Sujet: Petite fête informelle de l'Équinoxe d'Automne Jeu 23 Sep - 20:00
Neuf heures du soir. Il faisait déjà nuit, bien entendu. La clairière serait entièrement plongée dans le noir, si ce n'était pour les sorts d'illumination placés çà et là sur les arbres. Le placement et le choix des sorts étaient stratégiques, prévus pour que la lumière ne filtre pas à l'extérieur. Ce soir, il n'y aurait pas de Sabbat. Pas de rituel. Personne n'était attendu en dehors de la communauté Wiccane. Et le moins de gens savaient ce qu'il se passait, le mieux. On ne savait jamais vraiment comment ce genre d'évènement allait se dérouler. Et il était inutile d'effrayer les autres races, n'était-il pas ? Nul besoin d'inquiéter le BIAS. Les sélections se feraient entre Wiccans. Et entre Wiccans uniquement. Ce soir, la Trinité serait de nouveau complète.
Le Grand Mage observait les Sorciers arriver. Les intéressés, les curieux, les badauds, et surtout les candidats. Il avait été assez content d'apprendre qu'il y aurait plus de candidats que de postes disponibles. Ça rendait la chose tellement plus intéressante. D'autant qu'il y avait du bel élément cette fois, comme le correspondant Wiccan au BIAS. À tous les coups, cela rassurerait les autorités de savoir qu'un officier de la Loi et de l'Ordre était parmi les responsables de la communauté. Déjà, cela donnerait plus de libertés à Finkhald XI. Et ça, pour le Grand Mage, c'était extrêmement précieux. Il y avait également Grey Belaran, son élève. Il participerait, forcément. Il avait promis, et n'était pas homme à renier sa parole. Cependant, Jeanne Hénin était parmi les spectatrices, et cela pourrait lui porter préjudice. Finkhald XI avait tendance à penser que son élève s'inquiétait inutilement à ce sujet. Après tout, Mme Hénin pourrait fort bien voir un intérêt à ce que l'un de ses hommes obtienne un tel statut. Mais peut-être craignait-il, justement, un conflit d'intérêts entre ces deux postes ? Voilà qui n'avait jamais vraiment frappé le Grand Mage auparavant. Soudain, il comprenait mieux de quoi il retournait. Évidemment, voilà qui était préoccupant. Enfin, il y aurait sûrement un dénouement simple à la chose. La probabilité que Belaran soit choisi pour la Trinité était à peu près aussi faible que lui.
Le Grand Mage fut tiré de ces réflexions par Dihya. Membre de la Trinité, désireuse de remettre son titre en jeu, elle avait été désignée par roulement pour se charger de tous les trucs un tant soit peu organisationnels et chiants dont Finkhald pouvait se défaire. Et donc, tandis que le Grand Mage était assis contre le frêne, elle avait pris en compte les inscriptions aux sélections. Elle semblait inquiète pour son poste, et le Grand Mage comprenait pourquoi. Maintenant qu'il pouvait voir la liste, il y avait là quelques excellents Sorciers. De plus, la liste ne contenait que ceux qui avaient consenti à admettre leur désir de concourir. Rien ne garantissait que d'autres ne tenteraient pas l'expérience, fut-ce seulement pour clamer l'avoir fait. Il accéda à sa requête de bon cœur. Il ne fallait pas prendre le risque de décourager les bonnes volontés.
Le Grand Mage se leva, et contempla l'assemblée. Il fit un pas en avant, puis un autre, mais plutôt que de descendre l'escalier de pierre, il maintenait son altitude, marchant dans les airs. Finalement, il s'arrêta au centre des trois tables de pierre dressées dans la clairière, et prit la parole.
« Bonsoir à tous. C'est une joie sans pareille pour mon vieux cœur que de vous voir tous rassemblés ici. En effet, je n'aurais jamais pensé que des branleurs dans votre genre puissent montrer un tel intérêt à la vie de votre communauté. Et pourtant vous êtes là, pour intégrer la Trinité ou pour savoir qui aura cet honneur, et avec le privilège de me suppléer pour une partie de mes fonctions. Comme celle de vous adresser la parole, par exemple. Sans plus tarder, je propose que la sélection commence. À la fin de cette soirée, il y aura trois d'entre vous, chacun sur une des Tables. Et j'aurais moins à craindre pour ma santé lors du prochain Solstice. »
Il les toisa, lisant leurs réactions. La plupart étaient au moins aussi impatients que lui de voir l'évènement se finir, que ce soit pour que ce soit fini ou juste parce qu'ils avaient entendu parler du buffet. Celui d'après la sélection, pas celui déjà dressé dans un coin, rempli d'amuse-gueules ridicules et simples. D'autres n'étaient pas si pressés que ça. Soit ils voulaient profiter du spectacle, soit ils étaient participants et atteints de trac. Ça arrivait. C'en était presque fatal. Enfin. Il fallait bien que l'évènement se passe.
« Oh, et une requête m'a été confié par Dihya, Mage de la Trinité. Pour des raisons personnelles, elle souhaiterait passer la première. Comme, de toute façon, les dames d'abord, n'est-ce pas Messieurs, je n'y vois pas le moindre inconvénient. Je propose donc que l'on accueille Dihya, Mage de la Trinité, qui va nous démontrer pour quelle raison elle mérite de garder son poste. Ensuite, je propose que l'on laisse la parole à Massa Préceveaux, parce qu'il n'y a aucune raison que la galanterie meure spontanément pendant la démonstration de Dihya, et enfin je propose que vous vous démerdiez, toujours en laissant les Dames passer d'abord. Merci de votre attention. Je vous rappelle que vous serez mis à contribution pour le vote final, alors essayez de suivre. »
Sur ces bonnes paroles, il s'accroupit. Toujours en lévitation entre les Tables.
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Sujet: Re: Petite fête informelle de l'Équinoxe d'Automne Jeu 23 Sep - 20:06
Dihya
Elle était nerveuse. C'était la première fois depuis bien longtemps qu'il y avait tant de concurrents. D'habitude, personne ne présentait un tel intérêt pour le poste. C'était assez inintéressant comme position, après tout, surtout du point de vue du Wiccan moyen. Dihya l'avait prise parce qu'elle croyait sincèrement que quelqu'un devait le faire, alors pourquoi pas elle ? Au moins elle se souciait de la communauté, malgré son tempérament qui la tenait bien souvent éloignée des autres. Elle avait appris à aimer cette position, cependant, et ce soir elle la perdrait. Elle en était sûre, au fond d'elle-même. Elle n'avait pas le niveau de tous ces petits jeunes, et bien des gens la considéraient antipathique, alors qu'elle était juste... spontanée.
Cependant, elle était déterminée à bien faire jusqu'au bout. Elle s'était renseignée sur les candidats potentiels, et avait transmis les informations au Grand Mage. Le vieil homme se tenait contre le frêne du lieu de Culte, attendant tranquillement le début des festivités. Il avait l'air frêle. Elle avait commencé à le réaliser seulement après le Sabbat de l'Équinoxe, mais Finkhald Sarlonius XI était un vieillard. Il lui semblait de plus en plus être fatigué, presque mourant. Pourtant, compte tenu de son pouvoir et de sa position, il était encore relativement jeune. Il n'allait tout de même pas s'éteindre si tôt ?
Elle secoua la tête, chassa ces pensées de son esprit. Elle n'allait pas se laisser aller à la mélancolie, ce n'était pas le moment. Elle écouta le discours du Grand Mage d'une oreille attentive. Son style était toujours aussi... personnel. Ça avait quelque chose d'amusant. Enfin, il accéda à sa requête, comme prévu. Qu'elle passe en premier, et qu'enfin cela finisse. Elle était nerveuse... Elle préférait se débarrasser de ce qui semblait de plus en plus être une corvée avant de devoir y renoncer parce que ses nerfs l'auraient trahie. Lorsque le Grand Mage eût fini son discours, elle grimpa sur l'une des Tables — celle qui lui avait été assignée pendant le Solstice. Elle jeta un dernier regard vers le vieil homme accroupi dans les airs, puis se retourna vers l'assemblée.
« Bonsoir à tous. Vous me connaissez très certainement, je suis Dihya, Mage de la Trinité, plus accessible que notre Grand Mage vénéré, bien que certains parmi vous ne seront pas du même avis, j'en suis sûre. Bref. Je sais que mon caractère est parfois difficile à vivre. Je suis impétueuse, spontanée, et directe. En matière de sociabilité, il s'agit rarement d'une combinaison gagnante. Cependant, je suis d'ores et déjà une Mage, et je vous demande de prendre en compte tout ce que ce simple fait signifie. Depuis quelques années maintenant, je fais de mon mieux pour servir la communauté. J'ai participé à l'organisation du Sabbat, ainsi que de cette petite fête. C'est moi, entre autres, qui ai dressé le buffet dans lequel certains d'entre vous se servent allègrement. » Petit rire nerveux. Silence de mort. Elle faisait mauvaise route, elle le savait. Il fallait qu'elle se ressaisisse. Vite. Les discours n'étaient pas son fort, or il fallait qu'elle mette en avant ses talents. C'était ce qu'elle allait faire. « Bref. Pour ma démonstration de pouvoir, plutôt que de faire valoir des exploits magiques déjà accomplis, ou des broutilles comme l'installation lumineuse de ce soir à laquelle j'ai participé, je vais vous faire une démonstration de mon principal talent : la lecture du Tarot. Vous n'êtes pas sans savoir que la vision du futur est un art difficile et mystérieux, dont seul notre vénéré Grand Mage sait s'acquitter avec une facilité toute relative. Cependant, je parviens à avoir de faibles visions, des percées dans le voile mystérieux de l'avenir, avec l'aide de mon jeu de cartes. Je vais donc me livrer à quelques prédictions, qui seront confirmées soit par le temps, si elles sont destinées à se réaliser à très court terme, soit par notre bien-aimé Grand Mage, qui je n'en doute pas aura la prescience de savoir si je dis vrai ou non. »
Elle se tourna vers Finkhald Sarlonius XI, qui hocha la tête en agrément. Il acceptait de se livrer à l'expérience. Dihya commençait à se sentir soulagée. Elle était lancée, maintenant, et ne se voyait pas s'arrêter avant d'être arrivée à bon port. Elle était en terrain connu, également, une partie de son discours étant réchauffé de ce qu'elle annonçait aux clients qui venaient la voir dans sa roulotte. Cependant, elle n'allait pas traiter la communauté Wiccane de la même façon. Là, si jamais elle n'avait rien, comme il lui arrivait souvent, alors elle ne ferait pas semblant. Elle ne mentirait pas. Elle s'empara de son jeu, et commença à le battre.
« Dans un premier temps, voyons ce que le futur réserve à notre cher Grand Mage, voulez-vous ? » Elle s'empara d'une carte alors même qu'elle continuait à battre le paquet, et la regarda. Aussitôt, elle blêmit. Elle rangea la carte dans sa poche. « Ahem. Désolé, il faut croire que je n'étais pas suffisamment préparée, j'ai tiré une carte d'un autre jeu ! Ça m'apprendra à être plus soigneuse... » Elle tira une nouvelle carte, d'un geste mal assuré. Elle la regarda. La regarda encore. Tira celle qui était dans sa poche. Les regarda toutes deux. Regarda le Grand Mage qui, impassible, lui fit signe de continuer. Elle se retourna vers l'assistance. « Ahem. Eh bien, apparemment, il y a de la petite rousse dans le futur de notre pas-si-vénérable-que-ça-finalement Grand Mage ! Continuons, voulez-vous ? » Mais elle ne parvint pas à lire quoique ce soit de plus dans les cartes ce soir. Elle se résolut finalement à faire une démonstration plus basique, lancer quelques sorts personnels, mais la conviction qu'elle avait eue quelques instants plus tôt avait entièrement disparu. Lorsqu'elle laissa la place, elle se sentait elle-même vieille et faible. Elle regarda le Grand Mage, qui lui se concentrait déjà sur la suite des festivités. Elle doutait fort d'être sélectionnée comme Mage de la Trinité. Mais ce n'était pas grave, dorénavant. Il y avait bien plus alarmant.
