) et un nouveau nom pour elle.
Dior.
Brrr…
La jeune femme accepta avec enthousiasme la nature de Dior, qui elle-même se prit rapidement d’une certaine amitié pour elle, en dépit des nombreux conflits qui éclataient dans le petit appartement entre les deux colocataires. Erin était la plus fraîche et la plus jeune de ses propriétaires, et la complicité plus emportée qui allait les unir donnait à cette nouvelle collaboration une perspective amusante. En dépit des conflits, des crises de nerfs, des jets intempestifs de fringues haute-couture et des sabotages volontaires de coups aguicheurs via des conseils foireux dispensés en toute mauvaise foi.
Cela fait un moi aujourd’hui que Dior vit chez Erin.
Hourray.
Quelques détails à savoir sur votre arrivée à la Nouvelle Orléans ? Vous y êtes natif ? Comme expliqué dans son histoire, c’est Paulette, sa première maîtresse, qui a quitté avec elle Shevreport pour La Nouvelle Orléans en 2010. - Bas les Masques -
Derrière l'écran, vous êtes : =D Vous serez souvent là avec nous ? =D Comment avez-vous connu Voodoo Child ? =D Avez-vous déjà un double/multi compte ? =D Avez-vous des suggestions, […] tomates à nous jeter à la figure ? =D
Vous attestez avoir lu le règlement, et vous engagez à l'appliquer à-la-lettre ? Ouais, ça pourra se faire.
|
|