Massa Préceveaux
Mage de la Trinité
Identification Emploi: Mage - Vendeuse de sorts à mi-temps Level dangerosité: 23 Age apparent: La trentaine
Sujet: Re: Petite fête informelle de l'Équinoxe d'Automne Sam 2 Oct - 19:34
Et encore un équinoxe.
Le temps filait trop vite. Massa aurait presque voulu pouvoir l’arrêter, tant l’équilibre qu’elle avait trouvé à la Nouvelle-Orléans lui convenait. Depuis combien de temps était-elle Mage de la Trinité ? Les années avait suivi le sillage du temps, tout aussi rapides que lui. Quinze ans, vingt ans ? Elle-même s’y était perdue. Elle se souvenait de son arrivée dans la communauté Wiccane, de l’accueil qu’elle avait reçu, comme à chaque équinoxe. Elle avait à l’esprit les grandes fêtes qui s’étaient déroulées, comme si elle ne parvenait pas à se remémorer les souvenirs désagréables. La communauté lui avait beaucoup apporté, et en retour, elle s’était battue pour elle. Quoique… Battue n’était sans doute pas le mot le plus approprié. Justement, elle voulait éviter de voir le sang couler. Massa avait mis son dynamisme et sa volonté de faire bouger les choses au service des siens, et elle ne le regrettait pas un instant. Elle n’était pas femme à douter, et l’élection ne lui faisait pas vraiment peur. Après tout, elle était convaincue que chacun pouvait beaucoup apporter à la communauté Wiccane. Que ce soit elle… ou d’autres.
L’intervention du Grand Mage la fit sourire. Un jour, le surnom qu’elle lui avait officieusement attribué allait lui échapper… Mais elle avait de l’affection pour ce vieux grincheux qui savait déclencher son rire. La nuit enveloppait tous les Wiccans, témoin silencieux mais complice de l’importance de leur cérémonie. Elle-même se sentait étrangement euphorique. Cela faisait quelques jours qu’elle se fortifiait physiquement, pour encaisser le choc du sortilège qu’elle allait lancer. Comme électrisée par ce débordement d’énergie, Massa avait presque envie que l’élection soit terminée, pour pouvoir danser et chanter jusqu’aux petites heures du matin.
Elle laissa son regard courir sur les Wiccans qui étaient présents. Avisant distraitement la présence de son Familier non loin d’elle, Massa sourit en pensant à tous ceux qui allaient démontrer leurs pouvoirs. Qui la surprendrait le plus ? Quel Wiccan aurait progressé jusqu’à se hisser au pouvoir des Mages ? Elle avait un peu discuté avec Dihya des noms pressentis. Et elle avait été étonnée par les candidats. En fait, elle avait hâte de voir leur prestation, notamment celle de Jarvis Fairplace. Le Grand Mage, imperturbable – et toujours en lévitation, quel frimeur que ce vieux Fink’ – mais sérieux, lança enfin son invitation aux prestations. Tout en se demandant ce qui poussait Dihya à passer en première, Massa comprit qu’elle serait la deuxième. L’ordre lui était égal, et ce soudain élan de galanterie lui faisait davantage penser à une énorme plaisanterie de la part de Fink’. Toutefois, elle inclina joyeusement la tête en signe d’acceptation, gratifiant au passage le Grand Mage d’un œil sceptique. Quand Dihya s’avança à son tour et prit place sur une des Tables, Massa vit l’hésitation dans ses gestes. Espérant que sa nervosité n’était visible que de ceux qui la connaissaient réellement, Massa assista avec effarement à la démonstration de son pouvoir avec le tarot. La capacité de divination était l’apanage du Grand Mage, tous le savaient. Faire la démonstration de pouvoirs à ce niveau-là aurait pu être un coup de génie, génie qui lui aurait valu une place dans la Trinité. Toutefois, Dihya n’avait pas été jusqu’au bout. Elle n’avait pas annoncé son verdict. Et Massa était certaine, absolument certaine, qu’elle n’avait pas tout dit. Avait-elle renoncé au dernier moment ? Avait-elle perçu quelque chose d’impossible à révéler ? Avait-elle tout simplement échoué, alors qu’elle détenait un pouvoir plutôt puissant ? Tout à fait désolée pour celle qu’elle avait pas mal côtoyé, Massa se concentra pour la chasser de ses pensées. C’était à elle, et au vu de ce qu’elle se proposait de réaliser, elle n’avait pas droit à l’erreur. Elle offrit un sourire de soutien à Dihya, puis s’éleva sur une des Tables, elle aussi. En se retrouvant face à tous les Wiccans, elle eut une bouffée de fierté. Oui, ça avait été un honneur de les représenter.
- Bien ! Obéissons à cette fameuse galanterie dont notre Grand Mage semble tellement fier… Je suis Massa Préceveaux, mais vous m’appelez presque tous Ma’, et vous avez bien raison.
Son sourire était chaleureux et franc ; son regard pétillant et complice. Elle repéra la silhouette de Gigi, perché sur l’épaule d’Emilie. C’étaient les dernières secondes de calme. Déjà, elle bandait ses muscles, comme si l’effort qu’elle allait fournir se répercutait dans chaque cellule de son corps.
- Je me représente pour être Mage. Vous avez eu l’occasion de voir comment je travaille, et vous savez ce que je pense de notre communauté. Je continuerai à m’investir avec la même énergie. J’estime que l’image et la représentation des Wiccans est très importante, surtout si nous voulons obtenir des droits égalitaires.
Nul besoin de faire des discours à n’en plus finir. Tous savaient parfaitement qui elle était, ce qu’elle faisait et, elle l’espérait, ce qu’elle valait.
- Ce qui me tient à cœur, c'est l'épanouissement de chacun. Et je ferai tout pour que la société dans laquelle nous vivons permette cela à chacun d'entre nous.
Tout le monde aspire au bonheur, même les Normes.
- Tous, un peu comme... maintenant.
Alors, comme si elle ouvrait grand les vannes d'un barrage géant, Massa eut recours à la Wicca. Elle commença par psalmodier lentement une longue mélopée connue d'elle seule. Tout en faisant écho à ce qu'elle avait fait des années plus tôt, Massa se concentra toute entière sur ceux qu'elle aimait appeler ses frères. Elle porta la main à une petite poche de son vêtement et en tira un savant mélange d'épices et de fragrances naturelles. Elle les dispersa autour d'elle en trois fois. Utilisant le léger souffle de vent qui entourait la communauté comme moyen pour canaliser sa force et être au plus proche de chaque Wiccan présent, Massa sut qu'elle avait atteint son premier objectif, nécessaire pour lancer correctement son sortilège : ses herbes, portées par la brise, s'était disséminées au travers de l'assemblée. La partie difficile commençait seulement. Maintenant, elle voulait offrir un savoureux morceau de passé à tout le monde. Elle continua à réciter ses formules, pour imposer son souhait. Et ce dernier était simple : que chaque Wiccan présent ressente, par un de ses cinq sens, durant quelques secondes, une véritable félicité, provoquée par un souvenir heureux. Pour certains, cela prendrait la forme d'une odeur comparable à un fugace fumet s'échappant de la cuisine maternelle. Pour d'autres, cela prendrait la forme du rappel d'un toucher tendre et amoureux sur une partie du corps. D'autres encore verraient par leurs yeux le mouvement éphémère d'un geste perpétré par une personne aimée. Beaucoup entendraient plutôt des sons proches du murmure d'affection d'un proche ou des premières notes de la musique d'un premier amour. Quelques Wiccans auraient à la bouche le goût de leur premier gâteau d'anniversaire, voire le goût de l'amitié personnifiée. Oui, le bien-être pouvait passer par cinq voies, différentes mais toutes aussi efficaces.
La puissance que Massa y mettait dépendait de chaque personne. Les personnes naturellement optimistes ne lui prendraient qu'une petite partie de son énergie. Mais les autres... un Wiccan pouvait à lui seul requérir une force très élevée pour retrouver un bonheur perdu. Certaines choses étaient tellement enfouies, tellement profondément cachées, qu'il était ardu de les faire remonter à la surface. Et c'était pour ces Wiccans-là que Massa offrait sa puissance. Elle mettait ses réserves d'énergie à leur disposition – sans qu'ils en aient seulement conscience – pour leur donner un morceau de paradis, qu'il soit perdu ou non. Certains Wiccans seraient sous l'effet du charme durant tout le temps de son sortilège, mais ceux qui ne se laissaient pas facilement toucher ne ressentiraient son effet que durant quelques secondes. Mais ce seraient quelques secondes de sereine nostalgie, pour y puiser les forces nécessaires pour aller de l'avant.
Le rituel touchait à sa fin. Une douce lumière entourait les Wiccans, comme si le rayonnement intérieur pouvait d'un coup s'exprimer au su et au vu de tous. C'était cela aussi, la Wicca. Massa regarda Fafavi, toujours aussi imperturbable, roulé en boule sur sa Table. Il allait bien, mais elle l'avait aussi préparé au sort éprouvant. Les dernières flammes de vitalité s'échappaient d'elle pour accomplir le sortilège chez les Wiccans les plus récalcitrants. Et soudain, ce fut terminé. D'un coup, toute la pression se relâcha, et Massa réalisa à ce moment-là qu'elle avait scandé ses formules en se crispant dans une sorte de danse tendue et en encaissant physiquement la perte de son énergie. Vidée, elle s'accroupit en un mouvement calculé, faisant face à la communauté pour reprendre son souffle. Elle prit Fafavi et le posa sur son épaule, caressant sa petite tête. Puis, Massa sourit et termina :
- Je vous souhaite à tous le meilleur.
Et d'un bond souple, Massa descendit de sa Table. Elle n'y remonterait que si elle était réélue.
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Sujet: Re: Petite fête informelle de l'Équinoxe d'Automne Mer 6 Oct - 19:35
Un an avait passé. Il n'avait pas toujours été là, désireux de conserver la liberté de son mode de vie et la même fugacité dans ses apparitions. Il n'avait pas toujours œuvré pour la communauté et si l'on disait parfois qu'il pensait d'abord à lui avant les autres pour agir ce n'était pas tout à fait faux ni complètement juste. Même si rester sagement à sa place sans tenter de donner le meilleur de lui même avait quelque chose d'insupportable à ses yeux, il avait conscience d'avoir atteint les sommets. Seuls ses talents pouvaient encore être développés, il n'y avait pas ou peu de grades au-dessus de ce qu'il avait et ceux-ci n'étaient pas assez alléchants pour qu'il désire à tout prix les obtenir. Son objectif premier entourait beaucoup moins sa petite personne qu'auparavant, ce qu'il voulait tout de suite c'était la suprématie des wiccans sans être à leur tête, ce qui lui permettait de conserver une indépendance non négligeable vis à vis de certains de ses faits et gestes auxquels on aurait pu trouver à redire. On adhérait ou on n'adhérait pas à cette idée et que le wiccan lambda soit indécis ou totalement contre lui passait bien au-dessus de la tête, tout ce qui comptait c'était que les personnes à même d'accorder ou d'obtenir ce pouvoir en soient parfaitement conscientes, quitte à les manipuler et à faire tout pour qu'ils en soient persuadés.
Aujourd'hui il était temps de laisser sa place de mage ou de la reprendre, pas en se montrant meilleur que les autres mais en se dépassant lui-même pour atteindre l'excellence. Le combat qui allait avoir lieu serait contre lui-même et non contre les candidats, ces wiccans dont il se fichait bien à moins que par leur prouesse, le Grand-Mage ne les nomme à exercer cette fonction à ses côtés. Etre mage n'avait rien de grisant quant à la plupart du travail qu'il fallait accomplir mais Davio y avait trouvé son compte. C'était aussi le moyen de prouver à tous qu'il était sinon le meilleur, au moins l'un d'entre eux. Il était arrivé dans le sanctuaire en gagnant et ne pouvait admettre d'en repartir autrement. Autant perfectionniste que passionné, il avait passé un temps non négligeable à chercher une démonstration digne de ce nom et à créer un sort qui lui corresponde totalement, où comme toujours, rien ne serait laissé au hasard. Il n'avait jamais su travailler autrement et c'était peut-être pour cela qu'il réussissait tout ce qu'il entreprenait et qu'on aimait toujours autant ses œuvres. Pour lui, le temps de la déchéance n'était pas encore venu, il n'aurait pas même su l'imaginer ou frôler cette pensée.
Adossé tranquillement comme il avait l'habitude de le faire pour ce genre de cérémonie, il avait trouvé un coin d'ombre parfait où on ne pouvait se douter de sa présence que par la faible lumière de sa cigarette. D'ici il se trouvait légèrement éloigné de la foule devant lui mais avait aussi une très bonne vue sur le spectacle que chacun des prétendants allait offrir. Impassible, détaché de ce rassemblement il le regardait sans vraiment le voir, laissant sa nonchalance et son dédain s'emparer de son esprit qui déjà divaguait dans d'autres mondes. Il n'écouta pas très attentivement le discours de Finkhald qui ne lui apportait pas grand-chose sinon des informations qu'il connaissait depuis bien longtemps. Celui de Dihya, sa collègue, le réveilla un peu mais son attitude plus encore. Mi intrigué mi amusé de l'avant spectacle qu'elle lui offrait, il souriait, se demandant si son air nerveux lui donnerait de quoi se moquer d'elle ou de la simple pitié. Lire les cartes, il lui semblait qu'elle avait l'habitude de le faire et se demanda pourquoi elle avait si peu confiance en elle. Voilà en tout cas qui n'allait pas pour l'aider. Etonné puis de plus en plus méprisant vis à vis de cette femme qu'on avait nommé mage et qui ne montrait ici que les essais d'une débutante, il plissa les yeux pour sonder son visage. Il savait que le temps d'un mage pouvait être court, que de plus talentueux pouvaient parfois aisément prendre sa place mais comment pouvait-elle faire la démonstration d'une régression en magie ?! C'était à ses yeux impossible, on ne pouvait pas d'un coup perdre toute son expérience, tout son talent ! Même le stress ne pouvait être une excuse quand on avait eu tout le temps de faire autant de sortilèges qu'il le fallait. Et comment, si peu sûre d'elle n'avait-elle pas pensé à préparer un sort de secours ?! Il parvint à la conclusion qu'elle ne voulait plus être mage ou quelque chose comme cela mais n'en tira pas une grande conviction. Il y avait autre chose, il chercherait plus tard, si cela l'intéressait encore.
Les wiccans se pliant à la prétendue galanterie prônée cette année par Finkhald, ce fut au tour de Massa, celle qu'il aurait bien appelée l'indétrônable. Il ne se souvenait plus de l'année où elle avait été nommée mage pour la première fois ni si elle l'était déjà à son arrivée mais son esprit n'imaginait plus depuis longtemps que quelqu'un prenne sa place. Des travaux qu'ils avaient accompli ensembles n'était sortie ni grande complicité ni même amitié. Comme tous les autres, elle était livrée à son mépris ou à son indifférence, selon son humeur du jour. Davio n'aimait pas subir les sorts d'autres wiccans, équinoxe ou pas, et lorsque le sort apparemment difficile qu'elle lançait arriva jusqu'à lui, il se retint de le refouler, quitte à utiliser la magie des lignes. La manipulation c'était lui qui l'exerçait, on pouvait l'utiliser sur les autres mais pas sur lui, il avait horreur de ça et n'avait pas trop de scrupules à rendre la chandelle à ceux qui tentaient cette petite et courte expérience sur lui.
Il leva les yeux, la contempla un instant, plongeant son regard dans le sien, et prit sa main.
Le sort agit une seconde ou deux, peut-être plus, après tout il venait brusquement de perdre la notion du temps. C'était Julie, le jour de leur mariage. L'épisode datait de plusieurs décennies maintenant et son premier grand amour il l'avait complétement oublié depuis belle lurette. Un souvenir heureux, c'était le sort qu'avait lancé Massa. Pourtant il lui semblait que ce n'était pas le plus beau jour de sa vie, beaucoup d'autres choses s'étaient passées... Et puis il comprit, à ce moment-là il était encore plein de rêves et d'espoir, pas aussi méchant et cynique que maintenant, pas mauvais. Il souriait amusé, presque moqueur de ce jeune homme qui devait bien venir d'une autre vie.
Le silence se rétablit dans la foule et personne n'osa s'avancer, si bien que les candidats restants ne devaient être plus que des hommes. Comme personne n'avait l'air décidé, il murmura deux mots et apparu dans un pouf sonore et une petite fumée – il aimait bien les effet spéciaux – assis, en légère lévitation au-dessus de la table, si bien que c'était à peine imperceptible. Ce petit truc n'était pas vraiment fait pour impressionner les masses mais simplement pour lui éviter de traverser la foule à force de « pardon, pardon... excusez-moi... » et puis il aimait bien se trouver dans les airs, c'était souvent bien plus confortable.
- Eh bien ! Lança-t-il. Voilà que mon passé maintenant sort de ma tasse de thé !
Il sourit une nouvelle fois, avec assez d'ambiguïté pour que l'on se demande si c'était de la taquinerie ou de l'ironie. Dans tous les cas, il y eut bon nombre d'éclats de rire.
- Je vais partir du principe que vous me connaissez tous et si ce n'est pas le cas je risque d'être drôlement vexé, vous feriez mieux de demander à votre voisin mon nom ! Il sourit de plus belle et reprit après une courte pose. Bien sûr, vous détestez tous l'homme narcissique, odieux et méprisant que je suis et vous avez bien raison, si j'étais à votre place je ferais de même ! J'avais prévu de vous faire l'éloge de notre glorieux peuple mais comme je l'ai déjà fait l'an passé, je ne voudrais pas que vous pensiez que je me répète... Il fit mine de réfléchir. Oh... Et non comme je l'ai entendu à droite... oui... ça devait être vous là-bas... je vous rassure tout de suite, je ne vais pas vous faire la propagande du « nous sommes supérieurs à toutes les autres races, nous devons dominer le monde ». Dans le fond c'est assez ennuyeux et ça respire un peu les Dark Vador et autres Voldemort...
Ses yeux brillaient d'une étrange lueur et il s'arrêta un instant pour contempler son bien silencieux et assidu public. Il n'aimait pas prévenir à l'avance de ce qu'il ferait et sa démonstration relèverait sans doute de la surprise totale.
- Trêve de rimes, reprit-il avec un amusement croissant, nous refaisons tous les choses à partir de ce que nous avons appris mais il ne faut jamais oublier d'ajouter une part de nouveauté, de création personnelle qui elle même rétablit l'enchantement, l'émerveillement qui nous fait rêver.
Lentement, alors qu'il parlait, les lumières avaient disparues peu à peu, plongeant le sanctuaire dans l'obscurité, laissant simplement Davio visible par l'aura qui l'entourait, juste assez lumineuse pour qu'on l'aperçoive nettement sans être aveuglé, ses magnifiques yeux bleus ressortant par dessus tout.
- Jusqu'où avez-vous poussé la magie ? Demanda-t-il. Ce n'était plus Davio mais l'exacte reproduction du spectateur. Jusqu'où avez-vous osé aller ? Ce n'était plus le spectateur anodin comme on l'aurait croisé tous les jours, il était grandi, embelli, on avait la sensation qu'il était plus fort, il respirait la puissance. Avez-vous vraiment changé les choses ? Il sombra dans l'obscurité, seuls deux yeux de saphirs brillaient tandis que le sanctuaire s'éclairait autour de lui à la fois semblable et différent de ce qu'il était quelques minutes auparavant. Avez-vous déjà dessiné votre propre univers ? On pouvait voir ses bras noirs s'écarter de son corps, ses mains d'ombre s'ouvrir tandis que le monde changeait, reflétant ce que chacun voulait bien imaginer. Jusqu'à quel point l'avez-vous modifié ? Ce ne fut pas qu'une simple image animée mais une musique se répandit dans l'air, on pouvait tout toucher comme s'il s'agissait de la réalité, la sensation semblait même être meilleure, divine. Les odeurs aussi parfois se mêlaient à ce tableau fantasmagorique. Qu'avez-vous risqué sur les autres dans vos manipulations ? Sauriez-vous les changer jusqu'à leur nature même ? Soudain les lieux tombèrent en fumée et l'obscurité se rétablit. Les spectateurs quittèrent l'envoûtant regard électrique pour s'observer les uns les autres. Ils n'étaient plus wiccans mais leurs voisins tout d'un coup avaient des allures de vampires, zombis, vodouns, métamorphes et mêmes celles d'un simple norme. Auriez-vous le cran de vous en prendre à votre propre personne ? De modifier votre état ? Chacun reprit avec sans doute un peu de soulagement son apparence véritable mais aussitôt la lumière éclaira Davio qui venait de reprendre son apparence normale. Pas pour longtemps. Il changea d'abord de couleur puis s'affina, encore et encore, le poids du temps l'affaissa, ne montrant plus qu'un vieillard ricanant qui rapetissait rapetissait jusqu'à ne former qu'une toute petite bulle d'air qui éclata en un pop sonore. Puis il y eut une ombre qui prit les formes de Davio. Il ne fallut pas plus de temps pour qu'il reprenne sa véritable silhouette. Avez-vous réussi à dominer la magie de lignes ? Il fronça les sourcils, l'air parfaitement concentré et d'un simple geste, précis, maîtrisé, il fit naître ce qu'on pourrait appeler tornade. Ses yeux s'étaient assombris, ses cheveux, ses vêtements étaient mus sèchement par l'air qui un instant sembla échapper à son contrôle. Simple moquerie. Rapprochant ses mains l'une de l'autre il compressa encore plus l'air avant d'écarter brusquement ses mains et de dissiper la magie. Savez-vous vraiment à quel sort vous avez eu affaire ? Savez-vous si je suis réellement là ? Et d'un coup il se changea en sable, perdant sa forme originelle pour ne former plus qu'un petit tas sur la table. Il y eut un petit son et toute trace de ce qu'il leur avait montré auparavant s'était effacée. Un dernier sort de vent balaya le sable et il n'y eut plus rien.
Dans un coin à l'abri des regards, Davio glissa le long du mur, complétement vidé de ses forces. Il resta assis à même le sol, immobile, les yeux fermés. Il avait surestimé le nombre de spectateurs, il lui semblait qu'aux derniers équinoxes ils étaient moins nombreux mais il avait tenu à aller jusqu'au bout. Il posa une main sur son chat dont la respiration était rauque. Il posa un talisman sur sa tête qui sembla apaiser légèrement ses souffrances. Pas assez pour la pauvre bête. Davio n'eut la force que de sourire une dernière fois, satisfait. C'était une expérience absolument excitante même si elle n'était originale que par la manière dont il en avait fait la démonstration. Il les avait simplement hypnotisés, là résidait tout l'art et la difficulté de son sortilège.
Grey Belaran
Wiccans
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Sujet: Re: Petite fête informelle de l'Équinoxe d'Automne Dim 17 Oct - 18:02
J’étais assis par terre, non loin des tables d’Olaria depuis des heures quand la masse arriva peu à peu vers l’endroit. Je n’avais pas quitté la forêt depuis plus d’un mois, et je commençais à me dire que je ne m’y sentais pas trop mal… Mais l’heure n’était pas aux rêveries, dans quelques heures, ce qui je redoutais depuis des semaines allais se passer. L’équinoxe d’automne et son test pour reformer la trinité. Le vieux avait remplis sa part du marché, et je n’allais pas ternir ma parole. Je sifflais calmement pendant qu’on installait les lumières si je puis dire. Je ne bougeais pas d’un pouce alors qu’une partie de la trinité s’évertuait à préparer le lieu. Lorsque le vieux arriva je lui jetais un court regard, je n’étais vraiment pas motivé pour cette histoire. Et le vieux le savait.
Dans mes mains se trouvait une balle en bois, noble matériaux. Ça faisait des semaines que j’accumulais tous les jours de l’énergie dedans en espérant trouver une idée grandiose pour ce soir, mais j’avouais que mon esprit n’avait toujours rien trouvé. En venant dans cette forêt en Août, j’avais cru que je n’aurais pas de mal à trouver une idée, je m’étais bien trompé. Je me retrouvais donc avec une assez importante source d’énergie magique, mais aucune idée pour la soirée.
« Ore wa baka … »
Je regardais toujours ma balle la tournant dans mes mains, je n’avais vraiment pas d’idée mais sans m’en rendre compte je continuais de déverser de l’énergie dedans. Je n’aurais pas pu vous quantifier ce que j’avais toute l’énergie que j’avais mis dedans en plus. J’avais mis ce qu’il me restait tout les jours, en gardant suffisamment pour pouvoir continuer l’entrainement sans soucis cependant. Certes, j’en avais mis peu au début, mais à la fin, j’arrivais mieux à m’économiser à l’entrainement et j’avais plus à dépenser…
Bah… Qu’est-ce qui m’avait pris de faire ce marché avec le vieux… Certes j’étais devenu plus fort, incontestablement, pas assez c’était sur aussi. Mais je n’étais pas comparable à avant. Même sur le point de vue psychologique. Peut-être que de fréquenté Finkhald m’avait un peu ramolli le cerveau. Je me sentais… comment dire… peut-être un peu moins hautain, si on peut dire ça… peut-être plus gentil… bref, ramollo. Je n’avais pas perdu ma motivation à devenir plus fort, mais je me rendais aussi plus compte de l’écart qui se situait entre moi et d’autres. Bref, le pépé dirait sans doute que ça m’a était bénéfique, mais je n’aime pas douter de mes qualités. On en viendrait presque à en chercher, et les wiccans on naturellement des qualités. Enfin… Rah, quand je vous dis qu’il me ramolli lentement le cerveau ! Est-ce bon pour moi de penser ainsi ? Ou pour les autres ? Qu’est-ce que j’en ai bien à faire… J’aurais peut-être du faire quelque chose d’utile à la communauté dans ma vie ? Peut-être était-ce l’occasion de se rattraper ? Cependant j’étais encore tenu en laisse, et jouer mon rebelle révolutionnaire ne m’aiderais pas à avoir une petite vie tranquille. Et puis j’avais aussi donné ma parole à la marraine… Je ne pouvais pas partir comme ça sans accord, même si j’en venais à douter de tout en ce jour. Quand je vous dis qu’il est casse-pied ce vieux ! … Pff … même s’il a ces bons cotés. Pourvu qu’il ne le sache jamais, il en prendrait encore plus la grosse tête !
Tiens, il commence à faire nuit. Les lumières s’allumant me sortent de mes pensées. Le vieillard est toujours là, il m’a l’air pâle… J’espère qu’il va bien… et qu’il n’en fera pas trop. Pff ! Qu’est-ce que je raconte encore ! Que je doute de moi passe encore, mais de cette vieille canaille. C’est qui l’était tenace. Enfin, j’essayais de m’en convaincre. Je lui devais quand même nombre de choses. Plus que de participer à cette soirée, même si ça ne m’enchantais pas.
Ah, les wiccans commençais à se rassembler, j’avais une assez bonne vue d’ensemble de là où j’étais, j’apercevais peu à peu des têtes familières. Puis toute la communauté wiccan, enfin ceux qui y participent étaient là, et le vieillard nous fit un petit discours. Un petit détail vint me chiffonner l’esprit. Petit détail qui pendant la démonstration de Dihya soit disant foireuse vint pourtant se confirmer. A mon avis, elle n’avait pas foirés sa lecture de carte, cependant elle cachait des informations, ça se voyait clairement pour un habituer du mensonge telle que moi. Une idée venait germer dans mon esprit, se basant sur les évènements présents et des souvenirs de son entrainement. Une idée qui me gênait un peu…
Puis vint la présentation de Massa Preceveaux, son sort fut des plus efficace, et même si j’avais essayé de faire comme mon maitre et de lire dans les flux de la mage ce qu’elle allait faire comme sort, j’étais loin de me douter de ce qui m’arriva. Cependant je n’eus pas de mal à imaginer la difficulté qu’elle dut avoir pour lancer un tel sort à l’assemblée entière quand il fut finit. Cependant le souvenir qui m’était revenu à l’esprit je ne m’en souvenait même plus, et malgré une étrange sensation de joie, la tristesse revint peu de temps après. Mon esprit avait de lui-même occulté une partie de mes souvenirs du passés lointain et il ne m’était pas arrivé beaucoup de chose aussi joyeuse depuis longtemps.
Ensuite ce fut au tour d’un pseudo mage dont je n’avais pas vraiment connaissance mais qui aurait bien fait de prendre quelques cours avec les grands mages lui aussi. Il était encore plus imbu de sa personne que moi par le passé… pour dire ! Mais c’est clair qu’il était puissant et talentueux, c’est ce que j’ai pu retenir de son feux d’artifice magique en tout cas. Oui c’était un feu d’artifice, il c’est brulé lui-même pour faire quelques choses de spectaculaire… comme ça m’arrive aussi de le faire… ou plutôt m’arrivait, mais lui n’avait surement pas était assez con pour tenter quelques choses qui ai pu atteindre son espérance de vie.
Cependant après cela, un long moment dura sans que personne n’ose se présenter. Puis ne sachant trop que faire, je me suis tout de même levé. Je n’ai pas essayé de voler ou autre pour me faire remarquer. Je restais dans mon coin sombre, cependant je commençais à parler à voix forte. Plus forte que possible c’était sur, j’avais légère amplifier le son de ma voix pour pouvoir parler à l’assemblée entière. Je commençais alors à parler, d’une manière calme et posée qui ne laissait transparaitre en rien le trac qui se tramait dans mes profondeurs, je ne savais toujours pas ce que j’allais bien pouvoir faire, mais j’avais promis de participer à la sélection.
« _Bonsoir mesdames et messieurs. »
Les lumières se dirigèrent soudain vers le son de ma voix, dévoilant soudain un vide. Enfin, pour ceux qui aurait une bonne vue on pouvait y voir un cercle tracé au sel.
« Hé bien, je pense que tu as reconnu ce sort. » *maitre à la pierre* « Bref, je pense que personne ne me connais, ici, à par peut-être deux ou trois personnes. Et à vrai dire, je ne sais pas vraiment si j’ai envie qu’on me connaisse. J’avoue c’est contradictoire de se participer à ses sélections et de ne pas avoir envie d’être connu, cependant il me semble que certaine personnes vivent dans l’ombre et arrivent pourtant à aider notre communauté.
Regardez le vieux sur son cailloux là haut. Vous le croisez souvent hors de célébration vous ? Je ne pense pas. Il est un peu comme moi, et une partie d’entre nous, wiccans. Il est là pour la communauté mais il n’aime pas qu’on l’ennui et préfère rester discret.
Cependant, par politesse, je vais tout de même me présenter. »
Soudain les lumières un autre espace s’illumina, au milieu de celui-ci, je me tenais assis sur un gros cailloux dans mon costard cravate, ma balle en main, jouant légèrement avec celle-ci à cause d’un certain trac.
« Je ne vais pas dire que je suis enchanté de vous rencontrer. A par peut-être si vous êtes une ravissante jeune femme célibataire… Mais bon, je suis tout de même un peu content d’être ici. C’est un peu excitant toutes ces démonstrations magiques réussies. Même si on essaye de nous dire le contraire. Même si c’est vrai, un certain vieux aime les rousses, j’ai des preuves… »
Je me relevais, la balle dans ma main gauche, et replaçant correctement mon costard d’un geste de la main. Il n’y a pas à dire, j’avais la classe… mais un traque à vous faire mourir une centaine de petit vieux aux cœurs fragiles.
« Grey Belaran pour vous ce soir. Je vous aurez bien fait une petite démonstration moi aussi, mais est-ce vraiment utile ? J’avais accumulé de l’énergie depuis des semaines pour ça, mais je n’ai pas trouvé de choses intéressante à faire avec.
C’est vrai, à quoi ça sert de réussir un sort qu’on aurait prévue depuis des semaines à l’avance. Vous ne voulez pas plutôt faire quelques choses de nouveaux. Je sais pas moi ? Demandez moi quelques choses. Et j’essaye de vous le faire avant la fin de la soirée.
C’est vrai, je n’ai pas la puissance de certains, ni l’expérience d’autres. Et je ne vivrais surement pas assez vieux pour l’avoir. Cependant je ne suis pas trop mauvais pour un petit jeune, et quoi de mieux pour vous le prouver que de vous faire quelques choses de votre choix, la tout de suite ! Je me débrouille pas trop mal pour les cercles d’invocations, …»
Je vais garder mes illusions secrètes de préférences, on ne sait jamais.
« …mais si vous voulez une autres méthodes, j’ai de l’énergie de coté. »
Je lançais ma balle en l’air distraitement et la rattrapais après avoir dit ces mots.
« N’est-ce pas ce qu’il y a de plus intéressant la capacité de s’adapter, d’innover, d’improviser de la jeune génération ? Allez, faites vos offres… »
Je craignais le pire à ce moment, mais dans tout les cas, ça me semblait soudain très excitant, et je me prêterais au jeu du mieux que je pourrais. Au moins j'innovais dans ma présentation. J’avais hâte de montrer à tous ce que je pouvais faire. Pourtant je tremblais à la fois de stresse et d’envie, qu’est-ce que j’avais fait…
Jarvis Fairplace
Wiccans
Identification Emploi: Vendeur de sorts - Mage de la Trinité Level dangerosité: 10 Age apparent: 40 ans
Sujet: Re: Petite fête informelle de l'Équinoxe d'Automne Lun 18 Oct - 2:21
Jarvis n'arrêtait pas de penser qu'il n'avait rien à faire ici. Que c'était l'idée la plus stupide qu'il avait eu depuis longtemps, et qu'il aurait mieux fait de rester chez lui. Mais le pire, c'était qu'il se rendait bien compte que ça ne servait à rien. Il n'arrivait pas à se convaincre lui-même : il y croyait, putain, même si c'était une conviction aux pieds d'argile, il croyait à ses chances et il croyait à ce qu'il allait dire. Et après tout, si personne ne l'écoutait, c'est qu'il avait eu raison de douter.
Il n'était pas venu à la cérémonie de nomination des Mages depuis des années, se contentant chaque année d'obtenir les résultats par le biais de la presse ou de quelques amis. Et il fallait bien avouer que la foule était plus nombreuse aujourd'hui qu'elle ne l'était le jour du solstice. Le Commerçant n'aurait pas cru que la Trinité puisse encore sembler essentielle. Cela faisait très longtemps que les représentants de la communauté se contentaient d'un statut équivalent à celui de champion local de macramé, et avec l'arrivée d'un conservateur grincheux comme Fink, les choses n'avaient pas l'air de vouloir s'arranger.
Assis sur une pierre, le Sorcier fumait cigarette après cigarette, ne prêtant qu'une attention furtive à ses congénères. Il était très occupé à relire mentalement les quelques notes qu'ils avaient prises la veille. La décision de venir ici s'apparentait autant à une impulsion venue de l'alcool qu'à un acte réfléchi. Il n'avait pas été jusqu'à écrire un discours complet, peu confiant en sa plume qui n'avait pas vu d'activité politique depuis 2009 ; Jarvis espérait surtout que son éloquence lui reviendrait subrepticement, et en attendant, il absorbait une quantité record de nicotine, dévoré par une nervosité qu'il dissimulait du mieux qu'il pouvait. Le trac, encore une chose qui datait d'il y a longtemps. Était-il si vieux ?
Heureusement, l'évènement proprement dit commença avant que le Commerçant ne puisse sombrer dans des considérations existentielles. Sacrifiant comme toujours à la tradition, le vieux Fink fit passer les Mages et les dames en premier, ce qui tombait bien, puisque les deux seules représentantes du beau sexe étaient aussi les deux seules à défendre leur titre.
En premier, Dihya. Une Sorcière douée, sympathique, tranquille et finalement assez peu utile. Ses principaux arguments étaient qu'elle avait fait la bouffe, et surtout, qu'elle était déjà Mage. Une longueur d'avance dont elle avait bien besoin...La Sorcière en vint au plat de résistance, un argument qui, sur le papier, était assez impressionnant : comme elle le soulignait, la divination était un art ô combien difficile. Le public en eut la preuve lorsque Dihya sembla lamentablement échouer, avant de rapidement céder la place. Jarvis fronça les sourcils et suivit le Mage des yeux : assez étrange qu'un Wiccane de ce niveau se plante de cette manière, sur un exercice de style qui était pourtant sa spécialité...
Le marchand n'eut pas le temps d'y réfléchir longtemps, car la deuxième candidate arrivait. Ah oui, Massa...Jarvis la connaissait et la considérait même comme une sorte d'amie, mais il fallait bien avouer que Ma était l'amie de tout le monde. Sans être extraordinairement douée ou influente, elle servait de pilier moral et émotionnel de la communauté, comme allait le prouver son sort. Le commerçant fit une moue exaspérée lorsque la Mage expliqua la nature du sort qu'elle allait lancer : il détestait la magie des émotions, qu'elle soit positive ou négative, et n'avait jamais apprécié cette habitude qu'avait Massa d'aller fouiller dans la tête des gens. Mais il était trop tard pour se défiler...Mlle Préceveaux élabora son sort et libéra l'énergie, qui vint frapper chaque membre de l'assistance.
Jarvis savait déjà ce que le sortilège allait ramener à la surface, mais malgré ses efforts il ne put s'en protéger. Près de dix ans de sensations lui revinrent en mémoire, chaque parole, chaque sourire, le son de sa voix, l'odeur de ses cheveux et le goût de sa peau...Pendant un bref instant, il sembla au Sorcier qu'Emma était là, à portée de main, qu'elle était revenue et qu'il pouvait presque la toucher. Puis le sort se dissipa et le contraste se fit, cru, brutal, tandis que Jarvis se rappelait les 37 ans qui s'étaient écoulés depuis. Mais il fut surpris de constater qu'il ne sentait pas revenir les derniers mois, les regards en biais, les silences lourds et les rancœurs naissantes. Les faits étaient là, mais ces souvenirs amers semblaient distants, sans saveur, sans importance. Le bonheur n'avait été que fugitif, mais le sort lui avait épargné la descente. En lieu et place de regret, ne lui restait qu'une douce nostalgie. Tandis que Massa quittait la scène, Jarvis ne put s'empêcher de souhaiter qu'elle reste Mage.
Toute cette bonne volonté disparut très rapidement lorsque le candidat suivant arriva. Davio Björnson. Jarvis doutait que tout le public le reconnaisse, comme ce prétendant se plaisait à le croire, mais le commerçant, lui, savait qui il était. De ses convictions à son caractère, en passant par son métier, l'homme semblait conçu pour inciter le mépris et l'hostilité, du moins aux yeux du commerçant. Le Sorcier murmura quelques insultes entre ses dents tandis que le couturier faisait sa démonstration. Un déchaînement d'effets spéciaux et d'effets de mots, en bref une surface rutilante ne dissimulant pas grand chose, à son image. On pouvait reconnaître l'élégance de l'exercice, et le talent qu'il demandait, mais c'était un grand vide sans utilité.
Jarvis eut un moment d'hésitation, se demandant s'il allait suivre histoire de répliquer en bonne et due forme à Davio, et son indécision laissa une ouverture, qu'un autre candidat ne se priva pas d'exploiter. Grey Belaran...il eut beau fouiller sa mémoire, le marchand ne sut pas de qui il s'agissait. Un jeune ambitieux ou plein de rêves, apparemment. Il semblait connaître personnellement le Grand Mage, ce qui pouvait expliquer sa candidature. Sa démonstration était audacieuse...mais elle paraîtrait facilement comme brouillonne. En matière de représentation, compter sur le public pour faire démarrer était pire qu'imprudent. Surtout lorsqu'on n'avait pas de réputation pour obtenir son indulgence.
Comme pour donner raison à Jarvis, les Wiccans de l'assistance réagirent à peine, n'offrant au jeune Sorcier que quelques murmures indistincts. Si les choses continuaient ainsi, le jeune Belaran allait faire face à un bon gros bide et perdre avant même d'avoir commencé. Jarvis lança un regard au Grand Mage, qui lui répondit d'un signe de tête ; le commerçant se leva et prit la parole.
Si je puis me permettre, j'ai quelques mots à dire pendant le temps que prend le public pour réfléchir à votre proposition. Et qui sait, peut-être que je leur donnerais une idée ou deux.
Le jeune Sorcier, mi confiant mi résigné, fit signe de son approbation et lui laissa la scène. Tirant de sa poche de manteau quelques feuilles de papier pliées, Jarvis traversa les rangs du public visage baissé et lunettes sur le nez, relisant rapidement ses notes. Arrivé sur l'estrade, il rangea les deux accessoires et releva le regard sur ses congénères. Notes relues, costume repassé, cravate bien remontée et tench-coat lissé du matin. Plus aucune excuse...
Bonjour. Mon nom est Jarvis Fairplace, je suis vendeur de sort. Certains d'entre vous me reconnaissent peut-être, du temps où j'étais encore véritablement actif dans la communauté. 37 ans de cela, maintenant...la Révélation nous a tous frappé durement, certains plus que d'autres. J'y ai perdu plusieurs amis, et mon poste au Conseil municipal, et il m'a fallu beaucoup de temps avant de décider de m'investir de nouveau.
Il se tenait droit, mains jointes devant sa taille, encore immobile. Quelques gestes sans décoller les coudes, pas plus pour l'instant. La voix calme, lente, sortant du ventre pour porter dans toute la clairière.
Après avoir vu les précédentes démonstrations, une de mes inquiétudes s'est trouvée confirmée. Je ne suis pas un si grand Sorcier, et ce n'est pas avec un charme ménager que je vais vous impressionner. Au moment de prendre ma décision d'être candidat, je me suis donc posé la question : en quoi suis-je digne d'être Mage ? Qu'est-ce que je peux apporter à ma communauté ? Et plus important encore, de quoi ma communauté a-t-elle besoin ? Mes collègues ont montré un talent remarquable, des sorts impressionnants ; après tout, la magie est notre culture, notre art, notre manière de vivre. Mais appliquons-y la même question : que peut-elle nous apporter ? Que nous a-t-elle apporté ? Comme je l'ai dit, cela fait 37 ans que nous nous sommes révélés au monde. Quelle est la place de la magie, autrement dit, notre place ? Disons-le simplement : nous sommes tolérés.
Là il commençait à marcher, les mains séparées, parcourant l'estrade lentement pour soutenir ses paroles. Il fallait surveiller ses inflexions, ne pas paraître trop péremptoire.
Les gouvernements et les citoyens, les "Normes" nous ont acceptés, mais en tant que curiosités. Ils achètent nos sorts pour rendre leur vie plus facile, ils nous cèdent des licences pour pratiquer la magie. A leurs yeux de touristes, notre art est une menace potentielle à contrôler, ou une source de gadgets. Elle n'a pas d'importance, elle est anecdotique. Si vous en voulez une preuve, vous n'avez qu'à vous rappeler le rituel du solstice. Un rituel extrêmement complexe et formidable sur le plan théorique, mais qui, sauf tout le respect que je dois au Grand Mage, n'avait qu'une utilité limitée. Un certain nombre de Wiccans se désintéressent de l'art, ne la pratiquent plus si assidûment. Elle en reste bien souvent aux formes les plus traditionnelles, et bien des jeunes Wiccans ne voient pas l'intérêt de l'apprendre. La magie n'a pas trouvé sa place dans le monde et en reste à la périphérie, ne servant qu'à nous définir, comme un simple gimmick.
La voix se faisait plus aigüe à présent, insistant sur les points sensibles, pour réveiller l'assistance en l'accusant presque. Les gestes s'étaient faits plus rares, pour concentrer l'attention sur les mots.
Ce ne devrait pas être le cas. La magie est bien plus qu'un gimmick, vous le savez. C'est un outil formidable, dont les possibilités sont sans limites. Avec du discernement, du temps et de la prudence, un Sorcier peut tout accomplir. Et je ne parle pas par métaphores ; nous avons longtemps été limités par l'isolation et la compétition. De nombreux Wiccans gardaient et gardent encore leur art secret, par rivalité. Avec les efforts et la sagesse d'une communauté, il n'y littéralement aucune limite à ce que nous pouvons accomplir. Encore une fois, si vous voulez une preuve, regardez le dernier solstice : ce n'était qu'un évènement anecdotique, mais aussi une prouesse magique stupéfiante. Songez maintenant à ce qu'une communauté unie pourrait concevoir. Songez à ce que le monde pourrait devenir si nous mettons la magie à son service.
Jarvis avait ralenti pour les deux dernières phrases. Les reproches étaient pour obtenir leur attention, et ceci était pour faire démarrer leurs esprits. Restait maintenant à guider cette pensée. Il avait encore beaucoup de choses à dire, hors de question qu'il leur laisse du temps pour être distraits.
Je me doute qu'après cela, certains d'entre vous commencent à se demander pourquoi nous ne forçons pas les Normes à nous respecter. Après tout, si nous avons tant de pouvoir, nous devons mériter leur respect, ou même leur soumission tant qu'à faire...n'est-ce pas ? A ceux qui vont aussi loin, je dis : redescendez sur terre. Si vous vous engagez sur un chemin pareil, vous feriez mieux d'être prêts à aller jusqu'au bout. Si vous voulez conquérir la Nouvelle-Orléans, soyez prêts à conquérir le reste des USA. Soyez prêts à vous attaquer au reste du monde. Et soyez prêts à faire la guerre. C'est cette logique, cette idée naïve et dangereuse qui fait que nous avons si peu progressé depuis 2010. Cette idée que l'autre est un ennemi à vaincre, sur qui il suffit imposer nos intérêts. Rien n'est aussi simple. Pour commencer, il faudra s'imposer à toutes les factions qui veillent sur leurs propres intérêts. Et si malgré tout vous êtes prêts à partir en guerre, dites-vous bien ceci : les Normes la gagneront, tôt ou tard. Ce sont eux qui savent ce qu'est la guerre, ce sont eux qui les ont toutes livrées. La stratégie, les armes, les avancées appartiennent aux Normes. L'histoire telle qu'elle est écrite est leur, les tragédies, les horreurs et les triomphes sont leurs.
Ce bout était peut-être superflu. Le mot "guerre" était un pari, une pierre lancée à l'aveugle, en espérant qu'elle aurait l'effet escompté. Jarvis se dépêcha de passer à la suite, afin de garder l'attention là où il la voulait. Après une courte pause, il éleva la voix de nouveau.
La science est leur. Un art dont les progrès ne se sont jamais arrêtés, à peine ralentis dernièrement. Et ses produits deviennent accessibles à tous, même aux non-initiés. N'importe qui peut utiliser un four, mais un sort de cuisson est réservé à ceux qui l'ont appris. La science, que de nombreux Sorciers ont rejetée au fil de l'histoire, a changé le monde : elle a découvert puis exploité la vapeur, puis l'électricité, puis l'atome et maintenant elle s'attaque au génome. La magie peut-elle en dire autant ? Quelle révolution avons-nous initiées ? Elle était cachée auparavant, mais près de 40 ans se sont écoulés : la magie a-t-elle changé le monde ? Elle le pourrait, alors pourquoi ?
Le ton du Sorcier joua entre plusieurs variations à présent, il marchait, puis s'arrêtait, appuyait ses mots de gestes tantôt lents, tantôt vigoureux, entraîné dans son discours.
Le monde moderne ne nous appartient pas. La Révélation nous a relégué au rang de choses étranges, elle n'a provoqué que peur, incompréhension et violence, et ça n'a pas changé. Notre arrivée dans le monde a été brutale, imprudente, et tout aussi violente. Et même si je n'aime pas parler du passé, je dois observer que l'avenir s'en est trouvé compromis. Cet avenir, nous, les Outres, essayons de l'obtenir depuis, en réclamant à ce qu'on nous considère comme des êtres humains, comme tout le monde. Un droit fondamental, mais qui s'est avéré insuffisant. Nous sommes des étrangers, des intrus, qui sont brusquement apparus et ont réclamé une part de ce monde auxquels nous n'avions jamais contribué. On nous permet d'exister, mais pourquoi devrions-nous avoir une place à la table des dirigeants ?
Jarvis injectait à présent toute son énergie dans le discours, s'efforçant tant bien que mal de garder un ton digne et de se remémorer les règles de sa brève carrière politique. Les dés étaient jetés et il devait mettre tout ce qu'il avait.
Vous allez me répliquer que c'est notre droit, que nous sommes aussi légitimes que les Normes, que nous étions là et que nous avons contribué à la marche du monde, même depuis notre cachette. Mais présenter l'évidence ne suffit pas, et soyons réalistes, elle ne suffira jamais. Nous n'aurons pas le droit de vote avec des Congrès et des réclamations, du moins pas seulement. Aux yeux de ceux qui pourraient nous donner ces droits, nous n'avons rien fait pour le mériter. Ce monde ne nous appartient pas, c'est un fait à leurs yeux, même s'ils le cachent sous la tolérance, et cela le restera tant que nous n'aurons pas prouvé le contraire. Il ne suffit pas de prétendre à l'injustice, il faut le démontrer. Si nous voulons une place dans ce monde, il faut prouver que nous y avons droit.
Il s'immobilisa et se redressa, prenant une inspiration profonde avant de ponctuer sa tirade.
Si l'on veut un titre, il faut montrer qu'on en est digne. Et nous le sommes.
Une nouvelle pause s'étira, laissant la clairière respirer. Jarvis reprit sur un ton calme, énonçant une vérité.
La magie n'est pas qu'un magasin de sorts utilitaires. Elle n'est pas qu'une arme à feu qu'il faut réguler
D'un geste, il désigna les autres concurrents au titre.
C'est un art, une culture merveilleuse, comme les démonstrations de ce soir l'ont prouvé. C'est un outil illimité pour rendre le monde meilleur. Une oeuvre qui peut évoluer et s'adapter, qui peut épouser la science pour progresser. La médecin moderne est toujours mise en échec par le cancer, mais le 2 mars 2027, une cabale de Wiccans a guéri une tumeur inopérable. Ce miracle a eu un grave prix : les Sorciers sont tous tombés dans un coma dont ils ne sont jamais sortis. Mais imaginez ce à quoi ce premier pas pourrait mener, si les efforts prudents d'une communauté de Wiccans et les progrès de la médecine se combinaient. Songez à ce que nous pourrions accomplir en nous hissant sur les épaules de la science : la faim dans le monde, la maladie, les dérèglements climatiques...autant de problèmes qui pourraient trouver des solutions dans les possibilités infinies et l'esprit d'équilibre de la Wicca. Songez à ce que la rue pourrait changer, de la rue à la nation.
Le commerçant prit enfin un temps pour promener son regard sur les Wiccans présents, pour observer leurs visages. Quelques moues d'ennui bien sûr, des regards noirs et des mines de désapprobation, sans surprise. Mais que des visages attentifs. Et parmi la foule, il ne lui fallut pas longtemps pour trouver des gens dont les yeux brillaient d'approbation, qui hochaient la tête. Il était écouté. Dieu seul savait où cela allait le mener...
John Fitzgerald Kennedy a dit un jour : "Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays." Je dis : demandons les deux. Car ceci est mon pays. Ceci est votre pays. Mais on nous dit le contraire. Je vis à la Nouvelle-Orléans depuis ma naissance, je suis citoyen américain depuis 66 ans, mais on me dit que je ne peux pas participer à la démocratie. Vous pouvez vivre dans cette ville, mais pas participer à son destin. On vous dit que vous avez droit à la tolérance, mais pas celui de voter, pas celui d'être élu.
Il aurait vraiment préféré avoir un pupitre. Sa main droite martelait pour accompagner sa voix, son regard s'était durci, ses yeux levés juste au-dessus de la foule.
Je dis que les Normes n'ont vu que la menace que je pourrais représenter, mais qu'ils n'ont pas songé aux bienfaits que je peux apporter. Je dis qu'il y a bien des choses que nous pouvons faire pour notre pays et qu'il y a bien des choses que notre pays n'a pas faites pour nous. Je dis que j'en ai assez de parler de communautés et de guerre d'intérêts. Je dis qu'il est temps de montrer aux Normes et aux Outres qu'il n'y a pas besoin d'appellations séparées. Et je dis que si la Nouvelle-Orléans peut entendre ces idées et la voir se concrétiser, le reste du pays pourra l'entendre. Je dis que si nous pouvons faire enfler notre voix par ce chemin, peut-être que Washington pourra l'entendre.
La voix de Jarvis s'éleva enfin pour la conclusion, accompagnant les quelques exclamations qui s'échappaient de la foule.
Ceci est notre pays, et il n'y a pas de limite à ce que nous pouvons lui apporter !
Un soupir et une nouvelle respiration, regard baissé, avant de relever la tête vers eux. Jarvis était assez surpris de ne pas en voir en train de dormir : il avait pris beaucoup trop de temps. Le jeune Belaran n'aurait pas la tâche facile avec un public fatigué.
Je vous demande de faire bon accueil au jeune homme qui va maintenant reprendre la scène : il vous offre ses services, et c'est à vous de trouver ce qu'il peut faire pour améliorer les choses. C'est cela ce que je veux pour ma communauté : elle commence ici mais elle est loin de s'y arrêter. Et ce que je travaillerai à lui apporter, que je sois Mage ou simple membre. Merci.
Un bref signe de tête et il descendit enfin de l'estrade, à pas lents et mesurés. On aurait pu croire qu'il faisait des effets, mais en réalité il se trouvait juste que Jarvis avait les jambes qui tremblaient. Il n'entendait pas la réaction du public, qu'elle soit faite de sifflets ou d'applaudissements, il ne voyait pas les regards que lui lançaient les autres candidats, il n'eut même pas un regard pour le Grand Mage. Il était trop occupé à trouver un endroit où se laisser tomber. Trouvant enfin une pierre large, il s'assit et passa une main tremblante sur son visage. Sa bouche était desséchée et sa gorge éprouvée, mais il se sentait léger et des frissons courraient le long de son dos. L'euphorie. C'était une sensation étrange après tant d'années. Le Sorcier avala sa salive et eut un sourire épuisé. Il avait réussi. Qu'il devienne Mage ou non, que ses mots soient bien accueillis ou non, il s'était fait entendre. Il était enfin sorti de son apathie et était monté à la tribune.
Après tellement d'années d'immobilisme, se remettre en marche était presque exaltant, effrayant même. Jarvis secoua la tête, alluma une cigarette et tenta de se remettre les idées en place. La journée n'était pas finie, et les autres candidats méritaient son attention.
Grey Belaran
Wiccans
Identification Emploi: Parrain de la MAFIA ~W~ et mage de la trinité Level dangerosité: 21 Age apparent: 23
Sujet: Re: Petite fête informelle de l'Équinoxe d'Automne Sam 27 Nov - 13:08
Le discours de Jarvis venait de se terminer, un discours pour le moins audacieux, il fallait bien que je le reconnaisse. Il réveillerait sans doute chez certains leur fierté et leur orgueil, mais encore fallait-il l'avoir écouté. Personnellement je ne l'avais écouté que d'une oreille, à peine avait-il commencé à parler que j'en avais profité pour trouver une porte de sortie à ma démonstration.
Heureusement pour moi, Jarvis avait parlé assez longtemps pour qu'une idée vienne germer dans mon esprit. Soit, il n'avait pas d'imagination, alors il suffisait que je leur en donne... Plus facile à dire qu'à faire. Je me mettais soudain à imaginer des cercles qui marcheraient à de telle situation, cherchant aussi une petite formule et les ingrédients à prendre dans ceux à disposition. Allez, je faisais ça depuis plus d'un mois tous les matins grâce au vieillard, il n'y avait pas de raison que je n'y arrive pas. Je n'écoutais plus beaucoup le discours, trop occupé à profiter du temps que mettais Jarvis dans son discours, non conscient peut-être que son envolée patriotique me servait pour revenir en force. Le temps accordé par Jarvis terminé, je m'en sortais si bien que j'avais déjà trouvé la moitié des composantes pour le sort que j'allais lancer.
Je revenais donc au-devant de la scène et me concentrait à la fois sur ce que j'allais dire et sur le sort que j'allais devoir lancer à l'assemblée pour leur bouger un peu les méninges.
« _Bon visiblement, vous êtes plutôt hésitant ou indécis face à cette démonstration inhabituelle. Je vais donc tâcher de vous faire trouver quelques idées avec un sort. Si vous permettez quelques secondes que je rassemble mes esprits pour concocter quelques choses d'efficaces. »
Bon, ça faisait déjà quelques minutes que j'y réfléchissais, mais ils ne sont pas censés le savoir. Bref, je m'approchais de l'autel où était déposé plusieurs ingrédients différents, j'en attrapais quelques-uns et revenais vers l'endroit où j'étais auparavant, regardant un peu la foule -ou du moins une partie- qui me suivait du regard.
Je me mettais soudain à faire apparaitre plusieurs petits cercles de sel juste devant moi, cherchant celui qui conviendrait le mieux, modifiant certain, enlevant d'autres. Je ne sais pas si tout le monde voyait ce que je faisais de là où j'étais, mais ça allait plutôt vite je dois l'avouer. Puis je me décidais enfin sur un cercle partant du centre, relier à des triangles, représentant l'esprit de chacune des personnes présentes. Quelques autres cercles aux bordures du cercle principale pour y mettre les ingrédients. Puis alors que j'allais lancer le sort pour faire le cercle, je le modifiais encore une dernière fois, une idée m'ayant parcouru l'esprit.
Le cercle apparut alors, une branche reliant chaque personne présente. Je me trouvais au milieu du cercle principal, posait la balle de bois chargée de magie à côté de moi, plaçait les ingrédients dans chaque cercle puis revenait à ma place.
Je me concentrais alors, devant des regards de plus en plus soupçonneux, puis je commençais à réciter une petite formule près faite pour cadrer encore plus les effets du sort, il n'y eut pas d'effet spectaculaire si ce n'est une certaine lumière qui émanait du sel petit à petit, partant de là où j'étais avec la balle à côté et allant d'abord faire le tour du premier cercle puis se dirigeant vers la foule.
L'effet du sort devait bientôt commencer à faire effet, personnellement, j'étais bien content d'avoir ma balle et Léon avec moi, sinon je ne sais pas si j'aurai pu tenir de lancer un sort qui touche l'esprit sur autant de personnes alors que je n'ai pas pris plus d'une heure pour le préparer calmement... Je verrai bientôt s'il y avait des résultats à mon entrainement avec Finkhald...
Les ingrédients étaient maintenant totalement consommés, je sentais que j'avais réussis à toucher l'esprit de chacun, mais je ne savais pas si les idées avaient réussies à y germer. J'observais alors la balle en bois près de moi, me concentrant sur mon regard, je voyais que celle-ci avait déjà perdu beaucoup d'énergie. Puis jetant un oeil à Léon, je voyais qu'il était un peu fatigué. Je ne savais vraiment pas si le sort avait bien fonctionné, mais une chose était sur, j'allais avoir du mal à lancer un sort puissant après ça, car comme on peut s'en douter ça m'avait pris beaucoup d'énergie.
Mon regard se posa ensuite sur la foule qui semblaient pensive, j’essayais de lire des expressions sur le visage de certain, mais c’était vague. Puis en ne sachant pas vraiment si le résultats escompté avait marché, même si j’étais sur d’avoir touché leurs esprits, je lâcha d’un air que je voulais confiant.
« Alors ? Des idées maintenant ? »
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Sujet: Re: Petite fête informelle de l'Équinoxe d'Automne Jeu 2 Déc - 20:57
Cela faisait longtemps maintenant que je me questionnais sur le pourquoi de ma venue. C’est vrai quand on regarde de bien, du bon côté j’entends. Qu’est-ce que m’apporterait ce titre à part la gloire et une certaine reconnaissance de mon égo. Ai-je vraiment envie de ce poste. Bonne question. J’avais des projets certes, mais rien de vraiment bouleversant. J’ouvrirais des portes ouvertes, que dis-je, je défoncerais des portes ouvertes ! Passant en revu, les évènements qui m’avaient conduit jusqu’ici, c’est à peine si je perçus le discours du vieux. Le vieux, tout le monde l’appelait comme ça. Je trouvais ce terme un peu insultant lorsqu’on sait qu’il représente notre communauté. Il fit son petit tour de passe-passe lévitant à la perfection sans éprouver la moindre fatigue et me fit décrocher un bâillement. Tout le monde savait faire ça. Du moins tout wiccan qui se respecte. Voler la belle affaire. Un rêve d’homme, une réalité de sorcier. Enfin bref, je n’allais pas me lancer maintenant dans de la métaphysique. Me recadrant sur le sujet, j’ai écouté chacune de ses paroles, faisant la grimace lorsque ce dernier me désigna de branleur. La diplomatie n’était pas vraiment sa tasse de thé apparemment. Mais bon je n’allais pas en faire tout un fromage, je ne suis pas non plus un cador en la matière . Lorsque ce dernier annonça le premier candidat qui était un Mage qui remettait son jeu en titre, j’ai décidé d’arrêter toute indifférence pour me concentrer sur ce qui allait suivre. L’histoire de voir le niveau de cette année. Dur place qu’était la première tentative. Elle se solda par un échec, d’autant plus insultant pour moi que cette dernière prétendait lire l’avenir. C’est à cause de fille comme toi, que certains membres de la Wicca, comme moi, sont discrédité avais-je envie de crier. Mais je me retins, après tout, ce talent n’était pas donné à tous.
Un goût amer en bouche, je me suis donc refermé sur moi-même, croisant les bras comme pour mieux faire comprendre qu’il ne valait mieux pas me chercher tout de suite. Le bon côté, c’est que maintenant, il y avait un candidat de moins. Du moins, j’ose l’espérer. La seconde prestation fut un peu plus spectaculaire. Un sort de bonheur avec autant de monde. Mes aïeux, elle avait du culot celle-là. Me laissant enivrer par se sort, donc j’étais très bon spectateur, un flot d’évènement m’arrivèrent sur le coin du nez. Un moment, j’eu l’idée d’interférer le sort pour le faire tourner à la vinaigrette, avant de me raviser, ce ne serait pas très fair-play tout ça. Et voilà, le premier picotement de plaisir, celui de la magie, j’étais entrain de me redécouvrir enfant, ma magie apparaissant pour la première fois sous les applaudissements de mon ringard de père. Ce que j’avais pu être fier et innocent. Enfin, c’était le bon temps.
Avant même la troisième prestation, je sentis une vague de pouvoir. Un grand joueur allait entrer en scène. Tournant la tête à l’endroit même, ou ce Davio apparu quelque secondes plus tard, je souris. Après les sorts de fillettes en tout genre, on allait enfin entrer dans la cour des grands. Par expérience, je savais que malgré sa prétention, ce dernier était talentueux, pas autant que moi, mais pas loin. La différence étant très certainement les années. Son sort d’illusion fut un franc succès. Même si je déteste ce genre de spectacle, je fus bien obligé de le subir pour économiser ma magie. Lorsque sa dernière goutte de pouvoir fut éteinte, je me surpris à sourire. Alors comme ça, je m’étais laissé berner, il n’avait pas bougé de sa place d’avant. Non, il avait bougé, mais durant le sort, il était revenu en arrière. Pas mal comme truc. J’aime beaucoup. Cependant il y a une faille. Les gens ne votent pas que pour le pouvoir du sorcier, mais aussi pour sa personnalité et malheureusement pour toi Davio, tu parais bien trop prétentieux ! Le suivant faillit me faire mourir de rire. Quoi tu ne trouves pas d’idée de sorts mon petit chéri, et tu voudrais qu’on t-aide ? Mais bien sûr, attend, on va te reconduire à la sortie en nous plongeant dans un silence de mort. Aussitôt dit, aussitôt fait. Il venait de pulvériser l’ambiance en moins temps qu’il n’en faut pour tracer une acarne. Si ce n’est pas malheureux.
Un preux chevalier vint alors à son secours, c’est vrai que le pauvre, il commençait sérieusement à se sentir seul. Jarviss. Il gère une boutique de sort, si je ne m’abuse. Oui, vu que j’ai déjà du assurer certains accidents liés à ses sorts. Rien de grave, il n’y était pour rien, mais ça, allait le dire aux normes, eux qui croient tout comprendre ! Son discours d’abord passionnant me fit littéralement décroché à mi-parcours. J’avais pourtant tout fait pour m’accrocher et enfin connaitre la chute. Mais par la barbe de Merlin, ce qu’il était long ! Viens en au faite, trop d’information tue, l’information. Regarde ton public, interagi avec lui ! Ce genre de discours sur fond de vérité, ils ont tous le même problème ! On l’écoute, on se révolte et puis on en attend un autre sur un autre débat comme je sais pas moi, au hasard, sauvons la planète ! Alors on se passionne pour ce débat puis on va se coucher et le lendemain on n’a plus qu’une chose en tête, comment va être la journée de boulot : Dur, facile, ennuyeuse ? Bref, ce sont des meilleures intensions que découlent les pires maux !
Non pitié nan ! Le revoilà lui ! Mais casse toi, on a pas d’idée pour toi ! Se calmer, il faut que je calme. Allez cool Raoul, il est jeune, impétueux et naïf. Laissons-lui une seconde chance ! Si ça se trouve entre temps, il a trouvé tout seul une idée. On dirait que oui. Voyant qu’il allait faire de la magie de terre. J’ai décidé de me déplacer sur une impulsion. Pas question de me tordre le cou pour voir ce qu’il fait. Je me suis donc mis en lévitation pour aller me percher sur une branche d’arbre. Et de la magie en moins, qui veut de la magie en moins avant de passer ? Qu’est-ce que je pouvais être crétin par moment. Surtout que j’en avais besoin de cette magie. C’est alors qu’une idée germa dans mon esprit. Je n’ai qu’à tricher un peu, après tout, qui le verra ? Déboutonnant ma veste, pour laisser apparaitre mon ventre. J’ai pris l’initiative de mordre violemment mon pouce. La douleur fut brève mais intense avant qu’enfin du sang apparaissent. Je me suis mis alors à tracer une arcade majeure de soutien sur mon ventre avec mon sang, sans la moindre hésitation. C’était ce qu’on appelait dans le jargon de la Wicca une arcade jumelle. L’autre était chez moi et elle était toujours en attente, connecté à un objet qui lorsque je l’activerais par l’intermédiaire de l’arcade jumelle me donnerait un peu plus de pouvoir et se plierait à ma demande pour s’adapter et me soutenir dans un sort de ligne extrêmement ardu. En d’autre terme, j’allierais la magie de terre pour soutenir ma magie de ligne, du moins dès que j’harmoniserais tout ça. Bon et sinon, il en est où le jeune homme ?
Ouais il ne faisait un bon vieux sort touchant l’esprit… Décidément c’était la mode en ce moment. Et c’est moi qu’on traite de vieux manipulateur ? Nan mais j’vous jure. Le sort s’activa et comme si j’en avais pas assez de nouvelles idées gemmèrent dans ma tête. C’est vraiment un comique celui-là. Question déconcentration, c’était le champion. Enfin bref voyant qu’il attendait toujours qu’on lui proposer un sort, je me suis mis en action. J’avais su être patient, mais là, y a des limites ! Sautant de ma branche, j’atterris en douceur sur la terre ferme juste à côté du jeune homme. Je me suis alors penché vers lui pour lui chuchoter quelque mot, il le méritait après tout.
« Hmm un sort intéressant... Je suis sûr que dans quelque années tu seras assez redouble pour prétendre au titre de mage en toute confiance» Lui tapotant même l’épaule comme pour lui signaler ma sympathie. Avant de me tourner vers le public pour lui parler de ma voix douce et limpide. « Cher contemporains. Aujourd’hui est un grand jour, c’est le choix des mages de la trinité comme tout le monde le sait mais pas seulement. Personne n’est sans savoir que l’équinoxe est aussi un moment de fête pour chacun d’entre nous, un moment où nous nous retrouvons et partageons ce que nous savons faire. Oui mais voilà, passé cette périodemagique, il n’y a plus de démonstration. Comme si , tout devait retomber dans l’oublie. Je sais que garder jalousement ses recettes de familles est une tradition mais comme l’a dit notre Ami Fairplace. Il est peut être tant d’évoluer. Ne me regardez pas comme ça et écoutez plutôt ce que j’ai à vous dire. Les normes, nous disons souvent qu’ils ne savent pas grand choses, qu’ils sont immatures et pas du tout raisonnable, leur guerre en est l’exemple typique. Cependant ils ont une chose qui les rend supérieurs. Oui j’ai bien dit supérieur ! C’est la conscience que sans le partage du savoir, on ne progresse pas ! C’est pour cela qu’aujourd’hui, j’ai choisi d’exécuter un sort qui n’est pas de l’innovation, mais plutôt passé de mode. Un sort que beaucoup de jeunes wiccans, j’en suis sûr et sans vouloir les insulter, ne savent pas exécuter ! Un élémentaire. Voilà ce qui selon moi est avant tout le symbole de la Wicca qui puissent avant tout toute sa gradeur dans la nature ! » Marquant en temps, je me suis mis à mieux observer mon public. Bon il n’était pas extrêmement captivé, mais je ferais avec… « Car mes amis, aujourd’hui, je viens pour vous proposer un projet, on en discute parfois autour d’un bon café mais personne n’agit ! Il est temps maintenant. Que diriez-vous de fonder une école de la Wicca ! » Je repris mon souffle car l’enthousiasme m’avait fait perdre le fil, j’espérais aussi du même coup entendre des murmures, une quelconque réaction qui vint tout naturellement. Bien, il y avait donc de l’espoir. « Mais pour cela, j’ai besoin de bonne volonté, la votre. Sachant que pour être entendu, il faut d’abord une renommé, et très certaine pas la mien, je n’en doute pas » Je fis un petit sourire humble avant de reprendre. « J’aimerais vous prouver ma bonne foi, en participant tout d’abord à ce défi. Puis ma puissance , pour que vous constatiez par vous-même, que je ne suis pas un de ses affabulateurs qui parlent sans savoir de quoi il en retourne. Nous en avons trop souvent eut, il est temps que cela chance. » Prenant garde à ne regarder personne, je me suis alors mis en action.
Décollant les pieds du seul grâce à ma magie, je me suis d’abord harmoniser avec mon arcane jumelle. Pour ce que j’allais faire, il valait mieux ne pas brûler les étapes. D’abord trouver la matière de mon élémentaire qui était l’eau. Ça c’était facile, j’en avais tout autour de moi. La neige. Levant les mains comme un chef d’orchestre, je les ai alors légèrement agité comme si je poussais un insecte invisible pour convertir l’air en chaleur. Un vague se propulsa alors dans toute la clairière. Si certains avaient froid, dorénavant, il allait suer à grosses gouttes. La neige quant à elle se vaporisa d’un seul coup. Maintenant que la première étape, qui était la plus spectaculaire, était passée, je n’avais plus le droit à l’erreur. Mobilisant le maximum de pouvoir tout en m’appuyant sur mon arcane, je me suis alors mis à murmurer tout en bougeant les mains pour rassembler l’eau dans les airs. Mes paroles n’étaient qu’un catalyseur. Une sorte de point de repère pour que mon esprit ne s’égard pas sur ce que je faisais. J’avais maintenant en mon pouvoir assez d’eau dans les airs pour remplir une piscine. Bien, j’avais au moins besoin de ça car la perte de matière lors des sorts de lignes étaient catastrophique généralement. Bougeant mes mains de plus en plus rapidement, j’ai alors modelé l’eau pour qu’un élémentaire apparaissent peu à peu. Murmurant de plus en plus rapidement, je me suis alors stopper net pour reprendre un dernier souffle avant de finaliser mon invocation. C’était le moment le plus périeux, celui où on animait l’élémentaire.
« Toi qui fut façonné par ma main, prend mon souffle de pouvoir afin de vivre. Je te l’ordonne sous consentement ! » Hurlais-je alors de ma voix la plus mystique. Alors la bête me vola tout.
Le vide m’envahit. Je n’avais pas le droit de perdre espoir. Elle allait bientôt me rendre ce qu’elle avait pris en trop. Flottant de néant de mon esprit, une première vague de douleur m’atteint. Mais aucun son ne sortit de ma bouche. La deuxième fut bien plus qu’une vague, ce fut un torrent. Pour avoir déjà vu un confrère le faire, je savais très bien à quoi je ressemblais. J’étais dans une sorte de catatonie à deux ou trois pieds du sol et envelopper par la magie. Ce qui paraissait une seconde pour le spectateur, en paraissait une heure pour moi. La troisième vague fut encore pire, une douleur comme j’en avais rarement connu. C’était celle de la vie, celle de la magie. Je devais revenir à la réalité et cette douleur était le fil conducteur. Récupérant enfin le peu de pouvoir qu’avait bien voulu me laisser mon élémentaire. J’ouvris les yeux. Retombant lourdement sur le sol mais sans m’écrouler. Vaillant malgré tout, j’eus un sourire. Passant la main dans mes cheveux, comme pour signaler que ça n’avait été qu’une promenade de santé pour moi, j’ai enfin regardé ma création. Elle était un peu près de ma taille et ressemblait plus à un de ces Pokémons dont j’avais oublié le nom (grotademorve) qu’à une belle création. Mais sachant que j’étais uniquement passé par la magie de ligne, aucun professionnel ne pouvait m’en tenir rigueur.
« Voici donc ma présentation pour le poste de la trinité » J’ai alors montré l’élémentaire de la main « Une invocation par la magie de ligne etuniquementpar elle. » L’arcane camouflée sous ma chemise qui me brûlait à m’en arracher la peau, semblait vouloir dire le contraire. Mais cela, personne ne pouvait le savoir, à part peut être le Grand sage qui avait des talents particuliers parait-il. « Ainsi que mon projet, la promesse de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour enfin égaler l’intelligence des humains sur un point précis. Le partage du savoir et la création d’une école ! »
Après tant d’effort, je n’avais qu’une envie, me coucher, même à même le sol pour ne prendre ne serait-ce qu’une seconde de repos. Mais ma fierté me l’interdisait ! Il fallait que tous croit que j’avais encore des réserves sous le pied, que si on me posait la question. J’avais de quoi en refaire deux des élémentaires. D'ailleurs en parlant d'élémentaire. Y en avait un qui était toujours là et qui ne cesserait de vivre que sous mon ordre. Lui faisant signe de venir, ce dernier se rapprocha jusqu'à moi. Un véritable radiateur ambulant. Conséquence de la création, lorsque je l'avais invoqué, l'eau était extrêmement chaude et grace à la magie, il le restera jusqu'au terme de son existence. Et mon araignée, elle était toujours vivante ou pas. Sifflant légèrement, je la vis accourir sur mon épaule. Non elle avait tenu le choc. C'est dingue ça, comme les insectes pouvaient être résistant, si je l'avais su avant, je me serais pris la tête à faire des familier chat, oiseau ou autre...
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Sujet: Re: Petite fête informelle de l'Équinoxe d'Automne Dim 19 Déc - 23:07
Le dernier d'entre eux était passé. Ça avait duré, duré, et duré encore, mais c'était enfin fini. À cet instant, même si lui seul le savait, la Trinité était complète. Trois d'entre eux avaient prouvé leur valeur, soit individuellement, soit par rapport aux autres, et les préférences des Wiccans s'étaient affichées, claires comme de l'eau de roche, alors que le Grand Mage les scrutait de son œil de verre. La décision existait. Elle n'était pas sienne et ne l'avait jamais été, et il appréciait cela. C'était une responsabilité en moins, et il n'avait pas eu à assister aux élections précédentes, même si fréquenter les Mages désignés était une de ses... "obligations". Un devoir laissé par un vieux débris à un autre vieux débris. Il se mit debout dans les airs, toujours au centre des Tables, et rangea dans une poche son bracelet. Il pouvait s'en passer à présent. D'une voix haute et forte, il déclara.
« C’est l’histoire d’un zombie et d’une vodoune qui font des choses tous les deux, et puis le zombie perd son bout dans la vodoune… Et la vodoune lui dit alors : Bah alors ? On s’est perdu ? »
Les quelques conversations se turent. Les quelques rares Wiccans qui regardaient leur voisin où qui essayaient de se reposer après leur performance se figèrent, et tous les regards se tournèrent vers le vieillard sénile qui trônait là. Les criquets et quelques animaux forestiers se firent entendre. Le silence était graduellement devenu complet.
« Bien. Ravi d'avoir votre attention. Merci, évitons de reprendre les évènements par le menu, oui ? On va juste annoncer les grands gagnants de la soirée. Mais avant de commencer, je voudrais clarifier un détail : C'est moi qui décide avec qui je vais être obligé de travailler, merci beaucoup. Si vous n'êtes pas d'accord, c'est la même chose, et si vous ne trouvez pas juste de ne pas avoir été choisi, vous n'aurez qu'à faire mieux lorsque mon successeur organisera la prochaine élection. »
Avant de continuer, il se remémora les évènements de la soirée. Il était tout spécialement désolé pour Dihya. La malheureuse avait exécuté un sort extrêmement compliqué, et ce, d'une main de maître, mais elle avait ensuite prouvé qu'elle n'avait plus les épaules pour supporter la charge d'un Mage. Beaucoup s'étaient moqués d'elle, beaucoup pensaient qu'elle avait lamentablement échoué en réalisant un sort qui était bien trop difficile pour elle. Et il n'avait aucune intention de la défaire de cette réputation. Elle allait devoir le supporter. Il trouvait cela triste, mais n'y pouvait rien. Ensuite, était venue... Massa Préceveaux. Une valeur sûre. Mage depuis aussi longtemps que Finkhald daignait se souvenir. Il n'y avait rien à dire sur sa performance. Davio, le petit nouveau, remettant en jeu un titre qu'il n'avait pas eu le temps de déballer. Un personnage intéressant, un peu excentrique, mais peu raisonnable. Sa démonstration avait été certes impressionnante, mais soit il avait présumé de ses forces, soit il s'était montré particulièrement stupide. Tout de même, il était étrange que plus de gens ne l'aient pas apprécié. Après tout, il avait défendu son titre d'une manière remarquable. Et ensuite, Grey Belaran, la blague qui n'en finirait pas de faire rire le vieillard. Un poussin, jeté dans la fosse aux lions par un volatile hargneux et méchant, uniquement pour s'y dévorer tout cru. Pour lui apprendre une dernière leçon, de ne pas présumer de ses forces, de ses capacités. Pour lui apprendre à rester humble, à connaitre son rang, sa place, et à s'y tenir. Pour qu'il sache, partout, toujours, qu'il y avait bien plus fort que lui, à commencer par les trois Mages qui prendraient la place qu'il était venu briguer sous la contrainte... et ce sale petit con avait réussi ! Il avait impressionné l'audience, et même de vrais Mages, comme Massa et Dihya. Il avait tourné un problème jusqu'à en faire une solution. Peut-être avait-il planifié cela dès le départ, d'ailleurs ? Jarvis Fairplace, l'orateur, le politicien, celui qui avait eu la présence d'esprit de démontrer que la Wicca n'est pas une affaire de magie... Jarvis Fairplace, le politique, l'idiot qui venait de gagner un rendez-vous permanent avec le Maire, à parler au nom de la communauté et à devoir prévenir de tous les évènements, ou s'excuser de ne l'avoir pas fait. Jarvis Fairplace, qui de l'avis de la foule, était condamné à subir les humeurs du Grand Mage... Jarvis Fairplace, le seul à avoir reconnu de la valeur à Dihya malgré l'échec apparent de son sort. Jarvis Fairplace, un être intéressant qu'il sera intéressant d'avoir à portée de main... Et enfin, Olivier Jones. Mesquin, menteur, tricheur, méprisant... De la matière à devenir Grand Mage, mais le public ne l'avait pas apprécié. Peut-être son plan de création d'une école était-il trop audacieux ? Peut-être passer après la fabuleuse performance finale de Belaran avait entaché ses idées du stigma de l'artificiel ?
« Notre Trinité, à dater de ce jour, est constituée de Massa Préceveaux, la Douce, de Jarvis Fairplace, le Gueulard, et de Grey Belaran, le Sale Petit Con... Euh, pardon, je veux dire, Grey Belaran, l'Astucieux. Désolé pour les autres participants, better luck next time et toutes ces conneries, et n'abandonnez pas le travail pour autant, ni les bonnes idées — c'est à toi que je parle, Jones —, ou alors vous prouverez que vous ne valiez pas la place que vous briguiez. J'invite maintenant les Mages à discuter entre eux et à ne jamais m'adresser la parole en premier. En fait, ça vaut pour tout le monde. N'oublions pas qu'il y avait une fête de prévue ce soir ! Et ça tombe bien, tous les banquets sont dressés. Il y a de la bouffe et la biture à ne plus savoir qu'en faire qui n'attend que vous. Coïncidence ? Je ne crois pas... Alors, festoyez ! Profitez ! »
Il descendit enfin de son perchoir, et se dirigea vers Dihya, pour avoir un mot avec elle en privé. Il lui expliqua qu'elle ne devrait jamais parler à personne de ce qu'il s'était passé, et tâcha de la consoler un peu. Puis, comme il savait qu'il devait le faire, il l'abandonna à son triste sort, et intégra la fête. Il se laissa même aller à discuter avec quelques Wiccans. Mais pas les Mages. Les Mages auraient leur tour, plus tard.
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